II - LE ROYAUME D’ANGLETERRE

4. RICHARD Ier CŒUR DE LION (1189 / 1199)

Frère Tuck (Eugene Pallette), Robin Hood (Errol Flynn) et Little John (Alan Hale) dans « The Adventures of Robin Hood » de Michael Curtiz et William Keighley (1938).

4.2. La légende de Robin des Bois (Robin Hood)

Robin Hood est-il un personnage littéraire ou historique ? La question reste ouverte. Quelques médiévistes pensent qu’il serait identique avec Robert Fitzooth, comte de Huntingdon (1160-1247?), qui s’opposa aux taxes et lois forestières du prince Jean, ou avec un dénommé Robert Hod du Yorkshire, fugitif en 1225. Ailleurs, il est question de William Robehod ou Hobbehod, condamné pour vols dans un document judiciaire de 1228. D’autres sources datent ses exploits probables sous le règne d’Henry III (soit après 1216) ou celui d’Edward II (vers 1322), Edward III (1327), voire même Edward IV (1461).

Personnage de la culture populaire et en priorité héros de récits exclusivement oraux, Robin Hood est mentionné pour la première fois dans un poème de William Langland écrit autour de 1377, The Vision of William concerning Piers Plowman (Pierre le Laboureur). Il devient le protagoniste folklorique de nombreuses ballades dès la moitié du XVe siècle. Certaines présentent Robin comme un hors-la-loi au grand cœur, affrontant un système corrompu avec son arc long (longbow). D’autres cependant le montrent en escroc et en voleur détroussant les riches pour son propre compte et tuant des gens avec flegme, ou décapitant non seulement le shérif ou Gisbourne, mais même un moine (Robin and the Monk). Les ménestrels chantent les aventures de ce « bandit social » qui écume la forêt et dont les exploits violents et transgressifs sont très appréciés par le petit peuple, ses agissements étant compris comme une affirmation de liberté, une rébellion sauvage où le vol rétablit une forme de justice que les plus faibles n’osent espérer pour eux-mêmes.

Imprimé à Londres en 1500 par Wynken de Worde mais datant probablement de 1460, le poème en huit chapitres A Lytell Geste of Robyn Hode marque une étape décisive dans la diffusion du mythe ; on trouve dans cette chanson de geste des épisodes devenus classiques (le grand tournoi des archers), sauf que Robin, gracié par Edward II, s’ennuie à la cour de Nottingham, renonce à servir son souverain et reprend encore pendant vingt-deux ans ses brigandages dans les bosquets de Sherwood ; il finit saigné à mort par sa propre cousine, la cruelle abbesse de Kirklees. Chaucer fait allusion à lui sans le nommer dans ses Canterbury Tales (1476). Une chose est certaine : tous les éléments qui forment la légende du « prince des voleurs » véhiculée par le cinéma sont d’origine postmédiévale. Ce n’est en effet qu’à la fin du XVIe siècle, sous le règne des Tudors, que l’histoire de Robin recule dans le temps pour se fixer autour des années 1190, au moment où le roi Richard Cœur de Lion part pour la Troisième Croisade et laisse l’Angleterre dans le chaos, l’arbitraire et la corruption, soit à la merci de son frère cadet, Jean sans Terre. Robin représente alors une nouvelle classe sociale : il n’est pas un serf ni un ouvrier agricole, mais un paysan propriétaire de ses terres (un yeoman), homme indépendant et qualifié. Il incarne la résistance locale au pouvoir central. En 1510, lors des fêtes de mai, Henry VIII, d’humeur farceuse, et onze de ses courtisans s’introduisent dans la chambre de la reine Catherine d’Aragon costumés en Robin des Bois et ses compères. Une brève « biographie » du personnage figure dans l’Historia Majoris Britanniae de John Major parue en 1521.

Robin connaît un premier grand changement de statut dans le cadre du théâtre élisabethain qui politise ses exploits. Avec The Downfall et The Death of Robert, Earl of Huntingdon (1598, imprimé en 1601), deux pièces d’Anthony Munday, Robin acquiert le titre de Robin de Loxley [Locksley], ou encore de Robert Fitz Ooth [Fitzooth], comte de Huntingdon [Huntington]. Noble déclassé, dépossédé, et non plus un dangereux bandit social ou anarchisant, il se métamorphose en vrai seigneur dressé contre un mauvais prince. Robin traduit désormais la nécessité d’une justice de proximité tout en demeurant un loyal défenseur de l’ordre légitime, de l’anglo-saxonisme et de l’éthnicité anglaise. Son association romantique avec Maid Marian (Marianne, Marion, Mathilde) date de cette même époque. De compagne grossière de frère Tuck (son confesseur), cette dernière monte en grade pour devenir Lady Marian, aristocrate, parfois au service de la reine, et l’unique amour du héros, par ailleurs un garçon fort chaste. D’autres ballades imprimées contribuent à renforcer sa popularité, comme Robin Hood and Little John (1624), The True Tale of Robin Hood de Martin Parker (1632), Robin Hood and the Curtal Friar (v. 1650), etc. Shakespeare mentionne son nom dans plusieurs de ses pièces et Ben Jonson le fait figurer dans un drame pastoral inachevé, The Sad Shepherd, or a Tale of Robin Hood en 1641. En 1784, le gentleman-bandit fait son entrée sur scène avec l’opéra-comique de William Shield, Robin Hood, or Sherwood Forest. En 1795 paraît la première compilation importante de ballades anciennes, réunies par Joseph Ritson (un sympathisant de la Révolution française) sous le titre de Robin Hood. A Collection of all the Ancien Poems, Songs and Ballads, now extant, relative to that celebrated Outlaw. Cet ouvrage de référence fondamental sera déterminant pour toutes les créations littéraires ultérieures.

Robin accède au panthéon des héros nationaux lorsque la littérature romantique du XIXe siècle s’en empare tout en redécouvrant et revalorisant le Moyen Âge, quoique sous une forme néogothique et hautement fantasmée. En 1819, l’archer rebelle apparaît dans le roman Ivanhoé de Sir Walter Scott sous le nom de Robin of Locksley (cf. supra, 3.1.a) ; banni pour sa fidélité au roi, le Saxon Wilfred d’Ivanhoé est le double miroir de cet homme des bois mystérieux et omniprésent, qui lui sauve la vie devant la forteresse de Torquilstone et qui, comme lui, aide ses compatriotes dépossédés par les seigneurs normands à retrouver une place dans le royaume. Les deux forment un tandem iconique des valeurs de la « Merrie England » inculquées à la jeunesse victorienne. Maid Marian de Thomas L. Peacock (1822) et Robin Hood and Little John : or, The Merry Men of Sherwood Forest, mégafeuilleton journalistique de Pierce Egan the Younger (1840), fixent les grandes lignes du récit tel qu’il s’imposera au cinéma et s’attardent aussi sur les « joyeux compagnons » du hors-la-loi : le bon géant Little John (Petit Jean, un bûcheron), frère Tuck (un défroqué grassouillet, porteur des valeurs positives qui ont été retirées aux clercs s’engraissant sur le dos du peuple), le ménestrel Allan-a-Dale [A’Dayle], Will Scarlet[t] (Will l’Écarlate), Much, le fils du meunier, etc. Leurs adversaires – c’est-à-dire ceux des opprimés – sont le prince Jean, un sommet de fourberie, Guy de Gisbourne (à l’origine un tueur et chasseur de primes normand) et le sempiternel shérif de Nottingham ; le shérif est un officier devenu, à partir du règne de Henri II, le principal représentant de l’autorité royale dans les comtés. Il est ici le prototype du mauvais serviteur du pouvoir qui a détourné la loi à son profit personnel. La rivalité entre Robin et Gisbourne pour Lady Marian est le sujet de l’opérette Robin Hood de Reginald de Koven (1890). La surenchère scénique s’intensifie en outre avec The Merrie Men of Sherwood Forest, or Forest Days in the Olden Time, opérette de W. H. Birch (1871) ou The Foresters or, Robin Hood and Maid Marian, pièce d’Alfred Lord Tennyson mise en musique par Arthur Sullivan (1892). Du feuilleton de Pierce Egan, Alexandre Dumas tire en France la matière de deux romans, Le Prince des voleurs (1872) et Robin Hood le Proscrit (1873), qui sont à leur tour adaptés au théâtre.

Aux États-Unis, Howard Pyle, romancier-illustrateur quaker, offre à Robin un nouveau public en le faisant entrer dans la littérature enfantine : The Merry Adventures of Robin Hood (Les Joyeuses Aventures de Robin des Bois), en 1883, est la première étape de l’américanisation de la légende (on n’y tue pas ses ennemis), suivie de l’opérette à succès Robin Hood de Reginald De Koven et Harry B. Smith qui est montée au Chicago Opera House en 1891 (et jouée l’année suivante en Angleterre sous le titre de Maid Marian). On y célèbre les idéaux démocratiques, une vie saine au grand air, la camaraderie masculine ; les femmes sont denrée rare. C’est enfin le cinéma américain, à l’aube du XXe siècle, qui va dynamiser et propager le mythe dans le monde entier, selon un schéma rodé au fil des décennies. Justicier archétypal et premier archer du royaume, Robin des Bois occupe une place d’honneur dans la galerie des « bons bandits », ceux qui prennent au riches pour redistribuer aux pauvres, écrasés par des taxes iniques ou victimes d’abus divers (cf. Mandrin, Cartouche, Zorro). On ne s’étonnera pas d’apprendre que pendant la guerre froide, Hollywood, devenu frileux et cherchant à éviter tout sujet à resonance trop sociale ou revendicatrice, cède l’héroïque archer pendant dix à vingt ans aux cinématographies européennes. En 1953, la matière de Robin sera même assimilée à de la « propagande communiste » par l’État de l’Indiana qui fera retirer des bibliothèques publiques tous les ouvrages sur Robin Hood ! Rareté dans le cinéma médiéval, Robin est au départ un plébéien ou au moins un personnage proche du peuple (Guillaume Tell et Jeanne d’Arc sont d’autres exceptions fameuses). Il se terre avec ses compagnons de fortune au cœur d’une forêt de chênes centenaires, lieu idyllique de refuge et d’égalité sociale inaccessible aux tyrans, quoique situé aux abords de la ville comme du redoutable château seigneurial. Cette géographie impose ses stratégies et, à quelques détails près, tous les récits fonctionnent grosso modo sur une série de renversements de situation qui applique deux figures narratives simples : le complot et le piège, le guet-apens dans les bois et/ou l’enlèvement-incarcération derrière les remparts, suivi d’évasions. L’un répond à l’autre dans un jeu aux variations infinies de ruses et de contre-ruses.

Quelques précisions ou rectificatifs d’ordre historique : Le patronyme anglais « Robin Hood » signifie littéralement « Robin au capuchon », le français « Robin des Bois » étant une erreur de traduction qui provient d’une confusion entre « hood » (capuchon ou truand) et « wood » (bois). Comme déjà signalé plus haut, le retour incognito de Richard Cœur de Lion et son arrivée surprise parmi les joyeux maquisards des Midlands est une affabulation tirée d’Ivanhoé ; en réalité, Richard débarqua le 10 mars 1194 à Sandwich en compagnie de sa mère Aliénor d’Aquitaine, régente du royaume qui avait réuni la rançon exigée par Vienne et était allé chercher le roi à Mayence (le corégent était Gautier de Coutance, archevêque de Rouen). A Londres, mère et fils furent accueillis avec allégresse par le clergé et le peuple et reçus triomphalement dans la cathédrale de Saint-Paul. Richard assiégea une à une les forteresses de son frère Jean, qui à ce moment séjournait prudemment en France, à Bordeaux. Nottingham fut la dernière à tomber, le 28 mars. Le lendemain, Richard mit pour la première fois les pieds dans la forêt de Sherwood pour y chasser, un banal fait divers donnant naissance à sa mythique rencontre avec le hors-la-loi. Deux mois plus tard, après une deuxième cérémonie de couronnement le 17 avril, Richard quitta à tout jamais l’Angleterre. A en croire le cinéma, le but poursuivi par Robin Hood était de restaurer Richard sur le trône usurpé par son frère ; en réalité, Richard (qui parlait normand et ignorait la langue anglaise) n’avait, pas plus que son frère, de soutien populaire en Angleterre. De sa vie, il ne séjourna que cinq mois sur l’île et la collecte nationale organisée pour le libérer des geôles autrichiennes, collecte à laquelle Robin et ses amis auraient activement participé, est due à l’imagination de Walter Scott. Enfin, aucune ballade ancienne ne parle d’une participation de Robin aux Croisades (un emprunt au personnage d’Ivanhoé, chevalier croisé).

Parmi les figures historiques qui apparaissent dans l’un ou l’autre récit de l’archer rebelle ou de sa descendance immédiate, mentionnons encore Stephen Langton, le puissant archevêque de Canterbury, et surtout William Marshal (en français Guillaume le Maréchal), premier comte de Pembroke, ex-champion de tournois, fidèle défenseur de la maison Plantagenêt et un modèle d’esprit chevaleresque auquel Georges Duby a consacré une biographie remaquable (Guillaume le Maréchal ou Le meilleur chevalier du monde, Gallimard, 1986). Les deux figurent notamment dans le Robin Hood de Ridley Scott en 2010 (cf.).
1908Robin Hood and his Merry Men (GB) de Percy Stow
Henry Vassal Lawley, Percy Stow/Clarendon Film Company (Croyden), 151 m. – av. Langford Reed (Robin Hood).
Robin sauve un paysan innocent de la pendaison par les hommes du shérif (scénario de Langford Reed). Bande tournée en juillet 1908 dans les studios de Limes Road à Croydon.
1908Robin Hood (US)
George Kleine, Samuel Long, Frank Marion/Kalem Company, 1 bob./247 m.
Petit film destiné aux “nickelodéons” new-yorkais, tourné à Jacksonville (Floride).
1912Robin Hood Outlawed (GB) de Charles Raymond
A. H. Bloomfield, J. B. McDowell/British & Colonial Kinematograph Company Ltd., 361 m./3 bob. – av. A. Brian Plant (Robin Hood), Ivy Martineck (Lady Marian), George Foley (frère Tuck), Harry Lorraine (Little John), Edward Durrant (Will Scarlet), Jack Houghton (Sir Hubert de Boissy), J. Leonard (l’abbé de Ramsey).
Robin sauve Lady Marian des griffes d’un chevalier félon, Sir Hubert de Boissy. Saynète réalisée aux studios B&C d’East Finchley à Barnet (Hertfordshire).
DE : Robin Hood, der englische Raubritter.
1912The Avaricious Monk (GB) de Warwick Buckland
Cecil Hepworth/Hepworth Mfg. Company (Walton-on-Thames), 750 ft./228 m.
Robin des Bois ayant détroussé un moine avare, une jeune femme intercède auprès du roi pour obtenir son pardon.
1912Robin Hood (US) d’Étienne Arnaud et Herbert Blaché
Charles Jourjon/Éclair Film Co. America, 3 bob./27 min. – av. Robert Frazer (Robin Hood), Barbara Tennant (Lady Marian Fitzwalter), Alec B. Francis (le shérif de Nottingham), Lamar Johnstone (Sir Guy of Gisbourne), M. Hanafly (frère Tuck), Guy Oliver (Little John), George Larkin (Alan-a-Dale), Charles Hundt (Will Scarlet), Alfred Hollingsworth (Richard Cœur de Lion), Muriel Ostriche (Christabel), Julia Hart (l’employée du shérif), Mathilde Baring (une servante), Isabel Lamon (Fennel), John Troyano (Much), John G. Adolfi (Thomas Merwin).
Le but de Charles Jourjon, président d’Eclair Film Co. (la branche américaine de la firme française), est de combiner le savoir technique de l’Hexagone avec le talent des comédiens américains et des sujets du cru (il importera aux États-Unis l’animateur-dessinateur Emile Cohl, le décorateur Ben Carré, le cinéaste Maurice Tourneur, etc.). Son film est tiré de l’opéra comique en 3 actes Robin Hood, composé par l’Américain Reginald de Koven sur un livret de Harry B. Smith et Clement Scott (œuvre musicale représentée au Chicago Opera House en 1890). La transposition filmique de ce spectacle très populaire, scénarisée par Eustace Hale Ball, est tournée dans les studios Eclair de Linwood Avenue à Fort Lee, New Jersey ; deux pionniers du cinéma muet français sont derrière la caméra : Étienne Arnaud, un ex-collaborateur de Louis Feuillade, et Herbert Blaché, ancien directeur de la Gaumont et époux de la cinéaste Alice Guy. A l’écran, des surimpressions d’animaux sur les visages des protagonistes indiquent leurs qualités ou leurs défauts. Dépossédé de ses terres par les barons normands, Robin et l’arrogant Sir Guy de Gisbourne, neveu du shérif de Nottingham, font tous deux la cour à Lady Marian. Aidé du shérif, Sir Guy tente vainement de capturer son rival et l’arrivée du roi Richard sauve le hors-la-loi qui récupère le comté paternel de Huntington et peut enfin épouser Lady Marian.
1913Robin Hood / [GB :] Robin Hood and Maid Marian (US) de Theodore Marston
Edwin Thanhouser/Thanhouser Film Corp. (New Rochelle, N.Y.), 4 bob. – av. William Russell (Robin Hood), Gerda Holmes (Marian), John Dillon (le shérif de Nottingham), Eugene Redding (frère Tuck), Mignon Anderson (Ellen Hardfast), Walter Gibbs (Richard Cœur de Lion), Harry Benham (Alan-a-Dale), David H. Thompson (Hardfast, père d’Ellen), Sidney Bracy (un baron normand), Joseph Sterling.
Première ébauche du récit classique, conté en quatre parties : Robin tue un daim du roi, est capturé mais parvient à s’enfuir dans la forêt de Sherwood avec Marian qu’il épouse, une union bénie par le frère Tuck. Le père de Marian a été tué par la soldatesque du shérif lors de la fuite du couple. Robin participe victorieusement à un concours d’archers, puis aide le ménestrel Alan-a-Dale à sauver sa bien-aimée Ellen Hardfast, que son père veut unir de force à un vieil aristocrate normand (épisode conté notamment par Alexandre Dumas dans Le Prince des voleurs). Il participe victorieusement à un concours d’archers à Ashby, où il est piégé par le shérif. Robin s’évade à nouveau et accueille dans son repaire sylvestre le roi Richard, qui a assisté à ces exploits déguisé en pèlerin. Ayant reconquis son trône, le roi pardonne aux hors-la-loi.
1913® Ivanhoe (GB) de Leedham Bantock. – av. Frank Harvey (Robin Hood). – cf. Ivanhoé (3.1.a)
1913® Ivanhoe (US) de Herbert Brenon. – av. Walter Thomas (Robin Hood). – cf. Ivanhoé (3.1.a)
1913In the Days of Robin Hood (GB) de Floyd Martin Thornton
George Albert Smith, Charles Urban/Natural Colour Kinematograph Ltd. (Brighton), 594 m. – av. Harry Agar Lyons (Robin Hood), Mercy Hatton (Lady Christobel Fitz Alvine), Cecil Dereham (Will Scarlet), John M. East (Little John), Harry Ashton (frère Tuck).
Des aventures tournées sur place à Nottingham (Sherwood Forest) en utilisant le Kinemacolor britannique, un des tout premiers procédés de film en couleur (système bichrome à filtres rouge et vert), mis au point par Charles Urban et G. A. Smith en 1908 et exploité aux Ètats-Unis dès 1910 par Kinemacolor Corp. of America. L’intrigue est tirée du roman de Howard Pyle, The Merry Adventures of Robin Hood of Great Renown in Nottinghamshire (1883) : Will Scarlet courtise Lady Christabel contre la volonté de son shérif de père, le Baron Fitz Alvine, et doit prendre le maquis aux côtés de Robin. Il s’introduit clandestinement dans le château de Fitz Alvine, est capturé et condamné à la pendaison, mais Robin Hood (ici un second rôle) se déguise en moine et le sauve à la dernière minute. – US : Robin Hood.
Douglas Fairbanks en Robin des Bois joyeux, ironique et triomphant (1922).
1922**Robin Hood / Douglas Fairbanks in Robin Hood (Robin des Bois) (US) d’Allan Dwan
Douglas Fairbanks/Douglas Fairbanks Pictures Corp.-United Artists, 11 bob., 10’680 ft., 143 min./127 min. – av. Douglas Fairbanks (le comte de Huntingdon, devenu Robin Hood), Sam de Grasse (le prince Jean), Enid Bennett (Lady Marian Fitzwalter), Paul Dickey (Sir Guy of Gisbourne), Willard Louis (frère Tuck), Alan Hale (Little John), Wallace Beery (Richard Cœur de Lion), William Lowery (le shérif de Nottingham), Maine Geary (Will Scarlet), Lloyd Talman (Allan-a-Dale), Roy Coulson (le bouffon du roi), Billie Bennett (la dame de compagnie), Ann Doran (un page), David Sharpe, Merrill McCormick, Wilson Benge et les Los Angeles Angels (les compagnons de Robin).
Synopsis : En 1189, à la veille de son départ pour la Troisième Croisade, le roi Richard a fait organiser un grand tournoi au cours duquel son meilleur chevalier et ami fidèle, le comte de Huntingdon, fait mordre la poussière à son adversaire de toujours, Sire Guy de Gisbourne. Huntingdon vient au secours de sa dame de cœur, Lady Marian Fitzwalter, harcelée par un prince Jean ivre, et prend congé d’elle, ignorant qu’un vaste complot se trame dont l’enjeu est le trône d’Angleterre. Désigné régent, le prince Jean s’est engagé à donner Lady Marian en mariage à Gisbourne si ce dernier parvient à assassiner Richard au Proche-Orient et, par la même occasion, faire disparaître Huntingdon. Les croisés quittent Nottingham en grande pompe.
Son frère parti, Jean se révèle sanguinaire et cruel, bientôt pris en haine par le peuple qui se soulève. En Palestine, Huntingdon est alerté de l’état du royaume par une missive secrète de Lady Marian que lui remet Little John, son serviteur (« l’Angleterre est en péril et le château des Huntingdon a été incendié ») ; il demande au roi l’autorisation de retourner en Europe, sans expliquer pourquoi, afin de ne pas l’alarmer et influencer le cours de la guerre contre Saladin. Richard croit à une affaire de cœur, le traite de lâche et refuse. Huntingdon tente de passer outre, est blessé par une flèche de Gisbourne et emprisonné comme déserteur, mais parvient à s’évader avec la complicité de Little John, et gagne l’Angleterre en hors-la-loi, condamné à mort pour trahison. Entre-temps, Marian, se sachant en danger pour avoir averti son bien-aimé, simule un accident mortel à cheval dans un précipice afin d’échapper aux soldats du shérif. La croyant morte, Huntingdon jure vengeance et disparaît dans le maquis. Une année plus tard, un mystérieux justicier du nom de Robin Hood sévit dans le pays et, à la tête de sa bande, mène la vie dure aux autorités. Gisbourne retourne à Nottingham en annonçant qu’il a tué Richard, mais il se trompe : c’est le bouffon qui est mort à la place du roi. Richard réalise qu’il a été dupé et, ayant remporté la guerre contre Saladin, il navigue vers l’Angleterre. Robin a retrouvé Marian cachée dans un couvent, mais leur bonheur est de courte durée, car la jeune femme se fait enlever et séquestrer au château par Gisbourne, qui cherche à abuser d’elle. Elle se jette par la fenêtre, mais Robin, qui escalade la tour, la sauve in extremis, pénètre dans la forteresse et terrasse Gisbourne auquel il brise les reins. Alertée, la soldatesque du prince Jean accourt de toutes parts et après une poursuite acrobatique, Robin est capturé. Jean ordonne son exécution immédiate ; vingt-quatre arbalétriers le visent de leurs flèches mortelles – quand un bouclier d’acier couvre la poitrine du héros. Les vingt-quatre flèches se brisent contre l’écu arborant trois lions : c’est le roi Richard en personne, tout de noir vêtu, le visage recouvert d’un heaume, qui vient de sauver son loyal ami. Les hors-la-loi de Sherwood s’emparent de la place, le shérif est pendu, le prince Jean exilé. Robin redevient comte de Huntingdon et s’enferme dans sa chambre avec Lady Marian. Le roi Richard, accapareur incorrigible, frappe en vain à leur porte.
On sait qu’après la Première guerre mondiale, les États-Unis se sont servis progressivement de l’industrie cinématographique pour imposer par le monde leur mentalité et leurs idéaux démocratiques et capitalistes. Hollywood – qui mise sur le support mythique plus que littéraire ou historique de ses mises en scènes – se penche désormais aussi sur des sujets européens, mais dotés d’un nouvel air de jeunesse. Filtré par le romantisme anglosaxon et la ballade populaire, ce Moyen Âge yankee se rapproche du western par sa combinaison de grands espaces, de dynamisme visuel, d’entrain et de manichéisme archétypique. Dans ce contexte, l’apport d’une vedette telle que Douglas Fairbanks est révélateur. Champion inégalé de l’exploit sportif gratuit, mis au point pour le spectacle pur, Douglas agit vite et pense encore plus vite, emportant l’adhésion collective par sa séduction virile, son rire éclatant et son audace, plongé dans une profusion irréelle de spectaculaire. De toute évidence, ce type héroïque bondissant, chevaleresque et sportif doit plus au dynamisme à l’américaine qu’aux traditions européennes, malgré l’origine de la matière.
Le réalisateur irlando-américain Allan Dwan, professionnel expérimenté, extraverti et stakhanoviste de poigne (il sera surnommé plus tard « l’homme aux mille films »), connaît Douglas Fairbanks depuis 1916, lorsque celui-ci l’a embauché pour neuf films consécutifs. Acteur-réalisateur à la Triangle, Fairbanks est devenu en quelques années la plus grande vedette du cinéma américain – et donc mondial – avec Charles Chaplin et Mary Pickford, son épouse ; tous trois ont fondé (avec D. W. Griffith) la société de production et distribution United Artists/Les Artistes Associés qui leur garantit une liberté entrepreneuriale impensable ailleurs. C’est à l’instigation insistante de Dwan que Fairbanks – qu’il faut bien considérér comme le créateur des films de cape et d’épée, venant de camper successivement d’inoubliables Zorro (The Mark of Zorro) et d’Artagnan (The Three Musketeers) sous la direction de Fred Niblo (1920/21) – se décide à investir sa fortune dans une mégaproduction consacrée à Robin des Bois. Il n’a pas le choix : le budget envisagé est si élevé que personne à Hollywood ne veut le financer. Ce n’est pas tant le hors-la-loi qui séduit la star : il voit dans la matière l’occasion de ressusciter toute une imagerie victorienne du Moyen Âge qui a bercé sa jeunesse, en particulier à travers l’imagination de Walter Scott, et son intention première est d’incarner Richard Cœur de Lion. Dwan le persuade de combiner les deux personnages. Rien d’étonnant donc si son scénario (signé sous le pseudonyme d’Elton Thomas) s’inspire plus d’une fois du roman Ivanhoé en insérant des éléments étrangers à la légende : le roi Richard est omniprésent et apparaît à la fin en sauveur incognito, recouvert d’une armure noire ; Robin est son camarade-complice qui l’accompagne aux Croisades ; l’insertion d’un tournoi équestre au début, du conflit avec Saladin et de Marian qui menace de se jeter dans le vide si Gisbourne s’approche d’elle, etc.
La légende de l’archer et de ses partisans sylvestres ne prend forme que dans la seconde moitié du film, après 60 minutes d’un prologue de style « mélo victorien en costumes ». L’influence de la pièce The Foresters or, Robin Hood and Maid Marian d’Alfred Lord Tennyson, créée en 1892 à New York, est également palpable. On relève aussi quelques sérieuses entorses à l’histoire : dans le film, Richard n’est pas emprisonné en Autriche sur le chemin du retour, il n’est donc pas question d’une rançon pour le délivrer, et sa mère, Aliénor d’Aquitaine, la véritable régente du royaume, est inexistante. Quant à la victoire sur Saladin, elle est pure invention : la Troisième Croisade fut un échec pitoyable. Cela dit, la présence de Robin Hood en Terre Sainte n’est pas une surprise. Dans le roman Maid Marian, The Forest Queen (1849) de Joachim H. Stocqueler, Robin est capitaine des archers aux Croisades, et l’opérette Maid Marian (1901) de Reginald De Koven et Harry B. Smith se déroule pendant le séjour de l’archer en Palestine.
Le film invite ouvertement au voyage dans un Moyen Âge rêvé, des châteaux en ruines reprennent leur forme d’antan, un pont-levis se baisse devant les yeux des spectateurs, invitant à entrer dans « l’Angleterre à l’âge de la foi (England at the Age of Faith) » (intertitre). Son héros est l’emblème nostalgique d’un passé heureux, en clair : d’un passé avant le traumatisme de la Première Guerre mondiale et de ses bouleversements sociétaux. Robin, le meilleur chevalier du royaume, est tout naturellement un aristocrate, car mieux vaut un noble qui aide les pauvres que des pauvres qui prendraient l’initiative de se rebeller contre la noblesse – le cauchemar du capitalisme américain ! Le massacre des mineurs de Ludlow, Colorado, en 1914, révoltés contre le trust Rockefeller, la campagne du président Theodore Roosevelt contre les « barons voleurs » (capitalistes du chemin de fer, du pétrole et de l’agro-alimentaire) ou le procès scandaleux de Sacco & Vanzetti en 1920 sont encore dans toutes les mémoires. Le prince redresseur de torts se met au service des peuples menacés par la barbarie (en l’occurrence la guerre et ses désordres), le maquisard de Sherwood assurant par sa lutte clandestine la continuité du pouvoir légitime que le peuple restitue à ses chefs une fois la paix revenue. Comme il s’agit de célébrer les vertus d’une démocratie romantique du XIXe siècle, et non pas un soulèvement périlleux contre l’ordre établi, fût-il « féodal », Fairbanks insiste très peu sur l’aspect « prince des voleurs » qui dépouille les riches pour aider les pauvres ; son Robin est en premier lieu le bras droit de Richard Cœur de Lion, un membre cossu de l’establishment normand dont la principale motivation est d’abord la vengeance (après la mort supposée de Lady Marian), puis de sauver la belle des griffes de Sir Gisbourne tout en restaurant la royauté : le script insiste sur l’aspect « romance et chevalerie », moins sur le justicier social des ballades populaires dont les compagnons sont décrits ici comme de joyeux adolescents attardés, des trublions en perpétuelle agitation. Il reprend donc le Robin aristocrate imaginé par le dramaturge élisabéthain Anthony Munday, dont la pièce Robyne Hoode fut jouée à la cour en 1598 (drame suivi en 1601 de The Downfall et The Death of Robert Earl of Huntington). Précisons que l’authentique comte David de Huntingdon (1152-1219), prince et héritier putatif du trône d’Écosse, fut armé chevalier par Henry II d’Angleterre et fit preuve d’une loyauté sans faille envers Richard Cœur de Lion, qu’il aurait peut-être accompagné en Terre Sainte; il assiégea les ennemis de Richard à Nottingham en mars 1194. Walter Scott imagina les aventures de son compatriote en croisade contre Saladin dans son roman The Talisman en 1825. Le scénario le transforme carrément en Robin Hood – et Fairbanks ajoute une petite barbiche à sa moustache, car « un bandit ne se rase pas tous les matins ». En fait, comme dans Zorro, Fairbanks assume un double rôle : il est l’aristocrate qui passe pour mort et se déguise en rebelle, le temps de rétablir la justice et l’ordre.
Le gigantisme des décors de Wilfred Buckland : l’extérieur et l’intérieur du château de Nottingham.
 Afin d’écarter toute tentative de film concurrent fabriqué à la va-vite, la production est annoncée sous le titre trompeur de The Spirit of Chivalry (L’Esprit de la chevalerie). En février 1922, Fairbanks et Mary Pickford acquièrent un terrain de 20’000 mètres carrés qu’occupaient les anciens studios de Jesse Hampton sur Santa Monica Boulevard et rebaptisent le lot Pickford-Fairbanks Studio. C’est là que Wilfred Buckland (assisté inofficiellement d’Anton Grot et de William Cameron Menzies) élabore et éclaire avec génie le décor proprement colossal du château de Nottingham : par sa taille, la muraille du château dépasse même la ville de Babylone bâtie six ans plus tôt pour Intolérance de D. W. Griffith. La forteresse est en fait le plus grand bâtiment autonome jamais construit pour un film muet, d’une hauteur de 28 mètres (pour le faire paraître plus grand encore, une partie supérieure est peinte sur verre et placée devant l’objectif de la caméra) ; la fassade principale fait 189 mètres de long et le pont-levis, confectionné avec une charpente d’acier, surplombe un fossé rempli d’eau d’une largeur de 9 mètres. Quant à la grande salle de Nottingham avec ses escaliers géants en spirale, elle mesure 150 mètres carrés. Tout est fabriqué en plâtre gâché mêlé à des filaments de bois et du ciment (coûts : 248’000 $). La version selon laquelle Fairbanks aurait été épouvanté par l’immensité des décors, découverts à son retour d’un voyage sur la côte Est, et que, craignant de disparaître devant la grandeur des bâtiments, il aurait songé à les faire reconstruire à une échelle plus humaine est un bobard mis en circulation plus tard par Dwan. Au contraire (comme le relate Robert Florey, témoin oculaire), la vedette, enthousiaste, en étudie les moindres recoins pour y développer ses diverses cascades et enjambées périlleuses, dissimulant des trampolines pour sauter d’un rempart à l’autre ou des crochets pour escalader le pont-levis, ou encore, dans la salle de festin haute comme une cathédrale, utiliser une tapisserie géante de dix mètres soutenue discrètement par une barre de fer afin de se laisser glisser de la galerie près du plafond jusqu’au hall central. Ancien ingénieur électro-mécanicien et scénographe-né, Dwan est une aide précieuse pour transformer concrètement l’ensemble en fabuleux terrain de jeu.
Le tournage, qui se déroule d’avril à août 1922, réunit jusqu’à 3200 figurants, habillés par Mitchell Leisen, le costumier talentueux de Cecil B. DeMille, et dirigés par Bruce Humberstone et Richard Rosson. Un mégaphone géant de deux mètres permet à Dwan d’aboyer ses instructions aux foules. Les extérieurs sont filmés à Verdugo-Woodlands à Glendale (scènes de couvent), au Matheson Ranch de Trifuno Canyon près de Calabasas, à Griffith Park (Bronson Canyon), à Santa Monica (le précipice), dans les forêts de Las Turas Lake (renommé depuis Lake Sherwood) et les sables de Lebec, Kern County (pour la Palestine). Le coût final de l’entreprise se monte à 961’129 $, ce qui en fait un film plus cher encore qu’Intolérance ou le ruineux Foolish Wives (Folies de femmes) d’Erich von Stroheim (1921). On murmure que Lord Louis Mountbatten, grand ami des Fairbanks, aurait discrètement participé au financement. Mais l’investissement et les risques pris sont payants, car le film connaît un succès critique et commercial phénoménal, engrangeant un bénéfice de 2,2 millions de $ (record absolu dans la carrière de Fairbanks). Robin Hood sort en première mondiale le 22 octobre 1922 au Cohan’s Grand Opera House à Chicago, inaugure le tout nouveau Grauman’s Egyptian Theater à Hollywood et attire plus de 100’000 spectateurs au cours de la première semaine au Capital Theatre de New York, alors la plus grande salle du monde. La censure a coupé préalablement des plans de torture des paysans par les favoris du prince Jean et un plan rapproché du visage de Gisbourne losque Robin lui brise la colonne vertébrale en le tordant autour d’un pilier. Fairbanks est furieux, mais il se console avec la Photoplay Gold Medal of Honor (précurseur de l’Oscar) que lui remet la profession en 1923. Tous les films hollywoodiens à grand spectacle qui sortent dans les douze mois suivants sont marqués par l’exubérance fairbanksienne : The Ten Commandments (Les Dix Commandements) de DeMille, The Hunchback of Notre Dame (Notre-Dame de Paris) de Wallace Worsley, Rosita d’Ernst Lubtisch ou The Covered Wagon (La Caravane vers l’Ouest) de James Cruze.
La narration fait preuve d’une indéniable vis comica, redevable sans doute à Dwan (auteur de nombreuses comédies) : la première apparition de Fairbanks à l’image est celle d’un chevalier maladroit, coincé dans son armure, incapable d’extraire sa tête de son heaume trop étroit et se blessant au nez. Le roi Richard est braillard, tapageur, jaloux, possessif et autoritaire (« impulsif, généreux, courageux », traduit diplomatiquement l’intertitre) ; le comédien américano-suisse Wallace Beery, énorme, le visage rubicond, le surjoue à volonté, à coups d’éclats de rires et de tapes sur l’épaule ; lorsqu’il hurle « Huntingdon ! » à travers la cour, les chevaux de ses hommes se cabrent et les cuisses de poulet qu’il mâchouille en goinfre attirent tous les canidés. Notons qu’en 1923, Beery rejouera le bruyant Plantagenêt dans Richard, the Lion-Hearted (L’Esprit de la chevalerie) de Chester Withey, médiocre bande produite par une filiale de la United Artists, Associated Authors, Inc., et également réalisée au Pickford-Fairbanks Studio. Avant de partir pour le Proche-Orient, le roi exige que ses proches se rechauffent dans les bras du sexe dit faible. Or Huntingdon, chevalier sans peur et sans reproche, craint les femmes (« Majesté, épargnez-moi ! »), engeance qui le rend gauche et emprunté. Champion du tournoi, il est harcelé par un essaim de damoiselles en pâmoison ; il plonge paniqué dans les douves du château, puis émerge nez à nez avec une jolie lavandière (« encore une femme ! »). Cette immaturité sexuelle et amoureuse à la limite de la misogynie, seule Lady Marian (l’Australienne Enid Bennett, épouse de Fred Niblo) saura l’en guérir, et c’est là son unique fonction dans le script. (On peut déceler ici la réaction pudibonde d’Hollywood après les tous récents scandales à caractère sexuel qui ont ébranlé l’opinion publique et réveillé ligues de décence et censeurs du futur Code Hays.) Relevons encore parmi les interprètes la présence d’Alan Hale en Little John très jovial, rôle qu’il reprendra encore deux fois, en 1938 aux côtés de son inséparable ami Errol Flynn et en 1950 avec John Derek.
