I - LA FRANCE

8. LE DIRECTOIRE (1795 à 1799)

8.10. La révolte des esclaves noirs aux Antilles (Toussaint L'Ouverture)

Après le rétablissement de l’esclavage dans les colonies par le Premier Consul à la demande du Sénat, le général noir Pierre-Dominique TOUSSAINT LOUVERTURE ou L’OUVERTURE (Toussaint de Bréda, 1743-1803) mène l’insurrection des Haïtiens (Saint-Domingue) contre la France de 1796 à 1802, poursuivie, après sa capture, par son lieutenant Jean-Jacques Dessalines. Ce dernier se fera proclamer empereur d’Haïti en 1804 avant de périr assassiné par les siens deux ans plus tard.
1933The Emperor Jones (Empereur Jones) (US) de Dudley Murphy ; Krimsky-Cochran, 72 min. – av. Paul Robeson (Brutus Jones), Dudley Digges, Frank Wilson. – L’insurrection des Noirs à Haïti : Robeson campe un chef charismatique noir calqué sur le personnage de Toussaint Louverture (d’après la pièce d’Eugene O’Neill, 1920).
1950La Montagne est verte (FR) de Jean Lehérissey ; Films J. K. Raymond-Millet, 35 min. – av. Michel Vitold (Victor Schoelcher), Jacques Henley (gouverneur de la Martinique), André Reybaz (Robespierre), André Berton (commissaire-priseur), Gérard Kiavué (étudiant antillais), Alexandre Nestoret, Jean Nestoret. – L’abbé Grégoire (1750-1821), évêque constitutionnel de Blois aux prises avec les députés esclavagistes, les attaques de Robespierre (« périssent les colonies ! »), et un hommage à l’abolitioniste Victor Schoelcher (1804-1893) à travers des gravures et des scènes reconstituées aux Antilles avec l’aide du Groupe Folklorique Martiniquais. Prix Jean Vigo 1951.
1952*Lydia Bailey (BE : Les Révoltés d’Haïti) (US) de Jean Negulesco ; Jules Schermer/20th Century-Fox, 89 min. – av. Dale Robertson (Albion Hamlin), Anne Francis (Lydia Bailey), Charles Korvin (Gabriel d’Autremont), William Marshall (King Dick), Luis Van Rooten (gén. Victor-Emmanuel Leclerc), Gladys Holland (Pauline Bonaparte, son épouse), Roy E. Glenn (le renégat Mirabeau), Ken Renard (gén. Pierre-Dominique Toussaint Louverture), William Walker (gén. Laplume). – À Port-au-Prince à Haïti en 1802, Albion Hamlin, un avocat américain en voyage d’affaires, défend les intérêts et l’héritage de Lydia Bailey, une compatriote liée à Gabriel d’Autremont, un riche propriétaire français. Lydia est témoin des affrontements sanglants entre Noirs et les troupes de Bonaparte, prend parti pour les insurgés de Toussaint Louverture et empêche ce dernier de tomber dans le piège que lui a tendu le fourbe général Leclerc, beau-frère de Bonaparte. Les plantations de d’Autremont sont incendiées, le personnel massacré par des insurgés ; lui-même tente de se débarrasser de son rival en amour, Albion, mais perd la vie, tandis que l’Américain quitte l’île mise à feu et à sang en emmenant Lydia avec lui. – Tourné en Technicolor, en extérieurs non pas sur place à Haïti (comme le proclame la publicité) mais au ranch de la Fox à Calabasas et aux studios de Century City à Westwood (Los Angeles), d’après le bestseller de Kenneth Roberts (1947), adapté par Michael Blankfort et Philip Dunne. Le projet a été annoncé en 1950 déjà, avec Micheline Presle ou Jean Simmons, et Tyrone Power dans les rôles principaux. Une bande d’aventures sympathique, intéressante surtout parce qu’il s’agit à ce jour de l’unique film distribué en salle dans lequel apparaît Toussaint Louverture. La première mondiale a lieu à Haïti.
1955(tv) The Emperor Jones (US) de Fielder Cook ; J. Walter Thompson Prod., « Kraft Television Theatre » (NBC 23.2.55), 60 min. – av. Ossie Davis (Brutus Jones), Rex Ingram, Everett Sloane, Curtis James Dance Troupe. – D’après la pièce d’Eugene O’Neill (1920).
