II - LE ROYAUME D’ANGLETERRE

19. CONTES, LÉGENDES ET RÉCITS sans références historiques précises

1901The King and the Jester [Le Roi et le bouffon] (GB)
Charles Urban/Warwick Trading Co. (London), 1 bob./16 m.
1909The Squire and the Noble Lord (US)
Charles Urban/Charles Urban Trading Company (New York)-Eclipse Film Company (Paris), 1 bob./436 ft.
Un chevalier et son amoureuse échappent à la convoitise d’un châtelain.
1909The Sword and the King (US)
Vitagraph Co. of America (New York), 293 m./302 m., 1 bob.
Un berger venge son père tué par le roi en s’emparant du trône de l’assassin.
1910The Cloister’s Touch (US) de David Wark Griffith
Biograph Company [American Mutoscope & Biograph Co.] (New York), 1 bob./993 ft./17 min. – av. Henry B. Walthall (le père), Marion Leonard (Elsa, la mère), Edith Haldeman (l’enfant), Arthur V. Johnson (le duc), Kate Bruce (la vieille femme), W. Chrystie Miller (le moine), Linda Arvidson, Verner Clarges, Mario Leonard, Frank Powell, Charles Craig, Frank Evans, Ruth Hart, Francis J. Grandon, Dell Henderson, Henry Lehrman, Owen Moore, Dorothy West.
Encouragés par le duc, des soldats enlèvent une jolie paysanne, Elsa, laissant l’époux et le fils en pleurs. Au château où le seigneur s’est emmouraché d’elle, Elsa peut avoir tout ce qu’elle veut et on l’autorise à chercher son enfant. Mais la ferme est désertée, le paysan a cherché refuge au monastère en emportant le petit. Elsa en perd la raison et meurt. Désespéré et écrasé par la culpabilité, le duc envisage le suicide, mais le poignard qu’il cherche se transforme en crucifix. Il décide de finir sa vie en pénitence au monastère. Il y retrouve le fermier, à présent son père confesseur qui, après un premier sursaut, lui pardonne chrétiennement. – Moralité filmée aux studios Biograph à East 14th Street avec la star Marion Leonard, surnommée « the Biograph Girl ».
1910The Call to Arms (US) de David Wark Griffith
Biograph Company [American Mutoscope & Biograph Co.] (New York), 1 bob./994 ft./17 min. – av. Henry B. Walthall (le Lord), Marion Leonard (Lady Regina, sa femme), Joseph Graybill (le cousin), Mary Pickford (le page), Alfred Paget (une sentinelle), Grace Henderson (une dame de la cour), Charles Arling, Linda Arvidson, Clara T. Bracy, William J. Butler, Verner Clarges, Edward Dillon, Francis J. Grandon, Owen Moore, Lottie Pickford, Mack Sennet (un soldat), Dorothy West (une tzigane).
Un seigneur féodal montre à son épouse, Lady Regina, et à son cousin un bijou de famille précieux provenant des Indes. Mobilisé dans l’armée du roi, il cache le bijou avant de partir à la guerre, mais le cousin, la convoitise attisée, en profite pour investir le château avec ses sbires ; Lady Regina envoie son page avertir l’époux du danger, mais le page perd du temps dans un camp tzigane et l’époux revient trop tard au château : enfermée dans le donjon et cherchant à échapper au félon, Lady Regina a fait une chute mortelle. Le cousin est à son tour tué par l’époux. – Tourné en juin 1910 dans le New Jersey à Lambert Castle, château tudorien érigé en 1892 par l’industriel Catholina Lambert à Paterson (Garret Mountain Reservation), avec la toute jeune Mary Pickford en page.
1911At Sword’s Point (US)
Adam Kessel, Charles O. Bauman/Reliance Film Co. (New York), 1 bob.
Une mère aide son fils à reconquérir le trône usurpé par son oncle.
1911The Black Knight (GB) de Charles Urban
Charles Urban Trading Company (London), 1 bob.
Deux chevaliers s’affrontent pour une damoiselle.
