IX - PROCHE- ET MOYEN-ORIENT MUSULMAN

5. Contes et légendes d’Orient

5.4. L’univers des « Mille et Une Nuits »

1937(tv) Hassan (GB) de George More O'Ferral
"Theatre Parade", BBC Television (BBC 7.+14.6.37), 2 parties. - av. Frank Cellier (Hassan), D. A. Clarke-Smith (le caliphe Haroun al-Rachid), Greer Garson (Yasmine), John Wyse (Rafi), Robert Adams, George Carr, Leong Foo, Eric Fort, Boris Ranevsky, Ivan Samson, D. Bryant, F. Callen, J. Johns, E. Skeet et les danseuses Joan Butterfield, Renee Joliffe, Alisonne Keighley, Thérèse Langfield et Mayura Vincent.
Un ensemble d'extraits de la pièce en vers et cinq actes de James Elroy Flecker (1923), oeuvre posthume pourvue d'une musique de Frederick Delius: l'histoire de Hassan de Bagdad et comment il entreprit le Voyage d'Or pour Samarkande. Une mise en scène assez élaborée, enregistrée en direct aux studios BBC d'Alexandra Palace (South London). Les débuts à l'écran de Greer Garson, qui deviendra une star à Hollywood ("Mrs. Miniver" de William Wyler, 1942).
Arabian Nights (Les Mille et Une Nuits) de John Rawlins (1942).
Les Mille et Une Nuits (Hikâyât alf layla wa layla) sont un corpus hétérogène de 262 récits, légendes et anecdotes enrichis de l’imagination de tous les peuples du Moyen-Orient, mêlant histoires d’amour, épopées guerrières, farces burlesques, chasse aux trésors et sagas d’aventures. Le merveilleux y est représenté par des djinns menaçants (et souvent bornés), des sorcières et magiciens experts en métamorphoses, des objets aux pouvoirs stupéfiants (tapis volant) et des créatures fantastiques (l’oiseau Rukh/Roc, le cheval ailé).


La préhistoire de ces fables se situe en Inde, en Chine, en Perse, en Syrie, en Grèce, mais c’est en Irak, aux VIIIe et IXe siècles qu’ils prennent, enrichis d’ajouts successifs, leur forme et leur cadre définitifs, parallèlement à l’avènement de la dynastie arabe des Abbassides et au transfert du califat de Damas à Bagdad. HAROUN AL-RACHID [Hârûn ar-Rashîd ibn Mahdi, 783-809], dont le titre de calife (dès 786) lui confère l’autorité sur la totalité des musulmans à l’exception de ceux d’Espagne, est un des rares personnages historiques à figurer dans ces contes, jouant le rôle d’inspecteur noctambule. Fils du précédent calife et d’une esclave berbère, Haroun Al-Rachid porte l’empire arabe et sa capitale à son apogée, offrant l’exemple d’une civilisation raffinée (où règne une certaine permissivité sexuelle) dont, justement, les récits des Mille et Une Nuits conservent le souvenir. En trois ou quatre générations, la population de Bagdad s’élève jusqu’à près de deux millions d’habitants, ce qui en fait la plus grande métropole de son époque, et l’Empire des Abbassides est alors plus vaste que celui d’Alexandre ou de Rome.
Le compendium des contes est finalement complété dans l’Égypte des XIe et XIIe siècles, mais il est difficile de parler d’une forme vraiment aboutie avant le XVIIIe siècle. C’est l’orientaliste français Antoine Galland qui, le premier en Occident, ramène de Syrie, traduit et publie une collection partielle des contes en sept volumes de 1704 à 1706 ; il y intercale les sept voyages de SINBAD [Sindibâd], l’astucieux marin de Bassora, qu’il a lui-même découpés en plusieurs « nuits ». La sensualité sans ambages des textes originaux est gommée. Le succès en librairie étant foudroyant, Galland poursuit sa quête en étoffant son recueil d’autres contes en 1712, dont celui d’ALADIN (et sa lampe merveilleuse) et d’ALI-BABA (et les 40 voleurs), qui ne font, stricto sensu, pas partie du corpus original, alors qu’ils sont aujourd’hui aux yeux du public occidental l’exemple même du conte des Mille et une nuits. Toujours en France, la fameuse mais approximative traduction de Joseph-Charles Mardrus (1899 à 1903), qui exacerbe l’exotisme et le faste tout en soulignant la perspective érotique des fables, va fortement influencer les artistes et l’intelligentsia parisienne de la « Belle Époque ». En 1835 paraît la première édition égyptienne imprimée (au grand dam des bigots intégristes) à partir d’une nouvelle compilation établie par Hermann Zotenberg. August Ernst Zinserling (1823/24) et Max Habicht (1825) livrent une version allemande, mais la première traduction rigoureusement fidèle aux manuscrits originaux arabes provient de Sir Richard Burton (16 vol., 1885-88), et provoque un tollé dans la prude Angleterre victorienne. Les contes s’imbriquent souvent les uns dans les autres, formant une trame narrative de récits gigognes, un cumul de mises en abyme (A décrit les péripéties de B qui, lui, évoque le vécu de C qui, à son tour, retrace les exploits de D).

Leur récit-cadre est entièrement imaginaire et se déroule à la cour perse d’un roi sassanide fictif nommé SHAHRYAR [Sheharyar], sultan dont l’empire s’étendrait jusqu’à la frontière chinoise, en passant par l’Inde, tandis que son frère cadet Shahzaman règne sur Samarcande. Traumatisé par l’adultère de sa favorite (qu’il a fait condamner à mort) et affirmant que toutes les femmes sont perfides, Shahryar décide d’épouser chaque jour une vierge qu’il fait exécuter au matin de la nuit de noces pour se venger. Afin de mettre un terme à la tuerie, SHÉHÉRAZADE [Shahrâzâd], fille aînée du Grand Vizir Jaffar, se porte volontaire, mettant au point un stratagème avec la complicité de sa sœur cadette Dinarzade. Après son mariage, le soir venu, elle raconte une histoire palpitante au sultan … sans la terminer. Son époux est tellement avide de connaître la suite du conte qu’il lui laisse la vie sauve pour une journée de plus. Cet enchaînement d’histoires sans fin, maintenant le sultan perpétuellement en haleine (et la narratrice en vie), se poursuit pendant mille et une nuits – au bout desquelles Shahryar abandonne sa résolution, revient de ses préventions contre les femmes et décide de garder Shéhérazade (qui lui a entre-temps donné trois enfants) auprès de lui pour toujours, ayant reconnu ses exceptionnelles qualités de cœur et d’esprit. Car chacun de ses contes retrace, par les actions de ses protagonistes, le triomphe de valeurs telles que la piété, la générosité, la tolérance. Quant à Dinarzade, elle épouse Shahzaman.

L’influence de ces contes en Europe, en particulier dans le domaine musical et théâtral, est manifeste, comme en témoignent par exemple l’opéra-comique Abu Hassan de Carl Maria Weber (1811), la tragédie lyrique Ali Baba de Luigi Cherubini (1833), l’opérette Tausend und eine Nacht de Johann Strauss (1871), les vers du Livre de Schéhérazade de Tristan Klingsor (1903) mis en musique par Maurice Ravel (1904), la création du Shéhérazade de Serge Diaghilev et Léon Bakst pour les Ballets Russes (1906) à partir du poème symphonique éponyme de Nikolaï Rimski-Korsakov (1888) ou l’opéra-comique Mârouf, savetier du Caire d’Henri Rabaud (1914). En littérature, on peut mentionner les romans Vathek de William Beckford (1782) et Hajji Baba de James Morier (1824), les contes orientaux de Wilhelm Hauff (1825 ss.), le poème Recollections of the Arabian Nights d’Alfred Tennyson (1830), les nouvelles La Mille et Deuxième Nuit de Théophile Gautier (1842) et The Thousand and Second Tale of Scheherazade d’Edgar Allan Poe (1850), etc. Aux XXe-XXIe siècles, d’innombrables spectacles scéniques (Kismet d’Edward Knoblock, 1911, Chu Chin Chow d’Oscar Asche, 1916), musicals, bandes dessinées et jeux vidéo prennent la relève.
En quittant leur berceau islamique, ces contes transmis pendant un millénaire par voie orale ou écrite deviennent soudainement imagés. L’image étant une des composantes fondamentales de la civilisation occidentale, ce merveilleux venu d’ailleurs est désormais pétri de représentations visuelles, que ce soit dans l’édition (Andrew Best, Gustave Doré, George Barbier, Léon Carré, Edward Pape, Roderick McRae, Paul Iribe, Ceri Richards, Erté, Alberto Vargas, etc.), sur scène et en premier lieu à l’écran.Au cinéma, puis à la télévision, les Mille et Une Nuits ont été largement exploités, moins pour suivre pas à pas l’intrigue d’un conte particulier que pour regrouper dans de toujours nouvelles combinaisons des stéréotypes – insidieusement racistes, souvent caricaturaux – ou des patronymes évoquant les fastes, les mystères, la magie et les cruautés de l’Orient autour de quelques clichés (la caverne d’Ali Baba, le génie captif dans une bouteille, etc.). Cet orientalisme de bazar (parfois enjolivé par un esthétisme Art Déco), fermement enraciné dans l’imaginaire populaire occidental, est en priorité la résultante illustrée des craintes politiques (mouvements anticolonialistes) et fantaisies érotiques (marché d’esclaves sexuelles, orgies) : il conforte hypocritement l’a priori de la supériorité morale du monde blanc. On ne constate nulle tentative de restituer ou de comprendre l’univers représenté : à l’instar de leurs prédécesseurs au théâtre, à l’opéra ou dans les beaux-arts, ce cinéma-là mélange allégrement califes, émirs, sultans, rajahs, pachas, cheikhs ou khans, mais aussi Bagdad, Tabriz, Bassora, Chiraz ou Damas (voire le Maghreb ou l’Espagne mauresque) ; il souligne l’insalubrité des ruelles mais oublie les bains publics (alors inexistants en Europe), remplace les prières musulmanes par des gesticulations grotesques et des citations coraniques inventées, etc. Enfin, il invente des califats au Khorasan ou à Ispahan, comme s’il y avait eu des papes à Hambourg ou à Madrid.

En revanche, les scénaristes occidentaux affublent les contes originaux d’une galerie monotone de Grands Vizirs qui sont obligatoirement des traîtres (cf. la fameuse « infamie arabe », variante basanée de l’antisémitisme) et des fourbes (utilisation de drogues ou de poisons), fomentant des coups d’État à la chaîne dans des monarchies d’opérette dignes des républiques bananières que l’ethnocentrisme blanc attribue à l’Amérique latine ou à l’Afrique. Soit les souverains sont « légitimes » mais obèses, paresseux, faibles ou naïfs, soit ce sont des usurpateurs invariablement sadiques et libidineux qui rêvent de « conquérir le monde » à la tête de leurs puissantes armées. Car le péril vient de l’est. Leurs richesses insolentes, un soufflet envers toute démocratie honnête, ne peut reposer que sur l’exploitation du peuple, victimes de ces tyrans. Transformés en lupanars de luxe, leurs harems offrent une débauche de chairs exhibées qui n’a guère existé tel quel en Orient, sinon dans l’esprit du puritanisme victorien, puis américain. Les 574 pages que Jack G. Shaheen consacre à ce lot d’indécrottables préjugés dans son ouvrage Reel Bad Arabs – How Hollywood Vilifies a People (1) sont éloquentes.

Au fil des décennies, ce type de films nés d’une fascination foncièrement fantasmatique s’est ajusté à un public de plus en plus juvénile, impatient, féru d’action. Ces considérations n’entament bien sûr en rien les qualités intrinsèques, proprement cinématographiques, du genre. Aux produits familiers de Hollywood, Nice, Berlin ou Cinecittà, il faut ajouter la cuvée très particulière de Bollywood. L’orientalisme en vogue en Europe comme en Amérique a déteint sur le vaudeville et les drames musicaux vernaculaires rabâchés entre Bombay et Calcutta ; les créations des Ballets Russes (Anna Pavlova en tête) ont fortement encouragé la renaissance de la danse classique hindoue dans les années 1920-1930, appuyée par la nouvelle mouvance indo-nationaliste. Celle-ci rejette dorénavant tout repère islamisé : à l’opposé de l’orientalisme euro-américain qui confond pêle-mêle éléments pseudo-hindous et islamiques, l’Orient du cinéma bollywoodien à partir des années 1930 cherche à distinguer ce qui est indien de ce qui est « importé ». L’impact inattendu du Voleur de Bagdad (1924), film muet de Raoul Walsh avec Douglas Fairbanks, sur le box-office du subcontinent provoque un tsunami d’imitations locales, des récupérations tous azimuts, du cinéma-bis au curry fortement assaisonné d’interminables chansons et de numéros dansés. Elles s’inscrivent dans le cadre d’un cinéma à part, hybride, transnational, de culture vaguement arabo-persane, opérant des emprunts à l’Asie, aux univers moghols et rajput.
La note proprement islamique reste discrète. Divers motifs des Mille et Une Nuits sont ainsi mélangés à des légendes du folklore iranien regroupées sous le terme de qissa-dastan (genre narratif farsi, urdu et hindi) dont l’origine est vraisemblablement identique. Ainsi, Aladin, Ali Baba et Sinbad côtoient d’autres héros des films « pari » (de féeries) tels que les princes yéménites Hatimtai et Sanobar, la fée Bakavali ou la princesse égyptienne Parizad. Nous avons donc inclus ces films dans le présent chapitre, ainsi que tous ceux qui se déroulent à Bagdad sous Haroun Al-Rachid (ou ses descendants abbassides) et, par extension, toute intrigue extravagante ou fantastique qui a ses racines dans cet univers. Au risque, il est vrai, de quelques acrobaties - en ce qui concerne par exemple The Adventures of Hajji Baba (1954) de Don Weis dont l’irréalisme et une coloration fantaisiste (les noces du barbier et de la fille du calife, les Amazones turkmènes) sont consubstantiels aux contes.

En raison du caractère fantastique de la matière (qui fait appel aux trucages), le cinéma d’animation a été amplement mis à contribution. Nous mentionnons les dessins animés de long métrage dans le corpus filmographique qui suit à titre de simple rappel. Il est en revanche impossible d’énumérer tous les courts métrages (durée de moins de 50 min.) qui mobilisent des personnages ou des situations sortis des Mille et Une Nuits.

En voici un florilège, pour mémoire : Alladin and the Magic Lamp (GB/DE 1923-26) de Lotte Reiniger (Primrose Productions) ; The Magic Lamp / Aladdin’s Lamp (US 1924) de Walter Lantz (série « Dinky Doodle ») ; Aladdin and the Magic Lamp (US 1924) de Herbert M. Dawley (Pathé Exchange) ; Ko-Ko Lamps Aladdin (US 1928) de Max & Dave Fleischer (série « Inkwell Imps ») ; Aladdin’s Lamp (US 1931) de Paul Terry & Frank Moser (série « Terry-Toons ») ; Aladdin and the Wonderful Lamp (US 1934) d’Ub Iwerks (Celebrity Pictures, série « ComiColor Cartoons ») ; Aladdin's Lamp (US 1935) de Paul Terry & Frank Moser (série « Terry-Toons ») ; Sinbad the Sailor (US 1935) d’Ub Iwerks (Celebrity Pictures, série « ComiColor ») ; Sinbad et Aladdin (NL 1936) de George Pal (série « Puppetoon ») ; Popeye the Sailor Meets Sindbad the Sailor (US 1936) de Max & Dave Fleischer (Paramount, « Popeye Special » en Technicolor) ; Ali Baba (US 1936) d’Ub Iwerks (Celebrity Pictures, série « ComiColor ») ; Popeye the Sailor Meets Ali Baba’s Forty Thieves (US 1937) de Max & Dave Fleischer (Paramount, « Popeye Special » en Technicolor) ; Popeye the Sailor Meets Aladdin and His Wonderful Lamp (US 1939) de Max & Dave Fleischer (Paramount, « Popeye Special » en Technicolor) ; Ali Baba Bound (US 1940) de Robert Clampett (Warner Bros., série « Porky Pig ») ; Aladdin’s Lamp (US 1943) d’Eddie Donnelly (20th Century-Fox Terry-Toons, série « Gandy Goose ») ; Sindbad morehod (Sinbad le marin) (SU 1944/45) de Zinaïda et Valentina Brumberg (Soyuzmultfilm) ; Aladdin’s Lamp (US 1947) d’Eddie Donnelly (20th Century-Fox Terry-Toons, série « Mighty Mouse ») ; A A-Lad-In His Lamp (US 1948) de Robert McKimson (Warner Bros., série « Bugs Bunny ») ; Alladin and the Magic Lamp (GB/DE 1953) de Lotte Reiniger (Primrose Productions) ; Ali Baba Bunny (US 1956) de Chuck Jones (Warner Bros., série « Bugs Bunny ») ; Hare-Abian Nights (Une nuit chez le sultan) (US 1959) de Ken Harris, Fritz Freleng (Warner Bros., série « Bugs Bunny ») ; Ali-Baba i sorok razbojnikov (SU 1959) de Grigory Lomidze (Soyuzmultfilm, poupées) ; Alì Babà (IT 1970) d’Emmanuele et Gianini Luzzati ; The Pink of Bagdad (US 1978) d’Arthur Davis (DePatie-Freleng Enteprises, série « The Pink Panther ») ; (tv) Sinbad and the Cyclops Island (Sinbad sur l’Île aux cyclopes) (US 2003) de Patrick Gilmore (DreamWorks Animation), av. les voix de Brad Pitt (Sinbad) et Catherine Zeta-Jones (Marina). (1) Arris Books, Moreton-in-Marsh (Gloucestershire), 2003.
1898Dancing Scenes from « The Flower of Persia » (IN) de Hiralal Sen et Prof. Stevenson
Star Theatres Prod. (Calcutta et Bombay), 1 bob. – Pionnier bengalais du cinéma indien, Hiralal Sen filme une séquence dancée de The Flower of Persia, un opéra tiré des Mille et Une Nuits mis en scène sur les planches du Star Theatre, grâce à l’équipement technique et les directives d’un professeur Stevenson, spectacle qui remporte un succès local considérable (film perdu).
1899Aladdin and the Wonderful Lamp (GB) de George Albert Smith
The George Albert Smith Films (G.A.S.), Brighton, 24 m. – av. Laura Bayley (?). – Deux ans après avoir photographié ses premières « actualités » en 1897, l’inventeur G. A. Smith se lance dans la production de petits films de fiction tournés aux St. Anne’s Well Studios et aux Wild Gardens à Hove (East Sussex). Marqué par Méliès (dont il deviendra un collaborateur), Smith développe son propre système de double exposition pour les trucages qui lui permet d’aborder des sujets fantastiques comme cet Aladin. Le héros frotte sa lampe et le génie lui donne des beaux habits et un château. – DE : Aladin und die Wunderlampe.
1900Aladin et la Lampe merveilleuse (FR) de Ferdinand Zecca
Pathé Frères S. A. (Paris), cat. no. 352, 230 m. (« scène de féerie en 45 tableaux »). – Filmé dans les ateliers de Vincennes. Tableaux : 1. « La Demeure d’Aladin » – 2. « Mort du père d’Aladin. Le père d’Aladin lui apprend avant de mourir qu’il existe une lampe merveilleuse pouvant procurer à son possesseur toutes les félicités possibles » – 3. « Aladin se rend chez l’Enchanteur qui doit lui fournir les moyens de conquérir la lampe » – 4. « La Cabine de l’Enchanteur » – 5. « Satan apparaît et réclame pour lui la lampe merveilleuse. L’Enchanteur s’incline et la lui promet » – 6. « Arrivée d’Aladin » – 7. « Il part avec l’Enchanteur à la recherche de la lampe » – 8. « Arrivée dans la forêt où se trouve le jardin de la lampe » – 9. « Aladin descend dans le souterrain » – 10. « Le Jardin de la lampe » – 11. « Aladin s’empare de la lampe » – 12. « Retour d’Aladin vers l’Enchanteur qui veut lui ravir la lampe » – 13. « Refus d’Aladin. L’Enchanteur furieux le renferme dans le souterrain » – 14. « Le Jardin de la lampe. Aladin, désespéré, regarde la lampe et, apercevant une petite tache, il la frotte machinalement » – 15. « Apparition de la Fée qui le change en jeune seigneur » – 16. « Apparition des Génies de la lampe » – 17. « Ballet » – 18. « Aladin désirant un palais, les génies lui en bâtissent un » – 19. « Extérieur du palais d’Aladin » – 20. « Intérieur du palais d’Aladin » – 21. « Apparition de la Princesse » – 22. « Aladin veut épouser la Princesse » – 23. « Il part à sa recherche » – 24. « Défilé d’Aladin monté sur un cheval et suivi de toute sa cour » – 25. « Arrivée chez le Roi » – 26. « Aladin sollicite et obtient la main de la Princesse » – 27. « Départ pour la Mosquée » – 28. « Le Boudoir de la Princesse » – 29. « Aladin sort en confiant sa lampe à sa jeune femme » – 30. « Apparition de l’Enchanteur » – 31. « L’Enchanteur, profitant de l’ignorance de la Princesse, lui échange la lampe contre une plus belle » – 32. « Retour d’Aladin qui, apprenant cela, veut se suicider » – 33. « Apparition de la Fée qui l’en empêche et lui rend un peu d’espoir » – 34. « Ils partent pour reconquérir la lampe » – 35. « Au Palais de Marbre » – 36. « L’Enchanteur vient cacher la lampe » – 37. « Arrivée d’Aladin et de la Fée qui invoquent les Génies afin de retrouver la lampe » – 38. « Les Génies la retrouvent et la rendent à Aladin » – 39. « Ballet des Génies » – 40. « L’Enchanteur vient rechercher la lampe qu’il ne retrouve plus » – 41. « Stupéfaction de l’Enchanteur » – 42. « Apparition des Démons » – 43. « L’Enchanteur est saisi par eux et précipité dans une chaudière » – 44. « Aladin triomphe » – 45. « Apothéose ».
1900Alladin and the Wonderful Lamp (US) de Siegmund Lubin
Siegmund Lubin Film Mfg. Co. (Philadelphia), 50 ft. – La production n’est pas documentée. Peut-être le film Pathé de 1900 (cf. supra), exploité aux Etats-Unis sous le label Lubin, une pratique peu correcte mais courante chez cette firme.
1900Allabad, the Arabian Wizard (US) de William K. L. Dickson
American Mutoscope Co., 80 ft. – Film à trucages tourné au New York City Studio dans lequel un « magicien arabe » fait apparaïtre ou transforme un poulet, un alligator, un palmier, etc.
1902Ali-Baba et les quarante voleurs (FR) de Ferdinand Zecca
Pathé Frères S. A. (Paris), cat. no. 400, 190 m. (7 ou 12 tableaux colorés). – av. Germaine Dermoz et les danseuses de l’Opéra de Paris (tableau de l’Apothéose). – Une illustration fidèle du conte avec des décors d’Albert Colla (cf. film de 1907), quoique les quarante voleurs sont réduits à seulement dix ! Tableaux : 1. « Sésame, ouvre-toi » – 2. « Le Trésor des voleurs » – 3. « Enfin riche » – 4. « Cassim est surpris et exécuté » – 5. « Brigand découvert par la servante » – 6. « Le Faux Marchand d’huile » – 7. « Triomphe d’Ali Baba – Apothéose ». – US : Ali Baba and the Forty Thieves, DE : Ali Baba und die vierzig Räuber.
1903Alibaba and Forty Thieves / Scenes from « Alibaba » (IN) de Hiralal Sen
Hiralal & Motilal Sen/The Royal Bioscope Company (Calcutta), 1 bob. – av. des comédiens de la troupe du « Classic Theatre » que dirige Amarendranath Dutta à Calcutta. – En 1899, le photographe bengali Hiralal Sen, pionnier du cinéma indien, acquiert une caméra Urban Bioscope à Londres et fonde sa propre société cinématographique en partenariat avec son frère Motilal. Ses films se basent en grande majorité sur des spectacles du « Classic Theatre » à Calcutta. Selon des rumeurs aujourd’hui invérifiables, le « Classic Theatre » aurait aussi exploité une version complète de la pièce d’Ali Baba, d’une durée de plus de deux heures, avec des gros plans, des panoramiques et des intertitres.
L’Orient de Georges Méliès dans « Le Palais des Mille et Une Nuits » (1905).

1905Le Palais des Mille et Une Nuits (FR) de Georges Méliès
Star-Film no. 705-726, 440 m./21 min. – av. Georges Méliès (le sorcier Khalafar).
Synopsis : Quoique désargenté, Sourire, un séduisant prince d’Arabie, voudrait épouser Indigo (ou Aouda), la fille du Rajah (sic), mais elle est promise à un autre homme fortuné, l’usurier Sakaram. Un génie, le sorcier Khalafar, sort d'une lampe qui a été renversée et se met au service de l’inconsolable jeune homme. Le sorcier écoute ses doléances, le prend sous sa protection et lui confie une épée magique. Sourire triomphe alors de toutes les embûches semées sur sa route (il affronte squelettes, djinns de feu, un dragon et de monstrueux crapauds dans une Grotte de Cristal), puis, arrivé dans le Palais des Mille et Une Nuits, il reçoit un énorme trésor des mains de la Fée de l’Or. Le Prince revient à temps au palais du Rajah pour empêcher l’union d’Indigo avec l’usurier et épouser sa bien-aimée.
Cette « grande féerie orientale » en 30 tableaux mise en scène au studio-verrière de Montreuil-sous-Bois et magnifiquement colorée au pochoir offre un festival de trucages (substitutions, surimpressions, le prince combat les squelettes en préfiguration du Septième Voyage de Sinbad de 1958), des décors plus amples (le palais, la « forêt impénétrable »), le tout formant une drolatique concoction d’exotisme indo-arabo-chinois (une « cérémonie bouddhique » dans le temple de Shiva !), de Musée Grévin et de Folies Bergères. – US : The Palace of the Arabian Nights.
« Aladin ou la lampe merveilleuse » (1906) d’Albert Capellani, avec les trucages de Segundo de Chomón.
1906Aladin ou la lampe merveilleuse / La Lampe merveilleuse (FR) d’Albert Capellani [et Segundo de Chomón]
Pathé Frères S. A. (Paris), cat. no. 1506, 250 m. (dont 35 m. en couleurs)/13 min. – av. Georges Vinter (Aladin), Louise Willy, Paul Capellani, Liane de Pougy, Henri Desfontaines, André Deed.
Aladin, fils d'un pauvre tailleur, aime la fille du sultan, mais ne peut rien espérer d'elle jusqu'au jour où il rencontre un sorcier africain qui le fait entrer en possession d'une lampe aux propriétés magiques, lui permettant d'acquérir des richesses immenses, et d'épouser la princesse ... La photo et les trucages de cette féerie filmée dans les studios de Joinville-le-Pont sont du « Méliès espagnol », Segundo de Chomón (décors peints d’Hugues Laurent). Dans le casting, on note le nom de Liane de Pougny, la fameuse danseuse et courtisane de la Belle Époque, ancienne étoile des Folies-Bergères. – US : Alladin and His Wonder Lamp., DE : Aladin und die Wunderlampe.
1906Le Sorcier arabe (FR) de Segundo de Chomón
Pathé Frères S. A. (Paris), no. 1446, 55 m. (coloré). – Scène à truc : Un sorcier trace des signes sur le sable et fait apparaître de charmantes jeunes femmes. Il fait d’autres signes et elles disparaissent puis réapparaissent. Il les transforme également en fleurs.
1907Ali-Baba et les 40 voleurs (FR) de Georges Denola (?) [et Segundo de Chomón]
Pathé Frères S. A. (Paris), cat. no. 1725, 350 m. (dont 222 en couleurs). – av. Germaine Rouer. – Alors qu’Ali Baba ramasse du bois dans la forêt, il entend les mots « Sésame ouvre-toi » et voit s’ouvrir une paroi rocheuse d’où surgissent 40 voleurs. Une fois les voleurs partis, il prononce les mêmes paroles et découvre une grotte au sol parsemé de pièces d’or et où s’accumulent des tas de pierres précieuses. Il en emporte autant qu’il peut et rentre chez lui. Son frère envieux, à qui Ali à dévoilé le secret, se rend à la grotte où il se fait surprendre par les brigands. Dans le vain espoir de sauver sa vie, il trahit son frère. Le chef des bandits se déguise en marchand d’huile et il enferme ses compagnons dans des jarres d’huile en cuir. Ali le reçoit sans méfiance mais sa jeune femme, audacieuse et méfiante déjoue l’astuce des bandits. Elle met le feu aux jarres et poignarde le chef des voleurs (Catalogue Pathé). – Filmé aux studios de Joinville-le-Pont avec des décors de V. Laurent Heilbronn ; la photo et les trucages sont à nouveau de Segundo de Chomón. – DE : Ali Baba und die vierzig Räuber.
1908Kalifens Eventyr (Les Aventures du Calife) (DK) de Viggo Larsen
Nordisk Films Co. (no. 418), 180 m. – av. Carl Arlstrup, Elith Pio, Oscar Stribolt. – La découverte d’un anneau magique précipite le calife dans une série d’aventures. – DE : Abenteuer des Kalifen.
1909The Cobbler and the Caliph [=Le Savetier et le Calife) (US) de James Stuart Blackton
J. S. Blackton, Albert A. Smith/Vitagraph Company of America, 585 ft. – av. William Humphrey (Mustapha), Charles Kent (le calife), Earle Williams (Omar).
Mustapha, un savetier, est mécontent de sa vie et de son travail. Il envie le calife qui se fait porter dans les rues de Bagdad. Un derviche lui remet un anneau aux pouvoirs magiques en échange d’une paire de souliers et Mustapha émet le vœu de devenir calife. Il jouit un temps de sa vie au palais, mais il est bientôt mêlé aux intrigues de cour, à des assassinats et aux revendications de son harem. Omar, un courtisan qu’il a offensé, conspire contre lui et tente de le tuer. Mustapha fuit le palais en pleine nuit, tombe sur le derviche et le supplie de l’aider. Ce dernier le retransforme en savetier, heureux d’être à sa place.
Un démarquage du conte du savetier cairote Mârouf, filmé aux studios de la Vitagraph, au dernier étage du Morse Building (Nassau Street) à New York. Les rôles principaux sont tenus par William Humphrey et Charles Kent, qui campent, cette même année, respectivement Napoléon et le roi Arthur (Lancelot and Elaine) à l’écran.
1910Le Pêcheur et le Génie (FR)
Pathé Frères S. A. (Paris), cat. no. 3573, 215 m. (dont 197 en couleurs). – Un pêcheur ramène dans ses filets une cassette qu’il porte à sa femme. À peine celle-ci a-t-elle ouvert la-dite cassette qu’un génie en surgit qui se présente à eux avec un livre qui, dit-il, leur permettra d’obtenir tout ce qu’ils désirent. Alors qu’ils lisent le livre, le génie disparaît. Peu après, la cassette est volée. Lorsque les voleurs ouvrent la cassette, un grand chien noir en surgit et les attaque. Le pêcheur récupère alors son bien et les voleurs sont punis. (L’issue du fameux conte – issu du Cycle du djinn et du pêcheur - est escamotée, il n’est pas question ici de l’insatiabilité du pêcheur et de sa femme qui mène de la fortune à la misère.)
1910Sumurûn (DE) de Max Reinhardt
Deutsche Bioscop GmbH (Berlin), 2000 m./9 actes/74 min. – av. Bertha Wiesenthal (Sumurûn), Eduard von Winterstein (le vieux sultan), Josef Wörz (son fils), Leopoldine Konstantin (la danseuse), Harry Walden (Nur al-Din), Victor Arnold (le bossu), Elsa Wiesenthal (la servante de Sumurûn), Rudolf Blümner (le surveillant du bazar), Richard Grossmann (la vieille), Wilhelm Tabert (le marchand d’esclaves), Albert Karchow (l’eunuque en chef), Paul Conradi, Ernst Matray, Fritz Plischke.
Synopsis, cf. infra, le remake d’Ernst Lubitsch (1920). Une « pantomime orientale » du poète allemand Friedrich Freksa, écrite sur commande pour Max Reinhardt et créée le 24 avril 1910 au Deutsches Theater à Berlin, avec Paul Wegener et Alexander Moissi. L’immense succès public de la pièce – malgré des critiques plus que réservées – incitent Reinhardt à en fixer les moments forts sur pellicule, un film quasi inconnu qui sort en salle deux mois plus tard, le 4 juin 1910. Le produit est d’abord une simple captation du spectacle scénique ; devant le refus de la critique, le metteur en scène remonte le film en insérant des gros plans. En 1912, Reinhardt emmène la pièce en tournée aux États-Unis, interprétée par certains acteurs du film (Conradi, Karchow, Matray) ; elle est un « hit » à Broadway avec 62 représentations.
1911Alì Babà (IT) d’Enrico Guazzoni
Società Italiana Cines, Roma, 358 m. – av. Emilio Ghione (Ali Baba), Giovanna Terribili-Gonzales (Morgiane). – Menés par leur chef Abdul-el-Kassim, les quarante voleurs enlèvent la belle Morgiane, dont Ali Baba est amoureux, et l’enchaînent à l’intérieur de leur caverne à trésors ; Abdul veut obtenir ses faveurs par la force. Mis au courant par une amie de Morgiane, Ali Baba découvre la caverne et son mot de passe magique, libère sa bien-aimée et fait capturer les bandits. – Tourné dans les studios Cines à la Via Appia Nuova. – DE : Ali Baba.
1912The Miracle (US) de William V. Ranous
Vitagraph Co. of America (New York), 1 bob./300 m. – av. Herbert L. Barry (Haroun Al-Rachid, le calife de Bagdad), Helen Gardner (Abbassah, son épouse), Tefft Johnson (Jaffar, le Grand Vizir), James Morrison (le poète de la cour), James R. Waite (le médecin de la cour), Leah Baird (Mousali, une pauvre femme), Harry T. Morey (l’imam), Lillian Walker.
Abassah, l’épouse du calife Haroun Al-Rachid, met au monde un enfant mort-né et en perd presque la raison. Mousali, pauvre et affamée, ne sait comment nourrir son bébé. En entendant Abassah se lamenter, elle remplace discrètement l’enfant mort par son propre nourrisson. Abassah crie au miracle, c’est la joie dans le palais. Les gardes découvrent Mousali et le cadavre du bébé, ferment les yeux et proposent la jeune femme comme nourrice du futur petit prince (scénario de Charles L. Gaskill).