On peut regretter de petites lenteurs (dans la première partie), un déséquilibre entre séquences forestières (banales), la grotte très stylisée des maquisards et la magnificence des intérieurs du château, enfin une prestation de Fairbanks totalement égocentrée, ne laissant aucune place aux autres protagonistes : tous les éléments du film sont tributaires de son envahissante personnalité. Mais son jeu déclamatoire, sa gestuelle ostentative sont compensés par un enthousiasme débordant, communicatif, et des prouesses physiques constamment surprenantes, rythmées avec grâce et aisance : Fairbanks, c’est « Robin acrobate », celui auquel Burt Lancaster rendra hommage dans The Crimson Pirate (Le Corsaire rouge) de Robert Siodmak trente ans plus tard. L’irréalité du décorum et des situations est pleinement assumée (Robin résiste seul, le sourire narquois, à une armée d’adversaires), car l’approche se veut lyrique, naïve. Elle se traduit aussi par une inventivité visuelle au niveau de l’imagerie (vaguement préraphaélite), des ambiances et des éclairages qui enchanteront René Clair, alors encore critique de cinéma et pataphysicien : « Un film pareil désarme le critique, écrit-il. Comment argumenter sur des détails face à un tel ensemble. (…) Il faut juger Robin des Bois comme on le ferait pour un ballet ou une pantomime, le regarder avec simplicité, admirer la perfection des mouvements, car tout y est mouvement ; le cinéma a été créé pour enregistrer précisément cela. (…) Or le rythme de Robin nous fait oublier ses imperfections. (…) J’espère que ces propos convaincront certains ‘intellectuels’ du fait qu’un film pareil peut avoir une grande valeur en tant que poème, et qu’il est futile d’en dénombrer les improbabilités. Le mouvement lyrique couvre tous ses défauts. » (Films, Paris, mars 1923). Fort de ce triomphe international qui marque l’entrée en force de Robin des Bois dans le septième art, Fairbanks met immédiatement en chantier The Thief of Bagdad (Le Voleur de Bagdad), son chef-d’œuvre, dont la mise en scène est confiée à Raoul Walsh. Pour Dwan, accaparé sur le champ par Gloria Swanson (huit films), Robin Hood est resté sa réalisation la plus célèbre – et aussi la plus rémunératrice, s’étant préalablement assuré un 5% des bénéfices. Il retrouvera une dernière fois Fairbanks en 1929, qu’il dirigera dans le crépusculaire et très sousestimé The Iron Mask (Le Masque de fer), l’ultime aventure – muette – des mousquetaires de Dumas.
DE, AT, IT : Robin Hood, ES: Robin de los bosques.
1923Robin Hood, Jr. (US) de Clarence Bricker
Franklin E. Backer/East Coast Productions-, 4 bob. – av. Frankie Lee (Robin Hood), Peggy Cartwright (Marian), Stanley Bingham (Richard Cœur de Lion), Ashley Cooper (prince Jean), Harry La Mont (Sir Guy of Gisbourne), Philip Dunham (le shérif de Nottingham).
Aventures semi-parodiques dédiées « à M. Douglas Fairbanks et à son film immortel » et jouées par des adolescents. Deux garçons créent un royaume imaginaire dans lequel ils apparaissent avec leurs proches dans les rôles de Robin Hood, etc.
1923® Robin Fuddo no yume [Le rêve de Robin des Bois] (JP) de Banshô Kanamori ; Tôa Kinema-Makino Prod. (c.m.). – av. Shinpei Takagi (Robin Hood), Teruko Makino (Marian), Ryûtarô Nakane, Minoru Maki, Kiyoshi Inoue. – Film perdu.
1923® Big Moments from Little Pictures (US) de Roy Clements; Hal Roach Studios, 20 min. – av. Will Rogers (Robin Hood), Marie Mosquini.
1923When Knights Were Cold (US) de Frank Fouce
A.G.N. Anderson Production-MGM, 2 bob. – av. Stan Laurel (Lord Helpus), Mae Laurel (la comtesse Out), Catherine Bennett (la princesse Elizabeth New Jersey), Scotty MacGregor (Sir Chief Raspberry), Billy Armstrong (le comte de Tabasco), Will Bovis (le duc de Sirloin), Stanhope Wheatcroft (le prince de Pluto), Harry De More (le roi Epsom).
Une parodie du Robin des Bois de Douglas Fairbanks avec Stan Laurel en sosie du fameux archer. Titres de travail : When Knighthood Was in Flour et Rob ‘Em Good. A l’annonce de la mort du roi Henry le 4711ème, le prince Pluto monte sur le trône. La princesse Elizabeth est prise en otage, et lorsque Lord Helpus tente de la libérer, Pluto condamne ce dernier à mort. Helpus et ses « merry men » courent à la rescousse, menés par un Chevalier Inconnu qui n’est nul autre que le bon roi Henry, toujours vivant...
1924Robin Hood's Men (GB) de Gerald Ames
Série « Fights Through the Ages » no. 2, Regent Films (London), 304 m. – av. Gerald Ames (Robin Hood).
1925Rob ’Em Good (US) de Hunt Stromberg
Hunt Stromberg Prod.-Metro-Goldwyn-Mayer, 2 bob. – av. Bull Montana (The Knight of Cauliflower/Earl of Nothingdone), Dot Farley (Lady Maryann Fizzwater), Charles Reisner (le roi Dick the Lamb-Hearted), James Quinn (le prince Johnny), Sidney D’Albrook (Sir Guy Ginsberg), George Meadows (le shérif de Rottingham), Billy Gilbert (le bouffon du roi), John Weldon (frère Luck), William Elmer (Little Joe), Steve Murphy (Red Scarlet), Max Davidson (un paysan), Marion Harlan (la chiropodiste de Lady Maryann), W. C. Robinson et Vincent Bryant (hommes du prince Johnny), Harry Keaton et John McCallum (hommes du roi Dick).
Hunt Stromberg, producteur des succès les plus populaires de l’âge d’or de la MGM (signés W.S. Van Dyke, Victor Fleming, George Cukor, King Vidor), réalise pour sa compagnie indépendante ce film burlesque avec le comique Bull Montana dans le rôle du fourbe comte de Nothingdone qui lutte en vain contre l’insaisissable Rob ‘Em Good (« détrousse-les bien ») et lui chaparde sa fiancée, Lady Maryann. Une parodie et un hommage au film de Douglas Fairbanks, tournée au Hollywood Center Studios.
1925® Lady Robin Hood (US) de Ralph Ince. – Evelyn Brent, Boris Karloff. – Une justicière américaine moderne.
1929® One Hysterical Night (US) de William James Craft; Universal. – av. Slim Summerville (Robin Hood, dans un bal masque).
1932The Merry Men of Sherwood (GB) de Widgey R. Newman
Widgey R. Newman/Delta Filmophone Pictures, 36 min. – av. John J. Thompson (Robin Hood), Aileen Marson (Marian), Eric Adeney (shérif de Nottingham), Patrick Barr (le bourreau), John Milton, Terence de Marney, Ian Wilson.
Robin Hood libère sa cousine Marian, prisonnière du shérif de Nottingham. Première et obscure version parlante, un moyen métrage britannique mis au point pour expérimenter un système idoine d’enregistrement sonore, le Delta Filmophone. Tourné aux Bushey Film Studios (Hertfordshire).
1933[Animation: Robin Hood (US) de Frank Moser et Paul Terry; Fox, 6 min. – Série “Paul Terry-Toon”.]
1934[Animation: Robin Hood Jr. (US) d’Ub Iwerks; Celebrity Pictures/MGM, 7 min. – Série “Willie Whopper”.]
1936[Animation: Robin Hood in an Arrow Escape (US) de ManieDavis et George Gordon; Fox, 6 min. – Série “Terry Toon”.]
1936Robin Hood, Jr. (US) de Les Goodwins
Maurice Conn/Ambassador Pictures, Inc. – av. Frankie Darro, Kane Richmond, Muriel Evans, John Merton.
Version musicale de la légende, d’après une histoire originale de H. H. Van Loan et Harry Hoyt. Film probablement inachevé.
Robin Hood (Errol Flynn) s’invite au banquet que donne Gisbourne en honneur du prince Jean à Nottingham.
1938***The Adventures of Robin Hood (Les Aventures de Robin des Bois) (US) de Michael Curtiz, William Keighley [et William Dieterle, B. Reeves Eason]
Henry Blanke, Hal B. Wallis, Jack L. Warner/Warner Bros. (A First National Picture), 102 min. – av. Errol Flynn (Sir Robin of Locksley, dit Robin Hood), Olivia de Havilland (Lady Marian Fitzwalter), Basil Rathbone (Sir Guy of Gisbourne), Claude Rains (prince Jean), Eugene Pallette (frère Tuck), Patrick Knowles (Will of Gamwell, écuyer de Robin, dit Will Scarlet), Alan Hale (Little John), Ian Hunter (Richard Cœur de Lion), Montagu Love (l’évêque des Black Canons), Melville Cooper (le shérif de Nottingham), Una O’Connor (Bess), Herbert Mundin (Much le Meunier), Leonard Willey (Sir Essex), Kenneth Hunter (Sir Mortimer of Leeds), Robert Noble (Sir Ralf of Durham), Robert Warwick (Sir Geoffrey), Colin Kenny (Sir Baldwin), Lester Matthews (Sir Ivor), Harry Cording (Dickon Melbete), Ivan F. Simpson (le patron de la Kent Road Tavern), Frank Baker (Turnkey), James Baker (cpt. Philippe d’Arras), Lionel Belmore (Humility Prim), Austin Fairman (Sir Nigel), Howard Hill (l’archer Elwyn le Gallois), Ray Spiker (l’archer Matt of Sleaford), Crauford Kent (Sir Norbett), Robert St. Angelo (Pierre de Caan), Sam Jaffe (un villageois).
Il aura fallu quinze ans avant que l’industrie du rêve n’aborde à nouveau, et pleinement, l’univers de Robin des Bois, tant l’impact de la version Fairbanks a marqué les générations. Il a fallu surtout des bouleversements technologiques qui justifient une approche nouvelle : le parlant et la couleur. La Warner Bros. s’est spécialisée dans les films de gangsters à implication sociale, rapides, nerveux, économiques, et les revues musicales à la Busby Berkeley fabriquées à la chaîne sur les plateaux de Burbank. Or l’écho médiatique sidérant dont a bénéficié le studio avec A Midsummer Night’s Dream (Le Songe d’une nuit d’été), une adaptation extravagante de Shakespeare due aux Allemands exilés Max Reinhardt et William Dieterle, incite la société à s’ouvrir aux productions de prestige, à des sujets européens, bref, à voir grand, et à contourner par la même occasion le diktat étouffant du Code Hays quant au sexe et aux intrigues policières qui handicape à présent les trames plus urbaines. En juillet 1935, sur une suggestion de Dwight Franklin (conseiller costumier de Dream), le grand patron Jack L. Warner ordonne la mise en chantier d’un Robin Hood qui serait interprété par James Cagney, star de la maison, un dur, trapu, bagarreur, colérique, incarnation du truand prolétaire par excellence (The Public Enemy, 1931) ; la mise en scène a été promise à Dieterle et Rowland Leigh élabore un premier script en collant aux ballades populaires les plus anciennes, version refusée car Lady Marian en est absente. Fort heureusement, Cagney claque la porte des studios pour deux ans, fâché avec la direction. Hal B. Wallis, producteur en charge, confie le scénario définitif à Norman Reilly Raine (The Life of Emile Zola de Dieterle, 1937) et à Seton I. Miller (Scarface de Howard Hawks, 1932) ; une fois Cagney disparu, Robin monte en grade : de simple roturier (paysan libre) chez Leigh, il devient Sir Robin of Locksley. Orson Welles, à New York, décline le rôle roi Richard ou de Tuck (Hollywood ne l’intéresse pas encore), et une première distribution comprend Anita Louise (Marian), David Niven (Will Scarlet) et Guy Kibbee (Tuck). Le rôle-titre est offert en vain à Douglas Fairbanks Jr. (il ne veut pas singer son père, dit-il), puis à Robert Donat, qui se désiste pour raisons de santé.
Simultanément, la Metro-Goldwyn-Mayer menace de sortir un musical intitulé Robin Hood d’après l’opérette éponyme de Reginald de Koven et Harry B. Smith (1890), création dont elle a racheté les droits et que devraient chanter Jeanette McDonald et Nelson Eddy, les redoutables roucouleurs maison. Sans suite, par bonheur, car les préparatifs de la Warner sont trop avancés, et le choix d’Errol Flynn pour le rôle principal est déterminant. Ce jeune Tasmanien de 28 ans qui vient de triompher dans Captain Blood, puis dans The Charge of the Light Brigade (les deux sous la direction de Michael Curtiz), porte le costume à merveille, exécute ses propres cascades et possède une élégance et un charisme renversants qui lui confèrent une noblesse « naturelle » – aux antipodes du plébéien Cagney. Ce charmeur-né est toutefois réputé pour son indépendance d’esprit, son indiscipline, son goût de la provocation et ses prises de risque insensées qui rendent Jack L. Warner apoplexique (il revient blessé de la guerre d’Espagne, au printemps 1937, où il a fraternisé avec les Républicains) ; ces traits de caractère collent en fait au personnage qu’il incarne. Olivia de Havilland sera Marian, déjà sa partenaire idéale dans les deux films précités (ils en tourneront huit ensemble). Le casting est étincelant, avec Basil Rathbone, un Gisbourne majestueux, intelligent et impitoyable, ennemi létal de Robin mais aussi son rival dépité en amour ; Claude Rains en prince Jean scélérat, tout en finesses chafouines, la voix mielleuse, manipulateur frustré, dévoré d’ambition ; Alan Hale en jovial Little John (rôle qu’il tenait déjà en 1922), et, seul personnage ridicule, Melville Cooper en délicieux shérif de Nottingham, un couard minable. Bref, la Warner s’investit à fond dans un blockbuster sans pareil, sa production la plus onéreuse d’avant-guerre (budgetée à 1,6 millions de $, elle grimpera à 1,9 millions). Le budget est surtout grevé en raison de l’utilisation du nouveau Technicolor trichrome de Mme Kalmus, procédé ruineux qui en est à sa troisième année d’existence et nécessite la location de caméras lourdissimes ainsi qu’un éclairage artificiel intensif. A l’insistance de Flynn, qui hait Curtiz, Wallis confie l’entreprise au réalisateur William Keighley, gentleman placide et chaleureux, artisan solide d’innombrables policiers et comédies musicales ; il vient de diriger Flynn dans The Prince and the Pauper (Le Prince et le Pauvre), une jolie aventure de cape et d’épée d’après Mark Twain, et de signer la deuxième bande en Technicolor de la maison (God’s Country and the Woman/La Loi de la forêt) ; le défi technique ne lui fait pas peur.
Keighley souhaiterait commencer son récit par un grand tournoi à cheval, comme la version Fairbanks, avec Sir Robin en chevalier ; Wallis s’y oppose pour des raisons dramaturgiques et Robin peut fort bien se passer de cuirasse. Le siège final du château de Nottingham par l’armée de Richard (avec catapultes, huile bouillante et tours d’assaut) est aussi abandonné : trop cher. Car l’investissement est de taille : les scènes de forêt doivent être reconstituées à Chico, à 565 km au nord de Los Angeles, parmi les vieux chênes et sycomores du parc municipal de Bidwell (augmenté d’arbres et de rochers factices et de centaines de buissons plantés temporairement), puis à Big Chico Creek (où Robin se mesure à Little John et à Tuck) ; la production y délègue 400 acteurs et techniciens. Le premier tour de manivelle est donné le 26 septembre 1937, l’automne menace, les interruptions dues aux pluies sont fréquentes ; le feuillage jaunit et doit être repeint, l’herbe « anglaise », pas assez verte, aussi. Après neuf semaines, retour à Hollywood. Les patrons ne sont pas satisfaits, Keighley ayant accumulé d’importants retards et ne donnant pas assez de nerf, de rythme et d’intensité aux scènes d’action. On lui reproche une touche trop légère (le banquet en forêt, les plaisanteries entre hommes des bois). Wallis le remplace d’office par Michael Curtiz qui, en six semaines supplémentaires de labeur non-stop, jusqu’à 18 heures par jour, parvient à boucler le film au 14 janvier 1938 (date butoir selon le contrat de Flynn). Et un retard de trente-huit jours sur le plan de travail.
Le cinéaste hongrois, tempérament d’esclavagiste, passionné de recherches visuelles et infatigable dictateur de plateau, retourne plusieurs scènes sylvestres « trop sages » de son confrère malchanceux à Lake Sherwood près de Westlake Village (comté de Ventura), à 24 km de Los Angeles (« Sherwood Forest », où Fairbanks avait déjà sévi), en orchestrant l’assaut en lianes du convoi de Gisbourne depuis les arbres ou l’épisode initial du cerf. Il met en boîte le concours des archers, situé à Busch Gardens (Pasadena) et au Midwick Country Club à Alhambra, où Howard Hill, champion mondial du « longbow » (arc droit), dirige les opérations, joue le capitaine des archers concurrent du héros et, en outre, plante lui-même les flèches dans les poitrines des cascadeurs, même en plein galop. D’autres scènes sont enregistrées au Ray Corrigan Ranch (« Corriganville ») à Simi Valley, avec l’appui de H. Reeves « Breezy » Eason, spécialiste de l’action spectaculaire qui avait magnifiquement secondé Curtiz pour la charge de la Brigade Légère. Lorsqu’il s’agit de mettre en scène le serment collectif des hommes des bois, Curtiz s’effondre, à bout de forces ; William Dieterle le remplace pendant sa brève hospitalisation. La façade inférieure de Nottingham Castle est érigée au sommet d’une colline au Ranch Warner à Calabasas (la peinture sur verre fait le reste), tandis que les rues de Nottingham et l’intérieur impressionnant du château – hautes parois cylindriques, escaliers extérieurs en colimaçon – sont reconstruits par Carl Jules Weyl sur les plateaux des studios Warner à Burbank avec l’intention manifeste de rivaliser, en plus réaliste, avec la version muette.
Lady Marian (Olivia de Havilland) s’ouvre à la cause défendue par Robin Hood (Errol Flynn).
 Toutes les séquences dans la forteresse témoignent de la virtuosité si caractéristique de Curtiz, qui sait exploiter l’ampleur de ses décors, dynamisant sa mise en scène par de savants mouvements de grue à caractère descriptif, rythmique et émotionnel, par des détails métaphoriques (le verre de vin renversé évoquant l’élimination du roi), par l’asymétrie des angles, des compositions élaborées et ces jeux d’ombres expressionnistes projetés sur les parois dont il détient le secret. Son travail d’orfèvre témoigne d’une recherche constante de la perfection et de la fluidité narrative assez inhabituelle pour ce genre de films, et il est soutenu en cela par Hal Wallis qui, lui aussi, vise très haut (Curtiz et Wallis fabriqueront le légendaire Casablanca quatre ans plus tard). Pourtant, les éclats entre le producteur et son réalisateur sont fréquents, car ce dernier, maniaque, n’en fait qu’à sa tête. « Votre Robin des Bois est un héros frémissant de vie, faites-moi lire ce frémissement dans vos yeux ! », ordonne l’exécrable mais enthousiaste Curtiz à Flynn en reprenant les commandes, et celui-ci, résigné, obtempère – avec le résultat que l’on sait.
Pour le stupéfiant duel final à l’épée large entre Flynn et Rathbone (réputé le meilleur bretteur d’Hollywood), le studio a fait appel au maître d’armes belge Fred Cavens, déjà responsable des coups de rapière de Captain Blood. Cavens a développé un style d’escrime cinématographique basé sur l’élégance de la gestuelle et la chorégraphie qui a fait école ; de surcroît, sa séquence est accompagnée d’un échange de tirades sarcastiques entre les adversaires, modèle d’affrontement inauguré à Hollywood en 1937 avec The Prisoner of Zenda de John Cromwell, dont W. S. Van Dyke a dirigé le long duel. Une fois le film au montage, Wallis charge le musicien autrichien Erich Wolfgang Korngold, auteur célébré de concertos et d’opéras en Europe, d’en composer la musique ; celui-ci est d’abord réticent, ce cumul d’actions dramatiques le désécurise. Engagé à la Warner en 1935 pour l’accompagnement musical de Midsummer Night’s Dream (l’orchestration de Mendelssohn), Korngold a pu quitter Vienne, où il enseignait à l’Académie de musique, avec sa famille peu avant l’Anschluss hitlérien, et son apport symphonique, de style post-romantique, aux films épiques de la firme est considérable ; avec Robin Hood, il réutilise en partie une œuvre ancienne, Sursum corda (1920), qu’il transforme en « opéra sans chant » : son travail, très entraînant, lui vaudra l’Oscar.
Le grand combat final au château de Nottingham et la mort de Gisbourne (Basil Rathbone).
 Si Flynn imite quelques idiosyncrasies fairbanksiennes (le rire provocateur, le geste narquois), l’orientation générale du film se démarque assez fortement de celle de la version muette, facteur à mettre sur le compte du récent engagement politique de la Warner. D’abord, les joyeux compères de Robin ont tous un profil, ils sont mis en valeur alors que Fairbanks accaparait l’attention exclusivement sur sa personne. Flynn est moins individualiste que son prédécesseur, moins sportif, mais plus chaleureux, séduisant et insolent. Il prend un plaisir juvénile à jouer, à mystifier, à ridiculiser ses adversaires, allant jusqu’à se jeter par deux fois, et sans nécessité, dans la gueule du loup (le banquet du début, le tournoi d’archer). Le scénario fuit toute surenchère naïve dans le gigantisme, toute irréalité servie avec un clin d’œil, privilégiant au contraire une approche concrète, adulte, parfois assez brutale (Robin tue à lui seul seize personnes au cours du film), et des déclarations agressives (pas de pitié pour les despotes). Dès 1935, la firme a clairement pris parti contre Hitler et Mussolini, et tous ses films de prestige participent de manière plus ou moins déguisée à la dénonciation des dictatures européennes (Robin Hood ne sera montré en Espagne qu’en 1948 et en Allemagne qu’en 1950). En introduisant le thème de l’oppression des Saxons par les Normands, le scénario reprend un schéma développé dans le roman Ivanhoé de Walter Scott qui est en fait historiquement infondé, car un siècle et demi après Hastings, l’assimiliation entre conquérants et conquis était parachevée. Toutefois, en présentant l’image d’un pays ruiné par les abus d’un occupant arrogant et cruel, la séquence d’ouverture place les oppositions sur lesquelles se construit tout le discours idéologique du film : Normands/Saxons, riches/pauvres, traîtres/loyaux, château/forêt, etc. Ce sont d’un côté la discipline rigide de la soldatesque au service d’une cour normande corrompue (l’oppression fasciste), de l’autre le joyeux et généreux compagnonnage saxon au cœur de la nature régénératrice (la démocratie « naturelle ») ; le seigneur des gueux face à l’ordre des imposteurs ; le manque d’humour et le sadisme des uns contre la spontanéité ludique et le dynamisme farceur des autres ; la victoire de la fantaisie sur l’aveuglement des fonctionnaires, etc. La vie communautaire au vert possède des relents d’utopie écologiste avant la lettre (vêtements verts, boy-scouts). A la fois féru de liberté (le côté « aérien » de la vie dans les arbres, les flèches) et révolté au grand cœur, Robin incarne pour les spectateurs du XXe siècle l’« homme des bois » chevaleresque dont les attitudes et la philosophie le rapprochent de Henry David Thoreau, le Rousseau américain. Mais s’il apparaît comme la quintessence du romantisme, il sait aussi rester vigilant face aux grands de ce monde : « Je condamne Richard », assène-t-il au roi sans le reconnaître. « Sa tâche était de rester ici et défendre son propre peuple au lieu de nous abandonner pour aller se battre en terre étrangère. » – « Quoi, vous condamnez la Sainte Croisade ? » – « Oui, je condamne tout ce qui inflige la gouvernance de l’Angleterre à des hors-la-loi comme moi. »
C’est avant tout le programme du « New Deal » de Roosevelt (que Jack L. Warner soutient activement) qui transparaît en filigrane : aucun film de Robin des Bois, ni avant ni après 1938, n’insiste à ce point sur la redistribution des richesses et la justice sociale : les impitoyables collecteurs d’impôts de Nottingham sont ici les ancêtres des banquiers de Wall Street, les coupables de la grande Dépression. Avant de passer à la révolte, Robin réunit tous les exploités du comté qui l’ont rejoint autour du « chêne des pendus » (« Gallows Oak ») où ils font solennellement serment de « ne prendre aux riches que pour nourrir les affamés et habiller les déshérités, d’abriter les vieux, les malades et les sans-défense, de protéger toutes les femmes, qu’elles soient aisées ou démunies, normandes ou saxonnes. » Il est amusant de relever que c’est justement William Dieterle, homme de gauche et antifasciste engagé (à quelques semaines de commencer Blockade, sur la guerre d’Espagne), qui a tourné cet appel au retour à une démocratie idyllique et égalitariste. S’adressant au grand « melting pot » américain, le film se doit de gommer au possible les principes féodaux et invite à dépasser toute origine sociale et éthnique : « C’est l’injustice que je hais, non les Normands ! » s’exclame Robin après avoir promené Lady Marian à travers l’infirmerie improvisée où sont entassées les victimes de la tyrannie.
Pourtant, Robin Hood n’est pas consciemment une œuvre politique, mais dans son invitation à la vigilence face aux abus des gouvernants, elle s’appuie habilement sur l’idéologie alors dominante aux Etats-Unis à la veille de la guerre. Portées par ce mélange de romantisme et d’âpreté qui fait le style Warner (et celui de Curtiz), les valeurs conservatrices du récit médiéval se marient ici idéalement avec le réformisme progressiste du studio. Certes, le film porte la signature de son époque, avec son côté grand livre d’images populaires, exaltantes et manichéennes, imprégnées d’un idéalisme qui a fait naître le redressement économique du New Deal, avec son optimisme, ses procédés de fabrication et accélérés staccato si typiques du studio, son Technicolor vintage aux rouges pétants et verts crus. Mais sa vitalité exceptionnelle, sa truculence jubilatoire, ses prouesses techniques et la perfection d’un scénario mêlant action dramatique, humour et sentimentalité avec un rare bonheur en font aussi un film sans âge, représentatif d’un certain classicisme du cinéma américain d’avant-guerre. « Un spectale éblouissant, romantique, somptueux… il enchantera les enfants, rajeunira les vieillards et charmera ceux qui sont entre les deux », s’exclame Frank S. Nugent au lendemain de la première mondiale à New York, le 12 mai (New York Times, 13.5.38). C’est un triomphe immédiat. Les recettes domestiques aux USA se chiffrent à 3,981 millions de $, et en France, on compte jusqu’à sept millions de spectateurs en 1938. Robin Hood est nominé à l’Oscar comme meilleur film de l’année (mais c’est You Can’t Take It with You de Frank Capra qui gagne) et remporte une statuette d’or pour décors, musique et montage, tandis que Hal B. Wallis reçoit le Irving G. Thalberg Memorial Award. Réalisé par un Hongrois, mis en musique par un compositeur autrichien, joué par une star australo-tasmanienne qui partage l’affiche avec une vedette anglaise naturalisée américaine et de nombreux collègues d’origine britannique, ce Robin Hood confirme Hollywood en tant que moyeu et fabricant de culture populaire pour le monde entier. Aujourd’hui, réédité, rediffusé constamment sur grand et petit écran, le film continue à être une des bandes d’aventures les plus célèbres et les plus aimées, « la quintessence, jamais dépassée, du cinéma hollywoodien » selon Jacques Lourcelles (Dictionnaire du cinéma, Laffont, 1992, p. 2). En outre, l’œuvre a été consacrée par critiques et historiens comme la forme canonique, la Vulgate de la légende de Robin des Bois, réussissant même à éclipser son illustre prédécesseur muet ; le travail de Curtiz représente incontestablement un modèle du genre, au même titre que l’Ivanhoé de Richard Thorpe (1952) dans la catégorie « film de chevalerie ». Tous les films ultérieurs consacrés au personnage tenteront en vain de se défaire de la tutelle écrasante d’Errol Flynn ; il faudra attendre 1975, soit trente-sept ans, pour découvrir enfin un Robin qui soit artistiquement à sa hauteur tout en offrant une approche vraiment nouvelle : le déchirant Robin and Marian (La Rose et la Flèche) de Richard Lester, avec Sean Connery et Audrey Hepburn.
Pour l’anecdote : en automne 1938, Hal B. Wallis et Curtiz envisagent une suite intitulée Sir Robin of Locksley, avec la même distribution, mais Washington ayant exigé des restrictions en prévision de la guerre, le projet est repoussé à plus tard. Or, en 1945, lorsqu’on reconsidère la chose, Olivia de Havilland et Claude Rains ne sont plus sous contrat à la Warner Bros.
IT: La leggenda di Robin Hood, ES: Robin de los Bosques, DE: Robin Hood, König der Vagabunden
1939[Animation : Robin Hood Makes Good (US) de Charles M. Jones; Leon Schlesinger/Warner Bros., 7 min. – av. voix de Gay Seabrook, Sara Berner, Mel Blanc, Bernice Hansen, Margaret Hill-Tabot. Des écureuils combattent la tyrannie du renard.]
1946® Lady Robinhood (IN) de R. N. Vaidya. – av. Fearless Nadia (Inde moderne).
1946The Bandit of Sherwood Forest (Le Fils de Robin des Bois) (US) de Henry Levin et George Sherman
Leonard S. Picker, Clifford Sanford/Columbia Pictures, 87 min. – av. Cornel Wilde (Robert de Huntington, fils de Robin Hood), Russell Hicks (le comte de Huntington, son père [Robin Hood]), Anita Louise (Lady Catherine Maitland), Jill Esmond (Isabelle d’Angoulême, la reine-mère), Henry Daniell (le régent William Marshal, comte de Pembroke), George Macready (Lord Fitz-Herbert), Edgar Buchanan (frère Tuck), Lloyd Corrigan (le shérif de Nottingham), Ray Teal (Little John), Leslie Denison (Alan-a-Dale), Ian Wofe (Lord Mortimer), Maurice R. Tauzin (le jeune Henry III), Eva Moore (mère Meg), Miles Mander (Lord Warrick).
Synopsis : En 1216, le château de Nottingham abrite le jeune dauphin, futur Henry III. Le régent William de Pembroke (Guillaume le Maréchal), homme sans scrupules qui tyrannise le peuple, cherche à faire disparaître le dauphin pour s’emparer du trône. Craignant pour la vie de son fils, la reine-mère Isabelle d’Angoulème, accompagnée de Lady Catherine, part à la recherche de son fidèle vassal Robin Hood pour lui demander de l’aide. Dans le repaire des hors-la-loi, ces dames sont reçues par Robert de Huntington, le fils de Robin. Père et fils mettent au point un plan hardi afin de faire évader le jeune roi ; ils y parviennent, mais Robert est capturé. Apprenant que ce dernier est le fils de son ennemi juré, William de Pembroke tient le jeune homme au secret, sans nourriture, et le provoque en combat singulier une semaine plus tard ; ses archers ont ordre de le transpercer de flèches s’il s’avérait plus vigoureux que prévu. Le régent proclame la destitution du jeune Plantagenêt et la révocation de la Grande Charte. Catherine, qui aime Robert, parvient toutefois à le sustenter en secret et, ayant repris des forces, celui-ci réussit à tuer l’usurpateur sous les yeux de ses soldats dans la cour, sbires que les hors-la-loi de Robin des Bois tiennent en respect, sauvant par la même occasion et le dauphin et la Magna Carta. Henry III fait Robin comte de Sutherland et lui ordonne d’épouser Lady Catherine.
Le retour de Robin des Bois et sa descendance, une tentative modeste mais sympathique de renouer avec le classique d’avant-guerre de Michael Curtiz à la Warner, avec de discrètes allusions à un passé récent : l’instauration d’une dictature « fasciste » et des maquisards patriotes pour la combattre. Le scénario se base assez librement sur les romans Son of Robin Hood et Son of Robin Hood in Nottingham de Paul A. Castleton (1941/42), tout en introduisant une absurdité historique majeure quand il fait de William Marshal, premier comte de Pembroke (Guillaume le Maréchal, ca. 1146-1219) l’usurpateur à abattre. Son interprète, Henry Daniell, incarna l’affreux Goebbels/Garbitsch dans The Great Dictator de Charles Chaplin en 1940. Or, le William Marshal historique fut un des plus fidèles vassaux d’Henry II Plantagenêt, un pilier de la monarchie angevine, l’incarnation même de la loyauté et le régent d’Angleterre à la mort de Jean sans Terre en 1216, durant la minorité d’Henry III. Il confirma, tout au contraire, la Grande Charte et empêcha les Capétiens de s’emparer de la couronne d’Angleterre en mettant en déroute les armées du dauphin Louis le Lion à Lincoln en mai 1217. Tournoyeur réputé et ayant survécu à cinq batailles au cours de sa vie, Marshal fut proclamé « meilleur chevalier du monde » peu après sa mort (dans son lit !). Le pauvre ne méritait pas le sort que lui réserve Robin junior. Mais à Hollywood, les régents ont toujours mauvaise presse…
Le film est tourné en de mars à mai 1945 dans un décor médiéval érigé exprès dans le ranch de Ray Corrigan à Corriganville (Simi Valley, Calif.), avec une belle photo en Technicolor signée Tony Gaudio, qui a déjà travaillé sur le film de 1938 (tout comme l’expert archer Howard Hill). Il engrange une recette maximale de 3 millions de $ (le triple de ses coûts) grâce au charme du jeune Cornel Wilde qui essaie d’imiter les prouesses d’Errol Flynn. C’est le premier film à donner une progéniture au héros, afin qu’elle puisse, à quelques détails près, revivre des aventures quasi identiques. Robin aura encore deux autres fils (John Derek dans Rogues of Sherwood Forest, 1950, et Jason Connery dans Robin of Sherwood, tv 1985) et deux filles (June Laverick dans Son of Robin Hood, 1959, et Keira Knightley dans The Princess of Thieves, tv 2002). On ignore si Maid Marian est la mère de tous ces joyeux enfants... Rappelons enfin que le schéma de film est assez proche de celui de Sons of the Musketeers/At Sword’s Point (Les Fils des Mousquetaires) de Lewis Allen en 1949 [1952], où, à la demande d’Anne d’Autriche, les héros de Dumas protègent le dauphin de France, futur Louis XIV, contre les manigances d’un régent fantaisiste.
DE, AT : Der Bandit und die Königin / Der Sohn von Robin Hood, ES : El hijo de Robin de los Bosques, IT : Il figlio di Robin Hood.
1946Outlaws of Sherwood Forest / Son of the Guardsman (Les Archers des bois / Les Archers de Robin des Bois) (US) de Derwin Abrahams
Sam Katzman/Columbia Pictures [serial], 15 x 15 min. – av. Robert Shaw (David Trent [=Robin Hood]), Daun Kennedy (Louise Markham), Robert 'Buzz' Henry (Roger Mowbry, alias le prince Richard Coeur de Lion), Jim Diehl (Allan Hawk), Hugh Prosser (Red Robert), Wheeler Oakman (Lord Markham), Charles King (Sir Edgar Bullard), John Merton (Lord Hampton), Ray Bennett (Duncan), I. Stanford Jolley (Sir William Pryor).
Sérial indigent, à l’image des productions Sam Katzman (le nabab le plus radin de la profession), dont l’action se déroule avant la saga de Robin des Bois tout en obéissant aux mêmes schémas. L’obscur Texan Robert Shaw interprète un avatar de Robin baptisé Dave Trent, qui se retourne contre son oncle Sir Edgar Bullard, un baron escroc, et rejoint un groupe d’hommes libres dans la forêt de Sherwood pour combattre l’injustice. Parmi eux se terre un certain Roger Mowbry qui est en réalité le jeune prince Richard Plantagenêt et que Trent finit par faire couronner roi. Tourné dans les décors médiévaux de The Bandit of Sherwood Forest (Le Fils de Robin des Bois) (cf. supra) à Corriganville, Simi Valley (Californie) et sorti hebdomadairement en avant-programme dans les salles entre octobre 1946 et janvier 1947.
Episodes: « Outlaws of Sherwood Forest » – 2. « Perils of the Forest » – 3. « Blazing Barrier » – 4. « The Siege of Bullard Hall » – 5. « A Dagger in the Dark » – 6. « A Fight for Freedom » – 7. « Trial by Torture » – 8. « Mark Crowell’s Treachery » – 9. « Crushed to Earth » – 10. « A Throne at Stake » – 11. « Double Danger » – 12. « The Secret of the Treasure » – 13. « Into the Depths » – 14. « The Lost Heritage » – 15. « Free Men Triumph ».
1947The Prince of Thieves (Le Prince des voleurs) (US) de Howard Bretherton [et Derwin Abrahams]
Sam Katzman/Columbia Pictures, 72 min. – av. Jon Hall (Robin Hood), Patricia Morison (Lady Marian), Adele Jergens (Lady Christabel), Michael Duane (Sir Allan Claire [Alan-a-Dale]), H. B. Warner (Gilbert Head, père adoptif de Robin), Lowell Gilmore (Sir Phillip), Gavin Muir (le baron Tristram de Goldsborough), Robin Raymond (Maude Lindsay), Lewis R. Russell (Lord Fitz-Alwin, shérif de Nottingham), Alan Mowbray (frère Tuck), Walter Sande (Little John), Syd Saylor (Will Scarlet), Belle Mitchell (Margaret Head).
Synopsis : En route pour retrouver Lady Christabel, sa fiancée, Sir Allan Claire traverse la forêt de Sherwood accompagné de sa sœur, Lady Marian, quand ils sont interceptés par un archer de Robin Hood. Celui-ci leur annonce le prochain mariage de Lady Christabel avec le lascif baron Tristram, union imposée par le père de la belle, Lord Fitz-Alwyn, shérif de Nottingham. Sir Allan étant un partisan du roi Richard et sa sœur plutôt jolie, Robin accepte de leur prêter main-forte en enlevant la fiancée en danger. Marian est capturée par le neveu du baron, Sir Phillip, qui la convoite. Robin échappe à la pendaison dans le donjon du château et attaque la place forte pour délivrer les damoiselles en péril et occire le baron et son neveu qui veulent imposer le droit de cuissage. Frère Tuck célèbre un triple mariage – Robin et Lady Marian, Allan et Lady Christabel, la servante Maude et Little John – et tout le monde galope à la rencontre du roi, enfin de retour en Angleterre et en grand besoin de renforts pour combattre les troupes de son frère Jean.
