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Résultat pour: "Nostradamus"

Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1942Nostradamus and the Queen (US) de David Miller [et Jerry Thorpe]
Metro-Goldwyn-Mayer (série « A Carey Wilson Miniature »), 12 min. – av. Grandon Rhodes (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus), Maria Palmer (Catherine de Médicis), Mitchell Lewis (un messager), Carey Wilson (narration).
Les prophéties de Nostradamus concernant Catherine de Médicis, l’épouse d’Henri II (cf. 1938). Le film est suivi de Further Propheties of Nostradamus (1942) de David Miller, et de Nostradamus IV (1944) de Paul Burnford et Cy Endfield, deux autres courts métrages MGM qui évoquent les prophéties prétendument liées à la Seconde guerre mondiale (avec images d’archives). Un dernier épisode de cette série, Nostradamus says so ! (1955), traite des années cinquante.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1968(tv) Nostradamus ou le prophète en son pays (FR) de Pierre Badel
série « Le Tribunal de l'impossible » (saison 1, épisode 4), Michel Subiela/ORTF (1e Ch. 11.5.68), 2 h. – av. Jean Topart (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus), Rosy Varte (Catherine de Médicis), Jean Leuvrais (Jean Aimès de Chavigny), François Maistre (Bernardi), Gérard Rouzier (Charles IX enfant), Catherine de Couet (Anne Ponsard-de Nôtre Dame), Lucien Nat (Gondolfi), Michel Beaune (D’Armantin), François Maistre (Bernardi), Jean-Pierre Clancy (Moreuil), Mac Fournel (Bonnet), Fred Personne (l’ambassadeur).
Synopsis : Nostradamus vit retiré dans son observatoire de Salon-de-Provence avec sa femme, Anne, et son fils, César. Aimès de Chavigny, son ami et seul disciple, le rejoint pour écrire l’histoire de sa vie … notamment sa première rencontre avec Catherine de Médicis qui est venue consulter le célèbre astrologue pour l’interroger sur l’avenir incertain du pays. Protestants comme catholiques sollicitent son savoir, tandis que ses prophéties énigmatiques déclenchent un flot de commentaires. Selon le producteur-scénariste de la fameuse série « Le Tribunal de l’impossible », Michel Subiela, féru d’occultisme et de fantastique, Les Centuries manifestent la volonté d’un homme habile et d’un poète incontestablement doué pour échapper au ghetto. On y découvre l’imaginaire juif aux prises avec celui d’une société occidentale mystique et crédule. Extérieurs tournés en Dordogne.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1936/37Nostradamus (MX) de Juan Bustillo Oro et Antonio Helù
Francisco Beltrán/Salvador Bueno Produccion, 1h30 min. – av. Carlos Villarías (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus), Consuelo Frank (Florisa de Roncherolles), Juan José Martínez Casado (Royal de Beaurevers), Aurora Campuzano (Catherine de Médicis), Leopoldo ‘Chato’ Ortín, Luis G. Barreiro, René Cardona, Carlos ‘Chaflan’ López, Valentín Asperó, Rodolfo Calvo, Manuel Noriega, Joaquin Coss, Miguel Wimer, José Elias Moreno.
Synopsis : Adaptation assez fidèle – faisant suite au film italien de 1925 – du roman Nostradamus de Michel Zévaco (1907), premier volume d’une épopée sous forme de trilogie qui se poursuivra en 1920 avec Le Pré-aux-clercs et Fiorinda-la-belle. Nostradamus s’y prénomme Renaud (le récit commence en 1536, sous François Ier). Le devin a passé vingt ans dans les entrailles du Sphinx de Gizeh pour y être initié par les vingt-quatre mages de la Rose-Croix avant de revenir en France en 1556, doté de pouvoirs et de richesses extraordinaires (il sait fabriquer de l’or). Comte de Monte-Cristo avant l’heure, le Nostradamus de Zévaco assouvit sa vengeance sur ceux qui ont fait périr son père sur le bûcher et lui ont enlevé sa bien-aimée, Marie de Croixmart, en la livrant à la concupiscence des dauphins royaux, les futurs François II et Henri II. Car Nostradamus, emprisonné jadis pour sorcellerie par Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus, n’a pas pu sauver son géniteur et croit Marie morte. Il punit ses amis qui l’ont trahi, Saint-André et Roncherolles, en utilisant contre eux leur propre progéniture. La fille de ce dernier, Florisa, est convoitée par le roi, Henri II, suscitant la haine de Catherine de Médicis, ainsi que par un brigand-gentilhomme d’origine inconnue dont elle est amoureuse et qui se fait appeler Royal de Beaurevers. Nostradamus devine en lui le bâtard d’Henri II et de feu Marie de Croixmart. Aveuglé par la haine, le mage planifie le déroulement du tournoi fatal à la rue Saint-Antoine en 1559 de telle sorte que le monarque jaloux soit tué incognito par son rejeton, la meilleure rapière du royaume. Il apprend trop tard que Beaurevers est son propre fils naturel, issu de son unique nuit d’amour avec Marie. Acquérant enfin la sagesse en plus du pouvoir, Nostradamus intercède auprès de Catherine de Médicis qui accorde son pardon.
Une œuvre de jeunesse d’un des artisans les plus prolifiques de l’âge d’or du cinéma mexicain, Juan Bustillo Oro (60 titres à son actif), assisté ici de son scénariste Antonio Helù. Pour cette « première reconstitution historique d’envergure réalisée au Mexique » (aux studios México-Films), Bustillo Oro prend sous contrat l’Espagnol Carlos Villarías dans le rôle-titre, et la vedette cubaine Martínez Casado dans celui de son fils. Les décors (rues et tavernes de Paris, intérieurs royaux) engloutissent 25'000 pesos. La presse parle d’un divertissement assez alerte, quoique statique sur le plan de la mise en scène. Un grand succès populaire local, également projeté dans les salles ibérophones à New York.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1925Nostradamus (IT) de Mario Roncoroni et Febo Mari (supervision)
U.C.I., 2066 m./env. 1h30 min. – av. Celio Bucchi (Renaud alias Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus), Liana Mirette, Achille Vitti, Nestore Aliberti, Alessandra Romanowa, Andrea Revkieff, Ilda Sibiglia, Gino-Lelio Comelli.
Synopsis (incomplet) : Grand prévôt du royaume, Croixmart a signé un édit condamnant mages, sorcières et alchimistes. Sa fille Marie est éprise de Renaud, le fils de Nostradamus et d’une devineresse. Roncherolles et Saint-André, deux courtisans proches du dauphin François, conspirent pour enlever Marie et la placer dans le lit du futur roi. Renaud, qui est parvenu à guérir une hystérique, est accusé d’exorcisme et jeté en prison. Marie résiste au dauphin, devenu entre temps François II, mais quand celui-ci tombe malade, Renaud est sollicité de prison pour le guérir. Il arrive trop tard. Le nouveau roi, Henri II, lui accorde la liberté. Vingt ans plus tard, Renaud reprendra le nom paternel de Nostradamus et deviendra célèbre pour ses Centuries.
Une version très libre et aujourd’hui perdue du roman éponyme de Michel Zévaco (cf. infra, le film mexicain de 1936/37). Certaines descriptions du film font également état d’une bataille des armées de François Ier contre Charles Quint et du sort du brigand Royal de Beaurevers, un fils naturel de Nostradamus condamné à la pendaison et qui sera sauvé par la population en révolte. La production, tournée alors que l’industrie cinématographique de la Péninsule est au plus bas, est supervisée par Febo Mari, cinéaste, écrivain et comédien souvent provocateur auquel on doit un Attila original, un Judas (1918/19) non moins curieux et une Tour de Nesle (1925) d’après Dumas. Il va sans dire que le prophète-magicien de Zévaco ne porte qu’une fort lointaine ressemblance avec l’authentique Michel de Nôtre-Dame (cf. film de 1994).
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1938Nostradamus (US) de David Miller
Metro-Goldwyn-Mayer (série « An Historical Mystery »), 11 min. – av. John Burton (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus), Carey Wilson (narration). – David Miller, qui signera en 1954 un luxueux Diane de Poitiers avec Lana Turner (cf. supra), fait ses armes aux studios de Culver City dans ce court métrage historisant sur la vie du mage destiné aux avant-programmes de la firme au lion. On met à contribution costumes et restes du décor de Romeo and Juliet de George Cukor (1936).
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1940More about Nostradamus (US) de David Miller
Metro-Goldwyn-Mayer (série « A Carey Wilson Miniature »), 11 min. – av. John Burton (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus), Hans Conried (Feliz Paretti, devenu le pape Sixte V), James Dime, John George, Carey Wilson (narration). – Courte biographie de Nostradamus suivie de l’évocation de certaines de ses prophéties, notamment celles qui auraient annoncé la Première guerre mondiale, cf. 1938
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE
1956* Diane (Diane de Poitiers) (US) de David Miller
Edwin H. Knopf/Metro-Goldwyn-Mayer, 1h50 min. – av. Lana Turner (Diane de Poitiers, comtesse de Brézé), Pedro Armendariz (François Ier), Roger Moore (Henri II), Marisa Pavan (Catherine de Médicis), Torin Thatcher (Louis, comte de Brézé), Ronald Green (le dauphin François, duc de Bretagne), John O’Malley (Jacques II de Chabannes de La Palice, maréchal de France), Sir Cedric Hardwicke (Cosimo Ruggieri, l’astrologue), Taina Elg (Alys), John Lupton (Regnault), Henry Daniell (Albert de Gondi), Sean McClory (Gabriel de Lorges, comte de Montgomery), Geoffrey Toone (Emmanuel-Philibert, duc de Savoie), Michael Ansara (le comte Niccolo Ridolfi), Paul Cavanagh (Lord Bonnivet), Ian Wolfe (Louis de la Trémoille), Melville Cooper (le médecin de la cour [Ambroise Paré]), Percy Helton (Triboulet, le bouffon), Peter Gray (Sardini), Mickey Maga (Charles), Ronald Anton (Francis), Christopher Dark (Giancarlo), Marc Cavelli (Piero), Basil Ruysdael (le chambellan).