1912The Troubadour’s Triumph (US) de Lois Weber
William Swanson/Rex Motion Picture Company (New York)-Universal Film Mfg. Company, 1 bob. – av. Phillips Smalley (le troubadour), Cleo Ridgely (Lady Lilitha, la duchesse), William J. Sorelle (Sir Guy Lancaster), Wilbur Hudson (le bouffon).
Un troubadour sauve la vie du roi et de la duchesse Lilitha, attaqués par des brigands dans la forêt. Le roi invite son sauveur à la cour où Sir Guy Lancaster, amoureux éconduit de Lady Lilitha, le jalouse. Le chevalier découvre dans les affaires du troubadour une lettre de son propre frère adressée au roi et le dénonçant comme usurpateur : Lancaster s’est emparé des terres de son frère et celui-ci a chargé son fils déguisé en troubadour de dénoncer le félon et de remettre au roi divers bijoux de famille en guise de remerciements. Lancaster les confisque et les offre en cadeau nuptial à Lady Lilitha, mais le bouffon est témoin de ses manœuvres, remplace les bijoux par la lettre compromettante et la duchesse apprend ainsi toute la vérité ainsi que l’identité noble du troubadour qu’elle aimait sans espoir (film perdu). – Lois Weber, bientôt une des premières réalisatrices et scénaristes d’Hollywood (1879-1939), militante féministe, et son époux [Wendell] Phillips Smalley filment cette saynète médiévale en été 1912 aux studios Universal à Los Angeles. En 1914, Lois Weber sera la première cinéaste américaine à réaliser un long métrage (The Merchant of Venice, 1914, avec Smalley en Shylock) et affolera la censure locale avec Hypocrites.
La conversion d’un moine récalcitrant dans « The Vision Beautiful » (1912).
1912The Vision Beautiful (US) d’Otis R. Thayer
Colin Campbell, William Nicholas Selig/Selig Polyscope Co. (Los Angeles), 305 m. – av. Herbert Rawlinson (frère Paul), Tom Santschi (frère Pete), Hobart Bosworth (le Maître / le Christ), Betty Harte (une paysanne qui subit le fouet).
Un moine récalcitrant est confirmé dans sa voie spirituelle par la vision du Christ qui l’incite à persévérer dans l’aide qu’il apporte aux plus démunis et aux serfs malmenés de la paysannerie. Le poème The Theologian’s Tale : The Legend Beautiful de Henry Wadsworth Longfellow (1893) adapté par Eloise Bradshaw et filmé à Iverson Movie Ranch (Los Angeles).
1912The Knight and the Friar (US)
Harry Aitken/Majestic Motion Picture Co. (Los Angeles), 2 bob.
Au XIVe siècle, Sire Tristram fait la sérénade à Lady Alice, mais frère Tuck alerte le père de la belle qui appartient à une famille ennemie et il prend la fuite. Pour se venger, il s’empare de la bure du moine, entend la confession de Lady Alice amoureuse et force le moine à les marier.
1912The Legend of King Cophetua (GB) d’Elwin Neame
Elwin Neame, Cecil Hepworth/Ivy Close Films-Hepworth Manufactoring Company (Walton-on-Thames), 625 ft./200 m. – av. Ivy Close (la belle mendiante), Alec Worcester (le roi Cophétua).
Une ancienne ballade anglaise du XVIIe siècle (Crown Garland of Goulden Roses de Richard Johnson, 1612) : un roi s’éprend d’une mendiante et finit par l’épouser. L’épisode est mentionné dans cinq pièces de Shakespeare, chanté par Lord Alfred Tennyson (The Beggar Maid, 1833) et peint par l’artiste préraphaélite Edward Burne-Jones (King Cophetua and the Beggar Maid/Le Roi Cophetua et la Jeune Mendiante, 1884) ; il apparaît plus tard dans une nouvelle de Julien Gracq (recueil La Presqu’ile, 1970). L’actrice très populaire Ivy Close est l’épouse du fameux photographe, réalisateur et scénariste Elwin Neame ; ce sont les parents du cinéaste Ronald Neame, qui signera The Poseidon Adventure en 1972. – Nota Bene : The Beggar Maid / The Wolf’s Brush (US) de Bert Van Tuyle (1921, 27 min.) illustre comment Burne-Jones (Lloyd Peters) crée son célèbre tableau avec, pour modèle, la ravissante fille de son jardinier (Mary Astor).
