II - L’EMPIRE BRITANNIQUE

Le couronnement de la reine Victoria (Anna Neagle) dans « Victoria the Great » de Herbert Wilcox (1937)
3. VICTORIA Ière - 1837 / 1901 - Reine de Grande-Bretagne et d’Irlande et Impératrice des Indes (dès 1876)
Née en 1819, fille d’Edward, duc de Kent (quatrième fils de George III), et nièce du roi William IV. Elle monte sur le trône à l'âge de 18 ans, suite au décès subit de son oncle (sans héritier direct). Époux consort pendant 21 ans: son cousin, le prince ALBERT de Saxe-Cobourg-et-Gotha (1819-1861), décédé prématurément à l'âge de 42 ans (fièvre typhoïde ou cancer de l'estomac?). Sa mort affecte profondément la reine qui sombre dans un état de deuil profond et portera du noir pour le reste de sa vie. Énergique, conservatrice et autoritaire, elle conquiert lors de son long veuvage l’affection de ses sujets. Toutefois, retirée de la vie publique, son isolement érode une partie du travail d'Albert pour remodeler la monarchie en institution nationale. Son règne de 64 ans est le plus long de l’histoire du Royaume-Uni - avant celui d'Elizabeth II le siècle suivant.
Premiers ministres, alternativement ; le conservateur Benjamin DISRAELI, Lord Beaconsfield (1804-1881), ouvrier de la politique impérialiste et agressive de la couronne aux Indes, en Chine et en Afrique ; favori de la reine, il lui fait donner le titre d’impératrice des Indes. – Le libéral William Ewart GLADSTONE (1809-1898), auteur de réformes importantes en Irlande qui s’oppose en vain à l’expansion coloniale et dont la chute est provoquée par la mort de Gordon à Karthoum. – Henry John Temple, vicomte de PALMERSTON (1784-1865). – Joseph CHAMBERLAIN, 1880 ministre du commerce et en 1895 des colonies (1836-1914). Adoption d’une attitude de « splendide isolement » sur le continent européen (l’union dynastique avec Hannovre rompue, indifférence à la réalisation de l’unité allemande), maintenance de la maîtrise britannique sur les mers, et dès les années 1880, expansion coloniale généralisée, sous l’impulsion de Disraëli et Chamberlain. – Autres personnalités marquantes : Cecil RHODES, ministre-président de la Colonie du Cap (1853-1902). Lord Horatio Herbert KITCHENER, conquérant du Sudan, commandant en chef pendant la guerre des Boers (1850-1916).
Premiers ministres, alternativement ; le conservateur Benjamin DISRAELI, Lord Beaconsfield (1804-1881), ouvrier de la politique impérialiste et agressive de la couronne aux Indes, en Chine et en Afrique ; favori de la reine, il lui fait donner le titre d’impératrice des Indes. – Le libéral William Ewart GLADSTONE (1809-1898), auteur de réformes importantes en Irlande qui s’oppose en vain à l’expansion coloniale et dont la chute est provoquée par la mort de Gordon à Karthoum. – Henry John Temple, vicomte de PALMERSTON (1784-1865). – Joseph CHAMBERLAIN, 1880 ministre du commerce et en 1895 des colonies (1836-1914). Adoption d’une attitude de « splendide isolement » sur le continent européen (l’union dynastique avec Hannovre rompue, indifférence à la réalisation de l’unité allemande), maintenance de la maîtrise britannique sur les mers, et dès les années 1880, expansion coloniale généralisée, sous l’impulsion de Disraëli et Chamberlain. – Autres personnalités marquantes : Cecil RHODES, ministre-président de la Colonie du Cap (1853-1902). Lord Horatio Herbert KITCHENER, conquérant du Sudan, commandant en chef pendant la guerre des Boers (1850-1916).
| 1912 | ® The Victoria Cross / The Charge of the Light Brigade (US) de Hal Reid. – av. Rose Tapley (la reine Victoria), cf. guerre de Crimée (3.1). |
| 1913 | Sixty Years a Queen (GB) de Bert Haldane Will Barker-G.B. Samuelson, 2430 m. – av. Blanche Forsythe / Mrs. Henry Lytton (la reine Victoria), Fred Paul (archevèque de Canterbury), Roy Travers (prince Albert), Gilbert Esmond (duc de Wellington), E. Story Gofton (William E. Gladstone), Rolf Leslie, J. Hastings Batson, Jack Brunswick. – Période de 1837-1901. |
| 1914 | The Life of Lord Roberts VC (GB) de George Pearson G. B. Samuelson, 972 m. – av. Hugh Nicholson (Lord Roberts), Agnes Glynne, Fred Paul. – Période de 1832-1914. |
| 1916 | Disraeli (GB) de Percy Nash, Charles Calvert NB Films, 2106 m. – av. Dennis Eadie (Benjamin Disraeli, Earl of Beaconsfield), Mary Jerrold (Mary Anne Wyndham-Lewis Disraeli, Lady Beaconsfield), Cyril Raymond (Lord Deeford), Dorothy Bellew (Clarissa Pevensey), Fred Morgan (Nigel Foljambe), Arthur M. Cullin (Sir Michael Probert), A. B. Imeson (Hugh Myers, banquier), Mrs. Henry Lytton (la reine Victoria). |
| 1918 | The Life Story of David Lloyd George (GB) de Maurice Elvey Simon Roswon-Ideal Film Company, 1950 m. – av. Norman Page (David Lloyd George, 1863-1945), Alma Reville (Megan Lloyd George), Ernest Thesiger (Joseph Chamberlain), Duglas Munro (Benjamin Disraeli), Thomas Canning, Judd Green, Helen Haye, Teddy Arundell, S. Leonard Tugwell, Miriam Stuart. La vie du Premier ministre Lloyd George (1863-1945), de son enfance à la fin de la Première Guerre mondiale. Député dès 1890, chef de la tendance radicale et anti-impérialiste des libéraux, il fait scandale en prenant parti pour les Boers. [Lloyd George sera Ministre de l’Armement en 1914-18, et Premier ministre en 1916.] Le film est interdit à sa sortie et reste inédit en salle (copie redécouverte en 1994). Dans le rôle de Mme Lloyd George, la future épouse d’Alfred Hitchcock. |
| 1921 | Disraeli (US) de Henry Kolker Distinctive Prod.-United Artists, 6800 ft./7 bob./70 min. – av. George Arliss (Benjamin Disraeli, Earl of Beaconsfield), Florence Arliss (Mary Anne Wyndham-Lewis Disraeli, Lady Beaconsfield), Margaret Dale (Mrs. Noel Travers), Louise Huff (Clarissa Pevensey), Reginald Denny (Lord Charles Deeford), E. J. Ratcliffe (Hugh Myers), Henry Carvill (duc de Glastonbury), Grace Griswold (duchesse de Glastonbury), Betty Blythe. Première version (muette) de la pièce à succès de Louis Napoleon Parker, jouée plusieurs fois par M. et Mme Arliss à partir de 1911 (cf. film de 1929). |
| 1925 | ® Livingstone (GB) de M. A. Wetherell ; Hero Pictures, 3110 m. – av. Blanche Graham (la reine Victoria), cf. Afrique (7.2). ue |
| 1927 | ® The Yankee Clipper (US) de Rupert Julian. – av. Julia Faye (la reine Victoria). |
| 1928 | ® Balaclava / The Valley of Death (GB) de Maurice Elvey, Milton Rosmer. – av. Marian Drada (la reine Victoria), cf. guerre de Crimée (3.1). |
| 1929 | * Disraeli (US) d’Alfred E. Green Vitaphone Corp.-Warner Bros., 87 min. – av. Leslie Arliss (Benjamin Disraeli, Earl of Beaconsfield), Joan Bennett (Lady Clarissa Pevensey), Florence Arliss (Mary Anne Wyndham-Lewis Disraeli, Lady Beaconsfield), Anthony Bushell (Lord Charles Deeford), David Torrence (Lord Michael Probert), Margaret Mann (la reine Victoria), Ivan F. Simpson (Sir Hugh Myers, banquier [=Lionel Rothschild]), Doris Lloyd (Agatha Travers), Gwendolyn Logan (duchesse de Glastonbury), Charles E. Evans (Potter, le jardinier), Michael Virsaroff (comte Borsinov), Henry Carvill (duc de Glastonbury). Premier Ministre, Disraeli utilise la ruse et l’espionnage pour empêcher les Russes d’acquérir le canal de Suez et de menacer les acquis britanniques en Inde ; ses efforts pour racheter les parts du canal au Khédive et en acquérir la majorité pour l’Angleterre se heurtent toutefois à l’inimitié de Gladstone et à l’antisémitisme des milieux politiques et de la presse anglais. La Bank of England refusant d’avancer l’argent pour entreprendre le percement du canal, Disraeli l’obtient du banquier juif Hugh Meyers (personnage imaginaire représentant Lionel Rothschild). Une fois la route vers l’Orient assurée, Disraeli peut « couronner » Victoria « impératrice des Indes ». Parallèlement, il joue à Cupidon pour un jeune couple. Le film étant parlant, il est capital pour la Warner de dénicher pour ce rôle prestigieux un acteur sans accent américain. Importé exprès de Londres avec un salaire mirifique de 10’000 $ par semaine, George Arliss, 60 ans, donne la réplique à son épouse Florence Arliss dans le rôle de Mme Disraeli. Il s’agit d’une adaptation d’une pièce éponyme de Louis Napoleon Parker (1911), jouée à guichets fermés à Broadway ; en 1917, Arliss incarnait déjà Disraëli sur scène, ainsi qu’à l’écran dans la version muette de la pièce en 1921 (cf. supra). Oscar 1930 pour Arliss (il est le premier comédien anglais à gagner la statuette d’or), deux nominations (meilleur film, meilleur scénario). Photoplay Gold Medal pour Arliss en 1929. Une hagiographie de la cheville ouvrière de l’impérialisme britannique. Les magazines de cinéma nomment « Mr. George Arliss » – tel qu’il est crédité dorénavant sur les génériques de la Warner – l’acteur le plus populaire de l’écran après Charles Chaplin. |
| 1933 | ® Walzerkrieg / La guerre des valses (DE/FR) de Ludwig Berger. – av. Hanna Waag / Madeleine Ozeray (la reine Victoria), Heinz von Cleve / François Rozet (prince Albert). |
| 1934 | ® Waltz Time in Vienna [version anglaise du précédent] (DE) de Ludwig Berger. – av. Hanna Waag (la reine Victoria). |
| 1936 | ® David Livingstone (GB) de James A. Fitzpatrick. – av. Pamela Stanley (la reine Victoria). |
| 1936 | ® The White Angel (L’Ange blanc) (US) de William Dieterle. – av. Fay Holden (la reine Victoria), cf. Florence Nightingale (3.2). |

Le prince Albert, la reine Victoria (Anna Neagle) et Lord Palmerston (« Victoria the Great » de H. Wilcox, 1937)