1913A Princess of Bagdad (US) de Charles L. Gaskill et J. Stuart Blackton (supervis.)
Helen Gardner Picture Players, 5 ou 6 bob. – av. Helen Gardner (la princesse Ojira), Robert Gaillord, Maurice Costello, William Humphrey.
La princesse Ojira, fille du calife de Bagdad, aime le fils d’un savetier, mais le calife le fait incarcérer jusqu’à ce qu’Ojira l’ait oublié. Un mystérieux étranger incite le père du malheureux à creuser le fond d’une tombe avec son cimeterre pour trouver l’entrée d’une cave secrète abritant un fabuleux trésor. Peu de temps après, le calife accepte de libérer son captif en échange de la tête de Seyn, un individu qui a menacé de le tuer si le fils du savetier restait en prison. Ojira découvre que Seyn n’est autre que le vieux savetier et retrouve son bien-aimé dans la cave. Celui-ci offre le trésor au calife qui consent enfin de lui donner sa fille. – Une saynète filmée dans le studio de Helen Gardner à Tappan-on-the-Hudson (New York).
1913Aladdin and His Wonderful Lamp (US) de Harry C. Mathews
Venus Features, 1 bob. – av. Matty Roubert (Aladin), Elsie Albert (la princesse).
1914Kismet (GB) de Leedham Bantock
Leedham Bantock/Zenith Film Company, 4000 ft./40 min. – av. Oscar Asche (Hajj), Lily Brayton (Marsinah), Herbert Grimwood (le vizir Mansur), Frederick Worlock (le calife Abdallah), Caleb Porter (Jawan, le Cheikh Blanc, père de Mansur), Suzanne Sheldon (Kut-al-Kulub, favorite de Mansur), Bessie Major (Nargis, la nourrice).
Synopsis : À Bagdad, Hajj, le mendiant, reçoit une bourse gonflée d’or d’un vieillard entrant dans la mosquée ; il reconnaît trop tard que son mystérieux donateur est son pire ennemi, recherché depuis des années : Jawan le Proscrit, le mendiant devenu brigand qui, autrefois, a enlevé sa femme et égorgé son enfant. Il est revenu à Bagdad dans l’espoir de retrouver son propre fils avant de mourir. Grâce à l’or, Hajj acquiert de beaux vêtements, mais tandis qu’il se pavane devant sa fille adorée Marsinah, il est arrêté pour vol et condamné à avoir la main tranchée. Conduit devant le Grand Vizir Mansur, il n’obtient sa grâce qu’en jurant qu’il tuera le jeune calife Abdallah avant le coucher du soleil ; en échange, Mansur s’engage à épouser Marsinah. Celle-ci s’est cependant éprise du fils du jardinier qui lui fait la cour, ignorant qu’il s’agit du calife en personne. Dans l’après-midi, lors d’une audience, Hajj s’approche du calife avec une arme, mais son bras tremble au moment fatidique, il est arrêté et incarcéré ; il parvient à s’évader après avoir étranglé Jawan, retrouvé croupissant dans la même cellule du donjon. Libre, Hajj découvre que le fils de Jawan n’est autre que le Grand Vizir comploteur. Il parvient à noyer ce dernier dans le bassin du harem où il s’est introduit pour libérer Marsinah. Une heure après, le calife élève jusqu’à lui la fille du mendiant dont il fait son épouse. Gracié, mais provisoirement banni du royaume, Hajj décide de partir le lendemain en pèlerinage à la Mecque pour expier ses crimes, puis s’endort comme d’habitude devant l’entrée de la mosquée.
À l’origine, Kismet. An Arabian Night est une pièce en trois actes – l’action se déroule le matin, l’après-midi, le soir – écrite en 1911 par le dramaturge et romancier britannique Edward Knoblock (=E. Knoblauch), et dont le titre signifie « le destin » en turc et en ourdou. Le cadre, précise l’auteur, en est le Bagdad des Mille et Une Nuits et la trame est introduite par Shéhérazade et Shahryar. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas d’une comédie romantique, mais d’un drame où il est question de vengeance, de torture, de trahison et de deux meurtres perpétrés sur scène ; les clichés de la soi-disant « cruauté orientale » abondent, enrobés de formules vaguement coraniques. Knoblock l’a écrit pour le célèbre comédien et metteur en scène australien Oscar Asche (le futur auteur de Chu Chin Chow, cf. infra, 1923 et 1934). Asche raccourcit et réécrit le texte avec l’autorisation de l’auteur pour le présenter au Garrick Theatre à Londres le 19 avril 1911. Asche tient le rôle principal, son épouse Lily Brayton joue sa fille Marsinah. C’est un véritable triomphe, la pièce reste à l’affiche pendant deux ans. Huit mois plus tard, aux Etats-Unis, Otis Skinner la monte à Broadway (cf. infra, film de 1920), tandis qu’Asche organise une tournée théâtrale en Australie (1911/12). En France, c’est le Théâtre Sarah-Bernhardt à Paris qui, le 18 décembre 1912, présente le drame dans une interprétation de Lucien Guitry (Kismet, conte arabe, adapté par Jules Lemaître de l’Académie française). Rien d’étonnant donc si le cinéma s’empare à son tour d’un sujet aussi lucratif, avec Asche et Lily Brayton devant les caméras, histoire d’exploiter leur création à travers tout le Royaume-Uni. La pièce sera à nouveau portée à l’écran en 1920, 1930, 1931, 1944 (en couleurs), 1955 (musical) et 1967 (tv). – Nota bene : les films éponymes français des établissements Gaumont (1914) et allemand de Martin Berger (1916) n’ont aucun rapport ni avec le Proche-Orient « médiéval » ni avec la pièce de Knoblock.
1916A Daughter of the Gods (La Fille des Dieux) (US) de Herbert Brenon (supervision : J. Gordon Edwards)
Willliam Fox/Fox Film Corp., 10 bob/180 min. – av. Annette Kellerman (Anitia), William E. Shay (le prince Omar), Hal De Forrest (le sultan), Mademoiselle Marcelle (Cleone), Edward Boring (le cheikh arabe), Violet Horner (Zarrah), Jane Lee (le petit prince Omar), Katherine Lee (Nydia), Stuart Holmes (le marchand maure), Ricca Allen (la sorcière maléfique), Henrietta Gilbert (la fée de la Bonté), Walter James (le chef des eunuques), Milly Liston (la mère de Zarrah), Walter McCullough (le chef de la garde), Mark Price (le marchand d’esclaves), Louise Rial (sa femme).
Synopsis : Dans un émirat du golfe arabe, un sultan inconsolable depuis des années par la noyade de son fils Omar promet d’aider une sorcière malfaisante à anéantir une mystérieuse beauté du nom d’Anitia si la magicienne redonne vie au jeune prince. Dans une contrée voisine, un cheikh conspire pour s’emparer des terres du sultan en plaçant sa propre fille Zarrah, aussi séduisante que perfide, dans le harem royal. Le prince Omar, à présent un jeune homme, réapparaît au bord de la mer à l’instant même où Anitia est enlevée par des brigands à la solde du sultan, qui l’intègre à son harem. Sa dance lui tourne la tête, et Zarrah, jalouse, enferme Anitia dans une tour d’où la belle s’échappe en plongeant dans la mer. Elle est capturée et condamnée à mort, mais le prince Omar empêche son exécution. Jetée à l’eau, elle nage jusqu’aux rives du pays des gnomes. Elle y apprend que Zarrah a assassiné le sultan et provoqué une insurrection contre le prince ; la cité est en feu. Â la tête d’une armée de gnomes et d’elfes, Anitia vole au secours de l’homme qu’elle aime, mais ce dernier la tue accidentellement pendant la bataille. Omar refuse les avances de Zarrah qui le poignarde. Son âme rejoint celle d’Anitia.
Un film construit autour de la championne australienne de natation Annette Kellerman (première star à être filmée entièrement nue, sous une chute d’eau) pour la somme alors astronomique d’un million de $, du jamais vu à Hollywood. Le scénario passablement abracadabrant de l’Anglo-Irlandais Herbert Brenon (« Peter Pan », 1924) opère des emprunts au drame The Darling of the Gods de David Belasco et John Luther Long (créée à Broadway en 1902), qui se déroule dans le Japon féodal. Pour éviter des problèmes de copyright avec Belasco, Brenon déplace l’intrigue dans le Moyen-Orient des Mille et Une Nuits tout en insérant quelques séquences amphibies au fond de la mer, dans un royaume de sirènes. Dès septembre 1915, Brenon fait ériger d’immenses décors arabisants à la Jamaïque, dans les studios Fox de Kingston et à Montego Bay, où paradent dans un seul et même plan 19'700 figurants et 20 chameaux ! Inquiet, le patron du studio, William Fox, délègue J. Gordon Edwards pour veiller au grain, mais celui-ci, versé dans les superspectacles bibliques, ne trouve rien à redire. En huit mois, Brenon impressionne 67'000 mètres de pellicule ; de retour à Hollywood, il est chassé de la salle de montage. Fox tente de retirer le nom du réalisateur du générique et refuse de l’inviter à la première mondiale de l’œuvre (aujourd’hui perdue) qui ne rentrera dans ses frais qu’après plusieurs rééditions. – IT : La figlia degli dei.
« A Daughter of the Gods » (1916)
« Aladdin and the Wonderful Lamp » (1917).
1917Aladdin and the Wonderful Lamp (US) de Sidney A. Franklin & Chester M. Franklin
William Fox, Sol Wurtzel/Fox Film Photoplays, série « Sunset Kiddies Feature », 8 bob., 80 min./43 min. – av. Francis Carpenter (Aladin), Violet Radcliffe (le magicien Al-Talib), Fred A. Turner (Mustapha le tailleur), Virginia Lee Corbin (la princesse Badr al-Budur), Buddy Messinger (le mauvais génie d’Al-Talib), Alfred Paget (le sultan), Elmo Lincoln (le génie), Getrude Messenger (Yasmini), Lewis Sargent (Macist).
La princesse Badr al-Budur, fille du sultan, s’éprend d’Aladin et rejette les avances du magicien Al-Talib. Celui-ci subtilise la lampe d’Aladin, enlève la princesse dans un palais du désert et menace de la jeter aux lions si elle ne l’épouse pas. Aladin arrive à la rescousse avec ses soldats, un lion dévore le magicien… Une production onéreuse, aux décors extravagants et dont l’action est interprétée partiellement par des enfants de 10 à 12 ans, avec le premier Tarzan de l’écran, Elmo Lincoln, dans le rôle du génie de la lampe. Tournage aux studios californiens de la Fox à Sunset Avenue et dans un désert à 100 km au sud de Los Angeles. La troupe des « Kiddie Pictures » est dirigée par un des futurs grands réalisateurs de la MGM, Sidney A. Franklin, assisté de son frère Chester.
1918Ali Baba and the Forty Thieves (US) de Sidney A. Franklin & Chester M. Franklin
William Fox, Sol Wurtzel/Fox Film Photoplays, série « Sunset Kiddies Feature », 5 bob./50 min. – av. George Stone (Ali Baba), Gertrude Messinger (Morgiane), Lewis Sargent (Khaudjeh Hussein), Buddy Messinger (Kassim Baba), G. Raymond Nye (Abdullah), Marie Messinger (la servante), Jack Hull (Jamil), Raymond Lee (Also Talib), Charles Hincus (Aasif Azaar).
Le récit connu d’Ali Baba, pauvre bûcheron, la découverte de la caverne et des trésors, la mort de son frère cupide Kassim, l’esclave Morgiane qui fait périr les quarante voleurs avec de l’huile bouillante, etc. … interprété partiellement par des enfants (cf. supra, Aladdin).
1918[sortie : 1920] Die 999. Nacht / Die Neunhundertneunundneunzigste Nacht / Tausendundeine Nacht (DE) de Fred Sauer
Erna Morena-Film GmbH (Berlin), 1547 m. – av. Erna Morena (Shéhérazade/Halima), Hans Albers (Noureddine, le fils du vizir), Ludwig Hartau (le calife), Raoul Lange (le roi [Shahryar]), Bernhard Goetzke (le vizir), Lilli Lohrer (Dunyazade/Dinarzade, sœur de Shéhérazade), Albert Paul (le ministre), Jale Singer (Subeida), Robert Forsch (Ibrahim), Paul Morgan (le trésorier).
Synopsis : La 999ième nuit, Shéhérazade, la fille du vizir, joue sa tête en comparant devant le roi misogyne pour le distraire. Elle lui conte l’histoire de l’esclave Halima, dont Noureddine, le fils du vizir, s’est épris. Ce dernier étant couvert de dettes, il se voit contraint de revendre sa belle esclave. C’est ainsi qu’elle finit dans le harem du calife, suscitant la jalousie de son épouse favorite. Mais Halima reste imperturbablement fidèle à son amant indigne, survit aux complots et aux condamnations à mort et retrouve Noureddine dans une oasis du désert… Convaincu qu’il existe aussi des femmes de vertu, le roi épouse Shéhérazade à la fin du récit.
Premier et unique épisode d’une série de trois longs métrages – intitulés respectivement Die 999. Nacht, Die 1000. Nacht et Die 1001. Nacht – , cette production de la vedette allemande Erna Morena est réalisée en octobre-novembre 1918 (titre de travail : Tausendundeine Nacht), mais ne sort sur les écrans berlinois qu’en février 1920 (les troubles révolutionnaires après la capitulation du Reich et une trop forte concurrence entraîne la faillite de la société productrice). L’écho critique est moyen, la presse relève surtout les beaux décors d’Ernst Stern, le collaborateur du grand Max Reinhardt au théâtre.
France Dhélia dans La Sultane de l’Amour (1818/1919).
1918/19*La Sultane de l'Amour. Conte inédit des « Mille et Une Nuits » (FR) de René Le Somptier et Charles Burguet
Compagnie des Films Louis Nalpas (Nice), 2400 m. (2 parties)/1800 m./85 min. – av. France Dhélia (la sultane Daoulah), Yvonne Sergil (Zilah), Sylvio de Pedrelli (le prince Mourad), Paul Vermoyal (le sultan Malik), Gaston Modot (Kadjar), Dourga, Armand Dutertre (le sultan Bahram Yazid), Albert Bras (le sultan Mahmoud Al-Hassam), Pillot (le vizir Moslih), Marcel Levesque (Nazir), Frankeur (le nain Fakrach), Dourga (la danseuse hindoue).
Synopsis : Le pays de l’Irak-Arabi est divisé en trois sultanats. Le premier dépend du libertin Bahram Yazid, le second de Mahmoud Al-Hassam, dont la fille – la sultane Daoulah, la perle de l’Orient – refuse obstinément le mariage, et le troisième est géré par Malik, riche et cruel. Ce dernier envoie trois cavaliers, Kadjar, Ali et Saïd, chercher les trois plus grandes merveilles. À leur retour, Ali ramène un diamant gros comme un œuf, mais Malik le condamne à mort. Saïd apporte une lunette magique qui permet de voir les objets que l’on désire. Kadjar affirme avoir vu la sultane Daoulah, une merveille que son maître doit à tout prix posséder. Malik s’extasie en l’observant avec sa lunette. Or, Daoulah s’est promenée en ville incognito. Tombée à l’eau, elle a été sauvée par le prince Mourad, qui se dit fils de pêcheur, et elle-même, troublée, s’est fait passer pour une danseuse. Rejetant l’offre de mariage de Malik, elle est enfermée, mais Kadjar, déguisé en nègre, l’enlève après avoir blessé Mourad. Ce dernier, aidé par le nain de Malik qu’il a sauvé, l’aide à s’emparer de la lunette magique et de localiser sa bien-aimée. Prisonnière de Malik, celle-ci se voit proposer le mariage ou la mort. On essaye de la noyer dans un bassin lorsque surviennent les hommes de Mourad. Malik est tué par son bouffon qui délivre la sultane, tandis que le prince précipite Kadjar dans le vide. Alors qu’il embrasse Daoulah, le nain se métamorphose en un superbe adolescent.
C’est sans conteste l’œuvre la plus ambitieuse de la firme de Louis Nalpas, Français d’Orient né en Turquie et fondateur des studios de la Victorine à Nice. Doté de moyens importants mis à disposition par Charles Pathé, le film est tourné en juin 1918 dans le splendide parc de quatorze hectares de la Villa Liserb à Cimiez (habitée jadis par la reine Victoria) qu’agrémentent d’énormes oliviers, des bouquets de palmiers, d’eucalyptus, d’aloès, des champs d’orangers, des buissons de roses, un lac et deux grottes. Les décors exotiques en plein air (sans toits ni éclairage électrique) sont créés par le peintre et futur réalisateur Marco de Gastyne, Grand Prix de Rome ; le terrain de tennis adjacent est transformé en cabaret arabe, la terasse de la villa devient le « divan » du sultan. La mise en scène a été confiée à Charles Burget, ancien comédien et ancien directeur du Casino de Nice, et à René Le Somptier, compagnon de la star France Dhélia. Le film, de l’ouvrage raffiné, académique, à la poésie un peu artificielle, n’obtient qu’un succès modéré mais fait beaucoup de bruit dans les médias et la profession (Louis Delluc ne ménage pas ses éloges), encouragée dès lors à développer son activité sur la Côte d’Azur ; Nalpas obtient ainsi les moyens d’installer ses ateliers de la Victorine, à l’ouest de Nice. Son film est présenté en deux parties en octobre 1919, suivi en 1923 d’une réédition raccourcie mais entièrement colorée au pochoir (100'000 images colorées individuellement à la main) et présenté comme le premier film français en couleurs. Tout en lumière douces, dans des palettes chromatiques très fines, proche des autochromes des Frères Lumière, la coloration apporte à l’œuvre une dimension onirique et un charme inattendus qui faisaient défaut à l’original en noir et blanc (aux contours trop durs, faute d’éclairages adéquats). Sa restauration en 1985 sous les auspices d’Eugène Le Somptier, neveu du cinéaste, permettra de « redécouvrir avec le Napoléon d’Abel Gance, l’un des films talisman du cinéma français » (Télérama, 18.9.85), pratiquement inconnu hors de l’Hexagone.
1919Sinbad the Sailor (US) de Norman Dawn
Universal Pictures, 2 bob. – av. George Hupp, Raymond Lee. – Un court métrage appliquant les trucages photographiques de Thomas Rea.
1919Aladin und die Wunderlampe / Aladins Wunderlampe (DE) de Hans Neumann
Harmonie-Film GmbH (Berlin), 1446 m./4 actes. – av. Ernst Deutsch (Aladin), Friedrich Kühne, Ilka Grüning, Friedrich Kühne, Ernst Benzinger, Emma Debner, Paul Biensfeld, Hans Wassmann, Joseph Basch, Leonhard Haskel, Martin Kettner, Werner Hollmann, Klemens Kaufung, Otto Mücke, Lene Rex. – Shéhérazade introduit le récit d’Aladin et sa lampe magique (tournage à Berlin-Neubabelsberg).
1920Alias Aladdin (La Lampe d’Aladin) (US) de Hal Roach
Hal E. Roach/Rolin Comedies-Pathé Exchange, 325 m. – av. Eddie Boland (Eddie/Aladin), Ethel Broadhurst (sa concubine favorite), Caroline Rankin (son épouse), Jean Hope, Roy Brooks, Sammy Brooks, Delloris Johnson, Lilymae Wilkinson The Vanity Fair Girls (les danseuses du harem). – Comédie burlesque écrite et produite par Hal Roach.
1920Kismet (Kismet) (US) de Louis J. Gasnier
Waldorf Photoplays Inc., 5 bob./95 min. – av. Otis Skinner (Hajj, le mendiant), Elinor Fair (Marsinah), Leon Barry (le calife Abdullah), Rosemary Theby (Kut-al-Kulub, la favorite), Mathilda Comont (Nargis, la nourrice), Nicholas Dunaew (Nasir), Herschell Mayall (Jawan), Fred Lancaster (Zayd), Sidney Smith (le bouffon), Hamilton Revelle (Mansur, le Grand Vizir), Tom Kennedy (Kutayt), Sam Kaufman (Amru), Emmett King (le vizir Abu Bakr), Robert A. Evans (Kassim), Fanny Ferrari (Gulnar), Emily Seville (Kabirah), Cornelia Otis Skinner (Miskah), Harry Lorraine (le muezzin), Paul Weigel (Afife), George Woodthorpe (servante), Jimmie Adams (le chambellan).
Synopsis et commentaires cf. supra, film de 1914. – La pièce à succès d’Edward Knoblock est présentée à New York, au Knickerbocker Theatre ; elle sort le 25 décembre 1911 dans une mise en scène de Harrison Grey Fiske, interprétée par Otis Skinner (Hajj) et Rita Jolivet (Marsinah). Comme à Londres, la pièce fait un malheur, et, après de longues tergiversations, Charles E. Whittacker en rédige une adaptation acceptable pour le cinéma dont, évidemment, Otis Skinner, âgé à présent de 62 ans, est la vedette incontestée : c’est sa première apparition dans un long métrage. Idole de Broadway, Skinner a travaillé principalement pour le théâtre (rôles de Shylock, Hamlet, Richard III, Romeo) ; le personnage de Hajj lui colle à la peau, il le jouera pendant plus de vingt ans, y compris dans le remake sonore de 1930, appliquant une mimique d’une sobriété surprenante pour l’époque. La réalisation du film incombe à Louis J. Gasnier, un Américain d’origine française formé chez Pathé et qui fut envoyé aux Etats-Unis pour y diriger les premiers films à épisodes de Pearl White. Le tournage s’opère en extérieurs au nouveau Robertson-Cole Studio à Hollywood et en intérieurs aux Haworth Studios de Sessue Hayakawa, sur Sunset Boulevard. Le travail un peu daté de Gasnier manque de nerf, mais la très belle photographie de Tony Gaudio vaut le coup d’œil et sait mettre en valeur des décors rutilants. Quant à l’adaptation, elle colle assez près à la pièce, en rajoutant toutefois le personnage de Gulnar, l’épouse de Hajj jadis enlevée par Jawan.
1920*Sumurun (DE) d’Ernst Lubitsch
Paul Davidson, Kurt Waschneck/Projektions-AG « Union » (PAGU), Berlin, 2400 m./103 min. – av. Pola Negri (la danseuse), Jenny Hasselquist (Zouleïka, dite Sumurun), Aud Egede Nissen (sa servante Haïdée), Paul Wegener (le veux cheikh [=le sultan de Bassora]), Carl Clewing (son fils), Harry Liedtke (Nur al-Din, marchand d’étoffes), Jakob Tiedtke (l’eunuque en chef), Ernst Lubitsch (Abdallah, le bouffon bossu), Paul Biensfeldt (le marchand d’esclaves), Margarethe Kupfer (la vieille femme), Paul Graetz (Pufti), Max Kronert (Mufti).
Synopsis : À Bassora, Zuleïka, dite Sumurun, est la favorite du vieux sultan – mais elle est aussi convoitée par son fils. Elle-même hait la vie au sérail et aime le jeune marchand d’étoffes Nur al-Din. Une danseuse ensorcelante qui traverse le Moyen-Orient avec une troupe de baladins a tôt fait de consoler le sultan comme son fils, ignorant les avances enflammées et désespérées d’Abdallah, un baladin bossu. Bientôt, la jalousie s’empare de tous les protagonistes : le sultan ayant surpris la danseuse dans les bras de son fils la poignarde et se lance à la poursuite du rejeton. La danseuse expire dans les bras d’Abdallah qui, fou de douleur, poignarde à son tour le vieux sultan au moment où celui-ci allait frapper le couple Sumurun et Nur al-Din, les seuls véritables amoureux du récit.
Une fantaisie orientale dérivée d’un spectacle théâtral du grand Max Reinhardt – la pantomime orientale de Friedrich Freksa, montée au Deutsches Theater, puis filmée une première fois en 1910 (cf. supra) – et où Lubitsch fait ses adieux à son passé de comédien dans un rôle de pagliaccio, entre l’effroi, le pathétique et le grotesque. Le cinéaste a joué plus d’une fois dans la pièce sous la direction du maître, mais toujours dans des rôles très secondaires. Ici, c’est lui qui capte l’attention, même si le haut de l’affiche est tenu par l’impressionnant Paul Wegener (inoubliable en Golem) et la turbulente diva polonaise Pola Negri, le chat sauvage dont il fit sa Carmen et sa Madame Dubarry
 (1918/19). Cet hommage voulu à Reinhardt incite Lubitsch à expérimenter en voguant sur la marge étroite entre mélo et ridicule, tout en s’amusant avec des scènes de foules d’une constante vivacité. Tournage en mars 1920 aux Union-Ateliers de Berlin-Tempelhof.US : One Arabian Night.
1920/21*Les Contes des Mille et Une Nuits / Les Mille et Une Nuits (rééd.) (FR) de Victor [=Viatcheslav] Tourjanski
Parties : 1. Goul-y-Hanar – 2. La Ville pétrifiée – 3. L’Enterrée vivante
Joseph N. Ermolieff, Alexandre Kamenka, Noë Bloch/Société Ermolieff-Cinéma, Paris [Société des Films Albatros)-Pathé Consortium Cinéma, 3050 m./112 min. – av. Nicolas Rimsky (le prince Soleïman), Paul Ollivier (le Grand Vizir), Nathalie Kovanko (la princesse Goul-y-Hanar [Gulnare]/Shéhérazade), Jules de Spoly (le sultan Giafar), Varvara Yanova (Zohéide, la favorite), Nicolas Koline (le sultan Mahomad), Bartkevitch (le sultan Shahryar), Eugénie Boldireff (Dinarzade), Henri Maillard (le sultan Salamandre), Maltzeff (le nain Hassan), Ivanoff, Janeau.
Synopsis : L'histoire que conte la princesse Shéhérazade, favorite d'une nuit du sultan Shahryar, retrace la destinée de la princesse Goul-y-Hanar. – 1. Partie du royaume de son père Giafar pour rendre visite à sa sœur, la princesse est surprise en mer par une tempête ; son bateau coule, elle gagne la rive du royaume de Mahomad, sultan païen, adorateur du faux dieu Nardoun (sic). Ayant appris qu’elle était musulmane, le souverain la condamne à mort, mais son fils, le prince Soleïman, se convertit à l’Islam par amour pour elle et la sauve en lui indiquant une piste dans le désert. Le sultan ordonne que son fils soit décapité publiquement. La colère d’Allah frappe ce peuple d’infidèle et le transforme en pierre. – 2. Soleïman reste seul dans le vaste palais transformé en nécropole, bientôt rejoint par Goul-y-Hanar qui, mourante de soif, a été recueillie par une caravane de passage. Les amoureux poursuivent leur périple à travers les dunes et son capturés par le cruel sultan Salamandre. Ce dernier s’éprend de Goul-y-Hanar, l’enferme dans son harem et veut en faire sa femme. Soleïman, condamné à tourner la roue d’une meule, se défait de ses liens et s’introduit dans le harem pour sauver sa bien-aimée. – 3. Les muezzins sonnent l’alarme. Pourchassé, le prince se cache dans le bassin privé du sultan où il survit jusqu’au soir grâce à un tuyau de narguilé, tandis que Zohéide, la favorite, fait transporter sa nouvelle rivale dans la forêt pour y être enterrée vivante. Soleïman, qui a suivi les sbires, la déterre au dernier moment et gagne avec elle le royaume de Giafar. Le vieux souverain pleure de joie de retrouver sa fille dont il accorde volontiers la main à Soleïman. – Sous le charme du récit et de la beauté de Shéhérazade, Shahryar lui fait grâce et renonce à la loi cruelle qu’il s’était imposée.
Metteur en scène, peu auparavant, de la saison d’opéra russe au Théâtre des Champs-Élysées, l’Ukrainien émigré Victor Tourjanski (marié à la comédienne Nathalie Kovanko) travaille dans le cinéma depuis 1912, après avoir été un élève de Stanislavski à Moscou et signé plus de vingt films en Russie tsariste. Il a fui la Révolution bolchévique avec une équipe comprenant le producteur Joseph N. Ermolieff, le comédien Ivan Mosjoukine et le chef opérateur Nikolai Toporkoff, pour continuer à réaliser, à Kiev, à Yalta, enfin à Paris, un nombre impressionnant de films, dans le cadre (notamment) de la fameuse Société des Films Albatros. Pour ce premier des trois contes orientaux concoctés par les Russes blancs en France – il sera suivi de Shéhérazade / Geheimnisse des Orients (cf. 1928) et de La Mille et Deuxième Nuit (cf. 1933) – , Tourjanski rédige également le scénario, conçoit et dessine tous les costumes et réalise les truquages. Le tournage a lieu de novembre 1920 à août 1921 dans les anciens studios Pathé à Montreuil-sous-Bois (Studio Ermolieff) et en Tunisie, à Kairouan et aux confins du Sahara. Ces extérieurs en Afrique du Nord traduisent une volonté d’authenticité ethnico-culturelle qui est nouvelle dans le genre, et tranche avec l’orientalisme d’opérette courant. Le pionnier du cinéma tunisien, Albert Samama-Chikli, est opérateur-cadreur pour les séquences maghrébines. L’entreprise, flamboyante et cosmopolite, ne passe pas inaperçue : la sortie – en trois parties séparées – se fait entre le 15 novembre 1921 et le 12 janvier 1922, suivie d’une exploitation internationale. Tourjanski impose d’emblée une vision marquée par Bakst et Diaghilev, fondant son travail créatif « sur des constructions d’ensemble, centrées, symétriques, qui donnent l’illusion d’un monde féerique. La magnificence décorative, la danse, la mise en scène paraissent à la critique de nature à concurrencer enfin Hollywood sur ce terrain » (François Albera, 1895, no. 33, 2001, p. 395). Les décors sont la création du fabuleux Ivan Alexandre Lochakoff, qui démontre pour la première fois ici son talent à concrétiser un Orient fantasmé. – US : Tales of a Thousand and One Nights, The Arabian Night Tales, IT : Le mille e una notte, ES : Las mil y una noche, DE : Arabische Nächte.
1920/21Der kleine Muck. Ein Märchen aus dem Morgenland (DE) de Wilhelm Prager
Kulturabteilung Universum Film (UFA), Berlin, 1734 m./64 min. – av. Willi Allen (le petit Muck), Konrad Dreher (le sultan), Rolf Ritter (le cheikh Orbesan), Paul Struensee (Hafiz, le Grand Vizir), Alice Torning (Mme Ahavzi), Boris Michailow (Mulay Hassan, le conteur), Louis Brody.
Un scénario de Johannes Meyer et W. Prager d'après le conte de Wilhelm Hauff (synopsis et commentaires, cf. Die Geschichte vom kleinen Muck (L’Histoire du petit Muck) de Wolfgang Staudte en 1953. Les décors extérieurs du palais de Bagdad sont ceux érigés pour le Sumurun d’Ernst Lubitsch (1920) aux studios de Berlin-Tempelhof, les intérieurs sont tournés à Berlin-Steglitz.
1921Mârouf / Histoire de Mârouf (FR) de Charles-Roger Dessort
Orchidée Films (Paris), 1850 m. – av. Jean Signoret (Mârouf), Marguerite Larose (la princesse Amande [=Saamcheddine]), Mohammed Medelgé (Ali), Si Mairef (Rachid).
Synopsis : Tyrannisé par son épouse acariâtre, le misérable savetier Mârouf dont les babouches sont peu rémunératrices, rêve d’un ailleurs plus facile et plus heureux. Il s’enfuit vers le Levant à bord d’une felouque, mais le bateau fait naufrage. Seul survivant, il parvient au Khiatan où il se présente comme un riche marchand qui attend l'arrivée d'une de ses caravanes. Impressionné, le sultan lui offre la main de sa fille, Amande. Lorsque le mensonge de Mârouf est découvert, celui-ci prend la fuite, suivi par la princesse, qui en est tombée amoureuse. Ils découvrent dans une caverne un mystérieux anneau lequel, passé au doigt, rend son propriétaire maître du génie qui y était enfermé. Celui-ci réalise le vœu de Mârouf et la prétendue caravane se matérialise. Le sultan rasséréné accorde à Mârouf son pardon et la main de la belle princesse.
Conférencier, écrivain, journaliste, critique d’art et ancien directeur de la Revue tunisienne, Charles-Roger Dessort parvient à réunir des capitaux à Paris pour porter à l’écran, en Tunisie même (Tunis, Sfax, Hammamet et Kairouan), un scénario de Tayeb Belkhiria. Ce sujet des Mille et Une Nuits est populaire en France grâce à Mârouf, savetier du Caire, l’opéra-comique en cinq actes qu’en a tiré Henri Rabaud en mai 1914 (sur un livret de Lucien Népoty).
Lil Dagover et Eduard von Winterstein dans « Der müde Tod » (1921) de Fritz Lang.
1921[épisodes orientaux :] ***Der müde Tod (Les Trois Lumières) (DE) de Fritz Lang
Erich Pommer/Decla-Bioscop AG (Berlin), 6 actes/2307 m./94 min. – av. Lil Dagover (Zobeïde, sœur du calife / Tiao Tsien), Walter Janssen (le Franconien / Liang), Eduard von Winterstein (le calife de Bagdad), Bernhard Goetzke (la Mort / le jardinier El-Mot / l’Archer impérial), Rudolf Klein-Rogge (le derviche), Karl Huszar (Djou Schuan Wang, l’empereur de Chine), Paul Biensfeldt (A Hi, son magicien), Erika Unruh (l’esclave Aïcha), Erner Hübsch et Victor Hartberg (les eunuques), Paul Neumann (le bourreau), Lewis Brody (le Maure).
Synopsis : À une jeune femme s’inquiétant de la disparition de son bien-aimé, la Mort, dans son antre, lui montre parmi les milliers de cierges qui vont s’éteindre sous peu, trois lumières dont chacune représente une vie. Si elle peut en sauver une seule, son amant lui sera rendu... À Bagdad au IXe siècle, en plein Ramadan, un chrétien (un « Franconien » infidèle) amoureux de Zobeïde, la sœur du calife, devient imprudent à force d’attendre la fin du jeûne et profane le sanctuaire où dansent des derviches tourneurs (sic). Il est reconnu, parvient à s’enfuir, puis se réfugie dans le palais de sa bien-aimée où celle-ci veut le cacher jusqu’à ce que la foule se soit apaisée. Mais le palais est encerclé sur ordre du calife et le jeune homme périt des mains du jardinier El-Mot. Échec identique à Venise au XVIIe siècle. Dans le dernier épisode, à la cour de l’empereur de Chine, le magicien A Hi offre, pour sauver sa tête, à l’honorable Fils du Ciel qui s’ennuie une armée miniature et un cheval volant, mais l’empereur est surtout intéressé par Tiao Tsien, la fille du magicien. La fille s’enfuit avec son bien-aimé Liang sur un éléphant, lance les démons du feu contre leurs poursuivants, mais ne peut empêcher l’Archer impérial de tuer Liang… Après une ultime et vaine tentative, la femme rejoint son amant dans l’au-delà, sous le regard de la « mort lasse ».