C’est la première adaptation officielle du roman Le Prince des voleurs d’Alexandre Dumas et de sa suite, Robin Hood le proscrit, parus en 1872/73 et traduit en anglais en 1903. L’œuvre n’est pas vraiment de sa plume : en fait, Dumas retravaille en gros un autre roman paru à Londres sous forme de feuilleton en 1838 et publié en 1840, intitulé Robin Hood and Little John : or, the Merry Men of Sherwood Forest, ouvrage mélodramatique du journaliste Pierce Egan the Younger. Dumas/Egan content la vie de Robin, de sa naissance mystérieuse en 1160, nourrisson d’origine noble adopté par le garde forestier Head, au décès de Marian et à la mort du héros en 1247, assassiné par sa cousine, l’abbesse de Kirklees. Le film se garde d’illustrer la fin désabusée du roman, fortement marqué par l’anticléricalisme de Dumas. L’intrigue centrale assez compliquée réunit trois couples (dont celui formé par Sir Allan Claire, modèle du proscrit Alan-a-Dale, et Lady Christabel). Robin se borne à sauver des amoureux – au lieu de sauver l’Angleterre ! Son interprète, Jon Hall (cette fois sans Maria Montez ni Sabu) frise le ridicule avec sa moustache et son air gominé. La bande, qui lorgne vers la comédie, est filmée à l’économie en Cinécolor à Corriganville (Ray Corrigan Ranch) à Simi Valley, où le réalisateur Derwin Abrahams assiste Bretherton sur les trop rares scènes d’action et rentabilise décors et accessoires de The Bandit of Sherwood Forest (1947) également utilisés dans son propre sérial, Outlaws of Sherwood Forest (cf. supra).
DE, AT : Robin Hoods grosse Liebe, ES : El rey de los bosques, IT : Canaglia eroica.
1948[Animation : Robin Hood-Winked (US) de Seymour Kneitel ; Paramont (série « Popeye »), 7 min. – av. voix de Jack Mercer (Robin Hood Popeye), Mae Questel, Jackson Beck.]
1948[Animation : Robin Hoodlum (US) de John Hubley ; Stephen Bosustow/Columbia (série “Jolly Frolics”), 7 min. – av. voix de Jack Mather.]
1949[Animation : Rabbit Hood (Bugs Bunny et Robin des Bois) (US) de Charles M. Jones ; Warner Bros. (série « Bugs Bunny »), 8 min. – av. voix de Mel Blanc (Bugs, shérif et Little John). Bugs Bunny cherche des carottes sur les terres du shérif de Nottingham.]
1950*Rogues of Sherwood Forest (La Revanche des gueux) (US) de Gordon Douglas
Fred M. Packard/Columbia Pictures, 80 min. – av. John Derek (Robin Hood, comte de Huntington), Diana Lynn (Lady Marian de Beaudray), George Macready (le roi Jean), Alan Hale (Little John), Paul Cavanaugh (Sir Giles), Billy House (frère Tuck), Lowell Gilmore (le comte de Flandres), Lester Matthews (Alan-a-Dale), William Bevan (Will Scarlet), Wilton Graff (baron Fitzwalter), Donald Randolph (l’archevêque Stephen Langton), John Dehner (Sir Baldric), Gavin Muir (le baron Alfred), Tim Huntley (le baron Chandos).
Synopsis : Richard Cœur de Lion et Robin des Bois sont morts. Étant monté sur le trône après un long exil, le roi Jean rêve de se venger sur le fils de Robin. Par la même occasion, il veut se débarrasser des lois « démocratiques » de feu son frère Richard et instaurer une dictature à laquelle n’ose s’opposer la majorité de la noblesse anglaise. Son allié, le comte de Flandres, propose de mettre une armée de mille mercenaires à sa disposition pour retablir un gouvernement autoritaire en Angleterre. En 1214, de retour des Croisades, Robin de Huntington junior échappe à une tentative d’assassinat lors d’un tournoi truqué où il réussit néanmoins à tuer Sir Baldric, homme de main du comte de Flandres. Lorsque le roi fait prélever des taxes exorbitantes pour financer ses mercenaires, Robin prend le parti des paysans, brave l’autorité royale, retrouve les anciens compagnons de son père et gagne le maquis où il prépare la guerre contre le roi, d’entente avec les barons révoltés sous la houlette de Stephen Langton, le prestigieux archevêque de Canterbury. Ne pouvant plus compter sur des taxes pour son armée, Jean promet en échange au comte de Flandres la main de sa pupille, Lady Marian, l’amoureuse de Robin. Le mariage doit être célebré à l’abbaye de Saint-Dunstan, au-delà de Sherwood. Robin monte un guet-apens dans les bois, tue le comte en duel et libère sa bien-aimée. Le 15 juin 1215 à Runnymede, le roi Jean est sommé par l’archevêque et les barons réunis de parapher la Grande Charte. Il s’exécute la rage au cœur tandis que Robin convole avec Lady Marian.
Autre suite économique du film de Michael Curtiz, avec Alan Hale qui reprend pour la troisième et dernière fois – après 1922 et 1938 – son rôle de Little John (il décède en janvier 1950), et le jeune John Derek, avec une fine moustache, en imitation d’Errol Flynn. Filmé en Technicolor d’août à septembre 1949 à nouveau dans les décors médiévaux de The Bandit of Sherwood Forest (1946) érigés à Corriganville (Ray Corrigan Ranch), Simi Valley, ce « sequel » est, toute proportion gardée, assez proche de l’esprit et du ton de son modèle de 1938, et sans doute la variante la plus réussie de la légende avant l’admirable Robin and Marian de Richard Lester en 1976. La réalisation nerveuse et dynamique de Gordon Douglas, petit maître de la série B, fonctionne à merveille, en particulier pendant l’attaque du convoi royal par une centaine d’archers qui se laissent tomber des branches, séquence bien sûr inspirée par le film de Flynn/Curtiz. Afin de ménager les catholiques américains, le film se garde toutefois d’évoquer le conflit de Jean avec la papauté, l’excommunication du roi par Innocent III qui a jetté l’interdit sur le royaume d’Angleterre et le rôle déterminant de Stephen Langton.
DE, AT : Robin Hoods Vergeltung, DE-RDA : Die Rache von Sherwood Forest, ES : El temible Robin Hood, IT : Viva Robin Hood !
1950® (tv) Babes in the Wood on Ice (GB) d’Eve Bradfield (BBC 20.12.50). – av. Belita (Robin Hood), Reg Park (Much le meunier), Olive Robinson (Marian), Doreen Russell Roberts (Will Scarlet), Jerina Nekelova (Alan-a-Dale), Derrick Baxter (frère Tuck). – La pantomime de Claude Langdon filmée à l’Empress Hall à Londres, spectacle musical de fin d’année.
1951Tales of Robin Hood (Les Nouveaux Exploits de Robin des Bois) (US) de James Tinling et Robert L. Lippert
Hal Roach Jr./R & L Productions-Lippert Pictures, 61 min. – av. Robert Clarke (Robin Hood), Mary Hatcher (Lady Marian Fitzwalter), Paul Cavanaugh (Sir Guy of Gisbourne/Clermont), Wade Crosby (Little John), Whit Bissell (Will Stutely), Ben Welden (frère Tuck), Robert Bice (Will Scarlet), Tiny Stowe (le shérif de Nottingham), Keith Richards (Sir Alan), Bruce Lester (Alan-a-Dale), Lester Matthews (Sir Hugh Fitzwalter), John Vosper (le comte de Chester, père de Robin).
Les débuts ratés de Robin des Bois sur le petit écran. Initialement un épisode pilote fauché – premier titre : Adventures of Robin Hood – dans lequel on apprend que Robin est le fils du comte de Chester, un noble saxon assassiné par un collecteur d’impôts normand, Sir Guy, qui s’est ensuite emparé de Locksley Castle. A la tête de ses hommes, Robin force le château, participe à un concours de tir à l’arc qui était en réalité un piège, parvient à s’échapper et enlève Lady Marian, la fiancée réfractaire du châtelain dont il s’est épris. Il s’invite à une cour de justice tenue par Sir Guy et le défie avec ses proscrits. Sir Guy se reconnaît vaincu et restitue à Robin ses terres, puis consent à son mariage avec Marian. – La production exploite les décors de Joan of Arc (1948) de Victor Fleming, aux studios Hal Roach à Culver City (août 1951). Mais le pilote ne trouvant pas d’acheteurs en vue d’une série, le film est uniquement exploité en salle, à la sauvette.
1951® Ivanhoe (US/GB) de Richard Thorpe. – av. Harold Warrender (Robin Hood). – cf. Ivanhoé (3.1.a)
1951® Robin Hood / Aïssa de l’Atlas (MA) de Mohamed Osfour, 60 min. – av. Mohamed Osfour (Robin Hood), Rabea Osfour.
1952*The Story of Robin Hood and his Merrie Men / US: The Story of Robin Hood (Robin des Bois et ses joyeux compagnons) (GB/US) de Ken Annakin
Perce Pearce, Walt Disney/Walt Disney British Productions Ltd.-RKO Radio Pictures, 83 min. – av. Richard Todd (Robert Fitzooth de Locksley, dit Robin Hood), Joan Rice (Marian [Marion]), James Robertson Justice (Little John), Peter Finch (le shérif de Nottingham), James Hayter (frère Tuck), Hubert Gregg (prince Jean), Patrick Barr (Richard Cœur de Lion), Martita Hunt (la reine-mère Aliénor d'Aquitaine), Anthony Forwood (Will Scarlet), Elton Haytes (Alan-a-Dale), Antony Eustrel (l’archevèque de Canterbury), Reginald Tate (Hugh Fitzooth, père de Robin Hood), Clement McCallin (le comte de Huntingdon, père de Marian), Hal Osmond (Midge le meunier), Archie Duncan (Red Gill).
C’est le deuxième long métrage de fiction non animé produit par Walt Disney après Treasure Island (L’Île au trésor) de Byron Haskin (1949/50), tourné comme celui-ci en Technicolor en Angleterre avec des fonds gelés. A la demande de Disney, la réserve naturelle de Burnham Beeches (Buckinghamshire) sert pour de rares extérieurs en forêt, le reste – le campement de Sherwood Forest et Nottingham – étant entièrement filmé aux studios voisins de Denham (D&P Studios), avec une douzaine de « matte paintings » créés par Peter Ellenshaw, artiste auquel on doit les effets spéciaux mémorables de 20'000 lieues sous les mers et de Mary Poppins (mai-juillet 1951) ; c’est un événement pour le cinéma britannique et la princesse Elisabeth – couronnée reine d’Angleterre deux ans plus tard – fait même une visite très médiatisée sur le plateau. La mise en scène a été confiée cette fois-ci à un Anglais, le jeune Ken Annakin, un ancien assistant de Carol Reed, honnête illustrateur qui manifestera dans les décennies à venir un goût marqué pour l’aventure et un sens du spectacle certain (la partie anglaise de The Longest Day/Le Jour le plus long en 1962, Those Magnificent Men in Their Flying Machines en 1965, The Battle of the Bulge/La Bataille des Ardennes en 1966) ; il est secondé du chef opérateur oscarisé Guy Green, qui, lui aussi, passera à la réalisation. Annakin se plaint d’une part d’avoir les mains liées – il doit se tenir strictement au storyboard approuvé par Disney avant même son engagement – et d’autre part des insuffisances de Joan Rice, actrice médiocre que le grand patron lui a imposée ; il n’a pas été consulté non plus pour les décors (assez réussis) de Carmen Dillon et le montage final se fait sans lui, à Burbank, Hollywood. Le comédien britannique Richard Todd tient ici son premier rôle sous l’égide de Disney, qui le réutilisera dans deux autres de ses productions en costumes, The Sword and the Rose (La Rose et l’Épée) (1953), également d’Annakin, et Rob Roy (Échec au roi) (1954) de Harold French ; imberbe, l’acteur n’a ni l’agilité ni la prestance et l’espièglerie de ses prédécesseurs, mais sa popularité auprès du jeune public compense cela, et sa nature calme et posée, son jeu réaliste comme sa colère vengeresse se marient assez bien avec une certaine sécheresse narrative, peu courante dans le cinéma d’Hollywood.
Première tentative d’envergure d’illustrer la légende depuis 1938, ce Robin Hood fusionne plusieurs sources divergentes tout en reprenant avec adresse les passages essentiels de la légende déjà traités à l’écran. Ménéstrel ambulant, Allan-a-Dale narre en chansons les exploits du hors-la-loi, introduction disneyenne par excellence. Le film débute en 1190 par le départ à la Croisade de Richard Cœur de Lion, puis présente un Robin d’extraction modeste, fils du garde-chasse du comte de Huntington qui se réfugie dans les bois pour venger l’assassinat de son père Hugh Fitzooth, perpétré sous ses yeux par les sbires du shérif. Vainqueur d’un concours au tir à l’arc (qui a lieu en présence d’Aliénor d’Aquitaine) avec son fils, le malheureux forestier a écopé d’une flèche dans le dos pour avoir refusé l’honneur douteux de rejoindre la garde du shérif de Nottingham et répondu avec insolence à celui qui écrase le pays d’impôts iniques. Le script corrige un détail historique longtemps négligé : en l’absence de Richard, le royaume d’Angleterre est gouverné par la reine-mère Aliénor et William Longchamp, évêque d’Ely, et non pas par le prince Jean ! Les hors-la-loi communiquent entre eux avec des flèches sifflantes aux couleurs différentes. Robin pille le trésor du shérif afin de financer la rançon du roi ; ridiculisé, le shérif envoie ses sbires déguisés en yeomen pour reprendre l’argent à la reine-mère et à l’évêque alors que leur colonne traverse la forêt, mais Robin intervient à temps. Les assaillants sont tués et ses hommes, habillés en soldats, s’introduisent de nuit à Nottingham où ils libèrent Lady Marian (amie d’enfance et promise fort chaste de l’archer) qui croupit dans une cellule. Lors de l’affrontement final entre Robin et le shérif (excellent Peter Finch, mesuré et machiavélique), ce dernier, terrassé, supplie son adversaire de le laisser en vie et lui promet solennellement qu’il pourra quitter le fort sans entraves. Robin accepte et s’apprête à rejoindre les siens lorsque le shérif, parjure, ordonne de lui barrer le chemin. En tentant lui-même de retenir l’archer piégé, il périt broyé par le mécanisme du pont-levis qui se ferme ; Robin échappe de peu à la mort en sautant dans les douves. La séquence est brutale, très inhabituelle dans l’univers propret de Mickey. L’arrivée surprise du roi Richard dans le repaire des « joyeux compagnons » rétablit la situation. En rétribution des services rendus à la Couronne, Robin est armé chevalier avec le titre de comte de Locksley…
L’accueil critique est tiède, à tort, mais le public prend les salles d’assaut (première mondiale à Londres le 13 mars 1952) et les recettes aux États-Unis atteignent 4,5 millions de dollars. Les 2 et 9 novembre 1955, le film sera également diffusé en deux parties sur la chaîne ABC dans le programme hebdomadaire de « Disneyland ». C’est la dernière fois avant longtemps (en fait avant le film soviétique de 1976) que l’écran aborde la légende dans sa globalité, les films subséquents se contentant de traiter des épisodes détachés de la saga. La délocalisation en terre britannique est d’ailleurs prémonitoire : Robin des Bois s’installe pour une ou deux décennies en Europe, le Hollywood frileux de la guerre froide cherchant à éviter les sujets à resonance trop sociale et revendicatrice. En 1953, la matière de Robin sera même assimilée à de la « propagande communiste » par l’État de l’Indiana qui fera retirer des bibliothèques publiques tous les ouvrages sur Robin Hood !
Empreinte de bonne humeur, plus portée sur les aléas convenus de la légende que sur la flamboyance spectaculaire des décors ou des vedettes, la version Disney vise clairement un public familial (celle de Flynn/Curtiz s’adressait encore en priorité à des adultes), confirmant en cela le début d’un processus initié depuis la fin de la guerre : la saga de Sherwood devient progressivement le domaine exclusif des adolescents. Quand – après le décès du fondateur – l’usine Disney retravaillera la matière pour son dessin animé et animalier de 1973 (film infantile très inférieur à celui-ci), ce seront les petits qui jubileront. Rappellons que Disney avait déjà confronté Mickey à Robin des Bois sous forme de bande dessinée (Robin Hood Rides Again / Mickey Mouse Meets Robin Hood de Floyd Gottfredson, 1936-1938).
DE, AT: Robin Hood und seine tollkühnen Gesellen; Robin Hood, Rebell des Königs, ES: Los arqueros del rey, IT: Robin Hood e i compagni della foresta.
1952® Le Dernier Robin des Bois (FR) d’André Berthomieu ; SFC, 93 min. – av. Roger Nicolas, Nicole Maurey, Lucien Nat. – Version moderne : un moniteur de colonies de vacances joue à Robin des Bois avec ses ouailles, s’éprend d’Isabelle Delorme, la nièce du châtelain voisin qui la séquestre et fait arrêter ce dernier qui est en réalité un dangereux contrebandier.
1952® Miss Robin Hood (GB) de John Guillermin; Group 3, 76 min. – av. Margaret Rutherford, Richard Hearne. – Miss Honey encourage un scénariste de comics à commettre divers larcins.
1953(tv) Robin Hood (GB) de Joy Harington
Joy Harington/BBCtv (BBC 17.3.-21.4.53), 6 x 30 min. – av. Patrick Troughton (Robin Hood), Kenneth MacKintosh (Little John), Wensley Pithey (frère Tuck), David Kossoff (le shérif de Nottingham), Josée Richard (Marian), John Breslin (Alan-a-Dale), Susan Kenneaway (sa fiancée), Dudley Jones (Much), Philip Guard (Will Scarlet), Maurice Jones (Sir Guy of Gisbourne), Mark Daly (le prieur / Simon of Copthorne), David Markham (le roi Edward), Raymond Rollett (l’abbé de St. Mary’s), Leonard Sachs (Sir Gilbert of the White Hand), Guy Verney (Sir Richard at the Lee), Barbara Cochran (son épouse), Ian Fleming (le père de Marian), Christopher Hodge (le cuisinier), Leonard Sharp (Sir Peter of Ingmanthorpe), Miles Brown, Jimmy Verner, Ronald Marriott, Anthony Marriott, David Askey, John Osborne, Douglas Blackwell, Tonie MacMillan, Leslie French, Cyril Conway.
Dans cette toute première incursion de Robin des Bois sur le petit écran (l’épisode pilote avorté de 1951 mis à part), le scénariste Max Kester a déplacé l’action à la fin du XIIIe siècle, sous le règne d’Edward Ier « Longshanks ». Patrick Troughton, qui sera célèbre pour avoir incarné Doctor Who dans les 131 épisodes de cette fameuse série de science-fiction (1966-1985), joue le hors-la-loi. Le feuilleton (aujourd’hui perdu) est enregistré en direct dans les ateliers exigus de Limegrove (ex-Gaumont-British Studios), réservé aux programmes pour enfants. – Épisodes : 1. « Gathering the Band » – 2. « The Abbot of St. Mary’s » – 3. « Who Is Robin ? » – 4. « The Silver Arrow » – 5. « A King Comes to Greenwood » – 6. « The Secret ».
1954The Men of Sherwood Forest (La Revanche de Robin des Bois) (GB) de Val Guest
Michael Carreras/Hammer Films, 77 min. – av. Don Taylor (Robin Hood), Eileen Moore (Lady Alys), David King Wood (Sir Guy Belton), John Stuart (le comte de Moraine), Reginald Beckwith (frère Tuck), Douglas Wilmer (Sir Nigel Saltire), Patrick Holt (Richard Cœur de Lion}, Leslie Linder (Little John), John Van Eyssen (Will Scarlet), John Kerr (Brian of Eskdale), Leonard Sachs (le shérif de Nottingham), Toke Townley (père David), Vera Pearce (Elvira), John Stuart (Moraine).
En 1194, alors que depuis des années les archers sévissent dans la forêt de Sherwood et rassemblent la rançon destinée à libérer le roi Richard, John Fitzroy, un envoyé du roi, est tué par des agents secrets du prince Jean déguisés en compagnons de Robin des Bois. Le comte de Moraine et Sir Saltire se font volontairement capturer par les hors-la-loi et révèlent à Robin que l’envoyé assassiné transportait la statuette d’un soldat sarrasin, jouet sous forme de puzzle indiquant la date et le lieu du retour du roi en Angleterre. Ignorant que ses visiteurs sont en réalité à la solde de Jean, Robin s’engage à tout faire pour retrouver le précieux objet. Il s’introduit en troubadour dans le château de Sir Guy Belton, le chef de la conspiration, où il est reconnu et incarcéré. Mais Lady Alys, la jolie nièce du châtelain, le libère et ensemble ils parviennent à empêcher le meurtre du roi.
Première et peu mémorable incursion de la fameuse Hammer-Film (à laquelle on doit le renouveau fantastique en Grande-Bretagne) dans le genre cape et épée, et première production en couleurs (Eastmancolor) de la maison. Prolifique réalisateur londonien, Val Guest s’illustrera surtout dans le cinéma d’épouvante et de science-fiction où on lui doit quelques classiques mineurs (The Quatermass Xperiment/Le Monstre, 1955, ou The Day the Earth Caught Fire/Le Jour où la Terre prit feu, 1962). Le film, rapide, sans prétentions, est fabriqué en mai 1954 aux studios de Bray (Berkshire) et en extérieurs dans les bosquets de Clivedon près de Londres. Le rôle-titre est tenu par Don Taylor, un comédien américain qui passera plus tard à la réalisation à Hollywood (The Island of Dr. Moreau avec Burt Lancaster, 1977, ou The Final Countdown/Nimitz, retour vers l’enfer, 1979) ; son Robin a troqué sa chemise verte contre un ensemble rouge. La Hammer retournera encore trois fois à Sherwood, en 1961 (Sword of Sherwood Forest), en 1967 (A Challenge for Robin Hood) et en 1973 (Wolfshead).
DE : Robin Hood, der rote Rächer, ES : Los hombres del bosque de Sherwood / Robin, el arquero di Sherwood, IT : La spada di Robin Hood.
1955(tv) Robin Hood (US/CA) de Seymour Berns
« The Red Skelton Show », Cecil Barker/Columbia Broadcasting System (CBS 24.4.56), 30 min. av. Red Skelton (Robin Hood/lui-même), John Carradine (Little John), Kem Dibbs (le shérif de Nottingham), Penny Edwards (Marian), Billy Gilbert (frère Tuck), Sterling Holloway (Will Scarlet), David Rose et son orchestra, Art Gilmore (le présentateur).
Un sitcom du comique américain Red Skelton – avec John Carradine, vedette maigre, ascétique et inquiétante de tant de films d’horreur en Little John – enregistré dans les studios de CBS Television City à Los Angeles.
1955® Jack Hylton Presents (US) de Richard Bird (BBC 23.12.55). – av. Patricia Burke (Robin Hood), Bonnie Downs (Marian).
1955[Animation : Robin Rodenthood (US) de Dave Tendlar (série « Herman & Katnip »), Paramount 6 min. – av. voix de Sid Raymond, Arnold Stang, Jack Mercer.]
Richard Greene, le plus populaire des Robin des Bois à la télévision britannique, séduit petits et jeunes adolescents (1955 ss.).
1955-1960(tv) The Adventures of Robin Hood (Robin des Bois) (GB) de Terence Fisher, Terry Bishop, Ralph Smart, Dan Birt, Bernard Knowles, Arthur Crabtree, Lindsay Anderson, Don Chaffey, Anthony Squire, Robert Day, Peter Maxwell, Gerry Bryant, Ernest Borneman, Peter Seabourne, Compton Bennett et Gordon Parry
Hannah Weinstein, Lew Grade, Sidney Cole, Thelma Connell/Sapphire Films Prod.-Yeoman Films Ltd.-Incorporated Television Company (ITC) (ITV 17.2.56-12.11.60 / CBS 26.9.55-30.6.58), 143 x 26 min. – av. Richard Greene (Robin of Locksley), Alexander Gauge (frère Tuck), Bernadette O'Farrell/Patricia Driscoll (Lady Marian Fitzwalter), Archie Duncan/Rufus Cruikshank (Little John), Alan Wheatley (le shérif de Nottingham), Hubert Gregg/Brian Haines/Donald Pleasance (prince Jean), Jill Esmond (la reine-mère Aliénor d’Aquitaine), Paul Eddington/Ronald Howard (Will Scarlet), Leo McKern (Sir Roger Herbert), Peter Asher/Richard O’Sullivan/Jonathan Bailey (prince Arthur, fils du roi Richard), Patrick Troughton (Sir William Fitzwalter, cousin de Marian), Leslie Phillips (le comte de Waldern), Willoughby Grey (le troubadour Blondel de Nesle), Ian Hunter (Sir Richard of the Lee), Helen Cherry (la comtesse Avice de Gloucester, épouse du prince Jean).
Pas la première, mais certainement la plus populaire, la plus longue (143 épisodes durant cinq ans) et la plus classique des téléséries sur Robin des Bois. Elle propulse le comédien Richard Greene pour des années au firmament des stars cathodiques (après un début de carrière de cinéma sabordé par la guerre), adulé du jeune public en Europe de l’Ouest comme aux États-Unis et devenu riche grâce à un marketing astucieux (les « Robin Hood Shoes », etc.). Sight and Sound décrira le Robin de Green comme « l’achétype du héros anglais ». Mais ce succès, la série le doit d’abord à sa productrice, l’Américaine Hannah Weinstein, exilée en Grande-Bretagne pour raisons politiques et fondatrice de Sapphire Films à Londres. Ancienne journaliste du New York Herald Tribune, responsable des campagnes de presse de Franklin D. Roosevelt et, en 1948, de Henry Wallace, candidat progressiste à la présidence, elle a quitté les Etats-Unis avec l’avènement de l’hystérie maccarthyste. La matière même de Robin Hood, la série diffusée par la nouvelle ITC (Incorporated Television Company) avec laquelle elle se lance à la conquête du marché anglais (puis américain via CBS), incite à la résistance, à la rebellion. N’ayant pas froid aux yeux, et consciente de l’importance de scripts bien structurés, dialogués avec intelligence et humour, elle fait travailler dans le plus grand secret, sous des pseudonymes, plusieurs scénaristes blacklistés de Hollywood, comme Ring Lardner Jr, Ian McLellan, Bill Blake, Waldo Salt, Ralph Smart ou Cyril R. Endfield (l’excellent réalisateur de Zulu en 1964). Chacun y va de sa tirade vengeresse contre le despotisme des riches, des nobles, des puissants corrompus de ce monde, de son empathie pour les déshérités, des propos pour lesquels ils avaient été condamnés en Amérique.
La brochette des réalisateurs (tous britanniques) engagés pour Robin Hood ne manque pas d’intérêt non plus : parmi les seize de la série, quelques noms sortent nettement du lot. En tête de liste, le pilier de la Hammer Films, Terence Fisher, maître inégalé du fantastique britannique, découvreur du tandem Christopher Lee/Peter Cushing (les premiers Dracula et Frankenstein en couleurs), qui signe 11 épisodes entre 1956 et 1957 (« Trial by Battle », « The Byzantine Treasure », « The Traitor », « The Thorkil Ghost », « Ransom », « The Hero », « Hubert », « The Dream », « The Blackbird », « The Infidel » et « The Path of True Love »). A ses côtés, Compton Bennett (qui filma en Afrique pour la MGM le prestigieux Les Mines du roi Salomon avec Stewart Granger et Deborah Kerr, 1950), le temps de deux épisodes ; Don Chaffey (responsible du film-culte Jason et les Argonautes, 1963, et de One Million Years B.C., 1966) avec 7 épisodes ; Robert Day (She/La Déesse de feu « starring » Ursula Andress, 1965) avec 12 épisodes ; Arthur Crabtree (l’insolite Madonna of the Seven Moon, 1945) pour 2 épisodes, et, surprise, le jeune Lindsay Anderson, critique virulent, documentariste, metteur en scène de théâtre et futur chef de file de la nouvelle vague anglaise (This Sporting Life, 1963, If…, 1968) qui livre 5 épisodes en 1956/57 : « Secret Mission », « The Imposters », « Isabella », « The Haunted Mill » et « Ambush ». Avis aux cinéphiles. Parmi la distribution, on reconnaît trois têtes familières de la franchise « James Bond » à venir, Donald Pleasance – qui incarne ici le prince Jean – et Charles Gray (deux fois Blofeld) flanqués de Desmond Llewelyn (Q), ainsi que John Schlesinger, le futur réalisateur de Midnight Cowboy. Le tournage de cette méga-série budgétée à 390'000 £ (soit les trois-quarts du capital d’ITC) se déroule à partir de février 1955 en noir/blanc sur les deux plateaux des petits studios de Nettlefold à Walton-on-Thames où le décorateur Peter Proud fixe ingénieusement tous les accessoires et décors (arbres, feux de cheminée, entrées de bâtiments) sur des roues pour accélérer la cadence des réalisations, soit un nouvel épisode tous les quatre jours et demi (les changements de décor prennent six minutes). Les lieux sont étriqués, guère plus de dix figurants par plan, pas de profondeur de champ. Le studio voisine le site historique de Runnymeade Meadow où le prince Jean signa la Grande Charte en 1215. Les châteaux d’Alnwick (Northumberland) et de Bodlam (East Sussex) sont choisis pour les extérieurs.
Dans l’épisode pilote (« The Coming of Robin Hood »), Robin revient des Croisades pour réintégrer son domaine à Locksley Castle. Entretemps, les Normands l’ont confisqué et traitent Robin d’imposteur sous prétexte que le véritable héritier du château serait mort en Terre Sainte. Robin proteste, il y a mort d’homme, il doit s’enfuir… Little John apparaît dans le troisième épisode (« Dead or Alive »), chargé par le shérif de capturer le fugitif. On connaît la suite. Comme de bien entendu, les scénaristes cumulent pièges, escapades, trahisons, échauffourées au cours desquelles apparaissent la comtesse Avice de Gloucester, première épouse de Jean sans Terre, ou Arthur, le fils naturel supposé du roi Richard qui parvient à fausser compagnie aux barons félons du château de Walden et rejoindre les hommes des bois ; Robin sauve aussi la vie du fameux troubadour royal Blondel de Nesle (« The Prisoner », épis. 39), qui détient la preuve que Richard est toujours en vie en Autriche, etc. Les quatre saisons épuisent pratiquement toutes les situations et intrigues possibles, trames que l’on retrouvera à l’avenir dans d’autres séries sur Robin Hood. La première diffusion a lieu aux États-Unis en automne 1955 (cinq mois avant la Grande-Bretagne) où elle est suivie par 30 millions de téléspectateurs, un raz-de-marée, du jamais vu pour une production télévisuelle britannique. Tandis que ITV lance sa série rivale, Ivanhoé avec Roger Moore (1958), Hannah Weinstein met immédiatement en chantier d’autres feuilletons d’aventures en costumes mobilisant Lancelot, Guillaume Tell, Sir Francis Drake et le comte de Monte-Cristo.
La série sort également sous forme de longs métrages en vidéo (1991): Robin Hood – The Movie (88 min.); Robin Hood – Quest of the Crown (91 min.); Robin Hood’s Greatest Adventures (90 min.). – Au cinéma, DE : Robin Hood – Der Film, Robin Hood – Die Rückkehr et Robin Hood – Die grössten Abenteuer.
1956(tv) Robin Hood (BR)
TV Tupi São Paulo (feuilleton). – av. José Parisi (Robin des Bois), João Monteiro (scénario de J. Silvestre).
1956(tv) Robin Hood (US) de Dave Butler
Série "Captain Z-RO" no. 12, Henry Brown, Kathleen K. Rawlings/W. A. Palmer Films Inc.-Captain Z-Ro Productions Inc. (ABC 4.3.56), 26 min. – av. Jack Fleming (Robin Hood / le shérif de Nottingham), John Trigonis (Little John), Jack Cahill (frère Tuck), Sydney Walker (Will Scarlett), José Sevilla, Jack Sullivan, Roy Steffens (Captain Z-Ro), Bruce Haynes (Jet).
Voyage dans le temps (série pour enfants) : Jet retourne en l’an 1180 dans la forêt de Sherwood pour savoir si la légende de Robin des Bois repose sur des faits réels. Il croise Robin en route pour un championnat d’archers, puis est incarcéré par le shérif de Nottingham ; le Capitaine Z-RO se fait passer pour un envoyé du prince Jean, mais malgré le soutien des hors-la-loi, il a toutes les peines à récupérer Jet.
1956® (tv) Babes in the Wood on Ice (GB) de Gerald Palmer, Sir Arthur Elvin (BBC 26.2.56), 60 min. – av. Jacqueline du Bief (Robin Hood), Jinx Clark (Marian), Arthur Woodjetts (frère Tuck), James Peacock (Little John), Bob Woods (le shérif de Nottingham). – La pantomime de Claude Langdon, spectacle musical filmé à l’Empire Pool de Wembley à Londres.
1957® (tv) Pantomania : The Babes in the Wood (GB) de Graeme Muir (BBC 25.12.57), 60 min. – av. Tony Hancock (Robin Hood), Sidney James (frère Tuck), Sylvia Peters (Marian), Terry Hall (forestier), Eamonn Andrews, Peter Dimmock, Derek Hart (Merry Men), Charlie Drake (le shérif de Nottingham). – Spectacle musical de fin d’année.
1957[Animation : Robin Hood Daffy (US) de Chuck Jones (série « Merrie Melodies »), 7 min. – av. voix de Mel Blank. – Daffy Duck peine à convaincre frère Porky Pig qu’il est Robin des Bois.]
1958[Animation : Robin Hoodwinked (Tom et Jerry Robin des Bois) (US) de William Hanna et Joseph Barbera; (série « Tom and Jerry ») MGM, 7 min. – dessin animé av. les voix de Lucille Bliss (Tuffy) et Bill Thompson (Little John). – Les copains de Robin cherchent à délivrer leur ami emprisonné par le shérif.]
1958® (tv) Babes in the Wood (GB) de J. Grant Anderson et Tom Arnold (BBC 28.12.58). – av. Dick Price (Robin Hood), Rosl Pettinger (Marian). – Spectacle musical de fin d’année.
1959Son of Robin Hood (Robin des Bois Don Juan / L’Épée de Robin des Bois) (GB/US) de George Sherman
George Sherman, Jack Lamont, John Pellatt/20th Century-Fox-Argo Film Productions Inc., 85 min./80 min./77 min. – av. June Laverick (Deering Hood, la fille de Robin Hood), Al [David] Hedison (Jamie, frère du Régent), David Farrar (le duc Simon des Roches, dit le Duc Noir), George Woodbridge (Little John), Marius Goring (Robert comte de Chester, le Régent), Philip Friend (Charles, comte de Dorchester), Delphi Lawrence (Lady Sylvia, sœur du Duc Noir), George Coulouris (Alan-a-Dale), George Woodbridge (Little John), Jack Lambert (Will Scarlet), Humphrey Lestocq (Blunt), Noel Hood (la prieure), Shelagh Fraser (Constance), Oliver Johnston (l’apoticaire), Russell Napier (Squire Miles), Christine Halward (Sarah), Jack Taylor (Gillas), Alastair Hunter.
Synopsis : Octobre 1216, le roi Jean vient de mourir. Au cours d’une réunion clandestine à Sherwood Forest, tenue dans le dessein de rallier les restes de la vieille bande de Robin des Bois à la cause d’Henry III Plantagenêt, le prince-enfant de neuf ans (fils aîné de Jean sans Terre), le Régent d’Angleterre, le comte de Chester, apprend que Robin est mort depuis une décennie et que son fils, Deering Hood, s’est proposé de revenir d’Espagne pour reprendre le commandement. La réunion est interrompue par les soldats du duc des Roches, dit le Duc Noir, qui veut s’emparer du trône. Lord Chester est fait prisonnier. Dans le port de Liverpool, Jamie, le jeune frère du Régent, est agressé par des spadassins du Duc Noir et ne doit son salut qu’à l’intervention d’un inconnu. Il découvre que son sauveur est en réalité une jeune femme et que celle-ci est la propre fille de feu Robin des Bois, Deering. Mis en confidence, Little John doute que les vieux briscards de Sherwood acceptent la direction d’une femme, fût-elle une archère redoutable, et d’un commun accord, le trio décide de présenter Jamie comme le fils du grand archer, tandis que Deering, furieuse, demeure à ses côtés comme page. Jamie et Deering s’introduisent dans le château de Nottingham sous l’identité de nobles français. Tout en subissant les assiduités du comte de Dorchester et de sa fiancée, Lady Sylvia, sœur du Duc Noir, Jamie – qui simule un coureur de jupons – et Deering parviennent à rallier les sexagénaires de Sherwood, à infiltrer la place forte à grâce à un passage secret et à libérer le Régent qui a survécu à la torture. Jamie tue le Duc Noir en duel et épouse Deering, qui peut enfin révéler sa véritable identité. Le Régent invite tout le monde au couronnement du jeune roi à Winchester.
L’Américain George Sherman, fabricant parfois talentueux de westerns en série, doté d’un sens particulier de la dramaturgie du paysage, co-signa avec Henry Levin en 1946 un premier Fils de Robin des Bois plutôt bien envoyé, interprété par Cornel Wilde. En fin de carrière, Sherman dirige et produit cette nouvelle variante en Angleterre, en Eastmancolor et CinemaScope. L’intrigue est quasi identique, sauf que le fils est remplacé par une fille ; le tournage a lieu en mai-juin 1958 aux anciens studios de Walton-on-Thames (Surrey) et à Beaconsfield dans le Buckinghamshire (Wilton Park). Mais ce premier Robin des Bois en panoramique déçoit sur toute la ligne : pratiquement pas d’extérieurs, des décors exigus, des peintures sur verre miteuses, un script aussi banal que bancal, des tourtereaux sans charisme en tête d’affiche ; au mieux peut-on reconnaître au film un rythme soutenu et retenir un duel final particulièrement bien réglé, avec épées lourdes et pics. Pour l’histoire, précisons que Henry III monta effectivement sur le trône à l’âge de neuf ans, mais que ce fut le fameux William Marshal (Guillaume le Maréchal), comte de Pembroke, qui assuma la régence durant sa minorité. Marshal étant réputé pour son intégrité et sa fidélité inconditionnelle aux Plantagenêt, les scénaristes anglais le remplacent prudemment par un comte de Chester inconnu au bataillon.
DE : Der Sohn von Robin Hood, IT : L’erede di Robin Hood.
1960Sword of Sherwood Forest (Le Serment de Robin des Bois) (GB) de Terence Fisher
Richard Greene, Sidney Cole, Michael Carreras/Hammer Films-Yeoman Films Ltd.-Columbia Pictures, 80 min. – av. Richard Greene (Robin Hood), Peter Cushing (le shérif de Nottingham), Sarah Branch (Marian Fitzwalter), Oliver Reed (Melton), Niall MacGinnis (frère Tuck), Nigel Green (Little John), Richard Pasco (le comte de Newark), Dennis Lotis (Alan-a-Dale), Jack Gwillim (Hubert Walter, chancelier du Roi et archevêque de Canterbury), Vanda Godsell (la prieure), Patrick Crean (Lord Ollerton), Derren Nesbitt (Martin of Eastwood).
