II - LE ROYAUME D’ANGLETERRE

Le château du roi Aella en Northumbrie (« The Vikings » de Richard Fleischer, 1958).

2. LES ÎLES BRITANNIQUES DE LA CHRISTIANISATION À LA CONQUÊTE NORMANDE (IVe-XIIe SIÈCLES)

Dès 314, l’empereur romain Constantin nomme un évêque anglais, Eborius d’York, pour christianiser les îles britanniques. L’évangélisation commence timidement dans le monde celtique insoumis, en Irlande, christianisé par l’évêque Palladius et saint Patrick (v. 390-463). Rappelés en Italie pour faire face à la menace des Goths, les légions romaines évacuent l’île de Bretagne en 410, ouvrant la porte aux invasions des Scots d’Irlande et des Pictes d’Écosse. Le pays retombe peu à peu à l’état tribal. La résistance des Bretons insulaires (ou Britto-Romains) s’organise autour du chef Vortigern (personnage qui apparaît également dans la saga arthurienne), mais ces derniers demandent en 449 à leurs cousins d’Allemagne du Nord, les Saxons, de leur venir en aide. Les auxiliaires étrangers débarquent à plusieurs reprises en Grande-Bretagne accompagnés d’alliés angles et jutes, mettent fin aux attaques des Pictes et des Scots, se rendent maîtres de la plus grande partie du pays et s’y implantent définitivement aux côtés des habitants d’origine, tous confondus sous la dénomination d’Anglo-Saxons (Anglo-Celtes en Irlande). Reconvertis au christianisme autour de l’an 596 par le moine grégorien Augustin et au nord par Aidan de Lindisfarne et Colomba d’Iona (depuis l’Irlande), ils fondent sept petits royaumes (l’Heptarchie) : Kent, Sussex, Essex et Wessex pour les Saxons, Est-Anglie, Mercie et Northumbrie pour les Angles. Vers 827, EGBERT, roi du Wessex, réunit en un seul tous les royaumes de l’Heptarchie et reçoit le premier le titre de roi d’Angleterre.
A partir de 787, les Vikings, des pirates scandinaves provenant du Danemark et de Norvège, opèrent sur la côte Est des descentes régulières avec leurs drakkars et parviennent plusieurs fois à asservir les Anglo-Saxons tout en s’attaquant à des monastères riches et isolés dont ils massacrent les moines. Leur maîtrise des mers, leur mobilité et leur redoutables haches de fer les rendent quasi invulnérables. A partir du début du IXe siècle, les offensives danoises sur les rivages des îles britanniques commencent à s’accompagner d’un mouvement de colonisation (en 851, trois cents navires à l’embouchure de la Tamise prennent d’assaut Canterbury et Londres, en 867 suivent l’Est-Anglie et la Northumbrie). Ces nouveaux envahisseurs « païens », tantôt pillards, tantôt commerçants, font une guerre incessante au roi du Wessex, Alfred.
ALFRED THE GREAT / ALFRED LE GRAND – 871 / 899
Né en 848, fils d’Ethelwulf. Reine : Ealhswith de Mercie. Roi de tous les Anglo-Saxons à partir de 878, Alfred organise avec une rare efficacité la défense du royaume contre les Danois, ce qui lui vaut d’obtenir l’épithète « le Grand » (c’est le seul monarque anglais à le porter). Succédant à son frère Aethelred (tué en 87l contre les Danois), il libère la Mercie, et au cours de neuf batailles, une partie du Wessex. Il écrase les Danois du roi GUTHRUM L’ANCIEN qu’il convertit au christianisme après une victoire militaire décisive à Ethandum/Edington en mai 878. L’Angleterre est désormais divisée en deux royaumes : le sud-ouest pour les Anglo-Saxons et le nord-est, baptisé « Danelaw », aux Vikings. Alfred poursuit son expansion territoriale en s’emparant de Londres en 885 et parvient, avec son fils aîné (le futur Édouard l’Ancien), à endiguer l’invasion massive des Danois qui, refluant du continent européen, tentent de s’établir définitivement en Angleterre avec femmes et enfants (897). Homme instruit, Alfred soutient l’éducation, renforce la marine royale, organise une milice permanente d’hommes libres (le fyrd), établit des forteresses qui sont à la fois des bourgs habités, des comptoirs commerciaux et des refuges, et améliore le système judiciaire du royaume. L’unification du pays se poursuit sous son fils Édouard et son petit-fils Aethelstan qui la parachève en 954 avec la victoire d’Eadred sur le Norvégien Eric à la Hache Sanglante. Mais un siècle plus tard, de nouvelles incursions vikings remodifient le paysage politique. En septembre 1016, le prince danois
KNUT / CANUT II dit Cnut le Grand (Knud den Store) - 1016 / 1035
envahit à son tour l’Angleterre, qu’il intègre brièvement à son empire scandinave. Fils du roi Sven à la Barbe Fourchue (maison de Jelling), il règne sur la totalité de l’Angleterre dès la mort d’Edmond Côte-de-Fer/Edmund Ironside, qui a été contraint de lui céder la moitié du royaume après avoir été vaincu à Assandun. Recevant l’hommage du roi d’Écosse, Knut est également roi de Danemark à partir de 1018 et roi de Norvège à partir de 1029. Il passe pour un souverain anglo-scandinave particulièrement pieux (chrétien), sage et bénéfique, mais son empire, trop disparate, trop disséminé, n’est pas viable et s’effrite à sa mort.
EDWARD THE CONFESSOR / ÉDOUARD LE CONFESSEUR – 1042 / 1066
Fils d’Aethelred le Malavisé et d’Emma de Normandie, il restaure la dynastie anglo-saxonne des Wessex (un règne marqué par la paix, la piété et la prospérité), mais meurt sans descendance directe à l’abbaye de Westminster qu’il a lui-même fondée. Le Witan (conseil royal) désigne unanimement son beau-frère comme successeur :
HAROLD de Wessex (HAROLD II GODWINSON) – 1066
Comte d’Est-Anglie et du Wessex, Harold est le dernier roi anglo-saxon d’Angleterre. Son règne ne dure que neuf mois, car deux autres prétendants au trône se dressent contre lui : le roi de Norvège HARALD III HARDRADA (« l’Impitoyable ») d’une part et de l’autre, Guillaume, duc de Normandie, qui accuse Harold de félonie. Le monarque norvégien envahit le Yorkshire, mais il est défait et tué par Harold à Stamford Bridge le 25 septembre, une victoire complète qui marque la fin des prétentions scandinaves. Le mois suivant, Harald tombe à son tour à la bataille de Hastings – affrontement qui bouleverse le destin de l’Angleterre.
WILLIAM I THE CONQUEROR / GUILLAUME LE CONQUÉRANT
duc de Normandie – 1066 / 1087

Né en 1027, fils illégitime du duc de Normandie Robert le Diable. Épouse : Mathilde de Flandre, fille de Baudouin V (1053). Affirmant que c’est lui qu’Édouard le Confesseur aurait désigné comme son successeur en Angleterre, et fort de l’appui du pape à Rome (envers lequel il s’est engagé à réformer l’Église d’Angleterre), Guillaume traverse la Manche avec une armada d’un millier de vaisseaux transportant 7500 hommes (des effectifs normands, bretons et franco-flamands) et de 3000 à 6000 chevaux. Il conquiert l’Angleterre en remportant une victoire décisive sur la route de Londres, à HASTINGS, le 14 octobre 1066, contre son adversaire Harold, qui meurt au cours la bataille. Le jour de Noël à Westminster, Guillaume est couronné nouveau roi des Saxons par l’archevêque d’York Ealdred. Dès lors, le pays est soumis aux Normands. En moins de vingt ans, les conquérants se muent en colonisateurs, ouvrant le pays aux influences continentales et au commerce à grande échelle (entre 1100 et 1300, plus de cent nouvelles cités seront fondées, la population passera de 2,25 à 6 millions d’habitants). Guillaume introduit le système féodal, maintenant l’ordre grâce à ses barons richement dotés qui quadrillent tout le pays en y construisant des places fortes ; la langue de cette nouvelle élite aristocratique est le normand, idiome qui aura une influence considérable sur la langue anglaise. L’esclavage est aboli et un demi-siècle plus tard, la majorité des anciennes cathédrales et grandes abbayes sont rasées et remplacées par des bâtiments de style normand. Chassés de leurs fiefs, les Anglo-Saxons sont traités en peuple conquis et Guillaume étouffe avec férocité toute entreprise de rébellion, notamment dans le sud-est, où il recourt à la terreur et pratique une politique de la terre brûlée (récoltes et bétail anéantis) entraînant de terribles famines (plus de 100'000 morts). Le troisième fils du Conquérant, WILLIAM II the Red/GUILLAUME II le Roux, règne de 1087 à 1100, mais exclusivement sur l’Angleterre, la Normandie revenant à l’aîné, Robert Courteheuse). HENRY Ier « Beauclerc », le quatrième fils, est roi anglo-normand de 1100 à 1135 ; il ne laisse qu’une fille, Mathilde, dite l’Emperesse (épouse de l’empereur germanique Heinrich V.) qu’il désigne comme héritière. Mais à la mort d’Henry Ier,
STEPHEN (ÉTIENNE DE BLOIS), devenu Étienne d’Angleterre – 1135 / 1154
le petit-fils du Conquérant (par sa mère Adèle de Blois) s’empare du trône au détriment de la fille du décédé, sa cousine germaine MATILDA ou MAUDE/MATHILDE L’EMPERESSE (1102-1167), reine d’Allemagne et d’Italie. Cette usurpation déclenche une guerre civile de dix-neuf ans qui occupe la majeure partie du règne d’Étienne. Durant la période de chaos politique dite « Anarchie », il est capturé et destitué par Mathilde après la bataille de Lincoln, en février 1141. Mathilde prend le titre de domina Anglorum Dame des Anglais ») mais n’est pas sacrée reine. Libéré après la déroute de Winchester, Étienne poursuit la guerre civile qui s’achève avec le traité de Wallingford en 1153, lorsqu’il est contraint de reconnaître comme héritier Henry II Plantagenêt, le propre fils de Mathilde et de son second époux Geoffroy V Plantagenêt, comte d’Anjou. En unissant la Normandie, l’Angleterre et l’Anjou, le second mariage de Mathilde porte la domination anglo-normande jusqu’à la Loire. Par la suite, le mariage de son neveu Henry II Plantagenêt avec Aliénor d’Aquitaine l’étendra jusqu’aux Pyrénées.
Nota bene : pour les films de Vikings, seuls sont retenus dans ce chapitre ceux dont l’action se déroule au moins partiellement en Angleterre. Pour les autres, cf. Scandinavie.
1902Lady Godiva Procession (GB) de Sagar Mitchell et James Kenyon
Mitchell & Kenyon Film Co. (Blackburn), 2 min.– av. Vera Guedes (Lady Godiva).
En septembre 1902, la première compagnie d’actualités filmées en Grande-Bretagne photographie la procession annuelle de Lady Godiva, promenée (presque) nue à travers la ville de Coventry. Vera Guedes, une actrice du London Hippodrome, incarne l’héroïne médiévale (cf. film de 1911).
1910The Last of the Saxons (US) de J. Stuart Blacktson
Vitagraph Co. of America, 325 m. – av. James Young (Harold de Wessex), Clara Kimball Young (la princesse Aldyth).
Dernier roi anglo-saxon d’Angleterre, Harold Godwinson ou Harold II est choisi pour succéder à Édouard le Confesseur, mais deux autres prétendants au trône se dressent contre lui, le roi de Norvège et Guillaume, duc de Normandie. Harold règne du 6 janvier au 14 octobre 1066, date de sa mort à la bataille de Hastings. Tournage dans les studios de Flatbush à Brooklyn (New York).
1911® Royal England. A Story of an Empire's Throne (GB) Leo Stormont, A. E. Coleby; Cricks & Martin, 210 m. – av. Leo Stormont, Bransby Williams, Oscar Adye, Austin Melford. – Épisode de la royauté en Grande-Bretagne, d'Alfred le Grand à Edouard VII.
Lady Godiva (Julia Swayne Gordon) traverse nue la cité de Coventry (1911).
1911Lady Godiva (US) de James Stuart Blackton, Charles Kent
Vitagraph Co. of America, 324 m./10 min. – av. Julia Swayne Gordon (Lady Godiva), Clara Kimball Young, James Young (le comte Léofric de Mercie), Stanley Dunn, Robert Gaillord, Alfred Hollingsworth, Kate Price.
La trame du film colle rigoureusement à celle du poème Godiva de Lord Alfred Tennyson (1842), dont des vers sont utilisés comme intertitres. La légende, rapportée dans la chronique des Flores Historianum de l’abbaye de Saint Alban au XIIIe siècle, se réfère à la comtesse Godiva (Godgyfu) qui vécut au XIe siècle, sous Édouard le Confesseur. Lady Godiva a pitié de la population de Coventry, ville dont son époux Léofric (968-1057), un noble anglo-saxon devenu comte de Mercie sous le règne de Knut le Grand, est le seigneur, et que ce dernier écrase sous les taxes. Elle le supplie plusieurs fois en vain de renoncer à ces impôts exorbitants qui affament les habitants. Léofric finit par céder : il retirera ses exigeances si elle traverse la ville nue sur un cheval, couverte seulement par ses cheveux. Lady Godiva accepte, puis supplie les habitants de se barricader dans leurs maisons et de fermer les volets des fenêtres afin de préserver son honneur. Seul un tailleur, Peeping Tom, désobéit et guigne ; il en perd la vue. Impressionné par le sacrifice et la détermination de sa femme, Léofric renonce à la taxe, et Lady Godiva est fêtée par toute la population. Dans le film, tourné aux studios Vitagraph de Flatbush à Brooklyn (New York), on aperçoit brièvement la comtesse nue sur son cheval, puis la caméra reste longuement sur une famille qui prie pour son salut à l’intérieur d’une maison. Sur le plan strictement historique, Godiva et Léofric (un des plus puissants barons d’Angleterre) sont surtout connus pour avoir très généreusement contribué à la fondation du monastère bénédictin de Coventry, détruit en 1016 par les Danois.
1912Life of Saint Patrick : From the Cradle to the Grave (GB/US) de J. Theobald Walsh
Photo-Historic Motion Picture Company, Dublin/New York, 4 bob./552 ft.
Au Ve siècle, Patrick, un jeune chrétien écossais, fils d’un décurion, est enlevé et réduit en esclavage par des pirates irlandais ; il leur échappe, entre dans les ordres, est ordonné évêque et revient des années plus tard christianiser l’Irlande, succédant à Palladius qui, le premier, évangélisa l’île. Il chasse les serpents de l’Île Verte.
Annoncée dans la presse comme un « Deuxième Jeu de la Passion », cette hagiographie est réalisée notamment sur les rives des lacs de Killarney et au St. Kevin’s Oratory à Dublin. La publicité de l’époque précise qu’il s’agit d’« un film authentiquement irlandais, écrit et produit par un Irlandais, filmé sur les lieux mêmes où a enseigné l’apôtre, joué par des paysans irlandais habillés de costumes historiques fabriqués en Irlande ». Que dire de plus ? Un spectacle particulièrement prisé chaque année pendant la fête de Saint Patrick à Dublin, à Belfast, à Cork – et à New York.
1920In the Days of Saint Patrick / Aimsir Padraig (GB/IR) de Norman Whitten
Norman Whitten/General Film Company of Ireland-Janion Ltd. (Dublin), 1360 m./5 bob./69 min. – av. Ira Allen (saint Patrick), J. B. Carrickford (saint Martin), George Braime (le pape Célestin Ier, 422/432), George Griffin (Laoghaire, Grand-Roi d’Irlande), Vernon Whitten (saint Patrick à 10 ans), Gilbert Green (saint Patrick à 16 ans), Alice Cardinall (Concessa, sa mère), Patrick McDonnell (son père adoptif), Alice Keating (Lupita, sa sœur de lait), Dermot McCarthy (Calpurnius), Ernest Matthewson (l’évêque Tussach), Maude Hume (la reine), Herbert Mayne (Gornias, l’ermite aveugle), T. O’Carroll Reynolds (le pirate Niall of The Nine Hostages), Eddie Lawless (Milcho, roi de Dal Riada), C. Byrne (Benignus).
Le film le plus ambitieux réalisé en Irlande à l’époque du muet retrace la vie du saint patron de l’île, de son enfance au pays de Galles (où il accomplit ses premiers miracles) à son enlèvement par des pirates avec sa sœur de lait Lupita, son rachat au marché d’esclaves par Milcho, roi de Del Riada, qui l’engage comme gardien de porcs. Après six ans d’esclavage, il parvient à s’évader, suivant les indications des anges qui l’amènent à un navire de marchands à Killala Strand. Il étudie à Marmoutier, en France, et le pape Célestin à Rome l’ordonne évêque. Patrick retourne alors en Irlande, où il commence par domestiquer les serpents, puis rend visite à son ancien maître Milcho, vieillard si terrifié par la nouvelle religion qu’il boute le feu à sa demeure. Suivent la conversion du roi d’Irlande Laoghaire à Tara, la tentative d’assassinat par empoisonnement fomentée par les druides du roi et la destruction du grand sanctuaire celte de Mag Slecht. L’épilogue consiste en diverses vues de mémorial, le tombeau à Downpatrick, la dévotion des pèlerins à Croagh Patrick, la cathédrale d’Armagh, etc.
1920Lady Godiva / Das Opfer der Lady Godiva (Lady Godiva) (DE) de Hubert Moest
Walter Caspary/Ass-Film (Berlin), 6 actes/1920 m. – av. Hedda Vernon (Lady Godiva), Toni Zimmerer (John Dryer), Eduard von Winterstein (le comte Léofric de Mercie), Hedwig Pauly-Winterstein (Lady Highbury, la maîtresse du comte), Wilhelm Diegelmann, Ernst Deutsch, Gertrud Welcker.
Synopsis : Le comte Léofric, tyran sans scrupules, épouse Lady Godiva de force, alors qu’elle est fiancée avec John Dryer, un architecte qui a œuvré à la construction du tout nouveau château de Coventry. Léofric maltraite son épouse qui se refuse à lui et exige l’emprisonnement de Dryer ; ce dernier étant introuvable, Léofric menace d’incendier toute la ville – à moins que son épouse ne se promène nue dans les rues. Lady Godiva s’exécute. Dryer réapparaît pour recouvrir de sa cape celle qu’il aime au moment où Léofric veut la déshonorer. L’architecte est mis à mort, mais le château à un grave défaut de construction et il s’effondre, ensevelissant sous les décombres Léofric, sa maîtresse, Lady Highbury, et toute sa cour de débauchés ; son épouse, en revanche, peut se sauver à temps grâce à l’aide du bouffon, un rebelle ami de Dryer.
L’Allemagne ayant mauvaise presse après le conflit mondial, ce film est distribué sans mention d’origine ni générique en France par Kaminsky et aux États-Unis par Pathé. Les décors sont signés Hans Dreier (qui donne son nom à l’architecte fictif du film), le futur décorateur de Lubitsch, Sternberg et DeMille à Hollywood.
1928Lady Godiva (GB) de George J. Banfield et Leslie Eveleigh
Série « Ghosts of Yesterday », British Filmcraft, 1580 ft. /510 m. – av. Gladys Jennings (Lady Godiva), Roy Travers (le comte Léofric de Mercie), Syd Ellery (Peeping Tom).
1941[episode:] This England (Our Heritage) (GB/US) de David MacDonald
John Corfield/British National Film Ltd.-Anglo American Film Corp. Ltd., 84 min. – av. Constance Cummings, Emlyn Williams (Appleyard), Martin Walker (un baron normand), Roddy McDowall (Hugo, son fils), John Clements (Rookeby, un fermier), David Wyndham (un forgeron saxon), John Warwick (un Normand).
Film de propagande destiné à rehausser le moral des Anglais sous les bombes nazies et célébrer leur esprit de résistance farouche face à tout envahisseur. L’action se déroule à plusieurs périodes historiques dans le petit village fictif de Claverly Down, notamment (premier épisode) en 1086 sous les Normands. Lorsqu’un baron normand récemment installé s’apprête à faire périr sur le bûcher un membre du clan saxon Appleyard, la population locale se révolte et tue le tyran. Hugo, son jeune fils, lui succède et devient un seigneur tolérant.
1947[La Conquête de l’Angleterre (FR) de Roger Leenhardt, 20 min. – Documentaire en couleurs : la conquête par Guillaume de Normandie racontée à partir de la tapisserie de Bayeux.]
1949® The Ghost Talks (US) de Jules White. – av. Nancy Saunders (Lady Godiva).
1953(tv) Trial at Tara (US) d’Arthur Pierson
« Father Payton’s Family Theatre » Films-Family Rosary Crusade-Roland Reed Productions, Hollywood (Syndicated 17.3.53), 31 min. – av. Richard Hale (saint Patrick), Leif Erickson (Laera, roi d’Irlande), Jeanne Cagney (la reine Engussa), Rhys Williams (l’archidruide), Peter Miles (Benignus), Pat O’Malley (Caplat), Tudor Owen (Cormac), Kirby Grant (Clément), John Doucette (Fergus-og), Stephen Roberts (Lomond), William Haade (Mantan), Tom Browne Henry (Lochru), Leslie O’Pace (Lucath), Todd Karns (Paul), Wendy Howard (Eithne), Kathleen Case (Felimia), Herry Lauter (Fiacc Mac Dega), Walter Coy (Conall), Leonard Penn (Duff), John Dierkes (Brian), Anthony Joachim (Crimmon), William Bakewell (Ciaran), Nolan Leary (Neil).
Irlande en 433 : saint Patrick se défie des druides et introduit le christianisme dans l’Île Verte. Une hagiographie dégoulinante de saint Patrick (scénario : Fred Niblo Jr.) produite par le père Patrick Payton (« Family Theatre ») de la Congrégation de la Sainte Croix et destinée aux circuits catholiques.
1954(tv) The Road to Tara (US) d’Albert McCleery
Série « The Hallmark Hall of Fame » no.103 (NBC 14.3.54). – av. Patrick O'Neal (saint Patrick), Lois Hall.
Saint Patrick explique le christianisme aux druides.
1955Lady Godiva / Lady Godiva of Coventry (Madame de Coventry / Par la chair et par l’épée) (US) d’Arthur Lubin
Robert Arthur/Universal-International, 89 min. – av. Maureen O'Hara (Lady Godiva), George Nader (le comte Léofric de Mercie), Eduard Franz (Edouard le Confesseur), Leslie Bradley (Eustache II, comte de Boulogne), Victor McLaglen (Grimald), Torin Thatcher (Godwin, comte du Wessex), Rex Reason (son fils Harold, futur roi saxon), Alec Harford (Tom le tailleur, dit Peeping Tom), Thayer Robert (Guillaume, duc de Normandie), Henry Brandon (Bejac), Arthur Shields (l’aubergiste), Robert Warwick (Humbert), Grant Withers (Pendar), Arthur E. Gould-Porter (Thorold), Kathryn Givney (l’abbesse), Anthony Eustrel (le prieur), Sim Iness (Oswin), Clint Eastwood (Alfred the Fletcher, un Saxon).
