VI - EUROPE CENTRALE ET DE L’EST, BALKANS, TURQUIE et invasions mongoles
6. LES TURCS À LA PORTE DE L’EUROPE
Peuple nomade originaire des plaines de Mongolie à celles de l’Asie centrale, les Turcs ont connu un vaste et continu mouvement d’émigration vers l’ouest du continent asiatique. Organisés en fédérations de tribus non exclusivement turques, ils ont constitué d’abord des royaumes d’une étendue et d’une durée plus ou moins longues. Ils se font connaître au Moyen-Orient en tant que mercenaires du califat abbasside qu’ils dirigent de fait dès le Xe siècle. Les Seldjoukides, des Turcs oghouzes venus du Kazakhstan, fondent un empire turco-persan de confession sunnite qui s’étend des plaines d’Asie centrale jusqu’à l’Anatolie, mais les luttes internes, les croisades de l’Occident latin et surtout les invasions mongoles de Gengis Khan au XIIIe siècle le ruinent.
En 1299, le sultan oghouz Osman Ier conquiert la ville byzantine de Mocadène, premier acquis territorial de l’Empire ottoman qui ne va pas cesser d’accroître son territoire. Les Balkans sont conquis dès la fin du XIVe siècle. L’an 1453 voit la prise de Constantinople par les armées du sultan Mehmet II dit « le conquérant », signifiant la fin de l’Empire byzantin millénaire. De nombreux chrétiens slaves, grecs ou arméniens, pauvres et démunis, se convertissent à l’islam pour ne pas payer le haraç, l’impôt sur les non-musulmans, et deviennent ottomans. Autre cas d’insertions que les janissaires (yeniçeri) qui forment un ordre militaire très puissant composé d’esclaves d’origine européenne, en particulier des Balkans ; convertis à l’islam, ils constituent l’élite de l’infanterie de l’armée ottomane (car les peuples turcs sont surtout cavaliers) à l’apogée de l’Empire et occupent les postes les plus influents dans l’administration et l’armée (entre 1453 et 1623 presque tous les vizirs sont issus de ce corps). Les cavaliers mamelouks, autre milice constituée dès le IXe siècle d’esclaves convertis d’origine chrétienne provenant du Caucase, d’Europe orientale et de Russie méridionale, se distinguent en particulier en Égypte, où ils combattent croisés et Mongols ; quarante-neuf d’entre eux deviennent sultans. Ils sont intégrés à l’armée régulière et dans les provinces ottomanes sous le règne du sultan Sélim Ier en 1517.
A la fin du XVe siècle, l'État ottoman devient. une terre d'asile pour les Juifs persécutés en Europe occidentale et centrale. En mars 1492, à la suite de l'expulsion des Juifs séfarades d'Espagne et du Portugal sur ordre d'Isabelle la Catholique, suivis de ceux établis dans plusieurs États italiens catholiques, le sultan Bajazet II leur ouvre les bras. Considérés "Gens du Livre" (comme les chrétiens), ils bénéficient dans tout l'Empire ottoman du statut de dhimmi, certes avec impôt spécifique, mais avec liberté de culte et autonomie communautaire. Des éléments ashkénazes, arrivés de Hongrie et de Pologne, viennent à leur tour rejoindre les Juifs déjà présents dans l'Empire, ceux de langue grecque (romanistes), les Karaïtes ainsi que les Juifs de langue et de culture arabes. Par la suite, des marranes, des Juifs convertis au christianisme que l'Inquisition hispanique soupçonne de continuer à pratiquer leur religion, échappent au bûcher en les rejoignent via l'Afrique du Nord. Tous sont particulièrement présents dans certains secteurs économiques (laine, orfèvrerie, joaillerie, tannerie, commerce international et finance), mais aussi dans la diplomatie et la médecine.
L’Empire turc atteint son apogée au XVIe siècle sous le règne de Soliman Ier le Magnifique, qui lance une expansion générale de ses territoires, du Maroc à la Perse et à l’Océan indien. Belgrade est pris en 1521, Rhodes en 1526, suivent Buda et la majeure partie de la Hongrie, la Bosnie, la Croatie, la Slavonie et la Dalmatie en 1527. En automne 1529, Soliman assiège vainement Vienne, résidence de l’empereur du Saint-Empire et roi d’Espagne, le jeune Charles Quint. Malgré une armée de 100'000 hommes (dont des janissaires et des chevaliers hongrois), des pluies ininterrompues et les maladies forcent les Ottomans à se retirer. Toutefois, Soliman trouve sa place dans le jeu diplomatique européen où il devient un allié de la France de François Ier en 1536 contre les Habsbourg. Des troupes françaises combattent avec les Turcs en Hongrie au siège d’Esztergom en 1543. Mais la défaite de l’Empire turc à la bataille navale de Lépante en 1571 porte un premier coup à la puissance ottomane, qui va décliner à partir du XVIIe siècle, après la débâcle militaire devant Vienne, lors du second siège de 1683.