Synopsis : Robin des Bois découvre un voyageur grièvement blessé dans la forêt et surprend par la même occasion la belle Lady Marian nageant dans un étang voisin. Marian arrange un rendez-vous avec le shérif de Nottingham, prévôt du comté, qui offre à Robin le pardon royal s’il lui livre le blessé. Robin refuse ; le blessé décède après l’avoir mis en garde contre une menace dans la ville de Bawtry, laissant pour seul indice un emblème en or massif, ce même emblème que porte le puissant comte de Newark à son cou. Robin se fait passer pour le voyageur décédé et rejoint la troupe des archers du comte. Aidé par Marian et frère Tuck, il découvre qu’un complot fomenté par Newark et le shérif de Nottingham pour ériger une forteresse à Bawtry capable de résister aux troupes du roi Richard a échoué, ceci grâce à l’intervention de Hubert Walter, chancelier royal et archevêque de Canterbury, qui a dénoncé publiquement leurs manigances. Pour se venger, Newark veut s’emparer de l’homme d’Église, en route pour Londres avec Lady Marian, mais Robin intervient et s’enferme avec eux dans le sanctuaire d’un monastère. Lorsque le shérif réalise que Newark veut assassiner le saint homme, il s’insurge et Melton, un tueur à gages, l’élimine sur ordre du comte en lui assènant plusieurs coups de dague dans le dos. Newark force les portes du prieuré mais se fait tuer à son tour avec ses sbires. L’archevêque reconnaissant gracie Robin pour ses brigandages et bénit son mariage avec Lady Marian.
Cette suite pas trop originale des aventures télévisées de 1950-60 est produite pour le grand écran – en Megascope et Eastmancolor – par la vedette de la série, Richard Greene, qui reprend pour la dernière fois son costume d’homme des bois. Terence Fisher, qui a signé onze épisodes de la télésérie en 1956/57, est entretemps devenu le pilier artistique de la Hammer et vient de diriger Peter Cushing (ici un shérif félon à souhait, mais aussi un personnage subtil et assez complexe) dans une suite de films d’horreur aussi rémunérateurs que réputés, dont deux Frankenstein, Le Cauchemar de Dracula, La Malédiction des pharaons (The Mummy) et Le Chien des Baskerville. Avec son scénario, Fisher lorgne du côté de l’intrigue policière (un homme rend l’âme en murmurant « danger à Bawtry… »), mais il ne peut éviter les clichés d’un genre qui ne l’inspire guère et ses images n’ont à aucun moment la flamboyance fantasmatique des titres qui ont fait sa renommée. De surcroît, à 48 ans, Richard Greene est bien trop âgé pour le rôle et l’embonpoint menace. Quelques touches trahissent néanmoins la patte Fisher/Hammer : dans la forêt des flèches létales qui surgissent de nulle part, un certain sadisme, la férocité et la perversité des affrontements, notamment dans le prieuré et devant l’autel, lieu que dirige la sœur peu recommandable du scélérat Newark. Tournage de mai à juillet 1960 en Irlande, aux studios d’Ardmore et dans la propriété Powerscourt à Enniskerry (comté de Wicklow).
ES : El arquero del bosque de Sherwood, IT : Gli arcieri di Sherwood, DE : Das Schwert des Robin Hood.
1960Robin Hood e i pirati / Robin Hood, il ribelle di Sherwood (Robin des Bois et les pirates) (IT) de Giorgio Simonelli
Leo Bomba, Carlo Infascelli/Finanziaria Cinematografica Italiana (FI.C.IT,) 82 min. – av. Lex Barker (Robin Hood), Jackie Lane (Karin Blain), Rossana Rory (Lizbeth Brooks), Mario Scaccia (le comte Jonathan Brooks), Giulio Donnini (Goliath, le bossu), Marco Tulli (frère Lorenzo), Edith Peter (Bambola), Walter Barnes (l’aveugle). Renato Chiantoni (Gladicove), Mario Passante (le conseiller de Brooks), Gino Buzzanca (le capitaine Uncino), Renato Maddalena (Trina), Renato Terra Caizzi (Barbenoire), Umberto Sacripante (Philips, l’oncle de Karin), Edda Soligo (Olga), Enrico Salvatore (le prince Jean), Mario Ambrosino (le sacristain).
Alors que Robin guerroie aux croisades, le comte de Brooks, l’intendant du château de Sherwood, assassine le vieux châtelain, père du héros, et s’approprie ses biens. Brooks spolie les humbles du comté, mais Robin, de retour de Terre Sainte, assisté des pirates qui l’avaient capturé pour le rançonner et dont le navire s’était brisé sur les récifs anglais, châtie l’usurpateur. En récompense, les pirates reçoivent un nouveau bateau et vont se faire pendre ailleurs… Revenu des aventures de Tarzan, l’Américain Lex Barker gagne l’Europe et se recycle brièvement en héros médiéval (qui manie l’arc avec désinvolture, comme l’homme de la jungle burroughsienne) avant de finir sa carrière dans le Far West germano-yougoslave avec les héros de Karl May. Ainsi, Robin des Bois fait son entrée officielle dans le cinéma-bis italien. Une bande de pure routine, filmée en Eastmancolor et Totalscope aux studios Centro Incom à Rome, à Lavinio Lidio di Enea, à Anzio, dans le château Caetani et son bourg médiéval de Sermoneta (Latium) ainsi que dans la réserve naturelle de Tor Caldara. Avatar situé dans la lignée des innombrables péplums et films à costume en vogue au début des années 50/60, dont certains titres de distribution accaparent abusivement le personnage de Robin, inexistant dans l’intrigue originale.
US : Robin Hood and the Pirates, ES: Robin Hood y los piratas, DE: Robin Hood und die Piraten.
1960[Animation : (tv) Peabody’s Improbable History (US) de Ted Key ; Jay Ward Prod., série “Rocky and His Friends” (16.10.60) – av. voix de Bill Scott, Walter Tetley.]
1962[Animation : (tv) Koko Meets Robin Hood (US) de Dave et Max Fleischer, série “Out of the Inkwell”, 5 min. – av. voix de Larry Storch et Norma MacMillan.]
1962Il trionfo di Robin Hood (Le Triomphe de Robin des Bois) (IT) d’Umberto Lenzi
Tiziano Longo/Buena Vista Produzione Italiana Film, 84 min. – av. Don Burnett (Robin Hood), Gia Scala (Anna Clare, sœur d’Alan), Vincenzo Musolino (Sir William Gamwel de Canterbury), Germano Longo (Alan Clare, duc de York), Enrico Luzi (Scully), Arturo Dominici (le baron Elwin, shérif de Nottingham), Gaia Germani (la comtesse Isabella de Nottingham), Daniela Igliozzi (Madeleine), Vinicio Sofia (Sir Tristan de Galborough), Gianni Solaro (Sir Goodman), Maks Furijan (Sir Guy), Demeter Bitenc (Sigmund), Nello Pazzafini (Black Peter), Janez Vrhovec (Jean sans Terre), Gérard Philippe Noël (Richard Coeur de Lion), Germano Longo.
A la mort du roi Henry II Plantagenêt, Robin Hood, maître de la forêt de Sherwood, espère obtenir l’amnistie générale pour lui et ses hommes, mais il se heurte à la puissance des barons locaux menés par Sire Elwin, qui veulent s’emparer des terres par des mariages forcés. Lorsque Richard Cœur de Lion revient de Palestine, son armée de croisés se heurte aux troupes des usurpateurs qui leur livrent bataille, mais l’intervention des archers de Robin Hood embusqués dans les bois est salutaire. Le roi amnistie les hors-la-loi et bénir l’union de Robin avec Anna Clare, et d’Alan Clare avec Isabelle de Nottingham. – Selon le générique, le script de Gian Carlo Romitelli serait basé sur le roman Le Prince des voleurs d’Alexandre Dumas (1872/73). Une bande d’honnête facture tournée en Eastmancolor et Totalscope presqu’entièrement en décors naturels en Slovénie (région de Kocevje et châteaux d’Otocec et de Bistra). Robin est campé par un Américain, un briscard des séries tv californiennes, qui joue ici avec son épouse Gia Scala. Ses compagnons sont un ramassis paillard de paquets de muscles (dont Samson Burke, ex-Maciste) et de bagarreurs écervelés, mais la bataille rangée finale, inattendue dans la saga de Sherwood, ne manque pas de moyens.
ES : El trionfo de Robin Hood, DE : Robin Hood, der Löwe von Sherwood, Robin Hood, der Held von Sherwood (vd), US : The Triumph of Robin Hood.
1962Robin Hood en zijn schelmen [=Robin des Bois et ses bandits] (NL) de Henk van der Linden
Henk van der Linden/Rex Films, 80 min. – av. Henk van der Linden (Robin Hood), Phia Boors (Marian), Michel Odekerken (frère Tuck), Cor van der Linden (Dicky), Willy Esser (Robert), Frits van Wenkop (cheikh Ibrahim), Jan van der Weide (Jan), Hub Consten (le comte Gilbert), Lies Bours (Gravin), No Bours (le chevalier Siegfried), Alphons van der Linden (le comte Andrew), Huub Wiebenhof (le chevalier d’Arcy), Theo Eyssen (Anna), Dirk Capel (Salu).
Tandis que le comte Andrew est aux croisades, son frère Gilbert et son vassal, le chevalier Siegfried, n’en font qu’à leur guise. Apprenant qu’il a été enlevé et que seul le versement d’une rançon peut lui sauver la vie, ils racontent partout qu’Andrew est décédé. Mais c’est compter sans le fils du disparu, Robin Hood… Du cinéma pour enfants (quoiqu’interprété par des adultes) qui reprend le schéma de base de la légende, en remplaçant quelques personnages.
1962/63(tv) Richard the Lionheart (Richard Cœur de Lion) – épis. 30 : The Devil Is Unloosed (GB) d’Ernest Morris
Edward J. Danziger, Harry Lee Danziger/Danziger Productions Ltd. (ITV 21.6.63), 25 min. – av. Dermot Walsh (Richard Cœur de Lion), Trader Faulkner (prince Jean), Ronald Howard (Robin Hood), Robert Percival (Little John). Iain Gregory (le troubadour Blondel de Nesle), Sheila Whittingham (la reine Bérengère), Alan Haywood (Sir Geoffrey), Robin Hunter (Sir Gilbert), Ralph Michael (le shérif de Nottingham).
Croyant son frère mort, le prince Jean s’apprête à s’autoproclamer roi d’Angleterre, mais c’est compter sans Robin des Bois, ses compagnons et le troubadour de Richard, Blondel de Nesle. Le feuilleton Richard the Lionheart est traité dans la partie 3.1.
1963[Animation : Robin Hoody Woody (US) de Paul J. Smith ; Walter Lantz/Universal (série « Woody Woodpecker »), 6 min. – av. voix de Daws Butler, Grace Stafford.]
1964(tv) Robin Hood (US) de Frank Pacelli
« NBC Children’s Theatre », épis. 3, George A. Heinemann, Frank Pacelli/National Broadcasting Corporation (NBC 15.2.64), 60 min. – av. Dan Ferrone (Robin Hood), Lynda Day George (Marian), Jack Hollander (Little John), Billy Rollo (frère Tuck), Joey Trent (Will Scarlett), Robert Fields (Sir Guy), Sorell Booke (le shérif de Nottingham), Jon Cypher (Richard Coeur de Lion), Joseph Daly (Sir Rufus), Christopher Tanner (Hubert), Lois Holmes (la mère de Robin).
Un programme en couleurs pour la jeunesse écrit par Kay Rockefeller et Richard Kinter qui récolte les louanges du New York Times (17.2.64) pour son inventivité et la magnificence de ses costumes.
1964® Robin and the 7 Hoods (Les Sept Voleurs de Chicago) de Gordon Douglas; Frank Sinatra/Warner Bros., 123 min. – av. Frank Sinatra (Robbo [Robin]), Dean Martin ([Little] John), Sammy Davis Jr. (Will [Scarlet]), Bing Crosby (Allen A. Dale), Peter Falk ([Sir] Guy Gisborne), Barbara Rush (Marian), Victor Buono (le shérif corrompu), Edward G. Robinson. – Le « rat pack » du clan Sinatra en gangsters-justiciers singing & dancing dans les bas-fonds de Chicago pendant la prohibition, en 1929. Tous portent des patronymes qui évoquent ceux du récit médiéval. Gordon Douglas n’étant ici qu’un yes-man, le spectacle n’est guère mémorable.
1964[Animation: Mr. Magoo in Sherwood Forest / Mr. Magoo’s Robin Hood (US) d’Abe Lebitow; UPA-Paramount, 26 x 8 min. – av. la voix de Jim Backus (frère Tuck).]
1965(tv) Une aventure de Robin des Bois (FR)
ORTF (1e Ch. 27.12.65), 30 min. – av. Roger Bousquet (Robin Hood), Pierre Gabin, Anne Sitell, Raymond Bussière, Jacques Hilling, Anne Carrère.
Moyen métrage diffusé l’après-midi et destiné aux jeunes téléspectateurs.
1965Adventure of Robinhood and Bandits (IN) de B. J. Patel
People Pictures (parlé hindi). – av. Prashant (Robin Hood), Praveen Choudhary (Maid Marian), Shyam Kumar (le prince Jean), Bhagwan (frère Tuck), Saudagar Singh (Little John), Lord Jambal (le shérif de Nottingham), Nilofer (Shelly, la fille du shérif), Lino Jones (Christabel, la fiancée d’Alan-a-Dale), Jeevan Kala (une danseuse), Mohammad Rafi, Asha Bhosle, Lata Mangeshkar, Mahendra Kapoor.
Une variante indienne de la légende, hyperbariolée, truffée d’incontournables numéros chantés et dansés (musique de G.S. Kohli), mal jouée dans des costumes « médiévaux » très approximatifs et des décors hilarants (une authentique forteresse moghole voisine avec un château « anglais » en polystyrène).
1966(tv) Robin Hood, der edle Räuber – 1. Die Frau des Sheriffs – 2. Nancy und die Queen (DE) de Helmut Käutner
Günther Sauer, Werner Fischer, Rudolf Wolf/Bertelsmann Fernseh-Produktion (Berlin-München)-Zweites Deutsches Fernsehen (Mainz) (ZDF 21.-22.4.66), 88 + 82 min. – av. Hans von Borsody [voix chant: Manfred Heidmann] (Robin Hood), Alwy Becker [voix chant: Colette Boky] (Nancy/Marian), Benno Hoffmann (le shérif de Nottingham), Margit Saad (la reine), Stanislav Ledinek (frère Tuck), Günter Strack (Little John), Milos Zavadil [voix chant: Loren Driscoll] (Alan-a-Dale), Vladimir Mensik (William), Jaroslav Mares (Henry II Plantagenêt), Ingrid van Bergen (Emily, l’épouse du shérif), P. Walter Jacob (l’évêque), Karel Effa (Nasen-Edward), Lubomir Kostelka (Samuel le Bleu), Milan Klacek (Hamlet II), Jan Prencil (Anthony), Josef Chvalina (Sir Archibald Puddington), Hannes Stütz (un jeune homme d’aujourd’hui).
Jadis, Emily, l’épouse délaissée du shérif de Nottingham, a vainement cherché à séduire Robin Hood qui, étant amoureux de Nancy, n’a pas répondu à ses avances. Humiliée, Emily a intrigué contre lui jusqu’à ce qu’il soit chassé de la cour et contraint de vivre en proscrit dans la forêt où il défend à présent les exploités. Robin fait enlever Emily par ses hommes et se dit prêt à la rendre à son époux en échange d’une promesse de paix. Mais le shérif rompt sa parole, n’ayant qu’une idée en tête : éliminer son adversaire. Il échoue, car il est trop occupé à cajoler ses deux danseuses du ventre orientales (un « échange culturel », dit-il). Impressionné par les exploits de l’archer, le roi décide de le nommer shérif à la place du shérif, mais il change d’avis lorsqu’il apprend que Robin a aussi été l’amant de la reine. Il fait enfermer cette dernière dans la Tour de Londres, tandis que Robin enlève Nancy à Sir Archibald pour l’épouser.
Adaptée par Helmut Käutner, le cinéaste allemand le plus prestigieux de l’ère Adenauer (Le Général du diable avec Curd Jürgens, Louis II de Bavière avec O. W. Fischer, 1955), cette version est une comédie musicale parodique (certains airs rappellent lointainement L’Opéra de quat’sous de Brecht/Weill) qui mêle habilement légende et histoire contemporaine : un « jeune homme d’aujourd’hui » traverse le récit et le commente ironiquement. Chansons aux accents de cabaret et échauffourées turbulentes se succèdent agréablement (sur une musique de Werner Janssen), mais Käutner ne retrouve pas la légèreté de ses comédies des années quarante. Un téléfilm en deux parties tourné en Eastmancolor en août-octobre 1965 dans les environs de Prague et sur les rives de la Moldau.
US : Robin Hood, the Noble Robber.
1966(tv) The Revenge of Robin Hood (US) de William Hale
Série « Time Tunnel (Au cœur du temps) », Irvin Allen, Jerry Briskin/Irving Allen Productions-20th Century Fox Television-Kent Productions (ABC 30.12.66), 50 min. – av. Donald Harron (Robin Hood), John Crawford (le roi Jean), John Alderson (Little John), Ronald Long (frère Tuck), Erin O’Brien Moore (la baronne Elmont), James Lanphier (Dubois), John Orchard (Engelard de Cigogne), James Darren (Dr. Tony Newman), Robert Colbert (Dr. Doug Phillips), Whit Bissell (ltn. gén. Heywood Kirk), John Zaremba (Dr. Raymond Swain), Lee Meriwethen (Dr. Ann MacGregor).
Voyageurs dans le temps, Doug et Tony sont transportés en Angleterre, à Runnymede, le 14 juin 1215, alors qu’un groupe de barons menés par le comte de Huntington (alias Robin des Bois) tente de forcer Jean sans Terre à signer la Magna Carta. Robin est capturé et torturé pour qu’il divulgue le lieu de réunion des barons conspirateurs. Doug et Terry, déguisés en moines et assistés de frère Tuck, Little John et d’autres conscrits, s’introduisent dans le château royal où ils libèrent le hors-la-loi. Un épisode tourné aux studios de la 20th Century-Fox à Century-City, L. A., en réutilisant des extraits de Rogues of Sherwood Forest de Gordon Douglas (1950) et de Prince Valiant (Prince Vaillant) de Henry Hathaway (1954) ainsi que la musique de Franz Waxman composée pour ce film.
1966® (tv) Little Green Robin Hood (US) de Sidney Miller; série « Honey West », épis. 27 (18.3.66), 30 min. – av. Edd Byrnes (Robin Hood).
1966[Animation : Robin Hood-Winked (US) de Shamus Culhane ; Paramount (série « Noveltoon »), 7 min. – Robin est un renard, le shérif un corbeau.]
1967A Challenge for Robin Hood (Le Défi de Robin des Bois) (GB) de Cyril Montagu Pennington-Richards
Clifford Parkes, Michael Carreras/Hammer Films-Seven Arts Film, 96 min. – av. Barrie Ingham (Robin de Courtenay alias Robin Hood), Gay Hamilton (Lady Marian Fitzwarren), James Hayter (frère Tuck), Leon Greene (Little John), Peter Blythe (Roger de Courtenay), John Arnatt (le shérif de Nottingham), Eric Flynn (Alan-a-Dale), Douglas Mitchell (Will Scarlet), Donald Pickering (Sir Jamyl de Penitone), Eric Woolfe (Henry de Courtenay), John Gugolka (Stephen Fitzwarren), Reg Lye (Much), William Squire (Sir John de Courtenay, père de Robin), John Harvey (Wallace), Arthur Hewlett (Edwin).
Troisième et peut-être meilleur avatar de la Hammer en la matière, malgré l’absence d’acteurs connus à l’affiche. Robin des Bois est ici un noble normand accusé à tort du meurtre du père de Stephen Fitzwarren ; l’assassinat a été commis par des barons normands, dont le shérif de Nottingham, ralliés autour de Roger de Courtenay, le cousin maléfique de Robin. Le père de Roger, Sir John, décède en apprenant la captivité du roi Richard, mais il a le temps d’inclure Robin, son fils adoptif, dans son testament. Furieux, Roger enjoint son frère Henry de tuer Robin ; Roger paie son refus de sa vie. Robin est à nouveau accusé de meurtre et se voit forcé de gagner le maquis dans la fameuse forêt où il devient le chef d’une bande de brigands. Sœur de Stephen, Lady Marian l’aide à prendre d’assaut le château du félon et à faire justice.
Ancien chef-opérateur, C. M. Pennington-Richards connaît la période : il a déjà huit épisodes de la série tv Ivanhoé avec Roger Moore (1958/59) à son actif. Le tournage se fait pendant le mois de mai 1967 en Technicolor aux studios de Pinewood et en extérieurs à Bodiam Castle (East Sussex), puis dans les forêts de Black Park à Iver Heath (Buckinghamshire). Très dynamique et passablement violent, son film ne s’adresse pas à un public trop jeune. L’excellent James Hayter reprend le rôle comique de frère Tuck qu’il a déjà tenu pour Walt Disney quinze ans plus tôt. – DE : Robin Hood der Freiheitsheld, IT: Mille frecce per il re, ES : Un desafio para Robin Hood.
1968(tv) The Legend of Robin Hood (US) d’Alan Handley
Ed Friendly, Bob Wynn, Alan Handley/Ed Friendly Productions-George Schlatter Productions (NBC 18.2.68), 90 min. – av. David Watson (Robin Hood), Leigh Berry (Marian), Victor Buono (Sir Guy), Douglas Fairbanks Jr. (Richard Coeur de Lion), Steve Forrest (le shérif de Nottingham), Noel Harrison (Alan-a-Dale), Roddy McDowall (prince Jean), Walter Slezak (frère Tuck), Bruce Yarnell (Little John), Arte Johnson (Much), Bill Egan (Will Stutley), Gil Stuart (le héraut).
Un musical destiné au petit écran, illustrant les exploits de Robin des Bois, écrit par Harry Kleiner, enregistré aux studios NBC et nominé au Primetime Emmy Award. Les chansons de Sammy Cahn et James Van Heusen ont déjà servi partiellement en 1963/64 dans une variante modernisée et parodique de la légende au cinéma, Robin and the seven Hoods (Les Sept Voleurs de Chicago) de Gordon Douglas (cf. supra).
1968Noin seitsemän veljestä [=A propos des sept frères] (FL) de Jukka Virtanen
Filmituotanto Spede Pasanen-Mainostelevisio MTV3, 93 min. – av. Spede Pasanen (Robin Hood / Sir Wilhelm), Juhani Kumpulainen (le seigneur de Wurtzburg), Simo Salminen (Mauno Munalukko), Danny (le troubadour), Leo Jokela (Leonardo), Heikki Kuvaja (Will), Jukka Virtanen (frère Tuck), Helge Herala (Rautahanska), Vesa-Matti Loiri (Huovi), Kaisu Vuoristo (Helena von Wurtzburg), Tapio Kasanen (Richard Cœur de Lion).
Parodie des films de chevalerie avec Spede Pasanen, le Jerry Lewis finlandais, dans un double rôle: Sir William convoite la belle Hélène, fille du vilain comte de Wurtzburg. Il est soutenu à l’extérieur du château par Robin des Bois, héros du peuple, son copain l’inventeur Leonardo (sic) ainsi qu’un troubadour qui explique le scénario aux spectateurs…
1968[Animation: (tv) Rocket Robin Hood (Robin Fusée) (CA/US) de Ralph Bakshi ; Trillium Prod.-Krantz Films (CBC 9.10.66), 52 x 22 min. – av. voix de Len Birman/Len Carlson (Robin Hood), Ed McNamar (Little John), Chris Wiggins (Will Scarlet), Paul Kligman (frère Tuck), Gillie Fenwick (le shérif de N.O.T.T.), John Scott (le prince Jean). – Version science-fiction pour enfants.]
1968® (tv) Laugh-In (US) de Gordon Wiles (NBC 12.2.68), épis. 4. – av. David Watson (Robin Hood), Walter Slezak (frère Tuck), Bruce Yarnell (Little John), Noel Harrison (Alan-a-Dale). – Sitcom.
1969[sortie: 1973] Wolfshead : The Legend of Robin Hood / The Legend of Young Robin Hood (La Légende de Robin des Bois) (GB) de John[ny] Hough
Bill Anderson/Hammer Film Productions-London Weekend Television (LWT) (MGM-EMI), 56 min. – av. David Warbeck (Robert de Locksley [alias Robin Hood]), Kathleen Byron (Katherine de Locksley), Dan Maedon (Little John / John Little de Cumberland), Ciaran Maddon (Lady Marian Fitzwalter), Kenneth Gilbert (frère Tuck), Joe Cook (Much), Derrick Gilbert (Wat), Christopher Robbie (Roger de Doncaster), Roy Boyd (Geoffrey de Doncaster), David Butler (Will Stukely, le forestier), Kim Braden (Alice), Peter Stephens (l’abbé de St. Mary’s), Will Knightley (son secrétaire), Patrick O’Dwyer (Tom), Pamela Roland (Adèle de Doncaster), Inigo Jackson (Legros, le garde-chasse), Roy Evans (Gyrth, le porcher), Reg Lever (Old Wat), Sheraton Blount (Abbie).
Synopsis : En 1190, Robert de Locksley, un fermier saxon libre, cache un serf affamé poursuivi par Sir Geoffrey de Doncaster. Le frère de ce dernier, Roger de Doncaster, dit Roger le Bourreau (« Hangman »), confisque les terres de l’insolent Saxon, sa sœur est violée et assassinée, le village est brûlé, mais Robert réussit à se réfugier dans la forêt. Cherchant à tout prix à se débarrasser du fugitif qui est aussi un rival en amour (sa fiancée Lady Marian aime Robert depuis sa tendre enfance), il le fait déclarer « tête de loup » (« Wolfshead »), un hors-la-loi dont la tête est mise à prix. Robert échappe aux manigances du perfide abbé de St. Mary’s et tend un piège à Roger et à ses soldats. Roger est tué en combat singulier et les hommes de la forêt reconnaissent en Locksley, rebaptisé Robin Hood, leur chef naturel.
Pilote modeste destiné pour une série télévisée qui ne s’est jamais concrétisée et tourné entièrement en extérieurs dans les régions les plus sauvages du pays de Galles (North Wales), d’après un scénario de David Butler (Jesus of Nazareth de Franco Zeffirelli). Le réalisateur compense le manque de moyens par un réel souci d’authenticité : ses hors-la-loi sont crasseux, des bandits habitués à lutter pour survivre en terrain hostile et à égorger sans états d’âme et que Robin parvient non sans peine à mobiliser pour une juste cause. A noter quelques incohérences dues au fait que la bande était prévue pour n’être que le premier chapitre d’une longue saga, et un manque d’humour flagrant. La Hammer rachète le film (financé, dit-on, par des scientifiques de la NASA et des gains aux courses), mais ne trouvant pas d’intéressés à la télévision pour initier une série, elle exploite son film à la sauvette en salle quatre ans plus tard, en double programme, puis en VHS.
1969The Ribald Tales of Robin Hood, his Lusty Men & Bawdy Wenches / The Affairs of Robin Hood / The Erotic Adventures of Robin Hood / Das intime Sex-Tagebuch von Robin Hood / Die Ferkeleien des Robin Hood / Robin Hood und seine lüsternen Mädchen (Les Aventures amoureuses de Robin des Bois) (US/DE/CH) de Richard Kanter et Erwin C. Dietrich
John H. Burrows, Erwin C. Dietrich, David F. Friedman, John Harvey, Harold Lime, Murray Perlstein/Mondo Films-Urania Filmproduktion (Berlin), 83 min. – av. Ralph Jenkins (Robin Hood), Dee Lockwood (Marian), Lawrence Adams [=Steve Vincent] (prince Jean), C. S. Poole (le shérif de Nottingham), Frank Nathan (Little John), Eddie Nova (frère Tuck), Danielle Carver [=Lynn Cartwright] (Lady Sallyforth), Al Cranston (Alan-a-Dale), Paul Smith (Will Scarlett), Scott Sizemore (Robin jeune), James Brand (Sir Guy), Raymond Renard (le père de Robin), Barbara Sanders (la mère de Robin), Bambi Allen (Polly), Terry Sands (Tina), Ingrid Young (la soeur de Robin), Dee Howard (Anne).
Les différents titres alternatifs du film en disent plus sur son contenu qu’un long synopsis. Le prince Jean s’allie avec la perverse Lady Sallyforth pour capturer Robin et lui voler son or afin de financer la lutte contre le roi Richard. Au cours des combats-débats déshabillés, la perfide Lady soumet Marian à la torture. Un festival sado-maso et softporn. Le producteur suisse Erwin C. Dietrich (Zurich-Berlin), grand promoteur du cinéma érotique en terre germanophone, dirige la version européenne de ce navet.
1969® (tv) Complete and Utter History of Britain : Richard the Lionheart to Robin the Hood (GB) de Maurice Murphy, 30 min. – av. Wallas Eaton (le prince Jean), Melinda Mays (Marian). – Les Monty Python massacrent l’histoire d’Angleterre.
1970Robin Hood l'invincibile arciere / Robin Hood, el arquero invencible (Les Nouvelles Aventures de Robin des Bois) (IT/ES) de José Luis Merino et Piero Pierotti
Cinematografica Lombarda (Milano)-Hispamer Film (Madrid)-Tyrys Film (Madrid)-Neptunia Film (Roma), 95 min./84 min. – av. Carlos Quiney (Robin Hood), Antonio Mayans (Little John), Franca Polesello (Isabella), Pasquale Basile, Antonio Vidal Molina, Alfredo Cassel, Pasquali Simeoli, Carina Monti, Claudio Trionfi, Paola Senatore, Dan Van Husen.
Synopsis : Sire Allan Clare se rend avec sa sœur Anna au château de Nottingham pour y épouser sa fiancée Isabella, fille du baron Alvise. Robin des Bois sauve la troupe tombée dans une embuscade, mais arrivé à destination, Allan est emprisonné par le shérif, le baron Fitz Alwyn, qui est revenu sur sa promesse, souhaitant que sa fille épouse Sire Tristan, le surintendant crapuleux du prince Jean. Robin fait évader Allan de sa geôle et, utilisant la ruse, il parvient à l’unir officiellement à Isabella. – Une production très modeste filmée en scope et Eastmancolor aux studios IN.CI.R.-De Paolis à Rome et dans le Latium. L’intrigue est lointainement inspirée du roman Le Prince des voleurs d’Alexandre Dumas (1872/73), comme le signale le générique.
US : Robin Hood, the Invincible Archer.
1970El magnifico Robin Hood / Il magnifico Robin Hood / Las nuevas aventuras de Robin de los Bosques (Robin des Bois le magnifique / Le Fils de Sherwood) (ES/IT) de Robert White [=Roberto Bianchi Montero]
Marco Claudio, Angelo Santaniello, Oscar Santaniello/Marco Claudio Cinematografica (Roma)-R. M. Cinematograficas (Madrid), 91 min./84 min. – av. George Martin [=Francisco Martínez Celeiro] (Robin Hood), Sheyla Rosin [=Spela Rozin] (Lady Rowena), Francisco Braña (le prince Jean), Chris Huerta (Little John), Dennis Colt [=Benito Pacifico] (Mellin), Luciano Conti (Will), Max Dean [=Massimo Righi] (Sir Jack Beacham), Jim Clay [=Aldo Cecconi] (frère Tuck), Antonella Murgia (Marian), Attilio Dottesio (Sir William Prescott), Michele Branca (Lowell), Ivana Novak (Alice), Clemente Ukmar, Carla Mancini, Silvano Zignani, Franco Vietri, Gualtiero Isnenghi, Mara Krupp, Gipo Leone.
Le prince Jean a usurpé le trône en l’absence de son frère Richard et s’est emparé de Lady Rowena, la fiancée de Robin des Bois, pour l’épouser de force. Robin libère sa dame (qui porte ici le même nom que la fiancée d’Ivanhoé) et aide le roi Richard à récupérer son trône… Une bien petite chose filmée en Techniscope et Technicolor.
DE : Robin Hood, der Befreier, US : The Magnificent Robin Hood.
1970® (tv) Ivanhoe (GB) de David Maloney. – av. Clive Graham (Robin Hood). – cf. Ivanhoé (3.1.a)
1970® Una spada per Brando (Vierges pour Satana) (IT) d’Alfio Caltabiano, 94 min. – av. Riccardo Salvino (Robin Hood). – Film d’horreur fauché.
1970[Animation: Robin Goodhood (US) Gerry Chiniquy; Mirisch/DFE-United Artists, 6 min. – av. voix de Leonard Weinrib, Marvin Miller, Athena Lorde. Les aventures de Roland & Ratfink à Sherwood.]
1971[Animation: (tv) The Legend of Robin Hood (AU) de Zoran Janjic; Air Programs International. – av. voix de Ron Haddrick (Robin Hood), Tim Eliott, Peter Guest, Helen Morse.]
1971® Up the Chastity Belt (GB) de Bob Kellett. – av. Frankie Howerd (Richard Cœur de Lion), Hugh Paddick (Robin Hood), Rita Webb (Marian), John Baldry (Little John), Alan Rebbeck (frère Tuck). – Parodie.
1971® El pequeño Robin Hood (MX) de René Cardona Jr.; Productora Filica Re-Al. – av. René Cardona Sr., Al Coster (Robin Hood), Patricia Aspillaga, Jorge Russek, Carlos East. – Dans l’Ouest américain, un tandem de comédiens s’illustre grâce à son adresse au tir à l’arc.
1971Robin Hood, l'arciere di fuoco / L’arciere di fuoco / L'arciere di Sherwood / El arquero de Sherwood / La Grande Chevauchée de Robin des Bois (IT/ES/FR) de Calvin Jackson Paget [Giorgio Ferroni]
Manuel Torres, Ernest Boetan/Oceania Produzioni Internazionali Cinematografiche (Roma)-Talia Film (Madrid)-Les Films Corona (Paris), 107 min. – av. Giuliano Gemma (Sir Henry de Nottingham/Robin Hood), Mario Adorf (frère Tuck), Luis Dávila (Sir Robert, shérif de Nottingham), Silvia Dionisio (Marianne de Manson), Mark Damon (Allan-a-Dale), Pierre Cressoy (Sir Guy), Lars Bloch (Richard Cœur de Lion), Daniele Dublino (le prince Jean), Helga Linè (Mathilde), Nello Pazzafini (Little John), Manuel Zarzo (Will Scarlet), Giulio Donnini (le prêtre), Valérie Forgues (Joan), Antonio Pica (Rudolf von Wattenberg), Valerio Colombaioni (Mook, le fils du meunier), Nazareno Zamperla, Gianni De Luca, Vittorio Fanfoni, Furio Meniconi, Gaetano Imbrò.
Henry de Nottingham se révolte contre la tyrannie de l’usurpateur Jean et se cache avec ses compagnons dans la forêt voisine où il prend nom de Robin des Bois et parvient à réunir la rançon pour libérer le roi captif en Autriche. Le prince Jean et le Normand Sir Robert, shérif local, s’emparent de lui et l’accusent du meurtre du roi Richard, mais ce dernier surgit à temps pour le sauver (scénariste : Ennio De Concini). – Une version assez bon enfant de la légende, portée par Giuliano Gemma, star du western-spaghetti, voltigeant le sourire aux lèvres, et Mario Adorf en frère Tuck (qui parle latin quand il s’agit de mettre ses compagnons en garde contre un danger imminent). Lady Marian s’habille en garçon et tire presque aussi bien que son amoureux, qu’elle connaît depuis son enfance. Filmé par Giorgio Ferroni, un habitué du péplum de série, en Techniscope et Eastmancolor aux studios romains de Cinecittà et à Barcelone (château de Cardona et église romane de San Vicente).
US : Long Live Robin Hood, The Scalawag Bunch, DE : Der feurige Pfeil der Rache, GB : Archer of Fire.
1972® (tv) Robin Hood (FI) de Jussi Helminen, Kurt Nuotio (th) et Titta Karakorpi (tv). – av. Tapio Kouki (Robin Hood), Karl Kihlström (Little John), Kurt Nuotio (le shérif de Nottingham), Heikki Huttunen (Alan-a-Dale). – Captation d’un spectacle pour enfants de l’Ahaa Theatre à Tampere.
1973® (tv) Christmas Pantomime : Babes in the Wood (GB) de Pat Johns (BBC 24.12.73). – av. Bobby Bennett (Robin Hood), Norman Collier (Will Scarlet), Peter Goodwright (Alan-a-Dale), John Gower (le shérif de Nottingham), Susan Maughan (Marian), Colin Prince (Little John). – Spectacle de “Junior Showtime”.
1973[Animation : Robin Hood (Robin des Bois) (US) de Wolfgang Reitherman; Walt Disney Prod., 83 min. – Dessin animé av. les voix de Brian Bedford (Robin Hood), Peter Ustinov (prince Jean), Phil Harris (Little John), Roger Miller (Allan-a-Dale), Monica Evans (Marian), Andy Devine (frère Tuck). – Une tentative des studios Disney d’annexer définitivement Robin au monde de l’enfance. Les héros de la geste sont transformés en animaux : Robin est un gentil renard, Little John un ours, le shérif un énorme loup aux dents longues, le prince Jean un lion rachitique et névrosé (il suce son pouce et appelle sa maman), son frère Richard un lion majestueux, Marian une jolie renarde, Triste Sire un serpent sournois, et le petit peuple rançonné par les méchants, est représenté par de braves lapins. Le bestiaire est adroit, les chansons sont guillerettes, l’ensemble est jovial et inoffensif: les personnages ne sont plus pris au sérieux, les méchants sont rigolos, le récit n’est plus qu’une fable animalière pour les tout-petits, produit dépourvu de l’épaisseur anxiogène qui faisait la force des premiers films de Disney. Très grand succès public et commercial.]
1974(tv) When Things Were Rotten (Robin des Bois / Quand tout était pourri-re) (US) de Peter H. Hunt (5,10,11,12), Joshua Shelley (3,13), Coby Ruskin (2, 8), Norman Abbott (9), Bruce Bilson (7), Marty Feldman (4), Jerry Paris (1) et Peter Bonerz (6)
Mel Brooks, Stanley Jacob, Norman Steinberg/Paramount Television-CBS Television (ABC 10.9.-3.12.75), 13 x 25 min. – av. Dick Gautier (Robin Hood), Dick Van Patten (frère Tuck), Henry Polic II (le shérif de Nottingham), Misty Rowe (Marian), David Sabin (Little John), Ron Rifkin (prince Jean), Bernie Kopell (Allan-a-Dale), Richard Dimitri (Renaldo et Bertram), Jimmy Martinez (Sylvester), Jane A. Johnson (la princesse Isabelle), Ron Glass (le Chevalier Noir), Robert Ridgely (Hollingsworth), Paul Williams (Guy de Maupassant [sic]).
