VI - L’ITALIE

Fabrice Del Dongo à la cour de Parme en 1821 (« La Chartreuse de Parme » de Christian-Jaque, 1947)

1. L’ITALIE SOUS LE JOUG AUTRICHIEN DE LA « SAINTE-ALLIANCE »

En 1815, à la suite du Congrès de Vienne, Metternich transforme l’Italie en protectorat de l’Empire austro-hongrois. L’empereur Ferdinand Ier devient roi de Lombardie-Vénétie (Milan et Venise) sous le nom de FERDINAND V. L’Autriche occupe par ailleurs le duché de Parme (donné à l’ex-impératrice Marie-Louise), le grand-duché de Toscane, le duché de Modène, Ferrare et la Romagne. Le royaume des Deux-Siciles est restitué aux Bourbons (Ferdinand II). L’autre puissance sur la péninsule est le royaume de Piémont-Sardaigne (maison de Savoie). Le mouvement d’indépendance nationale s’exprime dès 1815 dans l’action des Carbonari (cf. 1.1) et dès 1831 dans la « Giovane Italia », mouvement créé par Giuseppe Mazzini en exil à Marseille.
1914La morte bella (Napoli 1820) / Nel mare della vita / Peppeniello (IT) d’Alberto degli Abbati ; Gloria, Torino, 884 m. – av. Franco Cappelli, Dante Cappelli, Desy Ferrero, Carlo Gervasio. – Trois officiers sont condamnés à mort pour avoir collaboré avec des patriotes napolitains.
1914L’Italia s’è desta / I fratelli Bandiera (IT) Cines, Roma, 1100 m. – av. Amleto Novelli (le patriote napolitain Attilio Bandiera), Aurelia Cattaneo, Ruggero Barni. – Naples et Corfou en 1843, des Napolitains luttent secrètement contre les Bourbons, le martyre des fils Bandiera.
1915Silvio Pellico / Il martire dello Spielberg / Le mie prigioni (IT) de Livio Pavanelli ; Alba Film Roma, 1500 m. – av. Raffaello Mariani (Silvio Pellico), Gioacchino Grassi (Pietro Maroncelli), Evelina Paoli, Elisa Grassi-Nicola, Ugo Bazzini. – Durant l’occupation autrichienne de la Lombardie-Vénétie (1825), les patriotes de la « Giovane Italia » Silvio Pellico et Pietro Maroncelli sont arrêtés et transférés de Venise à la forteresse de Spielberg, en Moravie.
1927The Lady in Ermine (US) de James Flood ; Corinne Griffith Prod.-First National, 7 bob./6400 ft./70 min. – av. Corinne Griffith (Mariana Beltrami), Einar Hansen (Adrian Murillo), Ward Crane (l’archiduc Stéphane), Francis X. Bushman (gén. Dostal), Jane Keckley (servante). – En 1820, l’armée autrichienne occupe l’Italie du Nord, un général prend logis dans le château d’une comtesse dont l’époux, qui se cache dans ses appartements, combat l’Autrichien. Le militaire s’éprend de la comtesse, mais le couple s’en débarrasse après une série risquée de quiproquo. D’après l’opérette « Die Frau im Hermelin » de Rudolph Schanzer et Ernst Welisch (1919).