Synopsis : En 1040, Edouard le Confesseur, souverain labile et influençable, cherche un successeur. Son ministre Eustache favorise les Normands, car il prépare en secret avec Guillaume la conquête de l’Angleterre. De leur côté, les Saxons sont divisés ; leur chef, le comte saxon Léofric, a épousé la belle Godiva, fille d’un magistrat du Lincolnshire, au lieu de la princesse normande Yolande que lui destinait le roi. Il suscite ainsi l’ire du comte Eustache qui, lui, comptait sur cette union stratégique pour réaliser ses plans. Au cours des guerres de factions, Léofric et son épouse sont capturés par les Normands. Eustache accuse la jeune femme à tort d’adultère avec Harold, le jeune fils de Lord Godwin, rival saxon de Léofric. Pour sauver la tête de son époux, Lady Godiva accepte fièrement d’être publiquement déshonorée, promenée en costume d’Ève, vêtue de ses seuls cheveux à travers les rues de Coventry ; sa très longue chevelure voile sa nudité. La population déserte pudiquement les rues et ferme les volets pour marquer son soutien (seul Tom le Tailleur, dit « Peeping Tom », guigne par un trou, ce qui lui coûtera la vue). Léofric empêche Eustache d’assassiner le roi, tue le félon, met en fuite ses partisans et retrouve son épouse réhabilitée par l’opinion publique. La menace normande est ainsi – momentanément – éloignée.
Le scénario passablement bavard d’Oscar Brodney se détourne de la simple légende (cf. film de 1911) pour ancrer son récit dans un contexte politique plus concret, soit seize ans avant l’arrivée de Guillaume le Conquérant. Rudolph Maté, qui signa l’épatant The Black Shield of Falworth (Le Chevalier du Roi) l’année précédente, était initialement assigné à la réalisation et Jeff Chandler devait jouer Léofric. Hélas, c’est Arthur Lubin, technicien sans états d’âme, qui hérite du projet. Son travail de routine mérite un bref coup d’œil pour Maureen O’Hara, l’hégérie irlandaise de John Ford (The Quiet Man), une rousse au tempérament de feu qui domine sans peine toute l’entreprise ; elle malmène avec humour les arrogants Normands et fait le sacrifice de sa pudeur en maillot de nylon très collant. La bande est confectionnée en Technicolor en septembre-octobre 1954 sur le backlot des studios Universal baptisé « Court of Miracles » à Universal City, soit dans les restes du décor médiéval du Hunchback of Notre-Dame muet de Wallace Worsley (1923) et en extérieurs dans le ranch de Rowland V. Lee à Chatsworth. Amusante coïncidence « hugolienne », Maureen O’Hara fut une mémorable Esmeralda dans le Quasimodo de William Dieterle en 1939. Mimant un Saxon, le jeune Clint Eastwood fait de la figuration. – DE, AT : Die nackte Geisel.
1956(tv) William the Conqueror (US) de Dave Butler
Série « Captain Z-Ro », saison 1, épis. no. 24, Kathleen K. Rawlings/W. A. Palmer Films Inc. (ABC 27.5.56), 26 min. – av. Roy Steffens (captain Z-Ro), Bruce Haynes (Jet), Sydney Walker (Guillaume de Normandie), Mark Sheeler (Guy de Bourgogne), Richard Glyer (Grenault du Plessis), Roy Franklin (Jean / un baron normand), Jack Cahill (Tetro).
Voyage dans le temps : Le 12 octobre 1046, dans un pavillon de chasse près de Boulogne, Guillaume de Normandie échappe à une tentative d’assassinat ourdie par son hôte, Grenault du Plessis ; un obscur bouffon fait capoter le complot. Le Captain Z-Ro enquête sur place… Série de science-fiction pour la jeunesse créée par Roy Steffens.
1956(tv) King Alfred : England’s Defeat of the Danish Hordes (US) de Dave Butler
Série « Captain Z-RO », saison 1, épis. no. 26, Kathleen K. Rawlings, Florence Dieves/W. A. Palmer Films, Inc. (ABC 10.6.56), 26 min. – av. Sydney Walker (Alfred de Wessex / Guthram, roi Viking), Roy Franklyn (Denewulf), Shaffer Fulton (un espion danois), Roy Franklin (Hinguar), Bruce Haynes (Jet), Roy Steffens (Captain Z-RO).
Voyage dans le temps : Abandonné par ses barons et réfugié dans les marais du Somerset, le roi Alfred déjoue les manœuvres des espions vikings qui cherchent à l’assassiner et, encouragé par ce succès, décide de convoquer ses soldats à Ecgbryhtesstan (Egbert’s Stone), d’où il remportera la victoire d’Ethandun/Edington. Le capitaine Z-ro et son assistant Jet lui prêtent main forte. Une série ultra-naïve de science-fiction pour la jeunesse créée par Roy Steffens.
Ragnar et son fils Einar se réjouissent de la belle prise : une princesse anglaise (Ernest Borgnine, Janet Leigh, Kirk Douglas, The Vikings, 1958).
1958***The Vikings (Les Vikings) (US) de Richard Fleischer
Kirk Douglas, Lee Katz, Jerry Bresler/Bryna Productions S.A.-Bavaria Film-Curtleigh Productions-United Artists, 116 min. – av. Kirk Douglas (Einar), Tony Curtis (Eric), Ernest Borgnine (Ragnar Lothbrok, leur père), Frank Thring (Aella, roi de Northumbrie), Janet Leigh (Morgana, princesse de Galles), James Donald (Lord Egbert de Northumbrie, cousin d’Aella), Alexander Knox (le père Godwin), Maxine Audley (la reine Enid de Northumbrie), Eileen Way (Kitala la devineresse), Edric Connor (Bécasse/Sandpiper, l’esclave noir muet), Dandy Nichols (Bridget, servante de Morgana), Per Puckhøj (Björn Ironside/Côte-de-Fer), Almut Berg, Peter Capell, Kelly Curtis, Peter Douglas, Georges Guérat, Rico Lopez, Orson Welles/Yves Montand (narration v.o./v.f.).
Synopsis : Au IXe siècle, au cours d’un raid en Northumbrie, le chef viking Ragnar Lothbrok tue le roi Edwin et viole la reine Einid. Le couple royal étant sans descendance, c’est leur cousin sournois Aella qui s’empare du trône. Lorsqu’Einid confesse au père Godwin qu’elle attend un enfant, le chanoine, prudent, lui permet d’accoucher secrètement et éloigne le nourrisson, qui disparaît peu après, enlevé par les Vikings. Vingt ans plus tard Aella annonce son intention d’épouser Morgana, princesse de Galles, afin de réunir leurs deux royaumes et faire barrage aux envahisseurs du Nord. Il accuse aussi son cousin, Lord Egbert, d’être l’allié des Vikings et le fait jeter en prison, mais celui-ci s’évade et gagne la Norvège avec Ragnar et ses hommes. Ragnar est accueilli par son fils Einar, un guerrier violent et ambitieux qui se montre aussitôt hostile à l’Anglais. Eric, un esclave capturé alors qu’il était enfant, interrompt une partie de chasse d’Einar qui l’apostrophe avec morgue ; lors de l’altercation, Eric lance son faucon sur Einar qui en perd un œil. Condamné à mourir dévoré vivant par les crabes sur le rivage tandis que les Vikings fêtent le retour de Ragnar par un grand banquet, Eric est sauvé grâce à l’intervention miraculeuse de la devineresse Kitala et de ses prières à Odin, les runes ayant condamné quiconque oserait toucher à Eric ; le vent tourne, la marée recule. Lord Egbert délivre l’esclave insolent et le clame comme sa propriété, ayant découvert autour de son cou le bijou donné jadis par la défunte reine Enid à son fils illégitime. Il réalise ainsi qu’Eric est le bâtard de Ragnar et donc le demi-frère d’Einar. Entre-temps, le navire gallois transportant la princesse Morgana est attaqué par le drakkar d’Einar. La princesse chrétienne est enlevée, mais lorsque son ravisseur, ivre, tente de la violer, au risque de perdre la rançon substantielle qu’il compte exiger d’Aella, Eric l’assomme. Accompagnés de la devineresse et de quelques esclaves, Eric et Morgana s’enfuient à bord d’une embarcation volée et atteignent les rives de l’Angleterre grâce à une boussole primitive. Ragnar se lance à leur poursuite, mais son drakkar s’échoue sur les récifs et Eric le livre à Aella en échange de la liberté de Morgana, qu’il aime. Aella fait jeter Ragnar dans une fosse de loups affamés, mais Eric, désobéissant au roi, lui donne auparavant une épée afin qu’il puisse entrer au Valhalla en guerrier. Furieux, Aella coupe la main gauche d’Eric et le laisse errer en mer sur une petite barque. Eric parvient à regagner la Norvège où il vante la mort vaillante de Ragnar et convainc Einar d’oublier momentanément leur haine mutuelle et de monter une vaste expédition pour s’emparer du château d’Aella et venger son père. La place forte est prise, Aella est jeté aux loups. Alors qu’Einar cherche son rival pour le tuer, le père Godwin lui révèle qu’il est son frère. Einar ignore ces propos, mais au cours du vertigineux combat singulier au sommet du donjon, son hésitation à frapper Eric le perd : ce dernier le transperce du bout de son épée brisée. Les Vikings rendent hommage au grand disparu en incendiant son drakkar funéraire qui s’éloigne vers l’horizon. Eric montera sur le trône de Northumbrie avec Morgane.
Janet Leigh et Frank Thring (le roi Aella de Northumbrie) dans « The Vikings » (1958).
 Aella (ou Aelle) est un authentique roi anglo-saxon qui a usurpé le trône de Northumbrie vers 862 ; selon la Chronique Anglo-saxonne, il serait décédé quatre ans plus tard, vaincu et tué au combat devant York par les Vikings de la Grande Armée Païenne, le 21 mars 867. Les sagas norroises affirment qu’Aella aurait antérieurement fait mettre à mort le chef scandinave Ragnar Lothbrok/Lodbrök (ou Ragnar aux Braies Velues), roi semi-légendaire de Suède et de Danemark, en le faisant jeter dans une fosse remplie de vipères. Selon le Knútsdrápa de Sigvatr Pórdarson (XIe siècle), l’attaque du château d’Aella en 867 aurait été conduite par trois fils de Ragnar, Ivar le Désossé, Ubbe et Halfdan Ragnarsson, pour venger leur père ; ils auraient ensuite fait périr le monarque par le supplice de l’aigle de sang (incision du dos jusqu’à l’extraction des poumons) et incorporé son royaume dans le Danelaw. Les exploits de Ragnar Lothbrok et de sa descendance figurent dans les sagas Ragnars saga Lodbrókar et Ragnarssona páttr (Le Dit des fils de Ragnarr) (XIIIe s.) ainsi que dans le Gesta Danorum de Saxo Grammaticus (XIIe s.). C’est dans ce corpus d’anciennes chroniques que puise le best-seller The Viking d’Edison Marshall, roman paru à New York en 1951 – et dont l’acteur-producteur Kirk Douglas rachète les droits pour sa société, Bryna. Le romancier Calder Willingham, qui vient de collaborer à Paths of Glory (Les Sentiers de la gloire) de Stanley Kubrick, se charge du scénario (on retrouvera son nom au générique de Little Big Man d’Arthur Penn en 1970).
Douglas confie l’entreprise et sa logistique à Richard Fleischer, avec lequel il a déjà tourné 20'000 lieues sous les mers (1954) pour Disney. Ce que Hollywood doit à cet artisan virtuose, capable de diriger avec style, vigueur et efficacité une armée de techniciens, des hordes de figurants, mais aussi des stars capricieuses n’est plus à démontrer (Soylent Green, Barabbas, The Boston Strangler). Réputé pour son sens de l’espace, ses mouvements d’appareil euphorisants, il est ici puissamment aidé par Jack Cardiff, un des meilleurs chef-opérateurs du monde, magicien du Technicolor (il a signé les images inoubliables de La Comtesse aux pieds nus de Mankiewicz, d’African Queen de Huston, de War and Peace de Vidor, de The Red Shoes de Powell & Pressburger, de Pandora and the Flying Dutchman d’Albert Lewin, etc.). En tête d’affiche, évidemment, Kirk Douglas himself : blond, balafré et borgne, son Einar respire la sauvagerie. Aussi impétueux que charismatique, il est le seul Viking imberbe du film, et Marc Ferro salue dans sa prestation « un des grands moments de l’histoire du cinéma » (Cinéma, une vision de l’histoire, Paris, 2003, p. 29). D’entente avec son scénariste, la star a tiré la couverture à lui : Tony Curtis, qui exigeait le premier rôle (Eric est l’unique héros du roman de Marshall), doit se contenter d’être le pendant manchot de cette lutte fratricide aux allures de tragédie classique ; sa jeune épouse, Janet Leigh, incarne tendresse, pureté et douceur face à la férocité des envahisseurs. Brute joviale, le rire tonitruant, la dentition de rapace, Ernest Borgnine est un Ragnar bien en chair qui hurle « Odin ! » à l’instant du trépas (il joue le père de Kirk Douglas, alors qu’il est, dans la réalité, son cadet d’un mois). Quant au patibulaire Aella, il est campé idéalement par l’Australien Frank Thring, qui sera Ponce Pilate dans Ben Hur (1959) et Hérode Antipas dans King of Kings (1961).
L’authenticité étant de mise, Fleischer se livre personnellement à des recherches minutieuses au Vikingskipshuset (Musée des navires vikings) à Bygdøy près d’Oslo et au British Museum à Londres. Le travail purement documentaire du film – la reconstitution d’un mode de vie – est en effet exceptionnel pour 1958, son réalisme ethnologique plonge le spectateur dans un univers jamais exploré à l’écran avec autant d’acuité et d’enthousiasme, le tout en Technicolor et Technirama (le procédé scope de United Artists). L’introduction se fait à partir de segments animés de la tapisserie de Bayeux. Pour les extérieurs dans le sud-ouest de la Norvège, Fleischer loge acteurs, techniciens et principaux figurants sur deux grands navires-dortoirs qui peuvent se déplacer au gré des prises de vues. On érige un village viking à Kvinnherad (Hordaland) dans le fjord de Hardanger, non loin de Bergen, puis le travail se poursuit dans le voisinage (vallée de Gjetingsdalen, fjord de Mauranger, les chutes d’eau de Fureberg, le Naerøyfjord près de Balestrand), images complétées par des paysages en Croatie (Lim Fiord, îles Kornati/Stomorski) et en Bavière (Walchensee). La production a fait construire trois drakkars grandeur nature en chêne, manœuvrés par 200 rameurs provenant des clubs d’aviron de Fana et de Bergen. Le château de Northumbrie est déniché en Bretagne : la forteresse de Fort-la-Latte (Côtes-d’Armor) attire toute la figuration barbue entre Dinard et Saint-Malo. Les intérieurs se font aux studios Bavaria à Munich-Geiselgasteig (Grünwald), où Kubrick/Douglas ont filmé Les Sentiers de la gloire cinq mois plus tôt. Malgré un budget confortable (3,5 millions de $, Douglas n’ayant pas hésité à s’endetter pour mener son projet à bien). La réalisation, qui s’étire d’avril à octobre 1957, est difficile, en raison du mauvais temps norvégien – onze jours de soleil sur soixante – et surtout, à en croire Fleischer, de l’ego surdimensionné, de la muflerie et des humeurs dictatoriales de Douglas (dont Kubrick aura aussi à souffrir sur Spartacus).
Néanmoins, le résultat vaut la chandelle, car The Vikings demeure sans conteste un des chefs-d’œuvre du film d’aventures historiques, lyrique, flamboyant, brillamment conté. Il restitue sans complaisance ni jugement toute la violence transmise par les anciennes chroniques saxonnes et scandinaves, violence qui n’est cependant jamais une fin en soi (en matière de cruauté, les Anglo-Saxons ne sont pas en reste, et les croyances nordiques ne sont jamais ridiculisées) ; tous les personnages ont de l’étoffe, aucun n’est tout d’une pièce. L’amour-passion qu’éprouve Einar pour Morgana le désarçonne, comme la découverte d’un demi-frère, et l’intrusion de ces sentiments « humains » dans son univers martial précipite sa perte ; sous une forme allégorique, ses funérailles très émouvantes annoncent la décadence de toute une civilisation que Fleischer s’interdit de juger : il préfère de beaucoup « la constater en historien et se laisser fasciner par elle en poète » (Jacques Lourcelles, Dictionnaire du cinéma, Laffont, Paris, 1992, p. 1562). Le cinéaste compose des plans d’une rare splendeur picturale – les longs drakkars émergeant du brouillard bleuté des côtes anglaises, l’arrivée des navires dans les fjords éclatant de soleil, entourés de montagnes enneigées – et soigne en particulier la profondeur de champ (alors rare dans le format scope 2.35). Dynamisée par la partition exaltante de Mario Nascimbene, avec ses sons obsédants de corne de brume, l’attaque finale de la forteresse par les Vikings est un spectaculaire morceau de bravoure. Les agresseurs se servent du tronc d’un arbre déraciné et placé sur roues comme passerelle pour enjamber la douve, puis comme bélier pour enfoncer l’enceinte du châtelet ; une fois dans la barbacane, Einar escalade le pont levis haussé de l’enceinte intérieure grâce aux haches fichées dans le bois par ses guerriers, eux-mêmes abrités contre les flèches par une paroi de boucliers, etc. Certes, on pourrait pinailler sur le fait que les places fortes du IXe siècle étaient de bois et de terre levée, et non pas de pierre (Fort-la-Latte date au plus tôt du XIIIe s.) et qu’il est fort peu probable que des assaillants puissent s’en emparer sans le moindre matériel de siège, comme c’est le cas à l’écran, mais le dynamisme et l’originalité de la séquence balayent toute objection. On peut aussi regretter une collection d’idées reçues à propos des Vikings en général, ici une meute de soudards bruyants et avinés, de pillards sanguinaires, de barbares sans états d’âme (Ragnar viole la reine d’Angleterre, fait, lui aussi, peu probable), clichés surtout révélateurs d’un certain imaginaire collectif des XIXe-XXe siècles et servis à l’américaine. Le film est un succès mondial, tant critique que commercial (7,6 millions $ de recettes aux États-Unis et au Canada, troisième place au box-office annuel en Grande-Bretagne). Fleischer est nominé pour le prix du Directors Guild of America, son film décroche le Golden Laurel (Producers Guild Award) et Kirk Douglas remporte la Concha de Plata au festival international de San Sebastian. Pour l’anecdote, Jack Cardiff, devenu réalisateur, signera The Long Ships/Les Drakkars en 1964 avec Richard Widmark et Sidney Poitier, hommage à la fresque de 1958. Rappelons aussi qu’en 2013-2017, la télévision canado-irlandaise consacrera à Ragnar Lothbrok et à son ennemi anglais, le roi Aella, une mégasérie de 69 épisodes intitulée Vikings (cf. infra). – DE, AT : Die Wikinger, ES : Los vikingos, IT : I vichinghi.
1961*Gli invasori / La Ruée des Vikings (IT/FR) de Mario Bava
Ferruccio De Martino, Lionello Santi/Galatea Film S.p.A. (Roma)-Société Cinématographique Lyre « Criterion Film » (Paris), 98 min. – av. Cameron Mitchell (Eron/Iron), Giorgio Ardisson (Erik, duc de Helford), Françoise Christophe (la reine Alice), Helen Kessler (Daia), Alice Kessler (Rama, sa sœur jumelle), Folco Lulli (Harald, roi des Vikings), Andrea Checchi (le baron Ruthford), Jean-Jacques Delbo (Olaf), Franco Giacobini (Rustichello), Raf Baldassare (Blak l’archer), Enzo Doria (Bennet), Gianni Solaro (Ranco), Franco Ressel (le roi Lothar), Livia Contardi (Hadda), Joe Robinson (Garian).
Synopsis : En 786, le féroce baron Ruthford et ses séides anéantissement par surprise une colonie norvégienne installée paisiblement à Portland, sur les côtes du comté de Dorset, dont le chef, Harald, est tué. Le roi Lothar, venu inspecter ses troupes en compagnie de la reine Alice, retire à Ruthford son commandement pour n’avoir pas essayé de négocier avec les Vikings, mais le félon le fait assassiner. La reine découvre un des deux enfants de Harald, Erik le blond, et le recueille. L’autre frère, Iron le noiraud, a réussi à fuir le massacre et vingt ans plus tard, il mène l’expédition punitive contre les Anglais, le vieux chef Olaf étant trop âgé. Il laisse derrière lui la prêtresse Daia, son amour dont la vie est consacrée au dieu Odin. Au château de la reine Alice, Erik, élévé comme un prince anglais, est nommé commandant de la flotte du royaume au grand dépit de Ruthford, mais lors de la bataille en mer, ses navires sont incendiés par un traître à la solde de Ruthford. La reine Alice refusant d’épouser Ruthford, celui-ci livre le château aux Vikings. Iron le nomme régent et repart pour la Norvège en prenant la reine comme otage. Naufragé et soigné par la belle Rama, sœur jumelle de Daia, Erik délivre sa mère adoptive et les trois gagnent l’Angleterre où la reine Alice, secondée par des alliés écossais, marche sur son château afin de le reprendre à Ruthford. Mais l’armée viking les a devancés. Erik et Iron se battent en duel, mais reconnaissent leur parenté par le tatouage de dragon qu’ils portent sur la poitrine et se réconcilient. Ruthford fait tuer Iron par une flèche. Erik prend la forteresse d’assaut, escalade la tour de bois où est détenue Daja qu’il sauve de l’horrible mécanisme qui devait la livrer à la morsure mortelle d’une mygale. Les Vikings envahissent les lieux, Ruthford périt criblé d’une dizaine de flèches. Erik, devenu chef, repart avec Rama tandis que Daia reste auprès de la dépouille d’Iron sur un drakkar en flammes.