| 1936 | Mädchenjahre einer Königin (BE : Sa Majesté se marie) (DE) d’Erich Engel Klagemann-Film GmbH (Berlin), 96 min. – av. Jenny Jugo (la reine Victoria), Friedrich Benfer (le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha), Otto Tressler (Lord Melbourne), Olga Limburg (duchesse de Kent, mère de Victoria), Ernst Schiffner (le roi Guillaume de Hollande), Paul Henckels (Leopold II de Belgique), Erik Ode (prince Henri d’Orange), Angelo Ferrari (Grand Duc Alexandre de Russie), Rudolf Essek (Lord Palmerston), Herbert Hübner (Sir John Conroy), Julius Brandt (archevêque de Canterbury), Gustav Waldau (prof. Lenkmann). Jenny Jugo, interprète d’une jeune reine âgée de 18 ans, donne ici la réplique à son mari dans la vie, Friedrich Benfer. Scénario d’Ernst Marischka (Vienne), d’après la pièce de Sil-Vara alias Geza Silberer (1932). Tournage aux Ufa-Ateliers à Berlin-Tempelhof et à Neubabelsberg. Marischka dirigera un remake autrichien en 1954 - avant de s'affirmer internationalement dès 1955 comme réalisateur-producteur de la série des Sissi avec Romy Schneider.. |
| 1937 | ® Souls at Sea (Âmes à la mer) (US) de Henry Hathaway. - av. Viva Tattersall (la reine Victoria) [scène coupée?]. |
| 1937 | ® Les Perles de la couronne (FR) de Sacha Guitry. – av. Yvette Pienne (la reine Victoria). |
| 1937 | * Victoria the Great (La Reine Victoria) (GB) de Herbert Wilcox Herbert Wilcox Prod.-Imperator Film Productions Ltd. (London), 121 min. – av. Anna Neagle (la reine Victoria), Anton Walbrook (le prince Albert), Walter Rilla (prince Ernest), Mary Morris (duchesse de Kent, mère de Victoria), H. B. Warner (Lord Melbourne), C. V. France (archevêque de Canterbury), James Dale (duc de Wellington), Charles Carson (Sir Robert Peel), Felix Aylmer (Lord Palmerston), Arthur Young (William E. Gladstone), Derrick DeMarney/Hugh Miller (Benjamin Disraeli jeune/vieux). Percy Parsons (Abraham Lincoln), Henry Hallatt (Joseph Chamberlain), Gordon McLeod (John Brown), Wyndham Goldie (Cecil Rhodes), Greta Wegener (baronesse Lehzen), Joyce Bland (Florence Nightingale). En 1937, Lord Chamberlain a décrèté qu’aucun monarque anglais ne peut être représenté sur scène, et a fortiori à l’écran, avant un siècle après son intronisation (décision annulée dans les années cinquante). Par conséquent, le film de Wilcox tombe à pic pour saluer l’événement. Entreprise à la demande d’Edouard VIII (futur duc de Windsor) peu de temps avant son abdication (et sur insistance de Wallace Simpson), cette mégafresque soignée, mais statique, anecdotique et forcément chauvine, est réalisée pour sortir avant la célébration du centenaire du couronnement de la souveraine. La dernière bobine (le jubilé de 1897) est tournée en Technicolor. Le tout est filmé aux studios de Denham, sur les lieux historiques (l’extérieur de Windsor Castle, des palais de Kensington, St. James et Buckingham, St. Paul’s Cathedral, Downing Street) et en train dans la campagne entre Watford et St. Alban. Cette hagiographie exemplaire de « the Great White Mother », qui sort à un moment de crise institutionnelle pour rassurer l’Empire quant à la nécessité d’un monarque soucieux de paix, de démocratie et du bien-être de ses sujets, devient un des plus grands succès populaires du cinéma britannique d’avant-guerre ; c’est le zénith de la carrière d’Anna Neagle (découverte et future épouse de Wilcox), qui fait une reine totalement crédible, simple, sincère et naturelle, au caractère bien trempé. La percée en Grande-Bretagne d’Anton Walbrook alias Adolf Wohlbrück, un admirable comédien autrichien qui a fui le Troisième Reich et pris un autre prénom ! Coupe des Nations au festival de Venise 1937, Wilcox est nominé pour la Coupe Mussolini. |
| 1938 | * Sixty Glorious Years / US : Queen of Destiny (Soixante Années glorieuses) (GB/US) de Herbert Wilcox Herbert Wilcox Prod.-Imperator-RKO Radio Pictures, 95 min. – av. Anna Neagle (la reine Victoria), Anton Walbrook (le prince Albert), C. Aubrey Smith (duc de Wellington), Walter Rilla (prince Ernst de Saxe-Coburg Gotha), Greta Wegener (baronesse Lehzen), Felix Aylmer (Lord Palmerston), Lewis Casson (Lord John Russell), Charles Carson (Sir Robert Peel), Joyce Bland (Florence Nightingale), Derrick de Marney (Benjamin Disraeli), Malcolm Keen (William E. Gladstone), Harvey Braban (Lord Salisbury), Aubrey Dexter (prince de Galles / Edward VII), Henry Hallatt (Joseph Chamberlain), Wyndham Goldie (A. J. Balfour), Frederick Lister (H. H. Asquith), Olaf Olsen (Frédéric Guillaume, prince de Russie), Pamela Standish (princesse royale d’Angleterre), Gordon McLeod (John Brown), Laidman Browne (gén. Charles Gordon). Grande chronique monarchico-nationaliste des années 1840-1901, des noces à la mort de Victoria : un film entrepris suite au phénoménal succès du précédent, cette fois entièrement en Technicolor et avec, à nouveau, le couple Neagle-Walbrook. Le film, sous-titré « un journal intime », comprend plus de scènes de la vie privée du couple royal, et commence par la cérémonie du mariage (qui ne figure pas dans le film de 1937), s’attarde sur la méfiance du Parlement envers le prince consort étranger, l’Exposition universelle de 1851 au Crystal Palace, la rencontre avec Florence Nightingale, le décès d’Albert, les parties de chasse en Ecosse, le lit de mort, ainsi que deux brèves séquences guerrières (la charge de la Brigade Légère en Crimée et la mort de Gordon à Khartoum). Toutefois, pas un mot sur la révolte des Cipayes en Inde ou la guerre des Boers – des événements tout sauf anodins pour l’Empire mais qui n’ont pas ébranlé leurs majestés et qui feraient tache... Rédigé partiellement par Sir Robert Vansittart du Foreign Office (un opposant à toute politique conciliante face à Hitler), le film sort un mois après la crise de Munich et les propos faussement rassurants de Chamberlain... Le film, lui, parle à la fois de paix et de vigilance : il y est question de la fin de la guerre civile carliste en Espagne et de l’interruption du commerce avec la Chine, événements que le public met en parallèle avec l’avancée des phalanges de Franco en Espagne et la guerre sino-japonaise. La chute de Karthoum incite en revanche à réagir sans hésitations, et par la force, à toute agression armée. Les prises de vues sont effectuées aux studios à Denham et, pour la première fois, à l’intérieur des palais de la famille royale (Buckingham, Kensington, Windsor, St. James’, Balmoral), avec la bénédiction de leurs majestés. La reine Mary donne sa caution en assistant personnellement à la première mondiale du film à Leicester Square. Le public anglais, toutes couches sociales confondues, est ému aux larmes par cette évocation nostalgico-paternaliste d’un âge de certitudes morales et politiques absolues, « quand l’Empire britannique gouvernait avec sagesse une partie du globe » et d’une famille royale si proche des classes moyennes. Le moral et le patriotisme renforcés, la majorité des spectateurs comme des critiques se rangent derrière la couronne, tandis que les intellectuels et la presse de gauche se confondent en sarcasmes face à ce travestissement évident des faits, pur produit de la propagande gouvernementale. Dans The Spectator, l'écrivain Graham Greene vitupère contre cette représentation " absurde et sans humour de la vie domestique royale, toute en loyauté, sentimentale et technicolorisée", où "la mutinerie en Inde et la guerre des Boers ainsi que d'autres campagnes peu glorieuses en Afrique et en Afghanistan n'existent simplement pas* (4.11.38). Aujourd’hui, du cinéma un peu soporifique mais historiquement fort intéressant une fois replacé dans le contexte de l'avant-guerre, des espoirs d'Hitler (qui comptait en cas de conflit sur la germanité d'une partie de la famille royale) et de la menace croissante du Troisième Reich. – Sans surprise, la première moitié (en noir et blanc) de Victoria the Great et la deuxième en couleurs de Sixty Glorious Years ressortiront pendant la guerre en 1942, remontées en un seul long métrage sous le titre de Queen Victoria : un autre hymne cinématographique à la grandeur du Royaume-Uni visant à remonter le moral des Britanniques en des temps difficiles. |
| 1938 | Δ Marigold (GB) de Thomas Bentley. – av. Pamela Stanley (la reine Victoria). – Une comédie féministe dont l’action est située en 1842. |
| 1938 | ® Suez (US) d’Allan Dwan. av. Miles Mander (Benjamin Disraëli), cf. France : Lesseps (5.1). |
| 1838 | Entente Cordiale (FR) de Marcel L’Herbier Flora-Arcadia, 110 min. – av. Gaby Morlay (la reine Victoria), Victor Francen (le prince de Galles / Edward VII), Pierre Richard-Willm (capt. Charles Roussel), André Lefaur (Lord Clayton), Jean Galland (Lord Charles Kitchener), Janince Carcey (Sylvia Clayton), Arlette Marchal (reine Alexandra, épouse d’Edward VII), Jean Worms (Théophile Delcassé), Jean Périer (président Loubet), Jacques Baumer (Clémenceau), Bernard Lancret (Jean Roussel), Jacques Grétillat (Eugène Roussel), Robert Pizani (Paul Cambon), Jean d’Yd (Joseph Chamberlain), Jean Toulout (Lord Salisbury), André Roanne (Lord Balfour), Jaque Catelain (prince Albert), Paul Amiot (prince de Bülow). De 1898 à 1919, Londres, Paris, Fachoda, Marienbad : les Anglais (à l’initiative du prince de Galles) et les Français se rapprochent politiquement face à la menace allemande. Un film de circonstance réalisé à la veille de la Deuxième Guerre mondiale, académique, solennel et ennuyeux. |
