VI - EUROPE CENTRALE ET DE L’EST, BALKANS, TURQUIE et invasions mongoles
1. LE ROYAUME DE POLOGNE
En l’an 966, Mieszko Ier, duc de la tribu slave des Polanes (de la dynastie Piast), convertit le pays au christianisme. En 1025, son fils Boleslaw Ier le Vaillant est couronné le premier roi de Pologne à Cracovie (Kraków). La ville devient ainsi la capitale polonaise jusqu’en 1596, quand Varsovie prend la relève. En 1079, l’évêque de la cité, saint Stanislas (principal patron du royaume), y perd la vie, assassiné sur ordre de Boleslaw II auquel il s’opposait. Depuis lors, tous les rois polonais effectuent à la veille de leur couronnement un pèlerinage sur les lieux, acte pénitentiel. À partir du XIIe siècle, le royaume doit lutter contre l’Ordre des chevaliers Teutoniques qui a colonisé la Prusse et une partie de la Poméranie sur ordre du pape pour y éliminer le paganisme. L’invasion de la Horde d’Or mongole de 1248 à 1275 ruine un pays – Cracovie est incendiée - que seul Casimir III le Grand, dernier roi de la dynastie des Piast, monarque conquérant, éclairé et tolérant, parvient à unifier et consolider au cours du XIVe siècle (Cracovie possède alors une des plus anciennes universités du monde). La Pologne renaissante atteint son apogée aux XVe et XVIe siècles sous la dynastie des Jagellon. En 1386, Ladislas II Jagellon, grand-duc de Lituanie, accède au trône polonais en épousant Hedwige d’Anjou, reine de Pologne. D’abord polythéiste, le monarque se convertit avec ses sujets lituaniens au catholicisme romain. L’union de la Pologne et de la Lituanie, qui donne naissance à la république des Deux Nations, renforce la nation face aux chevaliers Teutoniques (écrasés à la bataille de Grunwald-Tannenberg en 1410), mais aussi face à la menace croissante du grand-duché de Moscou. La Pologne catholique est alors l’un des plus grands et plus puissants pays d’Europe. Seule l’expansion de l’Empire russe dès le XVIIe siècle y mettra fin.