Synopsis : Diane quitte son château d’Anet, en Eur-et-Loire, pour plaider auprès de François Ier la cause de son mari, le comte de Brézé, accusé d’avoir participé à la conspiration du connétable de Bourbon. Découvrant la sagacité politique de la jeune femme, celui-ci accepte de gracier le comte et, en échange, la charge de servir de préceptrice à son fils cadet Henri, duc d’Orléans. Diane et Henri tombent amoureux, mais Diane, fidèle à son mari, se refuse à sa pupille qui doit épouser Catherine de Médicis (fille de Laurent II de Médicis) pour raison d’État. Lorsque François Ier décède en mars 1547 des suites de blessures reçues au cours d’une bataille en Italie, où le comte de Brézé a également trouvé la mort, elle devient la maîtresse d’Henri. Amoureuse de son époux, Catherine supporte difficilement l’omniprésence de la favorite à la cour, mais se console à l’idée que ses enfants monteront sur le trône de France, comme le lui a prédit l’astrologue Ruggieri. Peu après, le dauphin François meurt empoisonné par le clan des Médicis (à l’insu de Catherine) et Henri devient roi. Sa favorite l’aide à gouverner le pays, au mépris du protocole. Catherine est bafouée publiquement. Sept ans plus tard, Diane ayant préconisé un rapprochement avec le duché de Savoie, le roi invite le duc à la cour et organise un tournoi en son honneur. Mais les cousins florentins de Catherine, Gondi et le comte Ridolfi, complotent pour faire assassiner le souverain. Une lance du tournoi est trafiquée, l’attentat réussit : Henri II périt au cours d’une joute contre son ami, le comte de Montgomery, la lance fichée dans l’œil. Veuve et reine-mère du nouveau roi, François II, Catherine de Médicis rompt avec son clan, pousse Gondi au suicide et convoque Diane qui s’attend au pire. Mais émue par la douleur de celle-ci, Catherine lui accorde la vie sauve et la bannit à jamais de la cour.
- Quelques rectificatifs à l’attention des historiens frustrés:
Diane de Poitiers, comtesse de Saint-Vallier, sénéchale de Normandie et duchesse de Valentinois et d’Étampes (1499-1566), que les chroniqueurs de la Renaissance ont surnommée « la femme la plus belle du siècle », fut pendant vingt-deux ans la favorite toute-puissante d’un roi de nature plutôt taciturne et hypocondriaque, qui riait rarement (1). Plus érudite, mieux informée des affaires du royaume et plus apte à les prendre en main, elle exerça sur lui un ascendant considérable. Elle finit sa vie à soixante-sept ans dans son château d’Anet, après avoir rendu les joyaux de la Couronne à la reine. Soit, Hollywood accommode fortement l’Histoire à sa sauce – ou plutôt à ses impératifs tant commerciaux que dramaturgiques. On triche d’abord sur les âges : Louis de Brézé, que Diane épousa à quinze ans, était de près de quarante ans son aîné, de physique ingrat et bossu (Diane lui donna deux filles, Françoise et Louise) (2). Le futur Henri II avait onze ans lorsque Diane devint sa préceptrice et bientôt sa confidente ; vingt ans la séparaient de lui, et elle en avait soixante quand il mourut tragiquement. Sur l’initiative de Diane, Henri épousa Catherine de Médicis à l’âge de quatorze ans. Quant à François Ier, il mourut d’une septicémie le 31 mars 1547 au château de Rambouillet, et non de blessures de guerre ; Louis de Brézé était mort depuis seize ans. Henri ne succéda pas à son frère aîné François (le premier dauphin était déjà décédé en 1536, peut-être empoisonné), mais directement à son père. Les scénaristes américains "omettent" toutefois le rôle considérable de Diane dans la persécution sanglante des huguenots: passionnément antiprotestante, elle inspira à Henri II toutes les cruautés de son règne (la rafle de la rue Saint-Jacques en 1557, les exécutions sur le bûcher, l'implantation de l'Inquisition romaine en France), méfaits qui entraïnèrent les guerres de religion dès 1562, deux ans après son départ de la cour.
En revanche, il est tout à fait exact que c’est Cosimo Ruggieri et non l’illustre Michel de Nostredame (Nostradamus) qui fut l’astrologue personnel de Catherine de Médicis à la cour de France (3). Et non moins exact que cette dernière fit preuve d’une certaine clémence envers sa rivale, en ne la privant ni de la vie ni de ses biens.
- Les derniers feux de la firme au lion:
Le scénario a choisi à la fois de réhabiliter la grande courtisane (« si j’ai perdu mon honneur, mon amant est un roi ») et de blanchir la jeune reine, qui semble ici encore tout ignorer des complots ourdis à la cour par sa famille et dont on décrit le lent apprentissage des réalités : ne jamais partager le pouvoir, empêcher la mainmise mafieuse des Médicis et du Vatican sur la couronne de France. La mort d’Henri II, qui fut vraisemblablement accidentelle, est présentée comme un meurtre, un acte de vengeance des Florentins pour les années d’humiliation subies par leur compatriote et destiné également à saborder une alliance politique avec l’ennemi savoyard (4). On n’insiste guère sur le rôle de femme d’État que joua Diane, ni sur son sens aigu des intérêts financiers et encore moins sur le splendide château de Chenonceau dont le roi lui fit cadeau (et qu’elle dut rendre par la suite). Pas un mot non plus sur la persécution des huguenots dont elle fut une des grandes instigatrices – aux côtés de sa rivale florentine, nièce des papes Léon X et Clément VII.
Ces réserves mises à part, le film surprend agréablement. L’intrigue, ni pire ni meilleure que quantité de bandes prétendument historiques des deux côtés de l’Atlantique (à commencer par Sacha Guitry), provient d’un texte demeuré inachevé de John Erskine qui fut acheté par la MGM en 1936 pour Greta Garbo. Le scénario, intelligemment écrit, dialogué avec maestria, provient du romancier britannique Christopher Isherwood (auquel on doit le livre Goodbye Berlin qui inspirera Cabaret de Bob Fosse en 1972). À présent que la MGM est aux abois, elle joue son va-tout avec une certaine flamboyance, tentant de renouer avec les succès des fresques en costumes du début de la décennie, en CinemaScope et Eastmancolor. Nombre de talents hors pair qui travaillaient jadis pour les grands studios sont réunis en une sorte de chant du cygne.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1939Let's Ask Nostradamus (US) de Peter Ballbusch
Metro-Goldwyn-Mayer (série « An Historical Mystery »), 11 min. – av. John Burton (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus), Carey Wilson (narration). – En 1555, Nostradamus aurait révélé dans ses quatrains des prédictions concernant la Révolution française, montrée ici en utilisant des images de A Tale of Two Cities de Jack Conway (1935) et Marie Antoinette de W. S. Van Dyke (1938).
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE
 Ava Gardner partie en Espagne et Elizabeth Taylor indisponible, Lana Turner, 35 ans, est la dernière grande star sous contrat et le rôle-titre lui échoit naturellement (c’est du reste aussi son dernier film à la MGM, après dix-huit ans de loyaux services). Son image de séductrice « glamour », ses nombreuses liaisons et mariages qui ont fait les gorges chaudes de la presse à scandales la prédestinent à tourner la tête couronnée d’un Valois. Manipulant les hommes avec une élégance que Hollywood lui a rarement accordée, elle est somptueusement parée d’atours signés Walter Plunkett (qui habilla Clark Gable et Vivien Leigh dans Gone with the Wind). Son royal amant – Lana Turner ayant refusé Edmund Purdom – est campé par le Britannique Roger Moore (encore très loin de James Bond), chien fou aux cheveux bouclés auquel la voluptueuse préceptrice enseigne les bonnes manières, l’escrime, la poésie italienne et la danse. Pedro Armendariz, célèbre vedette mexicaine remarquée en Cesare Borgia dans le Lucrèce Borgia de Christian-Jaque, fait un François Ier truculent et autocrate. Dans la peau de Catherine de Médicis, l’Italienne Marisa Pavan, 23 ans, sœur de Pier Angeli, est la seule dont le physique et l’accent aient quelque vraisemblance immédiate (elle vient de jouer la fille d’Anna Magnani dans The Rose Tattoo, d’après Tennessee Williams) ; elle a lutté pour ce rôle, peut-être le meilleur de sa carrière à l’écran, et on la découvre d’abord fragile, puis durcie par une lucidité croissante, angoissée, envieuse, raidie face à une adversaire au charme dévastateur.
- Deux portraits de femmes d’une subtilité inattendue:
Curieusement, cette interprétation très disparate ne nuit jamais au récit, un mérite à mettre au compte du réalisateur David Miller auquel on doit le très émouvant Lonely Are the Brave (Seuls sont les indomptés, 1962) avec Kirk Douglas.
La même année que Quentin Durward (cf. 8.2), la MGM fait donc à nouveau appel aux châteaux de la Loire, à bon escient cette fois, mais aussi plus furtivement. Le tournage dure du 2 mai au 12 juillet 1955. Miller délègue Roger Moore entouré d’une équipe réduite sous la direction de Yakima Canutt en extérieurs au château de Maintenon, dans les forêts de l’Ile-de-France (scènes de chasse) et dans les parcs de six autres châteaux historiques en Normandie. En revanche, toutes les séquences à Chenonceau sont reconstituées à grands frais dans les studios MGM à Culver City, avec cette débauche de costumes et de couleurs si typique de la firme au lion ; le décorateur anglais Hans Peters s’est distingué auparavant avec des classiques comme le merveilleux Scaramouche (1952) ou The Knights of the Round Table (1954). Le tournoi tragique de la rue Saint-Antoine à Paris – séquence pleine de panache et de suspense – est réalisé sur le « backlot » no. 2 (« Verona Square ») dans les restes du décor de Romeo and Juliet de George Cukor (1935). Ces atouts font de Diane un drame romantique certes prisonnier des conventions hollywoodiennes, mais néanmoins somptueux, fouetté par la musique lyrico-angoissée de Miklos Rozsa, le « grand tzigane wagnérien ». Miller réussit en particulier ce qui constitue le cœur de son film, à savoir l’affrontement entre la « blonde amoureuse » et la « noiraude rouée », deux beaux portraits de femmes qui se jalousent sans pouvoir se haïr totalement. En recevant pour la première fois sa rivale, Catherine coupe une pomme dont elle offre la moitié à Diane après lui avoir expliqué que les Médicis étaient spécialistes dans l’art d’empoisonner leurs ennemis sans éveiller de soupçons, grâce à des couteaux dont la lame était enduite de venin que d’un seul côté… Diane croque le fruit après quelques secondes d’hésitation, Catherine affiche l’ombre d’un sourire (elle était la cousine de Diane par sa mère, Madeleine de la Tour d’Auvergne). L’ultime rencontre est un duel de sensibilité à fleur de peau qui vaut les plus beaux cliquetis de rapières. Hélas, ces déploiements ne suffiront pas à attirer le public de 1956, séduit dorénavant par des sujets plus réalistes et contemporains. Un gros échec commercial. – DE, AT : Diane – Kurtisane von Frankreich, IT : Diane la cortigiana.