| 1938 | Kautschuk (DE) d'Eduard von Borsody UFA (Berlin), 104 min. - av. René Deltgen (Henry Wickham), Vera von Langen (Mary Waverley), Gustav Diessl (Don Alonzo di Ribeira), Herbert Hübner (le consul britannique Waverley), Walter Franck(le gouverneur de Para), Hans Nielsen (cpt. Murray), Roma Bahn (Lady Betty Mortimer), Valy Arnhelm (Lord Reginald Mortimer), Paul Wagner (Sir Joseph Dalton Hocker). En 1876, un agent secret britannique, Henry Wickham, se rend secrètement au Brésil à bord du "Wellington" avec le but d'y subtiliser au péril de sa vie des graines de caoutchouc, richesse du pays jalousement protégée, et de briser ainsi le monopole sud-américain en permettant au gouvernement de la reine Victoria de l'exploiter dans ses propres colonies en Inde, etc. Henry s'éprend à bord d'une compatriote, Mary, la fiancée du riche propriétaire de plantations Don Alonzo di Ribeira, et, démasqué au cour de sa mission aventureuse dans la jungle, c'est grâce à l'intervention rusée de Mary qu'il parvient à échapper de justesse au commando d'exécution et à regagner l'Angleterre avec son précieux butin. - Cette adaption du roman In der grünen Hölle de Franz Eichhorn, filmée en 1935/36 en Amazonie et en juillet-août 1938 à Travemünde, reflète la sympathie du Reich hitlérien pour la Grande-Bretagne dans les années 1930. Un sujet repris avec de sérieuses modifications à la télévision de la RFA en 1967 (cf. infra, Kampf um Kautschuk de l'antifasciste Falk Harnack). |
| 1939 | ® Little Princess (Petite Princesse) de Walter Lang. - av. Beryl Mercer (la reine Victoria). |

Fay Compton (« Disraeli »), Dame Sybil Thorndike (« Melba »), Anna Neagle (« Sixty Glorious Years »)
| 1941 | *The Prime Minister (Le Premier Ministre) (GB/US) de Thorold Dickinson Warner Bros.-First National, 109 min. – av. John Gielgud (Benjamin Disraeli, Lord Beaconsfield), Diana Wynyard (Mary Anne Wyndham Lewis Disraeli, Lady Beaconsfield), Stephen Murray (William E. Gladstone), Owen Nares (Lord Derby), Fay Compton (la reine Victoria), Pamela Standish (princesse Victoria), Lyn Harding (Otto von Bismarck), Frederic Leister (Lord Melbourne), Nicholas Hannen (Sir Robert Peel), Anthony Ireland (comte d’Orsay), Leslie Perrins (Earl of Salisbury), Gordon McLeod (John Brown). Période de 1837 à 1878 : jeune écrivain dandy et dilettante, Disraeli courtise Mary Anne Wyndham Lewis qui l’introduit au Parlement (en fait, Disraeli était un ami de Wyndham Lewis, et il épousa sa veuve par calcul politique, ayant auparavant échoué quatre fois à entrer au Parlement). Il est le premier juif à être accepté dans la parti conservateur. Il est défait par Gladstone, mais devient Premier Ministre en 1874 et introduit une vaste réforme sociale, tandis que son épouse meurt du cancer. Disraeli repousse les Russes qui attaquent l’allié turc à Constantinople et contrecarre les manœuvres hégémoniques de Bismarck au Congrès de Berlin en 1878, sauvant l’Empire du désastre. Disraeli est représenté ici comme l’homme providentiel qui a su consolider le grand « Commonwealth » de nations qui constitue l’Empire britannique, nations qui affrontent conjointement en 1941 l’ennemi à l’Est. Une œuvre de circonstance et de propagande (parallèles avec Winston Churchill), tournée aux studios anglais de Teddington, alors que Londres subit les bombardements de la Luftwaffe. |
| 1941 | ® Ohm Krüger (DE) de Hans Steinhoff. – av. Hedwig Wangel (la reine Victoria). |
| 1944 | ® Buffalo Bill (US) de William A. Wellman. – av. Evelyn Beresford (la reine Victoria). |
| 1947 | Δ The Ghosts of Berkeley Square (GB) de Vernon Sewell. – av. Abraham Sofaer (Benjamin Disraeli). |
| 1948 | Δ Alice in Wonderland / Alice au pays des merveilles (US/FR/[GB]) de Dallas G. Bower. – av. Pamela Brown (la reine Victoria), David Read (le prince Albert). |
| 1950 | ® Annie Get Your Gun (US) de George Sidney. – av. Evelyn Beresford (la reine Victoria). |
| 1950 | * The Mudlark (Le Moineau de la Tamise) (GB/US) de Jean Negulesco Nunnally Johnson, Darryl F. Zanuck/20th Century-Fox, 99 min. – av. Irene Dunne (la reine Victoria), Alec Guiness (Benjamin Disraeli), Finlay Currie (John Brown), Andrew Ray (Wheeler), Beatrice Campbell (Lady Emily Prior), Anthony Steel (lieut. Charles McHatten), Raymond Lovell (sgt. Naseby), Marjorie Fielding (Lady Margaret Prior), Michael Brooke (le prince Albert). Maurice Warren, Michael Brookie et Jane Short (les petits-enfants de la reine - scène coupée). En 1875, tandis que Disraeli tente vainement de sortir la reine Victoria de sa réclusion après le décès du prince Albert et d’obtenir son soutien pour sa grande réforme sociale, Wheeler, un petit orphelin des slums londoniens, trouve sur un matelot mort un camée de la souveraine. Obsédé par l’idée de voir cette « mère de tous les Anglais » dont il n’a jamais entendu parler, il s’introduit dans Windsor Castle où, grâce à l’entremise de John Brown, il parvient à émouvoir la reine et à la faire sourire... Tourné à Londres et dans les studios de Shepperton du 12 mai au 20 juillet 1950, d’après un roman de Theodore Bonnet (1949), lui-même inspiré par un fait divers authentique datant de 1838 (sujet du livre de Jan Bondeson, « Queen Victoria’s Stalker : The Strange Story of the Boy Jones »). Une mise en scène souvent sensible, un trio mémorable Dunne-Currie-Guinness, et un tour de force phénoménal de ce dernier en Disraeli, qui fait au Parlement un discours non-stop de 6 ½ ; minutes (sans coupures). L’avant-dernier rôle d’Irene Dunne. Présentation du film à la Royal Film Performance à Londres (30.10.50) en présence du roi George VI et de sa famille. Nomination à l’Oscar pour les costumes. La trame est reprise à la radio américaine (Lux Radio Theatre, 27.8.51) avec Irene Dunne et Sir Cedric Hardwicke et l'épisode apparaîtra brièvement dans la télésérie Victoria en 2016. |
| 1951 | ® The Lady with a Lamp (GB) de Herbert Wilcox. – av. Helena Pickard (la reine Victoria), Peter Graves (prince Albert), cf. bio Florence Nightingale (3.2). |
| 1951 | (tv) Victoria Regina (US) de Norman Felton série « Robert Montgomery Presents Your Lucky Strike Theatre », épis. 20, saison 2 (NBC 15.1.51), 60 min. – av. Helen Hayes (la reine Victoria), Kent Smith (prince Albert), Robert Harris (Lord Beaconsfield), Olga Fabian, Halliwell Hobbes, Francis Charles, Alexander Clark. La vie de la reine Victoria, de son ascension au trône en 1837 au « Diamond Jubilee » en 1897, fêtant les 60 ans de son règne. D’après la pièce de Laurence Housman (1934, mise en scène à Londres en 1937). Aux Etats-Unis, Helen Hayes a déjà tenu le rôle de Victoria sur scène à Broadway, aux côtés de Vincent Price (prince Albert), en 1937. La pièce a été adaptée en français par André Maurois et Virginia Vernon, et interprétée à Paris par Gaby Morlay (1938). |

Disraeli (John Gielgud) et la reine (Fay Compton) dans « The Prime Minister » de Thorold Dickinson (1941)
| 1952 | (tv) Happy and Glorious (GB) mini-série de Desmond Davis [et Tony Richardson] (BBC1 13.9.-18.10.52), 6 x 35 min. – av. Renée Asherson (la reine Victoria), Michael Aldridge (le prince Albert / prince Edward), Ernest Milton (Benjamin Disraeli), Edmund Willard (William E. Gladstone), Graveley Edwards (archevêque de Canterbury), Dorothea Alexander (baronne Lehzen), Henry Oscar (Lord Conyngham), Oliver Johnston (Sir John Conroy), Mark Dignam (roi de Hannovre), Raymond Rollett (duc de Sussex), Wyndham Goldie (baron Stockmar), George Curzon (Léopold II de Belgique). Le jubilée de diamant du règne de la reine Victoria, de 1837 à 1897, d’après la pièce « Victoria Regina » de Laurence Housman (cf. 1951). Tony Richardson est producteur assistant. – Episodes : 1. « 1837 » – 2. « 1838-1841 » – 3. « 1842-1853 » – 4. « 1861-1862 » – 5. « 1875-1887 » – 6. « 1891-1900 ». |
| 1953 | (tv) The Amazing Mr. Gladstone (US) « Kraft Television Theatre » (ABC 10.12.53), 60 min. – av. Benjamin Fishbein (William E. Gladstone), Eli Mintz, David Medoff. |
| 1953 | ® The Story of Gilbert and Sullivan (GB) de Sidney Gilliat. – av. Robert Morley (W. S. Gilbert), Maurice Evans (Arthur Sullivan), Muriel Aked (la reine Victoria). |
| 1953 | ® Melba (GB) de Lewis Milestone. – av. Sybil Thorndike (la reine Victoria), cf. bio (13.2). |
| 1954 | Δ Lilacs in the Spring (GB) de Herbert Wilcox. – av. Anna Neagle (la reine Victoria). |
| 1954 | Mädchenjahre einer Königin (US : The Young Victoria) (Les Jeunes Années d’une reine) (AT) d’Ernst Marischka Ernst Marischka/Erma-Filmproduktionsgesellschft Ernst Marischka & Co. (Wien), 109 min. – av. Romy Schneider (la reine Victoria), Adrian Hoven (le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha), Magda Schneider (baronne Lehzen), Karl Ludwig Diehl (Lord Melbourne), Christl Mardayn (duchesse de Kent, mère de Victoria), Fred Liewehr (Léopold II de Belgique), Peter Weck (prince Henri d’Orange), Rudolf Lenz (archiduc Alexandre de Russie), Eduard Strauss Jr. (Johann Strauss père). Le premier rôle principal de Romy Schneider est un remake en Agfacolor du film britannique de 1936 sur l'accession au trône de la reine Victoria et sa rencontre avec le prince consort allemand Albert... L’année suivante, le team gagnant de cette bluette royale – Romy Schneider (à peine 16 ans), sa mère Magda Schneider & Ernst Marischka – va transférer ses clichés pour midinettes et ses recettes sentimentales de la cour d’Angleterre à celle de la Vienne impériale pour la trilogie des Sissi, avec le succès mondial que l’on sait. Tournage en été 1954 aux Sievering-Ateliers à Vienne et environs. Le rôle de la reine était initialement prévu pour Sonja Ziemann, avant que Magda Schneider présente sa fille au producteur. |
| 1957 | (tv) The Remarkable Mrs. Jerome (US) de Walter Grauman Albert McCleery-« Matinee Theater » (NBC 19.2.57), 60 min. – L’histoire de l’Américaine Jennie Jerome (1854-1921) qui épousa le fils du duc de Marlborough, Lord Randolph Churchill, et devint la mère de Winston Churchill. |
| 1957 | (tv) The Consort (US) d’Owen Crump série « Telephone Time », Hal Roach Studios (CBS 27.1.57), 30 min. – av. Robert Vaughn (le prince Albert), Judy Boutin (la reine Victoria), Otto Waldis, Alan Napier, David Cavendish, Lowell Gilmore. |
| 1958 | (tv) The Young Queen (CA) Série "CBC Folio", Canadian Broadcasting Company (CBC 2.1.58). - av. Claire Austin (la reine Victoria), Lloyd Bochner (le prince Albert), Dickson Kerwin. - La pièce de Laurence Housman. |