Le film, teinté de mélancolie morbide à la Böcklin, plastiquement splendide, est un mélange insolite de néoromantisme germanique et d’expressionnisme (les décors sont de Robert Herlth, Walter Röhrig et Hermann Warm, responsables du Cabinet du docteur Caligari) qui établit la réputation artistique de Fritz Lang en Allemagne et constitue une des collaborations les plus marquantes du cinéaste avec sa nouvelle égérie, la scénariste Thea von Harbou (leur film suivant, Le Docteur Mabuse, sera un succès mondial). Dans les segments moyen-oriental et asiatique, les emprunts humoristiques à l’univers des Mille et Une Nuits et en particulier au conte du Prince Ahmed sont manifestes. Douglas Fairbanks rachètera les droits du film pour les Etats-Unis avec l’idée d’en copier les effets spéciaux pour son Voleur de Bagdad en 1924. Tourné en été 1921 sur les terrains des ateliers Decla-Bioscop à Neubabelsberg (Potsdam), le film de Lang est accueilli avec enthousiasme par la critique, notamment en France où on compare ses images aux tableaux de Dürer et de Grünewald. Un des films favoris d’Alfred Hitchcock et celui qui fit découvrir l’art cinématographique à Luis Buñuel. – IT : Destino, ES : La muerta cansada / Las tres luces, GB, US : Destiny.
1922Il principe di Kaytan (Le Prince de Kaytan) (IT) d’Aldo Molinari
Vera-film (Roma), 1690 m. – av. Ileana Leonidoff (la danseuse du harem), Fosco Ristori (le prince de Kaytan), Sandro Zappelli, Lida Marskaia, Aissa Lascaja.
Un scénario tiré officiellement d’un conte des Mille et Une Nuits, interprété et surtout dansé par la célèbre artiste russe Ileana Leonidoff. En 1920, cette dernière a fondé avec le journaliste-imprésario italien Aldo Molinari la compagnie « Balli russi Leonidoff » avec laquelle elle fera plusieurs tournées à travers l’Europe.
1922Kamar-al-Zaman / Rajkumari Budur / Princess Budur / The Tale of Qamar-e-Zaman (IN) de Jeejeebhoy Jamshedji Madan
Jamshedji Franji Madan/Madan Theatres Ltd., Calcutta (muet), 5000 ft. – av. Patience Cooper (la princesse Boudour), Eugenio De Liguoro (Kamar az-Zaman), Edna Dalies (l’éfrita Maïmouna), Dadabhai Sarkari, Chapgar, Dorothy Bayley.
Synopsis : Ni le prince Kamar az-Zaman (« l’Astre du siècle »), 15 ans, fils du roi Shah Zaman de Khaledan, ni la princesse Boudour (« reine des Pleines Lunes »), fille du roi chinois Ghayour, tous deux d’une beauté incomparable, ne veulent se marier comme le souhaitent leurs géniteurs respectifs. Leurs parents les font enfermer. En prison, Maïmouna, la fille du roi des djinns (une éfrita), s’éprend de Kamar et le prend sous sa protection ; elle y croise un autre djinn, Dahnash, qui, lui, s’est épris de Boudour en Chine. Les deux djinns organisent une rencontre en rêve entre Kamar et Boudour, tous deux endormis, mais le couple se réveille à tour de rôle et ne peut plus oublier l’autre. Leur coup de foudre inexplicable plonge les familles dans le désarroi ; Boudour tombe malade, son père la fait enchaîner. Avec la complicité de son frère de lait Marzawan, le prince Kamal s’introduit comme astrologue dans le palais de Ghayour ; Boudour le reconnaît et brise ses chaînes, les parents comblés bénissent le mariage.
Première version des amours du prince Kamar az-Zaman (ou Camaralzaman) et de la princesse Boudour (ou Badoure), interprétée par la star anglo-indienne Patience Cooper et l’acteur, réalisateur et chef-opérateur napolitain Eugenio De Liguoro, fils du pionnier du cinéma italien Giuseppe De Liguoro, qui séjourne deux ans en Inde.
1922Aladdin, Jr. (US) de W. Scott Darling
Universal Pictures Corp., 1 bob. – av. Lewis Sargent.
1922Ali Baba (US) de Norman Taurog et Joe Rock
Joseph Cammer Prod.-Joe Rock Comedies, 2 bob. – av. Joe Rock (Ali Baba). – Parodie burlesque.
1922Aladdin : The Story of the Wonderful Lamp (US) de Joe Rock et Norman Taurog
Joseph Cammer Productions-Joe Rock Comedies, 2 bob. – av. Joe Rock (Aladin), Billie Rhodes, Frank Alexander, Lydia Yeamans Titus. – Parodie burlesque.
1923Chu Chin Chow (GB/DE) de Herbert Wilcox
Herbert Wilcox, John Hagenbeck, [Erich Pommer], [Jack Graham Cutts]/Graham-Wilcox Productions Ltd. (London)-John Hagenbeck-Film GmbH (Berlin)-Micco Film (Berlin)-[Universum-Film Aktiengesellschaft/UFA, Berlin], 6 actes, 2480 m./3970 m./120 min. – av. Betty Blythe (Zahrat Al-Kouloub), Herbert Langley (Abu Hassan, chef des voleurs/Chu Chin Chow), Randle Ayrton (Kassim Baba), Eva Moore (Alcolom), Judd Green (Ali Baba), Olaf Huytten (Mukhill, marchand d’esclaves), Jeff Barlow (Mustafa, le savetier), Jameson Thomas (Omar), Dora Levis (Mahbubah, la mère d’Ali et de Kassim), Dacia (une danseuse).
Synopsis : Le jour de leurs noces, la belle Zahrat Al-Kouloub et son fiancé Omar sont enlevés par Abu Hassan, le redoutable chef des 40 voleurs du Khorasan. Celui-ci revend Zahrat comme esclave à Kassim Baba, le plus riche marchand de Bagdad et frère d’Ali Baba, afin qu’elle espionne la maisonnée de celui dont il convoite la fortune. Kassim prépare justement un grand banquet en l’honneur du mandarin Chu Chin Chow, dont la caravane a été annoncée. Omar étant captif du brigand, Zahrat s’exécute. Abu Hassan est passé maître du déguisement pour dépouiller ses victimes. Ayant assassiné Chu Chin Chow et sa suite, il se fait passer pour le commerçant chinois et est reçu à Bagdad avec faste. Zahrat le reconnaît sous son masque asiatique et met en garde Alcolom, l’esclave préférée de Kassim. Mais celle-ci aime le joyeux et insouciant Ali Baba et ne serait pas triste de perdre son présent maître, cupide et avare. Ali Baba a surpris le secret de la caverne des voleurs et rentre à Bagdad les poches pleines d’or. Mis au courant par son frère éméché, Kassim tente d’en faire autant et le paie de sa vie. Abu Hassan retrouve la trace des intrus grâce à une savate perdue dans la caverne et introduit ses hommes cachés dans des jarres d’huile chez Ali Baba ; mais Zahrat découvre la ruse, verse de l’huile bouillante dans les jarres, poignarde Abu Hassan et libère son amoureux.
 Cette version légèrement modifiée des exploits d’Ali Baba place la séduisante esclave Zahrat au centre du récit, et lui donne pour complice Alcolom (Marjanah dans le conte ainsi que dans le remake de 1934), une consœur amoureuse du héros. Il s’agit de la première adaptation cinématographique de la comédie musicale britannique Chu Chin Chow : A Musical Tale of the East (2 actes), écrite, produite, mise en scène et interprétée (rôle-titre) par l’Australien Oscar Asche, sur une musique de Frederic Norton. L’auteur se dit inspiré par l’accueil chaleureux réservé à Kismet (1911), la pièce d’Edward Knoblock qu’il a produite et jouée au Garrick Theatre cinq ans plus tôt. Chu Chin Chow sort le 31 août 1916 au His Majesty’s Theatre à West End, avec Lily Brayton (Mme Asche) en Zahrat, où le succès de ce mélange exubérant de musical et de pantomime est alors proprement phénoménal et comptabilisera 2238 représentations jusqu’en 1921 ; Lord Chamberlain, responsable de la censure au théâtre, se dit offusqué par l’étalage de chair nue (les belles esclaves) qui justement attire les soldats mobilisés au front pendant la Première Guerre mondiale. Le spectacle sera reprogrammé à Londres avec un égal succès en 1940/41, durant le Blitzkrieg. À Broadway, en 1917/18, il reste six mois à l’affiche.
Pour ses premiers pas dans la réalisation, le producteur anglais Herbert Wilcox reprend la fonction assumée à ce jour par son associé Graham Cutts (ils forment la société Graham-Wilcox) et se lance seul dans une mise en scène qui, sur le plan spectaculaire, défie tout ce qui a été fabriqué en Grande-Bretagne. Il verse 20'000 £ pour les droits cinématographiques de la pièce d’Asche, rédige lui-même l’adaptation et réunit près d’un million de livres sterling pour la mise sur pied de son projet, impliquant une star de Hollywood (Betty Blythe, fêtée deux ans auparavant dans le péplum Queen of Sheba de J. Gordon Edwards) et un tournage hors frontières avec des capitaux allemands (printemps 1923). Les immenses décors de Bagdad sont érigés aux studios UFA à Berlin-Neubabelsberg, les extérieurs enregistrés en Algérie avec le chef-opérateur français René Guissart ; la presse parle de 4800 collaborateurs, dont une troupe de danseuses de Vienne, de France, d’Italie et de Russie. Pour mettre en valeur les chansons de Norton, Wilcox fait appel à un système d’enregistrement sonore encore expérimental, le Tri-Ergon de Hans Vogt, Joseph Engl et Josef Massolle (Berlin), exploitable uniquement dans quelques rares salles équipées ; l’inflation qui ravage l’économie de la jeune République de Weimar empêche tout développement de cette première tentative de son optique, et le film restera muet pour la majorité des spectateurs. Dès son premier essai, Wilcox réunit les trois facteurs qui seront son « label de fabrication » : succès scénique, spectacle en costumes et assaisonnement cosmopolite. Mais en dépit de ses atouts visuels, l’accueil est moyen, la narration traîne, les lourdeurs abondent. Aux Etats-Unis, la Metro-Goldwyn-Mayer distribue le film en février 1925 après en avoir amputé presque la moitié (durée : 65 min.). Le film semble aujourd’hui perdu.
1923One Arabian Night / Widow Twan-Kee (GB) de Sinclair Hill
Stoll Picture Productions (London), 1960 m./75 min. – av. George Robey (la veuve Twan-Kee), Julia Kean (la princesse), Lionelle Howard (Aladin), Edward O'Neill (Abanazar), Basil Saunders (le génie de la lampe), W. G. Saunders (l’empereur de Chine), H. Agar Lyons (Li-Pong), Julie Suedo (le génie de l’anneau), Aubrey Fitzgerald.
Le conte d’Aladin : en Chine, le fils d’une lavandière fait appel à une lampe magique pour épouser une princesse. Extérieurs tournés aux studios de la Victorine à Nice (où la société britannique Stoll s’est temporairement installée) et dans les jardins exotiques de la Villa Liserb à Cimiez.
1923Kalif Storch [=Le Calife Cigogne] (AT) de Hans Berger et Ladislaus Tuszinsky
Film-Werke AG (Wien)-Astoria Film, 5 actes/1722 m. – av. Paul Teska, Heinz Fischer.
Synopsis : Le jeune calife de Bagdad et son Grand Vizir acquièrent auprès d’un magicien malveillant une poudre susceptible de les transformer en animaux ; la magie opère pour autant qu’ils ne rient pas. Devenus cigognes, ils entendent les propos de dames cigognes qui les amusent tant qu’ils en oublient la formule de retour à l’état humain, « Mutabor » ... Le magicien s’empare du pouvoir. Une princesse transformée en hibou, et que seule une demande en mariage peut sauver de sa condition, aide les deux échassiers à retrouver leur forme humaine. De retour sur son trône, le calife épouse la princesse et fait pendre le magicien.
Un conte de l’auteur romantique allemand Wilhelm Hauff (1825), contemporain des frères Grimm – cf. Die Geschichte vom kleinen Muck (L’Histoire du petit Muck) de Wolfgang Staudte en 1953. Le conte du calife transformé figure dans Les Mille et Une Nuits sous le titre de Le Roi Perroquet (König Papagei dans la traduction allemande de Max Habicht, 1824). – Nota bene : le conte fera aussi l’objet de divers courts métrages d’animation signés Ewald Mathias Schumacher (en ombres chinoises, 1923), Ferdinand Diehl (1929), Lotte Reiniger (1935 et 1954), Valery Ugarov (1982), Shichi Nakahara (1983), Kurt Weiler (1984), Paul Stutenbäumer et Albert Maly-Motta (poupées, 2012/13). – US : The Prince of Baghdad.
Wilhelm Dieterle, héros du « Cabinet des figures de cire » (9123/24) de Paul Leni.
1923/24[épisode oriental :] **Das Wachsfigurenkabinett (Le Cabinet des figures de cire / Les Trois Hommes de cire) (DE) de Paul Leni [et Leo Birinski]
Neptun-Film AG, Berlin-Universum-Film Aktiengesellschaft GmbH (UFA), Berlin, 2147 m./7 actes/ 83 min. – av. Emil Jannings (le calife Haroun Al-Rachid), Wilhelm Dieterle (Assad, le boulanger/le poète), Olga Belajeff (Maïmouna [Zarah], sa femme), Paul Biensfeld (Jafar, le Grand Vizir).
Synopsis : Un jeune poète est engagé dans une baraque foraine pour rédiger des textes à propos des trois mannequins exhibés, le tsar Ivan le Terrible, Jack l’Éventreur et le calife Haroun Al-Rachid. Ce dernier épisode, situé à Bagdad, conte les démêlés vaudevillesques d’Assad, le boulanger dont la jolie femme, Maïmouna, est en butte à la lubricité du calife … puis décrit comment ce dernier aurait perdu son bras. Alors qu’il est occupé à une partie d’échecs, Haroun Al-Rachid est gêné par la fumée du four du boulanger et exige l’élimination de son propriétaire. Chargé de cette tâche, le Grand Vizir ne peut s’y résoudre, tant il est fasciné par la beauté de la femme du boulanger, Maïmouna. Le calife alléché se déguise pour visiter la boulangerie tandis qu’Assad annonce de son côté qu’il volera cette nuit même l’anneau magique que le calife porte à son doigt. Il pénètre dans les appartements royaux, coupe le bras du dormeur et l’emporte, ignorant qu’il s’agit d’un mannequin de cire que le souverain laisse toujours dans son lit quand il s’absente. Le boulanger revient chez lui où Maïmouna, craignant sa jalousie, cache dans le four le gros visiteur galant qui ne lui déplaît pas. La garde survient et ligote Assad, mais celui-ci arrache l’anneau du bras sectionné et, par magie, fait apparaître Haroun Al-Rachid penaud, amoureux, couvert de suie. Maïmouna demande un second souhait à l’anneau : qu’Assad devienne boulanger chef au palais. Vœux exaucé : clignant de l’œil du côté de la belle, le calife prend le couple sous sa protection.
Une synthèse de l’école expressionniste allemande mise sur pied pour exploiter la formule et la renommée du Cabinet du docteur Caligari de Robert Wiene pour son climat anxiogène, et des Trois Lumières (Der müde Tod) de Fritz Lang pour ses ambiances orientales. Disciple de Max Reinhardt et génial décorateur de nombreux films muets, le réalisateur Paul Leni tourne de juin à septembre 1923 aux May-Film-Ateliers à Berlin-Weissensee. Les costumes sont d’Ernst Stern, les décors de Leni et Fritz Maurischat, tous stupéfiants : des habitations-grottes aux lignes tourmentées, sans angles droits, des cryptes à nervures asymétriques ; à l’extérieur un ensemble de dômes, blanches boursouflures de stuc et de coupoles sensuelles évoquant des seins féminins ; dans le palais où Assad est poursuivi, une suite cauchemardesque de canaux, de tunnels, de passages secrets entremêlés au cœur d’un vaste tissu organique. Jannings fait un calife corpulent, autoritaire, lubrique, mais aussi conciliant. Toutefois, l’épisode moyen-oriental du film – le plus long des trois – relève plutôt de la comédie, tandis que les deux autres segments conjuguent mort, sadisme et folie, au diapason de leurs sinistres personnages. L’influence de ce film sur le cinéma d’épouvante américain est considérable et vaudra à Paul Leni une invitation à Hollywood, où il réalisera notamment l’extraordinaire The Man Who Laughs (L’Homme qui rit) avec Conrad Veidt (1928). – IT : Il gabinetto delle figure di cera/Tre amori fantastici, ES : El hombre de las figuras de cera, US : Waxworks – The Caliph of Baghdad/Harun Al-Rashid.
1924Gul-e-Bakavali [=La Fée Bakavali] (IN) de Kanjibhai Rathod
Dwarkadan Sampat/Kohinoor Film Co., Bombay (muet), 7997 ft. – av. Zubeida (le fée Bakavali), Khalil (le prince Taj-ul-Mulk), Begum Fatma, Sultana, Abdul Ghani, Raja Babu, Miss Moti, Noor Mohamed, Jamuna, Usha Rani, Sabita Devi.
Le beau prince Taj-ul-Mulk (Taj al-Malik) part à la quête de la fleur magique qui pourra guérir la cécité de son père, une fleur d’essence divine détenue par la fée Bakavali. Taj doit toutefois affronter ses frères maléfiques qui s’emparent de la fleur après avoir métamorphosé la fée en statue de pierre au cœur d’un temple…. Le premier succès continental du cinéma indien (film à trucages), adaptation d’une légende perse mêlée à des motifs fantastiques des Mille et Une Nuits, et qui devient d’abord un classique du théâtre urdu. La sortie du film précède de plusieurs mois celle de The Thief of Bagdad (1924) de Fairbanks/Walsh. Sous la pression des nationalistes hindous, noms propres et décors sont « indianisés » (Zeen-ul-Mulk devient Raja Jalad Singh).
1924***The Thief of Bagdad : An Arabian Nights Fantasy (Le Voleur de Bagdad) (US) de Raoul Walsh
Douglas Fairbanks Pictures/United Artists, 155 min./135 min. – av. Douglas Fairbanks (le voleur / le prince Ahmed), Snitz Edwards (son associé voleur), Anna May Wong (la suivante mongole), Brandon Hurst (le calife de Bagdad), Julianne Johnston (la princesse, sa fille), Charles Belcher (le saint homme [l’imam de la mosquée]), Sôjin Kamiyama (Cham Shang, le prince mongol), Konihiko Nambu (son conseiller), Tote Du Crow (le devin), Noble Johnson (le prince indien), Mathilde Comont (le prince persan), Sadakichi Hartmann (le magicien mongol), Winter Blossom (l’esclave du luth), Etta Lee (l’esclave du sablier), Sam Baker (l’homme au cimeterre), Scotty Mattraw, Charles Sylvester et Jess Weldon (les trois eunuques), Jesse Fuller, Eugene Jackson, Jesse Lasky Jr., Etta Lee, Paul Malvern, Jack Parker, David Sharpe, Charles Stevens.
Synopsis : Depuis son repaire au fond d’un puits, le voleur profite de sa témérité et de son agilité pour chaparder tout ce qui le tente dans les rues de Bagdad, bourses, bijoux ou tartes aux fruits… À un saint homme croisé à la mosquée, il lance : « Ce que je veux, je le prends. Ma récompense est ici-bas, le Paradis n’est qu’un rêve de fous et Allah, un mythe ». Dans sa capitale de Ho Sho, un potentat mongol décide de s’emparer de la ville avec son armée (« Ce que je veux, je le prends », dit-il à l’instar du voleur), mais s’installe d’abord en invité au palais afin d’y épouser la fille du calife ; une partie de ses soldats sont déguisés en domestiques. Au même moment, le voleur s’est introduit dans le harem grâce à une corde magique qu’il a subtilisée à un fakir pendant la prière. Il pénètre dans les appartements de la princesse promise au mariage et est anéanti par sa beauté. Divers prétendants arrivent à Bagdad. Le voleur se fait passer pour l’un d’entre eux sous le nom d’Ahmed, prince des Îles, des Mers et des Sept Palais. La princesse s’est éprise de lui, mais sa suivante mongole, qui est aux ordres du satrape mongol, révèle à son maître que le prince Ahmed est un usurpateur. Entre-temps, le voleur a tout avoué à la princesse : à sa vue, son cœur s’est purifié. Il est arrêté et fouetté jusqu’au sang. La princesse le fait évader et, pour gagner du temps, déclare qu’elle donnera sa main dans sept lunes à celui qui lui ramènera le plus fabuleux des trésors. Dans la mosquée où il erre désespéré, le saint homme encourage l’ex-voleur à devenir un véritable prince et lui accorde sa protection. Les prétendants officiels partent à la recherche de trésors ; ils ramènent qui un tapis volant de Chiraz, qui un cristal magique du Bouddha trouvé à Kandahar, qui une pomme d’or de Cathay qui redonne la vie. Sur ordre du Mongol, la suivante a empoisonné sa maîtresse. Elle est sauvée de justesse grâce à l’union des trois cadeaux princiers, et pour remporter la mise, le Mongol s’empare du palais. Entre-temps, le voleur repenti s’est lancé dans une longue quête. Aidé par le talisman d’un ermite, il traverse la Vallée du Feu, affronte un dragon dans la Vallée des Monstres, survit à la Caverne des Arbres Enchantés et à un oiseau préhistorique, se retrouve dans un frêle esquif sur une mer déchaînée d’où il plonge dans les profondeurs sous-marines. Il y découvre le Coffre à la Clé Étoilée, annihile une araignée de mer, résiste aux sirènes, puis, remonté à la surface des eaux, il atteint la demeure du Cheval Ailé et la Citadelle de la Lune où, grâce à un manteau d’invisibilité, il s’empare du Coffret Magique. Il retourne à Bagdad au moment où les hordes mongoles s’emparent de la cité. Chevauchant son destrier ailé, il fait surgir du sol une armée magique qui chasse l’envahisseur, se rend invisible pour arracher la princesse à l’ennemi, et tandis que le prince mongol est pendu, il s’envole, béni par le calife et le soufi de la mosquée, avec sa bien-aimée sur un tapis volant.
Les décors extravagants de William Cameron Menzies pour « The Thief of Bagdad » (1925).
 Il est cocasse de constater que les deux films cinématographiquement les plus aboutis et les plus flamboyants de ce chapitre – à savoir ce « Voleur de Bagdad » muet et la version sonore de 1940 – ne sont pas directement tirés d’un conte de Shéhérazade. Contraint de se surpasser dans l’audace comme dans le gigantisme après le triomphe mondial de son Robin des Bois l’année précédente, Douglas Fairbanks, 40 ans, cofondateur des Artistes Associés et le plus populaire acteur américain de l’ère muette, découvre le cinéma fantastique allemand lors d’un séjour en Europe. Il est frappé par Der müde Tod (Les Trois Lumières) de Fritz Lang (cf. supra, 1921) dont il acquiert les droits pour les États-Unis. Ses épisodes de féerie le séduisent, et en particulier les trucages astucieux que ces sacrés Berlinois ont mis au point. Partant des contes du Prince Ahmed, du Cheval magique, des Trois Princes ainsi que d’autres éléments épars sortis des Mille et Une Nuits, Fairbanks esquisse une trame originale (sous le pseudonyme d’Elton Thomas) que développent l’auteur dramatique anglais Edward Knoblock (Kismet, cf. 1914), Lotta Woods, le romancier russe Achmed Abdullah et James T. O’Donohoe, en y insérant de surcroît une allusion à la prise de Bagdad par les Mongols de Houlagou Khan en février 1258.
Reste à créer la ville de tous les émerveillements et, par la même occasion, des espaces appropriés pour les mille et une cascades, culbutes et sauts périlleux dont « Doug » saupoudre ses films, avec la souplesse de la panthère et l’apparent manque d’efforts qui lui sont propres : athlète accompli, il ne saurait quitter une maison par la porte s’il peut emprunter une fenêtre ou un toit, tout balcon n’étant pour lui qu’une marche d’escalier ! À cet effet, il fait appel au génie inventif de William Cameron Menzies, un débutant de 27 ans, mais bientôt un des décorateurs les plus brillants et les plus originaux du métier (les visuels de Gone With the Wind / Autant en emporte le vent, 1939).
Le voleur dans le royaume sous-marin à la quête du Coffre à la Clé Étoilée (« The Thief of Bagdad », 1924).
 Ses prodigieuses créations pour ce film représentent « le plus parfait exemple d’inspiration puisée dans l’Art nouveau par le cinéma », multipliant « les inventions sans jamais sacrifier l’élégance des formes ni la cohérence d’ensemble » et « poussant jusqu’à l’absurde le goût de ce style pour les formes organiques. » Les murailles démesurées sont de vastes surfaces nues avoisinant des façades de palais richement ornées. « Qu’une porte à herse doive s’ouvrir dans le mur et elle devient une bouche monstrueuse que viennent refermer quatre rangées de dents. Les rues ne sont que recoins, décrochements, détours, amas de jarres qui rythment le décor autant qu’ils permettent les déplacements bondissants de la vedette. (…) Les intérieurs refusent la ligne droite et décorent leurs vastes surfaces claires de vases gigantesques dans lesquels s’épanouissent de pures arabesques, ou de fenêtres si étroites que c’est miracle que le voleur parvienne à s’y insinuer » (J.-P. Berthomé, Le décor au cinéma, Paris, 2003, p. 75). Pour rendre l’ensemble plus aérien, plus éthéré, le haut des décors (jusqu’à 18 mètres en intérieurs, 30 en extérieurs), arbres et branches compris, est peint en teintes plus sombres tandis que les parterres polis comme des miroirs accentuent par leurs reflets la verticalité des bâtisses (couleurs : gris, or, argent, noir et blanc). Tous les ustensiles sont d’une hauteur disproportionnée, jarres, gongs, portes, cimeterres. Mitchell Leisen, futur cinéaste, signe des costumes fleuris et abondamment ornementés qui contrastent avec la nudité des parois. C’est au jeune Raoul Walsh, formé par Griffith et bientôt le champion inégalé du cinéma d’aventures, qu’incombe la tâche d’animer cet univers quasiment « graphique », d’y insuffler vie et rythme. C’est la première fois que le baroudeur irlandais gère une entreprise d’une telle ampleur, et la jugeant d’abord trop monumentale, il a hésité avant d’accepter, car, comme il l’écrit, ses propres films sont emplis « de cowboys, de gangsters, de maquereaux, de prostituées et de la racaille de l’Ouest » (Each Man in His Time, New York, 1974, p. 163). Les aquarelles de préproduction de Menzies (qui a conçu chaque scène comme une illustration) ont fini par le convaincre : ce Voleur de Bagdad sera d’abord un album d’images avant d’être un film d’action.
Le tournage s’effectue pendant 28 semaines, de mi-juillet 1923 à janvier 1924, aux anciens studios Goldwyn (Pickford-Fairbanks Studios) à N. Formosa Avenue, West Hollywood, directement sur les 1,6 hectares de fondements bétonnés qui ont servi à ériger Nottingham, le prodigieux château de Robin des Bois. Walsh peuple la grande place de Bagdad de 3300 figurants, dont une majorité de Mexicains grimés en Arabes, tandis que le voleur survole la foule sur son tapis, suspendu par des câbles (peints en blanc) à une grue géante. L’effet est saisissant. Fairbanks offre un rôle d’esclave-espionne à Anna May Wong, une jeune Chinoise mélancolique de 18 ans qui va devenir la première star asiatique d’Hollywood (au sommet de son art dans Shanghai Express de Josef von Sternberg en 1932, aux côtés de Marlene Dietrich) ; le vilain mongol est campé par le Japonais Sôjin Kamiyama, spécialiste de Shakespeare à Tokyo ! Mais c’est l’idole de cette Amérique encore prospère, Fairbanks, qui domine la distribution, le torse nu, la moustache fine, la chevelure abondante retenue par un mince turban, le pantalon bouffant, l’éclat de rire communicatif, une bonne humeur qui participe de son image de marque : il représente le peuple et, en tant que voleur, il est le joyeux et insolent parasite d’une société nantie qui, tel Robin des Bois, finit par accéder aux plus hauts postes par ses seuls mérites.
Le voleur et sa proie : Douglas Fairbanks triomphant et Julianne Johnston (« The Thief of Bagadad » de Raoul Walsh, 1924).
 C’est le symbole de la santé corporelle selon la philosophie hooverienne. Sa fable, d’un optimiste indécrottable, véhicule une morale occidentale, conquérante, carnassière – « le bonheur se mérite (Happyness Must Be Earned) » lit-on en exergue – , celle d’un malandrin amoureux de la fille du calife qui réalise que ce qu’il désire le plus au monde ne peut être ni volé ni conquis par la ruse. Le charisme et la vitalité de la star, la poésie naïve et la fraîcheur, mais surtout la stupéfiante splendeur décorative de l’œuvre font qu’on lui pardonne aisément ses déficiences de rythme et des excès de pantomime, en particulier dans la première moitié (parfois languissante) du récit : soustraits à la contrainte de ce décor irréaliste, les acteurs, quand ils ne dansent pas comme Fairbanks, sont amenés à pratiquer un jeu délibérément expressif, leurs gestes devant être le prolongement de la scénographie, et cette dernière étant intimement liée à l’action. Quant à Walsh, il accentue toute la dynamique finale (le manteau d’invisibilité, c’est son apport) et, de nature plutôt terre-à-terre, rend les rêveries débridées de Fairbanks plausibles, concrètes à l’écran : le fantastique ne doit jamais handicaper le narratif.
La sortie de ce film séminal est l’événement cinématographique de l’année, tant à Hollywood qu’à New York, où les palais du cinéma muet rivalisent dans la surenchère orientalisante la plus kitsch (un roman signé Achmed Abdullah paraît simultanément). Les recettes sont impressionnantes, avec 1,8 millions de $ (soit deux fois et demi de plus que Le Signe de Zorro et un tiers de plus que Les Trois Mousquetaires, deux triomphes récents de Fairbanks). Mais compte tenu des coûts faramineux du Voleur (1,7 millions), le bénéfice réel atteint à peine 100'000 $. Qu’importe : producteur-auteur-interprète, Fairbanks marque son époque par l’ambition de ses exigences esthétiques et professionnelles, par sa tentative d’osmose entre les styles germano-européen et américain : c’est le sommet artistique de sa carrière. Le quotidien corporatif Film Daily le désigne comme « meilleur film de 1924 », William Randolph Hearst en personne félicite Walsh, Gloria Swanson le sollicite pour sa prochaine production (Sadie Thompson), et le succès à l’étranger n’est pas en reste. En France, André Gide et Antoine de Saint-Exupéry se disent fascinés, le jeune Orson Welles y découvre les possibilités du 7e Art et, émerveillé, revoit la bande plusieurs fois. Le film est primé à Tokyo (Kinema junpo Award) en 1926 et à Varsovie (Exposition cinématographique internationale) en 1927. Soixante-dix ans plus tard, la Library of Congress à Washington le sélectionnera pour la conservation en raison de sa « valeur culturelle, historique et esthétique » et en 2008, l’American Film Institute le classera parmi les dix meilleures œuvres fantastiques jamais produites par Hollywood. En Chine, notamment à Shanghai en 1927, une frange du public se dit blessée par l’image négative qu’il donne des Asiatiques, facteur à mettre en relation avec les lois anti-chinoises et anti-japonaises massivement soutenues par la presse de W. R. Hearst (interdiction de possession des terres par les « étrangers » dans les États de Washington et de Californie en 1923, la loi Johnson Reed sur l’immigration refusant le droit d’entrée aux Asiatiques en 1924, etc.). En revanche, le film fait un malheur dans les pays arabes, où il réveille la nostalgie d’un passé lointain et glorieux. Mais aussi en Inde, où il restera à l’affiche pendant plus d’une décennie dans tout le subcontinent (« The most popular film ever shown in India », selon l’Indian Cinematograph Committee Report de 1927-28), son succès provoquant entre Bombay et Calcutta une véritable avalanche de pseudo-remakes, de suites, de variantes et de parodies, bien sûr étoffées de leur lot caractéristique de chants et de danse. Mais avec un déplacement d’accent significatif : alors que Hollywood parle de vol, de la dignité du travail, de l’attirance pour les biens d’autrui et du sacro-saint droit individuel au bonheur, Bollywood insiste sur la puissance du spirituel, de la musique et les destinées voulues par les dieux... « East Is East and West Is West – and never the Twain Shall Meet », constatait déjà Kipling. – IT : Il ladro di Bagdad, ES : El ladròn de Bagdad, DE, AT : Der Dieb von Bagdad.
1925Grief in Bagdad (Le Farceur de Bagdad) (US) de Benjamin Stoloff
William Fox/Fox Film Corporation, « A Fox Monkey Comedy », 1 bob./10 min.
Une amusante parodie du « Thief of Bagdad » de Fairbanks/Walsh (1924), qui a la particularité d’être interprétée par des chimpanzés enturbannés, avec perles et kaftans orientaux, tandis qu’esclaves, soldatesque et la figuration sont humains. – Ali Bi, « l’autre voleur de Bagdad », feint de dormir comme Fairbanks au début de son film, subtilise du pain à un badaud pour le donner à une mendiante et s’adonne à diverses acrobaties au-dessus des rues – un système surréaliste de poulies, la corde du fakir – pour chaparder le plat de nouilles du fourbe Pung Chow, un cheikh de Pékin (!). Ce dernier s’empare de la princesse Djer Kiss et l’enferme dans son palais (dont la porte à herse se ferme par des rangées de dents acérées). Ali Bi poursuit les ravisseurs sur un âne ailé, puis un tapis volant, élimine les gardes au cours d’une suite de gags digne de Buster Keaton (portes tournantes, escaliers roulants, etc.) et libère Djer Kiss dont il soulève le voile afin d’obtenir sa récompense ! Du travail de dressage stupéfiant. – DE : Der Schelm von Bagdad.