1958(tv) The Emperor Jones (US) de William (Ted) Kotcheff ; « Armchair Theatre » (ABC 30.3.58), 75 min. – av. Kenneth Spencer (Brutus Jones), Harry H. Corbett, Connie Smith, Stan Simmons, Van Boolen, Frank Blaine. – D’après la pièce d’Eugene O’Neill (1920).
1968*Benito Cereno (FR/IT/BR) de Serge Roullet ; Claude Lelouch/Claude Antoine Films-Films Niepce-Les Films 13-King Films, 80 min. – av. Ruy Guerra (cpt. Benito Cereno), Georges Selmark (cpt. Amaso Delano), Tamour Diop (Atimbo), Gino Turini (Nathaniel), Philippe Nourry (Alexandro Aranda), Jacques Mercier (boucanier). – En 1799, la révolte d’esclaves à bord du « San Dominick », un trois-mâts négrier que commande le capitaine chilien Cereno en route pour les Antilles. Une partie de l’équipage est massacrée, le capitaine réduit à l’impuissance. Les esclaves rebelles lui enjoignent de les ramener en Afrique. Le navire est bientôt en difficulté et Delano, un capitaine américain, quitte sa baleinière pour lui venir en aide. Tout semble normal, les esclaves jouent leurs rôles d’esclaves, mais des détails inquiétants alertent Delano… (d’après la nouvelle d’Herman Melville parue en 1855). Filmé en Eastmancolor par un assistant de Robert Bresson sur « Procès de Jeanne d’Arc », critique et cinéaste austère mais passionnant. Dans le rôle-titre, le célèbre cinéaste brésilien Ruy Guerra. Une œuvre réaliste, sobre et honnête, qui décroche la Médaille d’Or au festival de Venise 1969.
1968(tv) Die Verlobung in St. Domingo [Les Fiançailles à Saint-Domingue] (DE) de Theodor Grädler (ARD 7.1.68), 100 min. – av. Helen Donath (Toni), Jean Cox (Gustav von der Ried), Hans Günter Nöcker (Congo Hoango), Margarethe Bence (Babekan), Richard Holm. – À Haïti en 1791, Gustav von der Ried, un mercenaire suisse au service de la France, se retrouve piègé dans un repaire d’esclaves révoltés tenu par le sanguinaire Congo Hoango. La fille adoptive de ce dernier, la métisse Toni, s’éprend du beau jeune homme et paie son conflit de loyauté de sa vie ; Gustav se suicide. Adaptation de la nouvelle de Heinrich von Kleist (1811) par Werner Egk.
1976Das Licht auf dem Galgen (DE-RDA/CU/BG) de Helmut Nitzschke ; DEFA, 116 min. – av. Alexander Lang (Sasportas), Amza Pelea (Debuisson), Jürgen Holtz (Galloudec), Erwin Geschonneck (Bering), Szymon Szurmiej (Stefford), Heidemarie Wenzel (Elisabeth). – 1793-1800 : des Français organisent le soulèvement des esclaves à la Jamaïque ; devenu Premier consul, Napoléon s’y oppose. D’après une nouvelle d’Anna Seghers. Extérieurs à Cuba.
1989/90(tv) Toussaint Louverture ou la Révolution d’un esclave africain devenu général de la République (FR) de Claude Moreau (La Sept 30.8.90), 58 min. – av. Gérard Essomba Many (gén. Pierre-Dominique Toussaint Louverture), Jacques Perrin, Jean-Claude Brialy, DANIEL MESGUICH (Napoléon Bonaparte), Jean-Pierre Kalfon, Jean-Pierre Sentier, Toto Bissainthe, le Ballet national du Sénégal, les percussionnistes de Doudou N’dyaie Rose et le chœur de Julien Jouga. – À l’origine de ce spectacle filmé, il y a une mise en scène plein air de deux heures conçue par Claude Moreau pour les Productions de Labaque lors du troisième Sommet de la Francophonie de Dakar (plus tard à Lille devant 18’000 spectateurs), dans le cadre des manifestations du bicentenaire de la Révolution en 1989. Les grands moments qui ont abouti à la première abolition de l’esclavage en 1794, évoqués notamment à travers un long monologue de Toussaint écrit par Jean-Louis Sagot-Duvauroux et Pierre Sauvageot. Le spectacle est joué « live » sur la plage de N’gor au Sénégal devant un parterre de chefs d’État avec une distribution internationale qui apparaît dans des séquences de films 35 mm projetées sur deux écrans (avec Brialy, Perrin, Sentier, Kalfon), tandis que sur scène jouent Essomba, Toto Bissainthe, le ballet, les percussionnistes et les chœurs. Les répétitions ont eu lieu pendant trois mois à Paris. Moreau capte l’événement pour la télévision (FR3 et Arte) en le réduisant de moitié. Mesguich interprète pour la quatrième fois Bonaparte à la télévision, après « Mon dernier rêve sera pour vous » (1989), « Joséphine ou la comédie des ambitions » (1979) et « Lazare Carnot » (1978).