Parodie burlesque, truffée d’anachronismes, de gags visuels et de sorties humoristiques, écrite par Mel Brooks, Norman Stiles et John Boni. Au sommet de sa carrière cinématographique après Frankenstein Junior et Blazing Saddles/Le Shérif est en prison (1974), Mel Brooks aborde Robin des Bois par le petit bout de la lorgnette. Un sitcom au succès mitigé (le public américain n’est pas encore habitué aux gags nonsensiques et aux calembours bêtes et méchants de Brooks), peuplé de « guest stars » comme Dudley Moore en cheikh arabe, Sid Caesar en ambassadeur français ou Paul Williams en Guy de Maupassant. Dans le deuxième épisode, Robin se déguise même en Zorro pour sauver la situation. La série est interrompue après 13 épisodes, malgré un concert de critiques élogieuses. Mel Brooks retournera à Sherwood en 1993 avec la comédie Robin Hood : Men in Tights, cette fois pour le grand écran (cf. infra). – Episodes : 1. « The Capture of Robin Hood » – 2. « The French Dis-connection » – 3. « The House Band » – 4. « Those Wedding Bell Blues » – 5. « A Ransom for Richard » – 6. « The Ultimate Weapon » – 7. « Ding Dong, the Bell Is Dead » – 8. « There Goes the Neighborhood » – 9. « Quarantine » – 10. « Birthday Blues » – 11.-12. « The Spy » – 13. « This Lance for Hire ».
DE: Robi Robi Robin Hood, IT: Le rocambolesche avventure di Robin Hood contro l’odioso sceriffo.
1974(tv) Robin Hood ja hänen iloiset vekkulinsa Sherwoodin pusikoissa [=Robin des Bois et ses joyeux festins dans les buissons de Sherwood] (FI) d’Inekeri Pilkama
Spede-Yhtiöt (MTV3 4.2.74). – av. Vesa-Matti Loiri (Robin Hood), Simo Salminen (Will Scarlet), Pertti Roisko (Little John), Juhani Kumpulainen (le shérif de Nottingham), Tapio Hämäläinen, Leo Jokela, Olavi Ahonen, Jyrki Kovaleff.
1974Robin Hood, o Trapalhão da Floresta [Robin des Bois, l’aventurier des forêts] (BR) de J. B. Tanko
Atlantida Cinematografica-Embrafilme-J.B. Tanko-Jarbas Barbosas Prod. – av. Mário Cardoso (Robin Hood), Monique Lafond (Catarina), Dedé Santana (William), Renato Aragão (Zé Grilo), Cosme dos Santos, Luiz Cacetada, Antonio Carnera, Braz Porfirio dos Santos, Kim Negro, Raimundo Nonato.
Parodie fabriquée par le groupe comique brésilien « Os Trapalhões », une troupe de quatre zigotos cariocas qui est devenue localement célèbre à force d’inonder la chaîne TV Globo de ses farces de bas étage.
1974/75Robin Hood nunca muere / [MX :] El valiente Robin Hood (ES) de Francesc Bellmunt
José Antonio Pérez Giner/Profilmes S. A. (Girona), 86 min. – av. Charly Bravo (Robin Hood), Emma Cohen (Melina), María Reniu, Fernando Rubio, Luis Induni, Joaquín Blanco, Gaspar ‘Indio’ González, Josep Minguell, Francisco Viader, Augusti Villalonga, José Luis Lifante (l’abbé).
Robin des Bois tombe dans une embuscade préparée par les sbires du shérif de Nottingham. Il est grièvement blessé mais parvient à se cacher, à se faire passer pour mort et à organiser ses propres funérailles. Alors que tout le monde le croit décédé, le hors-la-loi organise l’assaut du château de Nottingham et le vol du trésor du shérif avec ses hommes. – Premier film en solo du réalisateur catalan Francesc Bellmunt, un habitué du cinéma-bis qui tente de conférer à la légende une lecture plus politique (certains y voient une allégorie de la dictature fasciste de Franco). Une bizarrerie filmée en juillet 1974 dans la province de Gérone (en Eastmancolor), par moments assez sombre et violente, parsemée de tueries sadiques, de situations horrifiques et d’humour noir à la limite de l’absurde : un cadavre qui ricane dans son cercueil, un proscrit déguisé en dragon poursuivant les gardes du shérif en crachant du feu, etc.
GB : Robin Hood never dies.
1975Robin Hood Junior (GB) de Matt MacCarthy et John Black
Matt MacCarthy, John Black/Brocket Productions-Children's Film Foundation (London), 59 min. – av. Keith Chegwin (Robin Hood), Mandy Tulloch (Marian), Nicholas Dunn (Little John), Keith Jayne (Will Scarlet), Andrew Sachs (frère Tuck), Anthony Bailey (Tybald), Maurice Kaufmann (le baron de Malherbe), Dean Lawrence (Edmund, frère cadet de Robin), Alexander John (Lord Gilbert), Sean Barrett (sergent), Sydney Bromley (Alfric), Tony Aitken (Jugge), Leonard Fenton (un messager).
En 1190, tandis que Lord Gilbert est aux Croisades, son frère, le baron de Malherbe, a pris le pouvoir. La fille du Lord s’échappe et combat l’usurpateur avec l’aide du célèbre hors-la-loi. Film destiné à un public enfantin, produit par la « Children’s Film Foundation », enregistré aux studios de Shepperton (sous les auspices de J. Arthur Rank) et repris plus tard à la télévision dans le programme « Children’s BBC » (14.7.89).
1975/76Robin Hood... frecce, fagioli e karatè / Storia di arcieri, pugni e occhi neri / … y le llamaban Robin Hood (Les Extraordinaires Aventures de Robin des Bois / Robin, flèche et karaté / Ça va être ta fête, Robin) (IT/ES) de Tonino Teodoro Ricci
Scale Film-Panorama-Arco Film, 96 min. – av. Alan Steel [=Sergio Ciani] (Robin Hood), Victoria Abril (Lady Anne Birdsley), Cris Huerta (frère Tuck), Eduardo Fajardo (le duc de Sherwood), Iwao Yoshioka (Moikako, le moine japonais), Tito García, Pino Ferrara, Ria De Simone, Francesca Romana Coluzzi, Charly Bravo.
Une pitrerie italo-espagnole à la diffusion très limitée. On y découvre l’athlétique Alan Steel, rescapé des péplums, et une toute jeune Victoria Abril, plus d’une décennie avant sa percée dans le cinéma d’Almodóvar. Dans la lutte de Robin contre le shérif, la contribution décisive de frère Tuck, grand bagarreur devant l’Éternel, est de nature « frappante » : il introduit à Sherwood un moine japonais, maître des arts martiaux asiatiques. A défaut de scénario, d’esprit ou d’idées, ça castagne dur, en scope et Telecolor.
DE : Zwei linke Brüder auf dem Weg zur Hölle, Die ungleichen Zwei.
1975(tv) The Legend of Robin Hood (GB) d’Eric Davidson
Jay Rayvid/BBCtv (BBC1 23.11.75), 6 x 55 min. – av. Martin Potter (Robin Hood), Diane Keen (Marian), Paul Darrow (le shérif de Nottingham), David Dixon (prince Jean), William Marlowe (Sir Guy of Gisbourne), Conrad Asquit (Little John), Tony Caunter (frère Tuck), Michael-John Jackson (Richard Cœur de Lion), Miles Anderson (Will Scarlet).
Série pour adolescents programmée l’après-midi et violemment attaquée par les ligues morales en raison de la violence de certains épisodes. Tourné dans la Forest of Dean dans le West Gloucestershire. Martin Potter refusa de jouer une sorte de « Tarzan médiéval », son Robin est un homme solitaire et triste.
Vingt ans plus tard : Robin (Sean Connery) et Marian (Audrey Hepburn), à présent abbesse, se retrouvent.
1975/76***Robin and Marian (La Rose et la Flèche) (US) de Richard Lester
Denis O’Dell, Richard Shepherd, Ray Stark/Rastark Pictures-Columbia Pictures, 106 min. – av. Sean Connery (Robin Hood), Audrey Hepburn (Marian/Mère Janet, abbesse de Kirkly), Robert Shaw (le shérif de Nottingham), Nicol Williamson (Little John), Richard Harris (Richard Cœur de Lion), Ronnie Barker (frère Tuck), Ian Holm (le prince/roi Jean), Kenneth Haigh (Sir Ranulf de Pudsey), Denholm Elliott (Will Scarlet), Bill Maynard (Mercadier), Victoria Mérida Rojas [=Victoria Abril] (la reine Isabelle d’Angoulême, épouse de Jean), Veronica Quilligan (sœur Mary), Esmond Knight (le vieux défenseur de Châlus [Bertram de Gurdun]), Peter Butterworth (le chirurgien), John Barrett (Jack), Kenneth Cranham (son apprenti), Montserrat Julió, Victoria Hernández Sanguino et Margarida Minguillón (des nonnes).
Synopsis : Robin et Little John ont suivi Richard Cœur de Lion aux Croisades, entreprise longue, éprouvante et vouée à l’échec d’où ils reviennent désabusés, vingt ans plus tard. En 1199, alors qu’ils sont sur le chemin du retour, las de tant de massacres inutiles, ils refusent d’obéir au roi et de passer par l’épée un vieillard fou et quelques femmes et enfants qui défendent un fortin français à Châlus où le souverain soupçonne de l’or. Ils sont arrêtés, mais une flèche tue le roi, qui leur pardonne avant de rendre l’âme. Une mort sans gloire pour un monarque devenu cruel, avide et capricieux. En Angleterre, Robin et Little John retrouvent leurs vieux compagnons d’antan, tous des épaves ou des cas sociaux. L’équipe se reforme, mais, envahie par les brouissailles, la forêt de Sherwood a beaucoup changé, ils peinent à retrouver leur chemin. Las d’attendre son amoureux qui lui a préféré l’appel des armes et de l’aventure en Terre Sainte, et après un suicide manqué, Marian est entrée dans les ordres sous le nom de Mère Janet ; elle est finalement devenue abbesse du prieuré de Kirkly. Les retrouvailles de Robin et de Marian montrent cependant que leur amour est toujours aussi profond, même si la vieillesse a atténué la fougue d’antan. Or l’avenir de Marian est menacé : elle doit quitter l’Angleterre sur ordre du roi et refuse d’obtempérer. Enfin monté sur le trône après la disparition de son frère, le roi Jean sans Terre a ordonné au shérif de Nottingham, toujours en place, d’arrêter le haut-clergé d’Angleterre en représailles pour sa dispute avec le Pape Innocent III (le Souverain pontife l’a excommunié en 1208 pour avoir refusé l’accession d’Étienne Langton au siège de Canterbury). Trois nonnes de Kirkly sont arrêtées et emprisonnées au château de Nottingham. Ignorant non sans peine ses rhumatismes, Robin entreprend de les délivrer par un coup audacieux, déjoue le piège du shérif et son triomphe provoque la colère de l’ambitieux Sir Ranulf de Pudsey ; humilié, il exige la capture du hors-la-loi, mais le shérif se montre peu coopératif. Sir Ranulf demande alors directement du renfort au roi Jean. Le monarque lui promet la tête de Robin … ou celle du shérif, selon le résultat de la campagne.
Sir Ranulf et le shérif installent un camp militaire à l’orée de la forêt de Sherwood où Robin et ses compères fatigués ont repris le maquis, assistés des pauvres de Nottingham qui les ont rejoints. Conscient de la supériorité numérique de l’adversaire mais galvanisé par la troupe bigarrée que sa réputation légendaire a entraînée, Robin n’écoute ni Marian ni Little John et, cherchant à éviter un bain de sang, il réclame un combat singulier contre son vieil ennemi le shérif, qui accepte le défi. Si Robin perd, ses hommes se soumettront. Bien que Sir Ranulf s’oppose à sa décision, le shérif promet lui aussi le départ de ses troupes s’il venait à succomber. L’affrontement, long et pathétique car les deux combattants n’ont plus la force et l’agilité de la jeunesse, s’achève par la mort du shérif, mais Robin est lui-même très grièvement blessé au ventre. Faisant fi des ordres du shérif, la soldatesque passe à l’attaque ; Little John tue Sir Ranulf, tandis que Will Scarlet et Frère Tuck sont capturés et que les rares survivants de la bande se terrent dans la forêt. Marian et Little John transportent Robin, dont les plaies sont béantes, dans une cellule de l’abbaye désertée de Kirkly. A l’insu de son amant, Marian prépare une coupe de poison qu’elle partage avec lui. Robin sent la douleur disparaître, se berce d’illusions et lorsqu’il comprend, il est trop tard. Marian lui avoue sa passion (« Je t’aime plus que tout ce qui existe, plus que l’enfant qui naît, que les blés que j’ai plantés de mes mains, plus que la prière du matin, la paix du soir, la nourriture du corps, la chaleur du soleil, plus que la chair ou la joie, plus qu’un jour supplémentaire à vivre. Je t’aime plus… que Dieu »). Tandis qu’elle s’endort à ses côtés, Robin, apaisé (« c’est mieux ainsi »), appelle Little John, bande son arc de ses dernières forces et, visant la fenêtre, tire une flèche dans les airs : leur fidèle compagnon les enterrera tous deux à l’endroit où elle retombera…
Après les fresques jubilatoires – et bondissantes – de Douglas Fairbanks/Allan Dwan (1922) et d’Errol Flynn/Michael Curtiz (1938), c’est le troisième joyau d’une longue filmographie, à la fois sous forme de conclusion douce-amère et d’hommage nostalgique ou, selon les goûts, d’antidote au folklore rabâché et à ses clichés. La légende n’y est pas déboulonnée, elle est humanisée, et son cadre rendu beaucoup plus authentique. Formellement, c’est peut-être aussi l’œuvre la plus accomplie, la plus émouvante de toutes les aventures du yeoman, et qui s’achève sur une des plus belles conclusions jamais filmées. Le sujet initial ainsi que le scénario sont de la plume de l’auteur dramatique James Goldman, célèbre pour sa pièce The Lion in Winter (1966), succès international, et le film qui en a été tiré en 1968 par Anthony Harvey. Goldman y décrit les déchirements psychotiques du clan Plantagenêt, entre Aliénor d’Aquitaine (Katharine Hepburn), son époux Henry II (Peter O’Toole) et leurs rejetons Richard (Cœur de Lion), Jean et Geoffroy en 1183. Le cadre général ne lui est donc pas inconnu, et le dramaturge s’inspire cette fois de motifs provenant d’anciennes ballades du XVe siècle, A Gest of Robyn Hode et Robin Hood’s Death ; selon celles-ci, Robin de Huntington aurait été saigné à mort par sa cousine, la prieuresse de Kirklees (West Yorkshire), qui convoitait son titre et ses terres ; il tira une flèche pour désigner à Little John l’endroit de sa future tombe (tombe aujourd’hui accessible aux touristes !). Alexandre Dumas reprend cette fin tragique dans son roman Le Prince des voleurs. La première idée de Goldman est d’écrire une pièce, mais le thème étant plus lyrique que dramatique, il change son fusil d’épaule et opte pour le cinéma (1971). Relevons dans ce contexte une incongruité historique : Robin affirme dans le film avoir suivi le roi Richard « pendant vingt ans », soit depuis 1179, époque où Henry II était roi, et non son fils Richard. Ce dernier ne fut couronné qu’une décennie plus tard, en 1189. Richard fut absent en Terre Sainte pendant deux années seulement (à partir d’automne 1191), capturé en Autriche en 1193 et libéré l’année suivante. En 1194, il séjourna deux mois en Angleterre pour marquer son retour des Croisades puis retourna guerroyer en France où il décéda en 1199, date à laquelle commence le film. Bref, son règne ne dura que dix ans. Selon le scénario, Robin aurait donc dû sévir comme rebelle à Sherwood bien avant que Richard et Jean sans Terre soient dans le paysage… Mais qu’importe, puisque le propos est ailleurs.
Rastark Pictures (Ray Stark) à Hollywood sont partants, quoique le film, intitulé initialement The Death of Robin Hood, devra se faire en Europe pour des raisons d’économie. Divers metteurs en scène de renom sont approchés, sans résultats : David Lean, Lindsay Anderson, John Frankenheimer. L’Américain Richard Lester, réalisateur actif au cinéma et à la télévision britanniques depuis vingt ans, est une figure en vue du « Swinging London ». Il s’est d’abord fait une solide réputation avec ses deux longs métrages loufoques interprétés par les Beatles (A Hard Day’s Night et Help !, 1964/65), puis avec son formidable The Three Musketeers (Les Trois Mousquetaires), suivi de The Four Musketeers (On l’appelait Milady), une démythification radicale et innovante de Dumas filmée en 1973/74 entre Londres et Madrid. Sa révision caustique du XVIIe siècle français, soutenue par un feu d’artifice d’idées drôles ou cruelles, y fait miracle. Lester est donc l’homme qu’il faut, lui qui rêve de montrer Robin Hood vingt ans après, confronté aux exploits partiellement inventés ou exagérés que la légende lui attribue (Robin et Will Scarlet se moquent des ballades créées à leur propos). Il veut révéler l’homme ordinaire derrière le mythe, et comment celui-ci est affecté à plusieurs niveaux par le temps qui passe.
Le rôle principal est d’abord envisagé pour Paul Newman, puis on songe à Albert Finney en Robin, avec Sean Connery en Little John. Mais Lester juge que ce dernier ne peut se satisfaire d’un second rôle, malgré une suite récente de films peu mémorables. Sur conseil de Frankenheimer, le rôle de Marian est offert à Audrey Hepburn qui, pour des raisons familiales, a été absente des écrans pendant huit ans. Son comeback – qui se superpose à celui de Marian dans le script – attire les paparazzis, elle qui endosse pour la deuxième fois l’habit et la cornette (après The Nun’s Story de Fred Zinnemann, 1959) alors que les années et la maturité n’ont fait que l’embellir. Pacifiste dans l’âme, la star accepte avec enthousiasme son rôle d’objectrice de conscience (sa Mère Janet préfère la prison à une résistance armée), rôle qui, comme elle le souhaite, correspond aussi à son âge. Souvenirs de 007 : dans le costume du shérif, Connery retrouve son impitoyable adversaire d’il y a douze ans, Robert Shaw, le tueur de From Russia with Love (Bons baisers de Russie), devenu une star depuis son tout récent numéro de chasseur de requins dans Jaws (Les Dents de la mer) de Spielberg. Nicol Williamson (que John Osborne considérait comme « le plus grand acteur depuis Marlon Brando ») fait Little John, le bon géant au cœur d’enfant, secrètement amoureux de Marian, chien fidèle jusqu’au bout ; il sera un Merlin mémorable six ans plus tard dans l’Excalibur de John Boorman. Enfin, par amitié pour Connery, Richard Harris accepte d’apparaître dix minutes sous les traits caractériels de Richard Cœur de Lion, au début. La future hégérie de Pedro Almodóvar, Victoria Abril, une adolescente de seize ans, interprète l’épouse du roi Jean sous son nom d’état civil, Victoria Mérida Rojas. Impossible toutefois de tourner sur territoire britannique, une partie importante de l’affiche du film se composant d’« évadés fiscaux » (Shaw, Harris, Williamson et Connery, qui vit à Marbella). Tout est donc filmé en Espagne, en extérieurs (juin-juillet 1975), loin des syndicats paralysants et de la météo anglaise – avec une équipe mixte anglo-hispanique et la collaboration de 200 hommes de l’armée de Franco.
Comme à son habitude, Lester met les bouchées doubles, son film est bouclé en trente-six jours, photographié à la lumière naturelle, sans filtres, pour accentuer le réalisme de l’ensemble. Les magnifiques fortifications médiévales d’Artajona en Navarre, récemment restaurées, servent pour Nottingham, la plaine d’Urbasa (Pamplune) pour les abords et les forêts d’Orgi dans la vallée de l’Ultzama et de Quinto Real (Navarre) pour l’intérieur de Sherwood Forest ; le château de Villalonso (prov. Zamora) devient Châlus ; d’autres scènes sont captées dans la région de Burgos et à Valladolid (pour le camp de Richard) ; les chefs décorateurs Michael Stringer et Manuel Gil Parrondo (Le Cid d’Anthony Mann) transforment l’architecture hispanique du XIVe siècle en bâtisses anglaises du XIIe siècle, recréant un Moyen Age pour une fois très vraisemblable : village minuscule, boueux et pouilleux serré au pied du château, monastère tout en bois qui entoure un unique donjon de pierre. Les armures sont précaires, en cuir bouilli, lacées, voire rouillées. En cours de travail, Ray Stark et la Columbia modifient d’autorité le titre du film en The Ballad of Robin and Marian, puis simplement en Robin and Marian, à la fureur de Lester qui tenait à éviter toute connotation balladesque. (La Rose et la Flèche, le titre français, est pour une fois supérieur à l’original.) La partition musicale âpre, classique, au violon et violoncelle que le cinéaste a commandée à Michel Legrand (son collaborateur sur The Three Musketeers) sur le modèle de ses compositeurs favoris, Michael Tippett et Dmitri Chostakovitch, est refusée par la production et remplacée par celle plus consensuelle de John Barry, le musicien oscarisé des James Bond. Lester assiste aussi impuissant à la gestion déraisonnable du budget qui fait grimper les coûts à près de 5 millions de $, puis au lancement imbécile du film s’appuyant sur une publicité mensongère : « Love is the Greatest Adventure of All » affirme l’affiche, alors que l’œuvre se termine sur une euthanasie et un suicide !
La fin de l’aventure : Robin et Marian se meurent, Little John tend l’arc à son ami pour qu’il puisse tirer une flèche.
 La nature morte du générique au début (et du plan final), baignée dans une douce lumière automnale, annonce pourtant la couleur : ces trois pommes mûres à côté d’une coupe, en partie déjà gâtées, sont une allégorie de temps qui passe, mais aussi d’un certain immobilisme politique ou psychologique qui entraîne la corruption, le pourrissement de l’intérieur. D’entrée, la mort rôde, et avec elle, l’amour. « Pourquoi as-tu suivi Richard en Terre Sainte ? » demande Marian à Robin. « C’était mon roi », répond-il penaud. Seulement voilà : au cours des Croisades, le « Cœur de Lion » est devenu cœur de pierre ; le roi s’est révélé un tyran colérique, cupide et sanguinaire (sa mort futile devant Châlus par la flèche d’un certain Bertram de Gurdun est attestée), et en définitive, il ne vaut guère mieux que son usurpateur de frère. Le siège du fortin est rendu particulièrement dérisoire par la présence d’à peine quinze hommes d’armes peu motivés et de deux balistes inefficaces. « Ils avaient aussi des âmes, les mécréants que tu as occis là-bas… », reproche Marian à Robin. Victime de stress post-traumatique, ce-dernier attribue au souverain l’atroce bain de sang à Saint-Jean-d’Acre : « Le 12 juillet 1191, lui confie-t-il la voix serrée, la puissante forteresse tomba entre les mains de Richard. Ce fut sa seule grande victoire en Terre Sainte, alors qu’il était malade au lit et ne se montra pas de toute la journée. Le 20 août, Little John et moi étions dans la plaine devant les remparts quand nous vîmes les musulmans survivants défiler en chaînes. Le roi Richard épargna les plus riches pour les rançonner, se réserva les plus forts comme esclaves, et il prit les enfants – tous les enfants – et les fit tailler en pièces. Puis il fit tuer toutes les mères. Et quand tout le monde était mort – trois milles cadavres au sol -, il ordonna de les éventrer pour voir si leurs entrailles ne cachaient pas de l’or ou des pierres précieuses. Nos hommes d’Église sur place, et il y en avait beaucoup, firent au roi un triomphe. Un évêque se coiffa de sa mitre et dirigea nos prières. Et tu me demandes si je suis dégoûté ? » Le scénario de Goldman, lui, renvoie aux massacres américains de civils vientnamiens, notamment à My Lai en 1968, tout en opérant un amalgame avec Acre et les horreurs de la conquête de Jérusalem en juillet 1099 telles que décrites par Foucher de Chartres dans sa chronique de la Première Croisade. C’est la première fois que le cinéma mentionne ces faits et les séquelles de l’après-Vietnam comme de l’après-Watergate (défiance face au pouvoir établi) sont ici clairement perceptibles.
De toute évidence, le film n’a rien d’une comédie, à l’opposé des Trois Mousquetaires lesteriens avec son côté slapstick ou du petit dernier, Royal Flash, un délicieux pastiche de The Prisoner of Zenda sorti cette même année. Véritable film d’auteur, Robin and Marian se veut une histoire adulte, simple, visuellement sombre et austère, psychologiquement complexe et originale. C’est l’image élégiaque d’un monde en transition, perçu par une sensibilité lucide. Une œuvre mature, conçue avec beaucoup de tendresse pour ses protagonistes mais dénué de toute sentimentalité. Comme le résume Patrick Brion, « Lester évite avec beaucoup d’intelligence les pièges de la parodie et de la dérision, retrouvant la rigueur de certaines des relectures historiques de Pasolini, et ce qui n’aurait pu être qu’une bouffonnerie iconoclaste devient une douloureuse méditation sur la vie, la vieillesse et les espoirs déçus » (Télérama, 11.2.81). D’entente avec son scénariste, le cinéaste a déromantisé les dialogues, mais sans jamais cacher la tendresse complice qu’il porte à ses protagonistes. Ainsi, quand Robin évoque Marian à Little John en rentrant en Angleterre, il admet : « C’était un joli brin de fille… je n’ai pas pensé à elle depuis des années, je ne lui ai même jamais dit ‘au revoir’. Peut-être qu’elle est fâchée… » Les retrouvailles des anciens amants sont difficiles, Marian a fait un tentamen lorsqu’il l’a quittée : « J’ai trouvé la paix en Dieu, je ne suis plus ta Marian, j’ai arrêté de rêver de toi. » Quand elle l’accuse de ne pas lui avoir écrit une ligne en vingt ans, il marmonne « Je ne sais pas comment » (il est analphabète), et quand leurs lèvres s’approchent, il hésite, puis sur un ton farceur : « Je n’ai jamais embrassé un membre du clergé. Est-ce que c’est un péché ? »
Le Robin Hood de Lester est une sorte de Don Quichotte qui a perdu ses illusions, un peu bouffon, pathétique mais néanmoins une âme noble qui rentre chez lui pour constater que le monde l’a oublié et a changé, qu’il est déphasé à force d’être resté adolescent tandis que Marian, elle, est devenue adulte, responsable d’une communauté religieuse, et que le shérif a travaillé sur lui-même. Son retour tardif – à cinquante ans on est vieux au XIIe siècle – signifie pour Robin une ultime chance d’endosser sa propre légende. Ses hors-la-loi ressemblent aux desperados errants de The Wild Bunch (La Horde sauvage) de Sam Peckinpah (1969) ou à ceux d’El Dorado de Howard Hawks (1966) : ils arrivent trop tard, ont été trop longtemps absents ou inactifs ; rattrappés par leurs rhumatismes, ils grimpent difficilement aux arbres et seraient bien incapables d’attaquer leurs ennemis depuis une branche haut perchée. Havre enchanté de souvenirs, la forêt n’a d’ailleurs plus la densité ni le feuillage qui permettrait de s’y cacher. Le réveil cocasse au petit matin dans les bois de Sherwood est éloquent : les membres endoloris après une nuit sur la terre humide, Robin doit secouer ses amis ronflants, se frotte les dents avec une brindille, danse sur place pour réanimer ses jambes engourdies et s’apprête à uriner quand il réalise soudain que Marian a dormi à ses côtés. Il peine à la porter dans ses bras (« tu as pris du poids », soupire-t-il). La violence assez présente dans le film n’a rien des élégants duels d’Errol Flynn : les épées sont lourdes, les échanges d’armes traduisent la sauvagerie, la lutte pour la survie d’un groupe fatigué, désespéré, plus tout à fait maître de ses reflexes.
Les retrouvailles de Robin et du shérif de Nottingham – représentants du « bien » et du « mal » selon les canons établis – sont particulièrement révélatrices quant aux intentions du scénario. Les deux hommes semblent avoir développé du respect, même une sorte de sympathie l’un pour l’autre. Robin, le redresseur de torts, le défenseur des opprimés et des démunis a été absent quand l’Angleterre avait le plus besoin de lui, et le retour de cet anarchiste royaliste, sympathique, encanaillé mais un peu confus n’est pas vraiment motivé par une conscience sociale. Le shérif en revanche, qui est resté en place, est devenu un outsider politique : « A présent, j’ai appris à lire et à écrire, ce qui malheureusement me rend suspect, car il n’y a pas un duc sur vingt qui sache lire », confie-t-il fatigué à ce revenant de Robin qu’il n’a plus envie de persécuter et qu’il soupçonne même d’être « un peu amoureux de la mort ». On voit le shérif plongé dans un codex enluminé, méprisant face à Sir Ranulf dit « tête d’œuf », le nobliau arriviste tapi dans l’ombre, le rapace expéditif, l’ambitieux sans vision qui rêve de l’éliminer (« la lecture, c’est pour les clercs »). Intellectuel progressiste et cultivé, le shérif est une menace pour le roi Jean (incarnation de la fourberie), au même titre que le rebelle en guenilles de Sherwood. Le paradoxe veut que Robin tue l’unique personne du royaume qui se sente concernée par le sort des petites gens et se soucie plus de l’Angleterre que de sa carrière, alors que ce serait sa mission à lui. S’étant agenouillés côte à côte pour prier et baiser leurs épées (en forme de crucifix), les deux ex-ennemis s’aident mutuellement à se redresser avant de s’affronter à mort et lorsque le shérif, physiquement en meilleure forme, voit son adversaire plus d’une fois rouler au sol épuisé, il le supplie d’abandonner le combat. Le résultat du duel restaure la réputation légendaire de Robin mais provoque par la même occasion la perte des siens et la destruction de tout ce pourquoi il a lutté. Le « jugement de Dieu » est balayé par la « Realpolitik ». Ce combat est en soi déjà une forme de double suicide, chacun ayant réalisé que leurs engagements respectifs n’ont rien changé dans le fond et que l’exploitation comme l’injustice sévissent plus que jamais.
Lester a abandonné ses facéties de funambule pour révéler le tragique qui dormait en lui. Mais Robin and Marian désarçonne la majorité des spectateurs des années 1970 par son révisionnisme inattendu, par son approche trop innovatrice d’une légende surexploitée. Le public moyen n’y reconnaît pas l’archer héroïque de son imaginaire et refuse Sean Connery, encore marqué par James Bond, dans le rôle d’un perdant au crâne dégarni. La critique américaine traite sottement le film d’attentat à ses souvenirs d’enfance. « Embarrassant, écrit le folliculaire de Variety, un spectacle à la grâce et à l’énergie d’une discothèque gériatrique » (10.3.76). De son côté, l’Église catholique le condamne pour avoir montré une abbesse « criminelle » et suicidaire. Aux Ètats-Unis, le film n’engrange que 4 millions de $, ce qui signifie un million de déficit : La Rose et la Flèche peut ainsi se targuer d’être l’unique aventure de Robin des Bois à l’écran qui n’a jamais rapporté d’argent. En France, sa distribution est quasi confidentielle et en dépit d’un concert de louanges médiatiques, le film fait une carrière particulièrement médiocre. Aujourd’hui un film-culte, considéré quasi unanimement comme le chef-d’œuvre de Richard Lester.
DE : Robin und Marian, ES : Robin y Marian, IT : Robin e Marian.
Un Robin des Bois soviétique, campé par Boris Khmielnitski (1976).
1975/76Strely Robin Guda (Les Flèches de Robin des Bois) (SU) de Sergueï Tarassov
Riga Film (Rigas Kinostudiya), 91 min./82 min./78 min. – av. Boris Khmielnitski (Robin de Locksley, dit Robin Hood), Regina Rasuma (Marie/Marian), Int Bouran (Sir Ralph, le shérif de Nottingham), Algis Masiulis (Sir Guy of Gisbourne), Viya Artmanet (Ket), Eduard Pavuls (Tuka [frère Tuck]), Harni Schweitz (Little John), Mirdza Martinsone (Lady Anna), Janis Plesums (Alan-a-Dale), Martin Verdin (Sir Edmund), Romuald Ancans (Will Scarlet), Youri Kamornyi (le bouffon Clem), Youri Strenga (l’évêque de Hereford), Nikolai Dupak (le meunier).
Synopsis : Guy de Gisbourne s’est allié avec l’évêque de Hereford et le shérif de Nottingham pour opprimer le peuple et s’enrichir à ses dépens. Leur pire ennemi est Robin des Bois, dont la tête est mise à prix. Celui-ci participe néanmoins au grand tournoi des archers du royaume, qu’il remporte et où il berne les autorités, ayant été mis en garde par le bouffon de Gisbourne. Allan-a-Dale revient des croisades pour découvrir que ses terres ont été confisquées et que Gisbourne est sur le point d’épouser de force sa fiancée, Lady Anne. Robin et ses compagnons interrompent la cérémonie nuptiale et le frère Tuck officie à la place de l’évêque de Hereford pour marier les amoureux, mais lorsque les nouveaux époux sortent de l’église sous les applaudissements de la foule, ils sont abattus par les archers cachés de Gisbourne. Pour pièger Robin et l’attirer hors de son repaire, l’évêque fait enlever et torturer sa compagne Marie, la fille du meunier. Elle est condamnée à brûler comme sorcière. Robin contre-attaque en investissant le château de Gisbourne. Sir Guy est tué par Sir Edmund, l’ancien propriétaire des lieux qui venge ainsi l’assassinat de ses parents. Les hommes de Robin revêtent les armures des sbires de Gisbourne et pénètrent dans la forteresse de Nottingham où ils sauvent Marie. En leur absence, leurs compagnons dans la forêt sont massacrés par la soldatesque. Le shérif poursuit les yeomen dans la plaine lors d’une cavalcade endiablée, suivie d’une bataille rangée dans les marais où Robin parvient à noyer le shérif.
Il s’agit curieusement de l’unique version soviétique de la légende, dont les aspects progressistes, « révolutionnaires », auraient pu tenter le cinéma du bloc de l’Est. Mais en dehors d’une bande dessinée de Lucien Nortier dans Pif, le recueil pour enfants du Parti communiste français (où le héros avait les traits d’Errol Flynn…), Robin n’a pas inspiré les camarades. A-t-on craint une remise en question de l’ordre politique imposé par Moscou ? Filmée en couleurs en Lituanie (studios de Riga) et en Ukraine (la forteresse de Khotyn), la bande se différencie des produits similaires de l’Ouest par une certaine brutalité (on meurt beaucoup, surtout dans la dernière bobine), puis par sa violence anticléricale (l’évêque crapuleux) et sa dénonciation de la corruption parmi les propriétaires terriens. Symboles de l’autorité suprême, Richard Cœur de Lion et le prince Jean sont ignorés – on ne saurait être assez prudents. Le cœur de Robin n’appartient bien sûr pas à une dame de l’aristocratie, mais à la fille d’un meunier assassiné par le shérif. L’archer lui-même, grand, barbu, est particulièrement séduisant : il possède les traits romantiques d’un héros de Lermontov, rebelle insondable, mélancolique, le rire inquiétant. Les six ballades écrites par le poète-chansonnier contestataire Vladimir Vysotsky, l’époux de Marina Vlady décédé en 1980, sont coupées par la censure de Kossyguine, notamment « La Ballade du Temps » et « La Ballade de la Haine », jugées trop audacieuses dans leur allusion à l’actualité soviétique. Elles seront réintégrées lors de la restauration du film en 1997 pour sa diffusion sur petit écran (91 min.). En 1976, le film attire 28,9 millions de spectateurs en URSS, un succès public considérable (11e place au box office soviétique). Tarassov et son scénariste Kirill Rapoport sont fêtés comme les dignes concurrents de Hollywood dans le registre des films de chevalerie, et le réalisateur peut se lancer en 1982 dans un Ivanhoé d’après Walter Scott – Boris Khmelnitski y rejoue le légendaire archer de Sherwood, accompagné de deux ballades de Vysotsky -, suivi en 1985 de La Flèche noire d’après R. L. Stevenson et de Quentin Durward en 1988, à nouveau tiré d’un roman de Scott.
DE (RDA+RFA) : Die Pfeile des Robin Hood.
1976The Unbroken Arrow / Robin Hood and his Friends (La Flèche invincible) (GB) de Matt McCarthy et John Black
John Black/Brocket Productions-Children’s Film Foundation (London), 122 min./6 x 20 min. ou 2 x 55 min. (sérial). – av. Peter Demin (Robin Hood), Amanda Jones (Marian), Mitchell Horner (le prince Jean), Keith Jayne, Megan Hawks, Delia McDermott, Sharon O’Leary, Gerard Bealy, Sean Barrett.
Suite de Robin Hood Junior (1975), filmée en Fujicolor aux studios de Shepperton : une bande d’adolescents saxons renversent un baron normand. Remonté en 1983 en un seul long métrage et sorti sous le titre de The Adventures of Young Robin Hood. – Episodes : 1. « Fair Exchange » – 2. « The Spy » – 3. « Captured » – 4. « The Crusaders » – 5. « The Red Plague » – 6. « Tower of Fire ».
1976® (tv) Robin Hood (US) de Hollingsworth Morse; série « Ark II », épis. 9, Columbia (CBS 6.11.76), 25 min. – av. Victor Rogers (Robin Hood), Alfie Wise (Big John). – Série de science-fiction.
1981® (tv) Robin (GB) de Peter Graham Scott; série “Into the Labyrinth”, épis. 3 (HTV West 27.5.81), 30 min. – av. Tony Wright (Robin Hood), Conrad Phillips (le shérif de Nottingham), Patricia Driscoll (Marian). – Série fantastique avec voyage dans le temps : les héros débarquent dans les souterrains de Nottingham.
1981® Time Bandits (Bandits, bandits) (GB) de Terry Gilliam ; T. Gilliam/HandMade Films, 116 min. – av. John Cleese (Robin Hood). – Dans ce kaleïdoscope « Monty Python » de l’Histoire du Monde, Robin n’est plus un héros pour enfants mais une image négative de l’adulte vue par un enfant : un Robin élégant et maniéré, un peu « folle », qui vole aux riches pour distribuer aux pauvres, puis élimine les pauvres pour remplir ses poches.