(1) – On le disait très marqué par les quatre ans de captivité qu’il passa en Espagne comme otage pendant son enfance (de 1526 à 1530). Selon le traité de Madrid, c’était la caution à payer pour la libération de François Ier, son père, prisonnier de Charles Quint après la défaite française à Pavie, en février 1525.
(2) – Ce n’est du reste pas Brézé, mais le propre père de Diane, Jean de Poitiers, qui fut accusé de complicité dans la trahison du connétable de Bourbon en 1524 ; Louis de Brézé alerta le roi du complot. Poitiers fut gracié in extremis sur l’échafaud et finit confortablement ses jours à la forteresse de Loches.
(3) – Contemporain de Nostradamus, Cosimo ou Cosme Ruggieri ( ?-1615) était considéré comme le « magicien » de Catherine de Médicis. Fils de médecin, astrologue et devin, il lui prédisit dix enfants et le titre de reine de France auquel rien ne la prédestinait. Catherine se maria en 1533 et resta stérile pendant onze ans, constamment menacée de répudiation (elle reçut sur ce point l’appui inattendu de Diane de Poitiers). La naissance de François, en 1544, marqua le début de la concrétisation de la vision ; neuf autres enfants suivirent, dont trois régnèrent. Michel de Nostredame, quant à lui, aurait prédit dans sa première édition des Centuries en mai 1555, en des termes très voilés, l’accident mortel auquel succomba Henri II (quatrain 35).
(4) – Le tournoi au cours duquel le roi trouva la mort en affrontant Montgomery, capitaine de sa garde, fut en réalité organisé à l’occasion du mariage de sa fille Élisabeth avec Philippe II d’Espagne. Quant au Florentin Albert de Gondi (1522-1602), seigneur du Perron et marquis de Belle-Isle, un des conseillers les plus influents de Catherine, il ne fut pas un traître, et il finit maréchal de France sous Henri IV.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1981The Man Who Saw Tomorrow (US) de Robert Guenette
David L. Wolper, Robert Guenette, Lee Kramer, Paul Drane, Alan Goland, Peter Wood/David L. Wolper Production-Warner Bros., 1h28 min. – av. Richard Butler (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus), Philip L. Clarke (sa voix), Howard Ackerman (Nostradamus adolescent), Jason Nesmith (Nostradamus enfant), Terry Clotiaux (son père), Ray Laska (le chevalier), David Burke (le moine), Marji Martin, Orson Welles. – Docu-fiction sur les prétendues prédictions du devin, présentées et commentées par Orson Welles.
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2006(tv) Nostradamus (GB) de Bryn Higgins
Mentorn Production (Hal Vogel, David Aukin)-Discovery Channel (Discovery 17.5.06), 1h37 min. – av. Oliver Dimsdale (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus), Jasper Britton (Henri II), Kerry Fox (Catherine de Médicis), Lizzy McInnerny (Diane de Poitiers), Paul Ritter (Cosimo Ruggieri), Julie Cox (Gemelle), Miranda Raison (Henriette), Ruth Pickett, Roger Jones, Mark Heap, Danny Webb (Pierre), Heathcote William (Pepe), Andrian Schiller (un prisonnier).
Une resucée télévisuelle du film de Roger Christian (1994) dont le scénario écrit par John Milne suggère même – la maison ne recule devant aucun sacrifice – une liaison entre Catherine de Médicis et l’astrologue ! Pour actualiser le propos « sensationnel », on y ajoute des images de l’attentat du 11 septembre à New York. Les scènes historiques sont filmées à Banbury (Oxfordshire), Berkeley Castle, Woodchester Mansion (Gloucestershire) et Windsor (Berkshire).
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
Astrologue, devin et médecin, Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus (1503-1566), est appelé à la cour par Catherine de Médicis en 1555, où il va notamment soigner le jeune Charles IX. Après la mort accidentelle d’Henri II, que le mage aurait prédite, son avis est demandé par l’Europe entière. Les prophéties de ses Centuries astrologiques (1556) seront abondamment commentées, la nature sybilline des vers rendant possibles toutes les interprétations...
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1979Prophecies of Nostradamus (AU) Paul Drane Prod.
1h40 min. – av. Richard Butler (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus), Ray Chubb, Ray Edmonds, Lyndell Sweetman, Bob Ruggiero. – Docu-fiction.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1961∆ Mystic Prophecies of Nostradamus (US) de Merle S. Gould.
av. Stanton Pritchard (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus), Basil Rathbone.
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1999(tv-df) Nostradamus, Prophet des Untergangs (DE) de Hans Christian Huf
série « Sphinx – Geheimnisse der Geschichte » (saison 4), Ifage Wiesbaden-Zweites Deutsches Fernsehen-Arte, 42 min. – av. Georg Grigore (le jeune Nostradamus), Constantin Dinulescu (le vieux Nostradamus). – Docu-fiction avec scènes reconstituées, écrite par Günther Klein.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1994Nostradamus / Nostradamus – Prophezeiungen des Schreckens (GB/DE/FR) de Roger Christian
Allied Entertainment (Edward Simons)-Vereinigte Film Partner (Harald Reichebner)-Filmex-Nostradamus Enterprises, 2h03 min. – Tchéky Karyo (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus), Rutger Hauer (le moine mystique), F. Murray Abrahams (Jules César de l’Escale, dit Scaliger l’Aîné), Anthony Higgins (Henri II), Amanda Plummer (Catherine de Médicis), Julia Ormond (Marie de Nôtre-Dame), Diana Quick (Diane de Poitiers), Michael Gough (Jean de Rémy), Assumpta Serna (Anne Ponsard), Maia Morgenstern (Hélène), Magdalena Ritter (Sophie), Bruce Myers (le professeur), Leon Lissek, Michael Byrne, Stefan Patoli (les inquisiteurs).
Synopsis : A l’âge de 19 ans, Michel de Nôtre-Dame, descendant d’une famille de médecins juifs convertis, quitte Saint-Rémy-de-Provence, où il est né, pour étudier la médecine à Montpellier. Des visions d’avenir cauchemardesques tourmentent ses nuits. Il est expulsé de la faculté en raison de ses pratiques d’apothicaire. En 1546, la peste noire sévissant dans le sud de la France l’incite à scruter les mystères de la nature, guidé en cela par son mentor, l’érudit italien Scaliger (1484-1558) qui l’initie à sa bibliothèque hermétique à Toulouse. Tandis qu’il s’épuise à combattre l’épidémie, l’Inquisition s’acharne sur son épouse Marie et ses enfants, qui meurent en prison. Nôtre-Dame s’établit à Salon-de-Provence, où il se remarie avec une jeune veuve, et, las de fuir ses visions prophétiques, décide de les retranscrire sous forme de quatrains sibyllins, pour mieux égarer les tenants de l’Église. Invité à Paris par Catherine de Médicis en 1555, il lui prédit la mort accidentelle de son royal époux, Henri II. Il échappe à une tentative d’empoisonnement à la cour et retourne à Salon où ses étonnants dons divinatoires, de plus en plus prisés, attirent les puissants de ce monde. Répudiée, sa belle-sœur amoureuse le trahit à l’Inquisition et il subit la torture. Bouleversée par la justesse de sa prédiction concernant son fils, Catherine de Médicis place Nostradamus (son nom de plume depuis 1550) sous sa protection personnelle et lui sauve ainsi la vie. Il poursuit sa rédaction des Centuries jusqu’à sa mort et décède le jour-même qu’il a annoncé.
Une production européenne de 15 millions de $ réunissant Tchéky Karyo (la star du Nikita de Luc Besson) et Amanda Plummer (fille de Christopher) dans le rôle de Catherine de Médicis. Le tournage se fait principalement en Roumanie, aux studios Buftea à Bucarest, dans les forteresses de Harman et de Prejmer et la région de Hunedoara, à Sighisoara, à Copsa Mica, à l’église de Sebish, enfin en France et, pour les finitions, aux Ealing Studios (SFX) à Londres. Selon le scénario, Nostradamus est un « homme de lumière né à une époque sombre », encombré par des dons dont il ne voulait pas. Au lieu d’illustrer la méfiance de l’Église décadente de la Renaissance à l’égard de la science et l’interdiction qu’il est faite aux femmes d’y accéder, sujets brûlants mais à peine esquissés, le film s’abîme dans un parti-pris simpliste, s’appesantit sur la légende douteuse, faisant de Nostradamus un prophète de sous-littérature occultiste qui lit dans ses terribles visions les discours de Hitler, Hiroshima, l’assassinat de Kennedy ou les ravages du sida (images d’archives). La peste, la misère, les Turcs et autres hantises collectives de l’époque sont ignorés, de même que le fait que la majorité des apothicaires-médecins de la Renaissance pratiquaient, eux aussi, l’astrologie.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE
2008(tv-df) Catherine de Médicis et les intrigues des châteaux de la Loire (FR) de Jean-Christophe de Revière
Série « Secrets d’Histoire » présentée par Stéphane Bern, Jean-Louis Remoilleux/Société Européenne de production-France Télévisions (FR2 31.7.08), 1h47 min. – av. Eva Quinto (Catherine de Médicis). – La Médicis est l’Italienne à laquelle le Français xénophobe attribue tous les malheurs du royaume, qui vit en période de remise en cause de la légitimation du pouvoir des femmes, d’où sa stratégie de marketing politique pour le garder : se présenter toujours comme la veuve d’Henri II, en portant le deuil jusqu’à la fin de ses jours. Docu-fiction avec reconstitutions muettes en costumes, interventions d’historiens reconnus ou de passionnés, dont Jack Lang (qui tentent de réhabiliter « la veuve noire »), visites guidées bavardes (à Chambord, à Chenonceau, à Chaumont-sur-Loire) et de brefs extraits des films La Reine Margot de Jean Dréville (1954) et Patrice Chéreau (1994), Catherine de Médicis d’Yves André Hubert (tv 1989), Diane de David Miller (1956) et Nostradamus, Prophet des Untergangs de Hans Christian Huf (tv 1999).