| 1961 | (tv) Victoria Regina (US) de George Schaefer Compass-NBC, « The Hallmark Hall of Fame » (NBC 30.11.61), 90 min. – av. Julie Harris (la reine Victoria), James Donald (le prince Albert), Basil Rathbone (Lord Beaconsfield), Felix Aylmer (Lord Melbourne), Pamela Brown (duchesse de Kent), Louis Edmonds (prince Ernest), Isabel Jeans (Mistress of the Robes), Barry Jones (Dewan), Inga Swenson (Lady Jane), Olga Fabian (baronne Lehzen), Tom McDermott (gén. Grey), Edward Cullen (John Brown), Robert Downing (Edward, le prince de Galles), Francis Compton (Richards). – D’après la pièce de Laurence Housman (cf. 1951). |
| 1963 | (tv) The Invincible Mr. Disraeli (US) de George Schaefer « Hallmark Hall of Fame » (NBC 4.4.63). – av. Trevor Howard (Benjamin Disraeli), Greer Garson (Mary Anne Wyndham Lewis Disraeli, Lady Beaconsfield), Eric Berry (Sir Robert Peel), Denholm Elliott (Montague Corry), Hurd Hatfield (Lionel Rothschild), Geoffrey Keen (William Gladstone), Kate Reid (la reine Victoria), Frederick Worlock (Lord Derby), Joan White (Mrs. Gladstone), Norman Barrs (Speaker of the House), C. M.Campel (col. Peel), Hugh Franklin (Dr. Jenner), Peter von Zerneck (Otto von Bismarck), Frederic Tozere (Mr. Malloy), Robinson Stone (butler de Rothschild). |
| 1964 | (tv) Victoria Regina - 1. Spring - 2. Summer - 3. Autumn - 4. Winter (GB) mini-série de Stuart Latham Peter Wildeblood/Granada Television (ITV 13.11.-4.12.64), 4 x 50 min. – av. Patricia Routledge (la reine Victoria), Max Adrian (Benjamin Disraëli), Joachim Hansen (prince Albert), Geoffrey Dunn (l'archevêque de Canterbury), Nicolas Courtney (Tudor), Marianne Deeming (la duchesse de Kent), Cyril Luckham (Lord Melbourne), Miles Malleson (Conyngham), Edward Atienza (Martin Tupper), Kevin Brennan/Peter Macann (le prince de Galles), Jameson Clark (John Brown), Maurice Colbourne (Lord Palmerston), Fiona Hartford (princesse Alice), Cyril Luckham (Lord Melbourne), Lloyd Pearson (Sir Henry Ponsonby), Barbara Couper. – Les diverses étapes du règne de la reine Victoria, de 1837 à 1887 (d’après la pièce de Laurence Housman, cf. 1951). |
| 1966 | Δ Jules Verne’s Rocket to the Moon (Le Grand Départ vers la lune) (GB) de Don Sharp. – av. Sterndale Bennett (la reine Victoria). |
| 1966 | Δ The Wrong Box (Un mort en pleine forme) (GB) de Bryan Forbes. – av. Avis Bunnage (la reine Victoria). |
| 1966 | ® (tv) Gordon of Khartoum (GB) de Rudolph Cartier. – av. Charles Carson (William E. Gladstone), Gladys Spencer (la reine Victoria), cf. Afrique (6.2). |
| 1966 | ® Khartoum (GB) de Basil Dearden. – av. Charlton Heston (gén. Charles Gordon), Peter Arne (major Kitchener), Ralph Michael (Sir Charles Dilke),Ronald Leigh-Hunt (Lord Northbrook). |
| 1966 | ® (tv) The Queen and Jackson (GB) de John Gorrie. - av. Gladys Wykeham-Edwards (la reine Victoria). |
| 1967 | Δ (tv) Aunt Clara's Victoria Victory (US) de William Asher, série "Bewitched (Ma Sorcière bien-aimée)". - av. Jane Connell (la reine Victoria). |
| 1967 | (tv) Kampf um Kautschuk (DE) de Falk Harnack Peter Petersen/Zweites Deutsches Fernsehen (Mainz) (ZDF 29.12.67), 100 min. - av. Klausjürgen Wussow (Henry Wickham), Peter Kuiper (Julio Amarco), Derval de Faria (Felipe), Hans-Peter Thielen (Joe Hawkins), Werner Bruhns (Gerard Lemaire), Hans Paetsch (le Premier ministre Benjamin Disraeli), Hans Krull (Sir Casement), Manfred Steffen (Richards), Ernest Lenart (Thorby), Siegfried Munz (Hooker), Richard Lauffen (De Tiege), Peter Lehmbrock (Lothaire), Hans W. Hamacher (Lawer). Comment, en 1867, Henry Wickham, un agent secret et naturaliste britannique, parvient à subtiliser au péril de sa vie des graines de caoutchouc, monopole du Brésil et du Pérou, en s'introduisant sur les terres du richissime Julio Amarco, tyran local qui traite les indigènes amazoniens comme des esclaves. L'Angleterre parvient ainsi à briser le monopole et à l'exploiter à son tour le caoutchouc dans ses propres colonies de par le monde. Le cinéaste Falk Harnack, connu pour ses violents films antinazi sous Adenauer, reprend partiellement la matière déjà abordée en 1938 dans le film d'aventures nazi Kautschuk d'Eduard von Borsody (cf. supra), mais aussi celle de la pièce de Hans Wiese (1969), tout en dénonçant l'exploitation mondiale de la matière et les conflits coloniaux qui s'ensuivent. |
| 1969 | Zorro alla corte d’Inghilterra (Zorro au service de la reine) (IT) de Francesco Montemurro Romana, 101 min. – av. Spiros Focas (Zorro), Carol Wells, Dianele Vargas, Barbara Carrol (la reine Victoria). – L’aventurier masqué rétablit la justice sur une île des colonies britanniques. |
| 1969 | Δ (tv) Sex and Violence (GB) de John Howard Davies et Ian MacNaughton, série "Monty Python's Flying Circus". - av. Terry Jones (la reine Victoria). |
| 1970 | Δ The Private Life of Sherlock Holmes (La Vie privée de Sherlock Holmes) (GB) de Billy Wilder. – av. Mollie Maureen (la reine Victoria). |
| 1971 | ® (tv) Preussen über alles… Bismarcks deutsche Einigung – 1. Streit im Deutschen Bund – 2. Reichsgründung im Krieg (DE) de Rudolf Jugert. – av. Renate Pichler (la reine Victoria). |
| 1972 | ** Young Winston (Les Griffes du lion) (GB/US) de Richard Attenborough Carl Foreman/Open Road-Hugh French-Columbia Pictures, 157 min. – av. Simon Ward (Winston Churchill), Robert Shaw (Lord Randolph Churchill), John Mills (Lord Herbert Kitchener), Basil Dignam (Joseph Chamberlain), Anne Bancroft (Lady Jennie Churchill), Jack Hawkins (James Welldon), Ian Holm (George E. Buckle), Anthony Hopkins (David Lloyd George), Reginald Marsh (Edward, prince de Galles), Patrick Magee (gén. Bindon Blood), Laurence Naismith (Lord Salisbury), Jane Seymour (Pamela Plowden), William Dexter (Arthur Balfour), Russell Lewis (Churchill à 7 ans), Willoughby Gray (William E. Gladstone). Sous-lieutenant, Winston Churchill séjourne en Indes en 1897, puis accompagne un Lord Kitchener hostile à sa présence au Soudan en 1898 pour écraser les derviches, assiste à la bataille d’Omdurman où il participe à la dernière charge de cavalerie classique de l’armée britannique. En 1899, il est correspondant de presse en Afrique du Sud pour couvrir la guerre des Boers ; capturé à Chieveley, il parvient à s’échapper d’un camp de prisonniers de Prétoria, et Londres le fête en héros national. Elu au Parlement, Churchill est désormais prêt à commencer sa carrière politique… Les premières trente années de Sir Winston Churchill (1874-1965), filmées sans audaces mais avec intelligence et un réel sens du spectacle aux studios de Shepperton, à Blenheim Palace, Chartwell House, Harrow School, à l’Académie militaire de Sandhurst, à Swansea (Wales) pour l’Afrique du Sud, et, pour le Soudan, au Maroc (avec l’assistance des troupes du roi Hassan II), en Panavision et Eastmancolor. Le producteur Carl Foreman a adapté les mémoires de l’ancien Premier ministre, « My Early Years », à la suggestion de l’auteur. Trois nominations à l’Oscar 1973 (décors, costumes, scénario), BAFTA Award pour les costumes, Golden Globe pour le meilleur film étranger (USA), Writers’ Guild of Great Britain Award (scénario de Foreman). |
| 1973 | ® On the Game (GB) de Stanley A. Long. – av. Lloyd Lamble (William E. Gladstone), David Brierly (prince de Galles). |
| 1974 | ® (tv) The Fall of Eagles (La Chute des aigles) (GB) de Stuart Burge, etc. – av. Gemma Jones (la reine Victoria), Frank Thornton (prince Albert), Derek Francis (Edward VII). |
| 1974 | The Great McGonagall (GB) de Joseph McGrath Darltan Pictures-Tigon, 89 min. – av. Spike Milligan (William McGonagall), Peter Sellers (la reine Victoria [ !]), Valentine Dyall (John Brown), Julian Chagrin (prince Albert), Julia Foster (Jean McGonagall), John Bluthal (Giles). – Comédie : à Dundee en 1890, un tisserand-poète écossais sauve la vie de la reine Victoria lors d’une tentative d’assassinat. |
| 1974 | Δ (tv) Michael Ellis (GB) de Ian MacNaughton, série "Monty Python's Flying Circus". - av. Michael Palin (la reine Victoria). |
| 1974 | * (tv) Jennie, Lady Randolph Churchill (GB/US) mini-série de James Cellan Jones Andrew Brown-Thames Television-PBS (ITV 5.11.-17.12.74), 7 x 50 min. – av. Lee Remick (Jennie Jerome), Ronald Pickup (Lord Randolph Churchill), Thorley Walters (Edward, prince de Galles), Joanna David (Alexandra, princesse de Galles), Helen Horton (Mrs. Jerome), Rachel Kempson (duchesse de Marlborough), Dan O’Herlihy (Leonard Jerome, père de Jennie), Linda Liles (Clara Jerome), Cyril Luckham (duc de Marlborough), Robin Sherringham (tsarévitch Alexandre), Thorey Mountain (tsarevna Maria Féodorovna), John Westbrook (George Spencer Churchill, marquis de Blandford), Peter Cellier (Lord Aylesford), Virginia Denham (Rosamond Churchill), Patrick Troughton (Benjamin Disraeli), Adrian Ropes (Arthur Balfour), David Steuart (William E. Gladstone), Marguerite Young (Catherine Gladstone), Warren Clarke/Paul Ambrose (Winston Churchill adulte/enfant), John Bailey (Sir Henry James), Jeremy Brett (comte Karel Kinsky), Christopher Cazenove (George Cornwallis-West), Malcolm Stoddard (Jack Churchill), Edgar Wreford (Lord Curzon), Anna Fox (Clementine Churchill), Siân Phillips (Mrs. Patrick Campbell). La vie mouvementée de Lady Churchill (1854-1921), d’origine américaine, suffragette fortunée, écrivaine, maîtresse du prince de Galles et la femme négligée de Lord Randolph Churchill qu’elle a épousé en 1873. Produit pour coïncider avec le centenaire de la naissance de Winston Churchill (tourné notamment à Blenheim Palace, la demeure des Churchill). Un méga-feuilleton d’après la biographie de Martin Gilbert, rehaussé par la mise en scène très adroite de Cellan Jones et la prestation remarquable de la vedette américaine Lee Remick (Baby Doll d’Elia Kazan). BAFTA Award 1975 pour Lee Remick, 3 nominations (réalisation, décors, costumes) ; prix du Directors Guild of America 1976 à James Cellan Jones ; Emmy Award 1976 aux costumes, 5 nominations (décors, réalisation, Lee Remick, production, scénario) ; Golden Globe 1976 pour Lee Remick. – Episodes : 1. « Jennie Jerome » – 2. « Lady Randolph » – 3. « Recovery » – 4. « Triumph and Tragedy » – 5. « A Perfect Darling » – 6. « His Borrowed Plumes » – 7. « A Past and a Future ». |
