Ib - LA FRANCE APRÈS 1815

Après le feu d’artifice - et les ravages - de l’épopée napoléonienne, le XIXe siècle français au cinéma perd ses couleurs. Les souverains et présidents qui se succèdent à partir de Louis XVIII manquent de charisme ou de profil aiguichant (même Napoléon III n’a pas droit à une seule biographie filmée). C’est le règne du fait divers, des affaires graveleuses, des scandales étouffés, des cocottes et des conspirateurs de romans-feuilleton. Les rêves de grandeur d’antan trouvent refuge dans le romantisme historisant d’un Hugo, d’un Dumas. La Restauration monarchique des Bourbons indiffère : elle est passagère, imposée par des vieillards et comporte son lot d’injustices. Les bouleversements sociétaux (prise de pouvoir de la bourgeoisie capitaliste, industrialisation, naissance et revendications du prolétariat, crispation de l’Église face aux laïcs) sont surtout perceptibles dans la littérature et donc, parfois, dans ses adaptations à l’écran, mais plus de manière extériorisée, plus en spectacle cinématographiquement « porteur ». Quant aux événements historiques saillants de ce siècle balloté entre passéisme, révolution sociale, affairisme effréné et idolâtrie du progrès, ils continuent à déranger tantôt l’une, tantôt l’autre faction des Français, et donc des spectateurs potentiels. Les émeutes de 1832 n’apparaissent à l’écran que grâce aux « Misérables », les projets célébrant l’insurrection de 1848 ont tous été étouffés dans l’œuf (notamment celui de Jean Grémillon).
En 1792, la Révolution guillotinait des aristocrates poudrés, reliquats d’une époque révolue ; mais au siècle suivant, le pouvoir est en mains de la classe même qui financera plus tard le cinéma. Délicat. En fin de compte, seul le petit écran s’aventure, trop rarement, à aborder quelques sujets politiques brûlants. Si tout le monde tombe d’accord pour passer sous silence les défaites – la guerre de 1870/71 est à peine effleurée, sinon à travers les versions de « Boule de suif » de Maupassant, et la tragédie mexicaine est confinée de l’autre côté de l’Atlantique -, l’insurrection de la Commune gêne. Seule une poignée de films à petit budget, distribués confidentiellement, s’y frotte ; la martyrologie des insurgés parisiens est laissée aux cinéastes soviétiques. Il faut attendre jusqu’en 1978 pour que l’audiovisuel français aborde pour la première fois, et sérieusement, l’affaire Dreyfus, révélactrice de l’antisémitisme qui ronge la nation ; mais c’est, une fois de plus, à la télévision, et indirectement, à travers un hommage à Zola. Reste la conquête militaire et la colonisation de l’Afrique du Nord dès 1830… Hélas, son déroulement est à la fois confus et embarrassant ; enfin, la saga fantasmatique des « beaux légionnaires » qui a tant fait rêver au sable chaud, est quasi exclusivement l’affaire du XXe siècle (d’Antinéa à Lyautey et Abd El-Krim). La fin du siècle est carrément escamotée : la soi-disant Belle Époque qui suit a d’autres d’attraits ! À défaut d’exploits exaltants sur le devant de la scène internationale, le cinéma historique de l’Hexagone se console donc avec ses « grands hommes » de la culture, des arts et de la science. Sans naïveté ni lyrisme.
Wellington (George Arliss) plaide la cause de Ney devant Louis XVIII (Allan Aynesworth) (« The Iron Duke », 1935).

1. LA RESTAURATION : LOUIS XVIII (1814/15 à 1824)

Né en 1755, comte de Provence, frère de Louis XVI et du comte d’Artois (le futur Charles X). Réfugié en à Coblence en 1791, puis en Italie, en Russie et en Angleterre. Réfugié à Gand pendant les « Cent-Jours » en 1815. Reine : Louise de Savoie (1753-1810). La Restauration et « Terreur blanche » (chasse aux Jacobins et aux Bonapartistes) s'instaurent avec sa montée sur le trône. Discrètement soutenu par l'Angleterre et la Russie, il se vante, dès son retour, d'avoir "réconcilié la France avec l'Europe". A Paris, la présence d'une importante population étrangère (en plus de l'occupation par les Alliés après Waterloo) aide à ramener la prospérité. Parvenant à maintenir un équilibre entre ultras et libéraux tout en pratiquant une politique de réconciliation, le roi hypochondre et gouteux se résigne au régime constitutionnel de la Charte, mais se heurte à un entourage réactionnaire qui devient encombrant après l’assassinat, en février 1920, de son neveu Charles-Ferdinand, duc de Berry, fils du futur Charles X et héritier présomptif du trône. Louis XVIII est le dernier monarque français à être mort régnant; l'attitude des Parisiens à sa mort sera bien plus recueillie et respectueuse que lors de celle de Louis XIV ou de Louis XV.