Chef-d’œuvre du film d’animation : « Les Aventures du prince Ahmed » de Lotte Reiniger (1926).
1923-1926[Animation : ***Die Abenteuer des Prinzen Achmed (Les Aventures du prince Ahmed) (DE) de Lotte Reiniger [et Carl Koch] ; Comenius Film-Ufa (Berlin), 66 min. – Synopsis : Un Grand Sorcier africain crée un cheval blanc volant qu’il se dit prêt à céder au calife de Bagdad contre la main de sa fille, la princesse Dinarzade. Essuyant un refus, le sorcier montre au fils du calife, le prince Ahmed, comment s’envoler avec le cheval, mais il omet intentionnellement de lui dire comment redescendre. Ahmed est emporté dans le pays lointain de Waq-Waq où il s’éprend de la belle souveraine Pari-Banou, une fée, et l’emmène en Chine, poursuivi par les djinns et démons des lieux. Le magicien les rattrape, précipite Ahmed dans un ravin et vend Pari-Banou à l’empereur de Chine, mais, près des flammes d’un volcan, Ahmed rencontre une terrible ogresse, ennemie du sorcier, qui lui fournit une armure à l’épreuve de toute magie. Ahmed libère à temps Pari-Banou et le couple trouve refuge auprès d’Aladin qui leur raconte comment il a perdu et Dinarzade et sa lampe magique, à présent entre les mains du Grand Sorcier qui convoite la princesse. Ahmed tue le sorcier, mais il est rattrapé par les démons de Waq-Waq qui ont juré la perte de Pari-Banou. L’ogresse s’empare de la lampe et fait apparaître une légion d’esprits blancs qui terrassent les démons noirs. Ahmed et Pari-Banou, Aladin et Dinarzade sont enfin réunis. – Premier long métrage d’animation de l’histoire du cinéma, Ahmed, entièrement conçu de silhouettes de papier découpées, est un chef-d’œuvre d’enchantement et de poésie qui nécessita trois ans de tournage dans une mansarde à Potsdam. Cette animation en ombres chinoises (sur le modèle de Caran d’Ache) est élaborée avec précision et un sens exceptionnel de la miniature par Lotte Reiniger, son époux Carl Koch (à la caméra) et ses collaborateurs Walter Ruttmann et Berthold Bartosch. Elle remportera un succès mérité à Berlin comme à Paris. En 1953, la réalisatrice se penchera à nouveau sur Alladin and the Magic Lamp pour un court métrage anglo-allemand de 14 min.]
1926[**] The Lady of the Harem / Hassan / The Golden Journey (Sultane) (US) de Raoul Walsh
Adolph Zukor, Jesse L. Lasky/Famous Players-Lasky Corp.-Paramount Pictures, 6 bob./1740 m. – av. Greta Nissen (Pervaneh), William Collier Jr. (Rafi), Ernest Torrence (Hassan), Louise Fazenda (Yasmine), So-Jin [=Sojin Kamiyama] (le calife Abd el-Malik), André de Béranger (Selim), Frank Leigh (le vizir Jafar), Noble Johnson (le collecteur d’impôts), Daniel Makarenko (le chef de police), Snitz Edwards (Abdu), Chester Conklin (Ali), Leo White et Brandon Hurst (des mendiants), Christian Frank (officier).
Synopsis : La province de Khorasan (Perse) croule sous les impôts et souffre de la cruauté, l’avidité et la lubricité du calife. Hassan, un brave confiseur qui vit paisiblement, revoit son ami Rafi, venu en ville pour retrouver sa bien-aimée Pervaneh, qui a été enlevée par les soldats du tyran en contrepartie des impôts que son père ne pouvait payer. Hassan lui procure de quoi racheter Pervaneh au marché des esclaves, mais le chef eunuque du sultan l’emporte de force au palais. La croyant morte, Rafi jure vengeance et organise la rébellion avec une armée de mendiants experts au lancer de couteau. Terrorisé, le calife se déguise en marchand et arpente les rues de la ville à la recherche de ses assassins potentiels. Il n’est pas reconnu, mais pris pour un espion et enfermé ; Hassan, naïf, le délivre, ce qui lui vaut une place d’honneur à la cour. Le calife attire Rafi au palais avec une fausse lettre de Pervaneh et le livre à ses bourreaux pour le faire torturer à mort sous les yeux de sa belle tandis qu’il organise une orgie pour fêter sa victoire. Révolté, Hassan l’invective et introduit les hommes de Rafi dans le palais ; le potentat est poignardé, les amants sont délivrés et le confiseur monte sur le trône.
À l’origine de ce film, il y a un drame en vers du poète et orientaliste anglais James Elroy Flecker intitulé The Story of Hassan of Baghdad and How He Came to Make the Golden Journey to Samarkand, texte posthume de haute tenue littéraire paru en 1922 (l’auteur est décédé de la tuberculose en 1915 à Davos, en Suisse, à âge de 31 ans). Il y conte comment Hassan sauve Haroun Al-Rachid des assassins du Roi des Mendiants, puis, fêté à la cour, comment il devient victime de la débauchée Yasmine et des ennemis du souverain ; dégoûté par la corruption et la vilenie ambiantes, il disparaît en pèlerinage sur la Route Dorée de Samarcande... Le metteur en scène et futur cinéaste Basil Dean adapte le texte pour la scène en resserrant et restructurant sérieusement l’intrigue. La pièce en cinq actes est présentée au « His Majesty’s Theatre » à Londres le 20 septembre 1923 avec Henry Ainley dans le rôle-titre et pourvu d’une musique originale du compositeur Frederick Delius. C’est un triomphe critique et public. En revanche, mise en scène au « Knickerbocker Theatre » à Broadway le 22 septembre 1924 avec 150 comédiens sur les planches, cette même pièce fait un four mémorable et disparaît après deux semaines. Entre-temps, la Paramount à Hollywood s’est réservé les droits cinématographiques et réarrange de fond en comble l’intrigue de Flecker, en fonction du goût des Américains. Le lieu de l’action est déplacé de Bagdad en Iran (où il n’y eut jamais de califat !), Haroun disparaît. Après Le Voleur de Bagdad deux ans auparavant, Raoul Walsh semble l’homme idéal pour tenir le mégaphone : il tourne au printemps 1926 aux studios Paramount sur Melrose Avenue-Marathon Street, reprenant trois acteurs qu’il vient de diriger dans le péplum biblique The Wanderer (Le Fils prodigue), la gracieuse ballerine norvégienne Greta Nissen, William Collier Jr. et Ernest Torrence ; le Japonais So-Jin (le calife) a déjà mimé un satrape oriental dans Le Voleur de Bagdad. Douche froide : à en croire Variety (25.8.26), son film, une production somptueuse et coûteuse, est déprogrammé après une seule journée d’exclusivité au cinéma Loew’s New York, et, comme The Wanderer, c’est un échec commercial retentissant. Le New York Times ne lui consacre pas une ligne. Le film étant aujourd’hui perdu, il est difficile de juger de sa qualité, mais la fixation indignée de la presse sur la nudité des bayadères et « l’omniprésence insupportable » du sexe regrettée par Variety semble bien trahir la patte de Walsh, dont on connaît la rare franchise et l’absence d’hypocrisie en la matière – lui qui signera l’année suivante avec The Loves of Carmen (starring Dolores del Rio) le film sexuellement le plus provocateur du cinéma muet américain. Lui encore qui choquera l’Amérique pudibonde en 1928 avec Sadie Thompson d’après Somerset Maugham (Gloria Swanson en prostituée sans complexes). La prose de Flecker n’ayant pas sa place dans une bande muette et l’intrigue étant sans surprises, Walsh l’aura épicée à sa manière. Au vu du punch, de l’humour et de la plasticité de ses films de l’époque, on ne peut que regretter que celui-ci n’ait pas survécu. Quant à la pièce de Flecker, elle fera encore l’objet de deux adaptations télévisuelles par la BBC en 1937 et en 1971 sous le titre de Hassan (cf. infra). Basil Dean la reprendra en 1951 au « Cambridge Theatre » avec Laurence Harvey en Rafi. – AT : Der Sklavenmarkt von Bagdad, CH : Im Harem des Kalifen, ES : La dama del harén, La bayadera, IT : La vergine dell’harem.
1927Ali Baba chalis Chor / Alibabavum Narpathu Thirudargalum / Ali Baba and 40 Thieves (IN) de Bhagwati Prasad Mishra
Khan Bahadur Ardeshir M. Irani/Imperial Film Co., Bombay (muet), 3079 m. – av. Mehboob Khan (Ali Baba), Sulochana, Jilloo, Jamshedji, Elizer, Baburao Sansare, Madanrai Vakil, Mehboob Khan (un voleur). – Les débuts de Mehboob Khan, futur producteur et réalisateur de grands spectacles bollywoodiens, surnommé le Cecil B. DeMille indien.
1927Alladin ane Jadui Fanas / Alladin and his Wonderful Lamp (IN) de Bhagwati Prasad Mishra
Khan Bahadur Ardeshir M. Irani/Imperial Films Co., Bombay (muet), 3244 m. – av. Elizer, Yusuf, Zebunissa, Sayed Hussein, Jilloo, N.A. Ghory. – Un des dix films les plus populaires de l’année en Inde.
1927The Arabian Nights / Alif Layla (IN) de Jyotish Bannerjee (?)
Jeejeeebhoy Jamshedji Madan/Madan Theatres Ltd. (Calcutta).
1928**Geheimnisse des Orients / Shéhérazade (DE/FR) d’Alexandre Volkoff [et Anatole Litvak]
Noé Bloch, Gregor Rabinovitch/Universum-Film AG (UFA) (Berlin)-Ciné-Alliance [Alliance Cinématographique Européenne (A.C.E.)] (Paris), 3150 m./2670 m., 146 min./103 min. – av. Nicolas Koline (Ali, le cordonnier), Nina Koschitz (Fatme, son épouse), Ivan Petrovitch (le prince Ahmed), Dimitri Dimitrieff (le sultan Shahryar), Marcella Albani (Zobeïda, sa favorite), Agnes Petersen-Mozzuchinowa (la princesse Gylnar), Dita Parlo (son esclave), Aleksandr Vertinskiy (le vizir), Gaston Modot (le prince Hussein), Julius Falkenstein (l’astrologue de la cour), Hermann Picha (le bouffon).
Synopsis : Ali, savetier du Caire, est marié à une mégère puissante et acariâtre qui lui prodigue plus de taloches que de caresses. En rêve, il fuit son échoppe misérable et part à l’aventure, muni d’un sifflet magique qu’un mystérieux cavalier lui a laissé en paiement. Il s’embarque en passager clandestin à bord d’un voilier, mais celui-ci est détruit par le feu et le savetier gagne la rive sur le dos d’un hippopotame. Il est accueilli avec faste par le sultan – qui le prend pour un célèbre astrologue dont la venue a été annoncée. Ébloui par la beauté de la fille du souverain, Gulnar, et de sa favorite Zobeïda, Ali demande la princesse en mariage en échange de dix mille chameaux. Apprenant à la veille de ses noces que les deux femmes sont amoureuses du prince Ahmed, un jeune homme séquestré dans une tour par Hussein, le fils de Zobeïda, Ali se laisse attendrir et fait évader son noble rival avec Gulnar. Les fugitifs sont capturés, Ali obtient leur grâce en offrant ses richesses, mais il est confondu lorsque survient le véritable astrologue. Le sultan condamne le savetier à mort. Ali lui échappe grâce au sifflet magique … et se réveille sous les coups de sa femme.
Cette fabuleuse féerie produite par les Russes blancs (budget : 1,2 millions de Reichsmark) fait suite au Casanova de Volkoff avec Ivan Mosjoukine et implique la mobilisation technique tant de Berlin que de Paris, à la pointe de ce qui se fait en cinéma en Europe. Pour la direction de la UFA, c’est le film de l’année, et c’est dans les immenses halles de l’UFA-Atelier à Berlin-Neubabelsberg qu’Ivan Lochakoff – déjà responsable des décors des Mille et Une Nuits en 1921 (cf. supra) – crée les intérieurs prodigieux du palais, tandis que les places et rues de la mythique « cité de cuivre jaune (Madînat an-Nuhâs) » prennent vie aux studios de la Franco-Films (Victorine) à Nice, avec l’apport des trucages et miniatures de Paul Minine et Nicolas Wilcke – et d’un éléphant superbement harnaché. Les extérieurs suivent à Villefranche sur la Côte d’Azur et surtout à Kairouan et à Gabès en Tunisie où 2000 méharis participent aux prises de vue (novembre 1927 à avril 1928). Le cinéaste Anatole Litvak débute comme assistant-réalisateur de Volkoff, dont il a fait la connaissance sur le tournage du Napoléon de Gance ; ayant déjà deux films à son actif à Leningrad (1923/24), Litvak dirige ici également la deuxième équipe.
Les décors d’Ivan Lochakoff rivalisent avec ceux de Cameron Menzies (Geheimnisse des Orients, 1928).
C’est moins le scénario, mêlant avec beaucoup de libertés le conte du pauvre savetier Mârouf à celui du prince Ahmed, moins la narration (peu imaginative), voire l’interprétation hétéroclite qui retiennent ici l’attention que les qualités picturales peu ordinaires, les compositions extravagantes d’un film influencé par le mémorable Voleur de Bagdad de Fairbanks/Walsh (1924), et revu à travers le prisme slave des Ballets Russes de Diaghilev. L’exubérance kitsch et les débordements ornementaux des décors (souvent surdimensionnés), mêlée à la richesse sensuelle des costumes de Boris Bilinsky, aboutissent à un fascinant mélange « orientaliste » de Jugendstil, d’Art Déco (les créations d’Erté), d’expressionnisme, d’ombres chinoises, de revue de music-hall style « Ziegfeld Follies » et de fantastique, le tout servi par une photo aux virages polychromes (dont une salle de palais en tonalité vert d’eau). L’option se justifie dans la mesure où l’aventure est vécue à travers les yeux d’un savetier naïf et burlesque. À la fois splendide et excessif, le résultat est salué par une partie de la presse mais n’attire pas autant de spectateurs qu’espéré : il lui manque pour cela des vedettes du calibre de Pola Negri (Sumurun de Lubitsch) ou Douglas Fairbanks. – US, GB : Secrets of the Orient, Secrets of the East, IT : L’imperatrice perduta.
1928Hoor-e-Arab / Alladdin and his Magic Lamp (IN) de Ratansha Sinore
Jeejeebhoy Jamshedji Madan/Madan Theatres Ltd., Calcutta, 3093 m – av. Ratanshah Sinor, Bapuji Punegar, Patience Cooper, Farida.
1928Gul Sanobar (IN) de Homi Master
Dwarkadas Sampat/Kohinoor Film Co., Bombay (muet), 3688 m. – av. Hira, Yakbal, Khalil, Thomas Ganibabu. – Omar, le prince du Yémen, à la quête de la fleur magique, cf. version de 1934.
1929Baghdad nu Baharvatiyo / Thief of Baghdad / Bandit of Baghdad (IN) de Narayan Gopinath Devare
N. G. Devare, Dwarkadas Sampat/Kohinoor United Artists, Bombay (muet), 3494 m. – av. Jai Kishan Nanda, Jamuna, Elizer, Rajababu, Ganibabu, Usha. – Première retombée du succès phénoménal du film de Douglas Fairbanks en Inde.
1929Hatimtai (IN) de Prafulla Ghosh
Maneklal Patel/Krishna Film Company, Bombay (4 parties), 10'939 m./env. 4 x 60 min. – av. Rampiary (la princesse Husn Banu), Abdul R. Pahelwan, Gulab, Hydershah, Haridas, Durga, Gangaram, Rosy, Leslie, Miss Hormez, Motibai.
Le poète préislamique Hatim at-Tai ou Tayy (Hatem ibn Abdallah ibn Sa’ad at-Ta’iy, décédé en 578 à Towaren), fils de Tai, roi du Yémen, est célébré dans tout l’Orient pour la pureté de son âme, son détachement et son extrême générosité. Son nom est mentionné dans divers hadiths du prophète Mahomet, et ce dernier ayant appris que Safana bin Hatim, sa fille, avait été capturée et réduite en esclavage par des musulmans aurait ordonné sa libération immédiate ; Safana et son frère Adi deviendront des compagnons du Prophète. Vanté par les poètes soufis persans Saadi et Omar Khayyam, Hatim figure également dans Les Mille et Une Nuits (Le Conte de Hatim at-Tai et la fée Gulnar [269]) où sont narrés ses exploits miraculeux, ainsi que dans Qissa-e-Hatem Tai (Les Aventures de Hatim Tai), un recueil particulièrement populaire en Inde, au Pakistan et en Asie du Sud où la quête sapientielle de cet « aventurier de la spiritualité », mêlée à un merveilleux proche de la mythologie hindoue, est encore plus appréciée qu’en terre arabe. Ce dernier texte narre les sept voyages fantastiques de Hatem qui animent le répertoire du théâtre urdu parsi (dès 1870) et les presque vingt films consacrés au personnage et à sa progéniture.
Synopsis : Lors d’une promenade à cheval, Hatim tombe sur un jeune prince en pleurs, Munir Shami de Khwarizim. Munir est éperdument amoureux de la pieuse Husn Banu, fille de Burzakh de Khorasan, le fondateur de la cité de Shahabad. Mais la belle souffre d’une malédiction : son père ayant, dans sa jeunesse, tenté de violer l’envoûtante fée Gulnar, celle-ci a décrété que le mari de sa fille mourra lors de sa nuit de noces et Husn Banu se transformera en statue – à moins que l’époux ne parvienne auparavant à résoudre sept énigmes. Hatim accepte le défi à la place de Munir, puis réussit à découvrir – et à transmettre – au cours de tribulations extraordinaires le message de sagesse éternelle contenu dans les réponses ; il lui aura fallu auparavant braver loups, chacals et ours (qui le respectent, car sa bonté envers les animaux est connue), puis épouser la fille du roi des ours, une créature mi-femme mi-animal qui après une année lui fait cadeau d’une perle le protégeant contre le feu et le poison ; il résiste au dragon et aux sirènes dans leur royaume sous la mer, au géant cannibale Irfan, aux pièges du Jardin des mille beautés, affronte le diabolique magicien Dajjal, satrape de Jaffar, s’éprend de Husna, la sœur de la fée Gulnar, etc. Transformée jadis en pierre, Gulnar retrouve sa forme humaine, tandis que Munir et Husn Banu peuvent enfin se marier. Après une absence de douze ans, sept mois et neuf jours, Hatem retourne au Yémen, fêté comme un héros. Son père lui donne en épouse la reine Zarinpash et abdique en sa faveur ; selon la légende, Hatim serait mort à l’âge de deux cents ans. C’est cette matière foisonnante que la Krishna Film Company traduit en un méga-sérial (muet) en quatre parties, d’une durée approximative de dix heures, avec d’opulents décors de M. D. Shah.
1930Sindabad Khalasi / Sindbad the Sailor (IN) de Ramchandra Gopal Torney
Khan Bahadur Ardeshir M. Irani/Imperial Film Co., Bombay (muet), 3217 m. – av. Jamshedji Khansaheb (Sinbad), Sushila, Mazhar Khan, Elizer, Wagle Sandow, Sakhu, Trikamlal.
1930Kismet (US) de John Francis Dillon
Robert North/First National Picture-The Vitaphone Corp. [Warner Bros.], 87 min. – av. Otis Skinner (Hajj), Loretta Young (Marsinah), David Manners (le calife Abdallah), Sidney Blackmer (le vizir Mansur), Mary Duncan (Zuleyka), Montagu Love (le geôlier), Ford Sterling (Amru), Theodore von Eltz (Nazir, le guide touristique), John St. Polis (Mahmud, l’imam), Edmund Breeze (Jawan), Blanche Frederici (Nargis, la nourrice), Richard Carlyle (le muezzin), John Sheehan (Kazim), Otto Hoffman (Azaf), Charles Clary, Noble Johnson, Carol Wines, Sidney Jarvis, Lorris Baker, Olin Francis, Willi Walling.
Otis Skinner et Loretta Young dans Kismet (1930) de John Francis Dillon.
 Synopsis et commentaires cf. supra, film de 1914. – Ayant acquis les droits de la pièce d’Edward Knoblock pour en fabriquer une version sonore, le consortium Warner-First National, généralement près de ses sous, met le paquet : un budget de 600'000 $, un tournage dans les studios de Burbank installés pour les enregistrements sur disque Vitaphone (Western Electric Movietone), à la fois au format Vitascope 65 mm (un système précurseur d’écran panoramique) et en 35 mm. Otis Skinner campe à nouveau Hajj, mais il est cette fois, à 72 ans, un peu âgé pour le rôle. À ses côtés, on découvre une toute jeune Loretta Young et la très sensuelle Mary Duncan, l’inoubliable Femme au corbeau de Frank Borzage (1929). Dans un prologue imaginé par Howard Estabrook et situé au XXe siècle, un groupe de touristes occidentaux en visite à Bagdad se voit entouré de mendiants. À l’entrée de la mosquée, une femme découvre une pierre portant une énigmatique inscription que le guide lui traduit : « Seul ce que le Destin brode a de la consistance – ce que les hommes rêvent n’est que poussière aux yeux d’Allah ». Puis il raconte l’histoire du mendiant. Aucune copie de ce film « pre-code » – qui remporta un joli succès – ne semble avoir survécu, peut-être en raison de son ton trop osé et ses nudités qui auraient alarmé la censure bigote du Code Hays dans les années suivantes. – IT : Il mendicante di Bagdad.
1931Kismet (US/DE) de William Dieterle
Henry Blanke/Warner Bros. Pictures-Deutsche First National Pictures GmbH (Defina), Berlin, 77 min. – av. Wladimir Sokoloff (Kassim/Hajj, le mendiant), Dita Parlo (Miriam/Marsinah, sa fille), Gustav Fröhlich (le calife Abdallah), Anton Pointner (le vizir Mansur), Karl Etlinger (Abu).
Synopsis et commentaires cf. supra, film de 1914. – Version allemande du précédent, réalisée en novembre-décembre 1930. Fraîchement débarqué de Berlin, l’acteur-réalisateur William (Wilhelm) Dieterle tourne dans les studios Warner à Burbank une série de versions allemandes de films américains interprétée par des acteurs européens – le procédé de doublage n’étant pas encore au point – avant d’entamer une longue et prestigieuse carrière à la Warner Bros. Dieterle signera aussi le remake en Technicolor de Kismet en 1944 (cf. infra).
1931Alladin and the Wonderful Lamp (IN) de Jal Ariah
Jeejeebhoy Jamshedji Madan/Madan Theatres Ltd., Calcutta (muet), 3048 m. – av. Patience Cooper, Ratansha Sinore, Miss Sylvia.
1931Kamar-Al-Zaman (IN/SG) de Shah G. Agha [Gazanfarali Shah]
Ardeshir M. Irani/Imperial Movietone Film Co., Bombay (parlé arabe, mandarin, hindi, urdu), 3504 m. – av. W. M. Khan (le prince Kamar az-Zaman), Cho Cho Lam (la princesse Boudour), Sultana (Maimoonah), Hansraj, Pramila, Manorama, Tara, Jamshetji, Mazhar Khan. – Les amours de Kamar (ou Camaralzaman) et Boudour, synopsis cf. version de 1922.
1931/32Baghdad nu Bulbul / Bulbul-e-Baghdad / Siren of Baghdad / Fairy of Baghdad / The Nightingale of Baghdad (IN) de Nanubhai Vakil
Chalulal Shah/Ranjit Movietone Film Co., Bombay (parlé hindi), 3490 m. – Dinshaw Bilimoria, Madhuri, Thatte, Baba Vyas, Bhagvat, Hiroji, Khatun, J. Sushila, Bachu, Yakub, Mehboob Khan. – Une variation sur le thème du « Voleur de Bagdad ».
1932Ali Baba aur chalis Chor / Ali Baba and the 40 Thieves (IN) de Jeejeebhoy Jamshedji Madan
J. J. Madan/Madan Theatres Ltd., Calcutta (parlé hindi et urdu). – av. Mohammed Nawab, Jehan Ara Kajjan, Mukhtar Begum, Patience Cooper, Sohrab G. Keeravala.
1932Gul-e-Bakavali / The Flower of Bakavali (IN) d’Anand Prasad Kapoor
Saroj M. Prod. (parlé hindi). – av. Ashraf Khan, Zebunissa, Najju Begum, Prabashhanker. – Le prince Taj à la quête de la Fleur magique détenue par la fée Bakavali (cf. version de 1924).
1933Lal-e-Yaman / Jewel of Yemen [=Le Joyau du Yémen] (IN) de Jamshed Bomanjih H. Wadia
J.B.H. Wadia/Wadia Movietone, Bombay (parlé hindi), 158 min. – Karimja (le prince Parviz), Padma (la princesse Parizad), Jal Khambatta (le roi), Master Mohammed (le soufi), Sayani Atish, Nazir, Bimilla Khan (le génie), Boman Shroff (l’homme-singe), Kamala (Lalarukh), Baby Mayuri (Mayuri), Feroze Dastur, Nazir, Lola.
Synopsis : Le prince Parviz, héritier du trône du Yémen, est emprisonné par sa marâtre qui veut remettre les rênes du pouvoir à son propre fils Nadir une fois son époux décédé. Un sage soufi aveugle confie au captif un poignard magique pour se libérer, lui et son peuple. L’arme a la faculté de rendre son propriétaire invisible. Parviz tue le terrifiant homme-singe et les djinns qui le menacent à l’aide d’une rose magique, libère la belle princesse égyptienne Parizad et annihile l’armée envoyée à sa rencontre. Le roi apprend toute la vérité et se repent, mais il est trop tard : charmé par la voix céleste de Nadir, il l’a désigné comme son successeur. Parviz et Parizad se marient en Égypte et la famille royale du Yémen, jadis déchirée par l’avidité et la jalousie d’une femme, retrouve le bonheur.
Un produit culturellement hybride, mais un des plus grands succès du cinéma indien des années 1930, concocté par l’imprésario de théâtre urdu parsi Joseph David à partir de multiples emprunts aux Mille et Une Nuits et au folklore islamique. Le film se veut un signal clair en faveur de l’unité indo-musulmane du subcontinent. Le plus ancien film indien conservé sur la matière.
1933*La Mille et Deuxième Nuit (FR) d’Alexandre Volkoff
Joseph N. Ermolieff/Gaumont-Franco Film-Aubert (G.F.F.A.), 95 min. – av. Ivan Mosjoukine (le prince Taher), Gaston Modot (le sultan Amrou), Tania Fédor (Gulnar, la « Sultane blonde »), Georges Cathelat (Ganem le pêcheur), Laure Savy (Aïcha, sa fiancée), Nathalie Lissenko (Fatima), Maurice Schutz (Hassad, le Grand Vizir), Pierrot Aubert (le petit Abdallah), Pierre Labry (l’eunuque), Gabriello (le marchand d’esclaves), Georges Busby (Djemal), Sinoël (Mahmoud), Nenni-Yo (une servante), Carla Darcy (Aouda), Germaine Brière (Zaréide), Monique Simon, Marthe Riche, Jacqueline Moncharmont, Nita Alvarez (la conteuse).
Synopsis : Gulnar, l’impérieuse et indomptable « Sultane blonde », est une étrangère qui jouit du rare privilège de se promener sans voile. Elle est troublée par le beau prince Taher, juste et généreux, cousin du sultan et commandant de la garde. Celui-ci n’est pas insensible à ses charmes mais reste réservé. Gulnar prend cette indifférence feinte pour un affront. Desservi par les intrigues de cour, Taher s’attire la colère du cruel sultan et échappe au bourreau en s’évadant et disparaissant dans la mer. On le croit mort, mais le pêcheur Ganem l’a recueilli. Devenu hors-la-loi et chef des insurgés, le prince s’attaque en vain au marché d’esclaves pour libérer la jeune Aïcha, la fiancée de Ganem. Gulnar le retrouve, ils s’avouent leur passion. Lorsque le sultan déclare livrer Aïcha au bourreau si son adversaire ne se rend pas, Taher se constitue prisonnier, le temps de s’introduire dans le palais, d’être délivré par Gulnar et de tuer le satrape lors d’un duel à mort.
Une autre aventure moyen-orientale fabriquée par les Russes blancs entre Paris et Berlin. Le scénario est, dans ses grandes lignes, similaire à ceux des collaborations précédentes du prestigieux tandem Mosjoukine-Volkoff, sauf que cette fois, le cinéma parlant s’est installé pour de bon. Mosjoukine et son épouse Nathalie Lissenko (qui tient aussi un petit rôle) parlent mal le français, avec un fort accent russe ; les répliques de Mosjoukine étant limitées au minimum, son prince Taher agit et c’est son entourage qui s’exprime audiblement à l’écran (Ganem, la cour du calife), en plus d’un numéro musical pour animer la bande sonore. Mais le subterfuge ne trompe personne et après l’échec total de son ultime film, L’Enfant du carnaval, en 1934, Mosjoukine se retire du cinéma (il mourra dans la misère). Le film a été enregistré aux studios G.F.F.A. (Victorine) à Nice et sous les palmiers de la Côte d’Azur. Ermolieff commande une synchronisation anglaise pour l’exploitation en Grande-Bretagne, avec les voix de Jack Livesey (Taher), Dorothy Darke (Gulnar), Edmund Wilard (Amrou), Dick Francis (Ganem), et l’élimination de quelques seins dénudés qui pourraient choquer les spectateurs britanniques.
 La somptuosité des costumes de Boris Bilinsky et la surcharge décorative due à Alexandre Lochakoff (tous deux ont collaboré au Shéhérazade germano-français de 1928, cf. supra) renvoient certes au cinéma purement expressif et visuel du muet, une approche qui paraît un peu désuète alors que Jean Renoir, René Clair ou Marcel Pagnol s’apprêtent à livrer leurs premiers grands travaux, ce qui pourrait expliquer le relatif insuccès public du film. Les années ayant passé, celui-ci a toutefois ses défenseurs ; ainsi, Paul Vecchiali, cinéaste-cinéphile passionné, parle d’un « chef-d’œuvre où la poésie, l’action et le féerique doivent être regardés avec des yeux d’enfants », d’un film « fascinant non point par ce qu’il raconte, et qui est déjà merveilleux dans tous les sens du terme, mais grâce à une mise en scène fortement maîtrisée bien que naïve et délicate » (L’Encinéclopédie, 2010, p. 691).
Nota bene : l’intrigue du film n’a pas de rapport avec La Mille et Deuxième Nuit, conte fantastique de Théophile Gautier (1842) où Shéhérazade narre l’histoire de Mahoud ben Ahmed, amoureux de la fille du calife, et encore moins avec l’opéra comique éponyme de Jules Verne (1856), dans lequel Shéhérazade feint d’avoir perdu la mémoire, triomphe du sultan, favorise les desseins amoureux de sa sœur Dinarzade et évite les menaces de mort qui pèsent sur elle. – GB : The 1002nd Night, IT : Il principe ribelle.
1933Hatim Tai / Hatimtai (IN) de G. R. Sethi
Bharat Movietone, Bombay (parlé hindi). – av. Gulab, Shanta Kumari, Badri Prasad, Maruti Rao, J. Sushila, Fakira, Savitri. – Les aventures merveilleuses du prince yéménite Hatim at-Tai (commentaires, cf. Hatimtai, 1929).
1933Alif Laila / A Thousand Nights (IN) de Shanti J. Dave & Balwant Bhatt
Royal Cinetone-Prakash Studio, Bombay (parlé hindi). – av. Bashir, Zohra, M. Esmail, Lallubhai, Zaverbhai.
1933Alladdin aur Jadui Chirag / Jadu Ka Chirag / Tilasmi Chirag / Alladdin and the Wonderful Lamp (IN) de Jeejeebhoy Jamshedji Madan
J. J. Madan/Madan Theatres Ltd., Calcutta (parlé hindi). – av. Narmada Shankar, Abdul Rahman Kabuli, Mustafa, Leela, Gulzar, Sheela, Rose.
1933Ailating / Aladdin (Chine) de Ye Yisheng
Xin Mudan (New Peony) Film Company, 8 bob. – av. Wang Chunyuan, Qian Siying, Chen Wu.
1934Aaj ka Alladin, or Alladin II / Allauddin the Second (IN) de Nagendra Majumdar
Honey Talkies (parlé hindi). – av. Nurjehan, Ranjeet, Udwadia, Amritlal, Hanmant Rao, Harishchandra.
1934Kamar-Al-Zaman / Noor Mahal (IN) de Moti B. Gidwani
Manhar Movies (parlé hindi). – av. Yakbal (le prince Kamar az-Zaman), Dulari (la princesse Boudour), Z. Khan, Azurie, Shankerrao, Misra, Ratilal. – Les amours de Kamar et de Boudour, synopsis cf. version de 1922.
1934Baghdad ka chor / The Thief of Bagdad (IN) de Sulemani Setranji et D. N. Madhok
Paramount Pictures, Bombay (parlé hindi). – av. Shiraz, Moti, Vimal, Ebrahim, Mansoor, Bimla, Kesharinath, Kadam, Mumtaz, Mehrunissa, Nanda, Mansoor Ali. – Une retombée cette fois sonore et ô combien musicale du film de Fairbanks/Walsh en Inde.
Le chef des voleurs et son espionne : Fritz Kortner et Anna May Wong dans « Chu Chin Chow » (1934) de Walter Forde.
1934*Chu Chin Chow / (US rééd. :) Ali Baba Nights (Les Voleurs de Bagdad) (GB) de Walter Forde
Michael Balcon/Gaumont British Picture Corp. (London)-Gainsborough Pictures, 103 min./93 min. – av. Anna May Wong (Zahrat Al-Kouloub), George Robey (Ali Baba), Fritz Kortner (Abu Hassan, chef des voleurs/Chu Chin Chow), John Garrick (Nur-al-Din Baba), Pearl Argyle (Maryanah), Lawrence Hanray (Kassim Baba), Jetsam [=Malcolm McEachern] (Abdullah, majordome de Kassim), Dennis Hoey (Rakham), Sydney Fairbrother (Mahbubah Baba, l’épouse d’Ali Baba), Frank Cochrane (Mustafa, le savetier), Thelma Tuson (Alcolom Baba, l’épouse de Kassim), Francis L. Sullivan (le calife), Giobb McLaughlin (le vizir), Kiyoshi Takase, Constance Godridge, Anne Coventry, Robert Adams, Betty Lynn, C. V. France.