Il s’agit d’un démarquage avoué de The Vikings de Richard Fleischer, réalisé trois ans plus tôt (jusqu’à l’ascension finale de la forteresse, effectuée ici non pas à l’aide de haches mais de flèches). Cependant, si le script ne brille pas par son originalité et que les coiffes, heaumes ou broignes sont carrément fantaisistes, le ton et le style visuel très insolite du film valent le détour : Mario Bava, chef-opérateur de génie passé peu auparavant à la réalisation, aborde ici son troisième film, et le deuxième en costumes, après le succès international de ses vampires dans le fabuleux La maschera del demonio (Le Masque du démon) en 1960 et le péplum Ercole al centro della terra l’année suivante. En plus, Bava assume lui-même la photo et les trucages (miniatures, matte paintings). Le tournage en Dyaliscope et Technicolor a lieu d’août à octobre 1961 sur les plages de Lavinio Lido di Enea au nord d‘Anzio, autour du château de Torre Astura, dans la réserve naturelle de Tor Caldara, aux studios Titanus Appia à Rome et dans le bassin de Cinecittà. En tête d’affiche, le muscle-man américain Cameron Mitchell et les sœurs jumelles Kessler, des danseuses allemandes alors très réputées. Le film crépite de combats et de poursuites au montage nerveux, le tout rehaussé par une description graphique de la violence facilement sadique qui annonce l’italo-western (une mère et son nourrisson transpercés par un javelot) ainsi qu’une utilisation surprenante des éclairages à contre-jour et de couleurs violemment contrastées (rouge-cramoisi au néon, bleu cobalt glacé, verts pommes et cieux orangés) propres à créer un certain onirisme. Débordant d’imagination, Bava parvient à fignoler une bataille navale entièrement en studio, sans drakkars ! Le film est un succès international, rapportant rien qu’en Italie le double de ses coûts relativement modestes (soit 326’300'000 lire). – US : Erik the Conqueror / The Invaders, GB : Fury of the Vikings, ES : La furia de los vikingos, DE : Die Rache der Wikinger / Das Königsmal (vd)
1962I Normanni / Les Vikings attaquent (IR/FR) de Giuseppe Vari
Nello Santi/Galatea Film (Roma)-Société Cinématographique Lyre (Paris), 91 min. – av. Cameron Mitchell (le duc Wilfred le Saxon), Geneviève Grad (Svetania), Ettore Manni (Olivier d’Anglon), Philippe Hersent (Olaf) Piero Lulli (Barton), Paul Muller (Thomas), Gianni Solaro (le roi Dagobert de Wessex [=Egbert le Grand]), Raf Baldassare (Dag), Franca Bettoja (la reine Patricia), Rinaldo Zamperia (William), Gilberto Galimberti (Wilfred, le bourreau), Toni Di Mitri (James), Pietro Marescalchi (Thor).
Au début du IXe siècle, la tribu normande d’Olaf trouve l’hospitalité dans le vaste domaine du comte Olivier d’Anglon, sujet du roi anglais Dagobert de Wessex (Egbert le Grand, 802-839). Le duc saxon Wilfred, neveu ambitieux du roi, fait enlever son oncle par des mercenaires déguisés en Normands et accuser Olivier d’Anglon d’avoir fomenté l’agression. Condamné à la pendaison, Olivier est sauvé grâce à un stratagème conçu par Svetania, la fille d’Olaf qui l’aime secrètement. Wilfred enferme le vieux roi dans les souterrains du château d’Olivier où il le fait torturer afin d’apprendre la cachette du trésor de la Couronne. Dagobert résiste, même lorsque le félon menace de tuer Svetania, qui est en réalité la propre fille du roi (de son premier mariage), disparue en mer et adoptée jadis par Olaf. Olivier délivre père et fille, mais seule cette dernière trouve l’énergie de rallier Olaf et de l’inciter à prendre le château d’assaut. Olivier tue Wilfred, épouse Svetania, et le roi Dagobert, entouré de Normands et d’Anglais fidèles, proclame l’égalité des droits pour tous. Il donne de nouvelles terres aux courageux hommes du Nord.
Le légendaire Mario Bava contribue à cette fort modeste (et banale) entreprise en créant les « matte paintings » pour le château fort saxon ; certaines images de bataille sont d’ailleurs empruntées à Gli invasori (1961) du même Bava, également interprété par Cameron Mitchell. De l’ouvrage vite oubliée, filmée en Eastmancolor et Dyaliscope à Buie (Yougoslavie) et aux studios Titanus Farnesina à Rome. – DE, AT : Die Normannen, US : Attack of the Normans.
1965(tv) The Time Meddler (Le Manipulateur temporel) (GB) de Douglas Camfield
Série « Doctor Who », saison 2, épis. 9, Verity Lambert/BBCtv (BBC 3.-24.7.65), 4 x 25 min. – av. Peter Butterworth (le moine), Alethea Charlton (Edith), Peter Russell (Eldred), Michael Miller (Wulnoth), Michael Guest (le chasseur saxon), Geoffrey Cheshire (le chef des Vikings), Norman Hartley (Ulf), David Anderson (Sven), Ronald Rich (Gunnar le Géant), William Hartnell (le Docteur), Maureen O’Brien (Vicki), Peter Purves (Steven Taylor).
Voyage dans le temps (science-fiction uchronique) à l’aube de la bataille de Hastings en 1066, près des côtes saxonnes peu de temps avant que Harold II d’Angleterre repousse l’invasion des Vikings. Tournage aux studios de Pinewood. – Episodes : 1. « The Watcher » – 2. « The Meddling Monk » – 3. « A Battle of Wits » – 4. « Checkmate ».
1965(tv) Hereward the Wake [Hereward le Proscrit] (GB) de Peter Hammond (1,2,3,4,5,6,7,8,13,14,15,16), William Hobbs (2,3), Joan Craft (9,10,12,11), George Merritt (1,9)
Campbell Logan/BBCtv (BBC1 12.9.-26.12.65), 16 x 25 min. – av. Alfred Lynch (Hereward le Proscrit), Isobel Black / Yvonne Furneaux (Torfrida, son épouse), George Howe (Edouard le Confesseur), Pamela Reed (la reine Edith au Col-de-Cygne, son épouse), John Carson (le roi Guillaume de Normandie), Marian Glym-Evans (la reine Mathilde de Flandre, son épouse), Peter Arne (le roi Harold de Wessex), John Kidd (le comte Godwin, son frère), Dorothy Reynolds (Lady Godiva), Tony Steedman (le comte Léofric de Mercie), Trudy Moors / Justine Lord (Alftruda), Bryan Pringle (Martin Lightfoot), Francis De Wolff (Gilbert de Ghent), David Swift (Herluin), Jonathan Hansen (Sir Ragnar), William Hobbs (Sir Frotho), Nicholas Edmett (Sir Edgar), Jean Aubrey (la princesse Astrid de Cornouailles), Lavender Sansom (Lise), Clemence Bettany (Leonie), John Sharp (le roi Alef), Nicola Pagett (la princesse Anja), Alethea Charlton (Gunhilda), Roger Brierley (Wolfric le Héron), David Neal (Ranald de Ramsey), Michael Miller (Horsa), Paul Williamson (Tosti Godwinsson), Kate O’Mara (Richilda), Kenton Moore (Jarl), John Harvey (l’abbé Thurstan), George Coulouris (Thord Gunlaugsson), George Merrit (Surturbrand), Peter Williams (le roi Sweyn), Alan Lake (Edwin), Elizabeth Knight (Constance), Godfrey James (Svend), Desmond Newling (Olaf), Clive Graham (Sire Raoul de Célignat), Alan Rowe (Ivo Taillebois de Spalding), David Swift (le prieur Herluin), John Ringham (Wilton of Ely), Tom Harnison (Sir Ascelin of St. Valeri), Graham Roberts (Sir Robert de Herepol), Graham Tennant (Oger le Breton), Raymond Llewellyn (Leofwyn), Ian Paterson (Dolfin), Walter Sparrow (Trewint), Aimée Delamain (Lapp Nurse), Douglas Milvain (Asbjörn), John Collin (Mor Winter), Peter Needham (Gwenoch), Peter Stephens (Thorold), Eric Francis (Yway), Bernard Finch (frère Simon), Arthur Cox (Pery), John Wentworth (l’abbé Brand), Margaret John (Judith), Gilbert Wynne (Morcar), Margaret Vines (Gyda), Patrick Holt (l’abbé de St. Bertin), Raymond Platt (Arnoul), Milton Johns, Marie Adams et Donald Eccles (des sorcières), Archie Duncan (Ironhook, le géant cornu), Michael Bilton (Ursas), Michael Miller (Horsa), John Baker, Christopher Hodge et Toke Townley (des prêtres), Gilbert Wynne (narration).
Un scénario d’Antony Stevens tiré du roman Hereward, the Last of the English de Charles Kingsley (1865), un récit hautement romantique qui fait de Hereward le fils de Léofric, comte de Mercie, et de la légendaire Lady Godiva (affirmation repoussée par les historiens) ; le roman, très populaire, a déjà fait l’objet de plusieurs feuilletons radiophoniques à la BBC (1931, 1944, 1961). – A la fin du règne d’Édouard le Confesseur, le comte anglo-saxon Hereward dit « the Wake » (l’Éveillé, l’Exilé ou le Proscrit), un jeune homme bouillant et tête brûlée, est déclaré hors-la-loi à la demande de son propre père et quitte le pays pour vivre diverses aventures en Cornouailles, en Irlande et en Flandre. En 1069, il revient toutefois pour combattre Guillaume le Conquérant après avoir découvert la brutalité du régime normand. Son frère ayant été tué par les Normands, il se venge avec une poignée de rebelles et son ami Martin Lightfoot en livrant une guérilla longue et sans espoir contre les envahisseurs tyranniques depuis leur camp retranché sur l’île d’Ely, dans les marécages des Fens (Lincolnshire). Il y finit trahi non seulement par ses alliés mais par ses propres faiblesses (les intrigues de la comtesse Alftruda, qui le sépare de Torfrida, son épouse flamande, et le pousse à pactiser avec Guillaume le Conquérant). Il périt assassiné par des chevaliers normands en 1071.
Enregistrée sur les côtes anglaises, à Hartland Moore et dans le domaine d’Encombe (Dorset), puis aux studios BBC de Shepherd’s Bush, cette série dominicale (aujourd’hui perdue) est en priorité le travail de Peter Hammond, un des meilleurs téléastes de la maison dans la catégorie « récits d’aventures », responsable notamment d’un Count of Monte Cristo en douze épisodes avec Alan Badel (1964), d’un très dynamique The Three Musketeers avec Jeremy Brett en d’Artagnan (1966) et des meilleurs épisodes de The Avengers (Chapeau melon et bottes de cuir). Pour Hereward, il décroche le Drama Director’s BAFTA Award 1965. Selon la Gesta Herewardi rédigée au XVe siècle par Ingulf de Croyland, l’authentique Anglo-Danois Hereward (v.1035-?), si tant est qu’il ait vraiment existé (certains le considèrent comme le modèle historique de Robin des Bois), aurait effectivement été un des chefs de la résistance anglaise contre Guillaume le Conquérant. Son repaire sur l’île d’Ely, défendu par des hommes du roi danois Sven Estridsen, aurait été pris par les Normands, mais Hereward aurait pu s’échapper dans les marécages sauvages d’où il aurait poursuivi le combat. En vieil anglais, Hereward signifie « responsable de soldats ».
Episodes : 1. « Forfeit for Eternity » – 2. « A Single Blow » – 3. « The Brain Biter » – 4. « A Champion’s Reward » – 5. « The Sorceress of St. Omer » – 6. « The Court of Love » – 7. « The Wind Blows » – 8. « Death Of A King » – 9. « The War Arrow » – 10. « The Art of War » – 11. « The Broken Promise » – 12. « Live and Die » – 13. « The Burning of the Golden Borough » – 14. « Face to Face » – 15. « The King’s Vengeance » – 16. « The Last of the English ».
1966(tv) A Choice of Kings (GB) de John Frankau
« ITV Play of the Week », Peter Willies/ITV (ITV 11.10.66), 65 min. – av. Michael Craig (Harold Godwinson de Wessex), Julian Glover (Guillaume le Conquérant), Peter Jeffrey (Odo, évêque de Bayeux, demi-frère de Guillaume), John Bailey (Fitzobern), Christopher Guinee (le chancelier Theobald), Barbara Ewing (la reine Edith au Col-de-Cygne, épouse de Harold), Michael Wennink (Wolfnoth, frère de Harold), Amaryllis Garnett (Judith de Balbec, cousine de Harold), James Mellor (Roger de Montgomery), Trevor Martin (Guy, comte de Ponthieu), Suzanne Togni (Agatha, fille de Guillaume), Daphne Goddard (sa nurse).
En 1064, alors qu’Édouard le Confesseur se meurt, Harold Godwineson, comte de Wessex, et Guillaume le Bâtard se rencontrent en France, à Rouen, pour discuter de la succession. La confrontation entre « le lion » Harold » et « l’aigle » Guillaume tourne au vinaigre : Harold propose au Normand d’être son second, mais Guillaume le fait emprisonner. Pour obtenir sa liberté, Harold s’engage oralement à reconnaître Guillaume comme suzerain, sans se douter que son serment s’est fait devant une table qui cachait une sainte relique, et que son engagement ne peut donc plus être renié. – Une étude de caractère entre deux tempéraments fondamentalement opposés : Guillaume, rusé, champion de la « Realpolitik », l’emporte sur un adversaire batailleur et bon vivant. Le scénario de John Mortimer a été commandité pour célèbrer les 900 ans de la bataille de Hastings et filmé aux studios de Pinewood.
1966(tv) Conquest – 1. The Encounter – 2. The Leopard and the Dragon (GB) de Michael Hayes
« Theatre 626 », Michael Bakewell/BBC (BBC Two 29+30.10.66), 2 x 90 min. – av. Barrie Ingham (Harold II Godwinson de Wessex), Donald Eccles (le roi Edouard le Confesseur), Alan Dobie (Guillaume de Normandie), Malcolm Webster (Gurth), Frederick Jaeger (Tostig), Sebastian Breaks (Leofwine), Michael Pennington (Wulfnoth), Christian Roberts (Hakon), Hamilton Dyce (Stigand, archevêque de Canterbury), Arthur Pentelow (Aldred, archevêque de York), Michael Rose (Wulfstan, archevêque de Worcester), Janet Suzman (Edith Swan-Neck/au Col-de-Cygne), Jane Wenham (Mathilde de Flandre), Nike Arrighi (Adela, fille de Guillaume), Bernard Hepton (Guy de Ponhieu), John Nettleton (Odo, évêque de Bayeux), Gordon Whiting (Robert de Mortain), Peter Halliday (Sir William Mallet), David Garfield (Walter Fitz Osborn), Donald Layne-Smith (Gilbert de Lisieux), Peter Woodthorpe (Grimketel), Noel Johnson (Morcar), John Sharp (Alferic), George Selway (Robert Fitzwymarc), John Cater (Ailred), Terence Lodge (Maigrot), Bernard Hepton (Osgood), Keith Buckley (Beorn), John Greenwood (Roger of Montgomery), Joby Blanshard (Eustace de Boulogne), Timothy Bateson (Turold, un pêcheur), Mary Chester (sa femme).
L’affrontement entre Harold de Wessex et Guillaume de Normandie en 1065/66 dramatisé pour la BBC par Brian Rawlinson (en noir et blanc), à l’occasion du 900ième anniversaire de la bataille de Hastings.
1966(tv) Lady Godiva (FR) de Jean Canolle
RTF (1ère Ch. 4.11.66). – av. Robert Murzeau (le comte Léofric de Mercie), Estella Blain (Lady Godiva), Arlette Gilbert (Gwendoline), Henri Virlojeux, Paul Demange.
Après avoir traversé nue la ville de Coventry, Lady Godiva aspire à rencontrer le seul homme qui l’a alors vue… La comédie en 3 actes de Jean Canolle (1958), mise en scène pour la télévision par l’auteur (cf. aussi infra, 1976).
1968*(tv) Guillaume le Conquérant (FR) de Jean Herman [=Jean Vautrin]
Série « Présence du passé », Jean Chérasse/Radio-Télévision Française (1e Ch. 20.12.68), 90 min. – av. Jacques Harden (Guillaume, duc de Normandie), Gary Hemming (Harold II Godwinson de Wessex), Jean-Pierre Sentier (Robert II le Magnifique, père de Guillaume), Lyne Chardonnet (Arlette/Herlève de Falaise), Sylvie Noël (Mathilde de Flandre), Olivier Hussenot (Lenfranc).
En 1035, à la mort de Robert II Le Magnifique, la couronne ducale de Normandie revient à Guillaume, âgé de huit ans... Le film marque la fin de la diffusion de la remarquable série « Présence du passé » créée par Jean Chérasse. Il est construit au moyen d’allers et retours avec la tapisserie de Bayeux, les reconstitutions s’efforçant d’être fidèles aux cartons de cet ancêtre de la bande dessinée, sous l’œil vigilant de Michel de Boüard et Jacques Le Goff. A l’origine, le sujet devait comporter trois parties de 75 minutes, mais il fut réduit à 90 minutes et diffusé à la sauvette, à la veille de Noël. « L’Histoire n’y est pas proposée en spectacle », écrit Jacques Siclier dans Le Monde. « Les reconstitutions sont comme des impressions qui jaillissent de la mémoire du temps pour nous donner en quelques images l’idée des mœurs et de la guerre féodales. Les interprétations personnelles de certains événements évoqués prêtèrent jadis à discussions et polémiques. Mais avec la fin de ‘Présence du passé’ tombe, hélas, un des derniers bastions de la télévision d’auteur. »
David Hemmings fait un Alfred le Grand assez inattendu (« Alfred the Great » de Clive Donner, 1969).
1969**Alfred the Great (Alfred le Grand, vainqueur des Vikings) (GB) de Clive Donner
Bernard Smith, James R. Webb/Bernard Smith Productions-Metro-Goldwyn-Mayer British Studios Ltd., 122 min. – av. David Hemmings (Alfred de Wessex, dit Alfred le Grand), Michael York (Guthrum l’Ancien/Gudrun, roi des Vikings), Prunella Ransome (Aelhswith/Edwige, princesse de Mercie), Colin Blakely (Asser/Asher, évêque gallois de Sherbourne et auteur de la chronique De Rebus Gestis Aelfredi), Alan Dobie (Ethelred/Aethelred Ier, roi de Wessex et frère d’Alfred), Peter Vaughan (Buhrud, roi de Mercie), Julian Chagrin (Ivar the Boneless, chef viking), Barry Jackson (Wulfstan), Vivien Merchant (Freda), Christopher Timothy (Cerdic), John Rees (Cuthbert), Jim Norton (Thanet), Julian Glover (Aethelstan), Peter Blythe (Eafa), Sinéad Cusack (Edith), Sir Ian McKellen (Roger le Bandit).
Synopsis : Au début de l’année 871, l’Angleterre du Sud est divisée en sept royaumes saxons. Le prince Alfred de Wessex, 22 ans, écœuré par la barbarie de son temps, a fait vœu de ne jamais tuer un homme ; il est sur le point de prononcer ses vœux et d’entrer dans les ordres lorsque les Vikings débarquent. Suite à une chute de cheval, son frère aîné, Ethelred, roi de Wessex, ne peut commander ses troupes et Alfred prend les armes à sa place. Le 8 janvier à Ashdown (Berkshire), il rejette l’ennemi à la mer, puis s’apprête à retourner au monastère lorsque, voulant conclure une alliance, le roi Buhrud de Mercie arrive à la cour avec sa fille Aelhswith ; cette dernière s’éprend d’Alfred. Ethelred étant mourant, les conseillers encouragent l’idylle entre les deux jeunes gens, car ils veulent doter les deux royaumes d’un jeune chef instruit et courageux. Le couple s’unit et Alfred monte sur le trône après le décès de son frère. Mais il traite durement sa femme, la méprise et la viole, persuadé qu’elle a intrigué pour le détourner de sa vocation religieuse. Débarqués en masse sous la guidance du féroce Guthrum, les Vikings déferlent sur la Mercie. Conscient de ses faiblesses, Alfred négocie une trêve en échange de 20'000 marks et livre la princesse Aelhswith (qui a caché à son mari qu’elle était enceinte) en otage. Peu après, Guthrum rompt la trêve et met en déroute les armées d’Alfred que ses barons ont abandonné. Découragée par la froideur de son époux, Aelhswith se donne au Viking qu’elle apprend à aimer. Réfugié au cœur des marais du Somerset parmi une bande de hors-la-loi menés par Roger, Alfred fait l’apprentissage de la pauvreté et se jure de remédier aux injustices du royaume en lui donnant des lois s’il parvient à récupérer son trône. Il construit un fort inexpugnable dans l’île d’Athelney et lève une armée de fortune qu’il forme aux tactiques guerrières puisées dans les ouvrages grecs et latins lus au couvent. Apprenant qu’il a un fils, il arrache Aelhswith et le nouveau-né aux mains de Guthrum et affronte les Vikings dans une sanglante bataille à Ethandun/Edington en mai 878. Combattant derrière un rempart défensif de boucliers inspiré par la tactique des légions romaines, il provoque la fuite des Danois. Écrasé, Guthrum s’incline devant le Dieu des chrétiens, se fait baptiser, et Alfred, qui a pardonné à son épouse, peut réaliser l’unification de son royaume.
Le tournage de cette fresque s’effectue de mai à septembre 1968 en Panavision 70 mm et Metrocolor dans le comté de Galway en Irlande (Eskershanore, Castlehackett à Tuam, Kilchreest, Ross Lake, Knockma, Lough Ree près d’Athlone) – en lieu et place du Wessex surbétonné et électrifié – ainsi qu’aux studios MGM British à Borehamwood, près de Londres. Les batailles sont enregistrées avec 450 soldats de l’armée irlandaise sur les rives du Shannon, près d’Athlone, et à Westmeath. La firme danoise de construction navale Fredericksund fabrique deux drakkars sur le modèle du « Gokstad » conservé au Musée d’Oslo. Il s’agit d’une superproduction a priori très atypique, car consacrée d’une part à une époque peu représentée à l’écran et d’autre part au seul monarque britannique portant l’épithète de « grand », un personnage qui fut autant admiré pour ses compétences martiales qu’intellectuelles ; ses nombreuses traductions commentées du latin en ancien anglais (les écrits du pape Grégoire le Grand, de la Consolatio philosophiae de Boèce, des Soliloques de saint Augustin, des premiers cinquante Psaumes), son sponsoring des précieuses Chroniques anglo-saxonnes en font l’égal médiéval d’un Marc-Aurèle. À cela s’ajoutent des réformes militaires et défensives, le développement de l’éducation et du système judiciaire, la création de bibliothèques accessibles à la noblesse du pays. Atypique, le film l’est aussi parce qu’il veut rompre avec les clichés romantiques du cinéma de chevalerie, raison pour laquelle le producteur Bernard Smith, associé à Lord Killaney (jadis un des coresponsables de The Quiet Man de John Ford), a confié le film à un jeune réalisateur qui n’a jamais abordé le moindre sujet historique : Clive Donner est surtout connu pour quelques comédies débridées du « Swinging London », dont le délirant What’s New Pussycat ? avec Woody Allen (1965). Alfred the Great sera un film de jeunes, destiné à la nouvelle génération.