1982® Ivanhoe (GB/US) de Douglas Camfield. – av. David Robb (Robin Hood), Anthony Haygarth (frère Tuck). – cf. Ivanhoé (3.1.a)
1982(tv) An Arrow Pointing East (US) d’Ernest Pintoff
Série « Voyagers ! », saison 1, épis. 10, James D. Parriott Productions-Universal Television-Scholastic Productions (NBC 12.12.82), 49 min. – av. Dan Hamilton (Robin Hood), Wendy Fulton (Marian), Alex Rebar (le shérif de Nottingham), Mills Watson (frère Tuck), Denny Miller (Little John), John Slade (le prince Jean), Jon-Erik Hexum (Phineas Bogg), Meeno Peluce (Jeffrey Jones).
Voyage dans le temps (série pour la jeunesse) : débarqués en Angleterre en 1194, Bogg et Jeffrey découvrent Robin des Bois blessé et terré dans la forêt. Pour redonner confiance à ses hommes qui désespèrent de son absence, Bogg prend la place du légendaire archer. Un épisode filmé aux studios Universal.
1982/83® Ballada o doblestnom rytsare Ayvengo (La Ballade du vaillant chevalier Ivanhoé) (SU) de Sergei Tarassov. – av. Boris Khmelnitski (Robin Hood), Yuri Smirnov (frère Tuck). – cf. Ivanhoé (3.1.a)
1983® (tv) Wunderland (DE) de Bob Rooyens. – av. Reiner Schöne (Robin Hood).
1983(vd) Robin Hood and the Sorcerer (GB) de Ian Sharp
Paul Knight, Patrick Dromgoole/Goldcrest Films International-Harlech Television, 104 min. – av. Michael Praed (Robin Hood), Toby Lee (Robin enfant), Wayne Michaels (Ailric of Loxley), Robert Addie (Sir Guy de Gisbourne), Anthony Valentine (le baron Simon de Bellème), Nickolas Grace (Robert de Rainhault, le shérif de Nottingham), Judi Trott (Marian), Clive Mantle (Little John), Phil Rose (frère Tuck), Ray Winstone (Will Scarlet), Geoffrey Greenhill (Miller), Betty Francis (la mère de Much), Philip Jackson (l’abbé Hugo de Rainault), Mark Audley (Dickon), Paul Rainbow (Tom the Fletcher), Mark Ryan (Nasir).
Sa famille ayant été massacrée par la soldatesque normande, Robin prend le maquis. Sa première initiative est de libérer Marian de l’emprise du puissant et maléfique baron de Bellème… Pilote de la série Robin of Sherwood (cf. infra), exploité à part, en vidéo.
1984(tv) The Zany Adventures of Robin Hood (Les Folles Aventures de Robin des Bois) (US) de Ray Austin
Andrew Donally/Charles Fries Productions (CBS 22.5.84), 100 min./91 min. – av. George Segal (Robin Hood), Morgan Fairchild (Marian), Roddy McDowall (prince Jean), Janet Suzman (la reine-mère Aliénor d'Aquitaine), Neil Hallett (le shérif de Nottingham), Robert Hardy (Richard Cœur de Lion), Tom Baker (Sir Guy de Gisbourne), Roy Kinnear (frère Tuck), Pat Roach (Little John), Robin Nedwell (Will Scarlet), Michelle Newel (Rebecca), Kenneth Griffith (Isaac de York), Melvyn Hayes (père Luther), Michael Hordern (Rupert, le psychiâtre), Aubrey Morris (l’archevêque), Bruce Purchase (Moishe), Angus Lennie (Scott Kelly), Fenella Fielding (Molly), John Louis Mansi (Reuben), Peter Brayham (Yehoudi), Andrew Lodge (Lord Exeter), Angela Grant (Lady Exeter).
Lors de l’anniversaire du prince Jean (qui vient d’apprendre une très mauvaise nouvelle, à savoir que son frère Richard est toujours vivant), Robin des Bois se déguise en drag queen et récite un poème offensant. La nuit, Aliénor d’Aquitaine et Lady Marian se font passer pour des nonnes et s’introduisent dans le camp de Robin, qui les reconnaît. Elles le supplient de rassembler la rançon pour libérer Richard, mais l’Angleterre est en pleine banqueroute et lors de hold-ups dans les banques, les hors-la-loi découvrent que tous les coffres sont vides. Sur conseil de la reine, Robin se rend donc chez Isaac de York et sa fille Rebecca (personnages importants du roman Ivanhoé de Walter Scott). Isaac accepte de prêter l’argent à condition que le roi donne une terre aux juifs. Isaac propose la Palestine, ou, à la rigueur, Miami. La terre aura nom Israël, le nom du père d’Isaac… Une parodie facile, dans laquelle se distingue surtout Roddy McDowall, hilarant en prince Jean nevrosé, ridiculisé par sa mère Aliénor et se réfugiant sur le divan du psychiâtre ; on y trouve par ailleurs une bonne dose d’humour juif et un « raid d’Entebbe » sur Nottingham exécuté par un commando israélien. Tournage en extérieurs dans le Kent (The Barron’s Hall à Penshurst Place, le château d’Allington).
IT : Le piccanti avventure di Robin Hood, DE : Die verrückten Abenteuer des Robin Hood.
1984-1986*(tv) Robin of Sherwood / The Adventures of Robin Hood (Robin des Bois) (GB) de Ian Sharp (1-6), Robert Young (7,11-15,23), Gerry Mill (16,20,22,24), James Allen (9,10,21), Alex Kirby (8), Ben Bolt (17), Dennis Abbey (19), Christopher King (18) et Sid Robertson (25,26)
Paul Knight, Patrick Dromgoole/Goldcrest Films International Ltd.-Harlech Television (HTV) (ITV 28.4.-26.5.84 / 9.3.-13.4.85 / 5.4.-28.6.86), 26 x 50 min. (3 saisons : épisodes 1-6, 7-13, 14-26). – av. Michael Praed (Robin de Loxley, dit Robin Hood), Jason Connery (Robert de Huntington, dit Robin Hood, son successeur [3e saison]), Clive Mantle (Little John), Phil Rose (frère Tuck), Judi Trott (Lady Marian de Leaford), Nicholas Grace (Robert de Rainhault, le shérif de Nottingham), Robert Addie (Sir Guy de Gisbourne, demi-frère de Robin), Philip Davis (le prince/roi Jean), Patricia Hodge (la reine Hadwisa, son épouse), John Rhys-Davies (Richard Coeur de Lion), John Abinert (Herne le Chassseur, Seigneur des Arbres), Peter Llewellyn-Williams (Much), Ray Winstone (Will Scarlett), Peter Hutchinson (Alan-a-Dale), Mark Ryan (Nasir), Philip Jackson (Hugo de Rainault, abbé de St. Mary’s et frère du shérif), George Baker (Sir Richard de Leaford, père de Marian), Jeremy Bullock (Edward de Wickham), Claire Toeman (Meg de Wickham), Stuart Linden (le Vieux Prisonnier), Anthony Valentine (le baron Simon de Bellème, un sorcier), Michael Craig (le comte de Huntingdon), Oliver Cotton (Lord Owen de Clun), Claire Toeman (Meg de Wickham), Adam Marshall (l’archer Adam Bell), Stephanie Tague (Lady Mildred de Bracy), Richard O’Brien (Gulnar), Rula Lenska (Morgwyn de Ravenscar, abbesse et sorcière), Oliver Tobias (Bertrand de Nivelles), Trevor Clarke (Ralph de Huntingdon), Cyril Cusack (Lord Agravaine de Caerleon), Cathryn Harrison (Isadora, sa fille), Lewis Collins (Philip Mark), Valentine Pelka (Sarak), Matt Frewer (Roger de Carnac), Bryan Marshall (Adam Bell), Ian Ogilvy (Edgar de Huntingdon), Annabelle Lee (Mab la Folle), James Coombes (Grendel).
Produit type des années 1980, ce Robin des Bois imaginé par Richard Carpenter opte pour une modernisation radicale du sujet, incluant des emprunts aussi bariolés que décomplexés au paganisme, au druidisme et au merveilleux en général. On est plus proche de la Fantasy que du folklore populaire et à ce titre, il peut laisser perplexe plus d’un aficionado à cheval sur les codes du genre, mais force est de constater que le soin apporté à la réalisation (reconstitutions et costumes sont d’un vérisme rare au petit écran), la qualité globale de l’interprétation, la virtuosité des cascades et l’habileté des intrigues l’emportent sur les réserves, voire l’agacement que pourraient susciter toutes les libertés prises. En fait, rehaussée par la musique obsédante du groupe celte Clannad (lauréat d’un BAFTA Award), la production jouit aujourd’hui d’un statut de série-culte et continue à être adulée par des milliers de fans qui, trente ans plus tard, continuent à penser que la saga de Sherwood n’a jamais été mieux servie, du moins à la télévision. Vox populi.
Jeune noble élevé parmi les pauvres, Robin Hood et d’autres captifs s’échappent du château de Nottingham où règne le cruel Sir Guy de Gisbourne et luttent contre l’oppression des Normands qui ont détruit leurs villages. Aux côtés de Robin, on découvre un Sarrasin nommé Nasir (ancien tueur à gages) ainsi qu’un étrange mentor, dans la lignée de Merlin : le druide Herne le Chasseur dit le Seigneur des Arbres. Couronné d’une tête de cerf avec un ramage imposant, ce personnage mi-sage, mi-magicien, confie à Robin une épée aux pouvoirs extraordinaires, « Albion » (rappel d’Excalibur). Tout n’est pas inventé dans cette nouvelle présentation : l’ancienne légende de Herne le Chasseur est mentionnée par Shakespeare dans Les Joyeuses Commères de Windsor. On retrouve d’autres emprunts au mythe arthurien avec le personnage de Lord Agravaine (frère de Gauvain), châtelain de Caerleon. Influencé en priorité par Le Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien, best-seller devenu incontournable, le scénario de Richard Carpenter mêle au récit connu des éléments fantastiques tirés du folklore médiéval (le village fantôme de Cromm Cruac) et réactualisés par la mode « Sword & Sorcery » qui fait alors ses ravages dans tous les domaines. Satan lui-même intervient dans l’épisode 11, le baron de Bellème étant un adorateur du diable. Pourtant, en dépit de l’intrusion massive du surnaturel, le cadre historique n’est pas entièrement bafoué : l’épisode 6 illustre par exemple le retour de Richard Cœur de Lion en Angleterre et son séjour dans les bois de Sherwood ; le monarque chasse le shérif de Nottingham et réhabilite les compagnons de Robin. Mais, guerrier dans l’âme et peu enclin à gouverner son royaume, le bouillant Plantagenêt invite Robin à rejoindre son armée et à repartir à la guerre. Lorsque Robin prend conscience de la nature belliciste de son souverain et refuse publiquement son invitation, il est condamné à mort. Robin parvient à s’éclipser tandis que Richard regagne la Normandie et finit tué stupidement par une flèche devant Châlus. La nouvelle de sa mort est fêtée à Nottingham où Gisbourne est le premier à proclamer Jean nouveau roi d’Angleterre. Voilà qui a rarement été montré si crûment à l’écran.
Autre curiosité : à partir de la troisième saison, Jason Connery, le fils de Sean Connery (qui fut, lui, un Robin vieillissant dans l’admirable Robin and Marian de Richard Lester en 1975), reprend le rôle-titre. Robin de Loxley (interprété par le noiraud Michael Praed) ayant été traqué à mort par la soldatesque à Wickham et ayant sacrifié sa vie pour sauver ses hommes (épis. « The Greatest Enemy »), son protecteur Herne le Chasseur confie la nouvelle direction des rebelles au jeune Robert de Huntington. Celui-ci refuse d’abord la périlleuse succession, puis change d’avis lorsque Marian est enlevée… avant de découvrir que son pire ennemi, Gisbourne, est en réalité son demi-frère, ce qui entraîne une cascade de complications. La raison de la mutation Praed/Connery est prosaïque : Michael Praed a renoncé à la suite des exploits de Robin des Bois pour camper D’Artagnan sur scène à Broadway (The Three Musketeers, un gros échec public). La série devait comporter encore une quatrième saison qui s’achevait sur le mariage de Robin et Marian, mais étant à court de liquidités après divers échecs en salle, le principal financier, Goldcrest Films, doit se retirer, laissant Marian abandonnée en novice à l’abbaye de Halstead.
Le château d’Alnwick, dans le Northumberland, prête son imposante silhouette à Nottingham (les intérieurs sont filmés dans une grange mediévale à Bradford-on-Avon, Wiltshire), tandis qu’une forêt proche des studios H.T.V. à Bristol sert pour les bois de Sherwood. Autres extérieurs de la série : le Mont St. Michaels (Cornouailles), les châteaux de Farleigh Hungerford (Somerset) et de Bamburgh (Northumberland), Chepstow et Caldicot et le château de Kidwelly (pays de Galles). – Episodes de la saison 1: 1.+2. « Robin Hood and the Sorcerer » – 3. « The Witch of Elsdon » – 4. « Seven Poor Knights from Acre » – 5. « Alan-A-Dale » – 6. « Richard the Lionhearted, a.k.a. The King’s Fool » – Saison 2: 7. « The Prophecy » – 8. « The Children of Israel » – 9. « Lord of the Trees » – 10. « The Enchantment » – 11.+12. « The Swords of Wayland » – 13. « The Greatest Enemy » – Saison 3: 14.+15. « Herne’s Son » – 16. « The Power of Albion » – 17. « The Inheritance » – 18. « The Sheriff of Nottingham » – 19. « The Cross of St. Ciricus » – 20. « Cromm Cruac » – 21. « The Betrayal » – 22. « Adam Bell » – 23. « The Pretender » – 24. « Rutterkin » – 25.+26. « The Time of the Wolf ».
US: Robin Hood – The Legend.
1986[Animation: (tv) Ivanhoe (AU) de Tim Brooke-Hunt, Tom Stacey; Burbank Films Australia, 55 min. – av. les voix de Lewis Fitz-Gerald (Ivanhoé), Nick Tate (Sir Cedric), Robert Coleby (Robin Hood), Liz Alexander, Simon Burke. – cf. Ivanhoé (3.1.a).]
1987® (tv) Yes, Lillian, There Is a Santa Claus (US) de Jack Shea; série “The Charmings”, épis. 10 (17.12.87), 30 min. – av. Brandon Maciel (Robin Hood).
1988® Aaj Ka Robin Hood / Return of Robin Hood (IN) de Tapan Sinha; Children’s Film Society, 111 min. – av. Anil Chatterjee, Utpal Dutt, Rabi Ghosh. – Dans l’Inde occupée par les Anglais, un pauvre étudiant s’improvise justicier.
1989-1994(tv) Maid Marian and her Merry Men (GB) de David Bell
Richard Callanan/Children’s BBC (BBC One 16.11.-21.12.89 / 15.11.-20.12.90 / 7.1.-11.2.93 / 24.12.93-16.94), 26 x 25 min. – av. Wayne Morris (Robin de Kensington, dit Robin Hood), Kate Lonergan (Marian), Tony Robinson (le shérif de Nottingham), Forbes Collins (le roi Jean / Richard Coeur de Lion), Ramsay Gilderdale (Sir Guy of Gisbourne), Mike Edmonds (Little Ron), Danny John-Jules (Barrington), Howard Lew Lewis (Rabies), Mark Billingham (Gary), David Lloyd (Graeme), Hilary Mason (Gladys), Robin Chandler (Snooker), Philip Wright (Much), Alastair Galbraith (Walter), Siobhan Fogarty (“Rotten” Rose Scargill).
Sitcom joyeusement parodique (et musical) qui révèle enfin « toute la vérité sur Robin des Bois », un tailleur-modiste yuppie de Kensington, geignard, vaniteux et froussard, chargé de fabriquer les sous-vêtements de la famille royale ; son unique apport à l’insurrection est la couleur verte de l’uniforme des proscrits qui « se marie idéalement avec la forêt ». C’est Marian qui est le véritable cerveau et le chef des hors-la-loi de Sherwood. Passionnée, elle se laisse parfois aveugler par son idéalisme, et ses initiatives se heurtent à l’incompétence crasse des « yeomen ». Tony Robinson, l’auteur de la série, interprète le shérif de Nottingham en sosie d’Adolf Hitler. Une série pour la jeunesse (aussi très suivie par les adultes) à laquelle collaborent plusieurs membres du team dévastateur de Blackadder. On se moque entre autres de Jurassic Park et du Robin Hood contemporain de Kevin Costner. Enregistré en extérieurs au Parc national d’Exmoor (Devon) et dans le Somerset (Porlock, Cleeve Abbey), le programme obtient un si grand succès qu’il suscite une adaptation scénique et une bande dessinée (dans le Daily Telegraph). Il collectionne les prix, notamment le BAFTA Award (« meilleure série pour enfants »), le prix de la Royal Television Society et le « Prix Jeunesse Variety » à l’International Children’s Programme Festival à Munich. – Episodes : 1. « How the Band Got Together » – 2. « Robert the Incredible Chicken » – 3. « A Game Called John » – 4. « The Miracle of St. Charlene » – 5. « The Sharp End of a Cow – 6. « The Whitish Knight » – 7. « The Beast of Bolsover » – 8. « The Workshop Egg Fairy » – 9. « Little Brown Noses » – 10. « Rabies in Love » – 11. « Rotten Rose I » – 12. « Rotten Rose II » – 13. « The Big Baby » – 14. « Driving Ambition » – 15. « Keeping Mum » – 16. « It Came from Outer Space » – 17. « Robin and the Beansprout » – 18. « The Great Mud Harvest » – 19. « Christmas Special » – 20. « Tunnel Vision » – 21. « Bouncy Castle » – 22. « Raining Folks » – 23. « The Wise Woman of Worksop » – 24. « Robin the Bad » – 25. « The Nice Sumatran » – 26. « Voyage to the Bottom of the Forest ».
1990[Animation : (tv) Robin Hood no daibôken (Les Aventures de Robin des Bois) (JP) de Kôichi Mashimo : Mondo TV-NHK Enterprises, série, 52 x 24 min. – av. voix de Kazue Ikura (Robin Hood), Yumi Tôma.]
1990[Animation : (tv) Don Coyote Meets Robin Hood (US/IT) de Don Lusk, Ray Patterson, Jay Sarbry, Paul Sommer, Carl Urbano, Roberto Alvarez; Hanna-Barbera Prod.-RAI Televisione Italiana, série “The Adventures of Don Coyote and Sancho Panda”, av. voix de Massimo Dapporto, Frank Welker et Don Messick]
1990® O Mistério de Robin Hood (BR) de José Alvarenga Jr. ; Art Films-Columbia Pictures do Brasil-Dreamvision, 90 min. – av. Renato Aragão, Beto Carrero, Amadeu Celestino, Juan Daniel. – Un vagabond du cirque œuvre comme un Robin des Bois moderne.
1991[Animation : (tv) Misadventures in Robin Hood Woods (US) de John Grusd, série « Captain N : The Game Master », DIC Entertainment, 25 min.]
1991(tv) Q-Pid (US) de Cliff Bole
épisode de la série de science-fiction « Star Trek : The Next Generation (Star Trek : La Nouvelle Génération) », saison 4, épisode 20, David Livingston/Paramount Television (Paramount Channel 20.4.91), 45 min. – av. Patrick Stewart (Robin Hood/cpt. Jean-Luc Picard), John de Lancie (le shérif de Nottingham/Q), Jennifer Hetrick (Marian/Vash), Clive Revill (Sir Guy de Gisbourne), Jonathan Frakes (Little John/cdt. William T. Ryker), Michael Dorn (Will Scarlet/ltn. Worf), LeVar Burton (Alan-a-Dale/Geordi La Forge).
En l’an 2367, le vaisseau spatial « Enterprise » atterrit sur la planète Tagus III où l’équipage est victime de Q qui métamorphose tout le monde en personnages sortis de la légende de Robin des Bois. La bande de Sherwood est mobilisée pour sauver Marian et Robin de l’exécution ordonnée par Gisbourne. Un hommage interstellaire au film d’Errol Flynn (1938).
1991*(tv+ciné) Robin Hood (Robin des Bois) (CA/DE/GB/US) de John Irvin
John McTiernan, Sarah Radcliffe, Tim Bevan, Chris Thompson/Working Title Films-20th Century-Fox Television-CanWest Global Communications-Westdeutscher Rundfunk (QWDR), 116 min./104 min. – av. Patrick Bergin (Robin Hood/Robert Hode, comte de Huntingdon), Uma Thurman (Marian), Jürgen Prochnow (Sir Miles Falconet), Edward Fox (prince Jean), David Morrissey (Little John), Jeff Nuttall (frère Tuck), Jeroen Krabbé (le baron et shérif Roger Daguerre), Carolyn Backhouse (Nicole, sa maîtresse), Owen Teale (Will Scarlet), Daniel Webb (Much le Meunier), Jonathan Cullen (Gerald of Tewksbury), Conrad Asquith (Lodwick), Barry Stanton (le bailli Philip Miter), Alex Norton (Harry), Gabrielle Reidy (Lily), Cecily Hobbs (Mabel), Phelim McDermott (le bouffon).
Synopsis : Au cours d’une partie de chasse, les hommes du seigneur normand Miles Falconet appréhendent un braconnier dont ils s’apprêtent à crever les yeux quand un noble saxon, Robert Hode, comte de Huntingdon, et son compère Will Scarlet s’interposent. Falconet demande réparation au baron Daguerre, shérif des lieux, qui persuade son ami Robert de faire des excuses publiques. Lorsque Falconet exige qu’il soit flagellé, Robert se révolte, contraignant Daguerre à le priver de son titre et de ses terres. Robert et Will s’évadent de leur prison et disparaissent au cœur de la forêt de Sherwood où ils sont recueillis par Little John et sa colonie de Saxons réduits à la misère par les taxes royales. Daguerre fait vainement pression sur les paysans afin qu’ils lui livrent les fugitifs. Marian voit avec horreur s’approcher le jour de son mariage avec Falconet, auquel l’a promise son oncle Daguerre. Elle s’enfuit déguisée en page et rejoint la troupe de Robin, qui vient de dérober l’impôt destiné au prince Jean et qu’il distribue aux pauvres et aux opprimés. Marian, devenue la maîtresse de Robert, est trahie par un membre de la bande ; elle est séquestrée au château du shérif en attendant son mariage forcé avec Falconet, fixé au 1er avril. Profitant de la fête des fous, Robert pénètre dans l’enceinte du fort, libère sa bien-aimée et règle ses comptes avec Falconet. Daguerre se rend et jure allégeance à Robert, scellant ainsi la paix entre Normands et Saxons.
Les succès de Batman (1989) de Tim Burton et de Dick Tracy (1990) de Warren Beatty en salle signalisent le retour des héros plus grands que nature, issus de la culture populaire. En été 1990, les majors à Hollywood annoncent la mise en chantier simultanée de trois Robin Hood, avec Harrison Ford, Tom Cruise ou Mel Gibson envisagés en tête d’affiche. Tri-Star fait appel au réalisateur Edward Zwick, qui jette l’éponge. Ce sont finalement Kevin Reynolds et sa star, Kevin Costner, qui remportent le gros lot, soutenus par la Warner (cf. infra). De fabrication nettement moins onéreuse, le Robin Hood de la Fox est, lui, produit par John McTiernan (le cinéaste-culte qui devait initialement aussi le réaliser avec Mel Gibson) et confié au Britannique John Irvin ; ce dernier est réputé pour ses films d’action brutaux (The Dogs of War/Les Chiens de guerre en 1980, Raw Deal/Le Contrat avec Schwarzenegger en 1986, Hamburger Hill en 1987). Pas de Troisième Croisade, pas de Richard Cœur de Lion ni de prince Jean, pas de rançon. C’est dans une large mesure le thème ethnique (et anachronique) – noble saxon versus oppresseurs normands – qui structure l’intrigue. A part cela, Irvin respecte les grandes lignes des ballades populaires sur Robin et, sur conseil du médiéviste Sir James Holt, il confère à ses protagonistes une assise historique moins romantique et un surplus inusité de réalisme social qui place la légende sous le label « retour à la nature ». Ses protagonistes se vautrent dans la boue, le froid, la pluie et le feuillis humide, le refuge des hors-la-loi, truands aux trognes rubicondes, est un complexe de galeries souterraines enfumées et éclairées par des torches ; la population rurale vit en haillons ; ce sont une suite d’images sombres et hivernales (dominantes de gris, bruns, ocres ou vert-bleu) et le soleil ne s’annonce qu’à la fin, au printemps, lorsque Robert/Robin et Marian sont unis par le mariage. Le héros ne sait pas nager, Frère Tuck vend de fausses reliques aux crédules, etc. Tout est filmé en décors naturels, d’octobre 1990 à janvier 1991, pour un budget de 15 millions de $. Le château pseudomédiéval de Peckforton (Cheshire), bâti en 1844, est utilisé pour Nottingham Castle ; on tourne dans le Cheshire (Tatton Park à Knutsford, Beeston Castle, Frodsham, Heathercliffe et l’église de St. Laurence), dans le Yorkshire (forêt de Barnesdale, autre lieu mythique où aurait sévi Robin Hood) et le pays de Galles (Swallow Falls à Betws-Y-Coed, Gwynedd, Snowdonia National Park).
Marqué par les tableaux de Brueghel, Irvin opte pour des costumes teints à l’aide de végétaux, choisit des arbres et des animaux de basse-cour ayant rééllement existé dans l’Angleterre du XIIe siècle. Comme celui de Costner, le Robin de Patrick Bergin n’est plus vêtu de vert ; il a quitté les arbres défeuillés pour se réfugier au chaud dans les grottes. Hélas, le comédien ne possède ni le charisme ni l’énergie et la vitalité de ses grands prédécesseurs. Seule Uma Thurman (révélation des Laisons dangereuses de Stephen Frears en 1988) en Marian sort vraiment du lot, par son personnage de femme à poigne, sexy en diable, qui participe pleinement à l’action et prête même un coup de main à son amoureux lors du duel final contre Sir Falconet. Loin d’être une biche aux abois, elle envoie promener son futur époux en l’informant qu’elle s’est donnée à un autre homme « avec le plus grand des plaisirs ». L’humour glisse parfois vers le burlesque, façon Richard Lester. Le film sort avant le luxueux blockbuster de Reynolds/Costner, mais afin de ne pas lui nuire commercialement, son exploitation aux Etats-Unis et en Amérique latine, en mai, est confinée à la télévision (Fox Network), tandis que l’Europe, l’Australie et le Japon peuvent le découvrir en salle un mois plus tard. Mauvaise manœuvre : le film fait une sortie à peine remarquée, écrasé par la production concurrente, et aurait mérité plus d’attention pour ses qualités intrinsèques. Ridley Scott avouera en 2010 que c’est au vérisme du film d’Irving et à sa réflexion politique progressiste qu’il doit d’avoir eu l’envie de réaliser sa propre version.
DE : Robin Hood – Ein Leben für Richard Löwenherz, ES: Robin Hood: El magnifico, IT: Robin Hood – La leggenda.
Kevin Costner (Robin Hood) revient du Moyen-Orient accompagné d’un camarade particulier (Morgan Freeman).
1991**Robin Hood, Prince of Thieves (Robin des Bois, prince des voleurs) (US/GB) de Kevin Reynolds [et Kevin Costner]
Pen Densham, John Watson, Richard B. Lewis, James G. Robinson, Gary Barber, David Nicksay, Kevin Costner/Morgan Creek Productions, Inc.-Warner Bros.-Trilogy Entertainment Group, 155 min./143 min./138 min. – av. Kevin Costner (Robin Hood), Morgan Freeman (Azim Ibn Bashir Al-Bakri), Alan Rickman (le shérif Georges de Nottingham), Mary Elizabeth Mastrantonio (Marian/Marianne Dubois), Christian Slater (Will Scarlet), Geraldine McEwan (la sorcière Mortianna), Michael McShane (frère Tuck), Brian Blessed (Lord Locksley, père de Robin), Michael Wincott (Sir Guy of Gisbourne), Nick Brimble (Little John), Soo Drouet (Fanny, femme de Little John), Harold Innocent (l’évêque de Hereford), Michael Goldie (Kenneth of Cowfall), Walter Sparrow (Duncan), Liam Halligan (Peter Dubois), Soo Drouet (Fannie LePetit), Imogen Bain (Sarah), Daniel Newman (Wulf), Daniel Peacock (Bull), John Tordoff (le scribe) et Sean Connery (Richard Cœur de Lion).
Synopsis : « La majorité des jeunes nobles anglais qui suivirent Richard Cœur de Lion à la croisade ne rentrèrent jamais chez eux... » A Jérusalem reconquise par Saladin, en 1194. Profitant d’une insurrection dans une geôle arabe, Robin de Locksley s’évade en emmenant avec lui son compagnon de cellule, le Maure Azim Ibn Bashir Al-Bakri. Malgré l’insistance de Robin, ce dernier refuse de rentrer dans son pays sans avoir payé sa dette en lui sauvant à son tour la vie. Arrivé en Angleterre, Robin de Locksley se découvre privé de ses terres et apprend que son père a été assassiné par le shérif de Nottingham, un mécréant qui terrorise et rançonne les paysans de concert avec Guy de Gisbourne et l’évêque corrompu de Hereford. Robin rejoint des hors-la-loi pour venger son père, mais ceux-ci hésitent en voyant son compère enturbanné. Cependant, musulman pratiquant, médecin et lettré, Azim sait vite se rendre indispensable. Le shérif fait incendier les villages environnants pour découvrir la cachette de Robin. Voyant arriver les villageois par dizaines, Will Scarlet s’inquiète des objectifs de son chef et tente de monter les nouveaux-venus contre lui ; Robin l’accuse de manquer de courage, et lorsque Will tente de l’attaquer par traîtrise, il lui décoche une flèche dans la main. La résistance des hommes des bois et le vol de son trésor met en fureur le shérif, qui supprime son cousin et lieutenant, Guy de Gisbourne, jugé incapable. Élevé par une vieille sorcière albino, Mortianna, il suit ses conseils et engage des mercenaires celtes d’Écosse qui ont vite raison de la rebellion et ramènent des prisonniers pour les exécuter. Parmi ceux-ci, Will Scarlet, prêt à trahir, tant est grande sa haine pour Robin, dont il est le demi-frère illégitime : la mère de Will était une paysanne auprès de qui le père de Robin avait trouvé réconfort après le décès de son épouse, épisode qui causa la rupture de Robin avec son géniteur et son départ pour la Terre Sainte. Afin d’accéder au trône d’Angleterre, le shérif propose à Marian (cousine du roi Richard) de l’épouser en échange de la grâce des enfants et femmes des bandits prisonniers. Une dizaine de rebelles seront néanmoins pendus dans le cadre de la célébration du mariage. Le shérif relâche Will dans l’espoir de précipiter la fin de son ennemi juré qui a survécu au carnage en forêt, mais Will tourne casaque, révèle à Robin leur lien familial et les rescapés hors-la-loi organisent la libération de leurs camarades dans la cour du château. Puis, entraînés par Azim, tous les villageois se joignent à l’opération afin de se débarrasser définitivement du tyran. Robin tue le shérif au moment où celui-ci s’apprête à violer Marian (devenue sa femme peu avant), Azim occit la sorcière qui allait anéantir Robin et frère Tuck défenestre l’évêque félon. Dans la forêt, Marian, veuve heureuse, convole avec Robin sous la bénédiction du roi Richard, rentré à point nommé des croisades.
Le film naît dans le chaos, faute de préparation sérieuse, les sociétés américaines Morgan Creek, Trilogy Entertainment et Warner Bros. cherchant par tous les moyens à prendre de vitesse le projet parallèle de la Fox (cf. supra), ainsi qu’un autre de la TriStar (jamais concrétisé). Le réalisateur texan Kevin Reynolds, protégé de Steven Spielberg et auteur en 1988 du remarquable The Beast (Bête de guerre) sur le conflit soviéto-afghan, en accepte la mise en scène. Lorsque Mel Gibson refuse le rôle titulaire, Reynolds l’offre à son vieil ami Kevin Costner (il lui a procuré le premier rôle important de sa carrière avec Fandango/Une bringue d’enfer en 1985), malgré son lourd accent américain. L’engagement tombe à pic : bientôt auréolé de sept Oscars pour Dances with Wolves (Danse avec les loups), œuvre dont Reynolds a réalisé incognito les scènes difficiles de chasse au bison, Costner devient le moyeu de l’entreprise, et l’un des coproducteurs ; toutefois, pris par le montage de Dances, il ne rejoint l’équipe que trois jours avant le début des prises de vue, sans avoir eu l’occasion d’approfondir son rôle et refusant de se faire doubler pour les nombreuses cascades. Le temps des répétitions et des préparatifs logistiques est raccourci de moitié. Reynolds ne sait pas vraiment où il va et se laisse guider par la saynète extravagante que lui livrent les deux producteurs-scénaristes Pen Densham et John Watson. La gestation du film, qui subit des modifications permanentes dues aux intempéries, à l’approche de l’hiver et à l’immixtion frustrante de sept producteurs (!), provoque la mauvaise humeur de tous les participants ; Costner sera longtemps fâché avec Reynolds et, en son absence, l’acteur dirige personnellement diverses scènes ; Reynolds est même écarté du montage final. (Les producteurs auraient coupé des passages avec Rickman, de crainte que celui-ci ne vole la vedette à Costner avec ses sorties dignes de Tex Avery.) Tous les extérieurs ont été choisis par Reynolds lui-même, un maniaque du repérage. Le tournage dure de septembre à décembre 1990, en Grande Bretagne, dans le Northumberland (château d’Alnwick, parc et prieuré de Hulne, muraille d’Hadrien), le North Yorkshire (parc national des Yorkshire Dales, Aysgarth Falls, Hardraw Force), le Hampshire (château de Highclere), le Wiltshire (Old Wardour Castle à Salisbury pour la demeure des Locksley), l’East Sussex (Seven Sisters), le Buckinghamshire (Burnham Beeches pour le repaire en forêt), à l’église de St. Bartholomew-the-Great à Smithfield (Londres) et en France (à Carcassonne, devant la porte de l’Aude pour les remparts de Nottingham, à Metz et dans le Calvados), enfin en intérieurs aux studios de Shepperton à Londres ; John Graysmark (Young Winson) y érige l’intérieur de Nottingham et l’impressionnante place du château. Payé la bagatelle de 250'000 $ (somme versée à un programme d’aide scolaire écossais), Sean Connery – qui a campé l’archer légendaire dans Robin and Marian en 1976 – fait une apparition surprise de deux minutes tout à la fin dans le rôle du roi Richard ; son nom ne figure pas au générique ni sur l’affiche du film (deux jours de tournage, quatre lignes de dialogue).
Le titre de Prince des voleurs est emprunté à l’adaptation française de la légende signée Alexandre Dumas (1872/73). La production est déterminée à transformer son film en opération commerciale spectaculaire (avec un budget publicitaire de presque un tiers des coûts totaux, estimés à 48 millions de $), apte à séduire massivement le public d’été tout en écrasant la concurrence, d’où divers rajouts politiquement corrects comme le féminisme et le multi-éthnisme. La Marianne de Mary Elizabeth Mastrantonio (Abyss de James Cameron), cousine du roi et sœur d’un compagnon d’armes de Robin décédé en Terre Sainte, est une jeune damoiselle assertive, libérée (elle a longuement posé les yeux sur l’anatomie de Robin se baignant nu dans une cascade), capable de manier l’épée comme sa langue acérée et de paralyser son adversaire par un coup de genou bien placé ! Quant à Azim, le grand et noble guerrier noir à l’œil malicieux campé avec passablement d’allure par Morgan Freeman (nominé à l’Oscar pour Driving Miss Daisy/Miss Daisy et son chauffeur de Bruce Beresford en 1989), il représente le prototype du bon musulman et du bon Afro-Américain à l’heure de la guerre du Golfe et des affrontements interraciaux aux États-Unis. Sa présence ouvre les yeux du héros quant à l’aberration des croisades, et à côté de lui, les habituels Little John, frère Tuck ou Will Scarlet ne font que de la figuration.
Alan Rickman, terrifiant, odieux et hilarant en shérif qui veut épouser de force Lady Marian (Marie Elizabeth Mastrantonio).
 Fini le déguisement classique de Robin, avec son petit chapeau à plume, son costume vert lincoln à découpes ridicules et ses collants verts. Au Moyen Âge, le bleu et le vert étaient du reste des teintures hors de prix, réservées aux seigneurs et à l’Église. Place au pragmatisme et à une tenue en cuir et en daim. Comme l’Ivanhoé de Walter Scott, Robin est ici un croisé qui a accompagné le roi Richard en Terre Sainte par défi, s’étant disputé avec son père hostile à l’expédition douteuse au Proche-Orient, un guerrier qui a vu du pays, s’est ouvert au monde et y a laissé quelques illusions. « Je suis un fils de riches qui a tout perdu », admet-il. Pas d’affrontement politique entre Normands et Saxons, conflit d’ailleurs depuis longtemps dépassé au XIIe siècle (c’est une invention de Scott). Pas de rançon pour un monarque captif. Plus de « joyeux compagnons (merry men) » non plus : la réalité sur place n’a rien d’amusant. Reynolds cherche à tout prix un angle nouveau pour aborder une histoire trop connue. Dans l’impossibilité de la raconter naïvement, il change de ton. Les séquences d’ouverture brutales et cruelles (des geôliers turcs coupent la main d’un prisonnier affamé qui a volé du pain) sont suivies d’images très lyriques pour marquer l’arrivée en Angleterre ; de brillantes mais sanglantes scènes d’action alternent avec des moments carrément auto-parodiques. Kevin Costner fait un archer moins charmant qu’aguerri et débordant d’énergie, mais parfois saisi par le doute. Le cinéaste se dit attiré en particulier par le personnage du shérif qu’interprète avec brio Alan Rickman (auquel il a laissé carte blanche et qui improvise des dialogues de son cru, à la fureur des scénaristes). Surtout féru de théâtre, Rickman campe ici un méchant d’opérette aussi odieux qu’hilarant, pervers lubrique, survolté, clownesque mais dangereux (clin d’oeil intentionnel, avoue Reynolds, au capitaine Crochet du Peter Pan de Walt Disney). « Robin Hood vole de l’argent de ma poche, m’obligeant à faire du mal au peuple, et on l’aime pour ça ? » hurle-t-il à l’un de ses sbires. – « Oui… » – « Ça suffit ! Plus de restes de nourriture pour les lépreux et les orphelins ! Plus de décapitations clémentes ! Et j’annule Noël ! » Alors qu’il lui faut impérativement violer Marian avant l’arrivée de son rival, le vacarme des combats dans les couloirs l’empêche de se concentrer et d’accomplir l’irréparable. Le prince John a disparu du paysage, seul ce shérif mégalomane et adepte du satanisme vise le trône d’Albion.