| 1975 | Δ The Adventures of Sherlock Holmes’ Smarter Brother (Le Frère le plus futé de Sherlock Holmes) (US) de Gene Wilder. – av. Susan Field (la reine Victoria). |
| 1975 | (tv) Edward the Seventh / US : The Royal Victorians or Edward the King (GB) mini-série de Cecil Clarke, John Gorrie ATV Network (ITV 1.4.-1.7.75), 13 x 50 min. – av. Timothy West (Edward VII), Annette Crosbie (la reine Victoria), Robert Hardy (le prince Albert), Deborah Grant (princesse Alexandra de Danemark, son épouse), John Gielgud (Benjamin Disraeli), Cheryl Campbell (princesse Béatrice), Jane Lapotaire (impératrice Marie de Russie), Charles Sturridge (Edward jeune, dit Bertie), Francesca Annis (Lillie Langtry), Charles Dance (prince Eddy), Deborah Grant / Helen Ryan (princesse Alexandra), Felicity Kendall (princesse Vicky), William Dysart (John Brown), Andre Morell (Lord Palmerston), Michael Hordern (William E. Gladstone), Christian Neame (Wilhelm II), Moira Redmond (Alice Keppel), Michael Billington (tsar Nicolas II), Bruce Purchase (tsar Alexandre III), Anthony Douse (Christian IX de Danemark). Edward, prince de Galles (1841-1910), « Bertie » pour les intimes, devra attendre l’âge de 60 ans pour enfin accéder au trône sous le nom de Edward VII, en 1902. Son mariage avec Alexandra de Schleswig-Holstein-Sonderburg-Glücksburg (fille aînée du roi de Danemark), qui éloigne la couronne de sa parenté allemande après l’annexation du Schleswig-Holstein par la Prusse au détriment du Danemark. Ses diverses liaisons – avec l’actrice Lillie Langtry, Jennie Jerome (mère de Winston Churchill), Alice Keppel – et ses efforts en faveur de l’Entente cordiale avec la France. – Episodes : 1. « The Boy » – 2. « An Experiment in Education » – 3. « The New World » – 4. « Alix » – 5. « A Hundred Thousand Welcomes » – 6. « The Invisible Queen » – 7. « Dearest Prince » – 8. « The Royal Quadrille » – 9. « Scandal » – 10. « The Years of Waiting » – 11. « King at last » – 12. « The Peacemaker » – 13. « Good Old Teddy ». |
| 1976 | (tv) Victorian Scandals (GB) mini-série d'Alan Grint (1), June Howson (2,3), Peter Prince (4), Claude Whatham (5), Richard Everitt (6), Richard Martin (7) Michael Cox/Granada Television (ITV 3.9.-10.10.76), 7 x 55 min. - av. Tim Barlow (cpt. Elgie Corner), Lewis Flander (Daniel Dunglass Home), Ania Marson (Katie Cook), Twiggy (Florence Cook), Henry Moxon (Napoléon III), Maureen O'Brian (Catherine Walters, dite Skittles), Christine Robinson (Cora Pearl), Judith Buckingham (Guilia Bernini, dite La Barucci), Jonathan Coy (Harry Carstairs), Julian Fellowes (Tom Grenville), John Moulder-Brown (Wilfrid Blunt), Peter Penry-Jones (Lord Hubert de Burgh), Sydney Tafler (Achille Fould), Ronald Adam (Chichelle Plowden), Kate Binchy (Charlotte Brontë), Kate Elphick (Minny Thackeray), Michael Halsey (Alfred Tennyson), Carolyn Jenkins (Anne Thackeray), Gareth Thomas (William Makepeace Thackeray), John Truscott (Arthur Hallam), Robert Hardy (Mr. Munby), Diane Mercer (Miss Wright), Elizabeth Spriggs (Hannah), Dermot Crowley (George Bernard Shaw), John Carson (Sir Hardinge Giffard), Barry Jackson (George Lewis), James Greene (Charles Watts), Cyril Luckham (Sir Alexander Cockburn), Peter Egan (Henry James Prince), Marlene Sidaway (Sarah), Clive Swift (William Hepworth-Dixon). Une suite d'histoires authentiques qui ont scandalisé la société victorienne. - Episodes: 1. "The Frontiers of Science" - 2. "Skittles" - 3. "The Portland Millions" - 4. "A Pitcher of Snakes" - 5. "Hannah" - 6. "The Fruits of Philosophy" - 7. "Beloved". |
| 1978 | ® (tv) Lillie (GB) de John Gorrie. – av. Dennis Lil (Edward, prince de Galles), Francesca Annis (Lillie Langtry, sa maîtresse), Janet Burnell (Catherine Gladstone), David Dixon (prince Léopold), John Gabriel (Benjamin Disraeli), Michael Gaunt (Lord Randolph Churchill), John Phillips (William E. Gladstone), Sheila Reed (la reine Victoria), Keith Varnier (prince George, futur George V), cf. bio Lillie Langtry (13.2). |
| 1978 | (tv) Disraeli – Portrait of a Romantic (GB) mini-série de Claude Whatham Cecil Clarke-ATV-Thames Television (ITV 5.-26.9.78), 4 x 60 min. – av. Ian McShane (Benjamin Disraeli), Mary Peach (Mary Anne Wyndham Lewis Disraeli, Lady Beaconsfield), Rosemary Leach (la reine Victoria), John Carlisle (William Gladstone), Jeremy Clyde (Lord John Manners), Brewster Mason (Otto von Bismarck), David de Keyser (baron Rothschild), David Wood (Lord Derby), John Gregg (Lord Salisbury), Brendan Barry (Sir Stafford Northcote), Leigh Lawson (comte Alfred d‘Orsay), Jenny Lipman (Sarah Disraeli), Anton Rodgers (Lord George Bentinck), Maria Charles (Maria Disraeli), Aubrey Morris (Isaac Disraeli), Leigh Lawson, Margaret Whiting, Mark Dignam, William Russell, Antony Brown (Sir Robert Peel). Portrait d’un homme complexe, « une énigme même pour lui-même », avouera-t-il. De parents juifs, baptisé à l’Eglise anglicane, auteur de romans à scandales, dandy effronté, grand séducteur, puis, après cinq tentatives, entrée au Parlement en tant que « conservateur progressiste », où il devient un des politiciens les plus innovateurs de son temps. Une interprétation intéressante de Ian McShane (« Deadwood »). – Episodes : 1. « Dizzy » – 2. « Mary Anne » – 3. « The Great Game, 1858-1872 » – 4. « The Chief ,1872-1881 ». |
| 1979 | Δ Stories from a Flying Trunk (GB) de Christine Edzard. – av. John Dalby (reine Victoria). |
| 1981 | (tv) The Life and Times of David Lloyd George (GB) mini-série de John Hefin BBCtv-Cymru-Wales (BBC-2 4.3.81), 9 x 60 min. – av. Philip Madoc (David Lloyd George), Dylan Jones (id., enfant), Sue Jones-Davies (Megan Lloyd George), David Markham (Lord Herbert Henry Asquith), Kika Markham (Frances Stevenson), Lisabeth Miles (Margaret Owen Lloyd George). – La vie de Lloyd George (1863-1945), Premier ministre de 1916 à 1922. |
| 1983 | (tv) Old Glad Eyes (GB) de Herbert Wise série « Number 10 » no. 1, Margaret Bottomley/London Weekend Television-Yorkshire Television (ITV 13.2.83), 52 min. – av. Denis Quilley (William Eward Gladstone), Celia Johnson (Mrs. Gladstone), Robin Sachs (Sir Edward Hamilton), Frank Middlemass (Lord Granville), John Cater (rév. Stephen Gladstone), James Cossins (Lord Harcourt), Melanie Hugues (Lady Cavendish), Juliet Waley (Susan Pritchett). – En 1882, Gladstone, grand amateur de maisons closes, reçoit les politiciens comme les prostituées à Downing Street 10. |
| 1983 | (tv) Dizzy (GB) d’Alvin Rakoff série « Number 10 » no. 6, Margaret Bottomley/London Weekend Television-Yorkshire Television (ITV 20.3.83), 52 min. – av. Richard Pasco (Benjamin Disraeli), Zena Walker (la reine Victoria), Sheridan Fitzgerald (princesse Béatrice), Nicholas Jones (Montagu Corry), Evelyn Laye (Lady Chesterfield). – Disraëli ou « Dizzy », 73 ans, ministre favori de Sa Majesté, est entouré d’une cour de belles aristocrates à Downing Street 10. |
| 1983 | Δ (tv) Buffalo Bill and Annie Play the Palace (US) d'Alan J. Levi, série "Voyagers! (Voyages au bout du temps)". - av. Lurene Tuttle (la reine Victoria). |
| 1984 | Δ The Young Visiters (GB) de James Hill. – av. John Standing (prince de Galles). |
| 1985 | ® (tv) Oscar (GB) de Henry Herbert. – av. James Bree (prince de Galles). – cf. bio Oscar Wilde. |
| 1986 | ® (tv) Barnum (US) de Lee Philips. – av. Bronwen Mantel (la reine Victoria), cf. bio Etats-Unis. |
| 1986 | ® (tv) Shaka Zulu (AU/DE/IT/US/ZA/DE/CA) de William C. Faure. – av. Erica Rogers (la reine Victoria), Sean Taylor (le prince de Galles), cf. Afrique du Sud (8.2). |
| 1988 | ® (tv) Blackadder's Christmas Carol (GB) de Richard Boden (BBC1 23.12.88). - av. Miriam Margolyes (la reine Victoria), Jim Broadbent (prince Albert). |
| 1989 | Δ (tv) Around the World in 80 Days (GB) de Buzz Kulik. – av. Anna Massey (la reine Victoria). |
| 1990 | Δ (tv) Hands of a Murderer / Sherlock Holmes and the Prince of Crime (GB) de Stuart Orme. – av. Honora Burke (la reine Victoria). |
| 1991/92 | Δ (tv+ciné) Den goda viljan (Les Meilleures Intentions) (SE) de Billie August. – av. Anita Björk (la reine Victoria). |
| 1996 | ® (tv) Rhodes (GB/CA/US/ZA) de David Drury. – av. Margaret Hale (reine Victoria). |

L’amour secret d’une reine vieillissante (Judy Dench) : « Mrs. Brown » (1997) de John Madden
| 1997 | ** Mrs. Brown / US : Her Majesty Mrs. Brown (La Dame de Windsor) (GB/IE/US) de John Madden Sarah Curtis-BBC Scotland-Ecosse Films-Irish Screen-Miramax, 105 min. – av. Judy Dench (la reine Victoria), Billy Connolly (John Brown), Geoffrey Palmer (Henry Ponsonby), Anthony Sher (Benjamin Disraeli), Gerard Butler (Archie Brown), Richard Pasco (Dr. Jenner), David Westhead (Bertie, le prince de Galles), Bridget McConnell (Lady Ely), Georgie Glen (Lady Randolph Churchill), Sara Stewart (princesse Alexandra), Finty Williams (princesse Helena), Claire Nicolson (princesse Louise), Hattie Ladbury (princesse Alice), Oliver Kent (prince Alfred), Alex Menzies (prince Arthur), Simon McKerrell (prince Leopold), Cherith Mellor (Mary Ann Disraeli), James Vaughan (Sir Charles Dilke). Depuis la mort de son mari, la reine Victoria n’a plus goût à rien et fait régner autour d’elle une pesante atmosphère de solitude et de tristesse, jusqu’au jour où, en 1861, l’arrivée de John Brown, un nouveau palefrenier écossais, change tout : de morte-vivante, elle devient une souveraine qui retrouve son autorité naturelle et le goût à la vie. Cette liaison authentique, semi-secrète et vraisemblablement platonique de la reine Victoria avec son garde-chasse est filmée à Ardverikie Estate et Duns Castle (Ecosse), Luton Hoo Estate (Bedfordshire) et Osterley Park House à Isleworth. Madden allie subtilement sensibilité, émotion et une touche d’ironie. Judi Dench, qui interprète de manière éblouissante la métamorphose de Victoria au cœur des rouages complexes de la monarchie, est nominée à l’Oscar 1998. L’année suivante, John Madden lui confiera le rôle de la reine Elisabeth dans Shakespeare in Love. Vers 1965, la famille royale s’était opposée à un projet traitant le même sujet, avec Sean Connery dans le rôle de John Brown. |