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1979® (tv) Le Roi qui vient du sud (FR/DE) de Marcel Camus. – av. Claude Milon (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus). – cf. infra (10).
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1961∆ The Oracle (US) de Joseph H. Lewis (série policière « The Investigators », 2.10.61).
av. Lee Marvin (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus)
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
2010(tv-df) Nostradamus (GB) de Joanne Lunt
série « Mystery Files », saison 1, épisode 1, Richard Sattin, Carl Hall/Parthenon Entertainment-National Geographic Channel (MIPTV 1.2.10), 30 min. – av. Martin Logan (Nostradamus), Struan Rodger (narrateur). – Docu-fiction.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE
2013-2017(tv) Reign (Reign: Le Destin d'une reine) (US) télésérie de Holly Dale, Matthew Hastings et Brad Silberling
Laurie McCarthy, John Blair/CBS Television Studios-World 2000 Entertainment-Octagon Films-CW (The CW 24.10.13.+14.5.14-13.5.15+8.10.15-20.6.16+9.2.-16.6.17 / M3 16.10.13), 78 x 42 min. – av. Adelaide Kane (Mary Stuart), Megan Follows (Catherine de Médicis), Toby Regbo (François II), Rossif Sutherland (Nostradamus), Alan Van Sprang (Henri II), Peter DaCunha (Charles de Valois, son frère, futur Charles IX), Caoimhe O’Malley (Elisabeth de Valois), Torrance Coombs (Bash, demi-frère de François), Jordan Lee (Philippe II d’Espagne), Manolo Cardona (le prince Tomas de Portugal), Jackson Hodge-Carter (prince Henri), Torrance Coombs (Sébastien), Jenessa Grant (Aylee), Celina Sinden (Greer), Caitlin Stasey (Kenna), Anna Popplewell (Lola), Anna Walton (Diane), Ashley Charles (Colin), Vanessa Carter (Madeleine), Luke Roberts (Simon Westbrook), Jonathan Keitz (Leith), Shawn Doyle (Claude, oncle de Marie), Katie Boland (Clarissa).
Synopsis : En 1557, après avoir passé plusieurs années dans le couvent de Mont Saint-Michel, la jeune Mary Stuart, 15 ans, reine d’Écosse depuis la mort de son père alors qu’elle n’avait que six jours, fait son entrée à la cour de France, où son futur mari, François de Valois, l’attend. Elle est accompagnée de ses quatre demoiselles d’honneur et amies, Greer, Aylee, Kenna et Lola. Son futur mariage doit assurer l’alliance stratégique entre le royaume d’Écosse et la France. L’Angleterre observe ces manœuvres avec méfiance et envoie des troupes armées aux frontières de l’Écosse ; Mary supplie Henri II de porter secours à ses compatriotes, mais celui-ci s’y oppose. Elle prend des leçons de « Realpolitik » auprès de sa future belle-mère, Catherine de Médicis, et subit la fascination de Nostradamus qui, tous deux, en veulent à sa vie, ou du moins à sa réputation. Mary est espionnée de toutes parts, on tente de l’empoisonner, puis de la violer…
Télésérie nunuche pour adolescents concoctée par Laurie McCarthy et Stephanie Sengupta sur le modèle soap des Tudors, mais adoucie à l’eau de rose, avec un zeste de sexe : l’épisode pilote est censuré aux USA en raison d’une scène un peu trop explicite de masturbation. L’innocente Mary – campée par la starlette australienne Adelaide Kane – et ses copines débarquent dans une France très, très débauchée. Sur le plan historique, c’est n’importe quoi (Bash, demi-frère de François II ?), les décors n’ont rien de français (et pour cause, la série a été tournée de juillet 2013 à décembre 2016 en Irlande (Dublin, Ashford Castle, château de Charleville Forest à Tullamore) et au Canada (Cinespace Studios, Toronto, Ontario), les robes de ces damoiselles sortent de Fashion Week et les personnages les plus âgés (Nostradamus) ne dépassent guère la trentaine. Bref, le vide.
Moyen Âge et Renaissance > EUROPE CENTRALE ET DE L’EST, BALKANS, TURQUIE et invasions mongoles
2000Kahpe Bizans [=Byzance la putain] (TU) de Gani Müjde
Mehmet Soyarslan, Ferdi Egilmerz, Deniz Özen/Tükenmez Kalem Film-Özen Film-Arzu Film (Istanbul), 102 min. – av. Mehmet Ali Erbil (l’empereur byzantin Illetius [?]), Cem Davran (Yetis Bey / Marc Antoine ( Gavur Bey / Gider Bey), Demet Sener (Emmanuelle), Aysegül Aldinç (Teodora), Nurseli Idiz (Helena), Sümer Tilmaç (Süper Gazi), Yilmaz Köksal (Sepetçioglu), Suat Sungur (Tavsan Bey), Hande Ataizi (Magdure Hanim), Ümit Okur (Theodorakis), Sengiz Küçükayvaz (Simitis), Günay Karacaoglu (Anaç Hatun), Sencan Güleryüz (Lombelicus), Kayhan Yildizoglu (Nostradamus),
Byzance vu par les Monty Python turcs, une comédie primaire, parodie des films d’aventures pseudo-historiques bricolés à Istamboul, qui récolte un immense succès public grâce aux grimaces de Mehmet Ali Erbil (2,5 millions de spectateurs). Un souverain débile de Byzance qui avait jadis, à la suite d’un oracle prédisant son propre décès, ordonné la mort de tous les nouveaux-nés d’une tribu ennemie en Anatolie, les Nacarlars, se retrouve en face de trois rejetons, des triplés qui ont survécu, cachés par leurs parents dans les roseaux comme Moïse.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
 Le Britannique Roger Christian (Oscar pour les décors de Star Wars de George Lukas, décors d’Alien de Ridley Scott) soigne, ici aussi, l’aspect visuel, mais se contente pour le reste de livrer une sorte de science-fiction à rebours du temps qui ne craint guère le ridicule. La prédiction sur la mort d’Henri II (à l’époque, aucun contemporain ne fit le rapprochement entre le fameux quatrain 35 de la première centurie et l’accident tragique), les intrigues à Salon et la torture par une Inquisition délirante sont de l’invention pure. Nostradamus ne semble jamais avoir été sérieusement inquiété par les autorités : en 1564, à l’occasion du grand tour de France, Charles IX, accompagné de Catherine de Médicis et de Henri de Navarre (le futur Henri IV), lui rendirent visite ; à cette occasion, la reine-mère le nomma même médecin et conseiller du roi. Bref, le mage ne semble pas avoir prévu ce film, qui lui rend un bien mauvais service !
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1994∆ (tv) Ancient Prophecies (US) de Graeme Whifler.
av. Albert James Harris (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus).
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME D’ANGLETERRE > L’ANGLETERRE DEVIENT UNE GRANDE PUISSANCE : ELIZABETH Ire (1558 à 1603)
2013-2017(tv) Reign (Reign: Le Destin d’une reine) (US) télésérie de Holly Dale, Matthew Hastings, Fred Gerber, Jeremiah S. Chechik, Bruce McDonald, Scott Peters, Bradley Walsh et Brad Silberling
Laurie McCarthy, John Blair/CBS Television Studios-World 2000 Entertainment-Octagon Films-Joyful Girl Productions-Warner Bros. Television (The CW Network 24.10.13-16.6.17 / M3 16.10.13), 78 x 42 min. (4 saisons) – av. Adelaide Kane (Mary Stuart), Megan Follows (Catherine de Médicis), Toby Regbo (François II), Rossif Sutherland (Nostradamus), Alan Van Sprang (Henri II), Peter DaCunha (Charles de Valois, son frère, futur Charles IX), Caoimhe O’Malley (Elisabeth de Valois), Torrance Coombs (Sébastien de Poitiers dit Bash, demi-frère de François), Jordan Lee (Philippe II d’Espagne), Manolo Cardona (le prince Tomas de Portugal), Jackson Hodge-Carter (le prince Henri), Jenessa Grant (Aylee), Celina Sinden (Greer), Caitlin Stasey (Kenna), Anna Popplewell (Lola), Anna Walton (Diane), Ashley Charles (Colin), Vanessa Carter (Madeleine), Luke Roberts (Simon Westbrook), Jonathan Keitz (Leith), Shawn Doyle (Claude, oncle de Marie), Katie Boland (Clarissa).