1920*Mademoiselle de la Seiglière (FR) d’André Antoine ; SCAGL-Pathé, 1775 m. – av. Huguette Duflos (Hélène de la Seiglière), Romuald Joubé (Bernard Stamply), Félix Huguenet (marquis de la Seiglière), Catherine Fonteney (baronne de Vaubert), Charles Granval (Stamply père). – Le marquis de la Seiglière, seigneur berrichon, s’est exilé en 1791, et son fermier Stamply a racheté les terres et le château, vendus comme biens nationaux. Revenue de l’émigration avec son vieux père, Hélène de la Seiglière brave ce dernier en épousant Bernard, le fils du fermier, un héros d’Essling, de Wagram et de la Moskowa qui a survécu à la campagne de Russie. D’après le roman, puis la comédie de Jules Sandeau (1848), mais affublé d’un dénouement heureux (dans le texte, Stamply meurt, accident ou suicide ?). Le rôle-titre avait été tenu par Sarah Bernhardt sur scène en 1872. Tourné au château de Rochefort-en-Yvelines.
1920/21® L’Agonie des Aigles – 1. Le Roi de Rome – 2. Les Demi-soldes (FR) de Dominique Bernard-Deschamps. – av. Séverin-Mars (Napoléon / colonel de Montander), Gaby Morlay, Denise Séverin-Mars (Marie-Louise), Maxime Desjardins (gén. Jean-Martin Petit), Jean Rauzéna (Napoléon II, roi de Rome), Legall (Fouché), Moreno (Metternich). – La visite des Demi-soldes du colonel Montander à Schönbrunn, auprès du roi de Rome (à qui ils vont demander une mèche de cheveux pour l’empereur), puis leur voyage à Sainte-Hélène où ils arrivent au moment du décès de Napoléon. Ayant organisé un complot pour restaurer l’Empire avec le roi de Rome, ils sont fusillés (cf. Napoléon).
1923L’Insigne mystérieux (FR) d’Henri Desfontaines ; Gaumont, 1850 m. – av. Adolphe Candé (gén. Herbaut), France Dhélia, Fernand Herrmann, Luc Dartagnan. – 1815-1821 : récit d’une conspiration bonapartiste pour faire revenir l’Empereur.
1929® Napoleon auf Sankt Helena / Napoléon à Sainte-Hélène (DE/FR) de Lupu Pick. – av. Albert Florath (Louis XVIII).
1933® L’Agonie des Aigles (FR) de Roger Richebé (+ prod.), 125 min. – av. Pierre Renoir (colonel de Montander), Annie Ducaux, Constant Rémy, Jean Debucourt. – L’action se déroule en 1822, sans retours en arrière sur la période napoléonienne (idem pour la version suivante, en 1951). Cf. Napoléon.
1934® The Count of Monte Cristo (Le Comte de Monte-Cristo) (US) de Rowland V. Lee. – av. Ferdinand Munier (Louis XVIII), cf. (1.2).
1935® The Iron Duke (GB) de Victor Saville. – av. Allan Aynesworth (Louis XVIII), cf. Napoléon.
1935® Campo di Maggio (IT) de Giovacchino Forzano. – av. Ernesto Marini (Louis XVIII), cf. Napoléon.
1935® Hundert Tage (DE) de Franz Wenzler. – av. Ernest Legal (Louis XVIII), cf. Napoléon.
1937*Le Mot de Cambronne (FR) de Sacha Guitry ; Cinéas, 32 min. – av. Sacha Guitry (gén. Pierre Cambronne, 1770-1842), Marguerite Moreno (Marie Cambronne), Jacqueline Delubac (Nanon), Pauline Carton (la préfète). – Madame Cambronne, une Anglaise, ignore quel est le fameux mot prononcé par son époux lors de la bataille de Waterloo... et personne ne veut le lui dire. C’est la servante qui le prononcera en laissant tomber un vase ! Comédie en un acte de Guitry créée en 1937 et filmée au studio de Billancourt en une journée.
1938® Remontons les Champs-Elysées (FR) de Sacha Guitry. – av. Philippe Richard (Louis XVIII).
1940® Die Rothschilds (DE) d’Erich Waschneck. – av. Hans Leibelt (Louis XVIII), cf. Napoléon: Angleterre.
1941® La Duchesse de Langeais (FR) de Jacques de Baroncelli. – av. Gaston Mauger (Louis XVIII).
1942® Le Destin fabuleux de Désirée Clary (FR) de Sacha Guitry. – av. Gaston Mauger (Louis XVIII), cf. Napoléon.