| 1997 | ® The Opium War / Ya Pian Zhang Zheng (La Guerre de l'opium) (CN/JP) de Jin Xie [et Anne Hui]. - av. Debra Beaumont (la reine Victoria). |
| 1999 | Δ (tv) The Secret Adventures of Jules Verne (CA/GB) de Tom Clegg, Pierre de Lespinois. – av. Patti Allen (la reine Victoria). |
| 1999 | (tv) Queen Victoria (GB) de Graham C. Williams série "The Timekeepers of the Millenium", Vanessa Hill/Foundation TV Productions-New Millenium Experience Co.-Carlton Television (ITV 12.12.99), 25 min. - av. June Whitfield (la reine Victoria). - Programme pour la jeunesse: voyage dans le temps. |
| 2001 | * (tv) Victoria & Albert (Victoria et Albert) (GB/US) mini-série de John Erman BBCtv-A&E Networks-Own2feet Prod.-Splendid TV (CBS 20.10.01), 2 x 90 min. – av. Victoria Hamilton (la reine Victoria), Joyce Redman (la reine Victoria âgée), Jonathan Firth (le prince Albert), James Callis (Ernest), David Suchet (baron Stockmar), Diana Rigg (baronesse Lehzen), Patrick Malahide (Sir John Conroy), Roger Hammond (duc de Cobourg), Penelope Wilton (duchesse de Kent, mère de Victoria), Peter Ustinov (William IV), Delena Kidd (reine Adelaide), John Wood (duc de Wellington), Nigel Hawthorne (Lord Melbourne), Alec McCowen (Sir Robert Peel), Jonathan Pryce (prince Leopold), Michael Siberry (Uxbridge). Lorsqu’Albert épouse Victoria, 21 ans, en 1840, il n’est pas vraiment épris d’elle. Il doit abandonner ses amis, les forêts allemandes, ne peut plus dessiner et jouer de la musique comme il aimait le faire. Victoria, elle, est transie d’amour, mais consacre toute son énergie à ses nouvelles et lourdes fonctions, sous le regard d’une mère hystérique et d’un aréopage de conseillers et ministres grisonnants. Il lui faut bousculer le protocole pour laisser à son mari une place au sein du royaume. Une relecture intéressante de la chronique intime des souverains qui encourage à des rapprochements avec les soubresauts actuels de la monarchie britannique. Tournage au Arundel Castle (Sussex) et aux studios d’Elstree à Borehamwood. Peter Ustinov qui interprète ici William IV, campa aussi son frère aîné, le Prince de Galles et futur George IV, dans Beau Brummel, film américain de Curtis Bernhardt en 1954. Emmy Award 2002 pour les costumes, nomination pour Diana Rigg en préceptrice de la reine. |
| 2001 | (tv) Victoria’s Empire / Queen Victoria’s Empire (Victoria : une reine, un empire) (GB/US) mini-série de Paul Bryers, Paul Burgess Brook Lapping Prod.-DeVillier Donegan Enterprises-History Channel-PBS (Channel 5 22.7.-12.8.01), 4 x 55 min. – av. Frances McDevitt (la reine Victoria), Elliot Levey (Benjamin Disraeli), Martin Wady (William Gladstone/Robert Peel), Donald Sutherland (narration). Docu-fiction. Episodes : 1. « Engines of Change » – 2. « Passage to India » – 3. « The Moral Crusade » – 4. « The Scramble for Africa ». |
| 2001 | ® From Hell (US) d'Albert et Allen Hughes. - av. Liz Moscrop (la reine Victoria). |
| 2001 | Δ (tv) Station Jim (Bob, Jim et l'affreux Mr. Riorden) (US) de John Roberts. - av. Prunella Scales (la reine Victoria). |
| 2002 | (tv) Prince Albert (GB) de Kate Townsend série « Reputations » (BBC 13.9.02), 50 min av. Paul Ansdell (le prince Albert de Saxe-Cobourg), Natasha Little (narration). – Docu-fiction qui présente le prince consort comme un homme ambitieux et peu docile, cherchant à partager le pouvoir avec son épouse, au grand dam des ministres et de la cour. Sa disparition est un soulagement, sauf pour la reine qui ne s’en remettra jamais. |
| 2002 | Δ Night’s Noontime (CA) de Rajiv Maikhuri. – av. Jackie Burroughs (la reine Victoria). |
| 2003 | Δ Shanghai Knights (Shanghaï Kid II) (US) de David Dobkin. – av. Gemma Jones (la reine Victoria). |
| 2003 | Δ Around the World in 80 Days (US) de Frank Coraci. – av. Kathy Bates (la reine Victoria), Ian McNeice (Lord Kitchener), Roger Hammond (Cecil Rhodes). |
| 2003 | Δ The Young Visiters (GB) de David Yates. – av. Janine Duvitski (la reine Victoria), Simon Russell Beale (prince de Galles). |
| 2003 | (tv-df) Looking for Victoria (GB) mini-série de Louise Osmond BBCtv (BBC1 27.10.+3.11.03), 2 x 55 min. – av. Prunella Scales (la reine Victoria), Richard Betts (le prince Albert), Charles Dance (Charles Greville), Timothy West (Thomas Greevey), Richenda Carey (Lady Wharncliffe), Charlie Hayes (Victoria jeune), Emma Sackville (Victoria enfant), Tom Allen (Albert jeune), Geoffrey Bayldon (Sir Henry Ponsonby), David Ryall (Henry James), Andrew Sachs (Benjamin Disraeli), Christopher Benjamin (Lord Stanley), Patrick Godfrey (Lord Clarendon), Timothy Walker (Wilfred Blunt), Robert Lang (Lord Halifax). Prunella Seales fait des recherches sur la reine et interroge des historiens à ce sujet. |
| 2006 | Δ (tv) Doctor Who : Tooth and Claw (Un loup garou royal) (GB) d’Euros Lyn. – av. Pauline Collins (la reine Victoria). |
| 2007 | (tv-df) Gladstone & Disraeli, Clash of the Titans (GB) de Jeff Morgan Green Bay Prod.-BBCtv (BBC4 3.3.09), 90 min. – av. Alex Bennett (William E. Gladstone), Steve Lately (Benjamin Disraeli), Peter Kerry Morgan, Cefin Vaughan, Robert Guest, Jeff Jones, Ken Goddard, Terrence Meredith, Richard Glyn Hughes, Gwilym Jones, Huw Edwards (présentation). – Docu-fiction. |
| 2008 | ® (tv) Florence Nightingale (GB) de Norman Stone. – av. Zoe Street Howe (la reine Victoria). |
| 2008 | (tv) Queen Victoria’s Men (GB) de Rob Coldstream (Channel Four 2.6.08), 95 min. – av. Venty Hewlett (Victoria jeune), Jenifer Armitage (Victoria adulte), Scarlet Coldstream (Victoria enfant), Matt Addis (prince Albert), Jay Benedict (Lord Melbourne), Steven Crossley (Benjamin Disraeli), Guy Manning (John Brown), Hajaz Akram (Abdul Karim), Pip Torrens (Charles Greville), Neil Salvage (Sir Henry Ponsonby). |
| 2009 | * The Young Victoria (Victoria: Les Jeunes Années d’une reine) (GB) de Jean-Marc Vallée Martin Scorsese-Graham King-Sarah Ferguson-Tim Headington/GK Films, 105 min. – av. Emily Blunt (la reine Victoria), Rupert Friend (le prince Albert), Paul Bettany (Lord Melbourne), Miranda Richardson (duchesse de Kent), Thomas Kretschmann (le roi Léopold de Belgique), Mark Strong (Sir John Conroy), Jim Broadbent (William IV), Julian Glover (duc de Wellington), Jesper Hain (baron Stockmar), Harriet Walter (la reine Adélaïde), Michael Maloney (Sir Robert Peel), Genevieve O'Reilly (Lady Flora Hastings). Le père de Victoria, le duc de Kent, meurt jeune, et la duchesse tombe sous la coupe de l’ambitieux Sir John Conroy. La petite Victoria subit un régime éducationnel tyrannique au palais de Kensington (« The Kensington System »), Conroy la tenant éloignée du pouvoir le plus longtemps possible. La rencontre avec le prince Albert, peu populaire au Parlement et très soucieux d’aider les couches les plus défavorisées du royaume, va tout changer. Selon le réalisateur canadien de cette superproduction, la jeune reine est une rebelle adolescente, enjouée, follement amoureuse, qui déjoue les intrigues de ses proches et demande à son amoureux de l’épouser : un peu de soufre dans l’eau de rose. C’est elle qui tient le pouvoir, au dam d’Albert, et ce n’est qu'en 1840, lorsque celui-ci lui sauve la vie lors d’un attentat qu’elle accepte de lui céder un peu de responsabilité politique (contrairement à ce qe montre le film, Albert n'est pas blessé). Tourné dés mi-août 2007 à Lancaster House (Pall Mall) à Londres, à Wilton House, Ham House (Richmond), Arundel Castle, Belvoir Castle (Leicestershire), au Blenheim Palace (Oxfordshire) et aux studios de Shepperton d'après un scénario de Julian Fellowes (auteur de la série tv Downton Abbey). Ex-belle-fille de la reine Elisabeth II, chassée le cour suite à ses frasques et son divorce, Sara Ferguson en est la productrice exécutive : un retour dans l’univers des Windsor par le cinéma. Oscar pour les meilleurs costumes, nominations pour décors et maquillages; Emily Blunt décroche une nomination au Golden Globe.. |
| 2011 | The Unseen World (IT) de Liana Marabini Liana Marabini/Condor Pictures (Monaco). - av. F. Murray Abraham (John Henry Newman), Gianpiero Cognoli (Alexander Walker), Pablo D'Adamo (Craig Donavan), Pia Giancaro (Lady Cavendish), Katie McGovern (Teresa Bains), Kai Portman (Lord Cavendish), Benjamin Stender (Carter). La vie de John Henry Newman (1801-1890), prêtre anglican, fondateur du Mouvement d'Oxford et de l'université catholique de Dublin, in se convertit au catholicisme en 1846 et devient un saint britannique catholique. |
| 2011 | (tv-df) La Reine Victoria ou l'empire des sens (FR) de David Jankowski et Guillaume de l'Estrange Série "Secrets d'Histoire" présentée par Stéphane Bern, Jean-Louis Remilleux/Société Européenne de Production-France Télévisions (FR2 16.8.11), 105 min. - av. Laura Marine, Jacques Chaussepied. Docu-fiction tourné sur les lieux historiques, avec reconstitutions et extraits de films. |
| 2011 | ® Hysteria / Oh My God! / In guten Händen (GB/FR/DE/CH/LX) de Tanya Wexler. - av. Sylvia Strange (la reine Victoria). |