1913Everyman (US) de David Miles
Kinemacolor Company (Hollywood), 2 bob. – av. Linda Arvidson (Everyman), William H. Brown, Clara T. Bracy, Omar Whitehead (la Mort).
La moralité attribuée au moine hollandais Peter van Diest (vers 1470) est construite sur des personnages allégoriques représentant l’humanité et ses choix pour atteindre le Salut : Everyman (Tout-le-monde) est chargé par Dieu de trouver des compagnons qui parcourront avec lui son chemin jusqu’à la tombe. L’adaptation moderne du texte par Peter Dorand date de 1901, due à l’Elizabethan Stage Society de William Poel (tournées en Angleterre, en Écosse et en Irlande, puis dès 1902 tournées aux États-Unis). La première adaptation au cinéma se fait avec le procédé bichrome Kinemacolor inventé par George Albert Smith à Brighton (pellicule noir et blanc projetée à travers des filtres rouge et vert). Avant d’être rachetée par David Wark Griffith, la succursale de Kinemacolor à Hollywood filme cette première version avec l’ex-épouse de Griffith, Linda Arvidson, à Iverson Ranch (Chatsworth, Los Angeles) et en intérieurs à Wattles Mansion (Hollywood).
1914Everyman (US) d’Arthur John Maude
Crawley-Maude Features (Los Angeles), 2 bob. – av. Constance Crawley (Everyman), Arthur John Maude (l’envoyé de la Mort). – cf. supra.
1914The Earl of Camelot (GB) de Henry Wilson
Claude Friese-Greene/Aurora British Natural Colour Films, 405 m. (couleur).
Au XIVe siècle, le comte de Camelot (sans rapport avec la légende arthurienne) est tué lors d’une bataille. Sir Michael Camelot, son cousin, devient le tuteur du jeune Frand, fils du décédé. Sir Michael convoite le domaine, mais la veuve du comte le repousse et celui-ci la fait assassiner. Clovis, un vieux serviteur, s’enfuit avec Frand, devient un pêcheur et élève l’enfant comme le sien. Devenu adulte, Frand révèle son identité grâce à un tatouage de l’écusson familial, élimine Sir Michael et récupère ses biens. – Unique film anglais fabriqué selon le procédé Biocolour, mis au point par le fils du pionnier William Friese-Greene. Le peu de succès du film et la déclaration de guerre mettent fin à l’entreprise d’Aurora Films.
1915A Game Old Knight (US) de F. Richard Jones et Mack Sennett
Mack Sennett/Keystone Film Company-Triangle Film Corp. (Culver City), 2 bob./20 min. – av. Louise Fazenda (la princesse Maggie), Harry Booker (le roi Mike Fitzgibbon XIII, son père), Cecile Arnold (la princesse Patricia), Charles Murray (le chevalier), Slim Summerville (son valet), Edgar Kennedy (le bourreau), Wayland Trask, Dixie Chene, William Hauber, Betty Marsh, Bobby Dunn, Ivy Crosthwaite.
Farce burlesque : un roi force un chevalier à épouser sa fille laide et qui échappe de justesse au bourreau après son refus.
1916The White Rosette (US) de Donald MacDonald
American Film Mfg. Co. (Santa Barbara, Calif.), 5 bob. – av. Eugenie Forde (Lady Elfrieda/Frieda Carewe), E. Forrest Taylor (Sir Errol/Thomas Eric), Helen Rosson (Lady Maud/Joan Long), Hary von Meter (le baron Edward/Thomas Eric), William Stowell (Lord Kerrigan)/Van Kerr), Richard La Reno.
Au XIe siècle, Lady Elfrieda jette son dévolu sur le chevalier Sir Errol, qui est au service de son époux, le baron Edward. Sir Errol aime cependant Maud, la dame de compagnie de la baronne, et cette dernière la bannit du château, puis planifie l’assassinat de son mari. Apprenant cela, Maud cherche à mettre en garde le baron Edward, mais elle est accidentellement tuée par Sir Errol. Celui-ci jure de venger sa bien-aimée, même s’il fallait attendre des siècles... Réincarné au XXe siècle, il fait justice.