1942*Pontcarral, colonel d’Empire (FR) de Jean Delannoy ; Borderie-Pathé, 122 min. – av. Pierre Blanchar (le baron Pierre Pontcarral), Annie Ducaux (Garlone de Ransac), Suzy Carrier (Sybille de Ransac), Charles Granval (marquis de Ransac), Jean Marchat (Hubert de Rozan), Guillaume de Sax (général Fournier-Salovèze), Simone Valère (Blanche de Mareilhac), Léon Daubrel (Louis-Philippe), Marc Dantzer (Franz Liszt), Alberte Bayol (George Sand), Jean Chaduc (Frédéric Chopin), Georges Lequesne (Alfred de Musset), Robert Christidès (Alexandre Dumas). – De 1815 à 1830 : hostile aux Bourbons, le baron de Pontcarral (1783-1835), un colonel d’Empire irascible et pugnace (fictif), se réconcilie avec son entourage à l’avènement de Louis-Philippe et meurt au combat en Algérie à la tête de son régiment. Succès public considérable, le film, sorti en décembre 1942, est présenté comme porteur de symbole de libération en pleine Occupation (une main fait sauter la plaque de la rue Louis XVI, et fait ainsi apparaître la plaque originelle, la rue Napoléon). Certaines répliques sont applaudies à chaque séance, notamment celle où le colonel rebelle s’adresse à son juge d’instruction en ces termes : « Sous un tel régime, monsieur, c’est un honneur d’être condamné ! » (dialogues de Bernard Zimmer, d’après le roman d’Albéric Cahuet paru en 1937). Menacé par les ultras de Charles X, Pontcarral s’exclame : « La condamnation à mort ? C’est la seule chose aujourd’hui qui ne s’achète pas ! » Plus tard, Louis-Philippe l’apostrophe : « Colonel Pontcarral, il est temps de sortir la France de ses humiliations, de rendre à son drapeau un peu de gloire ! », phrase qui sera coupée par la censure allemande et réintroduite à la Libération. Tournage à Angoulême et sa région (vallées des Eaux Claires, château de la Tranchade, Rochers de Chamoulard, domaine de Fondaumier, Mouthiers), à Sarlat (Dordogne) et aux studios Pathé Joinville.
1942/43L'Auberge de l'abîme (FR) de Willy Rozier; Sport-Films, 99 min. - av. Roger Duchesne (ltn. Jacques Aimard), Janine Darcey (Martine Thierry), Aimé Clariond (Dr. Thierry), Daniel Mendaille (Pailhan), Roger Legris (Milette, le berger), Jacqueline Hervé (Maria Pailhan), Georges Vasty (Félix Pailhan), Anita Lebel (Ginou), Georges Patrix (Albin Pailhan). - Dans les Cévennes en été 1815, un ancien officier d'Empire, Aimard, est pris pour un brigand et traqué par les paysans qui haïssent les militaires napoléoniens. Blessé, il se terre dans une caverne, où le docteur Thierry, médecin du village, et sa fille Martine le soignent en cachette. Thierry succombe à un malaise, mais parvient à innocenter Aimard avant de mourir. D'après le roman d'André Chamson (1933). Remake télévisuel en 1974 (cf. infra).
1943La Rabouilleuse (FR) de Fernand Rivers ; Films F. Rivers, 100 min. – av. Fernand Gravey (Philippe Brideau), Pierre Larquey (père Rouget), Suzy Prim (Flore Brasier). – En 1824, Philippe Brideau, colonel d’Empire en demi-solde, se fait arrêter pour conspiration ; son beau-frère Rouget avance l’argent de la caution. Ce dernier est sous l’emprise de sa servante–maîtresse Flore, dite la Rabouilleuse, dont l’amant secret est aussi un ancien officier de l’Empereur. Le drame éclate lors d’un banquet bonapartiste pour l’anniversaire d’Austerlitz (d’après le roman d’Honoré de Balzac).
1948® Le Diable boiteux (FR) de Sacha Guitry. – av. Sacha Guitry (Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord), Lana Marconi (Mme Talleyrand), Georges Spanelly (comte de Montrond), Henri Laverne (Louis XVIII), Maurice Teynac (Charles X), Philippe Richard (Louis-Philippe), Georges Grey (Coulaincourt), Jeanne Fusier-Gir (Marie-Thérèse Champignon), Jacques Varenne (La Fayette), Maurice Escande (Metternich), Jean Debucourt (baron Humboldt). – La carrière de Talleyrand sous Napoléon, Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe, cf. Napoléon.
1948*La Ferme des sept péchés (FR) de Jean Devaivre ; Neptune, 100 min. – av. Jacques Dumesnil (Paul-Louis Courier de Méré), Claude Génia (Herminie), Hélène Manson (Michèle Frémont, dite La Michel), Pierre Renoir (procureur), Georges Grey (Pierre Dubois), Pierre Palau (juge d’instruction), Aimé Clariond (marquis de Siblas). – En 1825, la difficile enquête sur l’assassinat du pamphlétaire républicain Paul-Louis Courier de Méré (1772-1825), un adversaire de la Restauration. Extérieurs sur les lieux du drame, en Touraine. Grand Prix du festival de Locarno.