Le projet est mis en chantier en 1964 déjà, sous le titre de A King Is Born ; Peter O’Toole, prévu pour interpréter Alfred, est remplacé par David Hemmings, le photographe branché et désabusé de Blow-Up d’Antonioni, palme d’or à Cannes en 1967. Cette réorientation est significative et entraîne quelques grosses libertés prises avec l’Histoire : alors que l’authentique Alfred n’a jamais envisagé une carrière ecclésiastique, l’Alfred de Hemmings est un homme pétri de contradictions, tourmenté, désillusionné et sceptique (les massacres au Vietnam et l’assassinat de Robert Kennedy puis de Martin Luther King ont marqué les esprits), brillant tacticien malgré lui (tout combat est à ses yeux « une folie »), incapable d’aimer sans violence. Le viol d’Aelhswith est une invention de scénaristes, car la vie du couple royal fut harmonieuse, les époux eurent cinq enfants et jamais la reine ne fut livrée en otage. Ces libertés au goût du jour, qui transforment un roi quasi inconnu du grand public en une sorte de « Hamlet moderne », pacifiste, esprit solitaire devenu guerrier par accident, vont irriter divers historiens et sérieusement déboussoler les habitués d’un cinéma spectaculaire sagement manichéen. Clive Donner livre, sans complaisance ni glamour, une méditation en mouvement sur la responsabilité de l’homme d’État, donnant par la même occasion à tous ses personnages une épaisseur morale et psychologique assez rare dans le cinéma de geste. Le minutieux travail de reconstitution quant à la vie quotidienne du IXe siècle sort de l’ordinaire et la dernière bataille est remarquablement orchestrée, avec ses soldats qui ont la peur au ventre, ses manœuvres innovatrices, ses phalanges de hauts boucliers en formation triangulaire contre lesquels se heurtent les vagues d’attaque vikings, son vacarme et ses chants guerriers terrifiants. Néanmoins, le film est un désastre au box-office : ayant coûté l’équivalent de 6 millions de dollars, il n’en rapporte que 198’000 aux Etats-Unis, et les recettes ne sont guère meilleures en Europe. Le spectateur lambda est déconcerté par le portrait de ce souverain, si éloigné des manuels scolaires, peu charismatique, taiseux et plus porté sur la soutane que sur l’épée. Cette déconvenue ne gâchera pas l’intérêt de Donner pour les sujets médiévaux qu’il abordera encore – avec moins de bonheur, il est vrai – à travers Arthur the King /Merlin and the Sword (tv 1985), Stealing Heaven / Abélard et Héloïse (1988) et la télésérie Charlemagne, le prince à cheval (1994). – DE : Alfred der Grosse, Bezwinger der Wikinger, ES: Alfredo el Grande, IT: Alfredo il grande.
1969[Lady Godiva Rides / I peccati venali di Lady Godiva (US) de A. C. Stephen [=Stephen C. Apostolof], 104 min. – av. Marsha Jordan (Lady Godiva Betherli), Forman Shane, Deborah Downey. – Comédie érotique du XXe siècle sans rapport avec le personnage du Moyen Age.]
Etienne de Blois, l’usurpateur (Luis Davila) dans « La spada normanna » (1971).
1971La spada normanna / Le Retour d'Ivanhoé / La espada normanda (IT/FR/ES) de Roberto Mauri
Oceania Produzioni Internazionali Cinematografiche (Roma)-Les Films Corona (Nanterre)-Talia Films (Madrid), 99 min. – av. Mark Damon (Ivanhoé), Luis Davila (Stephen of Cunningham, duc de Wilford), Krista Nell (Brenda), Aveline Federica (Kitty alias la princesse Mathilde), Manuel Zarzo (Oliver), Krista Nell, Vassili Karamesinis, Aldo Berti, Spartaco Conversi, Linda Sini, Nello Pazzafini, Valerie Forgues, Vittorio Fanfoni, Franco Gaddi, Gaetano Imbrò, Luis Texada, Alan Collins [=Luciano Pigozzi].
Ivanhoé n’est ici pas le héros de Walter Scott, mais un chevalier normand de fantaisie, impliqué dans la guerre de succession que se livrent la petite-fille de Guillaume le Conquérant, Mathilde l’Emperesse (fille du roi Henry Ier Beauclerc, décédé en 1135) et son cousin, l’usurpateur Étienne/Stephen de Blois ; dans le film, ils sont rebaptisés respectivement Kitty et Stephen de Cunningham. Ivanhoé revient de Terre Sainte et trouve l’Angleterre dévastée par la tyrannie du roi Stephen, qui a fait empoisonner son prédécesseur ; il sauve Brenda de la soldatesque, est incarcéré et apprend de la bouche du comte de York, le conseiller royal mourant dans son cachot, que l’épée normande que détient le roi, symbole de légitimité et de puissance, est un faux, forgé par l’usurpateur pour tromper ses sujets. L’authentique épée est conservée par un clan écossais resté fidèle au roi Henry. Ivanhoé s’évade, récupère l’épée sacrée chez les Pictes, prend le commandement des rebelles (des saltimbanques et des tire-laines), trucide Stephen et place Kitty, l’héritière légitime, sur le trône. – Une bien petite chose : un scénario bricolé sous LSD, tourné en Eastmancolor et Totalscope au château et à l’église de Cardona, près de Barcelone (Catalogne) ainsi qu’à Cinecittà. – US : The Norman Swordsman.
1971(tv) The Raven and the Cross (GB) de Dorothea Brooking
Série « Merry go Round » (BBC One 25.1.-8.2.71), 3 x 25 min. – av. Gabriel Woolf (Guthrum l’Ancien), Seymour Green (Alfred de Wessex), Mollie Maureen, Claire Walker, Charles Collingwood, John Line, Matthew Line, Kenneth Watson, Sally Stephens, David Charkham, Bernard Finch, Michael Keaton (le prisonnier saxon).
Série pour la jeunesse écrite par John Tully : en 875, une flotte de Vikings voguant sous la bannière du corbeau débarque dans le Nord, près de l’estuaire de Humber (Yorkshire/Lincolnshire) avec l’intention de s’y établir ; leur chef, Guthrum l’Ancien, un stratège redoutable, se mesure au roi chrétien Alfred de Wessex, dit Alfred le Grand, le seul souverain anglo-saxon à oser lui résister. Vaincu à Ethandun, Guthrum accepte le baptême : la Croix du Christ a terrassé le Corbeau, symbole des yeux et des oreilles d’Odin. – Épisodes : 1. « The King Has Fled » – 2. « The Secret Army (The Anglo-Saxons) » – 3. « Race to Battle ».
1975(tv) One in the Eye for Harold (GB) d’Alan Tarrant
Série « Carry On Laughing ! », saison 1, épis. 5, Gerald Thomas/Thames Television (ATV/ITC 1.2.75), 27 min. av. Jack Douglas (Ethelred, conseiller du roi), Joan Sims (Else), Kenneth Connor (le moine Athelstan), David Lodge (Guillaume le Conquérant), Norman Chappell (le roi Harold II Godwinson), John Carlin (Egbert), Diane Langton (Isolde), Patsy Smart, Brian Osborne, Paul Jesson, Jerold Wells, Linda Hooks.
Parodie cathodique lourdingue dans la lancée des très populaires Carry On, culminant à Hastings en 1066 et filmée à Pinewood. Le conseiller Ethelred est chargé de procurer au roi saxon Harold de Wessex une arme secrète mise au point par le moine Athelstan afin de l’aider à battre les Normands. En cours de route, le tandem déjoue tous les pièges des espionnes franco-normandes et remet au souverain l’arme en question, un casque en verre censé le protéger des flèches en englobant toute sa tête. Mais Harold périt étouffé sous son bocal. Afin de détourner les soupçons et ne pas faire mentir la prophétie, Athelstan plante une flèche dans l’œil du roi mort.
1975(tv) The Coming of the Cross (GB) d’Alan Gibson
Série « Churchill’s People » no. 3, Gerald Savory/BBCtv (BBC 13.1.75), 49 min. – av. Leo McKern (Penda, roi de Mercie), Robert Hardy (Oswiu, roi de Northumbrie), Esmond Knight (Cearl, père de Penda), Edward Wilson (Benet), Jim Norton (Cuthbert de Lindisfarne, moine et évêque), Denys Hawthorne (le confesseur), Eric Lander (le général), Michael Nightingale (l’abbé), Robert East (Edwin), John Colightly (son serviteur), Alex Scott (Paulinus), Oliver Maguire (Aidan), Alan Cunningham (Cuthbert jeune), Luke Batchelor (Bede jeune), Philip Jackson (le batelier), Harry Webster (un prêtre saxon), David Robb (le serviteur de Penda), George Romanov (l’interprète).
Vers l’an 650, les Îles britanniques se déchirent entre partisans d’un christianisme romain et ceux d’un christianisme celte. Un épisode écrit par David Rudkin, tiré de A History of the English-Speaking People de Winston Churchill (1956-58) et enregistré au Television Centre de Shepherd’s Bush à Londres.
1975(tv) The Great Alfred / King Alfred (GB) de Herbert Wise
Série « Churchill’s People » no. 4, Gerald Savory/BBCtv (BBC 10.1.75), 54 min. – av. Alan Howard (Alfred de Wessex, dit le Grand), Anna Massey (la reine Aelhswith/Edwige, princesse de Mercie), Brian Blessed (le roi Viking Guthrum), Evin Crowley (Fat Legs), Patrick Stewart (Wulfric), Daphne Heard (une vieille femme), William Simons (Hair Face), John Franklyn-Robbins (Olaf), Kevin Stoney (Odda), Peter Clough (un moine), Geoffrey Hinsliff et Colin Starkey (soldats saxons), Sherrie Hevson, Bill Hemmings, Lionel Wheeler, Jess Wilard, Tony Lord, James Huir, John Sarbutt, Harry Fielder, Barry Hopwood.
En 878, Guthrum, roi des Vikings, effectue une attaque surprise contre Chippenham où s’est retranché Alfred le Grand. Celui-ci est contraint de s’enfuir dans les marais du Somerset qu’il connaît depuis son enfance. Il s’y cache d’abord dans une hutte de bûcheron tenue par une paysanne. Ignorant l’identité de son hôte, la femme lui offre le gite mais lui demande de veiller aux galettes de pain qu’elle va laisser sur le feu pendant qu’elle trait sa vache, mais, trop préoccupé par sa situation, le roi en oublie les pains qui brûlent et se fait sévèrement réprimander par la paysanne. (L’anecdote très populaire des galettes carbonisées est une légende datant du XIIe siècle.) Alfred se fait ensuite remonter le moral par son épouse, puis s’installe avec ses hommes sur la petite île d’Athelney où il construit une forteresse et d’où il va reconquérir le Wessex et affronter victorieusement les Vikings de Guthrum à la bataille d’Edington, en mai 878. – Un épisode semi-comique tiré de A History of the English-Speaking People de Winston Churchill (1956-58) et enregistré au Television Centre de Shepherd’s Bush à Londres.
1975(tv) The Saxon Dusk [Le Crépuscule des Saxons] (GB) de James MacTaggart
Série « Churchill’s People » no. 5, Gerald Savory/BBCtv (BBC 27.1.75), 53 min. – av. John Wood (Édouard le Confesseur), Norman Rodway (Godwin, comte de Wessex), Dennis Waterman (Harold Godwinson), Jan Harvey (Edith de Wessex), Brian Coburn (Harald III Hardrada, roi des Vikings), Robert Lloyd (Tostig Godwinson), Mark Donaldson (Guillaume de Normandie), Richard Dennis (Sweyn), Stephen Bent (Gyrth), Geoffrey Matthews (Aldred, archevêque d’York), Anthony Collin (Stigand, évêque de Winchester), Richard Pescud (Robert, archevêque de Canterbury), Kevin Flood (Ulf), Daniel Brian (Wilfred), Keith Campbell (l’astrologue), Joe Gladwin (l’aveugle), David Charkham (Thane), Christopher Banks (un clerc), Roy Evans (Churl).
Afin d’augmenter sa propre puissance et de renforcer la dynastie anglo-saxonne, Godwin, comte de Wessex (1001-1053), somme Édouard le Confesseur, homme pâlot et indécis, de revenir de son exil en Normandie et de se faire couronner roi d’Angleterre. Pour renforcer ses liens avec le trône, il donne à Édouard la main de sa fille Edith, et distribue des comtés à ses fils, Sweyn, Harold, Tostig, Leofwine et Gyrth qui gouvernent ainsi tout le sud de l’Angleterre. Godwin devient le deuxième personnage le plus puissant du royaume après le roi. Mais les efforts de ce bouillant scandinave païen se heurtent à l’inclination du roi austère et pragmatique pour le catholicisme romain et la France. Édouard contrebalance la puissance de Godwin en s’entourant de Normands qui bâtissent des châteaux sur les terres des Godwins. Le pays du sud-est se soulève en faveur de Godwin, qui a été exilé avec ses fils et est revenu à la tête d’une armée. La guerre civile est évitée, Léofric de Mercie et Siward de Northumbrie refusant de le combattre. A la mort de Godwin, son fils Harold Godwinson lui succède – le futur adversaire de Guillaume le Conquérant. – Un épisode tiré de A History of the English-Speaking People de Winston Churchill (1956-58) et enregistré au Television Centre de Shepherd’s Bush à Londres.
1975(tv) The Conquerors (GB) de Donald McWhinnie
Série « Churchill’s People » no. 6, Gerald Savory/BBCtv (BBC 3.2.75), 53 min. – av. Mark Donaldson (Guillaume de Normandie, roi d’Angleterre), Colin Blakely (le Saxon Jahn), Angela Pleasance (Jorild), Vivian Pickles (Ingirith), Rosalie Crutchley (Hildis), Rachel Thomas (Edda), Paul Hardwick (Ofram), Tim Preece (le Saxon Thryth), George Waring (Eric), Patrick Connor (Osmund), John Livesey (Ednoth), Clyde Pollitt (Ragge), Chris Tranchell (Breme), Geoffrey Donaldson (l’archevêque d’York), Neville Barber (Geoffrey de Keynes), Michael McStay (Ralf).
Au lendemain de Hastings, les Normands traitent la population anglo-saxonne vaincue avec mépris et férocité, mais peu à peu, mariages et familles mixtes contribuent à la normalisation. En revenant dans son village, le Saxon Jahn découvre que sa sœur préfère la compagnie d’un baron normand, homme raffiné qui lui a appris à jouer aux échecs, à celle du valeureux Thryth. Jahn tue sa sœur, mais accepte une forme minimale de contact social avec l’occupant. Les conquérants se muent en colonisateurs. – Un épisode tiré de A History of the English-Speaking People de Winston Churchill (1956-58) et enregistré au Television Centre de Shepherd’s Bush à Londres.
1976(tv) Lady Godiva (FR) de Pierre Sabbagh (tv) et Michel de Ré (th)
« Au théâtre ce soir » (TF1 13.2.76). – av. Geneviève Casile (Lady Godiva), Robert Murzeau (le comte Léofric de Mercie), Paulette Frantz (Gwendoline), Robert Lombard (le chapelain), Jacques Alric (le premier bourgeois), Jacques David (le second bourgeois), Benard Durand, Bertrand Gohaut, Jacques Guibal.
Captation de la comédie de Jean Canolle, créée le 21 mai 1958 au Nouveau Théâtre à Paris avec Sylvia Monfort, Michel de Ré (aussi mise en scène) et Mireille Perrey.
Hervé Bellon incarne Guillaume le Conquérant dans la télésérie franco-roumaine de Gilles Grangier et Sergiu Nicolaescu.
1982*(tv+ciné) Guillaume le Conquérant / Wilhelm Cuceritorul / Cucerirea Angliei (FR/RO/BE/CH/IT) de Gilles Grangier et Sergiu Nicolaescu
Parties : 1. Le Bâtard – 2. Première victoire – 3. Mathilde – 4. Harold – 5. La Trahison – 6. La Couronne d’Angleterre
Claude V. Coen, Raluca Nathan, Georges Marschalk, Sidonia Caracas, S Nicolaescu/France 3-Ciné TV (Berlin)-Europa Films (Paris)-Forum Films (Genève)-RTBF (Bruxelles)-Rex Cinematografica (Roma)-Centrul de Productie Cinematografica Bucuresti (RTB 10.82 / FR3 3.11.-8.12.82 / TVR1 1985), 6 x 52 min./cinéma (Roumanie) : 148 min. – av. Hervé Bellon (Guillaume, duc de Normandie), John Terry (Harold II Godwinson, comte de Wessex, puis roi d’Angleterre), Emanoil Petrut (le roi Édouard le Confesseur), Violeta Andréi (la reine Edith de Wessex), Mircea Albulescu (Godwin), Denis Savignat (Henri Ier de France), Amza Pellea (Herluin de Conteville), Marga Barbu (Arlette/Herleva de Falaise, mère de Guillaume), Georgyi Mihaita (Gollet), Marina Procopie (Edith au Cou-de-Cygne), Jérôme Darmon (Guillaume enfant), Isabelle Stephen (Edith enfant), Christiane Jean (Guenièvre), Vladimir Gaitan (Raoul de Tesson), Marcel Mercier (le duc Baudoin), Enikö Szilágyi (Mathilde de Flandre), Ovidiu Moldovan (Odon de Bayeux), Ovidiu Iuliu Moldovan (Robert Ier de Normandie), Gabriel Forest (Lanfranc du Bec), Amza Pellea (Herluin de Conteville, beau-père de Guillaume), Juvara Micaela (la reine Ghyta Thorkelsdóttir, mère de Harold), Jean Rautsky (l’évêque Stigand), Traian Costea (Tostig de Wessex), Virgil Flonda (Robert de Mortain), Sergiu Nicolaescu (Harald III Hardrada, roi viking), Adrian Mihai, Geo Dobre, Mihaela Juvara, Dorin Varga, Ernest Maftei, Emil Hossu, Corneliu Gârbea, Ion Dichiseanu.
Synopsis : Guillaume de Normandie est le fils illégitime de Robert le Magnifique, dit le Diable, qui a assassiné son frère Richard pour lui ravir la couronne ducale. Tenaillé par le remords, Robert part invoquer le pardon divin en Terre sainte. Mais auparavant, il répare ses torts envers Arlette, fille d’un tanneur de Falaise qu’il avait engrossée et abdique en faveur de leur fils bâtard, Guillaume, âgé de huit ans. Â la mort subite de son père, l’enfant-duc est contesté par tous les barons normands ainsi que par le roi des Francs, le capétien Henri Ier qui convoite le duché pour sa famille. Les tentatives d’assassinat abondent. D’abord caché chez des paysans, Guillaume-le-Bâtard se bat contre tous, avec l’aide de quelques parents et amis fidèles, dont son camarade d’enfance, Gollet, devenu son bouffon, son conseiller et le chef de ses services secrets. Sur invitation de son cousin, le roi Édouard le Confesseur, il se rend en Angleterre, où il espère retrouver et épouser son amour d’enfance, Édith au Col-de-cygne, mais celle-ci devient la femme de son futur adversaire, Harold de Wessex. A son retour en Normandie, Guillaume doit de nouveau combattre ses barons, unis contre lui par son cousin Guy de Brionne, avec l’appui du roi de France. En manœuvrant habilement, il parvient toutefois à faire de ce dernier son allié involontaire, à écraser la rébellion à la bataille du Val-ès-Dunes en 1047 et à confirmer son titre. Guenièvre, sa compagne durant les trois années du siège de Brionne, est sacrifiée à la raison d’État en 1053, lorsqu’il se résigne à épouser la princesse Mathilde, fille du puissant duc de Flandre et nièce du roi : la propre mère de Guillaume fait étrangler Guenièvre pour qu’elle n’entrave pas l’ascension de son fils. De son côté, durci par ce traumatisme, Guillaume gifle publiquement Mathilde quand elle refuse en un premier temps de s’unir à un « bâtard » et à un « paltoquet. Dès lors Guillaume fait de la Normandie un duché puissant, craint du roi de France, son suzerain. En 1065, sentant sa mort prochaine, Édouard le Confesseur, roi d’Angleterre, lui envoie Harold de Wessex, le séducteur d’Edith et le plus brillant des quatre fils de Godwin, avec un message qu’il est seul à pouvoir comprendre : il faut qu’il se tienne prêt à lui succéder sur le trône d’Angleterre, comme il le lui avait jadis promis. Appuyé par la noblesse locale, Harold fait semblant d’accepter cette offre et, parjure, s’empare de la couronne. C’est la guerre. Guillaume consacre une bonne partie de l’année suivante à la préparation d’un débarquement, chef-d’œuvre d’organisation et de science stratégique. Entre-temps, Harold écrase les Danois de Harald III Hardrada et de son propre frère Tostig à la bataille de Stamfort Bridge. La rencontre fatale contre les Normands se fait à Hastings un mois plus tard, en automne 1066. Guillaume a deux montures tuées sous lui, son fidèle Gollet sacrifie sa vie pour le sauver. A la tête de ses « axe men », Harold repousse toutes les attaques des Normands, massacrant leurs plus valeureux champions avant d’être vaincu par des archers adolescents et sans cuirasse : une pluie de flèches provoque la débandade des Anglo-Saxons, Harold périt d’une flèche dans l’œil. Édith (devenue sœur Ursule) supplie Guillaume de lui restituer le corps mutilé de son époux, sur quoi le conquérant se rend à la cathédrale de Westminster où il contraint l’archevêque d’York de le couronner. Guillaume-le-Bâtard devient roi d’Angleterre, tout-puissant mais seul.
Guillaume le Conquérant (Hervé Bellon) débarque en Angleterre et livre bataille à Hastings.
