XII - LES ÉTATS-UNIS AU XIXe SIÈCLE

8b. LE CRÉPUSCULE DE LA NATION ROUGE - 1862/1892

8b.4. Les KIOWAS (Kaigwu)

SATANTA (=Set’tainte, « White Bear », ca. 1820-1878), baptisé « l’Orateur des plaines », il participe aux tractations de paix à Medicine Lodge Creek en octobre 1867, il est capturé par Custer et se suicide (?) en prison en 1878 à Huntsville, Texas.
LONE WOLF (=Gui-pa-go) visite Washington en 1872, déclenche la guerre de Red River War avec les Comanches en 1874/75, après le meurtre de ses deux fils. Prison en Floride, il décède à Fort Sills en 1879.
BIG TREE (=Ado-eete, ca. 1850-1929), cousin de Satanta, participe à l’attaque du Warren Wagontrain (Salt Creek Massacre), capturé en 1871 par Sherman, il meurt dans la réserve Kiowa d’Oklahoma.
SATANK ou SITTING BEAR (1801-1871), chef Koitsenko tué au Texas après avoir attaqué un convoi de blé avec d’autres Kiowas affamés.
Les Kiowas sur le pied de guerre dans « Flaming Star » de Don Siegel (1960)
1919The Last of His People (US) de Robert N. Bradbury ; Select Pictures Corp., 5195 ft./5 bob. – av. Mitchell Lewis (Lone Wolf), Harry Lonsdale (Anthony Briggs), Yvette Mitchell (Na-ta-le), Katherine Van Buren, J. J. Bryson, Edward Hearn, Josef Swickard.
1919® The Westerners (US) d’Edward Sloman. – av. Clark Comstock (Lone Wolf).
1921® Man of the Forest (US) de Howard C.Hickman. – av. Tote Du Crow (Lone Wolf).
1927® Men of Daring (US) d’Albert S. Rogell. – av. Bert Appling (Lone Wolf).
1927® The Red Raiders (US) d’Albert S. Rogell. – av. Chief Yowlachie (Lone Wolf).
1937® Hills of Old Wyoming (US) de Nate Watt. – av. Chief John Big Tree (Big Tree).
1937® North of the Rio Grande (US) de Nate Watt. – av. Morris Ankrum (Lone Wolf).
1943® In Old Oklahoma (La Ruée sanglante) (US) d’Albert S. Rogell. – av. Robert Warwick (Big Tree).
1950*Two Flags West (Les Rebelles de Fort Thorn) (US) de Robert Wise 
Casey Robinson/20th Century-Fox, 92 min. – av. Joseph Cotten (col. Clay Tucker), Linda Darnell (Elena Kenniston), Jeff Chandler (major Henry Kenniston), Cornel Wilde (cpt. Mark Bradford), José Baca (Satank).
A la faveur d’une amnistie accordée par Lincoln au printemps 1864, le colonel Tucker et soixante prisonniers confédérés sont liberérés sur parole et partant dans l’Ouest combattre les Indiens. Les soldats s’installent à Fort Thorn ou le major Kenniston, haïsseur pathologique de Sudistes et d’Indiens, exécute froidement un jeune captif, le fils du chef des Kiowas Satank, et déclenche le massacre de sa garnison. Il se sacrifie pour sauver les survivants en se livrant au Kiowas qui l’exécutent et lèvent le siège. Un regard sans racisme ni préjugés aucuns sur la révolte indienne, et le western préféré de Wise, animé d’un montage et de superbes scènes de combat.
1953War Arrow (A l’assaut du Fort Clark) (US) de George Sherman 
John W. Rogers/Universal-International, 78 min. – av. Jeff Chandler (major Howell Brady), Maureen O’Hara (Elaine Corwin), John McIntire (col. Jackson Meade), Jay Silverheels (Satanta), Suzan Ball (Avis), Henry Brandon (Maygro, chef des Séminoles).
Contre l’avis de ses supérieurs racistes, le major Brady s’allie aux Séminoles chassés de Floride et qui vivent dans la misère la plus totale (ayant été éparpillés par le gouvernement pour qu’ils ne représentent plus aucun danger). Brady sait qu’eux seuls sont capables de tenir en échec les Kiowas de Satanta, qui lancent des raids meurtriers contre les colons de l’Oklahoma. Un film qui montre de la compréhension pour la cause indienne, tourné en Technicolor à Agoura et Universal City (Calif.).
1954*They Rode West (BE: La Ruée sanglante) (US) de Phil Karlson 
Lewis J. Rachmil/Columbia Pictures, 84 min. – av. Robert Francis (Dr. Allen Seward), Donna Reed (Laurie MacKaye), May Wynn (Manyi-ten alias Theresa), Philip Carey (cpt. Peter Blake), Onslow Stevens (col. Ethan Waters), John War Eagle (Quanah Parker), Stuart Randall (Satanta, chef Kiowa), Eugene Iglesias (Red Leaf), Frank DeKova (Isatai, Medicine Man).