1949The Fighting Kentuckian (Le Bagarreur du Kentucky) (US) de George Waggner ; Republic Pictures, 100 min. – av. John Wayne (John Breen), Vera Ralston (Fleurette de Marchand), Philip Dorn [=Frits van Dongen] (colonel Georges Géraud), Oliver Hardy (Willie Paine), Hugo Haas (général Paul de Marchand), Odette Myrtil (Mme de Marchand). – En 1815, après Waterloo, des officiers de Napoléon s’exilent en Alabama avec leurs familles et y fondent la ville de Demopolis, où ils doivent, en 1819, lutter contre les mercenaires d’un puissant propriétaire terrien.
1951Nez de Cuir, gentilhomme d’amour / Naso di cuoio (Gentiluomo d’amore) (FR/IT) d’Yves Allégret ; Alcina-Cines, 92 min. – av. Jean Marais (le comte Roger de Tainchebraye, dit « Nez de Cuir »), Françoise Christophe (Judith de Rieusses), Jean Debucourt (marquis de Brives), Massimo Girotti, Mariella Lotti. – Drame sentimental d’un gentilhomme normand défiguré pendant la campagne de France en 1814 qui continue à séduire la gent féminine sous son masque, mais refuse l’amour empreint de pitié que lui porte Judith de Rieusses (d’après le roman de Jean de la Varende, 1937). Tournage aux studios de Joinville (beaux décors de Georges Wakhévitch) et dans la région parisienne. En 1983, à la veille de sa mort, François Truffaut envisagera de réaliser une nouvelle version avec Gérard Depardieu.
1951® L’Agonie des Aigles / Les Demi-soldes (FR) de Jean Alden-Delos. – av. Roger Pigaut (colonel de Montander), Noël Roquevert, Charles Moulin, Raymond Rognoni. – Remake de 1921, cf. Napoléon.
1953Captain Scarlett (Capitaine Scarlett) (US) de Thomas H. Carr ; Craftsman Prod. (Howard Dimsdale)-United Artists, 75 min. – av. Richard Greene (capt. Charles Scarlett), Leonora Amar (princesse Marie), Nedrick Young (Pierre du Cloux), Manolo Fábregas (duc de Corlaine), Carlos Músquiz (Etienne Dumas), Eduardo Noriega (comte de Villiers), Isabel del Puerto (Josephine Prenez). – Après Waterloo, un Robin des Bois bonapartiste tient tête aux tenants de la Restauration revenus d’Angleterre pour se venger. Série B ultrafauchée filmée en Technicolor au Mexique (16 mm gonflé en 35 mm) et sortie en première mondiale à Mexico City sous le titre de El capitán Escarlata.
1953® Le Comte de Monte-Cristo (FR/IT) de Robert Vernay. – av. Temerson (Louis XVIII), cf. (1.2).
1954® Napoléon (FR) de Sacha Guitry. – av. Lucien Baroux (Louis XVIII).
1957® (tv) Le Sacrifice de Madame Lavalette (FR) de Stellio Lorenzi. – av. René Bourbon (Louis XVIII).
1957(tv) L’Énigme du « Marie Stella » (FR) de Stellio Lorenzi ; série « Enigmes de l’Histoire » (1e Ch. ORTF 16.4.57). – av. Loleh Bellon, René Bourbon, Roger Carel, Alain Nobis. – En 1820, la vie d’une Italienne à Paris, fille présumée du duc d’Orléans.
1956-58® Si le roi savait ça... / All servizio dell'imperatore (FR/IT) de Caro Canaille. - av. Mario Passante (Louis XVIII). - cf. Napoléon: Russie.
1958® Tamango (FR/IT) de John Berry. – av. Dorothy Dandridge (Aïché), Curd Jürgens (capt. Reinker), Alex Cressan (Tamango). – Au cinéma, le négrier français de 1820 imaginé par Mérimée devient portugais, censure oblige (cf. Espagne 7.1).
1966(tv) La Clef-des-Cœurs (FR) d’Yves-André Hubert (1e Ch. ORTF 19.2.66). – av. Bernard Fresson, André Valmy, Henri Nassiet, François Chaumette. – En 1815, la lutte de deux sociétés de Compagnons rivales.
1966® (tv) Il conte di Montecristo (IT) d’Edmo Fenoglio. – av. Mario Scaccia (Louis XVIII), cf. (1.2).
1968(tv) Gorri le diable (FR) de Pierre Neurisse, Jean Goumain (1e Ch. ORTF 3.8.-26.10.68), 13 x 30 min. – av. Robert Etcheverry, Danièle Evenou, Elisabeth Wiener, Arlette Mery, Pierre Collet. – Bayonne en 1816, des contrebandiers sur la frontière franco-espagnole.
1970® Waterloo (IT/US/SU) de Sergej Bondartchouk. – av. Orson Welles (Louis XVIII), Aldo Cecconi (le comte d'Artois, futur Charles X), cf. Napoléon.
1971-73® (tv) Les Nouvelles Aventures de Vidocq (FR/DE) de Marcel Bluwal. - av. Jacques Monod (Louis XVIII), cf. Napoléon.