 C’est à ce jour, l’unique reconstitution d’envergure – du moins en ce qui concerne les moyens à disposition – de la conquête normande à l’écran. Le projet n’est pas nouveau, il remonte à vingt ans : en décembre 1961, la presse claironne la mise en chantier de William the Conqueror, une coproduction franco-anglaise de Claude V. Coen, Lord Brabourne et Ray Ventura, à être réalisée par Lewis Gilbert sur un scénario de Serge de La Roche. Mais l’affaire semble trop ambitieuse et le scénario de La Roche disparaît dans les tiroirs jusqu’en 1979, quand, ayant produit la télésérie Le Comte de Monte-Cristo avec Jacques Weber, Claude V. Coen parvient à intéresser FR3 et d’autres chaînes européennes à un mégafeuilleton en 35 mm, réunissant un budget imposant de sept millions de dollars. C’est en Roumanie, aux studios Bucuresti, que sont érigés chapelles et châteaux en bois de 20 mètres de haut ainsi que la première citadelle ducale de Caen, tandis que l’armée de Ceaucescu met 6000 hommes à disposition, dont 1500 cavaliers ; les extérieurs sont enregistrés entre autres au pied du château de Bran près de Brasov et dans la région de Cheile Rasnoavei en Transylvanie (plus quelques scènes en France et en RFA). Coproduction multinationale, la distribution en est fatalement hétéroclite, française, américaine (John Terry, mémorable dans Full Metal Jacket de Kubrick) et surtout roumaine (la vedette locale Amza Pellea) ; les comédiens de l’Hexagone sont surtout des habitués du petit écran. Gilles Grangier, artisan consciencieux, grand ami de Jean Gabin (qu’il a dirigé dans 12 films), s’est familiarisé avec le Moyen Age grâce au feuilleton franco-allemand Quentin Durward (1971) et le coréalisateur roumain de Guillaume le Conquérant, Sergiu Nicoalescu, est une bonne connaissance : ils ont déjà travaillé ensemble sur la télésérie Deux ans de vacances (1974) d’après Jules Verne. Toutes les scènes de batailles – au demeurant assez impressionnantes, parfois même remarquables, rythmées et balayées par de vastes mouvements de caméra – ont été conçues par Nicoalescu, spécialisé dans le cinéma historique à grand spectacle et figuration pléthorique depuis les années 1960 (Les Guerriers/Dacii, Michel le Brave, Kampf um Rom avec Siodmak) et entièrement responsable de l’affrontement à Hastings ; les costumes militaires sont de Gabriela Nicoalescu, son épouse. Le résultat, très grand public, peu imaginatif et doté d’une phraséologie parfois grandiloquente (« la grandeur du roi, c’est de n’avoir plus de cœur si ce n’est pour le royaume… ») et des dialogues émaillés d’ancien français (par Marcel Jullian), se laisse regarder sans déplaisir, malgré un rythme inégal d’un épisode à l’autre. Le point de vue du script ne flatte ni Harold Godwinson ni les Anglais en général, la psychologie reste sommaire, mais cette mini-fresque martiale s’achève sur un portrait mitigé du Normand, que la lutte pour le pouvoir a rendu féroce, cassant et sans cœur : après Hastings, dans un accès de rage, il fait massacrer toute la population anglo-saxonne environnante, excepté le clergé de Westminster, utile pour cautionner sa conquête (« cette terre est nôtre ! »).
En France, la diffusion sur FR3 est très suivie. En 1989, la Roumanie exploite également une version cinéma remontée en deux parties et intitulée Cucerirea Angliei (La conquête de l’Angleterre). Cette mouture amputée de presque trois heures privilégie le spectacle, de sorte que divers passages sont incohérents. Le film attire néanmoins plus de cent mille spectateurs dans les salles. – US/GB : William the Conqueror (The Triumphant King) (vd).
Michael Gambon en Guillaume le Conquérant (« Blood Royal : William I the Conqueror »).
1985(sortie : 1990) (tv) Blood Royal : William I the Conqueror (AU/CA/FR/GB) de Peter Jefferies
Peter Snell Production-British Lion Films-Britannic Film and Television Ltd., 109 min. – av. Michael Gambon (Guillaume, duc de Normandie et roi d’Angleterre), Peter Firth (William Rufus), Anna Calder-Marshall (Mathilde de Flandre), Simon Dutton (Robert Curthose), Brian Blessed (Hereward the Wake), Richard Ireson (Robert de Mortain), Preston Lockwood (le prieur Lanfranc de Bec), Robert O’Mahoney (Edric le Sauvage), Julian Sands (Edgar Aetheling), Gawn Grainger (William Malet), Adam Bareham (Edwin, comte de Mercie), Tim Munro (Oswald), Simon Rouse (Morkere/Morcar, comte de Northumbrie), Tony Steedman (Geoffroy de Bayeux), David Stuart (Ealdred, archevêque d’York), Denis Lill (Odo, évêque de Bayeux et demi-frère de Guillaume), Marcus Gilbert (Waltheof, comte de Northumbrie), Donald Eccles (Stigand, archevêque de Canterbury).
Synopsis : Lorsque Guillaume le Conquérant débarque en Angleterre en automne 1066, il affronte un souverain dont la population souffre de la faim et des épidémies, et dont l’ost est épuisé par plusieurs jours de marche forcée. Massée en hauteur de la crête de la colline de Caldbec et protégée par une muraille de boucliers, l’armée saxonne de Harold résiste à plusieurs assauts, jusqu’à ce que Guillaume applique la tactique de fuite simulée, attirant l’ennemi vers le bas où il est anéanti par la cavalerie lourde et l’archerie de masse de Normands. Vainqueur, Guillaume se retire à Hastings Castle, attendant une reddition qui ne vient pas, puis se fait couronner roi des terres conquises le jour de Noël à Westminster. En mars, il retourne à Rouen, auprès de Mathilde de Flandre, régente de Normandie en l’absence de son époux ; Mathilde devient reine d’Angleterre en mai 1068. Au lendemain de Hastings et de la mort de Harold, le conseil anglo-saxon du Witan (Witenagemot) à Londres proclame – sans le couronner – le jeune Edgar Aetheling nouveau roi d’Angleterre ; Edgar, 15 ans, est le dernier membre de la famille royale de Cerdic de Wessex. Soutenu sans conviction par ses barons, il se terre en Écosse d’où il participe au soulèvement général des Anglais du Nord contre les Normands. Lorsqu’en 1069, la flotte danoise de Sweyn II débarque en Northumbrie, Aetheling se rallie à l’envahisseur scandinave ensemble avec le comte Waltheof et s’empare de la ville d’York. Guillaume réagit avec une extrême brutalité, ravageant toute la Northumbrie et détruisant toutes les habitations entre York et Durham ; la famine qu’il crée fait plus de 100'000 victimes. Aetheling se réfugie en Écosse, mais Waltheof de Northumbrie, dernier représentant masculin de la noblesse anglaise, dépose les armes ; il est accusé de rébellion et décapité en mai 1076 après un an d’emprisonnement à Winchester. La reine Mathilde décède en novembre 1083, dans les bras de son époux auquel elle a donné neuf enfants. Guillaume, qui doit encore faire face à la guérilla anti-normande menée par Hereward the Wake dans les marécages d’Ely (cf. supra, télésérie de 1965), meurt à Rouen en septembre 1087.
Pilote d’une série docu-fictionnelle avortée relatant la vie des monarques anglais, de Guillaume à George IV. L’Irlandais Sir Michael Gambon, le mémorable roi Lear, Othello et Volpone du Royal National Theatre à Londres, campe le conquérant normand. Un scénario de David Butler, grand spécialiste de téléfeuilletons historiques tels que The Legend of Robin Hood (1975), Disraeli (1978), Lillie Langtry (1978), Marco Polo (1982), Mountbatten (1986), De terre et de sang/Blood and Dust (1992), etc. Le téléfilm a été mis en chantier en 1985 (avec quelques moyens : nombreux extérieurs, batailles), mais n’est jamais sorti ni en Grande-Bretagne ni en France.
1987(tv) Guillaume le Conquérant (FR) de Jean-Claude Rivière
Les Films Normands-Mélusine Films, 78 min. – av. François Dyrek (Guillaume de Normandie), Serge Gaborieau, Christine Lemaître, Philippe Marie, Carole Rouland.
Docu-fiction partant de la tapisserie de Bayeux pour évoquer la vie et les combats du conquérant (scénario de Rivière et Serge Penard).
1990(tv+ciné) Sea Dragon (GB/IS) d’Agust Gudmundsson
Alan Horrox/Isfilm ehf. (Reykjavik)-Thames Television (22.11.-13.12.90), 4 x 30 min. / 95 min. – av. Graham McGrath (Jestyn the Englishman), Bernard Latham (Gyrth), Janek Lesniak (Thormod), Baard Ove (Haki), Øystein Wilk (Thraud), Pat Roach (Aslak), Trine Pallesen (Ayrun), Lisa Thorslunde (la mère de Thormod), Eiry Palfrey (soeur Gytha), Holly Aird (Ffion), Lasse Spang Olsen (Herulf), Martin Spang Olsen (Anders), Anna Massey (la Prieure).
Au Xe s., Jestyn, un jeune orphelin de père celte et de mère saxonne est capturé par des Vikings et vendu comme esclave à Dublin ; son maître, Thormod, le libère pour bons services et Jestyn navigue sur un de ses drakkars jusqu’au Danemark. En revenant en Irlande, il trouve le père de Thormod assassiné. Jestyn et Thormod jurent de le venger, et la recherche des assassins les mène dans la Baltique et jusqu’à Kiev. À Constantinople, Jestyn, toujours à la quête de ses racines et de son identité, découvre un univers byzantin totalement inconnu. Séduit, il reste sur place. – Une adaptation de Blood Feud, roman pour la jeunesse de Rosemary Sutcliff (1976), tournée par un Islandais en pays de Galles et au Danemark. – Episodes : 1. “Raiders from the Sea” – 2. The Journey Home” – 3. “The Pursuit” – 4. “The Blood Feud”.
1993® (vd) Kings and Queens of England (GB) de Graham Holloway ; Bob Carruthers, Graham Holloway/Cromwell Productions Ltd., 55 min. – av. Simon Kirk (Alfred le Grand). – Docu-fiction.
1994-98*(tv) Cadfael (Cadfael) (GB) de Graham Theakston (1-4), Malcolm Mowbray (5), Herbert Wise (6,9), Richard Stroud (7,8), Ken Grieve (10,11,13) et Mary McMurray (12)
Stephen Smallwood, Neville C. Thompson, Ted Childs/Central Productions-ITV Central-Carlton Television (ITV 29.5.94-28.12.98), 13 x 75 min. – av. Sir Derek Jacobi. (frère Cadfael), Sean Pertwee / Eoin McCarthy / Anthony Green (Hugh Berringar, gouverneur militaire et sheriff), Maggie O’Neill (Aline Siward, son épouse), Nigel Hastings (Giles Siward), Peter Copley (l’abbé Heribert), Michael Culver (le prieur Robert), Julian Firth (frère Jérôme), Terrence Hardiman (lpabbu Radulfus), Mark Charnock (frère Oswin), Albie Woodington (sgt. Warden), Michael Grandage (Étienne de Blois). Raymond Llewellyn (Madog), Gábor Urmai (Jehan), Sarah Badel (Avice de Thornbury), Julian Glover (Leoric Ashby).
Abbaye de Shrewsbury dans les années 1137 à 1145. Le moine bénédictin gallois Cadfael (personnage fictif), un ancien croisé né en 1080, converti aux vertus pacifiques et à la pratique de la médecine par les plantes (art ramené de Terre Sainte), mène une suite d’enquêtes criminelles. Ses talents d’herboriste avisé, d’observateur, de psychologue et de diplomate sont appréciés par ses supérieurs, mais le moine se heurte plus d’une fois au dogmatisme étroit de sa confrérie. Ses interventions touchent parfois à des intérêts politiques ancrés dans l’Histoire, durant la décennie d’anarchie où Étienne de Blois et Mathilde l’Emperesse, dite l’impératrice Maud (impératrice consort du Saint-Empire, comtesse consort d’Anjou et duchesse de Normandie) se disputent le trône d’Angleterre, trône dont elle est l’héritière légitime. Ainsi le premier épisode de la série, One Corpse Too Many (Un cadavre de trop), qui se déroule en 1138, alors que la guerre pour la couronne d’Angleterre ébranle le comté de Shropshire. Aspirant à la couronne, Étienne de Blois s’empare de la citadelle de Shrewsbury et ordonne l’exécution des 94 hommes qui défendaient le lieu, tous des vassaux de l’impératrice Maud. Cadfael, d’origine galloise, peut enterrer les malheureux, mais quand il découvre un 95ème cadavre, il commence sa propre enquête…
Une adaptation plutôt réussie des Chronicles of Brother Cadfael, romans policiers médiévaux d’Ellis Peters (pseudonyme d’Edith Pargeter) rédigés entre 1977 et 1994 ; intrigues et dialogues contiennent forcément leur lot d’anachronismes. Treize de ces romans font l’objet d’un épisode télévisé. Sir Derek Jacobi campe avec brio ce Sherlock Holmes médiéval, réfléchi, hésitant mais perspicace et intellectuellement supérieur. Aucun monastère ne subsistant en l’état en Angleterre, suite à la dissolution des ordres monastiques par Henry VIII, la série est tournée en Hongrie et aux Studios Fót à Budapest (l’abbaye et les rues de Shrewsbury). Les romans d’Ellis Peters ont également fait l’objet de feuilletons radiophoniques de la BBC, interprétés par Glyn Houston (1990-92) et Philip Madoc (1993).
Episodes (4 saisons): 1. « One Corpse Too Many (Un cadavre de trop) » – 2. « The Sanctuary Sparrow (Le Moineau du sanctuaire) » – 3. « The Leper of St. Giles (Le Lépreux de Saint Gilles) » – 4. « Monk's Hood (Le Capuchon du moine) » – 5. « The Virgin in the Ice (Une vierge dans la glace) » – 6. « The Devil's Novice (L’Apprenti du diable) » – 7. « A Morbid Taste for Bones (Trafic de reliques) » – 8. « The Rose Rent (Une rose pour loyer) » – 9. « St. Peter's Fair (La Foire de Saint Pierre) » – 10. « The Raven in the Foregate (Les Ailes du corbeau) » – 11. « The Holy Thief (Le Saint voleur) » – 12. « The Potter Field (Le Champ du potier) » – 13. « The Pilgrim of Hate (Le Pèlerin de la haine) ».
DE : Bruder Cadfael, IT : I misteri dell’abbazia.
1996Animation : (tv) Adventures from the Book of Virtues – 3. Responsibility (US) de Joanna Romersa. – Porchlight Entertainment-KCET-Fox Animation Studios (PBS 3.9.96), 30 min. – av. la voix de Jim Cummings (Alfred le Grand). L’épisode des galettes de pain de la paysanne qu’Alfred laisse brûler.
1997(tv) Roar (US/AU) de Ralph Hemecker (1), Rick Rosenthal (2), Ian Toynton (3, 10, 11), Lou Antonio (4), Tucker Gates (5), Thomas J. Wright (6), Jefery Levy (7, 13), Félix Enríquez Alcalá (8), David S. Jackson (9), Michael Nankin (12)
Howard Grigsby/Universal TV-Sea Change Productions (Fox Channel 14.7.-5.9.97), 13 x 55 min. – av. Heath Ledger (Conor, prince d’Eire), Lisa Zane, Sebastian Roche (Longinus), Vera Farmiga (Catlin), John Saint Ryan (Fergus), Alonzo Greer (Tully), Leo Taylor (le roi Gar) Lisa Zane (la reine Diana), Patrick Dickson (le roi Derek), Virginia Hey (la reine Una), Peter McCauley (Culann / Brach).
En Irlande au Ve siècle, une tribu celte dirigée par le prince Conor, un orphelin de 20 ans, affronte des légions romaines venues de Grande-Bretagne. Ajout d’un élément surnaturel : le principal adversaire de Conor est le centurion romain Longinus, âgé de 400 ans, maudit parce que jadis, à Jérusalem, il perça de son pilum le flanc du Christ sur la croix... Un mélange fantasque de Braveheart, de Star Wars, d’Excalibur et de Conan destiné à des adolescents (très) peu regardants. Tournage dans le Queensland, en Australie. La série fait un flop aux États-Unis et ne dure qu’une saison (aux USA, les 8 premiers épisodes sont diffusés en 1997, les 5 suivants en 2000 seulement). Nota bene : Aucune trace d’incursion romaine n’a été retrouvée en Irlande (l’avancée de Rome n’est pas allée plus loin que le sanctuaire druide de l’île de Mona, Anglesey).
Episodes : 1. (pilote) – 2. « Projector » – 3. « The Chosen » – 4. « Banshee » – 5. « Doyle’s Solution » – 6. « Red Boot » – 7. « The Spear of Destiny » – 8. « The Eternal » – 9. « Tash » – 10. « Traps » – 11. « Daybreak » – 12. « The Cage » – 13. « Sweet Bridget ».
1999(tv) 1066 – The Nearly Complete and Utter History of Everything (GB) de Dewi Humphreys, Paul Jackson et Matt Lipsey
Patricia McGowan, Jon Plowman/BBCtv (BBC1 2.1.2000). – av. James Fleet (Guillaume, duc de Normandie), Rory McGrath (Harold II Godwinson, roi d’Angleterre), Clive Anderson (l’archevêque de Canterbury), Alan Hansen (Lord Alan Hansen), Geoff Hurst (Sir Geoffrey of Hurst), Gary Lineker, David Gower, Archie Gemmill, George Cohen, Ray Clemence, Peter Osgood, Martin Peters, Angus Deayton (narrateur). - Sketch parodique de la BBC.
2000(tv) St. Patrick : The Irish Legend (US) de Robert C. Hughes
Robert C. Hughes/Fox Family Channel-Sharpmist III Ltd. (Fox Family Channel 12.3.2000), 92 min. – av. Patrick Bergin (saint Patrick), Malcolm McDowell (l’évêque Quentin), Alan Bates (Calpurnius, père de Patrick), Susannah York (Concessa, mère de Patrick), Luke Griffin (Patrick jeune), Eamon Owens (Benignus), Chris McHallem (Auxilius), Michael Caven (Iserninus), Stephen Brennan (Briain), Ned Dennehy (Lucet Mael), Maria Hayden (Niala), Pat McGrath (Millihus), Niall O’Brien (Longhaire), Ryan Smith (Brian jeune), Alan Stanford (Paladius).
La vie du saint filmée sur place, avec des simplifications pour les familles américaines, une montagne d’anachronismes (une Bible reliée à disposition de n’importe qui, divisée en chapitres et en vers avant le XVIIe siècle, etc.) et une bonne dose d’effets spéciaux réservés aux miracles : Patrick interrompt de sa voix tonnante un sacrifice humain perpétré par d’ignobles druides (sur une femme hurlante, cela va de soi), des éclairs détruisent les idoles, ses compagnons renversent les mégalithes tandis que le moine en colère casse les autels d’un coup de son énorme marteau. Ailleurs, les missionnaires dévots (forcément insensibles aux coups d’épée) se métamorphosent en daims pour échapper à leurs assaillants et ridiculisent les magiciens locaux comme dans un bon vieux film colonialiste de l’entre-guerre. Tout ce qui relève du druidisme est caricatural ou imbécile (les cérémonies de transe rappellent le vaudou et on invoque « le seigneur des bas-fonds »). L’Église anglaise jalouse les succès de Patrick en Irlande, où il règnerait en maître, sans se référer à ses supérieurs, jusqu’au jour où le pape lui-même le nomme évêque… Le casting, pourtant de qualité (Bergin, McDowell, Bates, York), ne parvient jamais à compenser la platitude de la réalisation. Décidément, le saint patron de l’Île Verte méritait mieux que cette gluante bondieuserie.
2001(vd) St. Patrick (GB) de David Tennant
Janson Video, 46 min. – av. Nicholas McCarthy (saint Patrick.).
Docu-fiction dans lequel intervient notamment Michael Slavin, l’auteur de The Book of Tara (1996).
2003The Winter Warrior (GB) de Robbie Moffat
Mairi Sutherland/Palm Tree Entertainment (Glasgow), 105 min./88 min. – av. James Watson (Fingal), Victoria Pritschard (Jessica), Jon-Paul Gates (Ida, chef des Angles), Ilaria D’Elia (Lillian), Paul James Saunders (Ulph), Ian Stilring (Hussa), Nick Bartlett (Aelle), Robert Zcemis (Roderick), Toby Gaffney (Aethelric), Tim Klotz (Edwin), Gary Taylor (Dougal).
En automne 573, la guerre civile de huit ans qui a divisé les nations celtes après le départ des Romains prend fin à la bataille d’Arthuret. Les guerriers calédoniens défaits retournent dans leurs villages, mais les Angles immigrés, établis sur la côte de la Mer du Nord, d’origine germanique, profitent de leur faiblesse pour piller la région. Le mercenaire celte Fingal regagne son village de Crannog où vit son épouse romaine Lillian. Celle-ci est tuée par les pillards angles d’Ida et Fingal, assisté de trois Pictes, la venge en exterminant les envahisseurs tout en sauvant Jessica, une esclave juive…
Premier volet d’une série Z de trois longs métrages réunis sous le titre de The Celts and Angles et narrant les exploits du mercenaire celte Fingal (les deux autres sont The Bone Hunter, 2003, et Axe Raiders, en 2005) : un zeste de scénario, douze figurants, des grimaces, des coups d’épée et quelques giclures d’hémoglobine. Bricolé en vidéo pour 27’800 £ à Glencoe en 2002/03 par un groupuscule d’Écossais allumés, ce produit et ses suites sont desservis par leur amateurisme à tous les niveaux et sont à peine exploités, sinon sur le marché dvd et en Russie.
2003The Bone Hunter (GB) de Robbie Moffat
Robbie Moffat, Mairi Sutherland/Palm Tree Entertainment (Glasgow), 99 min. – av. James Watson (Fingal), Lynsey Baxter (Henini), Oliver Cotton (le moine grec Regulus), Joanna Kate Rodgers (Tannu), Michael E. Rodgers (Aedgar), Julie Hale (Monenna), Sam Ellis (Rolf), Gary Martin Taylor (Domal), Thomas Hartley (Aelthred), Rachael Sutherland (Ethne), Chick Allan (Cathen), Mairi Fraser Sutherland (Beth).
Deuxième aventure de Fingal, guère plus brillante que la première (cf. film précédent) : En l’an 575, un groupe de naufragés romains escorte contre la veuve Henini, destinée à épouser sa volonté le chef de clan Cathen. Passé le mur de Hadrien, les Romains sont attaqués par des Angles et Henini est enlevée. Cathen paie le mercenaire Fingal pour recupérer sa future femme. En parcourant le pays, Fingal et Domal, un sbire de Cathen, rencontrent un autre naufragé, le moine grec Regulus, qui cherche également Hennini, celle-ci transportant avec elle les reliques de saint André, le premier apôtre du Christ. Hennini parvient à s’évader avec son amant, le chef angle Aedgar, mais elle est rattrapée et contrainte d’épouser Cathen. Comme elle se refuse à lui, elle est condamnée à périr sur l’île rocailleuse des Culdees.
2003(tv) Kings & Queens : The Normans (GB) de Helen Glanville et Senara Wilson
Blakeway Prod. (ITV 22.12.03), 60 min. – av. Nick Brimble, Michael Fitzgerald, Valentine Pelka, Philip Rham, Michael Shaeffer.
Série docu-fictionnelle sur la dynastie des Normands présentée par l’historien Justin Champion.