1916When Knights Were Bold [Quand les chevaliers étaient audacieux] (GB) de Maurice Elvey
Maurice Elvey/London Film Company, 4 bob./1555 m. – av. James Welch (Sir Guy de Vere), Janet Ross (Lady Rowena), Gerald Ames (Sir Bryan Ballymore), Hayford Hobbs (Widdicombe), Gwynne Herbert (Isaacson), Philip Hewland (Barker), Bert Wynne (Whittle), Edna Maude (tante Thornridge), Marjorie Day (Alice, la servante), Douglas Munro.
Au XXe siècle, Guy de Vere, un officier en service aux Indes hérite d’un domaine avec château et d’une baronnie à Little Twittering où il rencontre des membres de sa famille excentriques et peu accueillants ; il aime sa cousine Rowena, mais elle voudrait un homme qui incarne les qualités d’autrefois. Guy reçoit un coup sur la tête et rêve qu’il est au Moyen Âge, au XVe siècle, où il accomplit de fabuleux exploits guerriers, se bat contre son rival, Sir Bryan Ballymore et acquiert les qualités d’un vrai chevalier. Revenu dans le présent, il peut épouser Rowena. – Une farce adaptée de la comédie homonyme de Charles Marlowe alias Harriett Jay (1906) dont le titre est repris d’un poème de Chaucer. Pour les extérieurs médiévaux, Elvey filme au château de Warwick et dans les ruines de Kenilworth. En quelque sorte la variante britannique du roman satirique A Connecticut Yankee at King Arthur’s Court de Mark Twain (1889), cf. chap. 1.5.
1916Il cavaliere del silenzio (IT) d’Oreste Visalli
Aquila Films, Milano, 1180 m. – av. Jeanne Nolly, Giulio Del Torre, Claudia Zambuto, Sr. De Mori, Leo Ragusi, Gero Zambuto.
Version italienne de la comédie britannique When Knights Were Bold de Charles Marlowe alias Harriett Jay (1907), cf. film de 1916.
Stan Laurel dans une imitation burlesque de Douglas Fairbanks (1923).
1923When Knights Were Cold (US) de Frank Fouce
Broncho Billy Anderson/Quality Film Productions-Metro Pictures Corp., 2 bob./20 min. – av. Stan Laurel (Lord Helpus), Mae Laurel (le comtesse Out), Catherine Bennett (la princesse Elizabeth New Jersey), Billy Armstrong (le comte de Tabasco), Will Bovis (le duc de Sirloin), Harry De More (le roi Epsom), Scotty MacGregor (Sir Chief Raspberry), Stanhope Wheatcroft (le prince de Pluto), Dot Farley.
Tel Robin des Bois, Lord Helpus aide les pauvres en volant les riches, poursuivi par une armée de chevaliers sur des chevaux en bois et défaisant ses ennemis à l’épée comme Douglas Fairbanks, pour finalement épouser la princesse. – Stan Laurel, trois ans avant sa rencontre avec Oliver Hardy, dans un court métrage burlesque dont seule la deuxième moitié a survécu et qui est produit par Broncho Billy Anderson, le tout premier cowboy du cinéma (The Great Train Robbery, 1903).
1926Bodiam Castle and the Legend of Eric the Slender (GB) d’Albert Victor Bramble
Série « Haunted Houses and Castles of Great Britain », George Josiah Banfield/Cosmopolitan Productions, 2 bob./485 m. – av. Madge Stuart, Gladys Jennings.
Un fantôme hante le château de Bodiam, érigé en 1385 sous le règne de Richard II.
1926Guy of Warwick (GB) de Fred Paul
Série « Haunted Houses and Castles of Great Britain », Cosmopolitan Productions, 459 m. – av. Godfrey Tearle (Guy of Warwick).
Une légende du XIIIe siècle : tourmenté par son passé violent à la guerre, le chevalier anglo-normand Guy of Warwick (ou Gui de Warewic) quitte son épouse, Lady Phyllis, et se fait ermite.