1993*(tv) Le Siècle des lumières / El siglo de las luces (FR/CU/RU/ES/UA) de Humberto Solás ; Ekran-France Régions 3-Instituto Cubano del Arte y Industrias Cinematográficos (ICAIC)-La Sept-SFP-Yalta Film (FR3 2.-9.-16.3.93), 3 x 86 min. – av. François Dunoyer (Victor Hugues), Jacqueline Arenal (Sofia), Rustam Urazaev (Esteban), Frédéric Pierrot (Carlos), Georges Aminel (M. Anse), Alexis Valdés (Dr. Ogé), Mireya Chapman (Rosaura), Marie-François Audollent, Omar Valdes. – Trois aristocrates cubains séduits par les événements de 1793 instaurent un pouvoir révolutionnaire en Guadeloupe, puis assistent désillusionnés aux massacres à Cuba et à Haïti (d’après le roman de l’écrivain cubain Alejo Carpentier paru en 1962). Lauréat du Kikito d’Or au Gramado Film Festival 1993 (décors, photo), nomination (meilleur film).
1998Sucre amer (FR/GP) de Christian Lara ; Les Films du Paradoxe, 90 min. – av. Jean-Michel Martial (cdt. Ignace), Xavier Letourneur (Victor Hughes), Philippe Le Mercier (gén. Antoine Richepanse, 1770-1802), Luc Saint Eloy (Louis Delgrès), Guy-Pierre Mineur (col. Pélage), Lydie Denier (Joséphine de Beauharnais), Eric Titus Mariotti (gouverneur Lacrosse), Marc Michel, Gabriel Gascon, Maka Kotto, Isabelle Valmar. – Guadeloupe, en mai 1802 : délégué par Napoléon pour y rétablir l’esclavage, le général Richepanse se heurte à la résistance du commandant Ignace, un esclave affranchi. Il est capturé et accusé de haute trahison pour avoir combattu la République qui voulait le priver de liberté.
2000(tv) Jack of All Trades (Jack le vengeur masqué) (US/NZ) de Josh Becker, Chris Graves, Charlie Haskell, Wayne Rose, Michael Hurst, Eric Gruendemann, John Laing et Wayne Rose ; Rob Tapert, Sam Raimi, Bruce Campbell/Renaissance Pictures (US tv : 17.1.-20.5.00/7.10.-2.12.00), 22 x 30 min. – av. Bruce Campbell (Jack Stiles), Angela Marie Dotchin (Emilia Smythe Rothschild), Stuart Devenie (gouverneur Croque/marquis de Sade), Stephen Papps (cpt. Brogard), John Summer (Benjamin Franklin), Charles Pierard (président Thomas Jefferson), Patrick Smith (James Madison), Verne Troyer (Napoléon Bonaparte), Celia Nicholson (Joséphine de Beauharnais), Mark Hadlow (George III), Jori Ahipene (Blackbeard), Alistair Browning (George Washington), Patrick Wilson (Merriwether Lewis), Peter Rowley (William Clark), Vanessa Rare (Sacajawea), Danielle Cormack (Catherine II de Russie). – Parodie débridée : en 1801, dépéché par Jefferson et aidé par une agente britannique, Jack Stiles, un espion américain, combat la politique de colonisation de Napoléon dans les Caraïbes, notamment sur l’île (fictive) de Pulau-Pulai. Selon les occasions, il se transforme en héros masqué sous le nom de « The Daring Dragoon ». Écrite par Eric A. Morris, la série s’amuse à aligner anachronismes et erreurs historiques intentionnelles (le Canada est un territoire français), mobiliser des personnages de tous azimuts (du marquis de Sade à Catherine la Grande) et à donner à ses épisodes des titres qui se réfèrent à des films célèbres. Le vaillant Stiles kidnappe Franklin lors de son voyage en France pour vendre à Napoléon (joué par un nain) une arme de destruction massive (1.3), bat l’Empereur au poker pour récupérer la Louisiane (1.6), empêche Emilia de se sacrifier en épousant Napoléon afin d’éviter l’invasion de la Grande-Bretagne (1.8), etc. Tourné à Auckland, Nouvelle-Zélande.Episodes : 1. « Return of the Dragoon » – 2. « Sex and the Single Spy » – 3. « The Floundering Father » – 4. « Once You Go Jack… » – 5. The People’s Dragoon » – 6. « Raging Bully » – 7. « Daddy Dearest » – 8. « One Wedding and an Execution » – 9. « Croque for a Day » – 10. « Dead Woman Walking » – 11. « Love Potion No. 10 » – 12. « Up the Creek » – 13. « X Marquis the Spot » – 14. « It’s a Mad, Mad, Mad, Mad Opera » – Saison 2 : 1. « A Horse of a Different Color » – 2. « Shark Bait » – 3. « Monkey Business » – 4. « The Morning After » – 5. « Croquey in the Pokey » – 6. « One, Two, Three, Give Me Lady Liberty » – 7. « Hamnesia » – 8. « Seventy Brides for One Brother ».