2004(tv) Hastings (GB) de Martina Hall
Série « Battlefield Britain » (BBC2 13.8.04), 55 min. – av. Roderick Culver (Guillaume, duc de Normandie), Cameron Fitch, Liam McKenna, Iain Pearson, Andrew Price, Sam Spruell.
Docu-fiction présentée par Peter et Dan Snow, avec reconstitutions.
2004(tv) Conquest (GB) de David Hutt
Série « Monarchy by David Starkey », Granada Prod.-Channel Four (C4 1.11.04), 55 min.
Docu-fiction avec reconstitutions numériques et comédiens anonymes dans les rôles de Guillaume le Conquérant, les rois Guillaume II Rufus, Henry Ier, la reine Matilda et Etienne de Blois.
2004(tv) Aengla Land (GB) de David Wilson
Série « Monarchy by David Starkey », Granada Prod.-Channel Four (C4 25.10.04), 55 min.
Docu-fiction avec reconstitutions numériques et comédiens anonymes : la monarchie jusqu’à la bataille de Hastings (apparaissent Aethelred et sa veuve, la reine Emma de Normandie, Godwin de Wessex, son fils Harold, Édouard le Confesseur, Justus de Boulogne, Guillaume duc de Normandie).
2004(tv) The Invasion That Never Was (GB) de Timothy Copestake
Série « Britain AD », Channel Four-Diverse Prod. (C4 20.9.04), 55 min.
Docu-fiction avec reconstitutions numériques et comédiens anonymes. Présentation par Francis Pryor: les grandes transformations que subit l’Angleterre avant l’an mil.
2004(tv) A Nation State (GB) de David Wilson
Série « Monarchy by David Starkey », Granada Productions-Channel Four (C4 18.10.04), 55 min.
Docu-fiction avec reconstitutions numériques et comédiens anonymes : le règne d’Edgar le Pacifique (v. 943-975), roi de Mercie et de Northumberland, roi des Anglo-Saxons.
2004Patrick (IR/US) de Pamela Mason Wagner
Hallmark Entertainment, 60 min. – av. Seán T. O'Meallaigh (le jeune Patrick), Gabriel Byrne (la voix de saint Patrick), Peadar Cox (saint Patrick vieux), Domhnall O'Loingsigh (un roi irlandais), Margaret Linnane (la Vierge), John Clancy (le roi Coroticus), Paul Sanders (l'évêque), Noel O'Todirisg, Mick Molloy (marchands d'esclaves), Peter Pringle, Mike Vernon, Scottie Prendegast. Liam Neeson (narration).
La vie de saint Patrick, un spectacle de famille filmé en Irlande en Technicolor.
2005 [sortie : 2011]Axe Raiders (GB) de Robbie Moffat
Robbie Moffat, Mairi Sutherland/Mairi Fraser Sutherland-Palm Tree Entertainment (Glasgow), 102 min. – av. Marnie Baxter (Melangall), Jon-Paul Gates (Aeric the Axe), Rachel Rath (Langoreth), Sean Arnold (Aldric / Mydrinn), Rachael Sutherland (Ethne), Gary Taylor (Domlech), Donald Standen (Dyfnwal), Claire Jerath (Hretha), Robert Jan Szemis (Roderick), Ian Stirling (Galam), Mairi Sutherland (Beith), Alan Torrance (Luis), Kevin Bell (Yoric), Duncan Edwards (Alfrid), Finlay Harris (Nion).
Troisième volet de la série des Fingal, situés en Calédonie vers l’an 575 (cf. supra, The Winter Warrior et The Bone Hunter, 2003). Fingal, le héros celte, a été trahi et assassiné par Aeric la Hache, chef des Angles. Roderick, le gouverneur de Strathclyde et beau-père de Fingal, se prépare à monter sur le trône en épousant la fille du roi d’Ulster, Langoreth O’Neill qui, elle, veut s’établir à Rome avec le moine Onan. La fille de Fingal, Ethne, s’allie aux Pictes pour venger son père. C’est le doux géant Dyfnwal, un vassal de Roderich aimé par la fille de ce dernier, Melangall, qui met de l’ordre dans ce salmigondis d’intrigues et de massacres tourné à Oban, dans le comté d’Argyll et sur l’île de Bute, en Écosse.
2006The Saxon Chronicles – The Saga of King Alfred (US) de Jeshua De Horta
Troy Crowfoot, Jeshua De Horta/EveningStar Productions, 120 min. – av. Darin Southam (Alfred le Grand), James Christian Morris (Chad de Mercie), Doug Guibord (Guthrum le Viking), Dan Christensen (Krongst), Sam Neipp (Sigbert d’Essex), Shea Potter (Euen de Sussex), Tony Knight (Leofwine de Northumbrie), Jaci Twiss (Ethelinda), Caleb Ceran (Alfred jeune), Steven Floor (Wynn), Brian Johnson (le roi Ethelwulf), Michelle Southam (Elswith, l’épouse d’Alfred), Jason Brunner (Ethelred, frère d’Alfred), Chad Iverson (un roi Viking), Alan Meyer (Wulfric), Andy Shaffner (Gwynnth), John Thompson (Owynn), Daniel Hight (narration).
Seul, battu par les Vikings, abandonné par ses barons, Alfred de Wessex se réfugie dans les marais du Somerset où il s’entoure d’amis solides et retrouve les forces et le courage de reconquérir son trône. – La “véritable histoire d’Alfred le Grand”, selon la publicité, tournée en 15 jours avec un mini-budget dans les forêts à Ogden (Utah), aux pieds des montagnes Wasatch. Surprise : le film est nullement ridicule, malgré l’accent américain des interprètes.
2007[Lady Godiva (GB) de Vicky Jewson ; Lady Godiva Ltd., 108 min. – Phoebe Thomas (Lady Godiva / Jemima Honey), James Wilby (le comte Léofric de Mercie), Steven Geller (Peeping Tom). – Les cinq premières minutes montrent Lady Godiva à cheval à travers Coventry ; le reste du film se déroule à Oxford aujourd’hui, où un jeune couple s’efforce de sauver une école d’art en imitant l’exploit médiéval.]
2008[Animation : **The Secret of Kells / Brendan et le Secret de Kells (IR/FR/BE) de Tomm Moore et Nora Tworney ; Les Armateurs-France 2 Cinéma (Paris)-Vivi Film (Bruxelles)-Cartoon Saloon (Dublin), 75 min. – av. les voix d’Evan McGuire/Robin Trouffier (Brendan), Christen Mooney/Clara Poincaré (la fée Aisling), Brendan Gleeson/Féodor Atkine (l’abbé Cellach), Mick Lally/Dominique Collignon-Maurin (frère Aidan). – Un hommage à l’histoire culturelle de l’Irlande, récit alerte, cocasse et émouvant autour d’un enfant moine, d’une petite fée sylvestre, d’une abbaye menacée par les Vikings et le célèbre Livre de Kells (Grand Évangéliaire de saint Colomban). Au IXe siècle, alors que l’abbé Cellach s’active à la construction d’une enceinte qui protégera des Danois l’abbaye fortifiée de Kells, son neveu, le moinillon Brendan, est fasciné par le travail du maître enlumineur Aidan ; afin de poursuivre sa tâche, il lui faut s’emparer du talisman de Crom après s’être enfoncé dans une forêt enchantée pleine de dangers… Un dessin tout en entrelacs, avec des couleurs flamboyantes qui évoquent les merveilles du cèlèbre manuscrit conservé à l’université du Trinity College de Dublin, illustration sans pareille des Quatre Évangiles. Nominé aux Oscars 2010, Prix du public au festival d’Annecy 2009. – DE : Brendan und das Geheimnis von Kells.]
2009*(tv) 1066 : The Battle for Middle Earth (1066 : La Bataille pour le trône d’Angleterre) (GB) de Justin Hardy
Susan North, Lucy Bassnett-McGuire/Hardy Pictures-Channel Four (C4 18/19.5.09), 150 min. – av. Mike Bailey (Tofi), Francis Magee (Ordgar), Tim Plester (Leofric), Søren Byder (Snorri, le mercenaire viking), Olafur Darri Olafsson (Gyrd), Björn Thors (Hakon), Kate Abler (Ealfrith), Gemma Lawrence (Judith), Sam Hardy (Aelf), Katrine Bach (Alfeid), Amber Celeste (Edith), Christopher Sloman (le père de Judith), Christopher Leveaux (l’homme de York), Bennet Warden (l’homme de l’Ouest), Ian Holm (narration).
Un docu-fiction qui sort du lot, car c’est la toute première fois que l’audio-visuel britannique se penche sur les batailles de Fulford, de Stamford Bridge et de Hastings (septembre-octobre 1066) qui ont bouleversé l’histoire d’Angleterre. La perspective spécifique du récit en fait l’intérêt supplémentaire : Justin Hardy narre les événements du point de vue non des trois monarques et de leur politique, mais de celui des simples combattants – chez les Anglo-Saxons en majorité des paysans encadrés par quelques militaires professionnels de la garde royale (les Housecarls) – engagés sur le front, et contraints d’abandonner leurs familles et leurs fermes pour rejoindre le Fyrd (milice d’hommes libres). Ici, ce sont trois jeunes Anglo-Saxons du village de Crowhurst, dans le Sussex : Tofi, âgé de 16 ans et récemment marié, Leofric, un paysan un peu couard et le Housecarl Ordgar qui, lui, appartient à une troupe d’élite. Les Chroniques anglo-saxonnes fournissent matière à diverses anecdotes et commentaires insolites concernant le déroulement des combats et les propos échangés entre belligérants, détails qui vivifient agréablement le récit. Saxons et Norvégiens sont dépeints avec sympathie ou du moins respect, tadis que les Normands se distinguent par leur cupidité et leur fourberie. Les batailles sont recréées dans le Yorkshire avec la Regia Anglorum, un groupe de reconstituants, et de l’infographie pour multiplier les armées en place. – DE : 1066 – Die Schlacht um England.
2010Northmen (GB) de Philip Stevens
Ben Barczak, James Richards/Urban Apache Films, 20 min. – av. David Clayton (Thorkil), Lewis Gemmill (Leofric), Brendan McCoy (Auden), Dave McKee (Ragnar), James Richards (Garm), Phiip Stevens (Gunnar), Helen Victor (Athelfreda).
En 1002, le souverain anglais Ethelred the Unready ordonne le massacre de tous les Scandinaves sur sol britannique, dans l’espoir de mettre un terme aux raids annuels des Danois. En l’an 1005, en plus d’une terrible famine, la population d’Angleterre doit faire face à une nouvelle invasion viking ordonnée par le roi danois Sweyn Forkbeard, déterminé à venger les bains de sang perpétrés trois ans plus tôt. Mais lorsqu’arrive l’hiver, les Danois reprennent la mer et retournent chez eux, abandonnant par erreur cinq des leurs derrière les lignes ennemies, cachés dans la forêt. Ceux-ci tentent de survivre, s’en prennent à un paysan et à sa femme dans une cabane isolée et périssent l’un après l’autre. Court métrage nominé au Polar Film Festival en Finlande 2010.
2010(tv) King Arthur (GB) de Joanne Lunt
Série « Mystery Files », saison 1, épis. 7, Richard Saltin, Carl Hall/Parthenon Entertainment-National Geographic Channel (NGC 4.2.10), 30 min. – av. Adrian Bouchet (Riothamus, roi des Bretons), Tim Seyfert (le roi Arthur), Philip Jennings (un chevalier), Struan Rodger (narration).
Enquête docu-fictionnelle : Riothamus, roi des Bretons au Ve siècle (Bretons d’Armorique ou de Grande-Bretagne romaine, ou d’un royaume situé à cheval sur les deux territoires ?) a formé en 468/69 une coalition avec les forces romaines de Gaule du Nord contre les Wisigoths d’Aquitaine. Certains historiens pensent que ses exploits, amplifiés et romancés, auraient constitué la base du personnage du roi Arthur.
Etienne de Blois (Tony Curran), l’usurpateur du trône, se fait couronner (« The Pillars of the Earth »).
2010**(tv) The Pillars of the Earth / Die Säulen der Erde / Les Piliers de la Terre (CA/DE/GB/[US]) de Sergio Mimica-Gezzan
David A. Rosemont, Jonas Bauer, Tim Halkin, Michael Prupas, David W. Zucker, Rola Bauer, Tony Scott, Ridley Scott/Tandem Communications (München)-Muse Entertainment (Montreal)-Scott Free Productions (London)-The Movie Network-Movie Central Network-Canadian Broadcasting Corp.-Starz! (Chris Albrecht)/CBC Television (Ottawa)-ProSiebenSat.1 Media (The Movie Network [CA]/Starz! [US] 23.7.-27.8.10), 8 x 60 min. – av. Ian McShane (Waleran Bigod, évêque de Shiring), Rufus Sewell (Tom Builder/Tom le Bâtisseur), Eddie Redmayne (Jack Builder/Jacques le Bâtisseur alias Jack Jackson, son beau-fils), Matthew Macfadyen (le prieur Philip de Gwynedd), Donald Sutherland (Bartholomew, comte de Shiring), Hayley Atwell (Lady Aliena de Shiring, sa fille), Natalia Wörner (Ellen Shareburg), Liam Garrigan (Alfred Builder/Alfred le Bâtisseur, fils de Tom), Tony Curran (le roi Étienne de Blois), Clive Wood (le roi Henry Ier), Alison Pill (la reine Maude/Mathilde l’Emperesse, sa fille), David Oakes (William Hamleigh), Robert Bathurst (Lord Percy Hamleigh, comte de Shiring), Sarah Parish (Lady Regan Hamleigh, comtesse de Shiring), Sam Claflin (Richard de Shiring, frère d’Aliena), Skye Bennett (Martha Builder), Emily Holt (Martha l’Aînée), Gordon Pinsent (l’archevêque de Canterbury), Anatole Taubman (Remigius, sous-prieur), Götz Otto (l’écuyer Walter), Skye Lourie (Elizabeth de Weymouth, épouse de William Hamleigh), Jody Halse (Johnny Eightpence/Johnny-Huit-Pence), David Bark-Jones (Francis de Gwynedd, frère de Philip), Kate Dickie (Agnes Builder), Sidney Johnston (Jonathan Builder), Marl Phelan (Otto Blackface), Tibor Pinter (Jack Shareburg alias Jacques Cherbourg), Douglas Booth (Eustache IV de Boulogne, fils d’Étienne de Blois), Matt Devere (Robert de Gloucester, demi-frère de Mathilde l’Emperesse), Feodor Atkine (l’abbé Suger de Saint-Denis), Freddy Boath (le prince Henry Plantagenêt / FitzEmpress / Curtmantle, comte d’Anjou, futur Henry II), Ken Follett (un marchand normand).
Une initiative ambitieuse doublée d’un sujet qui sort nettement de l’ordinaire : restituer sous forme de série télévisuelle l’odyssée épique du maître maçon Tom Builder/Tom le Bâtisseur et de ses successeurs afin d’édifier la cathédrale de Kingsbridge (personnages, édifice et lieu fictifs) au XIIe siècle – sur le modèle de la cathédrale de Salisbury, infographiquement retravaillée - , alors que la guerre civile déchire l’Angleterre. Cette période tumultueuse, avec son roi-usurpateur, Étienne de Blois, est ignorée par l’écran (le souverain apparaît une seule fois, dans la série Cadfael) ; de surcroît, l’édification d’une cathédrale n’est pas matière à captiver un large public au XXIe siècle, à moins de se focaliser fortement sur les passions et conflits d’intérêts qu’elle pourrait susciter. Le risque de la production est toutefois atténué par le fait qu’il s’agit de l’adaptation du best-seller mondial du Gallois Ken Follett, paru en 1989 et vendu à 23 millions d’exemplaires. Parmi les coproducteurs, on retrouve les frères Ridley et Tony Scott, une garantie de sérieux, leur expérience en matière de reconstitutions du passé n’étant plus à démontrer (Gladiator). Mais l’auteur, qui participe au scénario (et joue même un petit rôle) a interdit qu’on charcute son thriller historique à la dimension d’un simple téléfilm ou d’un long métrage de cinéma. John Pielmeier condense donc ses 1200 pages, aux intrigues particulièrement touffues, pour en faire une luxueuse série de huit heures, budgétée à 40 millions de $. Le casting est exemplaire, avec Rufus Sewell en bâtisseur, Ian McShane (Al Swearengen, l’ignoble proxénète et tenancier de Deadwood), réjouissant de machiavélisme en évêque, et Donald Sutherland en baron déchu. Quant à la direction des opérations, elle est confiée au téléaste croate naturalisé américain Sergio Mimica-Gezzan (fils du cinéaste Vatroslav Mimica), né à Zagreb et réputé pour avoir été à Hollywood l’assistant et dirigé la seconde équipe de plusieurs grosses productions de Steven Spielberg (dont Schindler’s List en 1993, Jurassic Park et Amistad en 1997, Saving Private Ryan en 1998). Sa sensibilité d’Europe centrale est garante d’une certaine authenticité, et le tournage de 113 jours a lieu en Hongrie (Studios Fót à Budapest, lac Tata, Ocsa, région de Pest) ainsi qu’en Autriche (Burg Kreuzenstein à Leobendorf, Votivkirche à Vienne). Miljen ‘Kreka’ Kljakovic, le chef décorateur d’Emir Kusturica, crée un ensemble architectural assez stupéfiant, tant par son ampleur que par sa splendeur, sans parler des machines, outils et infrastructures nécessaires au grand œuvre des bâtisseurs.
Synopsis : Le 25 novembre 1120, le navire normand « Blanche Nef/White Ship » fait naufrage à Barfleur, au large du Cotentin ; le drame maritime coûte la vie à 300 passagers, dont 140 hauts barons et l’héritier du trône d’Angleterre, le prince Guillaume Adelin, 17 ans, fils de Henri Ier. L’accident reste inexpliqué (le seul survivant, le Français Jacques de Cherbourg, a été exécuté en secret) et profite à l’Eglise d’Angleterre, délaissée par le roi actuel. A Winchester, laissé sans héritier mâle, Henri Ier désigne sa fille Maud/Mathilde l’Emperesse, la sœur aînée du disparu qui est enceinte, pour lui succéder. Mais en 1135, au décès soudain d’Henri Ier (manifestement empoisonné), l’Église et une partie des barons anglo-normands permettent à Étienne de Blois, cousin germain de Guillaume Adelin et de Mathilde, soit le neveu du roi décédé, d’usurper le trône. Le règne d’Étienne va déchaîner une guerre civile de dix-neuf ans, période appelée « Anarchie » ou « Naufrage ». – En 1138, dans la petite ville de Kingsbridge, le père Philip de Gwynedd devient prieur, en échange de son soutien à l’archidiacre Waleran Bigod qui vise la charge d’évêque. Au même moment, Percy Hamleigh, un riche propriétaire terrien, manigance pour s’allier à la famille du comte Bartholomew et s’emparer de son comté de Shiring. Mais la fille de ce dernier, la belle Aliena, est une forte tête. Elle refuse les avances sans égards du fils de Percy, William. Humilié, William Hamleigh investit de force Shiring Castle, viole Aliena et blesse son frère Richard, tandis que le comte est jeté en prison pour avoir comploté en faveur de Mathilde l’Emperesse ; il est décapité à Winchester sur ordre du roi. Rejetés, sans gîte, les orphelins Bartholomew jurent de reconquérir leurs biens. Aliena devient une marchande de laine prospère, ce qui lui permet de financer l’armement de son frère Richard, qui met son épée au service du roi Étienne dans l’espoir de récupérer son titre comtal.
Mathilde l’Emperesse, héritière légitime du trône (« Pillars of the Earth »).
 À la même époque, Tom le Bâtisseur (Builder), un maître maçon, parcourt le pays en quête de travail pour subvenir aux besoins de ses deux enfants adolescents, Alfred et Martha ; son épouse Agnès étant morte en couches, il s’est lié avec Ellen, une guérisseuse qui a vécu seule dans la forêt avec son fils Jack (le père disparu de Jack était l’unique survivant du naufrage de la « Blanche Nef »). Les cinq s’établissent à Kingsbridge, où Tom est engagé par le nouveau prieur Philip, l’église du prieuré venant d’être détruite par un incendie. Tom lui propose d’ériger à sa place une cathédrale d’un nouveau style, avec de larges vitraux et des arches en ogive, un chantier de longue haleine. Le prieur obtient le soutien du roi, mais entre en conflit avec William Hamleigh au sujet de l’accès à la carrière qui fournit les pierres nécessaires au chantier, tandis que l’évêque Waleran et Lady Regan Hamleigh complotent en vain pour déplacer la future cathédrale à Shiring même.
Trois ans plus tard, en janvier 1141, le château de la ville de Lincoln où s’est retranchée Mathilde l’Emperesse est assiégé par les barons d’Étienne de Blois. Le duc de Gloucester (frère bâtard de Mathilde) accourt avec son armée. Le roi Étienne perd la bataille, il est capturé, emprisonné et déposé au concile de Winchester tandis que Mathilde est proclamée « Dame des Anglais et des Normands ». Allié à l’évêque Waleran, le clan des Hamleigh manœuvre pour rester dans le camp du vainqueur, quel qu’il soit. Lady Hamleigh assassine le vieil archevêque de Canterbury à la demande de Waleran et saigne son époux à mort pour laisser la place à son fils William. Entre-temps, libéré en échange de Gloucester (qui a été capturé par Richard), Étienne reprend le dessus ; il est restauré sur le trône en décembre, la guerre civile se poursuit, Mathilde et Gloucester se réfugient en France.
William Hamleigh, une nature fourbe et perverse que seul retient sa crainte obsessionnelle de l’enfer, cherche à obtenir du roi le titre comtal de Shiring. Il épouse la riche Elizabeth de Weymouth, une enfant qu’il maltraite et viole. Tom est chagriné par la haine croissante entre son fils Alfred et Jack, le fils de sa compagne, un garçon taiseux qui se révèle un sculpteur de grand talent. Les deux se jalousent sur le plan professionnel et par amour pour Aliena. William Hamleigh et ses sbires incendient le négoce de cette dernière, tuent Tom et pillent la ville. De retour à Kingsbridge, Richard découvre sa sœur ruinée. Quoique enceinte de Jack, Aliena épouse Alfred afin de pouvoir soutenir pécuniairement son frère, qui part aux Croisades pour le roi. Mais Alfred, nommé chef de chantier à la place de Jack, tombe en disgrâce lorsque, en présence du roi, le toit en pierre de la cathédrale s’effondre, causant la mort de 79 personnes. Il répudie son épouse quand celle-ci met au monde l’enfant de Jack. Aliena retrouve la trace de son amant en France, à Bayeux puis au travail à la basilique de Saint-Denis, grâce à ses nombreuses sculptures. A Cherbourg, Jack découvre la famille française de son père.