1929When Knights Were Bold (GB) de Tim Whelan
Herbert Wilcox, C.M. Woolf/British & Dominions Film Corp., 7213 ft./2337 m. – av. Nelson Keys (Sir Guy de Vere), Miriam Seegar (Lady Rowena), Eric Bransby-Williams (Sir Bryan Ballymore), Wellington Briggs (Widdicombe), Lena Halliday (Lady Walgrave), Martin Adeson (Barker), Hal Gordon (Whittle), Edith Kingdon (tante Thornridge), Eli L. Frewyn (Dean), Fanny Wright, Harold Huth.
Une farce adaptée de la comédie homonyme de Charles Marlowe alias Harriett Jay (1906), cf. film de 1916. L’Américain Tim Welan, scénariste des comiques Harold Lloyd et Harry Langdon à Hollywood, co-dirigera en 1940 une partie de The Thief of Bagdad, signé Michael Powell et Ludwig Berger. Il tourne en août-septembre 1928 aux studios de la Stoll Films à Cricklewood (Camden) et en extérieurs, avec une vaste bataille, autour du château de Caldicot (South Wales). En 1931, il épousera la vedette du film, Miriam Seegar. Le Daily Express range le film parmi les douze meilleurs films britanniques de l’année (30.12.29). Jugé bien supérieur à la pièce dont il s’inspire, il récolte un grand succès populaire. Partiellement sonorisé en 1930.
Affiche espagnole de « When Knights Were Bold » (1936).
1936When Knights Were Bold (GB) de Jack Raymond
Max Schach, C.M. Woolf/Capitol Film Corporation, 76 min. – av. Jack Buchanan (Sir Guy de Vere), Fay Wray (Lady Rowena), Garry Marsh (Brian Ballymote), Kate Cutler (tante Agatha), Martita Hunt (tante Esther), Robert Horton (coousin Bertie), Aubrey Fitzgerald (Barker, le butler), Robert Nainby, Aubrey Mather, Moore Marriott (le vagabond), Charles Paton (la maire), Barry Fitzgerald, Terry-Thomas, Michael Wilding.
Une farce avec plusieurs numéros musicaux adaptée de la comédie homonyme de Charles Marlowe alias Harriett Jay (1906), cf. les films de 1916 et 1929. Importée d’Hollywood, la Canadienne Fay Wray (King Kong) en est la vedette féminine. L’extérieur du château devant lequel on réunit une importante figuration pour la bataille est reconstruit sur terrains du British & Dominions Studios à Elstree (Hertfordshire), scènes complétées par des vues et l’intérieur du château de Warwick. Réalisateur médiocre, Jack Raymond livre un produit décevant, malgré une tête d’affiche alléchante.
1948Fiddlers Three (US) de Jules White
Jules White/Columbia Pictures, 17 min. – av. Shemp Howard (Shemp), Moe Howard (Moe), Larry Fine (Larry), Vernon Dent (le roi), Virginia Hunter (la princesse Alisha), Philip Van Zandt (le magicien Murgitroyd).
Pitreries du trio comique des « trois Stooges » en troubadours à la cour d’un roi.
1956* The Court Jester (Le Bouffon du roi) (US) de Melvin Frank, Norman Panama [et Bernard McEveety]
Melvin Frank, Norman Panama/Dena Enterprises (Danny Kaye, Sylvia Fine)-Paramount Pictures, 101 min. – av. Danny Kaye (Hubert Hawkins, le bouffon), Glynis Johns (Maid Jean), Basil Rathbone (Lord Ravenhurst), Cecil Parker (le roi Roderick Ier), Angela Lansbury (la princesse Gwendolyn), Mildred Natwick (Griselda), John Carradine (Giacomo, le bouffon italien), Alan Napier (Sir Brockhurst), Michael Pate (Sir Locksley), Robert Middleton (Sir Griswold of MacElwain), Herbert Rudley (le capitaine des gardes), Edward Ashley (Black Fox, le Renard Noir), Lewis Martin (Sir Finsdale), Noel Drayton (Fergus), Richard Kean (l’archevêque), Billy Curtis (un nain de la troupe Hermine).