Synopsis, cf. supra, film muet de 1923. La nouvelle adaptation d’Edward Knoblock (auteur de Kismet), Sidney Gilliat et L. du Garde Peach pour la version sonore du fameux musical utilise non seulement toutes les chansons de l’original (We Are the Robbers of the Wood, My Desert Flower, The Cobbler’s Song, Anytime’s Kissing Time, etc.), mais introduit plusieurs modifications. Maryanah est ici la bien-aimée du fils d’Ali Baba, Nur-al-Din ; c’est elle qui surprend les confidences entre Abu Hassan, grimé en Chu Chin Chow, et son espionne Zahrat dans le palais de Kassim, puis confond le brigand sur la place publique ; Abu Hassan parvient à filer avec ses voleurs après une violente bataille de rues. Convaincu d’avoir été trahi par Zahrat, il fait enchaîner celle-ci au mécanisme qui ouvre son repaire. Elle parvient à se libérer et jure de se venger. Dans ce film, Ali Baba n’est qu’un bouffon en loques, un sexagénaire marié à l’acariâtre Mahbubah. C’est George Robey qui l’interprète, le comique de music-hall le plus populaire d’Angleterre, spécialisé dans l’humour absurde et la pantomime (il vient de camper Sancho Pancha dans le Don Quichotte de G. W. Pabst en 1933 et fera un Falstaff mémorable sur scène en 1935). En tête d’affiche, à nouveau une star de Hollywood pour incarner Zahrat, mais cette fois sous forme d’une créature au charme gracile, exotique et vénéneuse, la troublante Anna May Wong (Thief of Bagdad de Raoul Walsh, 1925, Shanghai Express de Josef von Sternberg, 1932). Un choix qui n’est pas anodin et que l’actrice sino-américaine, condamnée à des rôles d’intrigante, assume à contrecœur : sa Zahrat aux yeux bridés n’a pas d’amoureux.
 Si Herbert Wilcox s’est exilé en Allemagne pour réaliser la version muette de « Chu Chin Chow », Walter Forde invite d’une certaine façon l’Allemagne exilée à Londres pour son remake sonore : l’antisémitisme du régime hitlérien a fait fuir le chef-opérateur Mutz Greenbaum (actif à Berlin depuis 1915), le génial décorateur du cinéma expressionniste Ernö Metzner (Sumurun de Lubitsch, 1920, I. N. R. I. de Robert Wiene, Le Journal d’une fille perdue de Pabst, 1929) et le comédien Fritz Kortner, pilier du théâtre de Max Reinhardt, inoubliable dans le Loulou de Pabst (1929) ; ici, il cabotine goulument dans un rôle démoniaque sur mesure, en « Al Capone des caravanes » à la fois enfantin et monstrueux. Pearl Argyle, une prima ballerina sud-africaine (blanche), joue Maryanah, la bien-aimée du fils d’Ali Baba. Michael Balcon, le producteur qui découvrit Alfred Hitchcock, voit grand et investit le quadruple des coûts d’un film courant, soit 500'000 £, une somme considérable pour un pays en dépression depuis le krach de 1929. De février à avril 1934, Walter Forde, artisan appliqué de la comédie « british », envahit les plateaux des studios Gainsborough à Islington et ceux de Gaumont-British à Shepherd’s Bush (les rares vues du désert sont piquées à la version muette). Â l’écran, l’image est facilement surchargée, une lourdeur et une certaine théâtralité dans l’opulence que la caméra extrêmement fluide (style UFA), des éclairages nocturnes très recherchés et une ingéniosité décorative parviennent souvent à compenser.
Comme en 1923, l’intrigue est d’abord prétexte à un étalage un peu suranné de costumes, d’extravagance pseudo-orientale (les jeux d’eau, le banquet final avec son ballet-revue style Busby Berkeley) et surtout de fantasmes érotiques célébrant les délices sadomasochistes de la soumission (le harem, le bazar aux esclaves langoureuses, les gros plans de lèvres féminines entre-ouvertes). Mais à force d’insister sur la gloutonnerie et la débauche sans états d’âme de ses protagonistes, le film impose subrepticement le concept d’un Orient décadent qu’il est justifié de coloniser, d’exploiter et de rééduquer à l’occidentale. De surcroît, à travers le (faux) mandarin Chu Chin Chow, il conforte le cliché anglo-saxon de l’Asiatique sournois popularisé par Sax Rohmer (« Fu Manchu ») et consorts, dont la cruauté serait une seconde nature. La violence graphique de certaines séquences (les accompagnants de l’authentique Chu Chin Chow sont l’un après l’autre percés de flèches, le mandarin est enterré vivant et seule sa main gigotante sort du sable, Kassim Baba est mis en pièces par des dizaines de cimeterres) culmine au cours de la barbarie barnumesque – cinématographiquement plutôt bien enlevée – mise en scène dans le dernier tiers : alors qu’Ali Baba donne un fastueux banquet en l’honneur du calife et de son vizir, Zahrat prépare sa vengeance avec l’assistance de Nur-al-Din et Maryanah. Cette dernière fait rouler les jarres « habitées » dans un puits profond où l’on verse de l’huile bouillante, tandis que Zahrat, voilée, prend sa place et exécute une danse devant l’assemblée afin d’y démasquer Abu Hassan, méconnaissable sous un nouveau maquillage. Elle s’arrête net devant le calife et lance son poignard dans le cœur de l’esclave noir à ses côtés. Abu Hassan sursaute, grimace, veut étrangler Zahrat ; une flèche de Nur-el-Din le transperce, il titube et rend l’âme au pied d’un gong géant qui roule bruyamment avec lui en bas des escaliers. Le calife ventripotent se dit très satisfait du spectacle (« This is entertainment indeed ! ») et accorde sa liberté à Maryanah... Nous sommes loin de la vision bon enfant de Hollywood : sous l’humour caricatural de ce spectacle perce la conviction (le musical date de 1916) selon laquelle tout souverain autre qu’un représentant officiel de l’Empire britannique est forcément un satrape lascif et dégénéré. Fidèle aux stéréotypes racistes en vogue, le film fait un tabac en Grande-Bretagne, mais il est réduit à 93 minutes pour son exploitation internationale tout public (danses et marché d’esclaves en font les frais). En 1953, Lippert ressort le film aux Etats-Unis sous le titre de Ali Baba Nights, dans une version « nettoyée » de 76 min.
1934Gul Sanobar / Flower of the Lake (IN) de Homi Master
Khan Bahadur Ardeshir M. Irani/Imperial Films Co., Bombay (parlé hindi), 154 min. – av. Mohammed (le prince Sanobar), Peerjaan (le roi du Yémen), Sulochana (la princesse Meherangez), Dinshaw Bilimoria (le prince Omar), Abdul Kader (Mubarak), Jilloo (la reine du Yémen), Zubeida, Ruby Mayer, Chanda, Laxmi, Ghulam Hadi, Seyyed Ahmed.
Synopsis : Mubarak enlève le jeune prince Sanobar, fils du roi du Yémen, et l’élève seul dans la forêt. À l’incitation de Mubarak, le prince, devenu adulte, attaque son propre père lors d’une chasse ; il est capturé, enfermé dans une cage et jeté à la mer. Un faqir initie le roi au langage des animaux à condition qu’il ne transmette jamais son savoir à un autre être humain. Ainsi, le roi apprend de deux oiseaux que Sanobar est son propre fils. La reine force son époux à lui transmettre son secret et celui-ci est paralysé. Seule une fleur magique venant de la bouche de Meherangez, la princesse de Sistan, peut le sauver, et le prince Omar, frère de Sanobar, se met à la quête… Aventures fantastiques yéménites basées sur une légende perse et des motifs des Mille et Une Nuits.
1935Noor-e-Yaman / Light of Yemen [=Lumière du Yémen / Le Fils de Hatim Tai] (IN) de Jamshed Bomanjih H. Wadia
J. B. H. Wadia, Homi Wadia/Wadia Movietone, Bombay (parlé hindi). – av. Feroz Dastur (le prince Nadir), Fearless Nadia [=Mary Ann Evans Wadia] (la princesse Parizad), Sharifa Bai, Master Mohd, Jal Khambata, Nadia, Gulshan, Miss Lola (une danseuse).
La suite des aventures merveilleuses du prince yéménite Parviz, de son frère Nadir et de la princesse égyptienne Parizad, qui est emprisonnée et torturée pour avoir refusé de renier l’Islam. Un sequel plus spectaculaire encore de Lal-e-Yaman (cf. 1933), interprété par une ex-danseuse de cabaret australienne, la blonde Fearless Nadia, première « stuntwoman » du cinéma indien.
Oum Kalthoum et Ahmed Allam dans Wedad de Fritz Kamp.
1935/36Wedad / Wedad the Slave (EG) de Fritz Kamp et Gamal Madkour [et Ahmed Badrakhan]
Talaat Harb/Studio Misr – Office égyptien pour le Théâtre et le Cinéma (Le Caire), 130 min./99 min. – av. Oum Kalthoum (Wedad), Ahmed Allam (Baher), Moukhtar Osman, Mansi Fahmi, Fattoh Nachati, Mahmound Al-Meligui, Hassan Al-Baroudi, Abdel Fatah Hassan, Kouka, Ibrahim Emara.
Un marchand doit vendre son esclave dont il est amoureux lorsqu’il perd toute sa fortune. Mais leur amour survit et les deux amants resteront unis. – Une saga romantique inspirée des Mille et Une Nuits, imaginée par le poète Ahmed Rami (également auteur des chansons) et scénarisée par Ahmed Badrakhan. Ce dernier commence le film, mais étant trop inexpérimenté, il doit être remplacé par l’Allemand Fritz Kamp. La société fait appel à de nombreux étrangers – le Russe Sami Brel à la caméra, l’Italien Pino Bardi pour la musique orientale – chargés implicitement de former une relève nationale. Ce classique du genre historico-musical est la plus grosse production locale de son temps, et la première des studios Misr à Gizeh (tournée en août-septembre 1935). Oum Kalthoum, « l’Astre de l’Orient », y fait des débuts très remarqués d’actrice et de chanteuse (les chansons de la diva occupent un tiers du film). Le large succès populaire de Wedad (cinq semaines d’affilée au cinéma « Royal » du Caire, présentation au Festival international de Venise 1936) assure la suprématie de Misr sur l’industrie cinématographique égyptienne de l’époque.
1937(tv) Hassan (GB) de George More O’Ferrall
« Theatre Parade », British Broadcasting Corporation Television (BBC 7.+14.6.37), 180 min./2 parties. – av. Frank Cellier (Hassan), Greer Garson (Yasmine), Antoinette Cellier (Pervaneh), John Wyse (Rafi, roi des mendiants), Douglas A. Clarke-Smith (le calife Haroun Al-Rachid), Ivan Samson (Ishak, son ménestrel), Boris Ranevsky (le Grand Vizir Jafar), Robert Adams (Masrur, le bourreau), Eric Fort (le chef des mendiants), George Carr (le chef de la police).
Téléfilm tiré de The Story of Hassan of Baghdad and How He Came to Make the Golden Journey to Samarkand (1922) de James Elroy Flecker, dans l’adaptation scénique de Basil Dean (1923). Tournage aux premiers studios BBC d’Alexandra Palace, North London, avec la musique originale de Frederick Delius interprétée par le BBC Television Orchestra. Frank Cellier (Les 39 Marches de Hitchcock), vétéran des tréteaux, y joue aux côtés de sa fille Antoinette, et Greer Garson, à l’aube d’une carrière cinématographique internationale (Mrs. Miniver, 1942) fait ses débuts. Cf. détails sous The Lady of the Harem de Raoul Walsh (1926).
1937Alibaba (IN) de Modhu Bose
Shree Bharatlakshmi Pictures (parlé bengali), 119 min – av. Modhu Bose (Ali Baba), Sadhana Bose, Suprava Mukherjee, Indira Roy, Priti K. Majumdar, Kamal Ghosh, Bibhuti Ganguly, Kamal Biswas, B. P. Mehra, Kali Prasad Ghose.
1937*Ali Baba Goes to Town / His Arabian Nights (Nuits d’Arabie) (US) de David Butler
Darryl F. Zanuck, Laurence Schwab/20th Century-Fox, 81 min. – av. Eddie Cantor (Ali Baba / Aloysius « Al » Babson), Tony Martin (Yusuf), June Lang (la princesse Miriam), John Carradine (Ishak), Roland Young (le sultan Abdullah), Gypsy Rose Lee (la sultane), Virginia Field (Dinah, fille d’Omar), Alan Dinehart (Boland), Douglass Dumbrille (le prince Musah), Maurice Cass (Omar le magicien), Lynn Bari (fille du harem), Warren Hymer, Stanley Fields, Paul Hurst, Lee J. Cobb, Jeni Le Gon, The Peters Sisters, le Raymond Scott Quintet et les Pearl Twins.
Synopsis : Une équipe de cinéma de Hollywood tourne un film sur Ali Baba et les « Mille et Une Nuits ». Aloysius « Al » Babson, un fan en quête d’autographes, assiste au tournage en faisant de la figuration. Ayant pris un médicament trop fort, il s’endort dans une énorme jarre et se retrouve en rêve à Bagdad en l’an 937. On le prend pour le fils d’Ali Baba (« Al Bab’s Son »), l’invite à déjeuner à la cour et le nomme Premier Ministre lorsqu’il propose au sultan d’inviter également les mendiants affamés de la ville pour étouffer une révolte – en application parodique du « New Deal » rooseveltien -, puis de taxer les riches, de combattre le chômage, d’abolir l’armée et d’introduire des élections présidentielles ! Apprenant ces projets de réforme, le prince Musah, aidé de la sultane, complote pour renverser le souverain, forcer la princesse Miriam (amoureuse de Yussuf, le porte-parole des paysans) à l’épouser et se débarrasser d’Al. Celui-ci s’est épris de Dinah ; lorsque le peuple l’élit comme président, le sultan, furieux, le condamne à mort. Al se sauve déguisé en femme, éconduit Musah qui assiège Bagdad, et, prononçant le mot magique « inflation », s’élève dans les airs sur un tapis d’Omar. Il peut ainsi défaire l’armée de Musah… puis se réveille au studio de cinéma. Il assiste à la première du film où il peut faire une collecte prodigieuse d’autographes – ceux de Douglas Fairbanks, Dolores Del Rio, Shirley Temple, Sonja Henie, Tyrone Power, John Carradine – y compris celui du comique Eddie Cantor !
Une comédie musicale farfelue menée tambour battant par Eddie Cantor, alors une immense vedette de la radio (il imite parfaitement Roosevelt), attirée à la Fox grâce à un salaire mirifique. La firme dépense plus d’un million de dollars pour les décors du vieux Bagdad (tournage de juillet-août 1937 à Fox Hills). – AT : Ali Baba geht in die Stadt, IT : Alì Babà va in città.
1938Aladdin aur Jadui Chirag / Alladin and the Wonderful Lamp (IN) de Nanubhai Vakil
Indian Liberty (parlé hindi). – av. Navinchandra (Aladin), Bansi Karnataki, Moti, Bachha, G. Kadar, Faiman. Sundari, Roshan, Moosa, Mansoor, Pokraj.
1939Alladin ka Beta / Son of Alladin (IN) de Nanubhai Vakil
Kikubhai Desai, J. B. H. Wadia/Paramount Pictures, Bombay (parlé hindi et urdu), 150 min. – av. Shankar Zaray (Aladin), Sarojni, Bos, Dhulia, Vatsala, Ali, Mirajkar, Razzaq, Munchi Thoothi, Gunpat, Bucha, Mirajkar.
1939/40***The Thief of Bagdad. An Arabian Fantasy in Technicolor (Le Voleur de Bagdad) (GB/US) de Michael Powell, Tim Whelan, Ludwig Berger [et Alexander Korda, Zoltan Korda, William Cameron Menzies]
Alexander Korda Films Ltd.-London Film Productions-United Artists, 109 min. – av. Conrad Veidt (Jaffar, le Grand Vizir magicien), Sabu [=Sabu Dastagir] (Abu, le jeune voleur), June Duprez (la princesse), John Justin (le roi Ahmed), Rex Ingram (le génie de la bouteille), Miles Malleson (le sultan de Bassora), Morton Selten (le vieux roi de la Terre de Légende), Mary Morris (Halima / la Servante d’Argent), Bruce Winston (le marchand), Hay Petrie (l’astrologue), Adelaide Hall (la chanteuse), Roy Emerton (le geôlier), Joseph Cozier (le marchand de poissons), Allan Jeayes (le conteur), Glynis Johns (une servante), Henry Hallett (le vieillard), Otto Wallen (le garde noir), Frederick Burtwell, Robert Greig, Miki Hood, Alexander Laine, Cleo Laine, Sylvia Laine, Leslie Phillips, Norman Pierce, Glynis Johns, Viscount (Abu transformé en chien).
Synopsis : Dans le port de Bassora, un mendiant aveugle demande la charité, son chien pouilleux à ses pieds. Aux passants qui l’interrogent, il déclare être le plus malheureux des princes, trompé, abusé, dépossédé de son trône et jeté dans la misère. On rit de lui. Amené au palais, il se confie aux dames du harem et raconte… Bagdad souffre des décrets autoritaires que le Grand Vizir et magicien Jaffar impose à la population et de l’oppression qu’il exerce à l’insu du jeune sultan, l’insouciant Ahmed, petit-fils d’Haroun Al-Rachid. Piégé par Jaffar qui l’a envoyé dans les rues de sa capitale pour y écouter la voix du peuple, il est arrêté, accusé de rébellion et jeté en prison. Dans le cachot où il se prépare à la mort, le monarque fait la connaissance d’Abu, un petit voleur perpétuellement affamé. Le garçon dérobe les clés du geôlier et l’aide à s’enfuir vers le sud, à Bassora, où les attend le boutre de Sinbad le marin. Un vieux sultan un peu infantile, obsédé par sa collection de quarante mille jouets, gouverne la cité. En parcourant les rues en quête de ressources, Ahmed rencontre le cortège de l’unique fille du souverain, une beauté qu’il revoit incognito dans le jardin royal, au péril de sa vie ; ils se quittent sur des promesses d’amour. De son côté, le sultan a promis sa fille à Jaffar en échange d’un cheval mécanique volant. Outrée, la princesse s’enfuit du palais déguisée en garçon. Les deux amis sont capturés dans le jardin. Fou de colère et utilisant ses pouvoirs magiques, Jaffar aveugle Ahmed et transforme Abu en chien...
 La princesse finit sur le marché des esclaves où le tyran la récupère. La belle captive accepte finalement de céder à Jaffar si Ahmed retrouve la vue et son compagnon sa forme humaine. Le sortilège disparaît, mais le jeune roi ne peut vivre sans sa bien-aimée. Les deux amis poursuivent le navire de Jaffar qui a emporté la princesse. Le sorcier provoque une tempête, leur embarcation s’échoue, Abu est rejeté seul sur une côte déserte, où, découvrant une bouteille dans le sable, il libère un tout-puissant et maléfique djinn qui s’apprête à l’écrabouiller sous son pied. Abu parvient à le dompter par la ruse et le djinn lui accorde la réalisation de trois souhaits. Entre-temps, Jaffar a fait poignarder le vieux sultan de Bassora par la Servante d’Argent, une statue de déesse à six bras. Voyageant sur le dos du génie, Abu dérobe au sommet de l’Himalaya, dans le Temple de l’Aube que garde une gigantesque mygale, un rubis incrusté dans le front de la statue géante de la Déesse de la Lumière. Ce rubis magique, l’Œil Universel, lui permet de retrouver Ahmed et de suivre les agissements de Jaffar à Bagdad. Ce-dernier a rendu la princesse amnésique au moyen de la Rose Bleue de l’Oubli, pour la contraindre à l’épouser. Le djinn dépose Ahmed dans le palais de Bagdad (troisième et dernier vœu), la princesse se réveille en sentant sa présence, mais Jaffar les enferme dans un cachot et les condamne à mort. Impuissant, enragé, Abu lance l’Œil Universel contre un roc et, surprise, il est transporté dans une vallée secrète de la Terre de Légende, où le vieux Roi Enchanteur, survivant de l’Âge d’Or de l’humanité, lui remet l’arbalète et les carreaux magiques qui lui permettront de terrasser Jaffar. Le petit voleur lui dérobe un tapis volant et arrive juste à temps à Bagdad pour empêcher l’exécution d’Ahmed et tuer d’une flèche dans le front le sorcier qui s’échappait sur son cheval mécanique. Refusant tous les honneurs, mal à l’aise dans ses vêtements de soie et menacé d’une longue scolarité, l’adolescent prend le large sur son tapis volant (« enfin un peu d’aventure ! ») tandis que les amoureux, acclamés par la foule, fêtent leur mariage et l’avènement d’un règne de bonheur pour tous.
Il aura fallu seize ans avant que le cinéma – du moins occidental – remette un Voleur de Bagdad sur le métier, tant le film de Fairbanks/Walsh est resté vif, inégalé dans les mémoires (cf. supra, 1924). Avec le parlant, les progrès des effets spéciaux et la nouveauté du Technicolor, la donne change. La nouvelle intrigue, cependant, n’a plus qu’un rapport lointain avec celle de la version muette : les Mongols comme les divers prétendants à la main de la princesse et leur quête à travers l’Orient ont disparu ; le voleur en titre n’est ici qu’un enfant, faire-valoir et ami du roi déchu Ahmed, tandis que le haut du pavé est tenu par le puissant vizir et inquiétant magicien qu’incarne Conrad Veidt, sans oublier le très imposant génie de la bouteille (un emprunt à l’Histoire du Pêcheur et du Génie), djinn d’une hauteur de soixante mètres, enfermé dans son flacon par le roi Salomon il y a deux mille ans et que campe l’acteur noir Rex Ingram avec un rire de stentor. Le scénario, qui se nourrit à nouveau des Aventures du prince Ahmed, est étoffé de renvois à Sinbad, à Haroun Al-Rachid (qui se mêlait incognito à la population), à son vizir Jaffar (Les Trois Pommes) et au Conte du Cheval enchanté. Les amoureux font de la figuration, ou à peine mieux : ni la fort jolie June Duprez, entrevue dans The Spy in Black de Michael Powell et The Four Feathers de Zoltan Korda (1939), ni son partenaire John Justin, dont c’est le premier rôle, marqueront les annales. Quant au message moralisant de Fairbanks, il est évidemment passé aux oubliettes. Beaucoup d’extérieurs qui aèrent le récit remplacent de coûteuses reconstructions en studio (avec, ça et là, des stock-shots soudanais extraits de The Four Feathers).
 Si l’initiative du film revient incontestablement au producteur d’origine hongroise Alexander Korda, alors le nabab le plus flamboyant du cinéma britannique (sa société, London Film Co., arbore la tour de Big Ben dans son logo), mais aussi à ses deux frères, le cinéaste Zoltan Korda et le décorateur Vincent Korda, la participation officieuse de six réalisateurs témoigne d’une genèse mouvementée et complique toute attribution sérieuse de paternité artistique. Le scénario est confié à Lajos Biro, pilier de la maison, et adapté par Miles Malleson, un auteur dramatique et acteur humoristique qui mime ici également le sultan imbécile de Bassora ; Sir Robert Vansittart, diplomate versé dans le langue et la culture persane, fignole les dialogues.
 Au départ, il s’agit d’exploiter la popularité des deux nouvelles stars de la maison, l’Allemand Conrad Veidt (qui a tourné le dos au Reich) et incarne ici un tyran faisant « disparaître tous ceux qui pensent », et le jeune Sabu Dastagir, 15 ans. Cet ex-cornac du mahârâja de Mysore, marqué par Kipling et le cinéma colonial des frères Korda, a fait sensation en 1937/38 avec Elephant Boy (Toomaï) de Zoltan Korda et Robert J. Flaherty, suivi de The Drum (Alerte aux Indes) de Z. Korda ; il sera un Mowgli craquant dans Jungle Book (Le Livre de la jungle), à nouveau signé « Zoli » Korda, en 1942. Sa seule présence évoque le Moyen-Orient made sur la Tamise. En plus, le parfait naturel, la spontanéité, la grâce, l’intelligence et l’âge de ce petit voleur sont un atout, car « pour un garçon, il n’y a ni futur ni passé, seulement le présent – il dit la vérité ou il ment avec une égale facilité, selon les circonstances » (M. Powell).
L’élaboration proprement chaotique du film – mis en chantier sans scénario définitif aux fameux studios de Denham (fondés par Korda) dans le Buckinghamshire – mérite quelques précisions. Selon la presse, Vivien Leigh jouerait la princesse (avant que Selznick ne l’enlève pour le rôle de Scarlett O’Hara), Jon Hall son amoureux et Paul Robeson le djinn. Le premier metteur en scène envisagé est Marc Allégret, qui se heurte au script et finit par jeter l’éponge (septembre 1938 à février 1939). Korda signe alors un contrat exclusif avec le Dr. Ludwig Berger, un musicologue et homme de théâtre allemand, collaborateur étroit de Max Reinhardt, érudit, pédant, mais qui est aussi l’auteur très coté d’un délicieux Cendrillon muet (1923) comme de films dansants et chantants (Trois Valses, 1938). Le producteur lui accorde imprudemment le contrôle total de l’œuvre. Berger commence à tourner le 9 juin 1939, mais très vite, sa préoccupation exclusive du jeu des acteurs, des échanges intimes en plans serrés, et sa vision à la fois minimaliste et fortement stylisée, presque en noir et blanc, des Mille et Une Nuits se heurtent à la conception plus spectaculaire de Korda (« Je ne sais faire que des films chers », avoue-t-il), qui, prudent, le confine aux intérieurs à Denham pour y fignoler les scènes d’amour et celles du palais de Bassora. Têtu, Berger ne se laisse pas intimider. Ne pouvant s’en séparer sous peine de perdre une fortune au tribunal, Korda tente de le mobber en s’imposant comme coréalisateur de toutes ses scènes et en donnant des directives contraires. Pour le neutraliser et sous prétexte d’économiser du temps, le magnat place Michael Powell, 33 ans, à la tête d’un deuxième team auquel incombe la création de scènes très visuelles et décoratives, des plans généraux de la ville, l’agitation bigarée des rues, du souk et du port de Bassora la Bleue (érigé sur les rives de la Colne) avec ses boutres, baggalas et felouques bariolés, puis tous les épisodes en mer ; les quelques navires grandeur nature sont tirés sur roues, l’eau n’étant pas assez profonde. Powell emmène Sabu filmer des plans du naufrage des héros à Sennen Cove, Kynance Cove et Gunwalloe (Cornouailles) et sur les dunes du Pembrokeshire (pays de Galles) où le petit voleur découvre la bouteille du djinn.
 Le 10 juillet, Korda crée une troisième équipe à laquelle il confie les séquences du cheval volant et emprunte l’Américain William Cameron Menzies (créateur des féeries de la version muette de 1924) à David O. Selznick, non pour élaborer des décors, domaine exclusif de Vincent Korda, mais pour diriger les scènes à trucages du génie, du vol du rubis et du tapis volant avec Sabu et Rex Ingram ; ces effets marquent alors une révolution avec leur utilisation d’incrustations couleur (« blue/green screen »). Le 18 août, après soixante jours, Berger, excédé, rend enfin son tablier ; il est remplacé le 14 septembre par Tim Whelan, autre Américain, installé depuis 1928 en Grande-Bretagne, qui gère les scènes d’action pure et de comédie, car il fut le scénariste de Harold Lloyd. Fort de son contrat, Ludwig Berger reste en première position au générique final, même si la majorité de son travail sera refait (comme nous l’a précisé André de Toth, assistant-producteur). La partition musicale passe du Viennois Oscar Straus (La Ronde de Max Ophuls), ami de Berger, à Miklos Rozsa, un compositeur hongrois plus proche de la création cinématographique, baptisé plus tard « le grand tzigane wagnérien d’Hollywood ». Lorsqu’éclate la guerre, le 1er septembre, Le Voleur est achevé aux quatre-cinquièmes, et Korda se concentre déjà sur les films de propagande antiallemands promis à Churchill : Bagdad n’est plus d’actualité, pas plus que les images à tourner à Marrakech et dans l’Atlas, où Zoltan a effectué des repérages. Faute de temps, une scène finale passe à la trappe : en plus de son arbalète, Abu a reçu un sac de gravier, chaque petite pierre se transforme en soldat qui aide la population à chasser le tyran (un emprunt au film de Fairbanks). Le Blitz menace l’Angleterre, les bombes incendiaires nazies font des ravages. Le 4 novembre, Korda ordonne l’arrêt provisoire des travaux sur Thief et organise le transfert de sa société aux États-Unis. Comme à son habitude, il dresse une longue liste de modifications et de rajouts qui seront filmés par son frère Zoltan et Menzies en été 1940 au General Service Studios, North Las Palmas Avenue, et aux studios United Artists (Santa Monica Blvd.) à Hollywood, puis, pour les scènes de la Terre de Légende, en Arizona (Grand Canyon National Park, Painted Desert, Petrified Forest Park/Blue Mesa Badlands, Blue Canyon). Le montage, fort habile, incombe à Charles Crichton, bientôt l’auteur de comédies très british et du délirant A Fish Called Wanda / Un poisson nommé Wanda (1988). Le film sort pour Noël 1940, après vingt mois de gestation et un investissement estimé à deux millions de $ (400'000 £) : c’est alors le film le plus cher jamais produit en Grande-Bretagne.
 Le succès est renversant, grands et petits prennent les salles d’assaut (en France à partir de 1946, en RFA en 1949). Dans le New York Times, le redoutable Bosley Crowther parle d’un écran « rempli par une époustouflante succession d'illustrations de livres pour enfants – bazars grouillants, palais de marbre blanc scintillant se détachant sur un ciel bleu profond, voiles rouges des navires sur la mer, jardins de rêve, lueur des bijoux, terrasses ouvertes sous la nuit étoilée. La seule couleur rend ce film de divertissement véritablement passionnant » (6.12.40). Considéré par beaucoup de cinéphiles comme un des sommets du merveilleux à l’écran, ce Thief of Bagdad (photographié dans un Technicolor subtil, aux teintes délicates, qui fait un pied de nez à Natalie Kalmus !) va à son tour marquer une génération de futurs cinéastes tels que Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Steven Spielberg et George Lucas.
Connaissant les chefs-d’œuvre ultérieurs de Michael Powell (Black Narcissus, The Red Shoes / Les Chaussons rouges, Gone to Earth / La Renarde, The Tales of Hoffmann, etc.), on serait tenté d’attribuer entièrement la splendeur visuelle et les couleurs incroyables de beauté du film à l’esthétique spécifique de ce cinéaste. Le concerné lui-même s’est toujours défendu d’exagérer sa participation au film et a freiné les ardeurs « auteuristes » de ses thuriféraires en rappelant que les trois frères Korda avaient le contrôle total de chaque image et qu’ils sont, en plus de Georges Périnal (un des plus grands chefs opérateurs de son temps), les premiers responsables du résultat. Ce n’est toutefois pas minimiser ce fait que de reconnaître l’inventivité formelle très frappante, la virtuosité des compositions et l’accentuation du chromatisme qui parcourent les segments dont il fut chargé. Pour une fois, le trop de cuisiniers ne gâche pas la soupe et l’on peut parler d’« un véritable enchantement permanent grâce au talent conjugué des auteurs, techniciens et acteurs qui contribuent à créer un spectacle particulièrement réussi dans un genre difficile à maîtriser » (A. Ferenczi, Télérama 18.2.09). Le film se veut clairement un divertissement de famille, « un film qui, pour notre bonheur, refuse de devenir adulte » (Andrew Moor), mais au-delà de ce syndrome de Peter Pan, il convient de relever à quel point le motif de l’œil, du regard et des apparences parcourt toute l’œuvre, pour devenir une sorte de métaphore de la relation entre le cinéaste-magicien et son public : le grand œil ouvert peint sur la coque du navire de Jaffar, le mendiant aveugle, la princesse que personne ne doit voir sous peine de mort, les yeux bleus perçants du voyeur-sorcier manipulateur, l’hypnose, la boule de cristal, l’Œil Universel qui voit tout, l’allusion à la vision « enfantine » de l’humanité de l’Age d’’Or, les regards amoureux plus forts que la sorcellerie, le reflet d’Ahmed dans l’étang, pris pour un djinn, etc. Alors que l’adversaire de Fairbanks en 1924 n’était qu’un repoussant politicien asiatique (racisme à l’américaine), il est ici un envoûteur dangereusement séduisant – et fou d’amour : « Oublie Ahmed, il n’est plus aveugle », murmure-t-il à la princesse. « Pour un homme qui a des yeux, le monde est plein de femmes. Seul moi suis maudit, je ne peux voir que toi… » Le public féminin adulte, lui, n’hésiterait pas, même si ce tyran ambigu déchaîne des tempêtes. Enfin, on est frappé, en 1939/40, à quel point le mot « liberté » (et donc l’image de l’enfermement) hante le film : c’est le cri répété du djinn, mais aussi celui d’Abu à la fin, lui qui n’a connu « que ça », tandis que le jeune roi en ignore la signification. Toujours en opposition au voleur yankee de Fairbanks, escaladant l’échelle sociale des bas-fonds jusqu’au trône, le héros de Korda est un monarque légitime trompé par son entourage et qui apprend par expérience qu’il faut écouter ses sujets ; on peut y lire un éloge de la monarchie constitutionnelle à l’anglaise, ébranlée par la récente abdication d’Édouard VII (duc de Windsor) et la montée des dictatures en Europe. Joseph Goebbels, qui a visionné le film à Berlin, cherchera vainement à le battre sur son propre terrain avec Münchhausen (1943) de Joseph von Baky, du fantastique teuton en Agfacolor. Hollywood attribue trois Oscars au Voleur en 1941, pour la photo (G. Périnal), les décors (V. Korda) et les effets visuels (Lawrence Butler, Jack Whitney), ainsi qu’une nomination pour la musique (M. Rozsa). – DE, AT : Der Dieb von Bagdad, IT : Il ladro di Bagdad, ES : El ladrón de Bagdad.
1940Aladdin and his Wonderful Lamp (IN) de P. S. Sreenivasarao et C. V. S. Rai Bobjee
av. P. S. Sreenivasarao, Tharukshuvu.