En 1146, Jack, Aliena et leur jeune fils Tommy reviennent de leur séjour sur le continent où Jack, suivant les conseils du fameux abbé Suger à Saint-Denis (1080-1151, créateur de l’art gothique et régent de France pour la durée de la Deuxième Croisade), a étudié Euclide et appris comment concrétiser le vieux rêve de Tom le Bâtisseur : créer une cathédrale inondée de lumière. Kingsbridge redevient prospère au détriment de Shiring, et toutes les manœuvres de Lady Regan et de son fils William se heurtent dorénavant à la résistance de Richard, de Jack et du prieur Philip. Avertis par Lady Elizabeth, ceux-ci parviennent à repousser une attaque armée du prieuré. De rage, William tue sa mère à laquelle l’enchaînait une liaison incestueuse. Dix ans plus tard, Richard retourne de Terre sainte (où il a « surtout tué des juifs ») ; le prince Eustache, fils du roi Étienne, lui remet enfin en récompense le titre comtal qui lui revient, au détriment des Hamleigh. Il lui faut cependant reprendre par les armes le château familial que William refuse de lui céder. Lady Elizabeth aide Richard et Aliena à investir les lieux. Waleran nomme William shériff du comté et tente de piéger Jack pour le meurtre d’Alfred (empoisonné par l’évêque), mais lors du procès public, la vérité éclate : Ellen, Martha et le moine Remigius révèlent le rôle criminel du prélat dans le drame de la « Blanche Nef ». William est lynché par la foule, Waleran tombe dans le vide du haut du transept. Jack et Aliena se marient dans la cathédrale de Kingsbridge enfin achevée.
Comme le roman-fleuve dont il s’inspire, The Pillars of the Earth ambitionne d’être une sorte de chronique représentative du Moyen Age anglais. Passons sur les inévitables libertés prises avec une période de l’histoire locale singulièrement chaotique. On peut juste relever que Robert de Gloucester, commandant en chef des armées de sa demi-sœur Mathilde l’Emperesse, ne fut pas décapité par Richard à l’issue d’une bataille perdue, mais décéda dans son lit d’une fièvre à Bristol. Mathilde, qui ne s’était pas barricadée dans sa forteresse à Lincoln, ne s’autoproclama pas « impératrice » par caprice, elle l’était de droit en raison de son premier mariage avec l’empereur germanique Henri V (mort en 1125). Son arrogance et son despotisme la forcèrent toutefois à fuir la ville de Londres, où elle voulait se faire sacrer reine, quatre mois après sa victoire à Lincoln. Quant au fils d’Étienne de Blois, le prince Eustache, il ne périt nullement au combat d’un coup d’épée du futur Henry II Plantagenêt, mais anonymement au cours du pillage d’une abbaye dans le Suffolk. L’usurpateur Étienne ne finit pas fou à Winchester, comme le montre le film. En 1147, Mathilde l’Emperesse se retira en Normandie, laissant à son fils Henry la revendication du trône pour lui-même ; sous la pression des barons, Étienne se vit contraint de le reconnaître comme successeur (décembre 1153) et décéda dix mois plus tard au prieuré de Douvres. Par ailleurs, la série reprend avec brio la trame du livre, en modifiant toutefois la fin du roman qui, lui, se prolonge jusqu’en 1170, sous les Angevins, lorsque Henry II se débarrasse de Thomas Becket, l’archevêque de Canterbury ; c’est alors seulement que William Hamleigh, impliqué dans cet assassinat, est pendu pour sacrilège sur ordre du pape Alexandre III.
Malgré ses cinq axes diégétiques (les bâtisseurs, le clergé, les Hamleigh, les Bartholomew et la royauté) et sa narration chorale qui laisse peu de place à certains personnages, la série réussit à ne jamais être ennuyeuse ; elle se suit, au contraire, avec un plaisir que rehaussent la qualité manifeste de l’imagerie, la recherche des costumes et accessoires, la restitution des activités quotidiennes. Bref, une saga historique souvent passionnante et convaincante – pour autant qu’on se tienne à l’ouvrage de Follett et à son art du suspense romanesque sans en examiner de plus près ni la véracité historique, ni la psychologie ni les a priori contemporains. Car c’est là que le bât blesse : le connaisseur est d’emblée frappé par le manichéisme outrancier du livre comme du scénario, et par son anticléricalisme viscéral. On sait Follett athée et militant pour que la religion ne soit plus enseignée dans les écoles. Tous les clichés conjoncturels qui encombraient déjà les romans « moyenâgeux » du XIXe siècle, de Hugo à Michelet – obscurantisme, dictature ecclésiastique et féodale, misère de ces « temps de barbarie » - , pourtant maintes fois balayés depuis par des historiens médiévistes sérieux tels que Régine Pernoud, Jacques Heers ou Jean Favier, refont ici surface, enrobés d’un vernis naturaliste censé les rendre plus « réels ». Copulations plus ou moins forcées, têtes tranchées et charniers en tous genres à l’appui. Le florilège est éloquent : la monstruosité de la plèbe édentée qui se délecte de voir les voleurs se faire couper les mains, les conditions de vie effroyables des travailleurs, la peur panique de l’enfer et des malédictions, les châtiments corporels sado-maso que s’infligent des calotins, la corruption endémique d’un clergé prêt à tout pour arriver à ses fins (selon les méthodes expéditives des Borgia, à la Renaissance quatre siècles plus tard). Rendue responsable de l’empoisonnement de Henry Ier et de la noyade de son fils sur la « Blanche Nef », l’Église n’est qu’une organisation mafieuse qui profite de la crédulité des populations et absout tout crime qui lui profite, faisant chanter, si nécessaire, les clercs « sodomites » qui lui servent d’espions (le père Remigius) ; toute femme non conforme au canon ecclésiastique est implicitement une sorcière vouée au bûcher. (Rappelons à ce propos que le concubinage dont Follett fait si grand cas était courant dans la société médiévale, n’attirant aucune stigmatisation sociale, et que la condamnation pour « fornication » n’apparut qu’à partir du Concile de Trente, en 1545.) Cupides et ambitieux, les moines fabriquent des reliques, offrent pain, bière et absolution quotidienne aux ouvriers en échange de leur travail, dilapident l’argent qui leur est confié ; les miracles ne sont qu’une mise en scène grossière (la statue de la Vierge qui pleure), propre à attirer des pèlerins et par conséquent faire fleurir le commerce. L’évêque Waleran (il « est » l’Église, dit-on dans le film) rend l’âme en crachant au visage du moine qui lui donne l’absolution. L’unique clerc présentable, le prieur Philip, est un naïf dont la droiture entraîne le malheur des Bartholomew et, pendant longtemps, la ruine du pays. Le script veut illustrer la naissance de LA cathédrale post-romane en Occident (« la marque de Dieu sur l’Histoire » dit pompeusement Tom le Bâtisseur), et à ce titre, le contexte dans lequel celle-ci est placée n’est pas innocent. Sur un plan philosophico-idéologique, on peut se demander si le consensus tacite à noircir pareillement un passé qu’on refuse de vraiment connaître ne vise pas à relativiser des tragédies plus récentes, ni féodales ni « religieuses », tels que Verdun, Auschwitz ou Hiroshima. Enfin, si l’édification d’une cathédrale est un sujet captivant en soi, le style gothique en est prématuré, à peine deux générations après Guillaume le Conquérant : il ne sera introduit qu’à la toute fin du XIIe siècle (celle de Salisbury date même du XIIIe siècle).
Episodes : 1. « Anarchy (L’Anarchie) » - 2. « Master Builder (Maître Constructeur) » - 3. « Redemption (Rédemption) » - 4. « Champ de bataille (Battlefield) » - 5. « Legacy (Legs) » - 6. « Witchcraft (Sorcellerie) » - 7. « New Beginnings (Nouveaux Départs) » - 8. « The Work of Angels (Le Travail des Anges) ».
2011® (tv) Horrible Histories (GB) de Steve Connelly, Dominic Brigstocke; Lion TV-Citrus Television, saison 3, épisode 10 (BBC 12.7.11), 28 min. – av. Simon Farnaby (Guillaume le Conquérant). – Sketch parodique : ce que les leçons d’histoire au collège ne vous disent pas.
2011(tv) Joan of Arc vs. William the Conqueror US de W. David Hogan
série « Deadliest Warrior », saison 3, épis. 2, Daniel Snyder, Danny Wayne/44 Blue Productions-Morningstar Entertainment (Spike 27.7.11), 42 min. – av. Larry A. Lee (Guillaume le Conquérant), Hugh Lehane (Édouard le Confesseur).
Un docu-fiction analysant et comparant les armes et tactiques utilisées par les belligérants.
2013A Viking Saga : The Darkest Day (Drakkar) (GB) de Chris Crow
Graham Davidson, Antony Smith, Craig Osborne/Lindisfarne Films, 88 min. – av. Mark Pickering (Hereward), Mark Lewis Jones (Aethelwulf), Elen Rhys (Eara), Joshua Richards (Hadrada, roi suédois d’Ekero), Christopher Goodwin (l’abbé Athelstan), Nathan Sussex (Slean), Sarah Parks (Denegifu), Jason May (Arn), Gary Mavers (Drengr), Paul Jibson (Yngvarr), Michael Jibson (Hamal), Huw Garmon (Ateleic), Nathan Sussex (Slean), Gerald Tyler (le Christ), Richard James, Gareth John Bale (l’apôtre), Ian Dicks, Richard Elfyn.
Northumbrie en juin 793. Seul survivant de l’attaque et du sac de son monastère à l’île sainte de Lindisfarne, Hereward, un novice, se voit confié la mission de transporter les Évangiles de Lindisfarne, ouvrage enluminé en latin de grande beauté et aux pouvoirs surnaturels, en lieu sûr à l’abbaye de Iona, en Écosse septentrionale. Hereward et l’abbé Athelstan sont pourchassés par un escadron de tueurs vikings qui veulent à tout prix s’emparer du livre sacré du « Christ Blanc » dont la possession leur permettrait, croient-t-ils, de soumettre définitivement le pays angle. Par chance, Aethelwulf, un vieux mercenaire saxon, le prend sous sa protection et lui-même apprend vite à se servir efficacement d’une épée ; en cours de route, il se heurtent à des chrétiens sectaires et sauvent Eara, une femme picte, de l’esclavage. Cette dernière sauve la vie de Hereward, blessé par une flèche empoisonnée.
Une chasse à l’homme filmée dans les paysages sans soleil, quasi monochromes de la Galles du Sud (Neath Port Talbot) avec des reconstituants du Clanranald Trust for Scotland. Le sujet est original, parce que pour une fois ancré dans l’Histoire (le pillage de Lindisfarne), mais l’ennui l’emporte bien vite malgré quelques séquences hargneuses.
2013Hammer of the Gods (GB) de Farren Blackburn
Rupert Preston, Huberta Von Liel/Vertigo Films-TV Puls, 103 min./99 min. – av. Charlie Bewley (le prince Steinar), Finlay Robertson (le prince Harold, son frère aîné), Theo Barklem-Biggs (le prince Vali, son demi-frère), Elliot Cowan (le prince Hakan, son frère), James Cosmo (le roi Bagsecg, leur père), Glynis Barber (la reine Astrid, leur mère), Clive Standen (Hagen), Michael Gibson (Grim), Guy Flanagan (Jokul), Ivan Kaye (Ivar le désossé), Alexandra Dowling (Agnes), Francis Magee (Ulrich, le chroniqueur), Salomon Thomson (Wilfred), Michael Lindall (chef saxon), Laura Sibbick (une femme saxonne), Daniel Stephen Price (roi de Hertford).
Synopsis : L’Angleterre en 871. Le prince viking Steinar débarque avec cinq cents guerriers de réserve pour contrer une insurrection saxonne qui menace l’occupant danois. Le roi Bagsecg, son père, est agonisant. Steinar retrouve ses frères Harold et Vali (méprisé car à moitié saxon), mais l’aîné Hakan a disparu depuis dix ans, fâché avec son géniteur. Or selon Bagsecg seul ce dernier serait qualifié pour lui succèder et défendre leurs acquis ; Harold, lui, est prêt à se rendre et négocie secrètement avec les Saxons, tandis que Vali se laisse convertir au christianisme. Steinar pénètre en territoire hostile avec une poignée d’hommes pour retrouver Hakan. Après diverses péripéties, il tombe sur un clan anthropophage gouverné par Hakan, devenu un mégalomane féroce et vivant en inceste avec sa propre mère, la reine Astrid. Hakan assassine Vali. Steinar le trucide en combat singulier ainsi que sa mère perverse et ramène la tête duau roi, puis, avec la bénédiction paternelle, il élimine aussi Harold pour trahison avant de partir en guerre contre l’armée saxonne.
Un ramassis de violences « gore » gratuites, dans la foulée, mais en pire, de Conan le Barbare : tout le monde tue tout le monde. Que les Vikings aient aussi eu une civilisation est le moindre des soucis de la production. Farren Blackburn affirme s’être laissé influencer par l’Apocalypse Now de Coppola, Hakan étant à ses yeux l’équivalent viking du colonel Kurtz. Filmage fauché dans le pays de Galles (Brecon Beacons, Snowdonia National Park). – ES : El martillo de los dioses.
Jean-Damien Detouillon incarne le jeune duc de Normandie (« Guillaume, la jeunesse du Conquérant », 2013/14).
2013/14Guillaume, la jeunesse du Conquérant (FR) de Fabien Drugeon
Jonathan Perrut/Les Films du Cartel (Caen), 52 min. – av. Jean-Damien Detouillon (Guillaume le Conquérant à 20 ans), Thiésay Deshayes (Guillaume à 7 ans), Dan Bronchinson (Guillaume à 39 ans), Geoffroy Lidvan (Osbern de Crépon, son père d’adoption), Eric Rulliat (Renouf), Thomas Debaene (Wilhelm Fitz Osbern), Gauthier Battoue (Gui de Brionne), Pierrick Billard (Gilbert de Brionne), Marion Casabianca (Arlette/Herlève de Falaise, mère de Guillaume), Léopold Barra, Lionel Caspar, Miguel Ridel, Pierre Hoyer, Kevin Lelanner, Sabine Laurent, Marc Andréoni, Bruno Bayeux.
Synopsis : En 1066, Guillaume le Conquérant, 39 ans, est sur le point d’embarquer depuis Dives-sur-Mer pour la conquête de l’Angleterre. Dans l’éventualité où il ne reviendrait pas vivant, Guillaume présente son fils Robert à ses fidèles barons pour recevoir le trône ducal en héritage. Wilhelm, bras droit de Guillaume, raconte à Robert la jeunesse de son père… Trente ans plus tôt, Robert le Magnifique, père de Guillaume, est surle point de se rendre en pèlerinage en Terre Sainte. Il présente Guillaume au parlement de Normandie comme son héritier. Malgré l’opposition de Renouf, un baron normand, et la bâtardise qui entache la réputation du petit Guillaume, le parlement normand accepte. Robert annonce que durant son absence, Gilbert de Brionne prendra la tête de la Normandie. Un an plus tard, c’est la consternation : on apprend que Robert est décédé. Osbern, Sénéchal du duché, vient chercher le petit Guillaume, âgé de 7 ans, car malgré leurs serments de fidélité, des barons félons veulent tuer le « bâtard » et s’emparer de la Normandie. Accompagné d’Osbern, Guillaume prend la route pour fuir et par la même occasion reconquérir le titre qui lui revient de droit. Son périple à travers le pays lui fait découvrir ses origines vikings et fera naître en lui un esprit conquérant. À 20 ans, il est blessé en fuyant des assassins à Valognes et traverse les marais du Veys. Les fils d'Hubert de Ryes le récupèrent à moitié mort sur son cheval et le mènent chez eux, au Manoir d'Argouges où ils le sauvent de ses pires ennemis. De ce jour, Guillaume décide de ne plus fuir. En 1047, à la bataille de Val-ès-Dunes, avec l’aide du roi des Francs, il défait les troupes de Gui de Brionne et des barons normands coalisés contre lui et achève sa première conquête : son titre ducal.
Originaire de Caen, Fabien Drugeon est responsable du scénario, de la réalisation et de la photo de son film, fruit de cinq ans d’efforts (budget a minima de 55'000 €). Drugeon tourne pendant 12 mois exclusivement en Basse-Normandie, à Honfleur, aux châteaux de Caen et Pirou, à Clarbec (la bataille de Val-ès-Dunes), Graye-sur-Mer (prologue et épilogue), Villiers-sur-Mer, Fleury-sur-Orne, au Manoir d’Argouges et dans la forêt de Grimbosq, avec le soutien du Musée de Normandie et d’une armée de bénévoles qui ont aussi fabriqué leurs costumes. Mais hormis une exploitation locale en Normandie et quelques projections sur Paris, le film est peu vu.
Vincent Deniard interprète « Guillaume le Conquérant » (F. Compain, 2013/14)
2013/14Guillaume le Conquérant (FR) de Frédéric Compain
Serge Lalou, Virginie Guibbaud, Elisabeth Kiledjian/Les Films d’Ici-Normandy Productions-Arte France (Arte 26.4.14), 84 min. – av. Vincent Deniard (Guillaume le Conquérant), Eric Challier (Taillefer), Géraldine Martineau (Mathilde de Flandre), Tarcelin Kirtley (Harold Godwinson, roi d’Angleterre), Eric Dougnon (Odon), François-David Cardonne (Robert le Magnifique, père de Guillaume), Laurent Cottel (le messager du roi de France), Alexandre Zambeaux (Guillaume d’Arques), François Roy (Geoffroy de Montbray), Alice Déal (la traductrice anglaise), Genti Kame (Lanfranc), Edward Akrout (Wilhelm Fitz Osbern), Yohann Chopin et Xavier Hosten (barons de Lillebonne), Fabrice Josso, Olivier Hémon (seigneurs), Féodor Atkine (narration).
Docu-fiction encadré par Pierre Bouet, professeur honoraire à l’université de Caen, plutôt bien écrit par Jacques Dubuisson et soutenu devant la caméra par une dizaine d’associations de reconstituants. Le film est tourné en Normandie, à la cathédrale de Bayeux, à Colombiers-sur-Seulles, dans le Bessin, dans le Cotentin, près de Lessay, au château de Creully, au tumulus de Colombiers sur Seuilles, dans l’église de Thaon, à Pyrou, Saint-Germain-sur-Ay et Cherbourg (où l’on utilise le navire de guerre viking « Dreknor » recrée par l’association locale Dreknor). Du l’ouvrage honnête et instructif.
Le roi légendaire Ragnar Lothbrok (Travis Fimmel) envahit la Northumbrie dans la série « Vikings ».
2013-2017**(tv) Vikings (CA/IR) de Johan Renck, Ciarán Donnelly, Ken Girotti, Kari Skogland, Jeff Woolnough, Kelly Makin, Daniel Grou, David Wellington et Stephen St. Leger
Eliza Mellor, Steve Wakefield/Octagon Films-Take 5 Productions-World 2000 Entertainment-Shaw Media-Metro Goldwyn Mayer (History Channel Canada saison 1: 3.3.-28.4.13), 9 x 44 min. / (saison 2: 27.2.-1.5.14), 10 x 44 min. / (saison 3 : 21.5.-18.6.15), 10 x 44 min. / (saison 4: 18.2.16-1.2.17), 20 x 44 min. / (saison 5: 2017), 20 x 44 min. – av. Travis Fimmel (Ragnar Lothbrok), Katheryn Winnick (Lagertha, sa femme), Clive Standen (Rollo Lothbrok, son frère), Jessalyn Gilsig (la comtesse Siggy Haraldson), Gustaf Skarsgård (Floki, constructeur de drakkars), George Blagden (Athelstan, moine anglo-saxon), Gabriel Byrne (Haraldson, comte de Kattegat), Alyssa Sutherland (la princesse, puis reine Aslaug, deuxième femme de Ragnar), Donal Logue (le roi Horik de Danemark), Nathan O’Toole (Björn Lothbrok /Côtes-de-Fer, fils de Ragnar et Lagertha), Ruby O’Leary (Gyda Lothbrok, son frère), Jefferson Hall (Torstein), Tadgh Murphy (Arne l’archer), Diarmaid Murtagh (Leif Eriksson), Ivan Kaye (Aella, roi de Northumbrie), Peter Gaynor (Lord Edgar, son conseiller), Maude Hirst (Helga), Will Irvine (frère Cenwulf, du monastère de Lindisfarne), Des Braiden (le père Cuthbert, abbé de Lindisfarne), Jonathon Kemp (Lord Wigea, autre conseiller royal d’Aella), David Murray (le prince Aethelwulf, frère d’Aella), Cathy White (la reine Ealhswith de Northumbrie, épouse d’Aella), Eddie Drew (le dieu Odin, dans les visions de Ragnar), Linus Roache (le roi Egbert de Wessex et roi de Mercie), Moe Dunford (Aethelwulf de Mercie, son fils), Edmund Kente (Swithern, l’évêque de Winchester), Philip O’Sullivan (l’évêque Edmund), Duncan Lacroix (Ealdorman Werferth), Alan Devine (Ealdorman Eadric), Sarah Greene (la princesse Judith, fille d’Aella), Amy Bailey (la princesse Kwenthrith de Mercie), Aaron Monaghan (Burgred de Mercie, son frère), Lothaire Bluteau (Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne), Seán T. O Meallaigh (Prudentius), Owen Roe (le comto Odo), Niall Cusack (l’abbé Lupus), Peter Franzén (le roi Harald Finehair), Declan Conlon (le prince Wigstan de Mercie), Jonathan Rhys Meyers (l’évêque Heahmund), Ferdia Walsh-Peelo / Isaac O’Sullivan / Conor O’Hanlon (Alfred de Wessex, futur Alfred le Grand), Darren Cahill (Aethelred de Wessex, son père), Greg Orvis (Siegfried von Xanthen), Dianne Doan (Yidu), Owen Roe (le comte Odo), Jasper Pääkkönen (Halfdan Lothbrok le Noir, fils de Ragnar), Morgane Polanski (princesse Ghisla, l’épouse de Rollo), John Kavanaugh (le pape Léon IV), Edvin Endre (Erlendur), Alex Høgh Andersen (Ivar Lothbrok, fils de Ragnar).