Synopsis : Le roi Roderick Ier, usurpateur du trône d’Angleterre, a fait massacrer toute la famille de son prédécesseur. Seul subsiste un nourrisson qui porte une marque de naissance, un « mouron pourpre », sur sa fesse gauche attestant son origine royale et qui est abrité dans la forêt par l’audacieux Renard Noir et ses hors-la-loi. Repéré, le brigand fait cacher l’héritier du trône au port de Douvres, sous l’escorte de Hubert Hawkins, chanteur de foire au carnaval, et de son amoureuse Jean. En cours de route, le groupe croise Giacomo, le nouveau bouffon du roi venant d’Italie ; Hubert l’assomme et prend sa place à la cour du tyran, avec l’idée d’y dérober la clé d’un passage secret qui permet d’entrer dans le château par la forêt. Le roi Roderick, qui cherche à s’allier les bonnes grâces de Sir Griswold, chef d’une redoutable armée, l’invite au château pour lui proposer sa fille Gwendolyn en mariage. Mais tout se complique : le vrai Giacomo est un espion de l’ambitieux Sir Ravenhurst, Gwendolyne ne veut pas épouser Griswold, sa servante Griselda (une magicienne) hypnotise Hawkins afin qu’il s’éprenne de la princesse, etc. Entretemps, aidés d’une armée de nains, les partisans du Renard Noir investissent le château. Échappant maintes fois à la mort grâce à la magie de Griselda et adoubé à la hâte, le faux bouffon élimine Sir Ravenhurst, catapulté dans la mer au cours d’un duel épique. Sur quoi, dénudant le postérieur du royal bambin, il fait reconnaître sa légitimité au trône. Repentis, Sir Griswold et Roderick lui jurent allégeance.
Une parodie musicale foldingue mais pleinement réussie des films de cape et épée du genre Robin Hood ou Zorro (Basil Rathbone y reprend son rôle de méchant dans une confrontation finale hilarante qui rappelle celle, plus sérieuse, menée contre Errol Flynn en 1938). Tourné en Technicolor bariolé et pimpant et en format large VistaVision aux studios Paramount à Melrose Avenue ainsi que dans la péninsule de Palos Verdes (Calif.), The Court Jester est alors la comédie la plus onéreuse jamais fabriquée à Hollywood. Elle est financée par Dina Enterprises, la société de Danny Kaye et de sa femme Sylvia Fine (auteure des chansons). Le tandem de scénaristes-producteurs-réalisateurs Frank & Panama maîtrisent tant bien que mal les diverses interruptions d’un travail qui s’étire du 22 novembre 1954 au 18 mars 1955 en grevant le budget (coûts finaux : 3,7 millions de $) et ils doivent faire appel à un troisième lascar, Bernard McEveety, routinier des scènes d’action et de petits westerns, pour arriver au bout. Le résultat offre une surenchère de comique slap-stick, de renversements de situation burlesques, de staccatos de jeux de mots servis à une vitesse déconcertante et de virelangues intraduisibles (la virtuosité verbale est une des spécialités de Danny Kaye). La critique new-yorkaise sacre Kaye « star comique de l’année » et il reçoit une nomination au Golden Globe, tandis que l’American Film Institue placera son film dans la liste des « cent meilleures comédies du siècle ». The Court Jester fera partie de la sélection annuelle de 25 longs métrages dans le National Film Registry (Library of Congress à Washington) à sauver pour ses « qualités culturelles, historiques et esthétiques ».
DE, AT : Der Hofnarr, IT: Il giuliare del re, SP: El bufón de la corte.
Le sorcier (Basil Rathbone) défie le roi dans « The Magic Sword ».
1961The Magic Sword / St. George and the 7 Curses / The Seven Curses of Lodac (L’Épée enchantée) (US) de Bert I. Gordon
Bert I. Gordon Productions-United Artists, 80 min. – av. Basil Rathbone (le sorcier Lodac), Estelle Winwood (la magicienne Sybil), Gary Lockwood (Sir George), Anne Helm (la princesse Hélène), Liam Sullivan (Sir Branton), Danielle De Metz (Mignonette), Merrit Stone (le roi), Jacques Gallo (Sir Dennis de France), David Cross (Sir Pedro d’Espagne), John Mauldin (Sir Patrick d’Irlande), Taldo Kenyon (Sir Anthony d’Italie), Angus Duncan (Sir James d’Écosse), Leroy Johnson (Sir Ulrich d’Allemagne), Marlene Callah (la princesse Grace), Jack Kosslyn (l’ogre), Maila Nurmi (la sorcière).