En 1557, après avoir passé plusieurs années dans le couvent de Mont Saint-Michel, la jeune Mary Stuart, 15 ans, reine d’Écosse depuis la mort de son père alors qu’elle n’avait que six jours, fait son entrée à la cour de France, où son futur mari, François de Valois, l’attend. Elle est accompagnée de ses quatre demoiselles d’honneur et amies, Greer, Aylee, Kenna et Lola. Son futur mariage doit assurer l’alliance stratégique entre le royaume d’Écosse et la France. L’Angleterre observe ces manœuvres avec méfiance et envoie des troupes armées aux frontières de l’Écosse ; Mary supplie Henri II de porter secours à ses compatriotes, mais celui-ci s’y oppose. Elle prend des leçons de « Realpolitik » auprès de sa future belle-mère, Catherine de Médicis, et subit la fascination du magicien (sic) Nostradamus qui, tous deux, en veulent à sa vie, ou du moins à sa réputation. Mary est espionnée de toutes parts, on tente de l’empoisonner, puis de la violer…
Télésérie totalement nunuche concoctée par Laurie McCarthy et Stephanie Sengupta sur le modèle soap des Tudors, mais version Barbie adoucie à l’eau de rose, avec un zeste de sexe : l’épisode pilote est censuré aux USA en raison d’une scène un peu trop explicite de masturbation ; Mary et sa dame de compagnie ont assisté à l’accouplement public de jeunes mariés, et l’amie, troublée, se retire dans les escaliers pour se caresser quand le roi de France la surprend et, ben voyons, en profite... Bref, l’innocente Mary – campée par la starlette australienne Adelaide Kane – et ses bimbos débarquent dans une France de telenovela très, très débauchée. Sur le plan historique, c’est n’importe quoi (elle partage sa couche avec François II et le demi-frère imaginaire de ce dernier, Sébastien dit Bash, fils bâtard de Henri II et de Diane de Poitiers), le script est assaisonné de fantasy (les « Ténèbres », une créature qui se nourrit d’humains), les décors n’ont rien de français (et pour cause, la série a été tournée en Irlande, comme The Tudors), à Dublin et aux châteaux d’Ashford Castle et de Charleville Forest à Tullamore), puis principalement au Canada (Cinespace Studios Toronto) ; les robes farfelues de ces damoiselles sortent de Fashion Week, les meubles d’un catalogue du XIXe siècle, la bande son est pop-acnéique et les personnages les plus âgés (Nostradamus) ne dépassent guère la trentaine. Quant au joli Sébastien de Poitiers, dont la mère aurait été assassinée par Catherine de Médicis, il rejoint Mary Stuart dans son voyage fatal pour l’Écosse où il devient druide ! Même pas de la « Renaissance de magazine » : le vide.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE
2022(tv) Diane de Poitiers - presque reine (FR) téléfilm de Josée Dayan
Collection "Les Audacieuses", Dominique Besnehard, Josée Dayan, Gaspard de Chavagnac, Arnaud Frilley/France Télévisions-TV5 Monde-Mon Voisin Productions-Passionfilms-Be-FILMS-RTBF (RTB 4.10.22 / RTS2 2.11.22 / FR2 7.11.22), 2 x 104 min. - av. Isabelle Adjani (Diane de Poitiers), Gérard Depardieu (Nostradamus), Virginie Ledoyen (Anne de Pisseleu), Hugo Becker (Henri II), Gaia Girace (Catherine de Médicis), Samuel Labarthe (François Ier), Guillaume Gallienne (Ambroise Paré), Olivier Gourmet (Charles Quint), Max Baissette de Malglaive (Barthélémy), Wesley Weigel (Briandas), Olivier Bonnaud (Gabriel de Montgomery), Gantiez Romane (Mary Stuart jeune).
Isabelle Adjani renoue avec les drames en costumes aux côtés de Gérard Depardieu. La position de Diane à la cour de France, favorite du dauphin et roi Henri II (fils cadet de François Ier), demeure fragile, face à la puissante Anne de Pisseleu, favorite du roi, qui lui voue une haine féroce. Le mariage d'Henri avec Catherine de Médicis risque de compromettre les rêves de l'ambitieuse Diane qui n'hésite pas à se comparer à la déesse Artemis, se baigne dans de l'eau de lune et boît des philtres d'or... Un scénario de Didier Decoin tourné à Noyon (Oise), Blois (Loir-et-Cher), aux châteaux d'Ambleville (Val-d'Oise), d'Anet et Chambord (Loir-et-Cher). Un portrait fantasque et hystérique d'une femme vaniteuse aux abois.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > LA FRANCE DÉCHIRÊE: LES GUERRES DE RELIGION (De la Saint-Barthélemy à Henri IV)
1981(tv) Los Pardaillan (MX) télésérie
Imevision Producciones, Mexico (feuilleton). – av. Jaime Moreno (Jean de Pardaillan), Gustavo Rojo (Honoré de Pardaillan, son père), Diana Bracho (Loïse de Montmorency), Fernando Larrañaga (François de Montmorency), María Teresa Rivas (Catherine de Médicis), José Roberto Hill (Henri, duc de Guise), Oscar Bonfiglio (Charles IX), Aarón Hernán (Ruggieri, l’astronome), Maria Rivas (Jeanne de Piennes), Xavier Marc (Maurevert), Rosenda Monteros (Fausta, princesse Borgia), Nadia Haro Oliva (Jeanne d’Albret, reine de Navarre), Juan Antonio Edwards (Charles), Alfonso Meza (Henri de Montmorency).
Feuilleton en couleurs qui s’inspire, comme la série de Josée Dayan sept ans plus tard, du premier cycle de la saga, Les Pardaillan, L’Épopée d’amour, suivi de La Fausta, des romans axés sur les guerres de Religion sous Charles IX. On y conte le mariage secret de François de Montmorency avec Jeanne de Piennes en 1553, la naissance de leur fille Loïse, son enlèvement par Pardaillan père, sa rencontre amoureuse avec le fils, seize ans plus tard. Suivent l’adultère de Catherine de Médicis avec son astronome Ruggieri, ses intrigues criminelles, la mort de Pardaillan père, Honoré, pendant le massacre de la Saint-Barthélemy, enfin le mariage du jeune Jean de Pardaillan avec Loïse de Montmorency. En vedette dans le rôle de Loïse, on découvre la comédienne Diana Bracho (révélée par Arturo Ripstein), fille du cinéaste Julio Bracho, lui-même un des piliers de l’âge d’or du cinéma mexicain dans les années 1940/50. Rappelons qu’à l’instar de Dumas et de Féval, Zévaco jouit au Mexique et en Amérique latine d’un vaste lectorat dont l’engouement se répercute sur l’écran (cf. le film mexicain Nostradamus en 1937, le feuilleton brésilien A Ponte dos Sospiros en 1981, etc.).
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
2023(tv-df) Nostradamus ou comment prédire son avenir... (FR) d'Élodie Mialet, David Jankowski (doc.), Benjamin Lehrer (fict.)
Série "Secrets d'Histoire" présentée par Stéphane Bern, Jean-Louis Remilleux/Société Européenne de Production-France Télévisions (FR3 17.5.23), 101 min. - av. Louis Bernard (Nostradamus), Marie Anaf, Sébastien Degut, Lucas Mortier, Benoit Rabille, Léa Swan, Stefan Vlajkovski. - Depuis le château Renaissance de Chaumont-sur-Loire, fréquenté jadis par Catherine de Médicis, Stéphane Bern évoque la vie de Nostradamus, un apothicaire de campagne devenu médecin ordinaire du roi, étant parvenu à se rendre indispensable au moyen de l'astrologie. Prophète ou charlatan? Nul ne sait.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE
 Le script nous révèle que Nostradamus, encore lui, aurait prophétisé et le couronnement et la fin d’Henri IV. Soit : que n’a-t-il pas tout prédit ? Les instances encapuchonnées du Vatican sont filmées comme des suppôts de Satan, toujours tapis dans l’ombre, à l’affût d’un coup bas. Que le siège des Valois soit un repaire de demi-fous dominés par Catherine de Médicis, voilà qui passe fort bien chez Alexandre Dumas, notamment à travers le filtre esthétique d’un Patrice Chéreau (cf. La Reine Margot, 1994). Chez Baier, qui, lui, se veut sérieux, la cour n’est qu’une arène de gargouilles, des monstres blafards que l’absence de chandeliers pendant la nuit du massacre rend fantomatiques. Le Louvre est un palais aux parois percées de petits trous et survolé, comme il se doit, par des milliers de corbeaux. Ulrich Noethen compose un Charles IX sérieusement hystérique : il hurle de rage, rugit ou pleurniche en se roulant sur les tables, fesse sa sœur Margot (elle a couché avec Guise) ou lui plante ses dents dans la cuisse. Son frère Henri est un punk gay adonné aux délices de l’autoflagellation publique, jusqu’au sang, pour le plaisir de ses amants décadents. Pendant la Saint-Barthélemy, séquence cauchemardesque et pour une fois au diapason du style glauque et tape-à-l’œil de l’ensemble, Henri se barricade dans la chambre du roi paniqué (« je saigne comme Jésus au Mont des Oliviers »), l’hémoglobine coule à flot sous la porte devant laquelle une quinzaine de huguenots se sont sacrifiés pour protéger leur maître. Les couloirs sont encombrés de corps et tandis que la chasse aux hérétiques se prolonge dans la rue, la reine-mère ordonne musique et danse. Pour rester en vie, Henri fait le bouffon devant elle (suscitant des éclats de rire) et embrasse « la vraie foi ». Enfin, Marie de Médicis, la nièce et l’épouse « recommandée » par le pape (selon le film, le Vatican aurait aussi arrangé l’assassinat de Gabrielle), est une matrone grotesque que l’on découvre en train d’uriner dans la neige, qui cherche son Henri à quatre pattes sous le lit d’une gueuse et le surprend nu, caché dans une armoire sortie d’un vaudeville de Feydeau. Les dialogues, bâclés, sont à l’avenant : « Nous avons le devoir de défendre notre religion », dit Sully à Henri IV, et celui-ci de répondre : « C’est ainsi qu’on justifie chaque guerre, pour que les sots y croient, mais qu’en est-il de l’humanité ? » Et des spectateurs ?
Présenté en première mondiale au festival de Berlin en 2010, le film sort en salles en Allemagne, où il est éreinté par la critique. En France, son exploitation se limite au petit écran, avec un score décevant sur FR3 (10,6%). – GB : Henry of Navarre.

(1) – Né catholique, Henri suivit ses parents dans le protestantisme ; son père, Antoine de Bourbon, se reconvertit au catholicisme et l’emmena à Paris en 1561 où il fit ses études. Jeanne d’Albret, sa mère demeurée protestante, le récupéra en 1567 pour la cause de la Réforme. La suite est connue.