1972® (tv) Talleyrand ou le Sphinx incompris (FR) de Jean-Paul Roux. – av. Aram Stéphane (Louis XVIII), cf. Napoléon.
1972(tv) La Famille Boussardel / Les Boussardel (FR) de René Lucot (2e Ch. 5.10.72), 5 x 90 min. – av. François Dalou, Arlette Gilbert, Maïa Simon, Catherin Ferran, Daniel Sarky, André Dussolier. – Chronique familiale franchouillarde : 1. « La Bruyère du cap (1815-1848) » – 2. « Les Noces de bronze (1854-1914) » [3e partie : 1914-1958].
1972® (tv) Le Comte de Lavalette (FR) de Jean-Pierre Decourt. - av. Jean-Paul Moulinot (Louis XVIII), Jeanne Colletin (la duchesse d'Angoulême). - cf. Napoléon.
1973(tv) Les Braises de décembre (FR) de Lazare Iglésis (FR3 20.11.73). – av. Juliette Mills, Nathalie Juvet, Paulette Frantz, François Perrot. – Quercy en 1815, une aristocrate revit sa liaison fugace avec un bonapartiste.
1974(tv) Ardèchois-Coeur-Fidèle / Der Weg nach Tournon (FR/AT/BE/DE) de Jean-Pierre Gallo (2e Ch. RTF 22.11.74), 6 x 52 min. – av. Sylvain Joubert, Claude Brasset, Max Doria, Hélène Dieudonné, Gilette Barbier, Jean Champion. – Drame de vengeance dans le milieux du Compagnonnage et du tour de France, 1815-1820.
La « Terreur blanche » : les Bonapartistes persécutés (« L’Agonie des Aigles » (1951) de Jean Alden-Delos
1974(tv) L’Auberge de l’Abîme (FR) de Jean-Loup Berger (1e Ch. RTF 11.5.74). – av. Louis Velle (ltn. Jacques Aimard), Mireille Audibert (Maria Pailhan), Paul Crauchet (Pailhan), Raoul Guillet (le docteur Thierry), Pierre Maguelon (Milette, le berger). – En été 1815, un officier de Napoléon blessé par des paysans cévenoles se réfugie dans une grotte, où il est soigné par un médecin et sa fille amoureuse. D'après le roman d'André Chamson (1933), adapté pour la télévision par Jean-Louis Bory. Remake du film de 1942/43.
1974(tv) Le Soleil se lève à l'est / El sol sale por el este (FR/ES) de François Villiers; ORTF-TVE-Son et Lumière (A2 14.3.-25.4.74), 6 x 52 min. - av. François Dunoyer (Jean-François Allard), Julian Mateos (André [=Jean-Baptiste] Ventura), José-Maria Cafarell (M. Allard père), Sean O'Neil (Rockefeller), Zahira (Yasmina), Sylvie Bréal (Mireille), Saed Jaffrey (Ranjet Singh, maharajah de Lahore), Amrish Puri (Diwan Chand), Colin Mann (Dr. Chester), Shaï Holsaert (Amrita, l'épouse d'Allard [=Bannou Pan Deï]), Ingeborg Schoner (Charlotte Honigberger), Sudhir (Sardussingh).
En été 1815, deux ex-officiers napoléoniens de Saint-Tropez, Allard et Ventura, un fantassin et un artilleur, partent aux Indes se mettre aux ordres du roi sikh du Pendjab qui cherche à réformer son armée composée uniquement de cavaliers afin de pouvoir résister aux invasions britannique et afghane avec de l'artillerie et des régiments d'infanterie. Aux cours d'aventures rocambolesques, le tandem parvient à entrer à Srinagar et conquérir le Cachemire. Ils anéantissent l'armée rebelle de Sardussingh que soutiennent les Anglais. La paix revenue, Allard apprend que Napoléon se serait échappé de Sainte-Hélène et il s'embarque pour la France. La rumeur est fausse et à Saint-Tropez, la police du roi le soupçonne de conspirer contre le trône. Il s'enfuit vers de nouvelles aventures avec son compère Ventura.
Une version très, très romancée (écrite par Claude Brulé) de la vie du général d'Empire Jean-François Allard (1785-1839), capitaine de la Vieille Garde qui participa aux Cent-Jours, puis, contraint à l'exil politique, poussa jusqu'à Kaboul, enfin à Lahore, où, dès 1822, il forma avec d'anciens compagnons d'armes dont Jean-Baptiste Ventura (1792-1858), puis Claude-Auguste Court et Paolo Avitabile diverses brigades, des corps d'élite sur le modèle de l'armée impériale française. En 1835, Paris officialisa sa présence dans le Pendjab en le nommant agent de France (il avait épouse une princesse hindoue de la famille royale de Chamba, Bannou Pan Deï). Il mourut à Peshawar. Le feuilleton immensément populaire de François Villiers, tourné en Inde et en Espagne, ne se veut qu'un gentil divertissement et présente Allard comme un coureur de jupons invétéré. Chanson du générique interprétée par Johnny Halliday.