1940Alibaba (IN) de Mehboob Khan
Sagar Movietone, Bombay (parlé punjabi, hindi, urdu). – av. Surendra Nath (Ali Baba et son fils Jaffar), Sardar Akhtar, Gulam Mohammed, Wahidan Bai, Jagdish Koopal, Shetty, Raj.
1940Hatimtai ki beti / Hatimtai’s Daughter (IN) de Nanubhai Vakil
Mohan Pictures, Bombay (parlé hindi). – av. Indurani, Anil Kumar, Bibi, Sarojini.
Les aventures merveilleuses de la progéniture du prince yéménite Hatim at-Tai (commentaires, cf. Hatimtai en 1929 et le remake de 1955).
Les chansons d’Oum Kalthoum enchantent Haroun Al-Rachid (« Danânîr » d’Ahmed Bakrakhan, 1941).
1940Danânîr (EG) d’Ahmed Badrakhan
Jamal Madkour/Aflam El-Shark Studios Misr [Oriental Film] (Le Caire), 110 min./95 min. – av. Oum Kalthoum (l’esclave bédouine Dananir), Abbas Farès (le calife Haroun Al-Rachid), Suleiman Naguib (le Grand Vizir Jaffar ibn Yahya), Fardoss Hassan (Zoubeïda, l’épouse du calife), Fouad Chafik (Abou Nouwas), Mahmud Reza (le roi Abdullah Bin Saleh), Abdul Aziz Ahmad (Abraham Muslim), Fouad Rashidi (Fadl ibn Rabi), Yahya Shaheen (Ziad), Shukri Abdul Majid (Yahya Barmaki), Mansi Fahmi (Ismail bin Yahya), Abdulaziz Khalil, Serena Abraham, Omar Wasfi, Zuzu Nabil.
La destinée mouvementée de Danânîr, une jeune orpheline bédouine à la voix d’or qui enchante le Grand Vizir à Bagdad, Jaffar ibn Yahia, de la famille des Barmécides. Amoureux, le puissant ministre la prend sous sa protection, l’arrache à sa modeste tente dans le désert, l’invite à se produire dans son palais, puis présente fièrement sa talentueuse concubine à son souverain, le calife Haroun Al-Rachid. Lorsque ce dernier, envoûté à son tour, veut nommer Danânîr chanteuse principale à la cour, le ministre mélomane s’y oppose, accentuant le conflit politique latent qui existe entre les deux hommes. Danânîr encourage poètes et musiciens, et subit elle-même un entraînement intensif sous la direction d’Ishak Al-Musalli. En 803, égaré par les calomnies et les complots qui l’entourent, Haroun fait décapiter son ministre. Danânîr pleure le mécène auquel elle doit tout. Sa loyauté et son refus courageux de chanter devant Haroun Al-Rachid après l’exécution de son protecteur lui vaut l’estime du calife, qui lui rend sa liberté. Célébrée dans tout le pays par des poètes tels que le fameux Abou Nouwas, elle devient un symbole de beauté et de hardiesse.
La légendaire cantatrice égyptienne Oum Kalthoum, surnommée « l’Étoile de l’Orient » (un million d’albums vendus chaque année), apparaît ici dans son troisième film, situé sous le règne des Abbassides pour chanter la gloire culturelle de l’ancien Bagdad et rappeler aux spectateurs indigènes que l’Égypte comme l’Irak n’ont pas toujours été des colonies britanniques... Soucieux de ménager la censure qui exige que monarques et chefs d’État soient représentés comme des justes é l’écran, trompés par des courtisans et des ministres fourbes, le film passe les véritables raisons de l’élimination de Jaffar (devenu trop puissant au goût du calife) sous silence, ainsi que le meurtre de tous les autres membres du clan des Barmécides tombés en disgrâce. Oum Kalthoum interprète huit chansons d’Ahmad Rami (il composera pour elle près de 140 airs dans les années qui suivent). La force et la qualité « céleste » de sa voix dans Danânîr vont marquer l’écrivain Naguib Mahfouz, Prix Nobel de littérature, qui s’y référera dans son roman Khân al-Khalîlî (Le Cortège des vivants) en 1946).
1941Alf layla wa layla [Les Mille et Une Nuits] (EG) de Togo Mizrahi
Togo Mizrahi/Société des Films Egyptiens (Egyptian Film Company), Le Caire-Productions Ali Al-Kassar, 115 min. – av. Ali Al-Kassar, Akila Rateb, Hamed Morsi, Mohammed Choukri, Zaki Ibrahim, Zouzou Nabil, Loutfi El Hakim.
Grâce à son médaillon, le fils adoptif d’un pauvre paysan fait reconnaître ses origines princières… À partir de 1941, alors que les Britanniques peinent sous l’avancée militaire de l’Afrikakorps du maréchal Rommel, le public arabe a un rendez-vous permanent à la radio cairote avec les contes des Mille et Une Nuits, une série à caractère patrimonial et au succès d’écoute considérable. Adaptée par Tâhir Abû Fâshâ et mise en ondes par Muhammad Mahmûd Sha’bân, elle est introduite par l’actrice Zouzou Nabil. Une dizaine de ses films, dont celui-ci, sont signés Togo Mizrahi. C’est la première fois que le cinéma arabe s’attaque au célèbre recueil de contes, et Mizrahi lui-même réalisera encore un Ali Baba en 1942 et un Nureddin en 1944, tous trois en mode semi-parodique ; les trois bandes renferment des critiques non voilées de la société égyptienne et participent à ce titre à une renaissance nationale à venir. Le pionnier Fuad al-Jazayrli enchaînera à son tour avec Shéhérazade en 1946, Mâruf le savetier en 1947 et El-Shatir Hasan en 1948.
1941Allaudin Laila / Aladdin and Laila (IN) d’A. M. Khan
Mohan Pictures, Bombay (parlé hindi). – av. Jayant, Amina, Gulam Mohammed, Zahur, Indurani, Violet Cooper, Ansari, Nawab.
1941Aladin dengan Lampoe Wasiat (ID) de Wong Bersaudara
Tan’s Film (Jakarta). – av. Elly Joenara, Benny, Wolly Sutinah.
1941Alibabavum Narpathu Thirudargalum / Alibaba and the Forty Thieves (IN) de K. S. Mani
(parlé tamil). – av. N. S. Krishnan (Ali Baba).
1942‘Alî Bâba wa-l-arba’în harâmî (Ali-Baba et les 40 voleurs) (EG) de Togo Mizrahi
Togo Mizrahi/Société des Films Egyptiens (Egyptian Film Co.)-Prod. Ali Al-Kassar-Mizrahi Prod. (Le Caire), 142 min,/110 min. – av. Ali Al-Kassar (Ali Baba), Laila Fawzi, Mohammed Abd el-Muttalib, Ismael Yassin, Hassan El-Barudi, Abdel Meguid Shukri.
1942*Arabian Nights (Les Mille et Une Nuits) (US) de John Rawlins
Walter Wanger/Universal Pictures, 86 min. – av. Jon Hall (le calife Haroun Al-Rachid), Maria Montez (Shéhérazade), Sabu [=Sabu Dastagir] (l’acrobate Ali Ben Ali), John Qualen (Aladin), Shemp Howard (Sinbad), Leif Erikson (le calife Kamar Al-Zaman), Billy Gilbert (Ahmed), Edgar Barrier (Nadan, le Grand Vizir), Turhan Bey (le capitaine de la garde), Thomas Gomez (Hakim), Richard Lane (un officier), William Davis (Valda), Acquanetta.
Synopsis : Shéhérazade, à laquelle les étoiles ont prédit un avenir royal à Bagdad, danse dans la troupe de joyeux jongleurs, acrobates et saltimbanques d’Ahmed en attendant d’épouser une tête couronnée. Kamar Al-Zaman, qui la convoite et veut l’impressionner, a attenté à la vie de son propre frère, le noble calife Haroun Al-Rachid. Capturé, il survit à sept jours de souffrances, puis, libéré par ses partisans, il s’empare du trône avec l’appui du Grand Vizir. Haroun est grièvement blessé et se terre parmi les jongleurs où Shéhérazade le soigne et s’en éprend sans le reconnaître (il a rasé sa barbe !). Les baladins sont capturés, le Vizir les fait vendre comme esclaves, y compris Aladin et Sinbad qui font partie de la troupe. Ayant réussi à s’enfuir, ils participent subrepticement à une fête que donne Kamar dans son campement du désert en l’honneur de ses noces avec Shéhérazade. L’oasis est envahie par les rebelles. Au cours de la bataille, l'usurpateur est tué, Haroun reconquiert son trône et épouse la belle bayadère.
La vamp hispano-dominicaine Maria Montez, surnommée « le cyclone des Caraïbes », reine incontestée de l’exotisme kitsch à Hollywood et femme de Jean-Pierre Aumont, perce à l’écran aux côtés de l’athlétique Jon Hall – un Bernois, fils du consul suisse de Los Angeles – dans une série de bandes sans prétention, à la limite de l’auto-parodie (Cobra Woman, Sudan). Elle ne sait ni jouer, ni chanter, ni danser, mais sa présence très sensuelle, altière, d’un érotisme subtil, ensorcelle, et son incarnation de Shéhérazade dans cette entreprise modeste, quoique inhabituellement soignée du légendaire Walter Wanger – le producteur d’Hitchcock, Lang, Borzage et du Cléopâtre de Mankiewicz – fait d’elle une star adulée par les foules du samedi soir, assoiffées de divertissements (sa carrière sera brève, elle succombera à une crise cardiaque à l’âge de 31 ans, en 1951). L’orientalerie a été remis à la mode deux ans plus tôt avec le somptueux remake en couleurs de The Thief of Bagdad / Le Voleur de Bagdad (1940), la production anglo-américaine d’Alexander Korda qui a enchanté grands et petits des deux côtés de l’Atlantique, mais dont Wanger veut se démarquer : son film (loin de la poésie et l’inventivité visuelle de Korda) n’est pas une féerie de plus, il s’adresse en priorité à un public bon enfant mais adulte, d’où des robes affriolantes, de la danse, l’absence de fantastique – on fait l’économie de coûteux effets spéciaux – et un côté ouvertement romantique (« sand-and-sex fantasies »). Ce nouveau mélange d’action, de romance et d’humour reprend les motifs habituels du cinéma d’aventures à la Robin des Bois, centré autour de la lutte entre la liberté et l’oppression, et dont les héros deviennent des hors-la-loi politiques. Outre son potentiel de dépaysement particulièrement bienvenu en temps de guerre, le genre n’a aucune prétention réaliste ou historique et opère une claire séparation entre le bien et le mal (à l’inverse du « film noir » qui émerge parallèlement).
 Fort de son statut de producteur indépendant à l’Universal, Wanger peut exiger du Technicolor (c’est le premier film en couleurs trichrome de la firme), une manière de paraître luxueux à peu de frais. Enfin, Wanger impose l’engagement de deux acteurs remarqués récemment dans Jungle Book (1942) des frères Korda – John Qualen et l’adolescent Sabu, originaire de Mysore (déjà vedette du Voleur de Bagdad de 1940) – , ainsi qu’un écrivain-scénariste coté, l’Anglais Michael Hogan (Rebecca de Hitchcock) ; ce dernier lui échafaude une intrigue qui s’éloigne des contes rabâchés tout en utilisant ses personnages, une sorte de « western avec chameaux » (Wanger) – d’où le surnom de « eastern » – qui, dans l’air du temps, oppose un satrape fasciste à un calife démocrate. La note satirique et les clins d’œil sont apportés par le co-dialoguiste True Boardman (gagman d’Abbott & Costello) : son Sinbad, incarné par Shemp Howard, un des « trois Stooges », ne voyage plus depuis longtemps et casse les oreilles de ses compagnons avec des souvenirs qui n’intéressent personne ; quant à Aladin, il pleure toujours la perte de sa lampe magique et frotte tous les cuivres qu’il trouve ! Mousmé fière, arrogante et ambitieuse, Shéhérazade n’a pas de jolies histoires à raconter ; enfin, le frère imaginaire du calife, Kamar Al-Zaman, porte le patronyme (« Astre du siècle ») du prince amoureux de la belle Boudour dans un autre conte… La musique de Frank Skinner reprend des accords de Rimski-Korsakoff, tandis qu’Alexander Golitzen établit sa colorimétrie (ocre, rouge, or, bleu pâle) à partir des dessins de Léon Bakst pour le Shéhérazade des Ballets Russes de Diaghilev (1910). Afin de s’épargner de coûteux décors, l’ultime partie du film se déroule parmi les tentures d’un camp bédouin. Filmée pour 900’000 $ de juin à septembre 1942 aux studios Universal et dans les dunes de sable à Kanab (Utah), la bande est accueillie avec enthousiasme, à l’étonnement de ses initiateurs, et lance l’orientalisme « camp » à Hollywood. Wanger comptabilise des recettes record de 1,9 millions de $. Douze ans plus tard, en 1954, il tentera de rejouer une carte similaire en produisant le délicieux The Adventures of Hajji Baba (Les Aventures de Hadji) de Don Weis, avec plus d’originalité mais, hélas, moins de succès. – Nota bene : Les Trois Stooges – dont Shemp Howard (Sinbad) – feront les pitres dans le court métrage burlesque Three Arabian Nuts (1951) d’Edward Bernds, où le trio de déménageurs tombe sur la lampe magique d’Aladin. – IT : Le mille e una notte, ES : Las mil y una noches, DE : Arabische Nächte.
1943/44*Ali Baba and the Forty Thieves / Raiders of the Desert (Ali Baba et les quarante voleurs) (US) d’Arthur Lubin [et Ray Taylor]
Paul Malvern/Universal Pictures, 87 min. – av. Jon Hall (Ali Baba), Maria Montez (la princesse Amara), Frank Puglia (le prince Kassim, son père), Turhan Bey (Jamil), Andy Devine (Abdullah). Kurt Katch (Houlagou Khan, conquérant mongol de Bagdad), Moroni Olsen (Hassan, calife de Bagdad). Fortunio Bonanova (Baba, chefs des voleurs), Scotty Beckett (Ali Baba enfant), Yvette Duguay (Amara enfant), Ramsay Ames (Nanu), Ramsey Ames (Nalu), Stewart East (le prince de Cawpore).
Synopsis : Le 10 février 1258, Bagdad est conquis par les hordes de Houlagou Khan. Trahi par le prince Kassim, le calife est massacré avec ses partisans alors qu’il se rend à Bassora pour organiser une contre-attaque. Son fils Ali, 12 ans, parvient à s’échapper de la ville en cendres et trouve refuge auprès du vieux Baba, dans la caverne des quarante voleurs. Ceux-ci deviennent ses amis, Baba l’adopte. Ali grandit, apprend le maniement des armes. Dix ans plus tard, il est devenu le chef des voleurs, harcelant sans trêve les envahisseurs qui contrôlent toujours Bagdad ; sa tête est mise à prix. Il est capturé lorsqu’il s’attaque à une caravane mongole transportant la fiancée du cruel Khan, en qui il ne reconnaît pas encore la princesse Amara, sa compagne d’enfance. Arrivée à Bagdad, Amara tente vainement de modifier les plans de mariage manigancés par son père. Les voleurs délivrent leur chef, et le vieux Baba, mortellement blessé, supplie Ali de reconquérir le trône de son géniteur. Kassim feint d’être torturé par les Mongols pour contraindre sa fille d’épouser Houlagou Khan. Ali orchestre un soulèvement général et parvient à pénétrer dans la ville avec ses compères cachés dans des jarres d’huile ; la ruse est découverte, Khan poignarde Kassim pour incompétence, mais les Mongols sont submergés ; Houlagou périt d’une lance projetée par Abdullah, un des 40 voleurs, et Ali devient le nouveau calife aux côtés d’Amara.
Quatrième des six bandes d’aventures technicolorisées d’Universal réunissant la resplendissante Maria Montez et Jon Hall (entourés de Sabu et/ou Turhan Bey) (cf. supra, Arabian Nights, 1942), cet Ali-Baba ne fait pas non plus appel au merveilleux (excepté le « Sésame » qui ouvre la caverne des voleurs, phénomène présenté sans explications). C’est à une nouveau un film de cape et d’épée en turbans, selon une formule qui va bientôt s’épuiser. Arthur Lubin, artisan consciencieux qui a sauvé l’Universal de la banqueroute grâce à ses comédies d’Abbott & Costello et vient de terminer l’excellent Phantom of the Opera avec Claude Rains, aux couleurs pastels inusitées, dirige l’entreprise. La production est plus onéreuse que la moyenne (791'700 $) : le script est habile, la caméra fluide, l’action rondement menée. Fred Cavens, le fameux maître d’armes de Douglas Fairbanks et Errol Flynn, a réglé les duels, John P. Fulton (The Invisible Man de James Whale, 1933) fignole les effets spéciaux et Ray Taylor, réalisateur de sérials et d’innombrables westerns fauchés, dirige la deuxième équipe. Le tournage s’effectue de juin à août 1943 aux studios Universal, puis en extérieurs à Vasquez Rocks (Calif.), au Red Rock Canyon (désert de Mojave, Nevada), dans la réserve de Red Cliffs Desert et aux Coral Pink Sand Dunes à Kanab (Utah).
Le massacre de Bagdad par les Mongols de Houlagou Khan (« Ali Baba and the 40 Thieves », 1943/44) d’Arthur Lubin.
 Le résultat est un mélange sympathique de naïveté et de panache. L’ouverture avec son parterre de cadavres et de ruines fumantes à Bagdad est même d’une violence très peu courante dans ce type de films ; on y voit Houlagou ordonner de torturer à mort cent citoyens chaque jour jusqu’à ce qu’on lui apporte la tête du calife. Sans doute la présence de ce vilain bridé et grimaçant n’est-elle pas un hasard. L’opinion publique américaine a été traumatisée par le récit des atrocités nipponnes commises à Nankin en 1937. À présent, l’Amérique est en guerre. Bornéo, Rangoon, Manille sont tombés aux mains des Japonais, la bataille du Pacifique bat son plein et le racisme anti-jaune fait des ravages aux États-Unis (internement de plus de 112'000 Américains d’origine japonaise dans des bases militaires). Par ailleurs, l’apport historique du scénario n’est pas à prendre au sérieux : Houlagou Khan, petit-fils de Gengis Khan, a bien incendié Bagdad et porté un coup mortel au califat abbasside (le calife visé était Al-Musta’sim), mais il ne mourut qu’en 1265, après avoir conquis l’Irak et la Syrie. – Remake en 1965 sous le titre de Sword of Ali Baba (cf. infra), réalisé par Virgil Vogel en réutilisant des séquences entières du film. – IT : Alì Babà e i 40 ladroni, ES : Ali Babá y los 40 ladrones, DE : Ali Baba und die vierzig Räuber, CH : L’Esclave de Bagdad.
1943/44Kismet / Oriental Dream [tv] (US) de William Dieterle
Everett Riskin/Metro-Goldwyn-Mayer, 100 min. – av. Ronald Colman (Hafiz, le mendiant), Marlene Dietrich (Jamilla), James Craig (le calife de Bagdad), Edward Arnold (le Grand Vizir), Joy Ann Page (Marsinah), Hugh Herbert (Fayçal), Florence Bates (Karsha), Harry Davenport (Agha), Hobart Cananaugh (Mullah), Robert Warwick (Alfife), Yvonne De Carlo (une dame du harem), Charles Middleton, Nestor Paiva, Frank Morgan (narration).
L’intrigue de la pièce éponyme d’Edward Knoblock, déjà quatre fois portée à l’écran (synopsis et commentaires cf. supra, film de 1914), subit un lifting radical : le drame oriental vire à la comédie romantique (scénario : John Meehan). Le genre ne supporte plus de traitement sérieux, la censure est devenue pusillanime depuis 1930 et la guerre en Europe comme dans le Pacifique occupe les esprits. Hajj, le mendiant ravagé par sa soif de vengeance, devient donc le joyeux pouilleux Hafiz, prestidigitateur vantard, dragueur et rêveur (un clin d’œil au Voleur de Bagdad de Douglas Fairbanks). Le sanguinaire Jawan, son ennemi de toujours, passe aux oubliettes, ainsi que son fils porté disparu (ce qui fait deux meurtres en moins). Afin de placer sa fille adorée (Joy Ann Page, que Dieterle a entrevue parmi les figurantes de Casablanca) sur un trône, Hafiz vole des habits royaux. Il se fait passer pour le prince de Hassir et inviter dans le palais du vizir, qui, lui, cherche à usurper le pouvoir car, accusé de corruption, sa tête ne tient qu’à un fil. Le subterfuge du mendiant est découvert et, pour sauver sa peau, Hafiz accepte d’assassiner le calife. Mais le moment venu, il reconnaît en ce dernier son compagnon de beuveries nocturnes (c’est aussi l’amoureux inconnu de Marsinah), tourne casaque, tue le vizir, marie sa fille au calife et disparaît avec la belle esclave macédonienne Jamilla, ex-favorite du vizir, dont il est l’amant secret. Pour le punir, le calife l’a nommé prince de Hassir et exilé dans son nouveau royaume.
Ayant racheté les droits de la pièce (dont il réalisa lui-même une version parlée allemand en 1931, cf. supra), William Dieterle les revend à Louis B. Mayer lorsqu’il entre sous contrat à la Metro-Goldwyn-Mayer. Les divertissements « arabes » sont momentanément très prisés et sans doute cherche-t-il ainsi à combler l’abîme de dettes contractées à la suite de l’échec commercial de ses propres productions à la RKO (The Devil and Daniel Webster / All That Money Can Buy, 1941). Selon la publicité MGM, le film serait le premier à tenir compte de la prise de conscience des Américains quant aux réalités du Moyen-Orient – comprenez : l’or noir du Golfe persique – et Dieterle veillerait à « ne pas heurter la sensibilité des spectateurs musulmans » (n’empêche, les Arabes du film, adeptes d’Omar Khayyâm, s’enivrent gaiement dans tous les estaminets). Comme il se doit, la firme au lion fait plus grand, plus lourd et plus opulent que tous ses concurrents, à la barbe des restrictions budgétaires demandées par Washington. Le tournage à Culver City s’étire d’août 1943 à mars 1944 et l’affiche de cette superpâtisserie en Technicolor engloutissant trois millions de $ est à l’avenant : le Britannique Ronald Colman – il fut l’héroïque légionnaire Beau Geste, Raffles, Clive des Indes, François Villon, Rassendyll dans Le Prisonnier de Zenda d’avant-guerre – campe le joyeux roi des mendiants Hafiz (« au yeux du calife je suis de la boue, mais au yeux de la boue, je suis le calife ! », proclame-t-il à ses confrères) ; il remplace William Powell, initialement envisagé. C’est à la demande expresse de Dieterle (qui avait dirigé ses débuts devant la caméra en 1923) que Marlene Dietrich interprète la mystérieuse Jamilla, favorite du Grand Vizir, un rôle ajouté de toute pièces. Sa carrière cinématographique étant à un point mort, la Dietrich va ensuite passer l’année 1944 loin des studios de Hollywood, à chanter pour les GI’s dans diverses bases militaires en Afrique du Nord et en Europe.
 L’Office Hays surveille la réalisation de très près, puisque le Proche-Orient à l’occidentale est synonyme de licence, aussi les scénaristes ont-ils l’interdiction d’utiliser le mot « harem » … et le très réactionnaire républicain Mayer veille scrupuleusement au grain. Mais c’est surtout Marlene Dietrich qui empêche les censeurs de dormir. Quoique toute la publicité MGM se concentre hypocritement sur elle, sa princesse Jamilla n’apparaît que cinq fois, dans un rôle aussi ténu que superflu, et pour son numéro de danse tant vanté dans les médias, chaque millimètre de son costume a été examiné ; elle porte un collant couleur peau, des bijoux en guise de soutien-gorge, des ongles carminés et les jambes nues recouvertes d’une fine couche d’or. Mais sa danse à la Isadora Duncan, chorégraphiée par Jack Cole, n’est qu’une décevante suite de poses « lascives » auxquelles le montage donne l’illusion du mouvement (jugée trop osée, la séquence sera coupée à la télévision américaine). Colman, lui, manque de dynamisme et de pétillance pour égaler son modèle fairbanksien. L’ensemble offre une suite de chromos violemment bariolés, habillés de décors rutilants qui en jettent (Cedric Gibbons) et d’une profusion kitchissime de tentures bleu cobalt, orange, jaune canari et rose. Étouffée par ce fatras, la mise en scène pèse des tonnes. Mais le public, tant américain qu’international après-guerre s’amuse beaucoup, et, outre d’appréciables recettes, ce Bagdad de music-hall récolte quatre nominations à l’Oscar (photo couleur, décors, son et direction musicale). Vox populi. – DE : Der Kalif von Bagdad, ES : El principe mendigo.
1944Nûr-al-Dîn wa-l-bahhârah al-thalâthah (Nour Eddine et les trois marins) (EG) de Togo Mizrahi
Togo Mizrahi/Société des Films Egyptiens (Egyptian Films Company), Le Caire-Prod. Ali Al-Kassar, 105 min. – av. Ali Al-Kassar (Nour Eddine), Leila Fawzi, Reyad El Kasabgy, Mahmoud El-Meligui, Ibrahim Mammooda, Mohammed Mustafa, Zouzou Nabil, Tawfiq Saleh, Sadiq Tawfik.
Une joyeuse comédie : Las de sa belle-mère acariâtre et envahissante, le boulanger Osman (Utman Abd-al-Basit) décide de mettre fin à ses jours… mais le destin lui réserve une vie d’aventures et de richesses insoupçonnées. Dernier film de la vedette Ali Al-Kassar, acteur de théâtre comique (il joua dans Les Mille et Une Nuits, 1941, et Ali Baba, 1942) avec Togo Mizrahi.
1944Tâqiyyah al-ikhfâ (Le Bonnet enchanté) (EG) de Niazi Mostafa
Isis Film-Nahas Films (Le Caire). – av. Tahia Kariouka [Taheya Cariocca], Bechara Wakim, Aziza Amir, Mohammed Al-Kahlawi, Hassan Kamel, Ferdoos Mohammed, Shafik Nureddin, Amina Rizk, Amal Zayed. – Un jeune homme trouve un bonnet qui le rend invisible dès qu’il s’en coiffe.
1944[Der kleine Muck (DE) de Franz Fiedler ; Sonne-Film, 80 min. – av. Willy Puhlmann (Muck), Gustav Waldau, Ernst Martens, Christa Caporrici. – L’action de ce conte de Wilhelm Hauff – cf. Die Geschichte vom kleinen Muck (1953) – est déplacée du Moyen-Orient à un royaume de fées occidental.]
Aladin (Cornel Wilde) surveillé par son génie jaloux (Evelyn Keyes) dans « A Thousand and One Nights » (1945).
1945*A Thousand And One Nights (Aladin ou La Lampe merveilleuse) (US) d’Alfred E. Green
Samuel Bischoff/Columbia Pictures Corp., 93 min. – av. Cornel Wilde (Aladin), Evelyn Keyes (Babs, le génie), Adele Jergens (la princesse Armina), Phil Silvers (Abdullah, le pickpocket), Dennis Hoey (le sultan Kamal Al-Kir / le prince Hadji, son frère), Philip Van Zandt (Abu Hassan, le Grand Vizir), Rex Ingram (le djinn géant), Richard Hale (le sorcier Kofir), John Abbott (Ali), Dusty Anderson (Novira), Shelley Winters (une esclave), Carole Mathews.
Synopsis : Vagabond insolent, séducteur, hardi, Aladin de Cathay amuse les badauds tandis qu’Abdullah, son compère binoclard, leur vide maladroitement les poches. Le tandem est démasqué et prend la fuite. Aladin se réfugie dans le palanquin de la blonde Armina, fille du sultan Kamar Al-Kir. Il la charme, lui fait dévoiler son visage et en profite pour lui voler un baiser. C’est le coup de foudre : gravement épris, il s’introduit de nuit au péril de sa vie dans les jardins royaux où sa sérénade ravit l’inaccessible princesse – et le restant du harem. Mais pas la garde. En prison, Aladin retrouve Abdullah et les deux s’évadent avec l’appui discret d’Armina. Recherchés, ils se réfugient dans la caverne du sorcier Kofir où celui-ci, consultant sa boule de cristal, annonce des temps difficiles. En effet, entre-temps, le prince Hadji a usurpé le trône de son frère jumeau, le sultan, et, se faisant passer pour ce dernier, il a promis la main de sa jolie nièce au Grand Vizir Abu Hassan, son complice. Kofir demande à Aladin de trouver la lampe magique cachée dans la montagne. Aladin pénètre dans une vaste caverne, trompe la surveillance d’un djinn géant et découvre la lampe que Kofir tente vainement d’accaparer en bloquant l’issue du souterrain. Babs, le génie qui sort de la lampe et que seul Aladin peut voir, est une ravissante rousse, amoureuse de son nouveau maître et terriblement jalouse de sa rivale blonde. Tout se gâte lorsqu’Aladin lui ordonne de le métamorphoser en prince pour demander la main d’Armina avec le faste qui s’impose. La princesse ignore d’abord son opulent prétendant, ayant promis son cœur au pauvre Aladin, mais Hadji impose leur union. Aladin confie son secret à Armina. Pour se venger, Babs se débarrasse de la lampe, dont Kofir s’empare, et Aladin, redevenu un gueux, est condamné à la pendaison. Le Grand Vizir le fait secrètement évader contre la promesse de la main d’Armina. Aladin et Abdullah partent à la recherche de la lampe, Kofir, trop excité, ayant rendu l’âme dans une taverne. Ils récupèrent l’objet chez un tailleur et par divers tours de magie, les noces entre le Grand Vizir et Armina sont interrompues, la princesse découvre que le souverain sur le trône n’est pas son père, mais son oncle Hajji, qui poignarde Abu Hassan. Aladin passe l’assassin au fil de l’épée et libère l’authentique sultan qui le nomme Grand Vizir en remplacement de la défunte fripouille. La cérémonie nuptiale reprend, avec les bons. Pour consoler Babs en larmes, Aladin lui donne sa lampe. Libérée, la fée se souhaite un clone d’Aladin et, reconnaissante, elle transforme Abdullah en crooner à la voix d’or. Le harem adore.
En abordant à son tour la féerie exotique en « glorious Technicolor », la Paramount se démarque des films de l’Universal avec Maria Montez tant par ses idées de scénario (Wilfrid H. Pettitt) que par son ton farceur sinon loufoque, et les moyens mis en œuvre. Emprunté à la 20th Century-Fox, Cornel Wilde, ancien champion olympique d’escrime, fait un Aladin ferraillant, bondissant et, par deux fois, chantant (il est alors doublé par Tom Clark). C’est du travail plutôt léché (le vétéran Alfred E. Green, qui dirigea jadis Mary Pickford et Bette Davis, eut son heure de gloire), humoristique et bon enfant. Dans ses studios de Gower Street, la Columbia érige ses plus grands décors depuis le Shangri-La de Lost Horizons (Frank Capra, 1939) : celui de la Rivière des Vapeurs recouvre à lui seul deux plateaux entiers. Filmé de novembre 1944 à janvier 1945 en extérieurs à Santa Clarita, Iverson Ranch (Chatsworth), El Segundo et Vasquez Rocks (Agua Dulce, Calif.). Mel Ferrer est « dialogue director » sur ce film.
Phil Silvers en voleur de Bagdad et en crooner imitant Frank Sinatra.

 L’ensemble souffre néanmoins d’une certaine dichotomie, comme si la production s’obstinait à ne pas se prendre au sérieux tout en bichonnant ses tableaux avec un soin particulier et des compositions chromatiques recherchées (violet, bleu basalte et noir), notamment dans les jardins du palais. Le film débute comme une parodie du Voleur de Bagdad, animée par le chapardeur bouffon Abdullah (Phil Silvers) qui aligne les gags nonsensiques. Il siffle une blonde, puis s’exclame « J’aurais pu jurer que c’était Lana Turner ! », admire la boule de cristal de Kofir en soupirant « Ce type a inventé la tv et il ne le sait même pas ! », se transforme en chien pour espionner dans le harem, les gardiens de la prison jouent au poker, la grotte s’ouvre sur le mot magique « Sésame », on sert de la vaisselle signée Waldorf Astoria au palais, et le djinn Babs fait la fofolle à la cour, profitant de ce que personne ne la voit sauf Aladin, et créant ainsi une cascade de quiproquo. L’acteur noir Rex Ingram, l’impressionnant génie du Voleur de Bagdad (1940) de Powell-Berger-Korda, apparaît brièvement en géant maléfique dans la caverne du magicien, sans autre explication. La séquence finale qui montre Phil Silvers en crooner, imitant Frank Sinatra devant un parterre féminin qui se pâme – Babs soupire « Oh Frankie ! » – est un clin d’œil dont Tex Avery se souviendra (cf. Little Tinker / Le Putois amoureux, 1948) ; c’est d’ailleurs bien la voix de Sinatra qu’on entend, susurrant All or Nothing at All. Deux nominations à l’Oscar 1946 pour les décors et les effets spéciaux. – DE, AT : Tausend und eine Nacht, ES : Aladino y la lámpara maravillosa, IT : Notti d’oriente.
1945Hatimtai ka beta / Son of Hatimtai (IN) de Nanubhai Vakil
Bharat Pictures (parlé hindi). – av. Sarojini, Navinchandra, Ansarai, Prakash
Les aventures merveilleuses de la progéniture du prince Hatim at-Tai (commentaires, cf. Hatimtai, 1929), remake de 1935.
1945Alladdin (IN) de Nanubhai Vakil
Mohan Pictures, Bombay (parlé hindi). – av. Shanta Patel, Prakash, Rafiq, Ansari, Rekha Pawar, Nawaz.
1946Sinbad Jahazi / Sindbad the Sailor (IN) de Nanubhai Vakil & Amulakh Desai
Mohan Pictures, Bombay (parlé hindi). – av. Shanta Patel (Sinbad), Prakash, Mumtaz.
1946Alibaba (IN) de Nanubhai Vakil
Mohan Pictures, Bombay (parlé Hindi et Urdu). – av. Shanta Patel, Prakash, Ansari.
1946Shahrazâd (Shéhérazade) (EG) de Fuad al-Jazayrli
Hussein Sedki/Studio Choubra-Les Films Naldet Wadi El Nil, 100 min. – av. Ilham Hussein (Shéhérazade), Hussein Sedki (le calife Shahryar), Samia Gamal, Menassa Fahmy, Abdel Aziz Khalil, Muhammed Youssef.