Écrite par l’Anglais Michael Hirst, cette méga-télésérie de 69 épisodes (soit 50 heures étalées sur cinq saisons) conte les exploits du chef viking Ragnar Lothbrok/Lodbrök (« Ragnar aux Braies Velues »), roi semi-légendaire de Suède et de Danemark qui régna à une époque indéterminée entre 750 et 850 et fut longtemps le fléau des Anglais et des Francs carolingiens (Ernest Borgnine l’interprète dans The Vikings/Les Vikings de Richard Fleischer en 1958, cf. supra). Réputé pour ses scénarios à sujets historiques (Elizabeth et Elizabeth : L’âge d’or avec Kate Blanchet en 1998 et 2007, les séries Les Tudors en 2007 et Camelot en 2011), Hirst se base sur les seuls écrits existants, rédigés plusieurs siècles après les invasions danoises, tels que Ragnars saga Lodbrókar et Ragnarssona páttr (XIIIe s.) ou le Gesta Danorum de Saxo Grammaticus (XIIe s.). Grand soldat, Ragnar finit par être capturé par le roi anglais Aella et jeté dans une fosse remplie de serpents (de loups, dans le film de Fleischer). La tradition voudrait qu’il ait déclamé avant de mourir un long poème scaldique, les Krákumál, qui se conclut par « Je vais mourir en riant ». Hirst fignole un voyage à mi-chemin entre la mythologie et l’Histoire fantasmée. Il ne cache rien de la férocité de ses guerriers nordiques (qui tuent « sans méchanceté »), tout en restant rigoureux sur ce qu’on sait des coutumes de l’époque (les Scandinaves pratiquaient une forme de démocratie, les femmes tenaient un rôle majeur dans la société, mais en revanche, erreur : elles ne participaient pas au combat !) et en s’écartant des caricatures de Vikings avinés portant des casques à pointes (une pure invention). Le résultat en fait une des séries cathodiques les plus réussies de ces dernières années.
Synopsis : Attiré par les terres opulentes à l’ouest du Danemark, Ragnar initie clandestinement les premiers raids vikings sur les côtes anglaises avec son équipage et sa famille, parmi lesquels son frère et rival, le colosse Rollo, et sa première épouse, la farouche Lagertha ; son ami Floki lui a construit un nouveau drakkar, capable de naviguer dans des régions inconnues. Il brave ainsi les discours de son suzerain, le comte Haraldson, despote égocentrique et brutal qui privilégie la piraterie de routine dans la Baltique et en Russie, comme il en a été décidé au Thing, l’assemblée locale des paysans, commerçants et guerriers à Kattegat (lieu fictif). La première expédition de Ragnar vise l’abbaye de l’île northumbrienne de Lindisfarne, fondée en 635 par Aidan, un moine irlandais de Iona, et devenu la base de la christianisation du nord de l’Angleterre. Lors du raid du 8 juin 793 (2e épisode, « Wrath of the Northmen »), ses guerriers tuent une partie des moines et emmènent d’autres comme esclaves ; parmi ceux-ci le jeune Athelstan, que Ragnar prend sous sa protection, très surpris qu’un livre (sacré) ait plus de valeur à ses yeux qu’un crucifix en or, et qui deviendra le précepteur de ses enfants. (La participation de Ragnar au sac de Lindisfarne n’est historiquement pas avérée.) De retour à Kattegat, le téméraire doit rendre des comptes à Haraldson, qui confisque la majorité du butin, puis autorise un second raid. Renseigné par Athelstan, Ragnar retourne en Northumbrie où une délégation du roi Aella accueille ces faux marchands avec bienveillance ; ils sont massacrés par les Vikings (3e épisode, « Dispossessed ») qui pillent le village de Hexham puis écrasent la troupe de Lord Wigea, envoyée par Aella (4e épisode, « Trail »). A Kattegat, Ragnar est la victime d’intrigues, tue Haraldson en combat singulier et devient lui-même comte. Au printemps, il arme trois nouveaux drakkars pour la Northumbrie et remonte le fleuve de la Tyne. Aella fait jeter son conseiller, Lord Wigea, dans une fosse aux serpents et se prépare à la bataille contre Ragnar (6e épisode, « Burial of the Dead »). Les Vikings assiègent le château du prince Aethelwulf, frère d’Aella, et le capturent. Aella accepte de payer une rançon pour le départ des envahisseurs, puis attaque les Vikings par traîtrise. Ragnar lui transmet le cadavre d’Aethelwulf avant de regagner le Danemark (7e épisode, « A King’s Ransom »).
Le roi Aella de Northumbrie (Ivan Kaye) accueille Egbert de Wessex (Linus Roache) dans la série Vikings.
 Toute la deuxième saison de cette télésérie narre la confrontation de Ragnar et du roi Egbert/Ecgberht de Wessex (couronné en 802, décédé en 839), qu’il bat devant Winchester avant de s’emparer des trésors de l’abbaye (2e et 3e épisodes, « Invasion » et « Treachery »). Aella arrive à la rescousse dans le Wessex, et Egbert lui propose un mariage entre son fils aîné, Ethelwolf, et la fille d’Aella, Judith (7e épisode, « Blood Eagle »). Inspiré par les anciennes tactiques romaines que lui a révélées Athelstan, Egbert remporte une victoire décisive sur Ragnar (9e épisode, « The Choice »). Dans la troisième saison, Ragnar et son clan reviennent dans le Wessex pour s’y établir en colons et alliés d’Egbert contre Burgred de Mercie, le souverain du plus puissant royaume de l’île (1e et 2e épisodes, « Mercenary » et « Warrior’s Fate »). A la fin de la saison 3, les Vikings se déplacent chez les Francs en remontent la Seine avec 120 drakkars et 5000 guerriers. Dans la saison 4, le frère de Ragnar, Rollo, fonde le royaume de Normandie, tandis que les autres Vikings continuent à sévir entre la Mercie et le Wessex où Alfred – le futur Alfred le Grand -, d’abord enfant, puis jeune prince anglo-saxon, se profile comme un adversaire de taille (à partir du 2e épisode, « Kill the Queen »). Rouen et Nantes sont dévastés. En 845, Ragnar assiège en vain Paris ; il est grièvement blessé en combattant Rollo, converti au christianisme, défenseur de la cité et assisté des troupes de Charles le Chauve, petit-fils de Charlemagne. De retour en Angleterre, déconfit, lâché de toutes parts après cette défaite, Ragnar est capturé par les Saxons d’Egbert et livré en cage au roi Aella ; celui-ci le fait torturer, puis jeter dans un puit grouillant de serpents venimeux (« All His Angels », épisode 15). Alors que l’épouse de Ragnar, Aslaug, est tuée par Lagertha (qui à son tour se fait empaler en offrande aux dieux), les cinq fils du grand Viking organisent une offensive générale pour venger leur père. Traqué, Aella subit le terrible supplice de l’aigle (« The Great Army » et « Revenge », épisodes 17-18). La saison suivante oriente son récit vers la Méditerranée, que Björn Côtes-de-Fer et les autres fils de Ragnar envisagent d’explorer – et exploiter.
Compte tenu de l’historiographie vacillante sinon lacunaire à disposition, le scénario s’autorise quelques écarts dans la mythologie germano-scandinave ; ainsi, Ragnar s’unit en secondes noces à la princesse Aslaug, fille de la Valkyrie Brunhilde et de Siegfried/Sigurd von Xanthen, le tueur de dragon des Nibelungen. Hirst contrebalance ces broderies en forme de clins d’œil par des annotations culturelles d’une belle objectivité et des considérations inhabituelles : Lagertha, l’épouse de Ragnar, est une valeureuse guerrière (une entorse : les femmes vikings ne combattaient pas) blessée par son infidélité et qui devient lesbienne. Ragnar s’interroge sur Odin, dieu de la Guerre et du Savoir, et sur la nature déroutante du Christ. L’esclave saxon Athelstan, moine chrétien en terre païenne, apprend à respecter la civilisation scandinave et familiarise son maître et protecteur avec les valeurs occidentales tout en étant lui-même fasciné par les prophéties qu’annoncent et la sagesse que véhiculent certains grands-prêtres danois – refléxions qu’illustre d’ailleurs une télésérie parallèle diffusée en 2016, Vikings : Athelstan’s Journal de Lucas Taylor (cf. Scandinavie). Portée par l’Australien Travis Fimmel en Ragnar, brute à fleur de peau (barbe, tresse unique, crâne rasé et tatoué), la production est une commande de la branche canadienne History Channel. Elle est mise sur pied à partir de juillet 2012 avec un budget confortable (40 millions de $ pour la première saison) ; le tournage a lieu principalement en Irlande, aux studios de Ballyhenry à Ashford, puis à Luggala (Wicklow Mountains), au Canada (Searchmont et Prince, Ontario), puis enjolivés par quelques paysages en Norvège. L’accueil public initial est enthousiaste (6 millions de spectateurs aux USA) et la critique vante à raison une facture très soignée et une réalisation toujours adroite. Hélas, la série finit par être victime de son succès : au fil des saisons et des allers-retours martiaux fatalement répétitifs entre la Scandinavie, les îles britanniques et la Francie, l’ensemble perd peu à peu de son épaisseur, de son atmosphère et de son dépouillement initial pour ressembler de plus en plus à un soap sanglant. – ES : Vikingos.
2014(vd) Viking : The Berserkers (Vikings – L’Âme des guerriers) (GB) d’Anthony Smith
Graham Davidson, Antony Smith/Lindisfarne SPV1, 93 min. – av. Sol Heras (Wade), Simon Armstrong (Aelle), Jason May (Koll); Kezia Burrows (Volva), Amber Jean Rowan (Aidan), Douglas Russell (Skagi), Nick Cornwall (Grim), Anthony Baines (Solveig), Jason May (Koll), Nathan Sussex (Hrok), Harry Feltham (Greeg), Lily Stanton (Leah), Freddie Hutchins (Ingwald).
En Angleterre en 835, un groupe de cinq jeunes Saxons est capturé par un redoutable clan de guerriers vikings drogués et outrageusement peinturlurés, surnommés « Berserkers » (litt. « les mercenaires »). Les jeunes gens sont utilisés comme proies dans un ritual effroyable de chasse à l’homme en l’honneur d’Odin… Un « survival » pour public adolescent, nourris d’effets gores et évidemment dépourvu de la moindre assise historique : c’est Mad Max dans le cadre de Hunger Games. – DE : Vikings – Die Berserker.
2014(vd) Northmen - A Viking Saga (Northmen – Les Derniers Vikings) (CH/DE/ZA) de Claudio Fäh
Ralph S. Dietrich, Karin G. Dietrich/Ascot-Elite Film AG (Zürich)-Jumping Horse Film (Hannover)-Two Oceans Productions Ltd. (Capetown), 97 min. – av. Tom Hopper (Asbjörn), Ed Skrein (Hjorr), Ryan Kwanten (le moine Conall), James Norton (Björn), Charlie Murhpy (Inghean), Leo Gregory (Jorund), Ken Duken (Thorald), Charlie Murphy (la princesse Inghean), Ed Skrein (Hjorr), Anatole Taubman (Bovarr), Danny Keogh (le roi Dunchaid).
En 870, bannis de Norvège par le roi Harald Ier à la Belle Chevelure, Asbjörn et ses Vikings proscrits font naufrage sur les côtes écossaises, non loin de l’île de Lindisfarne dont ils comptaient piller le riche prieuré afin de payer leur retour en grâce; ils ne sont que sept à avoir survécu. Attaqués par des soldats qui escortent la princesse Inghean, ils les mettent en fuite et s’emparent de la jeune femme dans l’espoir d’en tirer une rançon. Alors qu’ils sont poursuivis par les mercenaires à cheval du roi Dunchaid dits “les Loups des Carpathes”, un ermite chrétien, Conall, guide les Vikings naufragés vers le Danelaw, territoire scandinave au sud de la Northumbrie anglaise. – Une lutte âpre pour la survie, filmée en Afrique du Sud (Cango Caves v. Oudtshoorn) et en Allemagne par un Suisse exilé à Los Angeles. Psychologie zéro, mais de bonnes scènes d’action, selon les schémas usuels. – IT: I Vichinghi, ES: Northmen – A Viking Saga.
2014Sword of Vengeance (GB) de Jim Weedon
Vertigo Films, 86 min. – av. Stanley Weber (Shadow Walker), Annabelle Wallis (Anna), Ed Skrein, David Legeno, Karel Roden (le comte Durant), Edward Akrout (Sire Roman), Gianna Giardinelli (Sire Artus).
En 1068/69, au lendemain de la bataille de Hastings, le prince normand Shadow Walker s’efforce de venger son père, assassiné par son oncle, le cruel comte Durant, qui gouverne le nord de l’Angleterre avec ses fils dégénérés Artus et Roman. Il rejoint une armée de paysans rebelles, des Saxons menés par la belle Anna, et ensemble ils terrassent les scélérats. – Les scénaristes se réfèrent lointainement à la terrible répression de Guillaume le Conquérant en Northumbrie. Une suite ininterrompue de violences gratuites et hyper-sanglantes, sur le modèle de l’italo-western et des bandes japonaises de samouraï, filmée en automne-hiver 2013 en Serbie dans des teintes monochromatiques déprimantes.
Alfred le Grand (David Dawson) affronte les Vikings du roi Guthrum (« The Last Kingdom », 2015-17).
2015-2017*(tv) The Last Kingdom (GB/US) de Nick Murphy (1,2), Anthony Byrne (3,4), Ben Chanan (5,6) et Peter Hoar (7,8,9,10)
Dominic Barlow, Gareth Neame, Nigel Marchant, Stephen Butchard, Chrissy Skinns/Carnival Film & Television Ltd.-Netflix-BBC Two-BBC America (BBC America 10.10.-28.11.15 / BBC2 22.10.-10.12.15 / BBC2 16.3.17-), 16 x 58 min. (2 saisons) – av. Alexander Dreymon / Tom Taylor (Uhtred de Bebbanburg / Uhtred jeune), David Dawson (Alfred le Grand), Harry McEntire (Aethelwold), Emily Cox / Jocelyn Macnab (Brida adulte et jeune), Thomas W. Gabrielsson (le roi viking Guthrum), Jason Flemyng (le roi Edmond d’Est-Anglie), Alec Newman (le roi Aethelred de Wessex, frère d’Alfred le Grand), Eliza Butterworth (Aelswith/Edwige, princesse de Mercie, épouse du roi Alfred), Rune Ternte (Ubba), Ian Hart (Beocca), Nicholas Rowe (le moine John Asser, futur évêque de Sherborne), Amy Wren (Mildrith, épouse chrétienne d’Uhtred), Ole Christoffer Ertvaag (Sven), Alexandre Willaume (Kjartan, son père), Rutger Hauer (Ravn), Matthew Macfadyen (le roi Ealdorman Uhtred de Bebbanburg), Peter Gantzler (le comte Ragnar sans Peur), Tobias Santelmann (Ragnar le Jeune), Charlie Murphe (la reine païenne Iseult de Cornouailles), Joseph Millson (Aelfric), Alexandre Willaume (Kjarten), Henning Valin Jakobsen (Storri), Madeleine Power / Julie Bache-Wiig (Thyra, fille de Ragnar, jeune et adulte), Andrew Lucacs (Sven jeune), Thure Lindhardt (Guthred), David Schofield (l’abbé Eadred), Eva Birthistle (Hild), Gerard Kearns (Halig), Millie Brady (Aethelflaed, épouse du roi Aethelred), Adrian Bouchet (Steapa), Simon Kunz (Odda l’Ancien), Brian Vernel (Odda le Jeune), Peter McDonald (frère Trew), Richard Rankin (le père Hrothweard), Christian Hillborg (Erik), Jeppe Beck Laursen (Haesten), Erik Madsen (Fiske), Ingar Helge Gimle (Gelgill), Ole Christoffer Ertvaag (Sven), Arnas Fearavicius (Sihtric), Peri Baumeister (Gisela), Marc Rissmann (Tekil).
Uhtred de Bebbanburg est le principal protagoniste de The Saxon Stories, une suite de neuf best-sellers (à ce jour) imaginés par l’Anglais Bernard Cornwell – dont les deux premiers romans, The Last Kingdom (2004) et The Pale Horseman (2005), sont ici adaptés pour la télévision par Stephen Butchard. Cornwell, auteur à succès – on lui doit les romans et téléfilms du fusilier Sharpe, l’adversaire de Napoléon en Espagne (1981 ss.) – a emprunté le nom de son héros à Uhtred le Hardi, « ealdorman » de Northumbrie à partir de 1006, établi à Bamburgh Castle et assassiné en 1016. Orphelin païen en quête d’identité, longtemps déchiré entre deux cultures, l’anglo-saxonne et la danoise, l’Uhtred de Cornwell participe, de gré ou de force, à toutes les étapes déterminantes du règne d’Alfred le Grand et contribue à l’émergence d’un royaume uni d’Angleterre. A l’origine de cette ambitieuse télésérie, on retrouve les producteurs de Downton Abbey, Carnival Film.
Synopsis : En 866, les drakkars du comte danois Ragnar sans Peur débarquent en Northumbrie. Ragnar affronte Uhtred, le roi saxon de Bebbanburg, défait son armée et, le roi étant tombé au combat, réduit son fils cadet, Uhtred le Jeune, 10 ans, en esclavage. Des années plus tard, de retour au Danemark, Ragnar adopte Uhtred lorsque celui-ci sauve sa fille Thyra que persécute Sven, le fils de son constructeur de bateaux Kjartan. Kjartan se venge en incendiant le village de Ragnar qui périt dans les flammes avec les siens. Seul Uhtred échappe au brasier et le roi viking l’accuse d’avoir tué son père adoptif. Ne parvenant pas à prouver son innocence, Uhtred s’enfuit en Angleterre, à Winchester (capitale de Wessex) avec Breda, une esclave saxonne. Il est témoin du décès du roi Edmond d’Est-Anglie (en 869), dit Edmond le Martyr, mort en saint sur le champ de bataille. Alfred de Wessex se méfie des païens que sont Uhtred et Breda, mais à la mort de son frère Aethelred, il monte sur le trône et s’adjoint Uhtred comme conseiller militaire et diplomatique. Celui-ci entraîne les soldats d’Alfred et leur enseigne les tactiques vikings et, sur demande du roi, épouse la chrétienne Mildrith qui lui donne un fils ; en contrepartie, il obtient le commandement de la petite flotte saxonne. A la bataille de Cynwit (en 878), il écrase les Danois du roi Guthrum aux côtés d’Alfred ; après son autre défaite à Ethandun/Edington, cette même année, Guthrum se convertit au christianisme. La trève qui s’installe ainsi dans le pays permet à Uhtred de gagner la Northumbrie afin de récupérer les terres de ses ancêtres à Bebbanburg/Bamburgh et par la même occasion venger la mort de son père adoptif, Ragnar sans Peur, assassiné par Kjartan.
La série, tournée en Hongrie (à 26 kilomètres de Budapest, dans le « village médiéval » des Studios Korda à Etyek), en Grande-Bretagne (North Wales, County Durham, Nose’s Point vers Seaham) et sur les côtes du Danemark à partir de novembre 2014, est très favorablement accueillie, captivant une moyenne de 2,7 millions de téléspectateurs en Grande-Bretagne. Le public et les critiques en apprécient le ton sérieux, le suspense, l’assise historique – qui la différencient agréablement du trop fantaisiste Game of Thrones. Nomination aux Royal Television Society Awards. Une deuxième saison co-produite avec Netflix suit en 2017. – Episodes (pas de titres anglais) : 1. « Uhtred, fils d’Uhtred » – 2. « Le Royaume de Wessex » – 3. « Serment d’allégeance » – 4. « Gages de loyauté » – 5. « La Justice de Dieu » – 6. « La Reine de l’ombre » – 7. « Les Marais » – 8. « A la vie à la mort ». A suivre.
2016The Last Viking / Hardrada’s Saga (GB) de Philip Stevens
Philip Stevens, Giles Kristian/World Serpent Productions-Urban Apache Films-Lincoln School of Film and Media, 14 min. – av. Philip Stevens (le roi viking Harald III Hardrada), David Clayton (le dieu Odin).
Mort et arrivé au Valhalla, dans la fortification d’Åsgard, le roi de Norvège raconte en termes fleuris au dieu Odin sa défaite contre les Anglais à la bataille de Stamford Bridge (1066) et le retrait définitif des Vikings d’Angleterre. Un court métrage écrit par le romancier Giles Kristian, auteur de la série des Raven.
Harald Godwinson (Adan James, à g.), dernier roi anglais, marche sur Hastings (1066 – A Year to Conquer England).
2017(tv) 1066 – A Year to Conquer England (GB) de Robin Dashwood (1), Tim Dunn (2) et Nicola Seare (3)
Robin Dashwood, Tim Dunn, Cameron Balbirnie/BBC Studios (BBC2 28.2.+7.3.+19.3.17), 3 x 55 min. – av. Ed Stoppard (Guillaume le Conquérant), Clive Russell (le roi viking Harald III Hardrada), Adan James (Harold Godwinson, roi d’Angleterre), Tim Preece (Edouard le Confesseur), Freya Parker (Matilda), Simon Meacock (Gyrth), Jotham Annan (Robert de Beaumont), Alun Raglan (Tostig Godwinson), Andrew Havill (l’archevêque Stigand), David Sterne (un noble anglais), Dan Snow (présentation), Juliet Stevenson (narratrice).
2017/181066 The Film (GB) de Robin Jacob
Robin Jacob, Christopher Carson, Ted Kotcheff, Lance Prebble, Gary Van Haas/1066 The Film, 142 min. – av. Olivia Hussey (la comtesse Gytha), Kate Maberly (Eadgyth Godwinson), Katia Winter (Edith Swanneck), Susan George (la reine-mère Emma, veuve de Knut le Grand), Ian Whyte (Hardrada), Lee Arenberg (Robert Champart), Martin Klebba (Turold), Mark Lester (Harold Godwinson, roi d’Angleterre), Matthias Hues (Hugues de Montfort), Anthony De Longis (Walter Gifford), Martin Delaney (Leofwine, frère de Harold), Jeff Stewart (le comte Siward), John Altman (le comte Léofric), Giles Alderson (Tostig, frère de Harold), Dominic Hall (Eadric), Hazel D’Jan (une femme sarrasine).
L’année qui changea le destin de l’Angleterre : le roi Harold défait non sans peine les Vikings de Harald III Hardrada, mais se laisse surprendre par l’invasion des Normands. Un scénario de Helen Hollick et Robin Jacob à tourner au pays de Galles (en préparation depuis 2008).
2018The Lost Viking (GB) d’Êmmet Cummins
David Shillitoe Antony Smith, Rhodri Davies/The Lost Viking Prod-Tornado Studios., 103 min. – av. Dean Ridge (Vitharr), Ross O’Hennessy (Wyman), Kezia Burrows (Herja), James Groom (Dominus Cassius), Ioan Hefin (l’ermite), Chris Hampson (Skuld), Ian Virgo (Asbjorn).
Vitharr, un jeune Viking, débarque en Angleterre avec sa famille et son clan, dans l’espoir de vivre aventures et de conquêtes. Mais le groupe est pris dans une embuscade et Vitharr, unique survivant, blessé, perdu, doit traverser le pays dangereux à la recherche du domaine de son oncle. Simple prétexte à poursuites et coups d’épée.