1979® (tv) Le Dernier Choix du maréchal Ney (FR) de Maurice Frydland. – av. Pierre Gualdi (Louis XVIII). – Ney est fusillé pour haute trahison envers le roi, cf. Napoléon.
1979® (tv) Le Comte de Monte-Cristo (FR/DE/IT/ES/BE/CH/PT) de Denys de La Patellière . – av. Jean Turlier (Louis XVIII), cf. (1.2).
1980(tv) Bataille de dames (FR) de Pierre Sabbagh [d’apr. Scribe et Legouvé] (TF1 11.1.80). – av. Myriam Colombi, Jacqueline Jolivet, Daniel Auteuil, Jean-Pierre Gernet. – En 1817, une comtesse protège un bonapartiste dans son château.
1987-98*Le Radeau de la Méduse (FR) d’Iradj Azimi ; Utopia Films-Canal+, 130 min. – av. Jean Yanne (Hugues Duroy de Chaumareys, commandant de la Méduse), Daniel Mesguich (ltn. Coudein), Marie Matheron (cantinière aveugle), Laurent Terzieff (Théodore Géricault), Jean Dessailly (La Tullaye), Rufus (soldat musicien), Claude Jade (Mme Schmaltz), Philippe Laudenbach (gouverneur Schmaltz), Jean-François Balmer (Napoléon), Alain Mace (Dr. Savigny).
Le naufrage de la frégate « La Méduse » en juin 1816, au large de la Mauritanie, tragédie maritime immortalisée par le peintre Géricault (1818/19). Le navire le plus rapide de la flotte française se trouve en rade à Rochefort, prêt à appareiller pour permettre à Napoléon et à ses proches de s’enfuir en Amérique. La frégate anglaise « Agamemnon » déjoue ces plans et, un an plus tard, « La Méduse » quitte Rochefort pour installer des colons au Sénégal, région restituée à la France par l’Angleterre après les Cent-Jours. Le capitaine Duroy de Chaumareys, un homme du nouveau régime, revenu d’exil, autoritaire et incompétent, fait échouer le navire sur le banc d’Arguin. Des 140 hommes croupissant sur un radeau, seuls 14 survivent. Le pouvoir royal est éclaboussé. Le tournage difficile aux Antilles (Anse-Bertrand à la Guadeloupe) débute en 1987, le cyclone Hugo en provoque l’interruption jusqu’en 1990, le film est achevé (aux studios de Boulogne et à Versailles) et sort en 1998. Une œuvre originale et dénonciatrice des abus de la Restauration, mais un naufrage commercial.
2002® (tv) Napoléon (FR/DE/IT/ES/CA/GB/HU) d’Yves Simoneau. – av. André Chaumeau (Louis XVIII).
2010**Vénus noire (FR) d’Abdellatif Kechiche ; MK2-France 2 Cinéma, 159 min. – av. Yahima Torres (Saartjie Baartman), André Jacobs (Hendrick Caezar), Olivier Gourmet (Réaux), Elina Löwensohn (Jeanne), François Marthouret (Georges Cuvier), Michel Gionti (Jean-Baptiste Berté), Jean-Christophe Bouvet (Charles Mercailler), Jonathan Pienaar (Alexander Dunlop), Jean-Jacques Moreau (Henri de Blainville), Rémi Martin.
Paris 1817 : devant l’Assemblée royale de médecine, le naturaliste Georges Cuvier présente le moulage du corps et, dans un bocal, les organes génitaux de la « Vénus hottentote », qui, pour lui, n’appartient pas au genre humain… A Londres, quelques années plus tôt, Hendrick Caezar, ancien fermier afrikaner, exhibe son ancienne domestique, Saartje Baartman, sous le nom de « Vénus hottentote », puis exporte son attraction en France, où la Noire au physique hors norme (fessier hypertrophié et appareil génital surdimensionné) est exhibée, avilie et humiliée dans les soirées de la bonne société avant de finir vendue à une maison close. Elle meurt dans la misère en 1815. Une dénonciation impitoyable du racisme, du colonialisme, de la dialectique maître-esclave, une réflexion glaçante sur la pornographie esthético-politique de toute une civilisation. Interprétation magistrale de la Cubaine Yahima Torres.
2010® (tv) Chateaubriand (FR) de Pierre Aknine. - av. Hervé Briaux (Louis XVIII), cf. Napoléon.

1.1. « Le Colonel Chabert » d’Honoré de Balzac

Roman paru en 1832. - Porté disparu à la bataille d’Eylau, le 8 février 1807, le colonel d’Empire Chabert fait une embarrassante réapparition en 1815, après la chute de Napoléon. Ayant hérité sa fortune et ses domaines, son épouse Rose (une ancienne prostituée) s’est remariée avec le comte Ferraud et empêche Chabert de faire valoir ses droits. Ècœuré, celui-ci se fait mendiant et se retire dans un hospice où il retrouve les vétérans de l’Empire après avoir déchiré les papiers qui auraient permis sa réhabilitation.