Encouragés par le succès de Robin of Sherwood, la télésérie britannique de 1984-86 qui se distinguait par son saupoudrage fantastique (cf. supra), Reynolds et ses scénaristes en plagient certains éléments (le Sarrasin, la magie noire) ; la mode étant à présent au genre « Sword & Sorcery », on introduit dans la seconde partie du film une sorcière maléfique (mère biologique du shérif) capable de mettre en péril les héros par sa magie noire. Enfin, l’influence de la franchise d’Indiana Jones de Spielberg se fait sentir dans le ton général assez débridé, la turbulence des scènes d’action et l’usage d’effets numériques un peu tape-l’œil mais très efficaces (le plan subjectif de la flèche de Robin qui perce l’air comme un missile Sol-Sol) ; l’attaque féroce du repaire silvestre des brigands dont les habitations perchées sur les arbres, reliées les unes aux autres par des passerelles en corde, et leur anéantissement par de redoutables catapultes de feu rappelle une séquence similaire dans la série de Star Wars (La Guerre des étoiles) de Lucas. Toute recherche psychologique, toute historicité sont bannies. Sans surprise, l’avalanche d’anachronismes relève d’une véritable amnésie historique (pleinement assumée, il est vrai) : Azim résiste non seulement au javelot lancé par Mortianna, il est capable d’effectuer une césarienne sur l’épouse de Little John (la médecine arabe du XIIe siècle, pourtant très avancée pour l’époque, n’en était pas là), possède une longue vue et connaît l’utilisation offensive de la poudre bien avant que Marco Polo ne revienne de Chine (Robin utilise ses explosifs pour s’emparer de Nottingham). Enfin, dans le registre canapé du psychiatre, on apprend que Will Scarlet est le demi-frère de Robin, qu’il hait (certaines légendes en faisaient le neveu).
L’accueil critique de Prince of Thieves est médiocre, en particulier aux Etats-Unis où les journalistes refusent massivement toute altération au canon établi au XIXe siècle et éreintent stupidement le film au nom de leurs propres souvenirs d’enfance. Les spectateurs, en revanche, ne se trompent pas et se ruent dans les salles dans le monde entier ; les Morgan Creek Productions comptabilisent un bénéfice international mirifique de 390,5 millions de $ – du jamais vu pour Robin des Bois ! La chanson du film, Everything I Do I Do It For You, devient un tube instantané et remporte une nomination à l’Oscar. Quant à Alan Rickman, il décroche le BAFTA Award (l’Oscar britannique) en 1992 et figurera par la suite sur la liste des « 50 Best Movie Villains » établie par le Times ; on le retrouvera en grand magicien Severus Snapes dans les sept films de Harry Potter (2001 à 2011). Avec les années, force est de constater que le film, grand show ludique parfois un peu brouillon, agité mais plein d’imprévus et mené tambour battant, reste assez plaisant à voir – en dépit ou justement à cause de ses libertés de ton.
DE, AT : Robin Hood – König der Diebe, ES : Robin Hood : Principe de los ladrones, IT : Robin Hood – Principe dei ladri.
1991® (tv) Fellow Traveller (US/GB) de Philip Saville ; série « Screen Two », Michael Wearing/BBC-HBO (BBC2 10.2.91), 97 min. – av. Alexander Hanson (Robin Hood), Jonathan Hyde (le shérif de Nottingham), John Labanowski (Little John), Peter Corey (frère Tuck), Briony McRoberts (Marian), Julian Fellowes (D’Arcy), Richard Wilson (Sir Hugo Armstrong). – Un enfant apprend les malheurs d’un scénariste communiste d’Hollywood exilé à Londres, victime de la chasse aux sorcières maccarthyste et qui reproduit les conflits idéologiques dont il souffre à travers la légende de Robin des Bois.
1991[Animation : (tv) Young Robin Hood / Robin des Bois Junior (CA/FR) de Bernard Freimovitz, Peter Sander, Rick Morrison; CINAR-France Animation-France 2, 26 x 26 min. – Série av. les voix de Sonja Ball (Will Scarlet), Thor Bishopric (Robin Hood), Kathleen Free, Jessalyn Gilsig.]
1991[Animation : (tv) Robin Hood (IT/JP/GB) Interfilm-Mondo TV-Tatsunoko Prod., 86 min. – av. voix de Regina Reagan (Robin Hood), Kate Shannon (Will Scarlet), Stuart Organ (frère Tuck).]
1992[Animation : (vd) The New Adventures of Robin Hood (AU) Burbank Animation Studio Pty Ltd.-Holric Entertainment Group, 48 min. – av. les voix de David Baldwin, Alan Glover, Lee Perry.]
Cary Elwes fait un Robin des Bois saugrenu dans la parodie de Mel Brooks (1993).
1993Robin Hood: Men in Tights / Sacré Robin des Bois ! (US/FR) de Mel Brooks
Mel Brooks, Evan Chandler, Peter Schindler/Brooksfilm-Gaumont, 103 min. – av. Cary Elwes (Robert Hode, Earl of Huntington / Robin Hood), Amy Yasbeck (Marian), Richard Lewis (le prince Jean), Roger Rees (Mervyn, shérif de Rottingham), Patrick Stewart (Richard Cœur de Lion), Mel Brooks (Rabbi Tuckman), Eric Allan Kramer (Little John), Matthew Poretta (Will Scarlet), Tracey Ullman (Latrine), Mark Blankfield (Blinkin/Cligneur), Dave Chappelle (Ahchoo/Atchoum), Isaac Hayes (Asneeze/A-vos-souhaits), Megan Cavanagh (Broomhilde), Dom De Luise (Don Govanni), Steve Tancora (Filthy Luca/Luca le pourri), Joe Dimmick (Dirty Ezio/Ezio le crade).
Synopsis : Robin de Loxley parvient à s’échapper du donjon où il est emprisonné à Jérusalem grâce à son compagnon A-vos-souhaits. Celui-ci lui demande de prendre soin de son fils Atchoum en l’emmenant en Angleterre pour un séjour linguistique. Mais de retour au pays, Robin trouve le comté de Rottingham aux mains de Mervyn, le shérif corrompu, l’âme damnée du prince Jean qui doit en outre subir les assiduités de la monstrueuse sorcière Latrine, amoureuse folle de lui et sexuellement insatiable. Le prince Jean, lui, est un névrosé hystérique et craintif. Son château de Loxley Hall ayant été séquestré par les huissiers pour impôts impayés, Robin défie les deux félons en compagnie de Cligneur, serviteur aveugle au sixième sens (il intercepte les flèches assassines), de Petit Jean et d’Atchoum qui galvanise les hors-la-loi recrutés et trop mous (presque tous des Noirs aux lunettes de soleil) à la manière de Malcolm X. Assisté de son clan en collants, Robin empêche le shérif d’épouser Marian et, ayant retrouvé le clé de la ceinture de chasteté de la belle, il finit par l’épouser avec la bénédiction du rabbin Tuckman et du roi Richard.
Mel Brooks s’inspire de son sitcom télévisé en 13 épisodes, When Things Were Rotten (Quand tout était pourri-re) (1974), pour parodier la production de Kevin Costner, avec une surdose d’humour lourdingue, de vulgarité recherchée, de scatologie forestière et d’innombrables clins d’œil à d’autres films à la mode. Brooks lui-même interprète un frère Tuck judaïsé, le rabbin Tuckman, obsédé par la circoncision (un hommage, affirme le cinéaste, au Rabbi Jacob de Louis de Funès). Filmée en janvier-mars 1993 à Santa Clarita (Rancho Maria, Sable Ranch), à 60 km au nord de Los Angeles, et aux studios The Lot à N. Formosa Avenue (Warner Hollywood Studios), la comédie loufoque obtient un succès mitigé : ses gags sont usés, le jeu de massacre est inoffensif.
IT : Robin Hood, un uomo in calzamaglia, DE : Robin Hood – Helden in Strumpfhosen, ES: Las locas, locas aventuras de Robin Hood.
1994(vd) Robin Hood : Prince of Sherwood (US) de James Hunter
James W. Hunter Jr./JWH III Productions, 67 min. – av. Jason Braly (Robin Hood), Steve Barker (le shérif de Nottingham), Caroline Duncan (Marian), John Neely (frère Tuck), Mark S. Faulkner (Guy de Gisbourne), Brad Letson (Will Scarlet), Scott Knoblach (Little John), Mike Pollick (Richard Coeur de Lion), Mary Dobbs (la sorcière), Rick Wright (le baron de Doncaster), Dick Tait (le prêtre), James W. Hunter Jr. (un chevalier).
L’action est calquée en grande partie sur celle du film de 1938. Une production fauchéee tourné en Alabama par un adolescent de 15 ans, des amateurs et une centaine de figurants.
1995(tv) Robin Hood : Outlaw of the Forest (US) de Peter Swain
Peter Swain/A&E Television Networks, série “Biography” (A&E TV 19.9.95), 60 min. – av. Mark Dickinson (Robin Hood), Peter Graves, Kevin Costner. – Docu-fiction.
1996® Der verzauberte Einbrecher (DE) de Rolf Losansky. – av. Friedrich Lindner, Rufus Beck (Robin Hood), Gojko Mitic. – Un enfant rêve qu'il est transporté dans la forêt de Sherwood.
1996® Robin of Locksley (Robin de Locksley) (CA/US) de Michael Kennedy; Showtime Networks-Sugar Entertainment-All Media Inc., 97 min. – av. Devon Sawa (Robin McAllister), Sarah Clarke (Marion Fitzwater), Billy O’Sullivan (Will Scarlet), Tyler Labine (Little John), Colin Cunningham (Walter Nottingham), Joshua Jackson (John Prince, Jr.), James Bell (père Tuck). – Un Robin des Bois moderne joue au justicier dans un collège.
1996(vd) Robin Hood, Thief of Wives / Robin Hood. The Sex Legend (La Légende de Robin des Bois) (US/IT) de Joe D’Amato
Joe D’Amato/Capital Film, 94 min./71 min (version soft). - av. Marc Davis (Robin Hood), Sean Michaels (le shérif de Nottingham), Stefania Sartori (Marian), Cheyenne, Nicolette, Sean Michaels, Eva Dionisio, Silvio Engelista.
Film pornographique : Pour remplir les caisses du prince Jean, le shérif de Nottingham (un Noir enturbanné !) fait enlever toutes les femmes de son district et les affuble d’une ceinture de chasteté dont seul le prince détient les clés. Les habitants sont contraints de payer pour leur faire l’amour. Mais Robin survient après une demi-heure de film et se rend particulièrement populaire en subtilisant les clés et en libérant le harem à son profit. Commentaire superflu.
1997® (tv) Ivanhoe / Sir Walter Scott’s Ivanhoe (GB/US) de Stuart Orme. – av. Aden Gillett (Robin Hood), Ron Donachie (frère Tuck), David Nicholls (Little John). – cf. Ivanhoé (3.1.a)
1997-1999(tv) The New Adventures of Robin Hood / Les Nouvelles Aventures de Robin des Bois (FR/IE/LT) de Jim Goddard, Petra Haffter, Andy Armstrong, Terry Bedford, Vicangelo Bulluck, Adrian Carr, Harley Cokeliss, Joe Coppoletta, Martin Denning, Dimitri Logothetis, Terry Marcel, Juan A. Mas, Michèle Ohayon, Roger Tucker, Keith Washington, Daniel Fica, François Brincourt
Juan Mass, Nick Nathanson, Tom Kuhn, Fred Weintraub, Paul Lichtman/Tarnview Limited-Dune S.A.-M6 Métropole Télévision-Baltic Ventures International Ltd.-Weintraub/Kuhn Productions-Productions et Editions Cinématographiques Françaises S.R.I.-Warner Bros. International Television (TNT 13.1.97), 4 saisons/52 x 45 min. – av. Matthew Porretta / John Bradley (Robin Hood), Barbara Griffin / Anna Galvin (Marian Fitzwalter), Richard Ashton (Little John), Martyn Ellis (frère Tuck), Andrew Bicknell (prince Jean), Tusse Silberg (la reine-mère Aliénor d’Aquitaine), Christopher Lee (Olwyn, le sorcier), Nicholas Clay (le shérif de Nottingham), Hakim Alston (Kemal), Christie Lee Woods (Rowena), David Lumsden (Sir Gilbert), Joel Marshall (William of Huxley), David Morizot (Thomas of Lockshire), David Soul (Clément l’Hermite), Paul Lichtman (Barkley), Alison Armitage (Ariel Glister), Eric Gerleman (frère Winston), Andrea Griffin (Caitlin), Jon Beauregard (William Little), Ted Brunetti (Brian), Adam Karlen (Sir Gaye), Richard Norton (Lord Chilton), Natalie Morse (Ingrid Little), Amanda Walker (Mortiana), Jessica Maider (Deirdre), Jan Bryant (Lady Cloughton), Jeffrey Paden (père Winchell), Tomas Ereminas (Artegon), Rachel Shelley (Boadicée), Lydie Denier (comtesse DuMonde), Christopher Villiers (Lord Nicholas Beacon), Geoffrey Bayldon / David Gant (Merlin), Jerry Di Giacomo (Vortigern), Caroline Rabaliatti (Morgane), Peter Czajowski (Lord Nicholas Beacon).
Une tentative pathétique de mettre la légende au goût des années 90 : vêtue de cuir, Maid Marian enseigne l’auto-défense aux villageoises et lutte pour les droits de la femme. La bande des hors-la-loi affronte le prince Jean, mais aussi des Vikings maraudeurs et même des Mongols ; en manque d’imagination (et sans doute en lorgnant vers la mythique série de 1984 qui ouvrit la voie à ce genre de rajouts), les scénaristes imposent aussi d’autres personnages tels que Kemal, un champion noir de karaté, le grand sorcier Olwyn (campé par Christopher Lee, petite consolation), Rowena, son apprentie sexy, Boadicée, la reine celte des Icénis et des rescapés de la saga arthurienne tels que Merlin, le roi Vortigern et la fée Morgane sur l’île sacrée d’Avalon. Filmé à peu de frais en Lituanie, en studio à Vilnius (Lietuvos Kinostudija), ce franc ratage abonde d’éléments fantastiques (fantômes, démons, sorciers, dragons, magie noire) rendus par des trucages primitifs. A partir de la quatrième et dernière saison (1998/99), l’audimat insatisfaisant de la série provoque le remplacement de Matthew Porretta, le premier Robin, par John Bradley. Sans grand effet : qu’un pareil produit ait pu tenir quatre saisons reste un des mystères de l’univers.
1998(tv) [Animation: Back to Sherwood (GB) Marie Hoy Film & TV, 26 x 13 min.]
1998Robin Hood (US) de Michael A. Martinez
Joe Adkins/Scythe Productions, 14 min. – av. David Wood (Robin Hood), George N. Thompson (Little John), Joe Adkins (le shérif de Nottingham), Greg S. Campbell, Mark Isaacson, Brian Clapstein, Mike A. Martinez (narration).
Un raccourci vaguement humoristique de la légende (avec touches de sadisme), filmé à Fairbanks, en Alaska, par une bande d’amateurs.
1999(tv) Back to Sherwood (Retour à Sherwood) (CA) de Roger Cantin et Rodney Gibbons
Madeleine Henrie/Canadian Broadcasting Corp.-Prisma Productions Inc. (CBC 17.7.-10.10.99), 13 x 21 min. – av. Aimée Castle (Robyn Hood), Alexa Dubruil/Alexa Devine (Joan Little), Larry Day (Guy de Gisbourne), Andrew Waker (William de Gisbourne, son fils), Christoopher B. MacCabe (Robin Hood), Angela Galuppo (Tany), Adam Frost (Phil Scarlet), Ruby Ann King (Alana Dale), Andrew W. Walker (William de Gisbourne), Anik Brenan (Brenan, la sorcière), Gillian Ferrabee (Marian), Carl Alacchi (Shardwell).
Robyn Hood, une adolescente d’aujour’hui, perçoit l’appel d’un talisman magique qui l’envoie huit siècles en arrière auprès de Robin des Bois, dont elle est la descendante. Tout en faisant des allers-retours temporels, elle lutte pour libérer son lointain ancêtre d’un sortilège qui menacerait par ricochet sa propre venue au monde. Série uchronique pour enfants. – DE : Zurück nach Sherwood Forest.
1999® (tv) Blackadder Back and Forth (GB) de Paul Weiland. – av. Rik Mayall (Robin Hood), Kate Moss (Marian), Crispin Harris (frère Tuck).
1999® Sofies verden [L’Univers de Sophie] (NO) d’Erik Gustavson. – av. Christoffer Staib (Robin Hood).
1999(vd) Boobs in the Wood (GB) de Kevin Bishop
Kevin Bishop Prod., 106 min. – av. Tim Churchill (Robin Hood), Victor Spinetti (frère Tuck), Jim Davidson (le shérif de Nottingham), Zoe Nicholas (Marian), Kenny Baker (Bruce), Christie Goddard (la fée Dildo), Dave Lee (Piles).
Pochade érotique de bas étage.
2000(vd) Virgins of Sherwood Forest (US) de Sybil Richards
Pat Siciliano, Charles Band/Twilight Entertainment-Surrender Cinema, 80 min. av. Dave Roth [=Brian Heidik] (Robin Hood/Alvin), Jay Stewart [=Jason Schnuit] (Little John/Jack), John Lopez (frère Tuck), Gabriella Hall (Roberta O’Sullivan), Shannan Leigh (Nina/Serena), Amber Newman (Andrea/Juliet), Saran Kolankaya (Alan-a-Dale), Micah Bradshaw (Brian/Francis), Burke Morgan (le prince Jean), Herb Garden (Jason), David Usher (Horatio), Susan Hale (Eve), Lawrence H. Toffler, Everett Rodd, Thomas Vozza.
Réalisatrice de films fauchés, Roberta reçoit un coup sur la tête et rêve qu’elle est au XIIIe siècle dans la forêt de Sherwood. Robin et ses compagnons sont devenus paresseux et ce sont à présent leurs femmes qui combattent la sœur perfide du shérif de Nottingham, une créature aux seins disproportionnés. Film érotique débile.
2001(tv) Princess of Thieves (La Princesse des voleurs / Le Royaume des voleurs) (US/GB) de Peter Hewitt
Jon Cowan, Bill Leather/Granada Entertainment-The Walt Disney Company (ABC 11.3.01), 88 min. – av. Keira Knightley (Gwyn, la fille de Robin Hood), Stuart Wilson (Robin Hood), Del Synnott (Froderick), Jonathan Hyde (le roi Jean), David Barrass (Cardaggian), Stephen Moyer (le prince Philippe Falconbridge alias Sir Richard Plantagenêt, bâtard de Richard Cœur de Lion), Malcolm McDowell (le shérif de Nottingham), Hammah Cresswell (la voix de Marian), Crispin Letts (Will Scarlet), Roger Ashton-Griffiths (frère Tuck).
Lady Marian et décédée et fou de douleur, Robin des Bois s’est lancé corps et âme dans la guerre en Terre Sainte. Leur fille commune, la sauvageonne Gwyn, a été confiée au frère Tuck ; elle a grandi dans son abbaye et manie l’arc comme son père. Lorsque Richard Cœur de Lion est tué, Robin, la barbe grisonnante et le cheveu rare, revient des croisades pour s’assurer que la succession au trône d’Angleterre tienne compte du jeune fils illégitime du roi Richard, le prince Philippe, débarqué anonymement de France. Robin interdit à sa fille de quitter l’abbaye, mais Gwyn se coupe les cheveux, s’habille en garçon et fugue. Son père est intercepté et emprisonné par ses anciens ennemis, le shérif de Nottingham et le roi Jean, ce dernier cherchant à assassiner son neveu dès qu’il pénètrera sur sol anglais. Soutenue par les « yeomen » de Sherwood, Gwyn libère son père, torturé dans la Tour de Londres, s’éprend de Philippe, mais s’éloigne de lui lorsqu’elle apprend sa véritable identité.
« L’Histoire t’ignorera… » prophétise le prince Jean à Philippe Falconbridge (alias Sir Richard Plantagenêt), un bâtard royal dont l’existence n’est pas avérée mais que Shakespeare fait apparaître dans son drame The Life and Death of King John ; le seul rival authentique de Jean fut un autre neveu, Arthur, fils de Geoffrey Plantagenêt, qui périt vraisemblablement assassiné par son oncle. Ce petit téléfilm à l’humour balourd, coproduit par Walt Disney pour les États-Unis (programme « The Wonderful World of Disney »), ignore ces questions comme la majorité des références et dates historiques (le récit commence en 1184, cinq ans avant l’accès au trône de Richard Cœur de Lion !). Tourné en Roumanie, à Bucarest (Castel Film Studios), à Brasov et dans la forêt de Baneasa, il est rehaussé par la présence lumineuse de Keira Knightley, beauté fougueuse et pétillante, encore au début de sa carrière (la Guenièvre amazone de King Arthur, 2004, Elizabeth Bennet dans Pride & Prejudice, 2005, Elizabeth Swann dans la franchise des Pirates des Caraïbes, etc.) et qui fait l’unique intérêt du produit.
DE : Robin Hoods Tochter / Gwyn, Prinzessin der Diebe, IT : Gwyn, la principessa dei ladri.
2001(vd) Robin Hood, de musical (BE) de Gert Verhulst
Gert Verhulst/Studio 100, 30 min. – av. Rolf Koster (Robin Hood), Chadia Cambie/Free Souffriau (Marian), Koen Crucke (le prince Jean), David Davidse (frère Tuck), Door van Boeckel (le shérif de Nottingham), Peter van de Velde (Little John), Ernst Van Looy (Richard Coeur de Lion).
Captation du spectacle théâtral flamand monté en mars 2001 à Anvers. Une comédie chantée pour enfants, mise en scène, écrite et composée par Gert Verhulst, fondateur du Studio 100.
2001® (tv) La Cape et l’épée (FR) de Jean-Jacques Amsellem (série sitcom parodique de Canal+). – av. « les Robins des bois » : Maurice Barthélémy (Robin Hood), Marina Foïs, Elise Larniol, Pierre-François Martin-Laval, Alain Chabat (le ménestrel).
2001(tv) Fact or Fiction : The Gest of Robin Hood (GB) de David Willcock
David Willcock/Spire-Films Production-Channel Four, 49 min. – av. Gordon Summers (Robin Hood), Mike Loades (le shérif de Nottingham), John Tremelling (Little John), Toby Capwell (Much), John Thompson (Sir Richard), Tim Dow (Will Scathelock), Nadia Cocklin (la prieure de Kirklees), Peter Wild (l’abbé), Mark Rwalings (Edward II), Tony Robinson (presentation). – Docu-fiction.
2003Drei für Robin Hood (DE) d’Erik Haffner et Tommy Krappweis
Peter Eitner, Sven Woldt/Kinderkanal (KiKA), 59 min. – av. Christoph Maria Herbst (Robin Hood), Hugo Egon Balder (le shérif de Nottingham), Stefan Jürgens (le prince Jean), Sissy Perlinger (Lady Marian), Nico Krappweis et Tommy Krappweis (hors-la-loi), Jan Mixsa (Briegel le Buisson), Joerg Teichgraeber (Benrd le Pain), Tanja Schumann/Suse Capelle (Chili le Mouton).
Une comédie parodique débridée pour enfants, mèlant comédiens et poupées.
2004(tv) Historyonics : Robin Hood (GB) de Joanna Brame
épis. 2 (BBC 11.4.04), 30 min. – av. Mark Brisbourne (Robin Hood), Neil Bett (Will Scarlet), Marc Danbury (le shérif de Nottingham), Chris Grimes (le roi Jean), Amanda Horlock (Marian), Chris Hayward (l’évêque), Simon Kirk (Richard Cœur de Lion), Richard Long (Little John), Ian Sanders (frère Tuck), John Knowles (le ménestrel), Nick Knowles (présentation). – Docu-fiction.
2004® (tv) Nottingham 2051 (IT) d’Alessandro Leone, 5 min. – av. Tiziano Scrocca (Robin Hood), Giulia Palmieri (Marian), David Angelelli (Little John). – Robin et Little John au secours du Tiers Monde.
2006® Keloglan Karaprens’e Karsi (TR) de Tayfun Güneyer. – av. Alp Kirsan (Robin Hood). – Comédie historique turque.
2006-2009*(tv) Robin Hood (Robin des Bois, la légende revient) (GB/US) de John McKay (1,2), Graeme Harper (9,10,11,35,37), Declan O’Dwyer (5,7,8), Richard Standeven (3,4,6), Roger Goldby (21,22,36), Ciaran Donnelly (14,15,16), James Erskine (19,20), Matthew Evans (12,13,17,18,23,24,38,39), David Evans (25,26), John Greening (33,34), Patrick Lau (31,32), Douglas Mackinnon (27,28) et Alex Pillai (29,30)
Foz Allan, Greg Brenman, Dominic Minghella/Tiger Aspect Productions-BBC-BBC America-Pepper’s Ghost Productions (BBC One 7.10.-30.12.06 / 6.10.-29.12.07 / 28.3.-27.6.09), 39 x 44 min. (3 saisons). – av. Jonas Armstrong (Robin Hood), Lucy Griffiths (Marian), Gordon Kennedy (Little John), Sam Troughton (Much), Joe Armstrong (Alan-a-Dale), Richard Armitage (Sir Guy of Gisbourne), Keith Allen (le shérif de Nottingham), Harry Lloyd (Will Scarlet), Anjali Jay (Djaq), David Harewood (frère Tuck), Toby Stephens (le prince Jean), Raji James (prince Malik), Lynda Bellingham (la reine-mère Aliénor d’Aquitaine), Steven Waddington (Richard Cœur-de-Lion), Joanne Froggatt (Kate), Lara Pulver (Isabella de Gisbourne), Clive Standen (Archer), Dexter Fletcher (le comte Friedrich), Michael Elwyn (Sir Edward), Joseph Kennedy (Carter), Lee Ross (Sir Jasper), Martin Delaney (Tiernan McMurrough), Teresa Banham (Rebecca), William Beck (Royston White), William Houston (Finn), Kelly Adams (Eve), Bill Ward (Rufus), Liam Boyle (Edmund) Holliday Grainger (Meg), Juliet Seal (Alice Little), John Hopkins (John of York), Dean Lennox Kelly (Malcolm), Sophie Winkleman (Ghislaine), Tommy Bastow (Guy de Gisbourne jeune), Charlie Rowe (Robin jeune), Laura Hegyi (Isabella jeune).
A chaque décennie son Robin des Bois cathodique. Celui-ci est imaginé par Dominic Minghella, frère du cinéaste oscarisé Anthony Minghella (The English Patient), avec la collaboration de Foz Allen, et a été tourné en Hongrie (studios Fót à Budapest) à partir d’avril 2006. Au départ, rien de bien nouveau sous le soleil : casting résolument jeune, ton débridé, scènes d’action en cascade. Les costumes sont modernisés (pas de collants, Gisbourne en veste de cuir noir), le langage est relâché, on parle slang. Le script renonce salutairement à la quincaillerie Sword & Sorcery, plus de magiciens, plus de dragons ni d’effets digitaux, et Robin est pour la quatrième fois flanqué d’un compagnon musulman, après Nasir dans Robin of Sherwood (tv 1984), Azeem dans Robin Hood, Prince of Thieves en 1990 et Kemal dans The New Adventures of Robin Hood (tv 1997), mais c’est à présent une femme, Djaq. Intégration éthnique à l’anglaise et féminisme dans le vent.
Revenu des croisades, Robin trouve sa région plongée dans la misère et tenue d’une main de fer par le sadique shérif de Nottingham (Keith Allen, cabotin et grimaçant). Le satrape subit entourloupe sur entourloupe, bien enlevées et drôles. Masquée et vêtue d’une cape, la langue bien pendue, Marian se transforme elle aussi, la nuit venue, en justicière. La première saison se veut « familiale » : Robin, 22 ans, jeune et insouciant, ne tue pas ses adversaires et s’il affirme que ses quatre ans de Proche-Orient l’ont marqué (il aurait été témoin des massacres d’Acre), cela ne se voit pas. La Troisième Croisade peut d’ailleurs être perçue comme une allégorie à peine voilée à la guerre en Irak, et la mention du pape Grégoire et de sa « guerre sainte » est à rapprocher des propos de George W. Bush et « l’axe du mal ». D’emblée, la personnalité complexe de Guy de Gisbourne (Richard Armitage) vole la vedette, au point où Marian s’avoue fascinée par lui.
Puis l’aventure s’assombrit au fil des épisodes, pour finir en tragédie : à la fin de la deuxième saison, Robin et Marian se rendent en Terre Sainte pour empêcher un attentat contre le roi Richard, fomenté par le shérif et ses Chevaliers Noirs ; Nasir, un tueur à gages se fait passer pour le sultan Saladin. L’attentat échoue, mais Marian est tuée par Guy de Gisbourne : amoureux d’elle et fou de jalousie, il la poignarde lorsqu’elle refuse de le suivre en Europe. Richard bénit l’union de Robin, effondré, et de la moribonde. De retour en Angleterre (troisième saison), la lutte contre le shérif reprend. Robin noue une liaison avec Isabella de Gisbourne, la sœur cadette de Sir Guy. Ce dernier apprend l’existence d’un demi-frère, Archer, fils illégitime de sa propre mère et du père de Robin. Fort de ce lien familial incongru, Robin et Guy s’allient temporairement pour prendre d’assaut Nottingham et préparer le retour du roi. Mais Isabella a tourné casaque et défend les lieux avec l’arme secrète de Jean, le feu grégeois. Au cours de la bataille finale, Sir Guy périt de la main du shérif, sa sœur le suit dans la mort quand le château est détruit par une explosion. Robin meurt de la blessure que lui a infligée Isabella avec une épée empoisonnée. Il a le temps de prendre congé de ses compagnons et désigne Archer comme successeur dans la lutte contre la tyrannie (dans l’ultime épisode intitulé à juste titre « Something Worth Fighting For / Un beau jour pour mourir »). Entre-temps, l’audimat aura chuté de 8,6 millions de spectateurs (saison 1) à 2,2 millions. Il n’y aura pas de quatrième saison.
Épisodes : 1. « Will You Tolerate This ? (Retour des Croisades) » – 2. « Sheriff Got Your Tongue (La Langue ou la Bourse) » – 3. « Who Shot the Sheriff ? (Qui veut la peau du shérif ?) » – 4. « Parent Hood (L’Enfant trouvé) » – 5. « Turk Flu (La Flèche d’argent) » – 6. « The Taxman Cometh (Un percepteur particulier) » – 7. « Brothers in Arms (Le Prix de la trahison) » – 8. « Tattoo ? What Tattoo ?/The Assassin (Un tatouage compromettant) » – 9. « A Thing or Two About Loyalty (Question de loyauté) » – 10. « Peace ? Off ! (La Paix ? Que nenni !) » – 11. « Dead Man Walking (Mon père ce héros) » – 12. – « The Return of the King (Le Retour du roi) » – 13. « A Clue : No (Audience royale) » – Saison 2 : 14. « Sisterhood (Tel frère, telle soeur) » – 15. « The Booby and the Beast (Les jeux sont faits) » – 16. « Childhood (Jeux d’enfants) » – 17. « The Angel of Death (L’Ange de la mort) » – 18. « Ducking and Diving (Plouf plouf) » – 19. « For England… ! (Pour l’Angleterre !) » – 20. « Show Me the Money (Donne-moi ta main) » – 21. « Get Carter ! (Esprit de vengeance) » – 22. « Lardner’s Ring (Le Messager voyageur) » – 23. « Walkabout (L’Union fait la force) » – 24. « Treasure of the Nation (La Chasse au trésor) » – 25. « A Good Day to Die (Kalilah et Dimnah) » – 26. « We Are Robin Hood ! (Un pour tous, tous pour un) » – Saison 3 : 27. « Total Eclipse (Eclipse totale) » – 28. « Cause and Effect (Les Guerriers) » – 29. « Lost in Translation (Hérésie) » – 30. « Sins of the Father (L’Ombre du père) » – 31. « Let the Games Commence (Que le spectacle commence) » – 32. « Do You Love Me ? (La Maladie du Roi) » – 33. « Too Hot to Handle (D’Amour et d’eau fraîche) » – 34. « The King Is Dead, Long Live the King… (Le Roi est mort, vive le Roi !) » – 35. « A Dangerous Deal (Mésalliance) » – 36. « Bad Blood (Faux frère) » – 37. « The Enemy of My Enemy (La Grande Évasion) » – 38./39. « Something Worth Fighting For (Une cause juste / Un beau jour pour mourir) ».
2009(tv) Beyond Sherwood Forest / Robin Hood : Beyond Sherwood (La Créature de Sherwood / Robin des Bois et la créature de Sherwood) (CA) de Peter DeLuise
Front Street Pictures-SyFy Channel-Starz Media-Forest Road Productions (SyFy/Thunderbird 28.11.09), 93 min. – av. Robin Dunne (Robin Hood), Erica Durance (Marian), Julian Sands (Malcolm, shérif de Nottingham), Mark Gibbon (Little John), Cainan Wiebe (Gareth), Richard de Klerk (Will Scarlett), Bill Dow (frère Tuck), Brent Stait (Sir Guy de Gisbourne), David Richmond-Peck (prince Jean), Katharine Isabelle (Alina, la femme-dragon), Robert Lawrenson (William), John Novak (Roland), Rowen Kahn (Robin enfant), Anna Louise Sargeant (Marian enfant), Paul Lazenby (Bart Bartholomew).
Pour se débarrasser définitivement de Robin des Bois qui s’oppose par tous les moyens au mariage arrangé de sa fiancée Marian avec un monarque danois, le prince Jean fait appel au shérif de Nottingham. Celui-ci manipule une créature ailée féroce, une jeune femme nue (Alina) qui, victime d’un sortilège, se transforme le jour en dragon et qui est programmée pour anéantir le hors-la-loi ; le monstre a déjà tué le père de Robin. Notre héros, dont les flèches sont inefficaces, pénètre dans la Forêt Sombre afin d’y dénicher un philtre susceptible de délivrer la femme-dragon de sa malédiction. Une fantaisie indéfendable (seul le dragon joue « juste »), filmée au Canada (Aldergrove, Maple Ridge, North Vancouver). – ES : Robin Hood contro el dragón, IT : Robin Hood – Il segreto della foresta di Sherwood.
2010The Real Sherwood Forest (GB) de Tyrone Braithwaite et Chris Wetton
Paul Belfield/besq Ltd., 14 min. – av. Ade Andrews (Robin Hood), Sylvia Robson (Marian). – Docu-fiction tourné dans le Nottinghamshire.
2010(tv) Mystery Files : Robin Hood (GB) de Joanne Lunt
série “Mystery Files”, épis. 3, Parthenon Entertainment (National Geographic 2.2.10), 26 min. – av. Aaron Scully (Robin Hood), Struan Rodger (narration). – Docu-fiction.
2010® Story Time Fables (US) de Brendan Guy Murphy ; MurphySpeaking Films, 15 min. – av. Brendan Guy Murphy (Robin Hood), Damon S. Hoffman (Little John), Brian Carthey (frère Tuck), Aaron Strielstra (Guy de Gisbourne). – Un garcon mélancolique se réfugie dans ses rêves de Robin des Bois.
2010® The Door (US) d’Adam Chinoy; Echo Vision Films-Green Gecko Films, 10 min. – av. Joe Barton (Robin Hood), Vincent K. Guagenti (frère Tuck).
2010The Real Robin Hood (US/JP) de M. David Melvin
Ridley Scott, Tony Scott, Christopher G. Cowen, M. David Melvin/Herzog & Company-Scott Free Productions (History Channel 11.5.10), 120 min. – av. Gordon Summers (Robin Hood), Dominic Kinnaird (frère Tuck), Lockhart Ogilvie (Will Scarlet), William Hurt (narration), Ridley Scott, Russell Crowe, Cate Blanchett.
Docu-fiction promotionnel pour le Robin Hood de Ridley Scott (cf. infra) qui étudie les origines du héros dans le folklore anglais et tente d’expliquer (par la voix de l’historien militaire Mike Loades) pourquoi Robin ne pouvait être actif avant le XIIIe siècle et justifier ainsi les nouvelles options du film. – DE : Robin Hood – Mythos oder Wahrheit.
Sous les ordres de Richard Cœur de Lion, Robin Longstride (Russell Crowe) participle au siege fatal de Châlus (2010).
2010**Robin Hood (Robin des Bois) (GB/US) de Ridley Scott 
Ridley Scott, Russel Crowe, Brian Grazer/Universal Pictures-Imagine Entertainment-Relativity Media-Scott Free Productions, 156 min./140 min. – av. Russell Crowe (Robin Longstride, dit Robin Hood), Cate Blanchett (Lady Marian/Marianne Loxley [Locksley]), Max von Sydow (Sir Walter Loxley [Locksley]), William Hurt (William Marshal/Guillaume le Maréchal, comte de Pembroke), Mark Strong (Sir Godfrey/Godefroy), Oscar Isaac (le roi Jean sans Terre), Danny Huston (Richard Cœur de Lion), Eileen Atkins (Aliénor d’Aquitaine), Mark Addy (frère Tuck), Matthew Macfadyen (le shérif de Nottingham), Kevin Durand (Little John), Scott Grimes (Will Scarlet), Alan Doyle (Allan A’Dayle/Allan-a-Dale), Douglas Hodge (Sir Robert Loxley), Léa Seydoux (Isabelle d’Angoulême), Robert Pugh (le baron Baldwin), Gerard McSorley (le baron Fitzrobert), Velibor Topic (Belvedere), Ciaran Flynn (Loop), Simon McBurney (Père Tancrède), John Nicholas (Paul, le fermier), Mark Lewis Jones (Longstride père), Bronson Webb (Jimoen), Denis Menochet (Adhemar), Jessica Raine (Isabelle de Gloucester, première épouse de Jean), Jack Downham (Robin des Bois jeune), Alan Charlesworth (le cardinal Roger), Jonathan Zaccaï (le roi Philippe II Auguste de France).