Produit par sa vedette, Hussein Sedki, le film réflète des prises de position politico-sociales et religieuses à travers le personnage du calife Shahryar, un despote lubrique, débauché et cruel jusqu’à l’obsession. La bande flétrit ainsi indirectement l’Égypte monarchique en dénonçant les débauches du roi Farouk, qui n’hésitait pas à déshonorer des jeunes filles respectables.
1946Baghdad ka chor / The Thief of Baghdad (IN) de Nanubhai Vakil
Mohan Pictures Ltd., Bombay (parlé hindi). – av. Prakash, Ayaz Begum Ansari.
1946Arabian Nights (IN) de Nirendranath Lahiri
P. R. Productions (Calcutta). – av. Kanan Devi, Nawab, Molina, Robin Hajumdar, Sunder, Devi Mukherjee, Hiralal
1946Aladdin (PH) de Vincente Salumbides
Narcisa de Leon/LVN Pictures (Manila) (parlé Filipino, Tagalog). – av. Jaime de la Rosa (Aladin), Norma Blancaflor (la princesse Badral Budhi), Naty Bernardo (Inay), Salvador Zaragoza (Mahiko), Gil de Leon (le Grand Vizir), Canuplin (Kanogor), Menggay (Dama), Big Boy Diaz (le génie), José Cris Soto (le fils du vizir), Leroy Salvador, Juan Urbano, Leroy Salvador (Aladin enfant), Pamboy (elfe), Vicente Salumbides, Charing Ong, Leonardo Taylor. – Les aventures d’Aladin situées en Chine.
1946The Flying Prince (IN) de Homi Boman Wadia
H. B. Wadia/Wadia Movietone, Bombay (parlé hindi). – av. Fearless Nadia, John Cawas, Sona Chatterji, Master Mohammed, Sayani, Roman Shroff.
1946/47Sinbad the Sailor (Sindbad le marin) (US) de Richard Wallace
Stephen Ames/RKO Radio Pictures, 117 min. – av. Douglas Fairbanks Jr. (Sinbad), Maureen O'Hara (Shireen), Anthony Quinn (l’émir de Daibul), Walter Slezak (le magicien Melik/Jamal), George Tobias (Abbu), Alan Napier (Aga), Jane Greer (Pirouze), Mike Mazurki (Yusuf), John MIljan (Moga), Brad Dexter (Muallin), Sheldon Leonard (l’auctionnaire), Glenn Strange (le gardien).
Synopsis : Aventurier et affabulateur impénitent, Sinbad raconte à un groupe d’admirateurs son huitième voyage, qui l’a mené sur l’île introuvable de Deryabar, réputée pour son fabuleux trésor. Accompagné de son fidèle Abbu, il croise de nombreux adversaires : la belle Shireen qui tente de le séduire pour arriver à ses fins avant de tomber amoureuse de lui, le cupide émir de Daibul, également amouraché de la dame, enfin le fourbe magicien Melik, qui tous se servent du marin pour trouver le trésor. La vue des joyaux déchaîne les passions, les vilains s’entretuent et Sinbad conserve le bien le plus précieux : Shireen.
Pour son premier rôle après cinq années loin des plateaux de cinéma, passées en uniforme dans la US Navy, Douglas Fairbanks Jr., la moustache conquérante, le rire étincelant, rend hommage à son père et à son Voleur de Bagdad (1924), au point de reprendre plusieurs de ses anciens collaborateurs de l’époque muette, d’assumer lui-même ses cascades et d’imiter son glorieux géniteur à travers ses divers maniérismes gesticulatoires. Grâce à Fairbanks fils, Sinbad devient pour la première fois le héros d’un film occidental, le tout nimbé d’une touche de nostalgie. Tournées en Technicolor (budget : 2,4 millions de $) en février-mai 1946 aux studios de la RKO à Gover Street, ces aventures fantaisistes qu’animent la rousse volcanique Maureen O’Hara en savoureux loukoum et le jeune Anthony Quinn en émir, sont néanmoins décevantes : Richard Wallace, homme à tout faire de la RKO, n’a ni l’aplomb ni le talent narratif d’un Raoul Walsh, et son film par trop bavard et dénué d’extérieurs (carton-pâte, toiles peintes et mer en cuvette) manque cruellement d’action comme de magie. Pas de fantastique non plus, sinon quelques timides effets de fumée. On y apprécie au mieux le kitsch du Technicolor saturé de Natalie Kalmus qui marie le rouge au violet avec un rien de vert épinard et de bleu outrancier, mais cela ne suffit pas à tromper l’ennui qui pointe après presque deux heures : conté par Shéhérazade, ce scénario-là lui aurait coûté la tête au petit matin ! En RFA, le film est amputé de 42 minutes. – DE : Sindbad der Seefahrer, ES : Simbad el marino, IT : Sinbad il marinaio.
1947Ma’rouf al-iskâfi (=Mârouf le savetier) (EG) de Fuad al-Jazayrli
Aflam El-Shark El-Arabi (Le Caire), 105 min. – av. Madiha Yusri, Beshara Wakim, Ibrahim Hammuda, Mukhtar Osman, Zeinab Sedky.
1947Mârouf, savetier du Caire (MA) de Jean Mauran
Cinéophone-Criterium Afrique. – av. Mohammed Touri (Mârouf), Leïla Wahby (la princesse), Tawfik Hilali (le roi), Bachir al-Hadj, Tijani Senhadjin, Mohamed Lalami, Zohra Sgrira, Hussein Snousi, Olga.
Synopsis : Mârouf, qui a fui Le Caire et surtout sa femme la Calamiteuse, arrive dans un pays imaginaire. Avec la complicité de son ami Ali, il se fait passer pour un riche marchand attendant des trésors et épouse la fille du calife, malgré l’opposition du vizir. Mais les trésors n’arrivent pas et Mârouf atterrit en prison. Pour le sauver, Ali conduit à travers la ville une caravane improvisée qui ne transporte que du toc. Survient la Calamiteuse qui recherche son époux. Excédé, le calife décide de supprimer les fauteurs de trouble, mais Ali présente au souverain la perle des nuits, Shéhérazade. Le calife attendri pardonne, offre sa fille à Ali et Mârouf repart avec la Calamiteuse repentie.
Une version « nettoyée » du conte du misérable savetier, moralement acceptable (les époux se réconcilient), filmée dans les studios de Souissi et à Fès, puis présentée au Festival de Cannes 1947 au titre d’une des premières productions du cinéma marocain. Écrit et réalisé par des Français (avec l’appui du Centre cinématographique marocain créé trois ans plus tôt), le film ne réussit pas à émouvoir un public arabe.
1947Hatim Tai (IN) de G. R. Sethi
Fine Art Productions (parlé hindi). – av. Ajit, Kamal Kapoor, Kashinath, Vanamala, Bikram Kapoor, Azurie, Amirbai Karnataki, Hamid, Chandrabala.
Les aventures merveilleuses du prince yéménite Hatim at-Tai (commentaires, cf. Hatimtai, 1929).
1947Gul-e-Bakavali / The Flower of Bakavali (IN) de Rustom Modi
Central Studio (parlé hindi). – av. Feroze Dastur, Rabab, Sanobar, Jamshedji, Menaka. – Le prince Taj à la quête de la Fleur magique détenue par la fée Bakavali (cf. version de 1924).
1947 – [Song of Scheherazade (Schéhérazade) (US) de Walter Reisch ; Edward Kaufman/Universal-International Pictures, 105 min. – av. Yvonne De Carlo (Cara de Talavera/Schéhérazade), Jean-Pierre Aumont (Nicolaï Rimski-Korsakov), Brian Donley (cpt. Vladimir Gregorovitch), Rex Ravell (le sultan Shahryar). – La jeunesse en version technicolorisée du compositeur russe Rimski-Korsakov, cadet dans la marine impériale, ses amours au Maroc (1865) avec la danseuse Cara de Talavera qui va l’inspirer pour son poème symphonique Shéhérazade paru en 1888 et chorégraphié en 1910 par Michel Fokine pour les Ballets russes. Au final, des extraits du ballet avec Shéhérazade et Shahryar. Délicieusement kitsch, imaginé et réalisé par Walter Reisch, scénariste viennois exilé à Hollywood, avec une Yvonne De Carlo mémorable. – DE : Lied des Orients, AT : Das Lied der Scheherezade, ES : Scheherezade, IT : Scheherazade.
1948Shéhérazade (FR) de Jean Vilar
La Compagnie Jean Vilar-Festival d’Avignon (INA), 126 min. – av. Silvia Monfort (Shéhérazade), Jean Davy (le sultan Shahryar), Michel Vitold (Shazénian, son frère), Françoise Spira (Dinarzade), Robert Hirsch (le chef des eunuques), Jean-Paul Moulinot (le Grand Vizir), Simone Lointier (la sultane), Jean Negroni (la mère de la sultane d’avant-hier), Marc Andrieux (la mère de la sultane d’hier), Maurice Coussonneau (la mère de la sultane de la nuit prochaine), Léone Nogarede (l’épouse de la nuit prochaine), Claude Aburbe (Abdel-el-Malek), Christiane Lenier (1ère jeune fille), Marguerite Duboscq (2ème jeune fille), Raymond Hermantier (la magicienne), Jacques Buttin (le cheval magique).
Les démêlés de Shéhérazade (qui tente de reculer de jour en jour une mort certaine) et sa sœur Dinarzade, tiraillées entre le sultan, majestueux et supérieur, et son frère Shazénian, pathétique, disgrâcié, bégayant, humble mais malin. – Captation filmique de la comédie en trois actes de Jules Supervielle, jouée par la troupe de Jean Vilar au Verger d’Urbain V le 17 juillet 1948, avec une musique de Darius Milhaud (deuxième Festival d’Avignon). La pièce reçoit en 1949 le Prix des Critiques. Pierre Badel en tire un téléfilm en 1971 (cf. infra).
1942-1949[Animation : La rosa di Bagdad (La Rose de Bagdad) (IT) d’Anton Gino Domenighini ; A. G. Domenighini/Ima Film-Trans-National, 76 min. – av. les voix de Germana Calderini (la princesse Zeila), Corrado Pani (Amin), Giulio Panicali (le cheikh Jaffar), Carlo Romano (Burk, le magicien), Olinto Cristina (le calife Oman), Mario Besesti (Zizibé), Giovanna Scotto (Fatima). – L’astuce et la vaillance d’Amin, un musicien et charmeur de serpents, contribuent à sauver la princesse Zeila, nièce adorée du bon calife Oman, des griffes du sinistre cheikh Jaffar et de son acolyte, le magicien Burk. Amin utilise notamment la lampe d’Aladin que lui a remise une fée déguisée en mendiante. Un long métrage en Technicolor plutôt charmant, fignolé avec adresse (une imagerie proche de Disney ou Max Fleischer, avec gentils animaux et chansons) et présenté au Festival de Venise 1949, où il reçoit le Premier prix dans la section jeunesse. Dans la synchronisation anglaise de 1952, Julie Andrews prête sa voix à la princesse chantante Zeila. – DE : Die Rose von Bagdad.]
1949Alladin ki Beti / Daughter of Alladin (IN) de Nanubhai Vakil
Mohan Pictures, Bombay (parlé hindi). – av. Shankar (Aladin), Prakash, Gulnar, Deoraj, Leela Pandey.
1950The Desert Hawk (L’Aigle du désert) (US) de Frederick de Cordova
Leonard Goldstein/Universal-International Pictures, 77 min. – av. Yvonne De Carlo (Shéhérazade), Richard Greene (Omar, l’Aigle du désert), Jackie Gleason (Aladin), Joe Besser (Sinbad), George Macready (le prince Murad), Rock Hudson (capitaine Ras), Carl Esmond (Kibar), Anne P. Kramer (Yasmine), Marc Lawrence (Samad), Lois Andrews (Maznah), Frank Puglia (Ahmed Bey), Lucille Barkley (Ondine), Donald Randolph (le calife), Ian MacDonald (Yussef), Michael Ansara (un garde), Richard Hale (Iman, le saint homme), Jeff Chandler (le narrateur).
Synopsis : Omar, simple forgeron de Téhéran, s’est insurgé contre la tyrannie du prince Murad et combat ses sbires sous le nom de l’« Aigle du désert », aux côtés de ses compagnons Sinbad et Aladin. Fille du calife de Bagdad, la princesse Shéhérazade est en route pour épouser le prince, mais Omar s’introduit dans son camp sous l’identité du fiancé, séduit la belle et subtilise la dot. Shéhérazade exige sa tête, mais Murad paye Kibar, un tueur, pour assassiner la princesse et accuser Omar du meurtre. Kibar préfère la vendre au marché d’esclaves où Omar, en forgeron, est chargé de l’enchaîner. Quelques évasions et captures plus tard, Murad tue Kibar, Omar règle ses comptes avec Murad et devient le nouveau prince de Téhéran aux côtés de Shéhérazade.
Une pure besogne de routine filmée en Technicolor de mars à mai 1950 à Universal City, à Iverson Ranch (Chatsworth) et dans les Alabama Hills (Lone Pine, Calif.). À l’époque du califat abbasside, Téhéran n’était qu’un petit village de commerçants et la cité ne deviendra une capitale qu’à partir de 1786. Les noms d’Aladin et Sinbad ornent le générique mais n’ont pas grand-chose à faire dans ce récit sans magie, dominé par la toujours flamboyante Yvonne De Carlo et Richard Greene, le futur Robin des Bois de la télévision britannique. Nota bene : Dans le biopic Song of Scheherazade de Walter Reisch (1947), Yvonne De Carlo interpréta déjà une danseuse du nom de Shéhérazade qui aurait inspiré Nikolaï Rimski-Korsakov en 1865 pour son célèbre poème symphonique. – IT : L’aquila del deserto, ES : El halcón del desierto, DE : Der Wüstenfalke.
The Magic Carpet (1950/51) de Lew Landers
1950/51The Magic Carpet (L'Aigle rouge de Bagdad) (US) de Lew Landers
Sam Katzman/Esskay Pictures Corp. [The Katzman Corporation]-Columbia Pictures, 84 min. – av. Lucille Ball (la princesse Narah), John Agar (Abdullah Al-Husan/Ramoth, dit le Faucon écarlate), Patricia Medina (Lida), George Tobias (Razi), Raymond Burr (Boreg Al-Buzzar, le Grand Vizir), Gregory Gaye (le calife Ali), Rick Vallin (Abdul), Jo Gilbert (Maras), William Fawcett (l’oncle Ahmed), Doretta Johnson (la reine Yashima, épouse du calife Omar).
Synopsis : À Bagdad, le calife Omar et son épouse Yasmina sont sur le point d’annoncer la succession de leur nourrisson Abdullah quand le souverain est assassiné par son demi-frère Ali. Avant d’être trucidée à son tour, Yasmina place son enfant sur un tapis magique qui le transporte chez son oncle Ahmed, un médecin. Rebaptisé Ramoth, le jeune homme grandit en ignorant tout de son lignage royal et devient à son tour médecin. Révolté par la tyrannie d’Ali, du Grand Vizir Boreg et de sa séduisante sœur Narah, Ramoth mène une guérilla contre l’usurpateur sous l’identité du « Faucon écarlate » (Scarlet Falcon). Pour intercepter un important transport d’armes venu de Damas, il s’introduit dans le palais d’Ali où, sous prétexte de soigner le tyran, il s’embourbe dans les intrigues du Grand Vizir (qui tue l’oncle Ahmed) et de la vénéneuse Narah. Avant d'expirer, Ahmed lui révèle sa réelle identité et l’existence du tapis volant. Grâce à ses pouvoirs magiques, Ramoth alias Abdullah réussit à éliminer le tyran à coups de cimeterre et monter sur le trône aux côtés de Lida, la soeur de son fidèle compagnon Razi.
Une intrigue de série vite oubliée, filmée en décembre 1950 à Iverson Ranch à Chatsworth et aux studios Columbia de Gower Street (Los Angeles) en Supercinecolor, procédé meilleur marché que le Technicolor. Au moins, l’Hispano-Anglaise Patricia Medina est jolie et Raymond Burr, l’assassin de Rear Window (Fenêtre sur cour) d’Hitchock, fait un méchant délicieusement patibulaire. - DE, AT : Der rote Falke von Bagdad, ES : La alfombra mágica, IT : Il falco di Bagdad.
1951(tv) The Man Who Was Caliph for a Day (IN) de Rex Tucker
« For the Children » (BBC 23.+26.8.51), 20 min. – av. James Dale (le calife de Bagdad), Alison Petrie (Zubeida), Valentine Dyall (Mesrour), Peter Coke (Hassan), Tony Halfpenny (Mara).
Programme pour les enfants écrit par Rex Tucker d’après le conte Le Mendiant et le Calife. Le conte est rediffusé le 6 et le 9 décembre 1951, avec Ferdy Mayne (Mesrour) et Kenneth More (Hassan).
1951Baojian Mingzhu / Ali Baba / The Sword and the Pearl (HK) de Ng Man-Chiu
Hongxing Film Company (Hong Kong) (parlé cantonnais). – av. Chun Siu-Lei, Lam Kau, Pang Fei, Sek Kin, Chao Fei-Fei, Ko Lo-Chuen, Yeung Yip-Wang, Tse Yuen-Lan, Cheung Sang, Ko Chiu, Wong Lun, Lo Kwong-Kai.
1951(tv) Aladdin (GB) de Michael Westmore et Gilchrist Calder
(BBC 26.12.51), 90 min. – av. David Jacobs (Aladin), Peter Glover (le génie de la lampe), Pat Sinnott (le génie de l’anneau), Bill Shine (l’empereur de Chine), Pamela Galloway (la princesse), Peter Butterworth (la veuve Twankey), Humphrey Lestocq (Abanazar), David Nixon (Wishee Washee). – Programme de Noël pour enfants.
1951/52Son of Ali Baba (Le Fils d'Ali Baba) (US) de Kurt Neumann
Leonard Goldstein/Universal International Pictures, 75 min. – av. Tony Curtis (Kashma Baba), Piper Laurie (Kiki alias la princesse Azura), Katherine Warren (la princesse Karna, sa mère), Susan Cabot (Tala), Morris Ankrum (Ali Baba), William Reynolds (Mustapha), Victor Jory (le calife de Bagdad), Hugh O’Brian (Hussein, son fils), Gerald Mohr (le capitaine Youssef), Robert Barrat (le commandant), Leon Belasco (Babu).
Synopsis : Kashma Baba, fils du richissime Ali Baba et cadet de l’Académie militaire impériale de Perse, a recueilli une jeune fille, Kiki, qui se dit suivante de la princesse Azura. Elle s’est enfuie du harem du calife où, dit-elle, elle a été enfermée avec sa maîtresse. Kashma la cache dans le palais de son père, mais tout ceci n’est qu’un piège du calife pour arrêter Ali Baba et confisquer ses richesses. Kiki n’est autre que la princesse elle-même, qui a accepté ce marché pour sauver sa mère prisonnière. Aidé des fils des quarante voleurs, de ses camarades de l’Académie militaire, d’Azura et de Tala, une redoutable archère, Kashma Baba débarrasse Bagdad du potentat. Le Shah nomme Ali Baba calife et bénit l’union de Kashma avec la princesse.
Un produit standard : Tony Curtis joue à nouveau aux côtés de la délicieuse Piper Laurie après le succès populaire de The Prince Who Was a Thief (1951) de Rudolph Maté, autre orientalerie de l’Universal. Le film est initialement confié au jeune Budd Boetticher qui se rétracte : très regrettable pour le cinéphile mais compréhensible vu la minceur du sujet. Tournage en Technicolor en août-septembre 1951 à Universal City. – DE : Der Sohn von Ali Baba, IT : Il figlio di Ali Baba, ES : El hijo de Ali Baba.
1951/52Thief of Damascus (La Revanche d'Ali Baba) (US) de Will Jason
Sam Katzman/Esskay Pictures Co.-Columbia Pictures Corp., 78 min. – av. Paul Henreid (Abu Andar), John Sutton (Khalid ibn al-Walid, dit le Conquérant), Lon Chaney Jr. (Sinbad), Helen Gilbert (la princesse Zafir), Edward Colmans (Raudah, son père, sultan de Damas), Jeff Donnell (Shéhérazade), Robert Clary (Aladin), Philip Van Zandt (Ali Baba), Elena Verdugo (Neela), Nelson Leigh (Ben Jammal), Leonard Penn (Habayah), Larry Stewart (Hassan).
Synopsis : En 634, l’impitoyable Khalid assiège Damas afin de parachever sa conquête de la Perse, mais la ville, tenue par le vieux sultan Raudah, résiste héroïquement pendant deux mois. Défiant son souverain Khalid, le général Abu Andar propose d’utiliser la ruse et obtient ainsi la reddition honorable du sultan, soulagé d’apprendre que son conseiller Ali Baba a pu quitter la ville. La princesse Zafir, fille du sultan, et son amie Shéhérazade convainquent Abu Andar d’épargner les habitants, mais une fois dans la ville, Khalid fait arrêter son général et réduit la population en esclavage. Aidé par Aladin et Sinbad, Abu Andar s’échappe et rejoint les bandits menés par Ali Baba dans leur caverne secrète. Pour chasser Khalid, il se propose d’acheter les redoutables épées damascènes fabriquées par le forgeron Ben Jammal et en profite pour saborder les noces forcées de la princesse Zafir avec le tyran. Une partie de l’armée de Khalid se fait piéger et emmurer vivante dans la caverne d’Ali Baba, et ce dernier utilise les jarres d’huile pour introduire ses hommes dans la cité. Abu Andar libère Zafir, Shéhérazade et le sultan, sur le point d’être exécutés sur la place publique, et tue Khalid d’un coup de cimeterre.
Khalid (John Sutton) et Abu Antar (Paul Henreid), l’exécution de la princesse Zafir (Helen Gilbert).
Une production fauchée fabriquée en Technicolor en juillet 1951 aux studios Columbia à Gower Street et dans le parc naturel de Vasquez Rocks (Agua Dulce, Calif.) ; pour les batailles et défilés d’armées du début, des minutes entières sont empruntées, si, si, à Joan of Arc (Jeanne d’Arc) de Victor Fleming (1948) : l’assaut des Tourelles devant Orléans se transforme en siège de Damas ! La charge des cavaliers provient de The Golden Horde (1951) de George Sherman et les extérieurs monumentaux de rues et de palais sont des images de Bagdad tirées du Kismet (1944) de William Dieterle. Blacklisté par McCarthy, l’Austro-hongrois émigré Paul Henreid, qui incarna l’héroïque résistant de Casablanca (1943), survit en ferraillant avec vaillance aux côtés d’Ali Baba, Sinbad, Aladin et Shéhérazade : les temps sont durs...
Sur le plan historique, c’est bien sûr n’importe quoi : Damas fut effectivement assiégé et conquis en août-septembre 634 par un certain Khalid, en vérité Khalid ibn al-Walid, un compagnon du Prophète et l’un des plus grands chefs militaires de l’Islam, aux ordres du calife Abu Bakr. En 633, une année après la mort de Mohammed, Abu Bakr avait initié la conquête des empires voisins sassanide et byzantin. La ville de Damas, qui dépendait de Héraclius Ier, empereur de Byzance, était donc chrétienne et défendue par un général Théodras. Un évêque monophysite permit aux musulmans d’entrer dans la cité et les conditions de reddition furent négociées avec Abu Ubaidah, le bras droit de Khalid, autre compagnon du Prophète qui sert probablement ici de modèle au personnage fictif d’Abu Andar. Tous les soldats chrétiens purent quitter la ville sains et saufs, il n’y eut ni pillages ni vente d’esclaves ni destruction d’églises. Général invaincu (il aurait remporté plus de 50 victoires), Khalid mourut paisiblement dans son lit en 642 à Émèse/Homs. – DE : Abu Andar, Held von Damaskus, IT : Eroi di mille leggende, ES : El ladròn de Damasco.
1952(tv) The Barber and the Donkey (GB) de C. E. Webber
« Children’s Television » (BBC 5.3.52), 35 min. – av. Julian Somers (le barbier), Robert Desmond (le bûcheron), James Dale (Haroun Al-Rachid, calife de Bagdad), John Ruddock (le vizir Jaffar). – « Le Barbier et l’Âne », une espièglerie tirée des Mille et Une Nuits par C. E. Webber.
1952Sinbad Jahazi / Sindbad the Sailor (IN) de Nanabhai Bhatt
Deepak Pictures (parlé hindi). – av. Naseem, Nirupa Roy, Ranjan, Pran, Yashodra Katju, Bhagwan, Samson, Jayant, Shakila.
1952 – [Sadko (Le Tour du monde de Sadko) / US : The Magic Voyage of Sinbad (SU) d’Aleksandr Ptouchko ; Mosfilm-Filmgroup, 79 min. – av. Sergueï Stolyarov [US : Edward Stolar] (Sadko/Sinbad), Alla Larionova, Mark Troyanovski. – Dans le remontage du film soviétique exploité aux Etats-Unis en 1962 (tripatouillage de James Landis selon un scénario du jeune Francis Ford Coppola), les exploits fantastiques de Sadko, héros de la mythologie russe et d’un opéra de Rimski-Korsakov, se métamorphosent en aventures de Sinbad.]
1952Aladdin and His Lamp (La Princesse et le Voleur / BE : Aladdin et la belle du harem) (US) de Lew Landers [et Charles Haas]
Walter Wanger Pictures, Inc./Citadel Corporation-Monogram Pictures, 67 min. – av. Johnny Sands (Aladin), Patricia Medina (la princesse Jasmine), Richard Erdman (Mirza), John Dehner (le prince Bokra, potentat de Samarcande), Billy House (Kafan), Nedrick Young (Hassan), Rick Vallin (capitaine de la garde), Charles Horvath (le génie).
Le récit classique d’Aladin, dont la lampe lui permet de lutter contre son rival en amour, le prince Bokra ; Jasmine et Aladin sont piégés par des marchands d’esclaves. La princesse est capturée par Bokra, qui veut l’épouser de force et parvient également à s’emparer de la lampe, mais le génie, las d’obéir à un maître, le tue.
Petit budget (250'000 $), filmé en Cinecolor aux studios Monogram, le havre des séries Z. Initialement, le fameux producteur indépendant Walter Wanger, au bord de la faillite après l’échec du Jeanne d’Arc de Victor Fleming, avec Ingrid Bergman, et menacé par les investigations politiques de MacCarthy à Washington, prévoit son sujet sous forme de pilote d’une série télévisée de la chaîne ABC, qui finance 30 minutes de tournage préalable aux studios Hal Roach (mai 1951, réal. : Charles Haas), puis s’en désintéresse. – AT : Aladdin und seine Lampe, IT : La lampada di Aladino.
1952Aladdin aur Jadui Chirag / Aladdin and the Wonderful Lamp (IN) de Homi Boman Wadia
Homi Wadia/Wadia Brothers Production-Basant Pictures, Bombay (parlé hindi), 140 min. – av. Meena Kumari (la princesse), Mahipal Singh (Aladin), Vasantrao Pahelwan (le génie de la lampe), Raja Sandow, S. N. Tripathi, Brijohan, Jilloo, B. M. Vyas, Babu Raje, W. M. Khan, Azim, P. T. Amarnath, Bismillah, Dalpat, M. K. Hasan, Jillobat, Urmilla, Kamala, Pushpa, Shribhagwan, Yadav Korega, Raja Sandow, Shree Bhagwan, Abdulla, Mithoo Miyan. – Tourné en noir et blanc aux studios Basant à Chembur à Bombay, avec des effets spéciaux et des décors signés Babubhai Mistry.
1952Alladdin-o-Ashcharya Pradeep (IN) de Bijon Sen
S. B. Pictures, Calcutta (parlé bengali), 14 bob. – av. Chandrabati, Chhabi Biswas, Kamal Mitra, Kanu Bannerjee, Jamuna Singha, Samir Kumar, Nripati Chattopadhyay, Nani Najumdar, Bhanu Bannerjee, Sabitri Chatterjee, Bani Gangopadhyay, Joysree Sen.
1952Aladdin (SG/MY) de B. S. Rajhans
B. S. Rajhans, Pengarah, Shaw Vee Ngo/Malay Film Productions Ltd. [Shaw Brothers] (Singapour) (parlé malay), 90 min. – av. Ali Rahman (Aladin), Mariam Baharum (la princesse arabe), S. Shamsuddin Bin Dali, Jaafar Shah, Salmah Ibrahim, Noordin Ahmad, Mohd Hamid, Siti Tamjung Perak, S. Sudarmaji, Salleh Kamil, Harun Omar, M. Amin.
Aventures en musique filmées à Singapour dans les jardins chinois de la villa Haw Par et du Baume du Tigre (Tiger Balm Gardens) par le vétéran indien B. S. Rajhans, une des productions les plus coûteuses – nécessitant un an de travail – du jeune cinéma malais.
1952Baghdad (IN) de Nanabhai Bhatt
Falcon Films (parlé hindi et bengali). – av. Bharati Devi, Sabu Dastagir, Ranjan, Anwar Hussein, Yashodhra Katju, Master Bhagwan, Begum Para, Bikash Roy, Hari Shivdasani.
1952Baghdad (IN) de Shyam Chakraborty
Golden Pictures, 15 bob. (parlé bengali). – av. Bikash Ray, Padma Debi, Nitish Mukhopadhyay, Nilima Das, Haridhan Mukhopadhyay, Reba Bose, Priti Majumdar, Nibhanani Debi, Santosh Singha, Shyam Laha, Tulsi Chakraborty, Ashu Bose.
1952/53The Golden Blade / The Sword of Damascus (La Légende de l'Épée magique / La Légende de Damas) (US) de Nathan Juran
Richard Wilson, Leonard Goldstein/Universal-International Pictures, 81 min. – av. Rock Hudson (Haroun Al-Rachid), Piper Laurie (Khairuzan), Gene Evans (Hadi), Kathleen Hughes (Bakhamra), Edgar Barrier (le calife), George MacReady (Jaffar, le Grand Vizir), Steven Geray (Barcus, le boutiquier grec), Victor Romito (Sherkan), Harry Mendoza (le magicien chinois), Anita Ekberg, Alice Kelley, Renate Hoy, Erika Nordin, Valerie Jackson (servantes).
Synopsis : Prince de Bassora, Haroun arrive à Bagdad pour venger la mort de son père assassiné ; les deux villes sont au bord de la guerre. Dans une arrière-boutique, il découvre une stupéfiante épée en or à laquelle nulle arme en acier ne peut résister. Mais il ignore encore qu’une inscription sur la lame désigne son détenteur (seul à devenir invincible en la maniant) comme futur souverain du royaume. Jaffar, le Grand Vizir, persuade le calife de donner sa fille Khairuzan à son fils. Révoltée, celle-ci s’évade du palais déguisée en jouvenceau, traîne incognito dans les souks et rencontre Haroun auprès de qui elle se fait passer pour un esclave. Les soldats du calife la récupèrent de force. Jaffar et son fils Hadi subtilisent l'épée à Haroun en le droguant et remplacent l'arme par une copie. Lors d’un tournoi (sic) ayant pour enjeu la main de la princesse, Hadi triomphe par traitrise de son unique adversaire, Haroun, dont la sous-ventrière de la selle a été saboté et l’épée est inoffensive. Alors que le Grand Vizir et son fils s’emparent du pouvoir, la princesse appelle la rue à l’insurrection. En essayant de tuer le calife, Hadi a planté accidentellement l’épée magique dans une colonne de pierre d’où personne ne peut l’extraire – sauf Haroun qui, faisant cela, provoque un éboulement ; le vizir et son fils sont ensevelis sous les pierres. Haroun monte sur le trône aux côtés de Khairuzan, muni d’un surnom : Haroun Al-Rachid, Haroun le Bien Guidé.
 Bricolée en Technicolor en novembre-décembre 1952 sur le backlot des studios Universal (Universal City, L. A.) et à Chatsworth, dans les décors fixes de château médiéval érigés sur le ranch de Rowland V. Lee (San Fernando Valley) et égayée d’accessoires et accoutrements réunis au petit bonheur, cette bizarre équipée d’Excalibur (l’épée mythique du futur roi Arthur) au pays des Mille et Une Nuits est au mieux distrayante, routinière et prévisible. Nathan Juran n’a pas encore trouvé Ray Harryhausen pour animer sa mise en scène falote par de stupéfiants effets spéciaux (The Seventh Voyage of Sinbad, 1958), le budget est serré et la bataille en ouverture a été piquée de la fin de Arabian Nights (1942). Farley Granger et Tony Curtis ont refusé le rôle du jeune Haroun, une chance pour Rock Hudson, qui déploie son énergie à sabrer les félons et à courtiser la toute jeune Piper Laurie, rousse espiègle et mignonne, la langue bien pendue, déguisée en ravissant garçon (!). C’est l’atout du film. Dans un rôle de servante, on entre’aperçoit Anita Ekberg, sept ans avant La dolce vita de Fellini. – DE, AT : Das goldene Schwert, BE : L’Épée magique, ES : La espada de Damasco, IT : La spada di Damasco.
1953*Siren of Bagdad (BE : La Sirène de Bagdad) (US) de Richard Quine
Sam Katzman/Esskay Pictures Corp.-Columbia Pictures, 72 min. – av. Paul Henreid (le magicien Kazah le Grand), Patricia Medina (la princesse Zendi), Hans Conried (Ben Ali), Charlie Lung (le sultan El Malid), Laurette Luez (Orena), Anne Dore (Leda), George Keymas (Soradin, le Grand Vizir), Michael Fox (Telar, alias l’ex-calife Ahmand le Juste, père de Zendi), Karl « Killer » Davis (Morab), Carl Milletaire (Hamid), Vivian Mason (Ben Ali transformée en femme).
Synopsis : Dans le désert d’Arabie, le magicien Kazah le Grand divertit une caravane avec sa troupe d’acrobates et de danseuses lorsque le camp est attaqué par les pillards de Hamid qui enlèvent deux beautés, Orena et Leda, pour les vendre comme esclaves à Bagdad. Kazah renvoie sa troupe à Bassora et gagne Bagdad avec son assistant Ben Ali. Ils se heurtent aux soldats du Grand Vizir Soradin, maître de la ville, le calife étant une larve écervelée. Après avoir métamorphosé Ben Ali en bayadère blonde (qui conserve toutefois sa voix d’homme !) pour espionner ses adversaires, Kazah récupère ses deux femmes destinées au harem du palais, puis les fait littéralement disparaître dans un coffre magique. Il s’affaire ensuite à contrer les manœuvres de Soradin, du brigand Hamid et du calife pour aider la ravissante princesse Zendi, fille d’Ahmand le Juste, l’ancien calife destitué et disparu. Son coffre magique et ses tours de substitution suscitent effroi et panique dans les rangs ennemis.