1911Le Colonel Chabert (FR) d’Henri Pouctal et André Calmettes ; Le Film d’Art, 335 m. – av. Claude Garry, Aimée de Raynal, Romuald Joubé.
1913/14Oberst Chabert (DE) de Rudolf Meinert ; Phoebus-Film (Berlin), 4 bob. – av. Heinz Salfner (col. Chabert).
1920Oberst Chabert (DE) d'Eugen Burg; Treumann-Larsen-Film-Vertriebs GmbH (Berlin). - av. Eugen Burg (col. Chabert), Wanda Treumann (la comtesse Rose Ferraud), Oskar Marion, Max Laurence, Hans Ahrens.
1920Il colonnello Chabert (Le Colonel Chabert) (IT) de Carmine Gallone ; Lucio D'Ambra/Celio-film (Roma), 1564 m. – av. Charles Le Bargy (col. Chabert), Rita Pergament (comtesse Ferraud), Umberto Zanuccoli (son fils), Liliana Mar (sa fille), Maurice de Grunewald (comte Ferraud).
1924Graf Chargon – Die Tragödie eines Totgeglaubten (DE) de Hansjürgen Völcker ; Tosca Film (Düsseldorf), 1695 m. – av. Paul Barleben, Edith Romanoff, Peter Esser, Fritz Servos, Mathilde Windsar, Josef Lacquer, Willi Barchardt, Karl Scheueren, Theodor Kipler, Werner Heuser, Klaus Meyer, Jürgen von der Gracht.
1932[Mensch ohne Namen / Un homme sans nom (DE/FR) de Gustav Ucicky [et Roger Le Bon, v.f.] ; Ufa, 92 min. – av. Werner Krauss/Firmin Gémier (v.f.), Helene Thimig/France Ellys, Hertha Thiele/Ghislaine Bru. – Version moderne.]
1943*Le Colonel Chabert (FR) de Robert Le Hénaff ; Edouard Harispuru/Compagnie Commerciale Française Cinématographique (CCFC), 102 min. – av. Raimu (col. Hyacinthe Chabert), Marie Bell (comtesse Rose Ferraud), Aimé Clariond (Maître Derville), Frédérique Nadar (Mme de Ponthieux), Jacques Baumer (Delbecq), Fernand Fabre (comte Ferraud), Liliane Bert (Mme Hellé), Pierre Alcover (directeur de l'asile), Roger Blin et Jacques Charon (clercs), Arlette Wherly (la fille Ferraud), Pierre Brûlé (le fils Ferraud), Suzanne Flon (Albertine).
Un des sept films adaptés de l'oeuvre de Balzac sous Pétain, cette production s'inscrit dans le courant "patrimonial" des adaptations littéraires de prestige si typique du cinéma français pendant l'Occupation: le scénario est signé Pierre Benoit, de l'Académie Française (avec un coup de main d'Yves Mirande), le rôle titre est confié à l'acteur-fétiche de Marcel Pagnol ("César", "La Femme du boulanger"), véritable monstre sacré, bourru, grognon, instinctif et lourdement mélancolique. Le film aurait dû être réalisé par le jeune Jacques Becker (mars 1943) qui se désiste après un violent désaccord avec Raimu (ce dernier ayant tendance à tirer toutes les couvertures à lui), et c’est Le Hénaff, ancien monteur de René Clair et Marcel Carné, qui le remplace. La mise en scène appliquée à défaut d'être inspirée, les dialogues habiles de Benoit et une interprétation de qualité (Marie Bell, Clariond) qui résiste tant bien que mal à l'envahissante composition de Raimu en font un des grands succès critiques et publics des années noires. Tournage aux studios de Saint-Maurice à Joinville-le-Pont et, pour le morceau de bravoure de la charge d'Eylau, au Polygone de Vincennes avec le concours de la garde de Paris.
1953(tv) Colonel Chabert (US) de Lewis Allen ; série "Your Favorite Story", ZIV Television Programs Inc. (CBS 29.5.53), 30 min. – av. Adolphe Menjou (Chabert/narration), Gertrude Michael, John Alvin, Rudolf Anders, Frank DeKova, Jack George, Gertrude Michael, Norman Rice. - Une dramatique de Stuart Jerome et Robert Libott.
1956(tv) Oberst Chabert (DE) de Volker von Collande; Bayerischer Rundfunk (München) (ARD 20.5.56), 81 min. – av. Paul Verhoeven (col. Chabert), Gisela von Collande (comtesse Ferraud), Peter Pasetti (Derville), Fritz Rasp (Delbecq), Wolfried Lier (Boucard), Heinz-Leo Fischer (Vergniaud). - Dramatique de Hartmut Grund.