Synopsis : En mars 1199, Richard Cœur de Lion assiège le château de Châlus-Chabrol, dans le Limousin, avec sa troupe. Simple paysan-archer, Robin Longstride est un vétéran las de guerroyer qui a perdu ses illusions aux Croisades ; il se permet de répondre franchement et sans ménagements au roi lorsque celui-ci l’interroge sur les massacres commis à Saint-Jean-d’Acre, un bain de sang auquel Robin a été contraint de participer activement. Furieux, Richard le fait mettre au pilori avec ses trois compagnons, Allan-a-Dale, Will Scarlet et Little John, en attendant d’être puni pour trahison. Lorsque le roi est frappé mortellement par un carreau d’arbalète dans la carotide, Robin et ses amis désertent pour pouvoir enfin retourner en Angleterre. Entre-temps, Robert de Loxley se charge de rapporter la couronne royale au prince Jean à Londres. Mais la garde royale dont il est le chef tombe dans un piège tendu par Sir Godfrey, le plus vieil ami du prince qui s’est allié secrètement à Philippe II Auguste, le roi de France, et qui prévoyait d’assassiner Richard. Robin surprend l’embuscade dans la forêt de Brocéliande et tue les assaillants, mais il arrive trop tard pour sauver Loxley et ses hommes ; seul Godfrey, chauve et balafré, lui échappe. Avant de mourir, Loxley charge Robin de ramener à son père, Walter de Loxley, l’épée qu’il lui avait volée en partant pour la Terre Sainte. Décidé à traverser la Manche au plus vite et sans bourse délier, Robin et ses amis usurpent l’identité des chevaliers assassinés par Godfrey. A la Tour de Londres, Robin se fait passer pour Walter de Loxley, annonce à Jean sans Terre le décès de son frère aîné, assiste à son couronnement, puis gagne le domaine de Robert de Loxley à Peper Harow, près de Nottingham, région qu’il n’a pas revue depuis l’âge de cinq ans. Saignées à blanc par la guerre et la pénurie, les terres des Loxley sont administrées d’une main de fer par Lady Marian, la femme de Sir Walter. Afin d’éviter qu’elle ne soit dépouillée de ses possessions par la Couronne à l’annonce de la mort de son mari (car elle est sans enfants), le vieux Sir Robert, qui est aveugle, propose à Robin d’endosser l’identité de son fils et donc de devenir l’époux de Lady Marian ; celle-ci est très réticente à l’idée de cette union forcée. En échange, Robin demande à Sir Robert des révélations sur son père exécuté sous ses yeux alors qu’il était enfant ; c’est ainsi qu’il apprend par Guillaume le Maréchal que le document qui deviendra la Grande Charte de 1215 fut rédigé à l’initiative de son géniteur, un tailleur de pierre, et que celui-ci paya son courage de sa vie. « Dressez-vous sans relâche et d’agneaux devenez lions », telle était sa devise. Après quelques échanges violents, la belle et impétueuse Lady Marian se prend à aimer son nouveau mari lorsque celui-ci, ses trois compagnons et le frère Tuck s’emparent des grains confisqués par l’archevêché de York et les sèment dans les champs de Nottingham pendant la nuit, à la joie des paysans.
Pendant ce temps, le roi Jean envoie son conseiller Godfrey sillonner le pays pour prélever encore plus de taxes et de reconstituer le Trésor royal dilapidé par Richard. Soutenu à l’insu de Jean par deux cents mercenaires français, Godfrey met le pays à feu et à sang, escomptant ainsi la création d’une coalition des barons contre le roi et leur marche armée sur Londres, tandis que Philippe II Auguste de France profitera de cette guerre civile pour envahir le pays par surprise, les côtes étant laissées sans défense. Le stratagème semble fonctionner, Lincoln, Darlington, Petersborough et York sont dévastés. Pour joindre les barons en révolte, Robin part à Barnsdale où se réunit l’aristocratie du royaume. Ayant réalisé la trahison de Godfrey et craignant pour son trône, Jean se rallie à eux, mais il est contraint de promettre à l’assemblée dont Robin est à présent le porte-parole la rédaction d’une charte garantissant la liberté de ses sujets, la production selon leurs besoins et la levée des saisies et arrestations arbitraires. Lors de l’attaque et du pillage de Nottingham par les mercenaires français, Robert de Loxley, le seigneur aveugle de Peper Harow tombe sous les coups d’épée du sinistre Godfrey. Robin met les tueurs en fuite. Désormais unis, les Anglais repoussent la flotte d’invasion de Philippe II Auguste quand son armée débarque en masse à Dungeness, au pied des falaises de Douvres ; Robin supprime Godfrey d’une flèche qui lui traverse la gorge, au moment où celui-ci s’en prenait à Lady Marian, amazone accourue en armure pour venger son beau-père. Les envahisseurs déposent les armes devant Robin, ce qui suscite la jalousie et la crainte du roi. Ayant repris de l’assurance après cette éclatante victoire sur l’ennemi français, Jean se parjure, brûle la Charte des barons et déclare Robin Longstride hors-la-loi. Devenu Robin of the Hoods, celui-ci se réfugie avec Lady Marian, ses compagnons archers et les enfants perdus de Nottingham (dont les pères sont morts aux Croisades) dans la forêt de Sherwood. Ainsi naît la légende…
Après les Robin des Bois triomphalistes, légers et insolents de Douglas Fairbanks et d’Errol Flynn, le Robin vieillissant et désillusionné de Sean Connery, le Robin Sword & Fantasy de Kevin Costner, voici le Robin politique, le prolétaire des bois incarné par Russell Crowe, sous la forme d’une épopée à (très) grand spectacle et à la trame plutôt inattendue. Un Robin qui se démarque fortement des précédents, après avoir commencé, à l’instar de Robin and Marian (La Rose et la Flèche) de Richard Lester en 1976, par le décès brutal du léonin Richard, souverain que ce film ne flatte guère plus que son frère Jean. La première conception de l’œuvre remonte à janvier 2007. Annoncé sous le titre de Nottingham, elle brosse un portrait plus sympathique du shérif (il a le beau rôle) et moins vertueux de Robin qui est pris dans un triangle amoureux avec Lady Marian (scénario d’Ethan Reiff et Cyrus Voris). Russell Crowe, censé d’abord jouer Robin et le shérif, se laisse tenter par un salaire de 20 millions de $. En avril, à la suggestion de Crowe, Ridley Scott prend les rênes de l’entreprise (dont il devient aussi coproducteur avec son frère Tony à travers leur société Scott Free Productions, Londres-Los Angeles). Scott, 72 ans, retrouve ainsi pour la cinquième fois sa star néo-zélandaise de Gladiator (2000). Habité par l’épopée et habitué à gérer de très gros moyens, le cinéaste britannique s’est déjà frotté au Moyen Age avec l’impressionnant Kingdom of Heaven (2005) dont le récit s’achève au moment où Richard Cœur de Lion recrute des hommes pour la Troisième Croisade. C’est pour Scott la double occasion de prendre sa revanche sur l’échec commercial de ce dernier film et de poursuivre son exploration d’une époque qui lui tient à cœur, d’en capturer l’essence tout en l’intégrant à cette vision du monde très personnelle, adulte, chargée d’amertume et parfois même de ce pessimisme apocalyptique qu’on retrouve dans l’ensemble de sa filmographie, de The Duellists (1977) et Blade Runner (1982) à Alien : Covenant (2017).
N’étant pas un fan des versions précédentes de Robin Hood, Scott décide de réviser radicalement l’approche du sujet – il veut un prequel retraçant les années de formation du héros – et confie le script définitif à l’Américain Brian Helgeland, le scénariste coté de Mystic River de Clint Eastwood, de L.A. Confidential de Curtis Hanson, qui lui a valu un Oscar, et réalisateur de l’aventure médiévale de A Knight’s Tale (Chevalier) en 2001 ; son adaptation aussi habile qu’originale réoriente toute la légende. Le dramaturge anglais Tom Stoppard (qui a rédigé Shakespeare in Love et filmé sa propre pièce Rosenkranz and Guildenstern are dead, une variation sur Hamlet) s’associe sur le tard à la réécriture, la grève des scénaristes en 2008 ayant beaucoup retardé le tournage. Scott filme son Robin Hood d’avril à août 2009, entouré d’une équipe soudée et rodée de longue date, dont le chef opérateur Jon Mathiesen, le décorateur Arthur Max et la chef costumière Janty Yates, qui tous ont travaillé sur Gladiator et Kingdom of Heaven et récolté une pluie d’Oscars. Ensemble, ils vont créer la version de loin la plus spectaculaire depuis la superproduction muette de Douglas Fairbanks/Allan Dwan en 1922. On commence par le débarquement avorté de Philippe II Auguste, mis en scène avec 500 figurants, 130 chevaux et 8 barques – numériquement démultipliés – sur la plage de Freshwater West (Pembrokeshire, pays de Galles). Le décor de Nottingham (une cinquantaine de maisons en torchis aux toits de chaume, avec graineterie, moulin à eau, taverne, grange et église) est construit sur le domaine privé de Hampton, près de Guildford, tandis que les séquences pyrotechniques et l’assaut de Châlus sont enregistrés dans un environnement sécurisé de Lower Bourne Woods, près de Farnham (Surrey), où sont aussi érigés les villages de Barnsdale, York et Petersborough. Peper Harow prend forme à Oxenford Farm, près de Milford (Surrey), le Royal Dock londonien sur la Tamise à Virginia Water Lake (parc de Windsor, Surrey). Un autre village voit le jour à Thunderdell Wood, dans le domaine d’Ashridge à Little Gaddesden (Hertfordshire) ; le district de Peak dans le Derbyshire (Dovedale, Thorpe Pastures, Lindale) représente la région que parcourt Robin pour rejoindre l’assemblée des barons insurgés. Les studios de Shepperton (Surrey) abritent la Tour de Londres et les intérieurs. Danny Huston, fils du grand John, campe un Richard survolté, à la crinière léonine ; Max von Sydow, l’inoubliable chevalier jouant aux échecs avec la mort du Septième Sceau d’Ingmar Bergman, fait l’aveugle Loxley et Dame Eileen Atkins, pilier du théâtre britannique, interprète la reine-mère Aliénor (en remplacement de Vanessa Redgrave, prise ailleurs).
Partant du fait que selon l’historiographie, il aurait existé une vingtaine de personnages susceptibles d’être identifiés à Robin, le film s’applique, tout en évitant les clichés usuels, à montrer comment la légende a pu prendre naissance à ce moment précis de l’Histoire, compte tenu du contexte social (le pays exsangue, la famine), des circonstances politiques (soulèvement des barons, guerre civile) et de l’extrême faiblesse de la couronne. Pour la promotion télévisuelle de son travail, Ridley Scott écrit et produit le documentaire The Real Robin Hood (Scott Free Prod., cf. supra), enquête de deux heures sur les origines du héros populaire anglais (« The untold story of the man behind the legend »). Le choix de Russell Crowe, pas vraiment un beau garçon aux prouesses acrobatiques, est déterminant : son visage « anonyme » et bourru respire la virilité « rurale ». Il affiche une certaine lourdeur qui traduit à la fois ses origines et sa lassitude (l’embonpoint et les quarante-cinq ans du comédien ont entraîné une modification dans le casting : pour le rôle de Marian, Sienna Miller a été remplacée par une actrice moins jeune, l’excellente Cate Blanchett, écuyère accomplie depuis la saga d’Elizabeth de Shekhar Kapur). Au départ, Longstride – un ancien patronyme anglais – n’est qu’un soldat sorti du rang, une sorte d’anti-héros orphelin, rustre, taciturne et tête brûlée, plus casseur de tête que virtuose de l’arc (cuirassé d’écailles, il manie surtout la hache), pris dans la tourmente d’une guerre sans fin ; l’armée anglaise est alors composée majoritairement de paysans-archers comme lui.
Scott propose une lecture moderne et psychanalytique du mythe dans laquelle Robin serait tourmenté par l’absence d’informations sur ses parents. Pour construire son histoire personnelle, l’action de la légende est retardée d’une à deux décennies et située au début du règne de Jean sans Terre, car seuls un passé lourd d’expériences en tous genres (les Croisades) et de longs voyages à travers le Moyen-Orient et l’Europe, puis ce retour dans une Angleterre particulièrement répressive (où les enfants sans abris ne survivent qu’en se terrant dans les forêts où ils pratiquent larcins et braconnages punis de mort) peuvent expliquer la transformation d’un simple troupier aguerri en idéologue pour une juste cause. Comme il l’apprendra à quarante ans passés, son père ne l’a pas abandonné, ce sont des amis, Guillaume le Maréchal et Loxley, qui l’ont caché orphelin dans un monastère de Templiers en France, d’où il s’est finalement échappé. Le père de Robin a été décapité sous ses yeux, souvenir traumatisant qu’il a refoulé (et qui refait surface en flash-back). La découverte progressive de l’engagement paternel (orateur éminent et principal initiateur d’une Charte de la Forêt devant protéger les roturiers de l’arbitraire des princes) élargit sa prise de conscience politique – et le transforme en hors-la-loi dont la tête est mise à prix. Ce Robin-là ne se contente pas de « voler les riches pour distribuer aux pauvres » : en prenant la parole devant les barons au nom de Sir Loxley, il se fait le porte-parole de la Grande Charte et encourage ses concitoyens à prendre en main leur destin. Représentant une idée en marche, il vit désormais « en exil », caché dans les bois pour survivre aux turbulences du siècle et entouré d’une sorte d’armée populaire ; pour la première fois dans le film, les bois de Sherwood sont traversés par des rayons de soleil avant le mot « Fin ». Par la même occasion, Longstride retrouve son identité (après avoir joué à l’épigone de Martin Guerre) et une intimité troublante mais jamais sentimentale aux côtés de Lady Marian. Rappelons que seul Rogues of Sherwood Forest/La Révolte des gueux (1950), une série B de Gordon Douglas, met la rébellion des barons et la Magna Carta en relation avec l’activité de Robin Hood (cf. supra).
Le film évoque par la bande, en prenant libertés et raccourcis, divers épisodes du conflit qui opposa Philippe II Auguste, roi de France, et les Plantagenêt angevins dans l’Hexagone, conflit qui aboutit à la reconquête par le Capétien de toute la Normandie en 1204 et des territoires angevins (Anjou, Maine, Poitou Touraine, Gascogne), hormis l’Aquitaine. (Au début, le script omet toutefois de signaler que depuis son retour de Palestine en 1194, Richard a combattu encore pendant cinq ans en France même.) Le grand débarquement des Français près de Douvres qu’une coalition de barons menée par Robin fait échouer à la fin du film a étonné plus d’un spectateur, car il bouscule quelque peu l’histoire. Il s’agit en fait d’un succédané synthétique de plusieurs événements passablement chaotiques. En 1211, la flotte de Jean sans Terre débarque à La Rochelle, mais son armée est battue par le prince Louis le Lion (futur Louis VIII), le fils de Philippe II Auguste, à la Roche-aux-Moines. Le monarque français envisage à son tour d’envahir l’Angleterre quand ses propres navires sont annihilés par une coalition anglo-flamande à Damme, en mai 1213. Entre-temps débute en Angleterre la grande rébellion baronniale sous la conduite des puissants comtes de Chester, Leicester et Norfolk ; suscitée par les excès de la politique financière du roi, l’insurrection aboutit le 15 juin 1215 à la signature par Jean des 63 articles de la Grande Charte, opération menée sous l’égide de l’archevêque de Canterbury, Stephen Langton, qui a été érigé en médiateur. Enfin, à peine une année plus tard, en avril 1216, la flotte du prince Louis, réunissant mille deux cents chevaliers français et de nombreux opposants anglais, parvient à traverser la Manche. L’intervention française sur sol britannique s’est faite cette fois à la demande des barons anglais, déçus par la lenteur de Jean à redresser nombre des abus qu’ils avaient dénoncés lors de la signature de la Grande Charte. Les Français entrent à Londres où ils obtiennent des barons rebelles la reconnaissance du prince français comme l’héritier légitime du trône (Louis a épousé une petite-fille d’Henry II, Blanche de Castille). Jean meurt en octobre de la même année, victime de la dysenterie. Le prince Louis ne parvient toutefois pas à conquérir le royaume qui lui est offert – son armée sera écrasée par Guillaume le Maréchal, régent durant la minorité d’Henry III, en mai 1217 – et il renoncera au trône d’Angleterre en signant le traité de Lambeth. Dans le film, les aléas de la Charte arrachée à Jean sans Terre (qui commença en effet par l’annuler dès que les barons eurent le dos tourné), ses exigences, expurgations et abrogations sur près d’un siècle sont nécessairement très simplifiées : sa principale raison d’être était de protéger les biens de la noblesse contre la rapacité et l’arbitraire de la Couronne. On relève quelques inexactitudes mineures, comme la présence d’Aliénor à la Tour de Londres (au lieu de Fontevraud ou Poitiers), voire l’anachronisme de la dimension patriotico-identitaire : Châlus n’était pas une fortification « française » à conquérir, mais le séjour d’un vassal récalcitrant, le vicomte de Limoges, adversaire constant du Plantagenêt en Aquitaine, qui, lui, n’avait aucune affinité pour l’Angleterre ; l’attaquant comme la population locale de Nottingham ne parlaient pas anglais mais des dialectes régionaux, tandis que la langue utilisée à la cour royale à Londres était le normand. On conçoit toutefois que respecter ces facteurs linguistiques aurait considérablement compliqué la tâche – et désorienté le spectateur lambda.
Peintre de formation, Scott a la passion de recréer visuellement des univers disparus et d’en documenter la réalité factuelle. Le froid, l’humidité, la chaleur et le crépitement du feu, le souffle du vent, la force des vagues, la boue omniprésente, la lourdeur des cottes de maille qui marquent la chair sont presque physiquement perceptibles. Le film montre comment la noblesse rurale partageait la vie (et souvent aussi le sort) de ses paysans et serfs au quotidien, leurs disettes, leurs angoisses et la proximité de la mort, comment les femmes participaient à toutes les tâches, y compris parfois guerrières (Lady Marian). On détecte à travers quelques touches oniriques des résidus de l’ancien celtisme (les masques étranges des enfants perdus, l’incinération peu chrétienne du vieux Loxley). L’assaut de Châlus en ouverture est une époustouflante leçon de tactique martiale en matière de siège, violente, tumultueuse, assourdissante, professionnelle et sans pitié, illustrant très graphiquement le pouvoir létal de l’armement médiéval. Un morceau de bravoure cinématographique brillamment exécuté et monté au rasoir. Par moments, un détail saugrenu signale l’ironie du destin : au milieu du chaos sanglant sur les remparts, les assiégés se font servir la soupe dans la bonne humeur ; en attendant son bol, l’un d’eux ramasse distraitement une arbalète au sol et décoche un trait qui va changer le cours de l’Histoire... Tous les panoramas, qui dénotent l’influence des maîtres paysagistes hollandais ou des toiles romantiques du XIXe siècle, mis en valeur au travers d’amples mouvements de caméra, sont stupéfiants (Londres et la Tamise, l’immensité des forêts, l’étendue des complexes villageois). Mais le pays est pauvre et le castel vétuste de Nottingham, par exemple, se réduit à peu de choses – comparé au château monumental du film de Fairbanks ; le shérif n’est ici qu’un commis de basse extraction, un minable opportuniste supplanté par le sinistre confident du roi, Sir Godfrey (qui occupe la place traditionnelle de Guy de Gisbourne).
Toutefois, cet hyperréalisme d’une rare efficacité a ses écueils, manifestes surtout dans le dernier quart du film, quand Robin s’impose à la tête des armées royales. Emporté par sa fougue narrative, le réalisateur pousse l’hyperbole jusqu’à en oublier toute vraisemblance. Le fils du tailleur de pierre jadis exécuté en place publique devient le « sauveur de l’Angleterre ». Boosté par le numérique, le débarquement français ressemble à s’y méprendre à l’Omaha Beach de Spielberg (Saving Private Ryan) avec ses barges quasi identiques à celles de 1944, quoique munies de rames, ou encore aux mille vaisseaux de la flotte grecque dans le tonitruant Troy de Wolfgang Petersen. L’importance décisive de l’archerie (les « longbow ») pour l’armée des fantassins anglais rappelle le Henry V de Laurence Olivier (1944), mais elle a ici un à deux siècles d’avance. Cette dichotomie entre une reconstitution historique particulièrement scrupuleuse et certaines exagérations dans le registre « légendaire » nuit à l’équilibre diégétique du récit, comme l’habileté phénoménale du héros qui tue d’une flèche (dont la caméra épouse la trajectoire) le félon cavalcadant à une distance considérable. Reste un spectacle superbement orchestré, porté par une distribution prestigieuse, mais on a peine à croire que Scott l’ait conçu pour le seul plaisir des yeux (indéniable) et le souffle de l’aventure épique, de sorte que « le regard sur la complexité de la situation historique, l’examen des passions humaines, comme hésitants, partent dans trop de directions et restent inaboutis » (Jean-Loup Bourget in Positif no. 592, juin 2012). Outre les reproches habituels et inadéquats sur la perte de l’innocence et de la joie véhiculées par les versions précédentes, la critique est partagée : « Un pied dans l’histoire boueuse et l’autre dans l’imaginaire » résume le New York Daily News (11.5.10), tandis que le New York Post reconnaît au moins que le résultat « dépasse de très loin les spectacles habituels d’Hollywood lancés pendant la saison estivalière » (14.5.10). Ce que confirme le public : les recettes mondiales (321,6 millions de $) sont plutôt satisfaisantes, au vu de coûts globaux faramineux, avoisinants 200 millions. Robin Hood est sélectionné comme film d’ouverture au Festival de Cannes 2010. Au même moment, Ridley Scott, infatigable, travaille à une télésérie dérivée qui tourne autour du comte anglo-normand Guillaume le Maréchal, celui que le Moyen Âge considérait comme « le meilleur chevalier du monde », qui connut quatre rois et fut même présent à la signature de la Magna Carta. Scott se promet de réaliser l’épisode-pilote. Sans suite.
DE, AT, IT, ES : Robin Hood.
2011The Magic Hourglass (US) de Robert Rollins
R. Rollins, Joseph Guimond, Craig Russom/Robert Collins Pictures, 20 min. – av. David Coe (Robin Hood), Scott Dickert (le shérif de Nottingham), Beau Harris (Little John), Dan Merket (frère Tuck), Ben Faigus, Alex Weber.
Comédie: deux jeunes étudiants américains tombent sur un sablier magique qui les transporte à Sherwood aux temps de Robin des Bois.
2011® (vd) Robin Hood (DE) d’Oliver Sommer ; Tobias Sammet/Ava Studios-Peppermint Park Studios, 5 min. – av. Tobias Sammet (Robin Hood), Bernhard Hoëcker (Marian), Felix Bohnke (frère Tuck), Tobias Exxel (Will Scarlet), Jens Ludwig (Sir Richard at the Lea), Dirk Sauter (Richard Cœur de Lion). – Une satire du classique d’Errol Flynn jouée par le groupe musical rock EDGUY.
2011® Mil cretins (ES) de Ventura Pons. – av. Santi Millán (Robin Hood).
2012(tv) A Day in the Life of Young Robin Hood (US) de Max Ortiz Jr.
Max Ortiz Jr./MGI Productions, 35 min. – av. Keith Froling (Robin de Loxsley jeune), Kia Matos (Lady Marian), Matthew Nardozzi (le jeune shérif de Nottingham), Sierra Golden (Aryanna Loxley), Alaric Hayden (Rowan), Xavier Avenancio (Cedric), Mark White (Will Scarlet), Max Ortiz Jr. (Gregorio), Louis Tomeo (Porthos).
Pilote d’une série pour la jeunesse jamais concrétisée.
2012[Animation : (vd) Tom and Jerry : Robin Hood and his Merry Mouse (Tom et Jerry : L’Histoire de Robin des Bois) (US) de Spike Brandt, Tony Cervone ; Turner Entertainment-Warner Bros., 65 min. – av. les voix de Jamie Bamber (Robin Hood), Charles Shaugnessy (le shérif), John Michael Higgins (prince Jean), Grey DeLisle (Marian). – Le roi Jean charge le chat Tom de faire la chasse à la souris Jerry-Robin.]
2012[Animation : (vd) Veggie Tales : Robin Good and His Not So Merry Men (US) de Brian Roberts ; Big Idea Entertainment. – av. voix de Mike Nawrocki (Robin Good), Phil Vischer (prince Jean / Little John / Will Scarlet.]
2012Robin Hood : The Ghost of Sherwood (Robin des Bois – Fantôme de Sherwood) (DE/US) d’Oliver Krekel
Nadine Krekel/DigiDreams Studios, 116 min. – av. Martin Thon (Robin Hood), Ramona Kuen (Marian), Kane Hodder (Little John), Kai Borchardt (frère Tuck), Dennis Zachmann (Will Scarlet), Tom Savini (le shérif de Nottingham), Claude-Oliver Rudolph (Sir Guy de Gisbourne), Anika Neubauer (la sorcière), Andrea Glowig (la jeune sorcière).
Version fantastique : en combattant le shérif de Nottingham, Robin Hood et ses hommes sont tués. Marian et Little John tentent de les ressusciter, mais leurs anciens compagnons reviennent sous forme de zombies sanguinaires. Un épouvantable navet tourné à Ehlen, Habichtswald, Wasserschloss Wülmersen (Hesse).
2012(vd) Robin Hood, de musical (BE) de Gert Verhulst et Stefan Staes
Hans Bourlon, Gert Verhulst/Studio 100, 30 min. – av. Jelle Cleymans (Robin Hood), Free Souffriau (Marian), Koen Brucke (le prince Jean), Peter Thyssen (le shérif de Nottingham), Peter van de Velde (Little John), Chris Cauwenbergs (frère Tuck), Remi de Smet (Little Robin), Dennis Willekens (Richard Coeur de Lion). – Cf. supra (2001).
2013(tv) Robin Hood & ich (Robin des Bois et moi) (DE) de Holger Haase
Mathias Lösel/Filmpool Fiction-Sat.1 (Sat1 17.9.13), 94 min. – av. Pasquale Aleardi (Robin Hood), Nadja Becker (Marion Siebmann), Frank Kessler (Little John), Daniel Zillmann (frère Tuck), Philip Hagman (Will Scarlet), Stefan Faupel (le shérif de Nottingham), Manfred Friedrich (Richard Coeur de Lion), André Röhner (Felix, l’ex-mari).
Robin des Bois et ses compères aident Marion, une jeune Berlinoise divorcée du XXIe siècle, à surmonter ses difficultés avec son ex-mari, un avocat pervers, et son lieu de travail. Ce sont les personnages du livre d’aventures favori des ses enfants qui surgissent du passé et accourent à son secours. Comédie uchronique filmée à Berlin.
2013® (tv) Forget Me Not (US) de David Solomon; série « Once Upon a Time in Wonderland » (ABC 24.10.13), 42 min. – av. Sean Maguire (Robin Hood), Michael Socha (Will Scarlet), Jason Burkart (Little John).
2014-2015[Animation : (tv) Robin Hood – Mischief in Sherwood (FR) de Sandra Derval ; DQ Entertainment-De Agostini-Fabrique d’Images, 52 x 11 min./82 min. – av. les voix de Tom Wayland (Robin Hood), Sarah Natochenny (Marian), Jake Paque (Little John), David Nelson (le prince Jean), Eli James (frère Tuck), David Wills (le shérif de Nottingham), Eileen Stevens (Will Scarlet).]
2014(vd-mus) Robin des Bois – Le Spectacle musical (FR) de Michel Laprise (th) et Karim Ouaret (tv)
Parlophone-Warner Music France-Warner Music Group Company, 120 min. – av. M. Pokora (Robin Hood), Stéphanie Bédard (Marianne), Caroline Costa (Bédélia), Sacha Tran (Adrien, fils de Robin), Nyco Lilliu (frère Tuck), Dumé (Vaizey), Marc Antoine (Petit Jean).
Spectacle enregistré le 21.12.2013 et 5.1.2014 au Palais du Congrès de Paris. En 1313, Adrien, fils de Robin Hood et de Marianne, aime Bédélia, fille du terrible shérif de Nottingham, etc. Livret de Patrice Guirao et Lionel Florence.
2014(tv) Robot of Sherwood (Robot des Bois) (GB) de Paul Murphy
Série « Doctor Who », épis. 3, saison 8, Nikki Wilson, Steven Moffat, Brian Minchin/BBC Cymru Wales (BBC1 6.9.14), 45 min. – av. Tim Riley (Robin Hood), Ben Miller (le shérif de Nottingham), Ian Hallard (Alan-a-Dale), Trevor Cooper (frère Tuck), Rusty Goffe (Little John), Joseph Kennedy (Will Scarlett), Roger Ashton-Griffiths (Maître Quayle), Sabrina Bartlett (Belle Marianne, sa pupille), Adam Jones (Walter), Paul Capaldi (Doctor Who), Jenna Coleman (Clara Oswald).
Science-fiction et voyage dans le temps : Clara Oswald demande au Docteur Who de lui permettre de faire la connaissance de Robin des Bois. Le Docteur lui fait remarquer que Robin des Bois n’est pas un personnage réel, mais un héros du folklore ; cependant, c’est quand même lui, à la stupéfaction du Docteur, qu’ils rencontrent au Moyen Age dans la forêt de Sherwood. Les trois assistent au grand tournoi organisé par le shérif de Nottingham, se battent contre les chevaliers du tyran (des robots camouflés) et anéantissent le vaisseau spatial avec lequel ce dernier voulait conquérir Londres. Un épisode filmé en extérieurs à Fforest Fawr et au château de Caerphilly (pays de Galles).
2014® (tv) The Shop of Ghosts (US) de Fred Williams ; série « G. K. Chesterton: The Apostle of Common Sense ». – av. Adrian Ahlquist (Robin Hood).
2014® Le Goût des myrtilles (BE/LX) de Thomas De Thier. – av. Marco Camilloni (Robin Hood).
2015Robin des Bois, la véritable histoire (FR) d’Anthony Marciano
Alain Goldman, Simon Istolainen/Adama Pictures-Mars Films-M6 Films-UMedia, 87 min. – av. Max Boublil (Robin Hood), Géraldine Nakache (Marian), Malik Bentalha (frère Tuck), Ary Abittan (Little John), Gérard Darmon (le shérif de Nottingham), Patrick Timsit (Alfred), Eric Metzger (Gaston), Quentin Margot (Firmin), Jaouen Gouevic (Henri), Driver (Blanche-Neige), Michel Crémadès (Petit vieux gang Sherwood), Anoine Khorsand (Petit Prince), Gabor Hrisafis (XXL), Bence Kohegyi (Imberbe), Éric et Quentin (Gaston et Firmin).
Comédie parodique bâclée aux Studios Korda à Etyek (Hongrie). Robin des Bois (« la lâcheté a un nom ») et frère Tuck sont deux escrocs minables qui volent les pauvres, les femmes, les vieilles, les aveugles et les handicapés. Leur rêve est de posséder leur propre maison close en rachetant le « Pussycat », la plus courue, la plus fréquentée de Nottingham. Quand ils décident de voler les impôts du royaume pour arriver à leurs fins, ils se heurtent au gang de justiciers de Sherwood, menés par Little John et Marian, qui ont également l’intention de braquer le shérif… Laid, bête et même pas méchant.
2015® Sherwood Forest, 10 PM (NL) de Sander Akkermans ; Cobbenhagen Co. of Drama, c.m. – av. Meike Weijtmans (Robin Hood), Thessa van Aerde (le shérif de Nottingham).
2016® (tv) Drunk History (GB) de Tom McKay; saison 2, épis. 1 (MTV 3.2.16), 30 min. – av. Mathew Baynton (Robin Hood), Emma Bunton (Marian), Shend (Little John), Tim Key (le shérif de Nottingham), Tom Davis (narration). – L’histoire de Robin présentée par un journaliste alcoolique.
2016-2017® (tv) Alyas Robin Hood / Bow of Justice (PH) de Dominic Zapata. – av. Dingdong Dantes (série de 145 épisodes). – Un justicier philippin moderne se sert de ses flèches pour punir les méchants.
2016(tv) Forests and Thieves (AU) de Zenon Samuels et Renier Beukes
Just Some Films-ZenCo. Productions (26.3.16), 6 épisodes de 5 à 15 min. – av. Renier Beukes (Robin Hood), Lawrence Murphy (Little John), Anya Kenner (Marian), Trevor McAuliffe (le prince Jean), Sam Barbas (Will Scarlet), Dan Whitcher (Alan-a-Dale), Armstrong Chikava (Much le Meunier), Matt Phillips (Smith), Peter Williams (Williamson), Josh McGee et Zachary Preedy (des gardes).
Aventures semi-comiques très bavardes et fauchées (sitcoms), entièrement situées dans une forêt.
2017® (tv) Tim Vine Travels in Time (GB) de Barbara Wiltshire; série “Comedy Playhouse” (BBC1 1.9.17), 30 min. – av. Ore Oduba (Robin Hood), John Archer (Little John), Spencer Jones (frère Tuck), Tim Key (le shérif de Nottingham), Sally Phillips (Marian), Tim Vine. – Sitcom parodique.
2017/18Robin Hood (Robin des Bois) (US) de Otto Bathurst
Leonardo DiCaprio, Joby Harold, Basil Iwanyk, Jennifer Davisson Killoran, Tory Tunnell/Appian Way Productions-Lionsgate Summit Entertainment-Safehouse Pictures-Thunder Road Pictures, 116 min. – av. Taron Egerton (Robin Hood), Jamie Dornan (Will Scarlet), Jamie Foxx (Little John/Yahya), Ben Mendelsohn (le shérif de Nottingham), Eve Hewson (Maid Marian), Tim Minchin (frère Tuck), Nasser Memarzia (diplomate saracène), Kane Headley-Cummings (Stocker), Josh Herdman (Righteous), Björn Bengtsson (Tydon), F. Murray Anderson (le cardinal), Paul Anderson (Guy de Gisbourne), Cornelius Booth (Lord Pembroke).
Croisé aguerri, flanqué du musulman Yahya (l’Afro-américain Jamie Foxx mime un commandant maure qui se transforme en Little John), Robin revient de Terre Sainte et se heurte à Will Scarlet, son demi-frère et à présent l’époux de Marian… Un Robin qui doit faire "jeune" à tout prix, débitant des flèches comme une mitrailleuse. Surchargé de renvois politiquement corrects et de clichés dans le vent (l’Église vole les pauvres pour le bien des riches qui sont, eux, tous d’ignobles violeurs bellicistes), d’invraisemblances (Robin écope d’une flèche en plein cœur et l’arrache…), d’effets numériques tapageurs évoquant la guerre américano-irakienne, servies par un montage hyper-violent, un hachis de ralentis et d'accélérés et une musique assommante, des costumes semi-modernes (le shérif, sosie de Tony Blair, vêtu d’un trench en cuir noir), le tout plongé dans un univers à la fois syncrétique et dystopique. L’Église est corrompue, prévaricatrice, une institution d’une agressivité caricaturale. Le shérif et son allié, un ignoble prélat romain (F. Murray Anderson en cardinal), paient les princes sarrasins pour faire durer la Croisade, affaiblir l’armée anglaise et prendre le pouvoir à la place du souverain légitime. Bref, Robin se prend pour un ninja tandis que son film sombre dans le ridicule. La presse est catastrophique. Tournage à Dubrovnik (Stradun), en Croatie, aux Korda Studios près de Budapest, à Tura (HU), dans l’église Notre-Dame du Raincy (Seine-Saint-Denis) et aux Studios de Paris à Saint-Denis avec un budget estimé à 100 millions de $. Une production de Leonardo DiCaprio dont la sortie est annoncée pour les cinémas IMAX en septembre 2018.
2018(vd) Robin Hood : The Rebellion (Robin des Bois : La Rébellion) (GB) de Nicholas Winter
Jeet Thakrar, Lucina Rhodes Thakrar, Elizabeth Williams/Picture Perfect-Rebellion Film, 92 min. – av. Ben Freeman (Robin Hood), Marie Everett (Maid Marian), James Oliver Wheatley (le shérif de Nottingham), Kristian Nairn (Thomas), Brian Blessed (frère Tuck), Martyn Ford (Brimstone), James Groom (Guy de Gisborne), James G. Nunn (Will Scarlet), Jamie Kenna (Little John), Mari Beaseley (Millicent).
Sa fiancée Marian ayant été enlevée par le shérif de Nottingham et son méchant cousin, Guy de Gisborne, Robin et ses compagnons s’affairent à la sauver grâce à un coup audacieux. Miniminibudget (tournage en Galles du Sud), une poignée de comédiens amateurs entourés de dix figurants, un script inexistant, cliquetis d’épées, hurlements haineux et sifflements de flèches sans fin. Bof.
2019/20(tv) Robin Hood (GB) de Diana Brooks
Runestone Pictures, minisérie. – av. Joseph Steyne (Robin Hood), Jamie B. Chambers (Sir Guy de Gisbourne), Johnny Byron (Will Scarlet), Joseph Rhys Westcott (Alan-a-Dale), Gary Starr (Little John), Jamie Dunning (Much le Meunier), Andrew Swift (le shérif de Nottingham), Charles O’Neill (l’abbé William), Sophie Ellen Mort (Sarah), Cara Middleton (Morgane), Victoria Gibson (Marian), Richard Unwin (le prince Jean), Fiona Egan (Mab), Krisha Fox (Lilith), Amy Drake (Alice), Russell Kennedy (le comte de Huntingdon), David Chafer (le comte Fitzwalter), Sam Rose.
Robin des Bois confronté à la magie noire et aux sorcières. En tournage.
Dans leurs titres de distribution français, allemands ou italiens, certains films en costumes mentionnent abusivement le patronyme de Robin des Bois :
1955Il principe dalla maschera nera (DE : Robin Hood, der schwarze Kavalier [= Robin Hood le cavalier noir] /FR : L’Aigle rouge) de Leopoldo Savona
1958Capitan Fuoco (La Flèche noire de Robin des Bois) de Carlo Campogalliani
1960Il cavaliere dai cento volti (Le Retour de Robin des Bois) de Pino Mercanti
1960The Hellfire Club (IT : Robin Hood della contea nera / FR : Le Chevaliers du démon) de Robert S. Baker et Monty Berman
1962L’invincibile cavaliere mascherato (DE : Robin Hood in der Stadt des Todes [= Robin Hood dans la ville de la mort] / FR : L’Invincible cavalier masqué) d’Umberto Lenzi
1970L’arciere di ferro (La Grande Chevauchée de Robin des Bois) de Giorgio Ferroni
1970Una spada per Brando (DE : Robin Hood und die Dämonen des Satans [=Robin Hood et les démons de Satan] d’Alfio Caltabiano
Plusieurs westerns reprennent le nom de Robin des Bois :
My Lady Robin Hood (1919) de Jay Hunt, The Little Warrior/Miss Robin Hood (1926) de John O. Brien, Robin Hood of Eldorado (Robin des Bois d’Eldorado) (1936) de William A. Wellman, Robin Hood of the Pecos (1941) de Joseph Kane, Robin Hood of the Range (1943) de William Berke, Robin Hood of Monterey (1947) de Christy Cabanne, Robin Hood of Texas (1947) de Lesley Selander, etc.