En 1299, le sultan oghouz Osman Ier conquiert la ville byzantine de Mocadène, premier acquis territorial de l’Empire ottoman qui ne va pas cesser d’accroître son territoire. Les Balkans sont conquis dès la fin du XIVe siècle. L’an 1453 voit la prise de Constantinople par les armées du sultan Mehmet II dit « le conquérant », signifiant la fin de l’Empire byzantin millénaire. De nombreux chrétiens slaves, grecs ou arméniens, pauvres et démunis, se convertissent à l’islam pour ne pas payer le haraç, l’impôt sur les non-musulmans, et deviennent ottomans. Autre cas d’insertions que les janissaires (yeniçeri) qui forment un ordre militaire très puissant composé d’esclaves d’origine européenne, en particulier des Balkans ; convertis à l’islam, ils constituent l’élite de l’infanterie de l’armée ottomane (car les peuples turcs sont surtout cavaliers) à l’apogée de l’Empire et occupent les postes les plus influents dans l’administration et l’armée (entre 1453 et 1623 presque tous les vizirs sont issus de ce corps). Les cavaliers mamelouks, autre milice constituée dès le IXe siècle d’esclaves convertis d’origine chrétienne provenant du Caucase, d’Europe orientale et de Russie méridionale, se distinguent en particulier en Égypte, où ils combattent croisés et Mongols ; quarante-neuf d’entre eux deviennent sultans. Ils sont intégrés à l’armée régulière et dans les provinces ottomanes sous le règne du sultan Sélim Ier en 1517.
A la fin du XVe siècle, l'État ottoman devient. une terre d'asile pour les Juifs persécutés en Europe occidentale et centrale. En mars 1492, à la suite de l'expulsion des Juifs séfarades d'Espagne et du Portugal sur ordre d'Isabelle la Catholique, suivis de ceux établis dans plusieurs États italiens catholiques, le sultan Bajazet II leur ouvre les bras. Considérés "Gens du Livre" (comme les chrétiens), ils bénéficient dans tout l'Empire ottoman du statut de dhimmi, certes avec impôt spécifique, mais avec liberté de culte et autonomie communautaire. Des éléments ashkénazes, arrivés de Hongrie et de Pologne, viennent à leur tour rejoindre les Juifs déjà présents dans l'Empire, ceux de langue grecque (romanistes), les Karaïtes ainsi que les Juifs de langue et de culture arabes. Par la suite, des marranes, des Juifs convertis au christianisme que l'Inquisition hispanique soupçonne de continuer à pratiquer leur religion, échappent au bûcher en les rejoignent via l'Afrique du Nord. Tous sont particulièrement présents dans certains secteurs économiques (laine, orfèvrerie, joaillerie, tannerie, commerce international et finance), mais aussi dans la diplomatie et la médecine.
L’Empire turc atteint son apogée au XVIe siècle sous le règne de Soliman Ier le Magnifique, qui lance une expansion générale de ses territoires, du Maroc à la Perse et à l’Océan indien. Belgrade est pris en 1521, Rhodes en 1526, suivent Buda et la majeure partie de la Hongrie, la Bosnie, la Croatie, la Slavonie et la Dalmatie en 1527. En automne 1529, Soliman assiège vainement Vienne, résidence de l’empereur du Saint-Empire et roi d’Espagne, le jeune Charles Quint. Malgré une armée de 100'000 hommes (dont des janissaires et des chevaliers hongrois), des pluies ininterrompues et les maladies forcent les Ottomans à se retirer. Toutefois, Soliman trouve sa place dans le jeu diplomatique européen où il devient un allié de la France de François Ier en 1536 contre les Habsbourg. Des troupes françaises combattent avec les Turcs en Hongrie au siège d’Esztergom en 1543. Mais la défaite de l’Empire turc à la bataille navale de Lépante en 1571 porte un premier coup à la puissance ottomane, qui va décliner à partir du XVIIe siècle, après la débâcle militaire devant Vienne, lors du second siège de 1683.