1930Bride of the Regiment (US) de John Francis Dillon ; First National Pictures, 12 bob. – av. Vivienne Segal (comtesse Anna-Marie Beltrami), Allan Prior (comte Adrian Beltrami), Walter Pidgeon (col. Vultow), Louise Fazenda (Teresa), Myrna Loy (Sophie). – Remake parlant de « The Lady in Ermine » (1927).
1948*That Lady in Ermine (La Dame au manteau d’hermine) (US) d’Ernst Lubitsch [et Otto Preminger] ; 20th Century-Fox, 89 min. – av. Betty Grable (Francesca / Angelina), Douglas Fairbanks Jr. (col. Ladislas Karolyi Teglas / le duc), Cesar Romero (comte Mario), Walter Abel (major Horvath / Benvenuto), Harry Davenport, Virginia Campbell. – Deuxième remake, musical, dansé et technicolorisé, du film de 1927 (l’action est déplacée à Bergame en 1861). Preminger, non crédité, remplace son aîné Lubitsch, décédé dix jours avant la fin du tournage. Agréable mais suranné. Un demi-échec au box office.
1968(tv) Le mie prigioni (IT) de Sandro Bolchi (RAI 7.1.68), 4 épis. – av. Raoul Grassilli (Silvio Pellico), Wanda Capodaglio, Paolo Carlini, Arnoldo Foà (Salvotti), Roldano Lupi. – L’emprisonnement de Silvio Pellico à Spielberg, cf supra
1974(tv) Il consigliere imperiale (IT) de Sandro Bolchi (RAI 2-9-16.6.74). – av. Sergio Fantoni (Antonio Salvotti), Alida Valli (Catina Zaiotti), Luigi La Monica, Enzo Tarascio, Cesare Gelli (Ferdinand V), Giuseppe Pambieri (François-Joseph), Adriano Micantoni (gén. Gherardy). – Salvotti, magistrat intègre de Trente au service du gouvernement austro-hongrois à Milan voit son fils rejoindre les patriotes et est impliqué dans le procès contre Silvio Pellico et Federico Confalonieri.
1983I briganti (IT) de Giacinto Bonacquisti ; C. P. C., 85 min. – av. Roberto Mura, Karin Well, Pier Luigi Conti, Raffaele Di Maio, Antonio Cipriano. – Les brigands de la Calabre 1815-1825.
1987*Domani accadrà (Domani, domani) (IT) de Daniele Luchetti ; Sacher Films-RAI, 92 min. – av. Paolo Hendel (Lupo), Giovanni Guidelli (Edo), Ciccio Ingrassia, Angela Finocchiaro. – 1848 en Toscane, les aventures picaresques de deux gardiens de chevaux de la Maremme qui deviennent des bandits et croisent utopistes, anarchistes et Carbonari. Un conte philosophique ironique qui ne manque pas de piment.
1988Cavalli si nasce (IT) de Sergio Staino ; Yarno-Reteitalia, 103 min. – av. Paolo Hendel, David Riondino, Delia Boccardo, Vincent Gardenia. – Naples 1832, un admirateur de Goethe dans la région de Cilento.
2002Gli Astronomi (IT) de Diego Ronsisvalle ; D2R-Tele+, 95 min. – av. Paolo Bonacelli (Peters), Marisa Fabbri (l’évêque Stuppendo), Nicola Di Pinto, Laura Betti. – Sicile en 1843, deux savants protestants, le Danois Peters et l’Allemand Wittelsberg, se heurtent à l’obscurantisme local.