(2) – En vérité, Gabrielle d’Estrées (v. 1570-1599), favorite du roi pendant huit ans, lui donna deux fils et une fille. Elle fut d’abord la maîtresse de Roger de Bellegarde ; Henri IV la maria par souci des conventions à Nicolas de Liancourt, puis fit divorcer le couple pour la rendre libre. Elle reçut du roi les titres de marquise de Montceaux et de duchesse de Beaufort. Son projet de mariage avec elle était impopulaire en raison de la « mauvaise vie », du divorce et du rang nobiliaire insuffisant de l’élue. Marguerite de Valois (la reine Margot) s’y opposait, le Vatican aussi. Sa mort subite après un copieux dîner, alors qu’elle était enceinte de quatre mois du quatrième enfant d’Henri IV, laissa penser qu’elle fut empoisonnée, mais les historiens penchent aujourd’hui plutôt pour l’hypothèse d’une apoplexie foudroyante.
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1997(vd) Nostradamus : The Story of the Man and His Prophecies (GB) de Jeremy Freeston
Cromwell Productions Ltd.-Kultur International Films, 52 min. – av. Phil Reynolds (Jean Aimès de Chavigny, disciple de Nostradamus), Michael Leighton (narration), Stuart Richman, Kerry Angus, Alex Comer, Bob Sessions. – Film sorti uniquement en vidéo, un scénario de Simon Freeston tourné à Aston Hall, Birmingham.
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1989* (tv) Catherine de Médicis (FR) d’Yves-André Hubert
Parties : 1. Le Tocsin de la Saint-Barthélemy : 1568-1572 – 2. Le Rendez-vous de Blois : 1584-1588
Antenne 2 (A2 18+19.4.89), 2 x 1h30 min. – av. Alice Sapritch (Catherine de Médicis), Aurélien Recoing (Henri, duc de Guise), Simon Eine (Gaspard II, amiral de Coligny), Vincent Gauthier (Charles IX), Jean Dalric (le duc d’Anjou/Henri III), Isabelle Gélinas (Marguerite de Valois, dite la reine Margot), Vincent Garanger (Henri de Navarre, futur Henri IV), Emmanuelle Riva (Jeanne d’Albret, sa mère, reine de Navarre), Dominique Ollivier (François d’Alençon), Jean Bollery (Henri de Bourbon, prince de Condé), Roland Lacoste (M. de Bezons), André Thorent (Gaspard de Saulx, seigneur de Tavannes), Philippe Desboeuf (Michel de l’Hospital), Jean Alric (Louis de Guise, cardinal de Lorraine), Toni Cecchinato (Albert de Gondi), Hélène Roussel (la duchesse de Nemours), Emmanuelle Grange (Marie Touchent), Christian Cloarec (Louis de Bérenger, seigneur de Guast), Jean-Pierre Moreux (l’ambassadeur d’Espagne), Serge Hureau (l’astronome Cosimo Ruggieri), François Montagut (M. de Lignerolles), Didier Raymond (François de Clèves, duc de Nevers), Edouard Hastings (Blaise de Montesquiou).

Synopsis : Nièce du pape Clément VII, fille de banquiers florentins, Catherine de Médicis, dite « l’étrangère », a épousé la France à l’âge de quatorze ans. Ayant du accepter beaucoup d’humiliations sous un masque impassible, elle est à présent veuve de son bien-aimé Henri II et inconsolable de la grandeur perdue de feu son beau-père, François Ier. Son fils Charles IX est sur le trône, faible et colérique. Le frère de ce dernier, l’éclatant duc d’Anjou (futur Henri III) batifole entre sa sœur Margot et ses mignons. Mais au Louvre, c’est Catherine qui règne. Les chefs protestants Condé et Coligny résistent, assiégés à La Rochelle. Anjou exécute froidement Condé après sa victoire à Jarnac. Aux yeux des catholiques comme des protestants, la tolérance de l’autre est un « péché ». Pour amadouer les huguenots et sceller la paix, Catherine donne sa fille Marguerite à Henri de Navarre, propose son fils Anjou en mariage à Élisabeth d’Angleterre et rappelle Coligny à la cour, mais la Saint-Barthélemy annihile tous les projets de réconciliation. Nostradamus ayant prédit qu’un protestant, Henri de Navarre, hériterait de la couronne, les ultras catholiques menés par les Guise arment la Sainte Ligue avec l’appui de l’Espagne. A soixante-cinq ans, Catherine, malade, légèrement à l’écart du pouvoir, reprend du service pour négocier une paix avec les Guise, qui acceptent à condition que le roi déclare la guerre à son cousin Henri de Navarre. L’armée d’Henri de Guise s’installe à Paris, et face aux atermoiements royaux, la population voit en lui le seul rempart solide contre les hérétiques. Catherine finit par laisser programmer l’assassinat de Guise pour sauver son fils.
- Une seule religion : le pouvoir:
Hubert et son scénariste Paul Savatier adaptent pour le petit écran, en couleurs, la remarquable biographie éponyme de Jean Orieux (Flammarion, 1986), illustrant la dégénérescence des Valois, la rouerie des alliances de part et d’autre, et le peu de religion qu’on trouvait dans ces guerres de pouvoir. Leur téléfilm a le mérite d’éviter l’écueil complaisant des turpitudes qui ont fait le succès et le scandale de séries historiques comme I, Claudius, Les Rois maudits ou, plus tard, The Tudors, au risque de frustrer les spectateurs qui ne connaîtraient pas tous les rouages politiques du XVIe siècle, car il eût fallu, pour éclairer cette période si agitée, une durée d’antenne beaucoup plus importante. On ne peut cependant que saluer cette tentative de réhabiliter la redoutable Italienne qui gouvernait la France dans l’ombre de sa progéniture (qu’elle avait la faiblesse de trop aimer), de corriger les clichés, d’expliquer sa psychologie. La cour la craignait et la méprisait (« une fille de marchand », selon Marie Stuart). Machiavélique et sans scrupules, sans doute, gouvernant par la dissimulation et la ruse, mais véritable chef d’État, soucieuse en priorité de préserver la couronne des Valois, la régente a durant toute sa vie préféré une paix plus ou moins bien négociée (des « édits de tolérance ») à la perpétuation de massacres – elle qui vécut horrifiée le sac de Rome par les reîtres de Charles Quint. Sa seule religion était le pouvoir.
Débordée par la violence des haines religieuses, elle laissa faire plutôt qu’elle n’inspira la Saint-Barthélemy, dont le point de départ, justement, est explicité ici en détail : à la cour à Paris, le protestant Coligny a pris un dangereux ascendant sur Charles IX, qu’il presse de déclarer les hostilités au très catholique et intransigeant Philippe II d’Espagne. Puis, comme il prépare un coup de force, Catherine se résout à le faire assassiner. Coligny en réchappe, blessé, sur quoi la reine-mère parvient à convaincre son fils du complot protestant. La fureur de Charles IX, cyclothymique notoire, éclate dans un cri : « Tuez-les tous ! », et alors qu’il s’agissait d’occire sans mollir une dizaine de chefs, l’opération dérape en un pogrom généralisé ... (1). En revanche, les historiens récusent toute implication de Catherine, vieille, gravement malade et tenue à l’écart par Henri III, dans le meurtre des Guise en 1588. Alice Sapritch, dont c’est le dernier rôle à l’écran (elle décédera en mars 1990), domine la distribution par sa silhouette et son jeu maîtrisé, sans jamais sombrer dans la caricature ; dommage qu’elle ait renoncé à l’accent italien qu’exécrait tant la cour. Elle avait déjà campé la « reine veuve » (elle porta le deuil de son époux jusqu’à la mort) dans La Reine Margot (tv 1961, cf. infra).

(1) – Selon l’historiographie moderne, les responsables de l’attentat et du massacre qui s’ensuivit seraient les Guise, les agents espagnols de Philippe II, la population exarcerbée de Paris et, peut-être le duc d’Anjou (futur Henri III), qui aurait pu chercher par ce crime d’État à s’imposer dans le gouvernement. Le lendemain du déclenchement de la boucherie, Catherine de Médicis fait condamner ces crimes par une déclaration de Charles IX et menace les Guise de la justice royale. Mais l’implication du duc d’Anjou, son propre fils, lui lie les mains.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > LA GUERRE DE CENT ANS (1339 à 1453)
2010(tv-df) Joan of Arc (GB) de Kate Haddock
série « Mystery Files », saison 1, épisode 13, Richard Sattin, Carl Hall/Parthenon Entertainment-National Geographic Channel (MIPTV 12.2.10), 30 min. – av. Gemma Deerfield (Jeanne d’Arc), Philip Jennings (soldat français), Martin Logan (Nostradamus), Struan Rodger (narrateur). – Docu-fiction.

Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
1957∆ The Man Without a Body (US) de Charles Saunders, W. Lee Wilder. - av. Michael Golden (Michel de Nôtre-Dame, dit Nostradamus).