1957(tv) O Coronel Chabert (BR) de Fernando Torres; "Grande Teatro Tupi", Prod. Televisão Tupi,São Paulo (Tupi 16.8.57). - av. Oscar Felipe (col. Chabert), Fernanda Montenegro (comtesse Ferraud), Italo Rossi.
1961(tv) Kolonel Chabert (BE) de Tone Brulin; N.I.R. Prod. (RTB 27.1.61). - av. René Bertal, Hector Camerlynck, Marcel Cauwenberg, Willem Cauwenberg, Jaak Germain, Lode Janssen, Yvonne Lex, Jan Moonen, Hilde Uitterlinden, Willy van Heesvelde, Gaston Vandermeulen, Ray Verheaghe. - Adaptation flamande de Theo Fleischmann et Robert Van Passen.
1964(tv) Eversti Chabert (FI) de Mauno Hyvönen; Suomen Televisio (ST 4.3.64), 80 min. - av. Toivo Mäkelä (col. Chabert), Mai-Brit Heijo (comtesse Ferraud), Tauno Söder (Derville), Åke Lindman (Louis Vergniaud), Kaarlo Juurela, Risto Palm, Rauno Ketonen. - Dramatique finlandaise de Mauno Hyvönen et Huvi Vuorinen.
1967(tv) Oberst Chabert (DE) de Ludwig Cremer; Bavara Atelier-Bavaria Film (ARD 27.8.67), 87 min. – av. Kurt Ehrhardt (col. Chabert), Rosel Schäfer (comtesse Ferraud), Ernst Stankovski (Derville), Herbert Fleischmann (comte Ferraud), Friedrich Joloff (l'avocat Crottat), Robert Naegele (Godeschal), Hermann Hom (Boucard), Frithjof Vierock (Simon), Manfred Fürst (le juge d'instruction), Gusti Datz (geôlier). - Dramatique de Paul-Herbert Appel d'après une pièce de Helmut Pigge, tournée aux studios Bavaria à Geiselgasteig (Munich).
1972(tv) El coronel Chabert (ES) "Hora once", Radio-Televisión Española (TVE), 90 min. - av. Fernando Sotuela (col. Chabert), Adela Escartín (comtesse Ferraud).
1978(tv) Le Colonel Chabert (FR) de Pierre Sabbagh; "Au théâtre ce soir", ORTF (TF1 12.5.78), 107 min. – av. Jean Meyer (col. Chabert), Geneviève Fontanel (comtesse Ferraud), Dominique Leverd (Derville), Bernard Tiphaine (comte Ferraud), Gérard Pichon (Boucard), Hubert Buthion (le gardien), Marianne Valentin (Jeannette), Edward Sanderson (Picard), Didier Burdon (le fils Derville), Raymonde Vattier (la gouvernante). - La pièce d'Albert Husson adaptée par Jean Meyer.
1994**Le Colonel Chabert (FR) d’Yves Angélo ; Jean-Louis Livi/Film Par Film-D.D. Prod.-Paravision-Sidnoie-Orly Films-Sedif Productions-TF1, 110 min. – Gérard Depardieu (colonel Hyacinthe Chabert), Fanny Ardant (comtesse Rose Ferraud), Fabrice Luchini (Maître Derville), André Dussollier (comte Ferraud), Claude Rich (Chamblin), Romane Bohringer (Sophie).
Premier film du chef-opérateur réputé Yves Angélo ("Tous les matins du monde" d'Alain Corneau, "Un coeur en hiver" de Claude Sautet), qui signe également le scénario avec Jean Cosmos. Une adaptation intelligente et un rôle en or pour Gérard Depardieu, impérial en revenant amnésique (plus crédible que Raimu parce que plus jeune), qui retrouve Fanny Ardant, sa partenaire de "La Femme d'à côté" de Truffaut (1981). Depardieu enrichit son personnage par un jeu tout en subtilité et le script diverge sur quelques détails de la version de 1943: Chabert n'est plus manchot, mais a survécu à une horrible blessure au crâne qui lui a fait perdre temporairement la mémoire; pour le venger, l'avoué Derville, magnifiquement campé par Luchini, force la comtesse à révéler à son époux l'existence du premier mari et détruit ainsi son mariage. Une belle réussite (mais hélas un flop en salle), tournée en extérieurs à l’abbaye du Moncel (Oise), à Marigny-le-Cahouet (Côte d’or), aux châteaux de Bizy (Eure), de Bouges (Indre), de Valençay (Indre) et de Chaalis (Oise). La fameuse charge de cavalerie de Murat à Eylau est reconstituée dans la neige à Bialka Tatranska, dans le sud de la Pologne. Six nominations aux Césars 1995 (Angelo, Depardieu, Luchini, photo, décors, costumes); Golden Pyramid au festival du Caire 1994 pour Angelo, Ruban d'argent du Syndicat national italien des critiques de cinéma 1996 pour les costumes.