2001(vd) Flames of Freedom (US) de William G. Wagner ; Colonial Williamsburg Foundation, 60 min. – av. Richard Josey (Toussaint Louverture), Mark Schneider (Napoléon). – Docu-fiction illustrant les diverses rebellions des esclaves afro-américains.
20041802, l’épopée guadeloupéenne (FR/GP) de Christian Lara ; Bicéphale Productions, 100 min. – av. Eugénie Louis-Joseph (Marthe Rose), Luc Saint-Eloy (Louis Delgrès), Jean-Michel Martial, Philippe Le Mercier, Michel Auguste, Patrick Mille, Marc Michel. – Napoléon rétablit par la force l’autorité de la France en Guadeloupe et impose le retour à la servitude. Le colonel mulâtre Louis Delgrès (1766-1802) s’oppose aux troupes consulaires françaises du général Antoine Richepanse. Acculés à Matouba, Delgrès et ses trois cents compagnons se suicident à l’explosif, le 28 mai 1802. Film militant tourné par un réalisateur guadeloupéen, mais la caricature et le manque de moyens desservent la force du propos.
2007(tv) *Tropiques amers (FR) de Jean-Claude Flamand Barny ; Lizland Films (Elizabeth Arnac)-RFO (FR3 10.-17.-24.5.07 / Télé Martinique 1.-8.-15.6.07), 5 x 55 min. – av. Fatou N’Diaye (Adèle), Jean-Claude Adelin (Théophile Bonaventure), Léa Bosco (Olympe Bonaventure, néée de Rochant), Jean-Michel Martial (Amédée), Jacky Ido (Koyaba), Thiam Aïssatou (Rosalie), Kevin Dust (Jacquer), Nicolas Herman (le comte François de Rochant, Intendant du Royaume de France), Lucette Salibur (Man Joseph). – Saint-Pierre de la Martinique, la vie quotidienne d’une plantation des Antilles françaises entre 1788 et 1810, plantation dirigée par Bonaventure, un personnage complexe, au destin tragique, ayant bâti sa fortune avec la canne à sucre. Il est déchiré entre sa femme Olympe, fille d’aristocrates ruinés et rêvant de Versailles, et une jeune et jolie esclave, Adèle, fille de l’intendant noir dont on suit le long et douloureux parcours vers l’affranchissement, tandis que l’île passe aux mains des Anglais, puis redevient française en 1802 (scénario de Virginie Brac et Myriam Cottias). Une description non manichéenne – et fort convaincante – de la relation entre maîtres et esclaves, tout en dénonçant la perversion du système. Poussé par son zèle militant, le réalisateur d’origine guadeloupéenne a toutefois imaginé une révolte armée des Marrons qui n’a jamais existé, car il n’y a pas eu de Toussaint Louverture en Martinique. La première fiction française sur l’esclavage, entièrement filmée à la Martinique et à Trinidad (Cuba) et diffusée le 10 mai, date anniversaire de l’abolition de l’esclavage en 1848 (4,4 millions de téléspectateurs). Episodes : 1. « Un nouveau monde » – 2. « Vivre libre ou mourir » – 3. « Trahison » – 4. « Métisse » – 5. « La dernière marche »
2007® (tv) The Story Behind the Count of Monte Cristo (The Three Dumas) (GB) de Gian Godoy. – av. Esther Anderson (Toussaint L’Ouverture), Nyasha Hatendi (gén. Henri Christophe, futur roi d’Haïti), cf. XIXe s. : France (9.1).