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE
2010(tv+ciné) Henri 4 / Henri de Navarre / Henri IV / Henry of Navarre (FR/DE/CZ/ES/AT) de Jo Baier
Regina Ziegler Film-Gétévé (Christian Charret)-B.A. Production-Institut del Cinema Català-Wega Film-MMC-Maya-Arte-Bayerischer Rundfunk-Degeto-MDR-NDR-SWR-WDR-France 2-ORF-TVC (BR 4.3.10 / FR3 11.+18.3.10), 2h33 min./tv : 2 x 1h30 min. – av. Julien Boisselier (Henri IV), Joachim Król (Théodore Agrippa d’Aubigné), Andreas Schmidt (Guillaume de Salluste du Bartas), Roger Casamajor (Maximilien de Béthune, baron de Rosny, futur duc de Sully), Armelle Deutsch (Marguerite de Valois, la reine Margot), Chloé Stefani (Gabrielle d’Estrées), Sven Pippig (Beauvoise), Hannelore Hoger (Catherine de Médicis), Ulrich Noethen (Charles IX), David Striesow (Henri, duc d’Anjou, futur Henri III), Adam Markiewicz (François, duc d’Alençon), Sandra Hüller (Catherine de Navarre, sœur d’Henri IV), Gabriela Maria Schmeide (Marie de Médicis), Christine Urspruch (Leonora Galigaï), Marta Calvó (Jeanne d’Albret, reine de Navarre), Karl Markovics (Gaspard II, amiral de Coligny), André Hennicke (Charles de Gontaut-Biron), Wotan Wike Möhring (Henri, duc de Guise), Antoine Monot Jr. (Charles de Lorraine, duc de Mayenne), Pep Anton Muñoz (Antoine d’Estrées), Matthias Walter (Anne, duc de Joyeuse), Karin Neuhäuser (la nourrice), Johannes Silberschneider (un médecin à Nérac), Manfred Schmid (Zamet), Aida Folch (Henriette de Balzac d’Entragues), Frank Kessler (François Ravaillac), Fritz Marquardt (Nostradamus), Kristo Ferkic (Henri de Navarre, 11 ans), Maximilian Befort (Henri de Navarre, 16 ans), Lukas T. Berglund (César, 7 ans), Frank Voss (Ambroise Paré), Amon Robert Wendel (le dauphin, futur Louis XIII), Katharina Thalbach (une crieuse), Paulus Manker (un légat).
Cette deuxième adaptation du roman biographique de Heinrich Mann – après Le Roi qui vient du Sud / Heinrich, der gute König (1979) de Marcel Camus et Heinz Schirk en 1979 – est à nouveau une coproduction majoritairement franco-allemande. Le réalisateur munichois Jo Baier, qui s’est fait remarquer par quelques solides téléfilms sur la folie hitlérienne et ses conséquences – Verlorenes Land (2002), Stauffenberg (2004), Nicht alle waren Mörder (2006) – met l’accent sur le combat du roi pour imposer la liberté religieuse et éradiquer les intégrismes ; en 2010, alors que les valeurs humanitaires sont à nouveau foulées du pied, où le nom de Dieu sert de caution aux pires exactions terroristes, où les dictatures se justifient par la foi, le combat du Béarnais a valeur d’exemple, démontrant que le pouvoir politique comme la religion peuvent aussi être utilisés positivement, pour la réconciliation ; c’est ce message que Baier et son scénariste Cooky Ziesche veulent transmettre aux Européens ébranlés par la crise, l’islamisme, la xénophobie et les conflits d’intérêts au Moyen Orient. Baier veut un film moderne en costumes anciens, mouvementé, rapide, agressif, qui ne s’attarde ni aux habits ni aux décors, qui toucherait plutôt au documentaire. Il se dit peu intéressé par les beautés de la Renaissance, mais plutôt par la proximité des gens de l’époque avec nos contemporains.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
Nostradamus (Tchéky Karyo) aurait prédit la mort accidentelle de Henri II (Anthony Higgins) lors d’un tournoi en 1559.
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1959I cavalieri del diavolo (Le Cavalier à l’armure d’or) (IT) de Siro Marcellini
Argy et Eduardo Robelli/Galassia Cinematografica (Giulio Fiaschi), 1h30 min. – av. Frank Latimore (cpt. Richard Stiller), Gianna Maria Canale (la baronne Elaine de Faldone), Emma Danieli (la comtesse Louise de Valancy), Andrea Aureli (le duc de Vars), Antonio De Teffé (Henri de Valency), Gabriella Palotta (Darriola), Andrea Fantasia (Dumesnil), Franco Fantasia (Richemont), Mirko Ellis (Germain), Federico Ranchi, José Aspe, Oreste Lionello, Nunzio Gallo.
Synopsis : Faible et irrésolu, Henri II laisse à Catherine de Médicis le soin de gouverner et le pays sombre dans les luttes politico-religieuses. En 1555, le duc de Vars, gouverneur huguenot du Dauphiné, un homme dévoré d’ambition, rallie les nobles de la région contre la couronne, tout en demandant la main de Louise de Valency. Richard Stiller, un gentilhomme de fortune revenu de la guerre d’Espagne, prend la défense de la belle, son amie d’enfance, et s’oppose à la dictature du duc. Lors d’un tournoi, ce dernier terrasse Henri de Valency, le frère de Louise, qui meurt à l’insu du public. Richard revêt l’armure du défunt et débarrasse le trône de France d’un rebelle. – Petit film de cape et d’épée, avec la superbe Gianna Maria Canale dans le rôle d’une baronne intrigante et confidente de Nostradamus. Tournage en Ferraniacolor aux studios de l'Istituto Nazionale Luce (Rome), à La Torraccia, dans le domaine de la productrice Argentina La Torracia, à Monte Gelato et au château d’Ostie (Latium). – US : Devil’s Cavaliers, DE : Musketiere des Teufels, ES : El caballero del diablo, US : The Devil’s Cavaliers.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
Féru d’occultisme, le scénariste Michel Subiela propose une approche intelligente du personnage de Nostradamus (Jean Topart).
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1981(tv) Titans: Nostradamus (CA) de Tom O'Neill
série "Titans", Moses Znaimer, Lisa Smith/Titans Television Ltd.-Canadian Broadcasting Co. (CBC 3.7.81), 30 min. - av. Len Birman (Nostradamus), Patrick Watson (l'interviewer). - Le mage est interviewé par un journaliste-vedette de la télévision canadienne.
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2022® (tv) Diane de Poitiers (FR) de Josée Dayan. - av. Gérard Depardieu (Nostradamus).
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1979* (tv) Le Roi qui vient du sud / Heinrich, der gute König (FR/DE/CH) télésérie de Marcel Camus (épis. 1-3) et Heinz Schirk (épis. 4-6)
Télécip, Paris (Guy Lacourt)-André Libik Filmproduktion, München-TF1-WDR-SRG (TF1 8.2.-15.3.79 / ARD 3.-5.80), 6 x 52 min. – av. Jean Barney/Henri Virlojeux (Henri de Navarre/Henri IV), Ellen Schwiers (Catherine de Médicis), Katerina Jacob (Marguerite de Valois, dite la reine Margot), Gérard Berner (Charles IX), Roger Carel (Michel Eyquem, seigneur de Montaigne), Nicolas Silberg (Henri de Guise), Jacques Frantz (Louis de Bourbon, prince de Condé), William Coryn (François, duc d'Alençon), Pierre Forest (Agrippa d'Aubigné), Hubert Laurent (Charles de La Rochefoucauld), Jean Mourat (Gaspard II, amiral de Coligny), Monique Rigoult-Barye (Elisabeth de France), Michel Morano (le poète Philippe Desportes), Claude Milon (Nostradamus), Jean Turlier (le marquis François d'O), Claire Vernet (Diane d’Andouins, dite la Belle Corisande), Guy Michel (le duc d’Anjou, futur Henri III), Muriel Catala (Charlotte de Montmorency), Laurence de Monaghan (Louise de France), Béatrice Agenin (Catherine de Guise, duchesse de Montpensier), Paul-Emile Deiber (Don Francisco, duc de Mendoza), Constanze Engelbrecht (Gabrielle d'Estrées), Amadeus August (Roger de Saint-Lary de Bellegarde), Klaus Grunberg (Maximilien de Béthune, baron de Rosny et duc de Sully), Marie-Christine Demarest (Marie de Médicis), Gérard Hernandez (Concino Concini), Maud Rayer (Leonora Galigaï), Luc Charpentier (François Ravaillac), Sébastien Foure (le dauphin Louis, futur Louis XIII), Henri Crémieux (l’ambassadeur d’Espagne), Raoul Curet (le secrétaire d’Éparnon), Pierre Maguelon (Louis des Balbes de Berton de Crillon), Maxence Mailfort (Philippe de Mornay).
Synopsis : (épisode 1) Henri de Navarre épouse Marguerite (Margot) de Valois à la veille de la Saint-Barthélemy. Il abjure le protestantisme pour sauver sa vie, reste en otage au Louvre auprès de Catherine de Médicis. Charles IX meurt d’une leucémie, son frère Henri III n’a pas de fils et son cousin Navarre est une menace pour les Guise qui veulent et le pouvoir et sa peau. Henri s’enfuit à Nérac avec la complicité de la reine-mère. – (épisode 2) Roi de Navarre et gouverneur de Guyenne, il applique une politique de tolérance qui le rend trop populaire et que les séides du redoutable maréchal de Biron n’arrivent pas à enrayer. Henri répudie Margot. À la mort du duc d’Alençon, frère d’Henri III, le Béarnais devient l’héritier officiel du trône. – (épisode 3) Paris envoie une armée contre lui qui est défaite à Coutras. Guise chasse Henri III de la capitale. Celui-ci le fait assassiner, provoquant une insurrection générale. Navarre vole au secours de son royal cousin et assiège avec lui Paris, occupé par les Espagnols. Henri III est assassiné, il a désigné le huguenot Navarre comme son successeur. – (épisode 4) Henri IV se fait catholique, entre dans sa capitale en liesse et écrase la dernière armée de la Ligue. Il lui aura fallu sept ans pour reconquérir son royaume. – (épisode 5) Il restaure « labourage et pâturage », redonnant vie à un pays dévasté, proclame la tolérance religieuse par l’édit de Nantes. Gabrielle d’Estrées lutte contre le projet de mariage du roi avec la richissime Marie de Médicis. Sur le point d’être couronnée reine, elle meurt mystérieusement. – (épisode 6) Pour dompter la noblesse qui s’acharne contre lui, le roi fait décapiter Biron. Les complots s’accumulent. Amoureux de la jeune Charlotte de Montmorency, il multiplie les imprudences et se réfugie dans un projet grandiose : une Europe unie, pacifiée et prospère. Entre-temps, la reine Marie de Médicis a donné un héritier à la couronne et assuré sa position à la cour en se faisant couronner ; son entourage commandite un assassin. Le 14 mai, Ravaillac frappe.