| 2012 | (tv-df) Queen Victoria's Last Love (GB) de Rob Coldstream Blakeway Productions (Channel Four 25.4.12), 60 min. - av. Veronica Clifford (la reine Victoria), Kushai Pal Singh (Abdul Karim). En 1897, la reine scandalise sa famille et la cour par sa relation privilégiée avec le domestique indien Abdul Karim qui lui enseigne des rudiments d'hindoustani et qu'elle couvre de cadeaux. Docu-fiction. |
| 2012 | Victoria Meets (GB) de Robert Bierman Sentinel Films, 17 min. - av. Saskia Wickham (la reine Victoria), Oliver Ford Davies (William Gladstone), Simon Chandler (le valet de chambre de la reine). En 1875, Buckingham Palace. Le Premier ministre Gladstone souhaite un bon anniversaire à la reine. |
| 2013 | (tv-df) Die Ahnen der Queen - Sachsen Coburgs Hochzeit mit der Macht (Les Aïeux de la Queen: L'Union des Saxe-Cobourg avec le pouvoir) / Keeping It in the Royal Family (DE) de Hannes Schuler et Christiane Böhm Neue Artfilm, (Arte 1.6.13), 75 min. - av. Martin Rother (Léopold Ier de Saxe-Cobourg), Sarah Kempin (la reine Victoria), Sandra Tauro (la princesse Charlotte de Galles), Hanna Buck (Juliane de Saxe-Coburg-Saalfeld), Rebecca Hildebrandt (Antoinette de Saxe-Coburg-Saalfeld), Joyce Ilg (Karoline Baue), Britta Jakobi (Victoria de Saxe-Cobourg-Saalfeld, la mère de Victoria), Peter Kaghanovitch (le prince héritier Franz), Noah Pilchowski (Léopold enfant), Nadine Schneider (Sophie de Saxe-Cobourg-Saalfeld), Barbara von Münchhausen (la duchesse Auguste), Jeffrey Zach (Lord Francis Conyngham), Curd Berger (un médecin), Stanley Grimmer (un jeune aristocrate). Docu-fiction : Devenu premier roi des Belges en 1831, Léopold, rejeton d'une famille allemande désargentée. parvient à placer sa descendance sur divers trônes d'Europe, notamment sa nièce Victoria et son neveu Albert. |
| 2014 | ® Mr. Turner (GB) de Mike Leigh. - av. Sinead Matthews (la reine Victoria), Tom Wlaschiha (le prince Albert). |
| 2014 | ® (tv) 1864 / 1864 - Liebe und Verrat in Zeiten des Krieges (1864, amours et trahisons en temps de guerre) (DK/DE/GB/NO/SE) d'Ole Bornedal. - av. James Fox (Lord Palmerston), Barbara Flynn (la reine Victoria). |
| 2016-2019 | ** (tv) Victoria (GB) télésérie de Tom Vaughan (1-3), Sandra Goldbacher (4,5), Olly Blackburn (6-8), Lisa James Larsson (9,10), Geoffrey Sax (11,12, 17, 18, 19), Jim Loach (13,14), Daniel O'Hara (15,16), Chloë Thomas (20, 21, 22) et Delyth Thomas (23, 24) Daisy Goodwin, Damien Timmer, Kate McKerrell, Dan McCulloch, Paul Frift, David Boulter/Mammoth Screen Ltd.(London, Belfast)-PBS Masterpiece for ITV Studios (London, Manchester) (ITV1 28.8.-9.10.16 / 27.8.-16.10.17 / 24.3.-12.5.19), 24 x 60 min. - av. Jenna Coleman (Victoria), Tom Hughes (le prince Albert), Catherine Flemming (la duchesse de Kent), Peter Bowles (le duc de Wellington), Daniela Holtz (la baronesse Lehzen), Neil Hudson (Skerrett), Ferdinand Kingsley (Francatelli, patissier royal), Laurence Fox (Lord Palmerstone), Tommy Knight (Brodie), Eve Myles (Mrs. Jenkins), Paul Rhys (Sir John Conroy), Adrian Schiller (Penge), Peter Firth (le duc de Cumberland, roi de Hanovre), Rufus Sewell (William Lamb, Lord Melbourne, Premier Ministre), Peter Ivatts (l'archevêque de Canterbury), Vincent Regan (Louis-Philippe, roi de France), Alie Orr-Ewing (Lady Flora Hastings), Anna Wilson-Johnes (Lady Emma Portman), Robin McCallum (Lord Portman), Nicholas McAuliffe (la duchesse de Cumberland), Richard Dixon (Lord Chancellor), Julian Finnigan (Lord Hastings), Tom Price (le duc de Sutherland), Margaret Clunie (Harriet, duchesse de Sutherland), Daniel Donskoy (le Grand Duc), Jordan Waller (Lord Alfred Paget), Robin Soans (Sir James Clark), Nigel Lindsey (Sir Robert Peel, Premier Ministre), Martin Compston (Dr Robert Traill), Alex Jennings (Léopold Ier de Saxe-Cobourg-Saalfeld, roi de Belgique), David Oakes (le prince Ernest), Daniela Holz (la baronesse Lehzen), Neil Hudson (Skerret), Emerald Fennell (Ada Lovelace, fille de Lord Byron), Diana Rigg (la duchesse de Buccleuch), Denis Lawson (le duc d'Atholl), Nicholas Audsley (le duc Charles de Monmouth), Sabrina Bartlett (Abigail Turner), Kate Fleetwood (la princesse Feodora), Andrew Byron (Friedrich-Wilhelm III, roi de Prusse). Cette "romance royale" imaginée et écrite par la poétesse et romancière Daisy Goodwin - dans le sillage des récentes téléséries à succès international The Crown et Downton Abbey - présente Alexandrina Victoria, dix-huit ans, une princesse encore adolescente contrainte de devenir reine et qui choisit d'emblée le nom de Victoria contre l'avis de son entourage, puis impose un changement de résidence (Buckingham devient palais royal). Au cours de débuts plutôt tendus, elle trouve rapidement ses marques et fait avec une surprenante détermination son apprentissage sur le métier. La télésérie n'arpente que les trois premières décennies de son ère - de 1837 à 1851 - soit les 14 premières années d'un règne qui va durer 63 ans... Elle montre la jeune souveraine comme une femme espiègle, le nez mutin, très sensible au sexe opposé, têtue, impulsive, vulnérable mais aussi lucide, parfois perdue dans les méandres du pouvoir et, les premiers temps. même visiblement amoureuse de son Premier Ministre, Lord Melbourne (détail contesté). Dans le premier épisode, la mère de Victoria, Sir John et son oncle le duc de Cumberland tentent en vain d'installer une régence pour limiter le pouvoir de Victoria en faisant croire qu'elle a hérité de la folie de son grand-père George III, puis en lui cherchent un mari pour mieux la contrôler. On s'entend sur son cousin, le prince Albert de Saxe-Cobourg, neveu timide, solitaire et musicien du roi Leopold Ier de Belgique. Albert critique l'ignorance de Victoria quant à la pauvreté dans le royaume, mais après une violente dispute, elle le demande en mariage, alors que le Parlement est hostile à l'idée d'un consort allemand et que la population est foncièrement rétive à toute influence étrangère. Albert s'impose peu à peu comme prince consort ouvert aux idées nouvelles, défend les abolitionnistes en juin 1840 et soutient le développement du chemin de fer; Victoria, qui échappe à un premier attentat, trouve le trajet sur une locomotive exaltant, puis découvre l'Écosse et ses landes (épisode cocasse) en compagnie de son jeune époux. Celui-ci la pousse constamment hors du palais pour lui apprendre à connaître un royaume secoué par les crises et à le moderniser d'urgence. Albert instaure ainsi une ère nouvelle dominée par le culte de la machine, mais demeure hostile à toute politique étrangère interventionniste en Orient comme en Asie. Aussi la troisième et dernière saison s'achève-t-elle en mai 1851 avec la première Exposition universelle (dont le prince consort est l'initiateur et le président), abritée dans le Crystal Palace à Hyde Park. L'évènement attire plus de six millions de visiteurs, soit alors plus du quart de la population du Royaume-Uni. Puis le récit s'achève sur le premier malaise d'Albert, sans explication (signe avant-coureur de sa mort prématurée une décennie plus tard, à l'âge de 42 ans?). On escamote par conséquent toute allusion à la Guerre de Crimée contre la Russie (1853-1856) et au soulèvement sanglant des Cipayes qui va changer la destinée du continent indien (1857-1859), annexé par l'Empire. Cet ultime sursaut armé de l’Inde traditionnelle fera entre 500’000 et un million de morts parmi les indigènes, tandis que Victoria sera couronnée impératrice des Indes. Au fil des épisodes, Victoria s'entoure de précieux conseillers ou d'adversaires politiques comme le vieux duc de Wellington, stratège prudent mais humain, ou le belliqueux et machiavélique Palmerstone, tout en restant à l'écoute de ses sujets, matière à fâcheries fréquentes avec une partie du Parlement, que ce soit les Whigs libéraux ou les Tories conservateurs. Mais la série se concentre en toute priorité sur les aléas du couple royal, leur passion amoureuse, leurs éclats parfois violents voire blessants, leurs actions concrètes pour gagner la confiance d'une population politiquement déchirée et leurs déplacements inattendus dans le royaume, pas toujours sans risques (trois attentats manqués), tous en évitant des sujets qui embarrassent tels que la première Guerre de l'opium en Chine mandchoue (1839) ou la résistance armée des Maoris en Nouvelle-Zélande (1843), trop lointains. L'anéantissement des 16'500 militaires britanniques dans la passe de Khyber en Afghanistan (1842) qui tétanise l'opinion publique reste l'unique événement de la politique extérieure qui soit fort brièvement évoqué (en plus d'un saut incongru mais chaleureux sur le continent pour rencontrer Louis-Philippe, monarque d'une France "ennemie" depuis des siècles). Sous le titre de "Faith, Hope and Charity (Foi, Espérance et Charité)", la saison 2 présente toutefois en octobre 2017 un chapitre qui provoque l'effet d'un véritable électrochoc parmi une majorité de téléspectateurs qui découvrent - matière encore largement bannie des manuels scolaires et discours officiels en Angleterre - l'ampleur de la "Grande Famine" en Irlande dans les années 1845-1849, entraînant le décès de plus d'un million d'Irlandais - "la pire catastrophe de cette nature dans l'Europe du XIXe siècle" précise un carton - et l'exil forcé de deux millions de paysans aux USA pour survivre; le spectateur lambda est confronté à la cruauté, à l'indifférence et au cynisme des autorités britanniques, des propriétaires terriens et du clergé protestant à Londres comme à Dublin, nourris de haine et de mépris pour les "papistes" (catholiques) miséreux de l'"île verte". Le téléfilm montre le voyage en catastrophe des époux royaux en Irlande martyrisée et dévastée (1849), séjour auquel s'est opposé avec véhémence le Premier ministre