2009(tv) Égalité for All : Toussaint Louverture and the Haitian Revolution (Toussaint Louverture, le libérateur d’Haïti) (US) de W. Noland Walker ; Koval Films LLC-Independent Television Service-Oregon Public Broadcasting-NBPC (25.1.09), 51 min. – av. Juan Maria Almonte (Toussaint Louverture), Edwidge Danticat (narration). – Un docu-fiction écrit par Margaret Koval et Noland Walker, avec reconstitutions et acteurs anonymes.
2009(vd) The Last Days of Toussaint L’Ouverture (US) de Derick Alexander ; Pictures for Eula Mae, 24 min. – av. Joseph Ademola Adeyemo (Toussaint Louverture), Fred Bishop (général Cafarelli), Dan Spector (Napoléon Bonaparte), Terra Wellington (Mme Cafarelli), Derick Alexander (Mars Palais), Joseph Steven (geôlier), Mourad Julian Ladjimi (capitaine de la garde). – Arrêté par trahison, sur ordre de Napoléon, Toussaint Louverture est sommé par Cafarelli de révéler la cachette de son trésor de guerre. Louverture se tait, il est déporté en France, au Fort de Joux dans le Jura, où il ne tarde pas à mourir des suites du climat rigoureux. Court métrage filmé à Los Angeles et à Orange (Calif.).
2012(tv) *Toussaint Louverture – 1. L’Envol de l’aigle – 2. Le Combat des aigles (FR) de Philippe Niang ; France Zobda, Jean-Louis Monthieux/Eloa Prod.-La Petite Reine TV-France Télévisions (FR2 14.+15.2.12), 89 min. + 94 min. – av. Jimmy Jean-Louis (Toussaint Louverture), Aïssa Maïga (Suzanne, sa femme), Yann Ebonge (Moyse), Arthur Jugnot (Etienne Denis Pasquier), Pierre Cassignard (gén. Etienne Maynaud Bizefranc de Lavaux), Hubert Koundé (Jean-Jacques Dessalines), Magloire Delcros-Varaud (Mars Plaisir), Philippe Caroit (Bayon, un planteur), Thierry Desroses (Christophe), , Féodor Atkine (gén. Louis Marie Maximilien de Caffarelli du Falga), Stany Coppet (le général mulâtre André Rigaud), Joffrey Platel (gén. Victor-Emmanuel Leclerc, mari de Pauline Bonaparte), Thomas Langman (le Premier consul Napoléon Bonaparte). – Jeune officier, Pasquier est chargé par le Premier consul de gagner la confiance du prisonnier de Fort de Joux, Toussaint Louverture, ou de le contraindre, en augmentant les privations de tout ordre, à révéler où est caché le trésor de guerre des insurgés haïtiens (qui n’a jamais existé). Les flash-backs nourrissent le récit qui suit, où apparaissent notamment le général Dessalines, futur premier empereur d’Haïti (1804/1806), et l’aide de camp de Napoléon, Marie-François Auguste (1766-1849), le frère du fameux général Caffarelli tombé en Egypte. Une biographie de Toussaint Louverture relativement fidèle, à quelques détails près (son père n’a pas été tué par ses maîtres, ni le vieux Moyse par des sbires du Consulat, et le général Caffarelli, vainqueur d’Alexandrie, ici geôlier de Toussaint, est mort trois ans auparavant, en 1799 au siège de Saint-Jean-d’Acre). De facture honnête, avec de petites longueurs, ce téléfilm scolaire qui a demandé sept ans d’efforts pour aboutir, a surtout le mérite d’exister : c’est bien à ce jour l’unique fiction entièrement consacrée au héros haïtien. Il donne une idée de la situation politico-économique très compliquée d’une île ballotée entre planteurs français blancs et noirs, mulâtres, esclaves noirs, royalistes, républicains, Espagnols et Anglais, et ne cache pas le côté buté et finalement dictatorial de Toussaint qui lui vaut aussi de puissants ennemis dans ses propres rangs. La production manque de moyens pour vraiment illustrer son génie tactique lors des batailles (qui ne sont ici qu’escarmouches). Tourné au Fort de Joux (Jura), à Saint-Rémy-les-Chevrauses, Ambleville, Cerny et à la Martinique (communes de Le Marin, Les Trois-Ilets, Le Diamant, Basse Pointe, Trinité, Le Lorrain, Le Lamentin, Fort-de-France). Prix « Notre Afrik » 2012 à Jimmy Jean-Louis, primé au 20 ème Pan-African Film Festival (meilleur film, prix du public, Jimmy Jean-Louis), Mention spéciale au festival « Vues d’Afrique » de Montréal 2012.