- Pour Heinrich Mann, le duc de Guise est un précurseur d’Adolf Hitler:
Relégué à la télévision après plusieurs échecs commerciaux, Marcel Camus, l’auteur acclamé d’Orfeu negro (Palme d’or à Cannes en 1959), ancien assistant de Becker et de Buñuel, dirige la première moitié de ce grand feuilleton historique franco-allemand, tandis que Heinz Schirk en signe la seconde. Le petit écran de l’Hexagone vient de consacrer une série importante à Richelieu (1977), puis à Mazarin (1978), et Claude Brûlé est chargé cette fois d’adapter les 1500 pages du Roman d’Henri IV, une biographie rédigée jadis en exil par Heinrich Mann, le frère aîné de Thomas (Die Jugend des Königs Henri Quatre, 1935, et Die Vollendung des Königs Henri Quatre, 1938). Francophile et fervent démocrate, admirateur des idées révolutionnaires de 1789, Heinrich Mann livre à la fois une biographie très documentée et un roman métaphorique engagé contre le nazisme, établissant des parallèles entre l’intolérance de la Sainte Ligue catholique, sa soif de persécutions, d’inquisition, ses velléités dictatoriales, son immoralisme intrinsèque, et la nouvelle Allemagne qui tyrannise l’Europe. Guise ressemble à Hitler et Boucher, le populiste haineux du roman, à Goebbels. La Saint-Barthélemy annonce la Nuit de cristal. Montaigne enseigne au Béarnais le scepticisme et les bienfaits du pouvoir quand celui-ci s’allie à la bonté. Dans cette perspective, déclarer que « Paris vaut bien une messe » n’est pas de l’opportunisme politique mais du pragmatisme qui tient compte des intérêts vitaux réels de la population. La reine, Marie de Médicis, et sa suite florentine manœuvrent pour saboter tous ses efforts de réforme, et il ressent l’empoisonnement et les souffrances atroces de Gabrielle d’Estrées comme un signe annonciateur de sa propre mort violente. Représentant d’un humanisme pugnace, le Henri IV de Mann est en avance sur son temps et préfigure le socialisme révolutionnaire du XXe siècle (1). L’écrivain ayant toujours préconisé un rapprochement franco-allemand comme étant la meilleure chose qui puisse arriver à l’Europe, cette coproduction binationale en Eastmancolor un peu criard est mise en chantier dans le sillon politico-culturel de réconciliation et de coopération concrète inauguré en 1963 par le chancelier Adenauer et le général de Gaulle (Traité de l’Élysée). Les allusions dépassées au Troisième Reich sont gommées, le roman-parabole – salué jadis comme un chef-d’œuvre de la littérature antifasciste – livre matière à prôner d’autres tolérances, à fustiger d’autres dictatures, à proposer d’autres modèles.
Camus et Schirk transportent leurs caméras en Dordogne, aux châteaux de Puyguilhem (Villars) et de La Filolie (Thiviers), à Tours, Nantes, Chartres, dans la basilique de Saint-Denis et sur le parvis de Notre-Dame. Le résultat, diffusé en six soirées sur le petit écran, est plaisant, même s’il dérape occasionnellement dans le théâtre de boulevard (acteurs surcostumés, barbes postiches) et que trente figurants et deux canons ne font pas une bataille ! Mais le téléfilm est sauvé par sa profusion de décors naturels et son texte solidement charpenté que soutient une interprétation assez convaincante, notamment la double incarnation du monarque par Jean Barney et Henri Virlojeux (clin d’œil à Sacha Guitry). Un chanteur ambulant fait le lien entre les divers épisodes, commentant la situation sur les airs d’une ballade à la Brecht. Le Vert Galant de Barney, passionné, exubérant, joyeux drille, apporte une note ludique : on le voit lutiner une meunière avant de se battre contre son mari jaloux, pêcher à la main dans le ruisseau, plaisanter avec les bûcherons tout en essayant d’échapper aux tueurs envoyés du Louvre ; ses coreligionnaires courroucés froncent les sourcils, lui reprochent son hédonisme. À Paris, il joue la comédie avec la gent féminine afin d’endormir la méfiance des Guise (« l’honnêteté m’a coûté trop cher »), puis rate une tentative de fuite costumé en demoiselle. Virlojeux relaie Barney à partir du quatrième épisode (l’abjuration), la cinquantaine lunetteuse et ridée, mais toujours verte, plus proche de l’imagerie traditionnelle. Il explique malicieusement la stratégie aboutissant à la victoire de Fontaine-Française contre les Espagnols (1595) sur les « collines » dénudées d’une de ses maîtresses. Ces interminables amourettes, qui « rapetissent un grand roi » (lui explique l’austère Sully), sont du reste une aubaine pour ses ennemis et précipiteront sa fin ; délaissée, Henriette de Balzac d’Etrague, marquise de Verneuil (elle lui a donné deux enfants), s’allie avec la Galigaï, Concini, d’Épernon et le clergé intégriste financé par Madrid pour contacter Ravaillac.
- Terroristes de part et d’autre:
Les digressions anecdotiques mises à part, la durée de 5h20 permet de fouiller les caractères et de mieux expliciter enjeux et aléas politiques de l’époque, ce qui ne sera pas le cas du remake beaucoup plus onéreux de 2010 (cf. infra). La reine Margot, vraiment attachée au Béarnais en dépit de sa boulimie sexuelle (et que l’on voit plus d’une fois les seins nus, une nouveauté à l’ORTF) supplie son époux de quitter Paris, puis, après le bain de sang, se jette aux pieds de son frère pour qu’Henri soit épargné. De son côté, le « petit Navarrais » souffre de voir sa Margot à ce point prisonnière de ses sens. Le scénario de Brûlé ne s’aventure pas à déterminer si le décès soudain de Jeanne d’Albret (mère d’Henri) et de Gabrielle d’Estrées fut naturel ou provoqué, car des doutes persistent. De même, le pogrom de la Saint-Barthélemy est amené avec circonspection. Catherine de Médicis, qui par ailleurs ment comme elle respire, s’efforce d’abord sincèrement de réconcilier catholiques et huguenots, utilisant ses dames d’honneur pour séparer les esprits belliqueux. Elle pressent toutefois la vengeance des protestants après la disparition jugée « suspecte » de Jeanne d’Albret et l’attentat manqué contre le belliciste Coligny, au même instant où les ultras réformés réunis autour du prince de Condé à Paris se proposent justement de rompre la trêve et de tuer tous les papistes au Louvre, y compris la reine Margot. La reine-mère, d’Anjou et Guise organisent le massacre préventif des chefs, Charles IX donne son aval « pour échapper à la mort », puis la mécanique s’emballe … Forcé de participer au siège de La Rochelle sous d’Anjou après avoir abjuré, Henri se lie durablement avec Montaigne qui calme ses tourments en rappelant aussi le rôle de l’Espagne et de l’Angleterre dans le conflit : « Combien se battent vraiment pour leur religion ? Les grands veulent le pouvoir, les petits veulent piller : Dieu n’est qu’un prétexte. » C’est finalement Catherine de Médicis elle-même qui arrange sa fuite vers le Sud, pour tenir en échec les Guise et, derrière eux, les Espagnols. De retour en Navarre, Henri doit réprimander ses propres terroristes qui, sous Condé, violent et tuent sans états d’âme la population « papiste ».
Le mariage avec Marie de Médicis (« un joli cheval de bataille », selon l’incorrigible Henri) répond avant tout à des préoccupations dynastiques et financières, sa dot permettant d’annuler la dette faramineuse contractée par la France auprès de la banque Médicis à Florence. Le film illustre quelques bruyantes (et authentiques) scènes de jalousie entre le roi et son épouse. En revanche, l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac – le deuxième régicide réussi de l’histoire de France en mille ans (après celui d’Henri III) – n’est ici pas, comme le suggère Heinrich Mann, l’œuvre de « la grosse banquière », mais celle de son entourage immédiat (2) ; même le père confesseur du roi participe à la conspiration en faisant disparaître Jacqueline Escoman, une servante qui voulait alerter la cour. C’est dans ce type de détails que réside l’apport le plus méritoire de cette honnête télésérie. Le meurtre lui-même est à peine montré : le petit peuple s’assemble choqué et triste autour du carrosse royal, les pavés sont rougis par le sang, tandis qu’au Louvre, le dauphin, neuf ans, tapote bruyamment sur son tambour.
Episodes : 1. « Le Prisonnier du Louvre / Der Gefangene im Louvre (1572-1676) » – 2. « Le Panache blanc / Der weisse Federbusch (1576-1584) » – 3. « Le Chemin du trône / Der Weg zum Thron (1584-1589) » – 4. « Le Saut périlleux / Der gefährliche Sprung (1589-1596) » – 5. « Construire la France / Der grosse Plan (1596-1601) » – 6. « La Course à la mort) / Der Wettlauf mit dem Tod (1602-1610) ».

(1) – C’est oblitérer le fait qu’à travers sa politique, Henri IV a permis le rétablissement de la puissance de l’État, combat que poursuivra et mènera à son terme Richelieu, et qu’à ce titre, le Béarnais peut aussi être considéré comme le « père » de l’absolutisme… Son assassinat créa d’ailleurs un traumatisme profond qui a fortement contribué à renforcer l’absolutisme monarchique, le culte du secret et le mystère de l’État. C’est du geste de Ravaillac que date aussi le développement du « droit divin » : désormais, désobéir au trône, c’est désobéir à Dieu lui-même.
(2) - En fait, Marie de Médicis – qui donna à son mari une nombreuse progéniture : six enfants en l’espace de neuf ans – n’a jamais été lavée du reproche d’avoir connu l’assassin du roi. Elle a eu pour intime le duc d’Épernon qui, assis à côté du roi dans le carrosse, n’a point paré le coup de Ravaillac, alors qu’il connaissait cet homme de longue main et auquel il avait déjà confié plusieurs missions. Ravaillac a été hébergé à Paris par une amie d’Épernon et de la marquise de Verneuil, ex-maîtresse du roi qui était en outre dame d’honneur de la reine.
Moyen Âge et Renaissance > LE ROYAUME DE FRANCE > RENAISSANCE FRANÇAISE ET CHIMÈRES D’ITALIE (autour de François Ier)
Anna (Assumpta Serna), consolation de Nostradamus en des temps difficiles, ravagés par la peste noire.
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