1.1. LES CARBONARI

Société secrète républicaine alliée à la Franc-Maçonnerie et aux libéraux français, luttant contre la politique de la Sainte-Alliance dans les États pontificaux et en Romagne. Insurrection manquée à Naples contre Ferdinand II le 2 juillet 1820, soulèvement en 1821 au Piémont, etc. Les Carbonari les plus actifs sont absorbés après 1831 par la « Jeune-Italie » de Mazzini.
1908I Carbonari / I Carbonari d’Italia (IT) Itala Film, Torino, 228 m. – Action située en 1820.
1910Les Carbonari (FR) de Louis Feuillade ; Gaumont, 310 m. – av. Alice Tissot.
1910Pauli (IT) d’Arrigo Frusta ; Ambrosio, Torino, 190 m. – av. Alberto A. Capozzi (Pasquale Pauli), Mary Cléo Tarlarini (duchesse de Cesena), Luigi Maggi (duc de Cesena), Erocle Vaser, Serafino Vité. – 1840, un Carbonaro corse conspire contre l’occupant autrichien.
1910Il pianoforte silenzioso (Le Piano silencieux) (IT) de Luigi Maggi ; Ambrosio, 215 m. – av. Lydia De Roberti, Alberto A. Capozzi, Luigi Maggi, Oreste Grandi, Mario Voller Buzzi, Serafino Vité. – Intrigue amoureuse sur fond de conspiration de Carbonari en 1843.
1911Vera – I Carbonari napoletani del 1832 (Vera ou les « Carbonari » Napolitains) (IT) Cines Film, 335 m.
1912I Carbonari / Les Carbonari (IT/FR) Il Film d’Arte Italiana-Série d’Art Pathé, 700 m./34 min. – av. Vittoria Lepanto, Francesca Bertini, Giovanni Pezzinga. – La conspiration contre le pape Grégoire XVI aboutit à l’exécution de plusieurs Carbonari, le 20 septembre 1832.
1912Più che la morte (Plus que la mort) (IT) Cines, 284 m. – La trahison d’un Carbonaro que ses compagnons châtient en le forçant à assister à l’assassinat de ses proches.
1939Il cavaliere di San Marco (Angélica) (IT) de Gennaro Righelli ; Juventus Film, 75 min. – av. Mario Ferrari (Daniele Orsenigo), Dria Paola (Stefania), Laura Nucci (Teresa), Romolo Costa (Tito Orsenigo), Sandro Ruffini (Orsenigo père), Renato Cialente (commissaire von Krauss). – Un jeune Vénitien carbonaro joue au justicier masqué.
1955Ovod (Le Taon) (SU) d’Aleksandr Fainzimmer, 100 min. – av. O. Strichenov, M. Strichenova, N. Simonov. – Vers 1820, le fils d’un évèque se détourne de l’Eglise et rallie l’insurrection des Carbonari contre l’Autriche.
1969*Nell’anno del Signore / Les Conspirateurs (IT/FR) de Luigi Magni ; San Marco-Films Corona-Franco Films, 124 min. / 98 min. – av. Robert Hossein (Dr. Leonida Montanari), Renaud Verley (Angelo Targhini), Ugo Tognazzi (le cardinal Agostino Rivarola), Nino Manfredi (Cornacchia), Enrico Maria Salerno (cpt. Nardoni), Claudia Cardinale (Giuditta Di Castro), Britt Ekland (princesse Spada), Alberto Sordi (le moine). – Rome pontificale en 1825, deux Carbonari sont condamnés à mort pour avoir tenté d’abattre un traître, et la population en colère essaie en vain de les faire libérer. Un prince de l’Église gourmand et cruel au cœur d’un film tantôt facétieux, tantôt tragique. Tourné à Cinecittà et à Rome (Castel Santangelo).
1974**Allonsanfán (IT) de Paolo et Vittorio Taviani ; Una Cooperativa Cinematografica, 115 min. – av. Marcello Mastroianni (Fulvio Imbriani), Lea Massari (Charlotte), Mimsy Farmer (Francesca), Laura Betti (Esther), Claudio Cassinelli (Lionello=, Bruno Cirino (Tito), Stanko Molnar (Allonsanfan). – En 1816, à l’heure de la Restauration italienne, Fulvio, un prisonnier politique, est libéré et se retire dans son aristocratique famille, mais ses camarades de la société secrète des « Fratelli Sublimi » veulent soulever les paysans, porter la révolution et ses utopies vers le Sud et l’entraînent dans la mort. Une chronique amère, le constat d’échec de l’engagement romantique à gauche, servie par une imagerie lyrique trompeuse et une musique d’Ennio Morricone qui se réfère aux opéras de Verdi. Tourné à Cinecittà et à Matera (Basilicate).
1980(tv) Ovod (Le Taon) (SU) de Nicolaï Machtchenko ; Dovzhenko FilmStudios-Gosteleradio, 210 min. – av. Andrej Kharitonov, Sergej Bondartchouk (cardinal Montanelli), Anastasia Vertinskaïa, Ada Rogovtseva, Konstantin Stepankov, Stefan Dobrev. – Remake de 1955.
1995® Le Hussard sur le toit (FR) de Jean-Paul Rappeneau. – av. Olivier Martinez, Juliette Binoche. – En 1832, traqué par des Autrichiens, un jeune hussard piémontais, carbonaro en exil, traverse la Provence dévastée par le choléra. Cf. France, Louis-Philippe (3).
2000La Carbonara (IT) de Luigi Magni ; Letizia Cinematografica-RAI Cinema, 117 min. – av. Lucrezia Lante Della Rovere (Cecilia), Valerio Mastandrea (Fabrizio), Claudio Amendola (Lupone), Nino Manfredi (cardinal Agostino Rivarola), Fabrizio Gifuni, Alberto Alemanno, Fernando Cerulli (prince de Collepardo). – Rome, État pontifical en 1825, une femme aide secrètement les Carbonari à la barbe de la police du Vatican dirigée par le cardinal Agostino Rivarola.