Lodac, un féroce sorcier, a enlevé la princesse Hélène, la destinant à l’estomac de son dragon à deux têtes. Sir George, le fils adoptif de la magicienne Sybil, très amoureux de la dame disparue, se lance à l’assaut du château maudit de Lodac, accompagné de six anciens chevaliers. Sur leur route, les sept preux doivent affronter sept épreuves organisées par Lodac ; peu survivent aux ogres, fantômes et autres démons, tandis que George parvient à terrasser le dragon. Métamorphosée passagèrement en panthère noire, Sybil règle son compte au vilain sorcier.
Magie blanche contre magie noire, un petit nanar à l’imagination fertile et à l’humour bon enfant, bricolé de janvier à mars 1961 en Eastmancolor par un amoureux des grandes bestioles et artisan des effets spéciaux aux Samuel Goldwyn Studios (Hollywood) et à Bronson Canyon (Griffith Park, Los Angeles). Ce « Saint Georges et le dragon » à la sauce américaine et un des ancêtres cinématographiques du sous-genre Sword & Sorcery, le médiéval-fantastique tolkiénisant qui deviendra à la mode une décennie plus tard. – Nota bene : Les produits ultérieurs de cette catégorie de films ne sont pas retenus ici.
DE : St. Georg und der Drache; Ascalon, das Zauberschwert, IT : La spada magica, ES : La espada magica.
1977* Jabberwocky (GB) de Terry Gilliam
Sanford Lieberson, Julian Doyle, John Goldstone/Python Films-Umbrella Entertainment Productions, 105 min. – av. Michael Pain (Dennis Cooper), Max Wall (le roi Bruno le Contestable), Deborah Fallender (la princesse, sa fille), Harry H. Corbett (l’écuyer), John Le Mesurier (Passelewe, le chambellan), Warren Mitchell (le poissonnier Fischinger, le père de Griselda), Terry Gilliam (l’homme au caillou), Terry Jones (le braconnier), Bernard Bresslaw (le tavernier), John Bird (le premier héraut), Derek Francis (l’évêque), Neil Innes (le second héraut), Bryan Pringle (le garde à la porte de la cité), Simon Williams (le prince), Annette Badland (Griselda Fishfinger), Kenneth Colley (le premier fanatique), Brenda Cowling (Mme Fishfinger), Graham Crowden (le chef des fanatiques), Brian Glover (l’armurier), David Prowse (le chevalier en noir et rouge), Roger Pratt (l’homme vivant dans un tonneau).
Situé dans un Haut Moyen-Âge de légende, ce film marqué par l’esprit anarchiste des Monty Python se veut une satire du pouvoir et de l’oppression, un pseudo-conte parsemé de blagues grivoises et de salubres provocations. Inspiré d’un poème du même nom de Lewis Carroll (texte nonsensique en « mots-valise » que lit Alice à la fin du premier chapitre de Through the Looking Glass / De l’autre côté du miroir), il met en scène un tendre jeune homme, Dennis Cooper, fils d’un tonnelier qui l’a déshérité, contraint d’affronter Jabberwocky, une bête immonde qui ravage le royaume de Bruno le Contestable. Le monarque promet bien sûr la main de sa fille et la moitié du royaume à celui qui réussira à terrasser le monstre. Dennis n’en a cure, il aime Griselda, la fille grosse et vulgaire d’un poissonnier affairiste qui, lui, ne veut pas entendre parler du freluquet. La garde lui refuse l’accès à la ville, surpeuplée de réfugiés à cause de Jabberwocky. Le roi veut se débarrasser de la Bête en organisant un tournoi qui désignera un champion apte à sauver le royaume, mais il se heurte aux membres du Conseil, aux riches marchands, aux guildes et à l’évêque, car il ne faut surtout pas renvoyer les réfugiés qui font si bien marcher les affaires de la cité ! De son côté, l’Église est ravie de se voir inondée de dons par des paroissiens crédules et terrorisés. Dennis pénètre dans la ville par ruse et, après moult mésaventures, devient involontairement l’écuyer du champion du tournoi. Les marchands envoient contre ce dernier le féroce Chevalier noir. Celui-ci occit le champion du roi, mais il est tué par Jabberwocky qui s’empale à son tour accidentellement sur l’épée de Dennis. Devenu le héros de la cité, Dennis est contraint de renoncer à sa tonnellerie et d’épouser la princesse, contre son gré et au grand dam de la corpulente Griselda comme de ses géniteurs furieux.