Allen Seward, un jeune médecin militaire, brave ses supérieurs, tous des officiers stupides, obtus et racistes, en essayant de combattre la malaria dans une réserve de Kiowas sous l'autorité de Satanta. Les Indiens souffrent du froid et de la faim, et leur unique source d'eau est contaminée. Sur les conseils de Seward, qui s'entend avec le Medicine Man Isatai, les Kiowas quittent la réserve pour une région plus salubre. Mais face à l'incompréhension des militaires, ils finissent par s’allier aux Comanches de Quanah Parker pour assièger le fort. Quoique traité de "vendu" par les soldats, Seward évite l'anéantissement de la garnison, elle-même atteinte de malaria, en guérissant Red Leaf, le fils de Satanta, et réconciliant tout le monde.
Un film pro-indien un peu manichéen et à la conclusion improbable, mais globalement sympathique et parfois original (Manyi-ten, une Blanche grandie chez les Kiowas, refuse de retourner parmi les siens). Filmé à Corriganville, Simi Valley, à Burro Flats et à Iverson Ranch, Chatsworth (Calif.), en utilisant pour les batailles des images du "Buffalo Bill" de William A. Wellman (1944). Film inédit en France (sauf dvd).
1955® Santa Fe Passage (Le Passage de Santa Fé) (US) de William Witney. – av. George Keymas (Satank), Irene Tedrow (Ptewaquin).
1959**The Unforgiven (Le Vent de la plaine) (US) de John Huston 
J. Hill, H. Hecht, B. Lancaster/James Productions-United Artists, 125 min. – av. Burt Lancaster (Ben Zachary), Audrey Hepburn (Rachel Zachary), Audie Murphy (Cash Zachary), John Saxon (Johnny Portugal), Charles Bickford (Zeb Rawlins), Lillian Gish (Mattilda Zachary).
Des Kiowas tentent vainement de récupérer l’une des leurs, Rachel, adoptée après un raid militaire contre les Indiens par une famille de colons blancs, les Zachary. Raciste, Cash réagit violemment en apprenant que sa sœur serait une Kiowa, mais revient à temps pour sauver la famille assiégée. Rachel choisit son camp en abattant son frère indien. [fiction] Prenant le thème raciste de « The Searchers » de John Ford à rebours, Huston démontre dans ce superbe western que la couleur de la peau compte moins que les affinités personnelles. Tourné en CinemaScope et Technicolor à Durango, Mexique.
Elvis Presley chez ses demi-frères, les Kiowas, dans « Flaming Star » de Don Siegel (1960)
1960**Flaming Star (Les Rôdeurs de la plaine) (US) de Don Siegel 
David Weisbart/20th Century-Fox, 101 min. – av. Elvis Presley (Pacer Burton), Steve Forrest (Clint Burton, son demi-frère), Barbara Eden (Roslyn Pierce), Dolores Del Rio (Neddy Burton), Rodolfo Acosta (Buffalo Horn), Richard Jaeckel (Angus Pierce), John McIntire (Sam Burton), Perry Lopez (Two Moons).
Texas 1878, né d’un père blanc et d’une mère Kiowa, Pacer Burton, un jeune métis, ne sait quel camp choisir quand éclate la guerre, partagé entre la cruauté et le racisme des uns et la sauvagerie des autres. Il paie son indécision de sa vie. Un des premiers films à aborder sérieusement le problème des sang-mêlés, violent et pessimiste dans sa dénonciation des préjugés et sa conclusion tragique, sans compromis. De loin le meilleur film avec Elvis Presley, tourmenté, écartelé affectivement, et fort bien dirigé par Siegel. Presley chante un minimum: pendant le générique et la scène d'ouverture. Filmé en CinemaScope-De Luxe à Century City et à Thousand Oaks (Calif.), et dans l’Utah (Delle, Lonerock, Skull Valley, Tooele County). Le film était initialement prévu non pour Presley, mais pour Marlon Brando et Frank Sinatra dans les rôles des deux demi-frères ; Nunnally Johnson (auteur du scénario avec Clair Huffaker) devait le réaliser, puis Michael Curtiz. Barbara Steele, en désaccord avec Siegel, fut remplacée durant le tournage par Barbara Eden. Un demi-échec au box-office: les fans d'Elvis sont déçus de ne pas, ou à peine, entendre chanter leur idole, tandis que les cinéphiles boudent les salles en voyant son nom au générique.
1972® (tv) The Bravos (US) de Ted Post (ABC 9.1.72), 120 min. – av. Joaquin Martinez (Satanta).
1978Eagle’s Wing (GB) d’Anthony Harvey 
Rank Film, 111 min. – av. Martin Sheen, Sam Waterston, Harvey Keitel, Stéphane Audran, Jorge Luke. – Quête obsessionnelle d’un jeune trappeur et d’un Kiowa pour s’emparer de l’étalon blanc d’un chef Comanche décédé. Allégorie du Blanc cherchant à acquérir la psyché et la liberté de l’homme rouge, d’après un scénario de John Briley (« Gandhi »).