Sir Robert Peel et son parti des Tories, leur rencontre émouvante (mais inventée) avec le vicaire anglican Dr. Robert Traill qui tenta vainement d'enrayer la catastrophe et alerter l'opinion publique avant de mourir du typhus (alias "fièvre de la famine"), enfin leurs efforts bien timides pour mobiliser des secours. En Irlande, l'épisode suscite sans surprise le courroux de la presse et des téléspectateurs qui contestent, documents historiques à l'appui, la compassion et l'intérêt réel de Victoria - qu'on surnommait "The Famine Queen" - pour leur île. Précisons que Daisy Goodwin, créatrice de la série, est l'arrière-arrière-arrière-petite-fille du compatissant pasteur irlandais Robert Trail qui, confronté à l'apathie d'un clergé protestant sectaire, a fait appel à la reine Victoria et ouvert une soupe populaire dans sa propre maison avant de périr à son tour. L'ensemble de la série est parsemé de divers apartés parmi le personnel des sous-sols, à l'instar de Downton Abbey (mêmes producteurs), mais qui sont ici reliés à la vie extérieure du palais et esquissent un tableau assez réaliste des conditions sociales et hygiéniques épouvantables (choléra) de l'époque, sans oublier le travail inhumain des enfants et des femmes. (Pas un mot toutefois sur l'admiration de la souveraine pour Charles Dickens et ses écrits fort acerbes.) D'autres passages sont par moments un peu sucrés (la vie familiale, la prodigieuse fertilité de la souveraine entraînant année après année une ribambelle de nourrissons et de canidés domestiques, le futur prince de Galles en bambin caractériel, etc.), le tout orné d'honnêtes reconstitutions numériques et de quelques anachronismes introduits à des fins purement narratives. En revanche, la psychologie des protagonistes est de bout en bout passionnante à suivre. Le script mis à part, c'est avant tout le mérite de l'énergique interprète principale, à l'écran bien trop jolie et svelte pour le rôle-titre, mais qui reste très crédible. Vedette adulée de lsérie de science-fiction Doctor Who à la BBC, Jenna Coleman a obtenu l'autorisation de parcourir les journaux intimes de la reine - 141 volumes, 43'000 pages - à titre de recherche pour le rôle titulaire. Sa prestation est parfaite, oscillant entre sévérité, hésitations généreuses et candeur et l'actrice va collectionner les prix (National Television Award et TV Times Award 2017, le Prix Nymphe d'Or au Festival de Monte-Carlo 2018, Logie Award australien 2019, etc.); pour l'anecdote, la star vit alors en couple avec Tom Hughes, l'interprète d'Albert, ce qui peut expliquer une complicité quasi palpable entre les deux protagonistes. Le tournage de la séria a débuté en janvier 2016 aux studios de Church Fenton (North Yorkshire) à Tadcaster pour les intérieurs de Buckingham, puis à Castle Howard (Henderskelfe), Harewood House (Leeds), Bramham Park, Wentworth Woodhouse, St. James Park (extérieurs), Beverly Minster, Raby Castle (Durham), Allerton Castle, Carlton Towers (Selby), etc. On peut se demander si les prémisses du Brexit (le référendum britannique du 23.6.2016) et le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne dès 2020 n'ont pas joué un rôle dans la genèse d'une série cultivant la nostalgie identitaire de l'Empire. Victoria remporte en tout cas un énorme succès cathodique pour ITV Studios, encouragé à lancer une deuxième, puis une troisième saison. En juillet 2021, ITV annonce toutefois l'interruption de la série (baisse de l'audience?), sans autre explication et au grand dam des aficionados. L'ensemble était initialement prévu pour 6 saisons, les deux dernières interprétées par une actrice plus âgée. Episodes: Saison 1: 1. "Doll 123 (La Poupée no 123)" - 2. "Ladies in Waiting (Les Dames de compagnie)" - 3. "Brocket Hall" - 4. "The Clockwork Prince (Son Altesse Sévérissime)" - 5. "An Ordinary Woman (Une femme comme les autres)" - 6. "The Queen's Husband (L'Époux de la Reine)" - 7. "Engine of Change (Le Moteur du changement)" - 8. "Young England (La Jeune Angleterre)" - Saison 2: 9. "A Soldier's Daughter (Une fille de soldat)" - 10. "The Green-Eyed Monster (Le Monstre aux yeux verts)" - 11. "Warp and Weft (Chaîne et trames)" - 12. "The Sins of the Father (Les Péchés du père)" - 13. "Entente cordiale" - 14. "Faith, Hope & Charity (Foi, Espérance et Charité)" - 15. "The King over the Water (Le Roi sur l'autre rive)" - 16. "The Luxury of Conscience (Le Luxe de la conscience)" - 17. "Comfort and Joy (Joie et réconfort)" - Saison 3: 18. "Uneasy Lies the Head That Wears the Crown (Vent mauvais sur les têtes couronnées)" - 19. "London Bridge Is Falling Down (Le Pont de Londres s'écroule)" - 20. "Et in Arcadia" - 21. "Foreign Bodies (Corps étrangers)" - 22. "A Show of Unity (Un simulacre d'unité)" - 23. "A Coburg Quartet (Le Quatuor Cobourg)" - 24. "A Public Inconvenience (Inconvenances publiques)" - 25. "The White Elephant (L'Eléphant blanc)". |
| 2017 | * Victoria & Abdul (Confident Royal) (GB/US) de Stephen Frears Tim Bevan, Eric Fellner, Beeban Kidron, Tracey Seaward/BBC Films-Working Title Films-Cross Street Films-Perfect World Pictures, 112 min. - av. Judi Dench (la reine Victoria), Ali Fazal (Mohammed Abdul Karim), Eddie Izzard (Bertie, Prince de Galles), Tim Pigott-Smith (Sir Henry Ponsonby), Adeel Akhtar (Mohammed), Simon Callow (Giacomo Puccini), Olivia Williams (la baronne Churchill), Michael Gambon (Robert Arthur Talbot Gascoyne-Cecil), Julian Wadham (Alick Yorke), Olivia Williams (Jane Spencer), Fenella Woolgar (Miss Phipps), Jonathan Harden (Wilhelm II). Vers la fin de son règne, la reine Victoria se lie d'amitié avec un jeune employé indien du nom d'Abdul Karim, venu d'Inde pour participer au jubilé de la reine. Alors que la reine Victoria s'interroge sur les contraintes inhérentes à son long règne, les deux personnes vont former une improbable alliance, faisant preuve d'une grande loyauté mutuelle que la famille royale ainsi que son entourage proche cherchent vainement à détruire (d'après le roman de Shrabani Basu). Tournage: Cairngorms (Ecosse), Osborne House (Isle of Wight), Knebworth House (Hertfordshire), York, Richmond, Greenwich, Belvoir Castle (Leicestershire), Delhi et Agra. |
| 2017 | ® The Greatest Showman [P. T. Barnum] (US) de Michael Gracey. - av. Gayle Rankin (la reine Victoria). |
| 2018 | (tv) Albert - The Power Behind Victoria (GB) de Paul Olding Jeff Anderson/Elephant House Production-Channel 5 Broadcasting Ltd. (Channel Five 29.9.18), 125 min. - av. Gareth David-Lloyd (le prince Albert), Olivia Hallinan (la reine Victoria), Jeremy Clyde (Lord Melbourne), Angela Bull (la baronne Lehzen), Drew Cain (Sir Robert Peel), Alex Bartram (George Anson), Chris Beaumont (Henry Cole), Robert Perkins (col. Charles Phipps), Paul Anthony Barber (le baron Stockmar), Samantha Bond (narration). Le rôle innovateur du prince Albert qui contribue à moderniser le fonctionnement de l'Empire. |
| 2018 | (tv-df) Zwischen Lust und Pflicht - Queen Victoria (La Reine Victoria. Entre désir et devoir) (DE/AT) d'Andrea Oster série "Universum History", Arte-Ifage Filmproduktion-Metafilm-ZDF-ORF (Arte 18.5.19), 53 min. - av. Franziska Singer (Victoria jeune), Gisela Salcher (la reine Victoria), Dominic Oley (le prince Albert), Roman Kollmer (le Premier ministre Lord Melbourne), Mathias Hanin (John Brown). - Docu-fiction avec reconstitutions qui s'appuie notamment sur les journaux intimes de la veuve de Windsor. |
| 2021 | (tv) Doctor Who (GB) Jamie Magnus Stone, Azhur Saleem (BBC1 31.11.-12.12.21), 6 épis. - av. Steve Oram (Joseph Williamson), Sara Powell (Mary Seacole), Jodie Whittaker (Doctor Who). - Égarés dans cette célèbre série de science-fiction on trouve l'excentrique homme d'affaires et philanthrope Joseph Williamson (1769-1840) et l'infirmière jamaïcaine Mary Seacole (1805-1881), connue pour son activité au cours de la guerre de Crimée. |
| 2021 | (tv) The North Water (Dans les eaux du Grand Nord) (GB/CA) télésérie d'Andrew Haigh Kate Ogborn/See-Saw Films-Rhombus Media-BBC Two-Super Channel Fuse-CBC Television/ICI Radio-Canada Télé (BBC Two 15.7.-12.8.21), 5 x 60 min. - av. Jack O'Connell (Patrick Sumner), Colin Farrell (Henry Drax), Stephen Graham (cpt. Arthur Brownlee), Tom Courtenay (Baxter), Sam Spruell (Michael Cavendish), Peter Mullan (le prêtre), Nive Nielsen (Anna), Stephen McMillan (Joseph Hannah). Le voyage du baleinier Volunteer au Pôle Nord en 1859. Parmi ses passagers, Patrick Sumner, un médecin militaire traumatisé par la guerre en Inde, et Henry Drax, un harponneur brutal et assassin sans scrupules. D'entente avec le propriétaire du navire Baxter, le capitaine Brownlee envisage de couler le Volunteer dans les eaux glacées et sauver l'équipage à bord du Hastings. Mais tout l'équipage périt dans la glace, seuls Sumner et le psychopathe Drax survivent à l'enfer avec l'aide d'Inuits non contaminés par l'Occident; le premier venge ses camarades. Adaptation du roman éponyme de Ian McGuire (2016), tourné d'octobre 2019 au printemps 2020 en Hongrie et dans l'archipel norvégien de Svalbard (Spitzberg). |
| 2021-23 | ® Sisi & ich (DE/AT/CH) de Frauke Finsterwalder. - av. Annette Badland (la reine Victoria). |
| 2022 | (tv) Dodger (GB) série de Rhys Thomas et Hildegard Ryan (BBC 6.2.-19,4,22), 10 x 45 min. - av. Billy Jenkins (Jack Dawkins, dit Dodger), Christopher Eccleston (Fagin), Tanya Reynolds (la reine Victoria), Aron von Andrian (le prince Albert), Samantha Spiro (Marie Tussaud), David Threlfall (Sir Charles Rowan), Time Downie (Henry Fox Talbot), Frances Barber (Dame Lucia Elizabeth Vestris). - Série comique située dans l'univers de l'Oliver Twist de Charles Dickens autour de Dodger (un personnage historique qui fut accusé à tort d'avoir voulu assassiner la reine). |