Premier long métrage réalisé en solo de Terry Gilliam (cinéaste américain, mais Anglais d’adoption), entre Monty Python and the Holy Grail (1974) et Monty Python’s Life of Brian (1979) ; Gilliam s’est fermement opposé à ce que les distributeurs accolent le nom du fameux groupe au titre de son film (comme ce sera le cas aux États-Unis). Autant Holy Grail tenait encore du bricolage télévisuel de ses copains trublions, autant Jabberwocky s’acharne à montrer un univers médiéval cohérent, quoique non moins loufoque, souvent sale et répugnant : les images sont belles et soignées, mais tous les poncifs saccharinés sont subvertis (« Dennis se trompe de conte » dit Gilliam), le grotesque règne, le palais est sombre et décrépit, les donjons s’écroulent, les puissants sont ignobles et les pauvres sont si pauvres qu’ils en sont réduits à manger leurs orteils. Un film-fable foutraque, très inventif, mené avec entrain et irrespect par le génial auteur de cette dystopie orwellienne désespérée et désespérante que sera Brazil (1985), son chef-d’œuvre. Tournage en juillet 1976 dans le pays de Galles (châteaux de Chepstow et Pembroke, Bosherton Quarry), à Londres et aux studios de Shepperton (Surrey) pour la modeste somme de 500'000 £.
1983-1989(tv) Blackadder (La Vipère noire) (GB) série de Martin Shardlow [Mandie Fletcher, Richard Boden]
John Lloyd-BBCtv (BBC1 15.6.-20.7.83), 6 x 30 min. – av. Rowan Atkinson (Edmund Blackadder), Tony Robinson (Baldrick), Tim McInnerny (Lord Percy), Stephen Fry (Lord Melchett), Brian Blessed.
Ce premier épisode d’un sitcom à succès (il durera jusqu’en 1989) relate les exploits d’un jeune aristocrate pervers et méchant au Moyen Age, scènes de slapstick à l’appui. Blackadder se retrouve par la suite à la cour d’Elisabeth Ire (Black Adder II), pendant la Régence au XIXe siècle (Blackadder the Third), enfin en 1914-18 (Blackadder Goes Forth). Filmé aux studios 4 du Television Center à White City (West London).
1996The Midwife’s Tale (US) de Megan Siler
Megan Siler, Michael Lowe, Francesca Prada/Heresy Pictures, 75 min. – av. Stacey Havener (Lany Eleanor), Gayle Cohen (Gwenyth), Anthony Shaw Abaté (Lord William), Mitchell Anderson (Sir Giles), Antonia Kitto (Morgan), Ben Prager (le père Sumnor), Delbert Spain (le médecin), Jeanne Bascom (la vieille sage-femme), Keith Green (Sir Palamon), Heather Newville (Eleanor enfant), Paul W. Lancraft (l’inquisiteur), TJ Tolleson (le bourreau).
Dans l’Angleterre du XVIe siècle, Lady Eleanor, une jeune aristocrate à l’esprit indépendant et peu encline à la broderie, se voit contrainte d’épouser Lord William, obéissant ainsi à la volonté de son père défunt. William sait qu’il n’est pas un amant idéal, mais il est patient et bientôt Eleanor est enceinte. Son état la terrifie, car sa propre mère est morte en couches. Elle tente de se faire avorter par la vieille sage-femme locale, mais cette dernière est accusée de sorcellerie par Lord William et le prêtre de la paroisse, ennemis des festivités populaires. Son assistante, la jeune Gwenyth, tente vainement – et au péril de sa vie – de sauver la malheureuse du bûcher. Lady Eleanor prend la jolie faiseuse d’anges à son service, se fait avorter, se lie d’amitié et la séduit. Les deux amoureuses fuguent. – Un conte de fées médiévo-lesbien, production indépendante à l’exploitation confidentielle.