Alors qu’il en est à ses débuts, Richard Quine, brillant réalisateur de comédies sophistiquées et mélancoliques (Bell, Book and Candle / Adorable voisine, 1958), transforme cette orientalerie standard en satire (d’abord à l’insu du producteur), avec la complicité joyeuse de l’Austro-hongrois Paul Henreid, l’héroïque résistant antinazi de Casablanca, à présent maltraité par la chasse aux sorcières maccarthyste et une fois de plus (après Thief of Damascus / La Revanche d’Ali Baba, cf. supra) déguisé sous un turban. Tournage en septembre 1952 en Technicolor aux studios Columbia à Gower Street. Hans Conried fait un assistant-magicien désopilant, maniant l’anachronisme (« Pardonnez-moi, monsieur, je sais qu’elles n’ont pas encore été inventées, mais n’auriez-vous pas une allumette ? »). Quant à Henreid, il s’autoparodie en allumant non pas deux cigarettes, dont une pour sa bien-aimée (comme il le fit aux côtés de Bette Davis dans le célèbre mélo Now Yoyager / Une femme cherche son destin d’Irving Rapper, 1942), mais deux narguilés (pipes à eau) ! Hélas, le public boude le film, qui fait un bide : il est dangereux de faire une parodie d’un genre qui se situe lui-même déjà à la limite de la parodie. – IT : Napoletani a Bagdad, ES : La sirena de Bagdad, Noches de Bagdad, DE : Zaubernächte des Orients.
1953*Die Geschichte vom kleinen Muck (Ein Abenteuer aus 1001 Nacht) (L'Histoire du petit Muck) (DE-RDA) de Wolfgang Staudte
Willi Teichmann/DEFA-Studio für Spielfilme (Potsdam-Babelsberg), 100 min. – av. Thomas Schmidt (Mukrah, dit le petit Muck), Johannes Maus (le vieux Muck), Friedrich Richter (Mukrah), Trude Hesterberg (la sorcière Ahavzi), Alwin Lippisch (le sultan), Silja Lésni (la princesse Amarza, sa fille), Heinz Kammer (le prince Bayazid), Gerhard Hänsel (le prince Hassan), Wilhelm Heinrich Holtz (le Ramudjin suprême), Richard Nagy (le Ramudjin supérieur), Gerd Frickhöffer (le Ramudjin moyen), Werner Peters (le Ramudjin inférieur), Charles Hans Vogt (le magicien), Harry Riebhauer (Murad, le coureur), Ursula Kampert (une esclave), Johannes Rhein (Mustafa), Friedrich Gnass (une sentinelle), Wolf Beneckendorff (l’enseignant).
 Synopsis : À Bagdad, un vieillard ratatiné et difforme raconte aux enfants qui se moquent de lui l’histoire de sa vie – celle de l’apprenti-potier Muck. Bossu et de petite taille, le garçonnet est depuis toujours la proie des railleries. Devenu orphelin et chassé de la maison, il part à la quête du marchand de bonheur dont sa défunte mère lui a si souvent parlé. Il traverse le désert et tombe sur le repaire d’une sorcière qui le garde en captivité, mais il y découvre des babouches magiques et un bâton doré servant à repérer les trésors enfouis. Il croit avoir trouvé le bonheur. Il entre au service du sultan comme coureur, car ses babouches lui permettent d’accomplir des miracles de vitesse. Son prestige auprès du sultan croit, il parvient à éviter la guerre contre des voisins, réunir des amoureux princiers, jusqu’à ce que des courtisans envieux lui dérobent ses atouts magiques et provoquent son renvoi de la cour corrompue. Le petit Muck découvre alors deux figuiers aux pouvoirs complémentaires : la consommation des fruits de l’un fait pousser des oreilles d’âne, celle de l’autre rétablit leur grandeur normale ; le sultan imbécile et ses proches en font les frais. C’est ainsi que Muck récupère bâton et babouches, et découvre que ce n’est pas la richesse, mais l’amitié et la serviabilité qui rendent heureux.
Les quelque douze contes orientaux imaginés par l’écrivain romantique souabe Wilhelm Hauff (1802-1827), un contemporain des frères Grimm, sont fortement marqués par les Mille et Une Nuits, au point où, après leur première publication en 1826/27, ils sortiront réunis sous le titre de Orientalische Märchen aus 1001 Nacht. Hauff s’est abondamment servi dans les traductions récentes des contes, dues à Joseph von Hammer et Max Habicht (entre 1823-24 et 1825). Si l’on excepte les admirables courts métrages d’animation de Lotte Reiniger (Kalif Storch, 1935 et 1954), la plus célèbre des adaptations cinématographiques des contes fantastiques de Hauff provient de l’Allemagne de l’Est, signée curieusement par un de ses réalisateurs les plus prestigieux, Wolfgang Staudte, réputé pour ses dénonciations féroces du fascisme (Die Mörder sind unter uns / Les Meurtriers sont parmi nous, 1946) et en fait, très peu enclin à la féerie. Staudte travaille depuis 1952 à la transposition de la pièce Mère Courage et ses enfants de Bertolt Brecht (avec Simone Signoret), mais l’écrivain et sa compagne Helene Weigel mettent les bâtons dans les roues, le tournage est retardé et les immenses studios de Potsdam-Babelsberg sont vides. Afin de pallier à cette image contreproductive pour la propagande de la jeune RDA, Staudte est sommé d’y réaliser dans les meilleurs délais un « film pour enfants » (forcément didactique). Le cinéaste s’y attelle sans enthousiasme, puis se laisse entraîner par le sujet : en l’espace de cinq mois et demi de tournage (février-juillet 1953), Der kleine Muck devient la production en Agfacolor la plus coûteuse de l’histoire de la DEFA, avec palais, ornementation orientale, oasis de sable (dans le Brandebourgeois), chameaux et éléphants. Le succès est immédiat, tant en RDA qu’à l’étranger, attirant 11 millions de spectateurs dans 60 pays ; c’est le film pour enfants le plus acclamé d’Allemagne – et le favori de Ho Chi Minh ! Primé aux festivals d’Edinbourg et de Montevideo en 1956, cette fable pacifiste qui s’attaque à la paresse humaine et l’indifférence des cœurs charme par sa fraîcheur, son inventivité, son ironie dénuée de moralisme et le naturel du petit Thomas Schmidt, 11 ans, déjà affilié au prestigieux Deutsches Theater à Berlin. – US : The Story of Little Mook, ES : El tesoro de Muck.
1953Gul Sanobar / Flower of the Lake (IN) d’Aspi Irani
Basant Pictures (parlé hindi). – av. Agha, Habib, Jagdish Kanwal, Shammi Kapoor, Nazir Kashmiri, Shyama. – Omar, le prince du Yémen, à la quête de la fleur magique, cf. version de 1934.
1953Alf Lailah / A Thousand Nights (IN) de Gelaram Khetarpal Amarnath
Amarnath Prod. (parlé hindi). – av. Nimmi, Asha Mathur, Vijay Kumar, Pran, Murad,, Gope.
1953(tv) Aladim e a lâmpada maravilhosa (BR)
TV Tupi São Paulo (feuilleton).
1953Aladin (ID) de Hu
Golden Arrow Films (Jakarta).
1953Chalis Baba ek Chor / Forty Babas, one Thief (IN) de Pyare Lal Santoshi
Kayarts Film (parlé hindi). – av. Balraj Sahni, Kamini Kaushal, Jagdeep, Smriti Biswas, Om Prakash, David, Chandabal.
1953(tv) Chu Chin Chow – On Ice (GB) de Gerald Palmer
Gerald Palmer/« BBC Sunday-Night Theatre » (BBC 5.7.53), 80 min. – av. Toni Somers (Ali Baba), Jeanette Raphael (Mahibuba, sa femme), George Miller (Kassim Baba, son frère), Ron Priesley (Abu Hassan, le chef des voleurs/Chu Chin Chow), Gloria Nord (Marjanah), Valerie Moon (Zahrat Al-Kouloub), Michael Walker (Abdullah), Eddie Delbridge (Nur Al-Huda Ali, fils d’Ali Baba), Sheila Hamilton (Alcolom, favorite de Kassim Baba), George Stevens (Khuzaymah, un voleur), Ron Wells (Musab, un voleur), Leslie Lugg (Mukbill, marchand d’esclaves), Alan Chivers (présentation).
Synopsis, cf. supra, film de 1923. La comédie musicale d’Oscar Asche adaptée par Stanley Lloyd et Gerald Palmer, représentée sur la patinoire de l’Empire Pool à Wembley.
1953[sortie : 1955] *Son of Sinbad / (rééd. :) Nights in a Harem (Le Fils de Sindbad) (US) de Ted Tetzlaff
Howard Hughes, Robert Sparks/RKO Radio Pictures, 91 min./88 min. – av. Dale Robertson (Sinbad fils), Sally Forrest (Ameer), Lilli St. Cyr (Nerissa), Vincent Price (Omar Khayyâm), Mary Blanchard (Kristina Aristides), Raymond Greenleaf (Simon Aristides, son père), Leon Askin (le calife de Bagdad), Jay Novello (Jiddah), Ian MacDonald (Murad le Tartare, ambassadeur de Tamerlan), Kim Novak (une beauté du harem), Woody Strode (un gardien).
Synopsis : Le poète, astronome, mathématicien et soufi persan Omar Khayyâm (!) scrute les rues de Bagdad à la recherche de son ami Sinbad. Séducteur incorrigible et adulé, ce dernier – tel le bellâtre Christian avec Cyrano de Bergerac – utilise les passages les plus croustillants des Roubaïat pour ses conquêtes féminines. Les deux sont surpris devant le harem du calife et condamnés à mort, mais l’arrivée de Murad le Tartare, un envoyé de Tamerlan, interrompt l’exécution. Les Mongols menacent de raser la ville. Les deux compères sont libérés en échange du secret du « feu grégeois » que détiennent le savant grec Simon Aristides et sa fille Kristina : cette légendaire arme secrète (un explosif) peut tenir la « horde d’or » et son avant-garde tartare en échec. Murad fait tuer le savant et enlever Kristina. Aidés de la confrérie secrète des filles des « Quarante Voleurs », Sinbad et Omar libèrent Kristina, trucident Murad et mettent les Tartares en déroute grâce à l’arme du Grec. Sauvée, Bagdad les accueille en triomphateurs, Omar Khayyâm devient poète de la cour, les quarante voleuses sont amnistiées et tout se termine par des cris de joie et des mariages !
Outre son scénario délicieusement non-sensique (dû au tandem Aubrey Wisberg-Jack Pollexfen) où l’on apprend que les quarante voleurs du conte d’Ali-Baba étaient menés par Sinbad père (!), la curiosité majeure de ce film jouissif est évidemment Vincent Price en Omar Khayyâm : l’acteur raffiné et cultivé était sans doute un des rares sur le plateau à avoir lu les œuvres du poète – mis à part le réalisateur et ex-chef opérateur (d’Alfred Hitchcock) Ted Tetzlaff, auquel on doit un excellent film noir, The Window (Une incroyable histoire) en 1949. Price s’amuse visiblement : il faut le voir réciter ses célèbres quatrains devant un parterre ravi de quarante voleuses langoureusement allongées sur les tapis de leur caverne, trémousser de son épaule gauche au rythme d’une danse du ventre tout en mâchouillant une pomme, frémir à la vue d’une galerie de crânes humains plantés sur des piques (les victimes du calife) ou encore citer avec malice Hamlet (!) dans une geôle (« Dormir, rêver peut-être… c’est un thème intéressant… mais je suis trop fatigué, je le laisse à un autre poète ! »). Dans le même registre pince-sans-rire, c’est un âne du nom de « Sésame » qui, quand on l’appelle, déclenche le mécanisme pour ouvrir la porte du repaire. Jubilatoire.
Initialement, Louis Jourdan, Ursula Thiess et Keith Andes sont annoncés à l’affiche, avec des extérieurs prévus à Death Valley. Sally Forest remplace au dernier moment Piper Laurie, tombée malade. L’accent d’Oklahoma de Dale Robertson, un acteur de westerns, s’accorde avec l’approche satirique du film. Histoire de se débarrasser de plusieurs actrices sous contrat mais inemployées, le milliardaire Howard Hughes, propriétaire du studio depuis 1948 et grand consommateur de jupons, ordonne le rassemblement devant les caméras de 127 starlettes (son harem personnel), parmi lesquelles la jeune Marilyn Novak, rebaptisée Kim Novak.
Quoique tourné en 3D et en Technicolor en mai-juin 1953 (aux studios RKO à Gover Avenue et à Bronson Canyon, Hollywood), le film ne sort qu’en mai 1955, en SuperScope 2D, agrémenté d’une jolie musique de Victor Young. L’exploitation est retardée plusieurs fois sur exigence de la censure, en raison de son « inacceptable » franchise sexuelle (« danses et costumes indécents », dont le numéro de Lili St. Cyr, une ancienne strip-teaseuse). La réputation graveleuse de ce « film pour voyeurs » condamné par la Catholic Legion of Decency éloigne le public jeune, tandis que les adultes sont désarçonnés par l’indigence apparente du propos. Les recettes sont catastrophiques. – Nota bene : Tamerlan détruisit Bagdad en 1401 et fit décapiter vingt mille citadins, et quant à Omar Khayyâm, il vécut un peu plus tôt, de 1048 à 1131. – DE, AT : Sinbads Sohn, ES : El hijo de Simbad, IT : Il figlio di Sinbad.
1954***The Adventures of Hajji Baba (Les Aventures de Hadji / BE : Les Esclaves de Bagdad) (US) de Don Weis
Walter Wanger/Allied Artists Pictures Corp.-20th Century-Fox, 93 min. – av. John Derek (Hajji Baba), Elaine Stewart (la princesse Fawzia), Thomas Gomez (Osman Aga), Amanda Blake (Banah, cheffe des Amazones turkmènes), Rosemarie Stack (Aïcha), Paul Picemi (Nour-el-Din), Donald Randolph (le calife), Joanne Arnold (Susu), Robert Bice (Musa), Booth Colman (Akim), Linda Danson (Fabria), Charles Heard (Julhan), Percy Helton (Kerbelai, père de Hadji), Barbara James (Zeenad), Kurt Katch (Cawus), Laurette Luez (Meriam), Veronica Pataky (Kulub), Peter Mamakos (le bourreau), Claude Akins (son assistant), Melinda Markey (une femme touareg), Anthony George, Paul Marion, Pat Sheehan.
 Synopsis : Capricieuse, égoïste, impétueuse et hautaine, la ravissante princesse Fawzia, 17 ans, fille du calife d’Ispahan (sic), s’est mis en tête d’épouser l’émir Nour-el-Din, un seigneur du désert dont la réputation de cruauté ne lui fait pas peur, ce qui fâche son père. La jeune femme s’enfuit du palais, déguisée en homme, pour rejoindre Nour dans une oasis. Elle y tombe sur Hadji Baba, un jeune barbier d’Ispahan qui a quitté son échoppe pour tenter fortune ailleurs, car, se vante-t-il, « je porte les attributs d’un barbier, mais j’ai les désirs d’un prince ! » Hadji reconnaît immédiatement la princesse et la protège des hommes du calife lancés à ses trousses. Le couple se joint à la caravane d’Osman Aga, un marchand allant vendre la danseuse Aïcha au harem de Nour-el-Din ; Hadji présente la princesse comme son apprenti. Sauvée une deuxième fois, la « rose des roses », pour une fois d’humeur paisible, promet à Hadji en récompense une magnifique émeraude. À peine sont-ils repris par les gardes du calife que leurs geôliers ainsi que toute la caravane d’Osman Aga sont surpris dans le détroit de Mechhed par une armée de redoutables Amazones turkmènes qui chargent debout sur leurs chevaux, et dont la cheffe, Banah, est une ancienne pensionnaire du harem de Nour-el-Din – auquel elle voue une haine mortelle. Elle retourne dans son fief montagnard blessée au bras, puis se réserve Hadji, versé dans l’art médicinal, à son usage personnel. Elle préfère choisir que d’être choisie, explique-t-elle, et les mâles de son harem pourrissent au soleil dès que leur ardeur s’éteint… Le solde des captifs est destiné au marché d’esclaves de Boukhara.
Reconnue, Fawzia est suspendue par les bras à une potence, sous un soleil létal, où l’attend une lente agonie. En voulant la délivrer, Hadji subit le même sort et, tandis qu’ils sentent la mort venir, ils se déclarent leur amour. Le couple est sauvé par Nour-el-Din, qui s’est attaqué au nid d’aigle des guerrières afin de récupérer Aïcha. Hadji réclame son émeraude promise et abandonne Fawzia à l’émir ; mais celle-ci ne veut plus de son fiancé, ayant reconnu son inconstance, sa férocité et ses visées de conquérant, de Kairouan à Samarcande ; or les noces avec la princesse signifient la mainmise sur toute la Perse. Nour intimide Fawzia en lui faisant visiter sa collection de fioles de poison, dont une est destinée à son père. Hadji échappe aux tueurs de Nour (leurs cadavres ont la tête rasée, signature du barbier !), récupère son cheval et gagne Ispahan. La princesse a imploré secrètement son père de ne pas se rendre au mariage. Le calife charge Hadji de lui ramener sa fille vivante en profitant des festivités, tandis que son armée se prépare à défendre la ville. Se faisant passer pour un derviche muet, Hadji accompagne Osman Aga dans le camp du satrape ; il convainc Aïcha de l’aider en éloignant sa rivale, libère les femmes turcomanes enchaînées et tue Nour-el-Din en combat singulier dans le désert. Ainsi, Hadji, le sauveur adulé du royaume, épouse la fille du calife – qui s’enferme avec lui dans ses appartements pour la nuit de noces…
 The Adventures of Hajji Baba of Ispahan (Les Aventures de Hadji Baba d’Ispahan) est un roman picaresque de James Justinien Morier paru à Londres en 1824. Né à Smyrne, fils d’un honorable négociant anglo-suisse représentant la Compagnie de Indes auprès des Ottomans, Morier est envoyé en Perse à la cour du shah Fath Ali comme secrétaire privé de l’ambassadeur de Grande-Bretagne ; moins soucieux de diplomatie que d’exploration, il visite le pays pendant plusieurs années, puis, établi à Brighton, il soigne sa nostalgie de l’Orient par l’écrit. Tout en croquant au passage les us et coutumes du pays, Morier imagine les exploits extravagants de ce fils de barbier malin comme un singe, sans scrupules, calculateur, ambitieux et à l’épreuve de tous les coups du sort, donc armé pour survivre à la scélératesse des princes comme des mollahs. Coquin non dénué de sagesse, Hadji devient porteur d’eau, charlatan, voleur, bourreau, médecin, colporteur, derviche, tandis que sa destinée l’entraîne des palais d’Ispahan, de Téhéran, de Chiraz à la cour du sultan d’Istanbul et dans les ruelles de Bagdad, où mensonges et simulations sont un sérum de vie. Sa seule liaison amoureuse, l’esclave Zeenab, est condamnée à mort par le shah lorsqu’elle tombe enceinte. Le texte de Morier est romancé sous l’influence manifeste de l’édition anglaise des Mille et Une Nuits recueillis par Antoine Galland. Pour en assurer le succès, qui sera vif, Morier présente son roman comme la traduction anglaise d’un authentique manuscrit persan qui aurait été écrit par un certain Mirzâ Hadji Baba. La supercherie fonctionne et en 1905, son texte sera même publié avec succès en Iran, en farsi (Sargozasht-e Haji Baba-ye Isfahani), sous la plume d’un Mirzâ Habib Esfahâni, et revendiqué par les nouveaux excités nationalistes comme patrimoine originel ! Il faudra attendre 1961 pour établir que l’ouvrage du diplomate britannique est bien de la plume de Morier, et que la prétendue « version originale » persane a été élaborée à partir d’une traduction française du roman. En 1828 paraît un deuxième volet plus sarcastique, intitulé Adventures of Hajji Baba of Ispahan in England (Les Aventures de Hadji Baba en Angleterre), où l’auteur affronte sans ménagements l’Orient et l’Occident. Cette digression littéraire pour expliquer que le patronyme du barbier est largement connu en terre anglophone, appliqué à restaurants, chevaux de course, etc. Le « Hajji Baba Club » à New York réunit les aficionados de tapis orientaux, et en août 1952, l’« Opération Hajji Baba » permet aux Américains de transporter par air un millier de pèlerins musulmans échoués à Beyrouth jusqu’à Djedda, et de renforcer ainsi les relations entre la Maison Blanche et les Saoudites.
 En 1953, Walter Wanger, un producteur indépendant, cultivé et courageux, promoteur de Fritz Lang, d’Hitchcock, de Borzage, jette son dévolu sur le best-seller de Morier. Il choisit pour scénariste Richard Collins, un auteur « blacklisté » en 1947, ancien membre du Parti communiste qui, après s’être blanchi en donnant des confrères, vient de signer pour sa société le script de Riot in Cell Block 11 (Les Révoltés de la cellule 11) de Don Siegel. Wanger demande à Collins de lui fabriquer non une adaptation, mais une nouvelle histoire « suggérée par » les récits de Morier, « pleine d’ironie et de second degré, avec beaucoup de péripéties et de violence orientale ». Hormis le barbier en titre, son mentor turc Osman Aga et de vagues « brigands » turkmènes, il ne reste plus rien du roman : Collins brode allégrement sur le canevas des contes, invente une princesse arrogante destinée à un barbier malin, fille d’un calife (il n’y eut jamais de califat en Perse, pas plus que de pape à Stockholm !), un émir cruel, chef de sanguinaires bédouins, et des Amazones mi-lesbiennes mi-nymphomanes qui sèment la terreur avec leurs foulards étrangleurs (clin d’œil amusé aux féministes), ajoute un zeste de Mégère apprivoisée et pimente le tout d’une délicate dose de sadisme. Apprécié pour son sens de la comédie fofolle (I Love Melvin, 1953), l’obscur Don Weis en signe la mise en scène, de toute évidence l’instant saillant de sa carrière. Toujours très attiré par l’exotisme oriental (de Arabian Nights en 1942 au Cléopâtre de Mankiewicz en 1963, son ultime production, qui lui coûtera la vie), Wanger aurait, pour s’imprégner de la culture persane, passé un mois en Iran, dans la région d’Ispahan, accompagné de Weis.
 Le casting réunit John Derek, jeune premier fougueux et viril, et l’éblouissante Elaine Stewart, une noiraude phénoménalement sensuelle, d’origine germano-américaine. Cependant, l’ensemble est surtout marqué par le parrainage indirect – et inattendu – du cinéaste George Cukor (un ami de Wanger qui fut appelé à Hollywood en 1930 sur son conseil). Cukor se dit ravi par le script de Collins et Wanger accapare son chef décorateur attitré, Gene Allen, qui travaillera par la suite sur Bhowani Junction (La Croisée des destins) (1956), Les Girls (1957), Let’s Make Love (Le Milliardaire) (1960) et My Fair Lady (1964). En outre, il s’assure la collaboration à titre de consultant pour la couleur du célèbre photographe de Vogue et Harper’s Bazar, le baron germano-russe George Hoyningen-Huene, autre fidèle compère de Cukor pour six films entre 1954 et 1962 (dont A Star Is Born). Quant à la costumière Renié, on la retrouve au générique de The Big Fisherman de Borzage et du Cléopâtre avec Elizabeth Taylor. L’apport visuel d’Allen et de Hoyningen-Huene contribue de manière déterminante au raffinement plastique de l’œuvre. Le tandem opte pour une gamme basique de cinq couleurs : orange-rouge-brun pour les caravanes, vert pour le fief turkmène, bleu pour le bazar, blanc pour la princesse et blanc-noir pour les bédouins. Les décors, épurés, très stylisés (dans le palais), évitant toute surcharge, font écho à l’élégance sophistiquée du récit, en mêlant avec bonheur costumes, accessoires ou tentures magenta, bleu persan, indigo et lapis-lazuli. Le tournage en CinemaScope et Technicolor a lieu en avril-mai 1954 aux studios de Century City (Los Angeles), dans la vallée de l’Owens, à Alabama Hills (Lone Pine) – pour le repaire des Amazones – et aux Panamint Mountains, dans le Parc national de la Vallée de la mort, avec un budget moyen de 816'800 $ (le film rapportera 2 millions de dollars). En guise de leitmotiv musical, Dimitri Tiomkin compose une mélopée lancinante et nostalgique baptisée Persian Lament, que la voix veloutée de Nat King Cole rend inoubliable, en martelant « Hajji, Hajji, Hajji… ». Ses paroles invitent sans ambages à l’amour physique (« Come to my tent, oh my beloved / Bring me your lips, warm as the sun / Hear my lament, oh my beloved / Come to my arms, oh wonderful one »), un innuendo sexuel permanent appuyé par les mouvements de caméra caressants qui survolent les corps de femmes langoureusement endormies. (Pudibond, le distributeur britannique amputera l’œuvre de 12 minutes.)
Comme on pouvait s’y attendre, à sa sortie, le film est ignoré ou vilipendé par la critique américaine (qui n’y voit que sottises) et ne doit sa réputation qu’à la clairvoyance de certains cinéphiles français, en particulier ceux de la tribu des Mac-Mahoniens, réunis au cinéma parisien du même nom. Le film n’est exploité dans l’Hexagone qu’en 1958. Quoique rendus perplexes par la carrière ultérieure de Don Weis (qui sombra dans la télévision), Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon résument bien la controverse : « Pour beaucoup de cinéphiles parisiens, Hajji rima un instant avec Hernani. On n’est pas près d’oublier les sanglantes batailles opposant les défenseurs d’un film qui représentait l’archétype de la mise en scène pure, le chef-d’œuvre de la fascination, aux adversaires, tenants de Fellini et Bresson, qui généralement se refusaient à le voir. Les plus acharnés le virent dix fois de suite. Sans être un chef-d’œuvre absolu, The Adventures of Hajji Baba reste un film merveilleux, un conte de fées à la fois magique, cruel et euphorique, le seul film oriental dépassant le stade du divertissement, de la parodie pour atteindre à une joie physique, admirablement rendue par John Derek et Elaine Stewart. » (50 ans de cinéma américain, Nathan/Omnibus, Paris 1995, p. 982). Dans son incontournable Dictionnaire du cinéma, Jacques Lourcelles note que le film « représente une tentative à peu près unique – au moins par sa qualité – de valoriser, dans un récit non fantastique, la dimension adulte, élégante et discrètement érotique du conte oriental. (…) Il manifeste une très grande exigence à tous les niveaux : dans ses décors, à la luxuriance savamment abstraite ; dans ses costumes, fantaisistes et bariolés et toujours d’une parfaite unité de style ; dans la beauté racée de ses interprètes (…). Avec beaucoup d’art et de légèreté, Don Weis fait respirer au spectateur l’air de la grande aventure purifié de toute grandiloquence comme de ces facilités burlesques qui sont souvent la plaie du genre. Le demi-sourire du conteur ajoute enfin constamment la note ironique sans laquelle une œuvre de ce genre serait incomplète » (Laffont, Paris, 1992, p. 103). Dans Arts, Éric Rohmer, encore critique, remarque : « Ce qui plaît dans ce film, c’est sa fraîcheur, vertu rare de nos jours, même en cette cité – je veux dire Hollywood – qui, durant quelque temps, servit de terre d’accueil à l’ingénuité. Don Weis a de la « turquerie » la conception qu’on se faisait au temps de Mozart (…). Une manière d’opéra-bouffe soutenu par les accords parodiques d’une musique de Dimitri Tiomkin et la voix incongrue de Nat King Cole. (…) Il y a chez ce barbier ambitieux et philosophe, rusé et brave, beaucoup de subtilité de cœur et d’esprit. Nous le regardons avec un intérêt toujours entretenu s’escrimer à rompre la fière susceptibilité de sa princesse, et cette fierté, non plus, n’est pas de pacotille. À l’inverse de beaucoup d’œuvres plus haut chaussées, le bazar, ici, n’est qu’en façade. Le style et la morale de cette histoire évoquent bien le style et la morale des bandes dessinées, mais de bandes dessinées « telles qu’elles devraient être », substituant l’élégance à la vulgarité ordinaire du genre, captant leur lecteur par le haut, au lieu de le prendre par le bas » (12.5.1958).
 Les Cahiers du Cinéma ne sont pas en reste, qui s’extasient notamment sur le sadisme de certaines scènes : « Les demoiselles de compagnie sont jetées dans des bains brûlants par leur acariâtre maîtresse. Ligotées sur des lits moelleux, elles se voient bastonner délicatement la plante des pieds. Les belles esclaves ont les chevilles enchaînées à de pesants madriers. Quant à Elaine Stewart, elle en prendra elle aussi pour son grade, ondulant au-dessus de son abîme : « Pitié ! – Pas de pitié » répond une de ses consœurs ; « je te traiterai comme tu m’as traitée ! » Et hop, dans les airs… » (François Mars, no. 81, mars 1958, p. 55). Cinq ans plus tard, la même revue nuance : « Un scénario archétypal et architypé autorisait les situations les plus extrêmes, d’où les réactions les plus inattendues, les gestes les plus neufs et les plus purs. Liberté d’abord, puis profondeur : nous voilà loin de l’inventaire sadomasochiste qu’on a trop souvent cru, tout près, pour une fois, des Mille et Une Nuits » (Pierre-Richard Bré, no. 150-151, déc. 63, p. 175). Parmi ce concert d’éloges pour un film « ahurissant » (Patrick Brion), citons encore le sympathique délire du mac-mahonien Gérard Legrand dans Présence du Cinéma : « Je tiens Les Aventures de Hadji pour l’un des cinquante meilleurs films de toute l’histoire du cinéma et pour le chef-d’œuvre, en tout cas, du film d’ambiance « orientale ». (…) Lorsqu’enfin Hadji revient s’étendre près de la princesse, la caméra monte vers le corps d’Elaine Stewart, en une courbe serpentine qui ressemble au signe du dollar (!). Alors l’émeraude qui froisse l’épaule de la princesse tombe de la main du scrupuleux aventurier et deux doigts fuselés éteignent une dernière lampe sur un amoncellement de cuivres » (no 12, mars-avril 1962, p. 25). Bref, un véritable film-culte dont le charme opère toujours, même s’il ne s’agit pas ici de cinéma d’auteur (comme on a pu le croire jadis), mais du mariage fortuit et miraculeux d’une pléiade de talents. – DE, AT : Die Tochter des Kalifen, ES : Amazonas negras, IT : Le avventure di Hajji Babà.
Ali-Baba alias Fernandel découvre le trésor de la caverne dans le film de Jacques Becker (1954).
1954Ali-Baba et les 40 Voleurs (FR) de Jacques Becker
Adry de Carbuccia, Roland Girard/Les Films du Cyclope, 92 min. – av. Fernandel (Ali Baba), Samia Gamal (Morgiane), Dieter Borsche (Abdul, le chef des voleurs), Henri Vilbert (Kassim), Edouard Delmont (Haroun, le père de Morgiane), Julien Maffre, Edmond Ardisson et Manuel Gary (trois mendiants), Orbal (le mufti), Bob Ingarao (un bandit), Léopoldo Frances, Yoko Tani, Fanfan Minucci.
Synopsis : Ali Baba est un brave homme, optimiste né, qui parcourt les chemins en chantant sur son âne Bouzouf. Serviteur du riche Kassim, il vient d’acheter pour lui au marché d’esclaves une belle danseuse nommée Morgiane (vendue par son propre père). Cependant, devenu riche après avoir découvert le trésor des 40 voleurs dans la caverne magique, Ali Baba peut racheter Morgiane (sa passion de toujours) afin de l’épouser et s’offrir une luxueuse villa, éveillant ainsi la convoitise du cupide Kassim. Celui-ci parvient à lui arracher son secret, mais ses sbires chargés de l’assassiner et les 40 voleurs grugés du brigand Abdul s’exterminent mutuellement pendant les festivités de mariage. Généreux, Ali Baba entend faire profiter la population pauvre de sa fortune. Amenée devant la caverne, la foule en délire manque de le piétiner et vide les lieux de ses trésors. Il ne reste à Ali Baba, ruiné à force vouloir tout partager, que la plus belle des richesses : l’amour de Morgiane.
On peut s’étonner de trouver le nom de Jacques Becker, un des réalisateurs français les plus marquants des années cinquante, peintre inspiré de la société hexagonale d’après-guerre, cinéaste de l’amitié pudique et des sentiments fragiles, à la tête de ce produit pour le moins hybride – faisant suite, dans sa filmographie, à des chefs-d’œuvre tels que Casque d’Or (1952) ou Touchez pas au grisbi (1954). On sait que Becker avait besoin d’argent, et que, d’autre part, son premier intérêt pour la matière était ethnologique, visiblement intrigué qu’il était par l’art islamique et la culture traditionnelle du Maroc, alors protectorat franco-espagnol à la veille d’obtenir son indépendance (en mars 1956). Becker souhaitait d’abord tourner avec des Marocains engagés sur place et une petite équipe, une entreprise artisanale proche de celles d’un Flaherty (Nanouk l’Esquimau), en Eastmancolor ; puis, sollicité pour une tête d’affiche, il propose le chanteur-humoriste pataphysicien Henri Salvador, d’origine antillaise, dans le rôle-titre. Mais la productrice Adry de Carbuccia, ex-pétainiste, a un contrat avec Fernandel, et le projet s’amplifie pour devenir une superproduction à la française (et le premier film en couleurs du cinéaste), avec un investissement de 222 millions de francs, soit plus du triple d’un long métrage courant. Fernandel – son seul nom attirera 4,1 millions de spectateurs ! – obtient le contrôle et le dernier mot sur toute la fabrication du film. Le scénario de Cesare Zavattini, père du néoréalisme italien et de comédies à forte connotation sociale, détourne le conte oriental pour transmettre un message gentillet « de gauche », une philosophie souriante dans la veine de Miracle à Milan (V. De Sica, 1951) : son Ali Baba est un Candide soucieux du bonheur de tous et que sa générosité finit par ruiner – un dénouement original dans le registre des contes. Jean Manse, le beau-frère de Fernandel, chargé de faire respecter l’image de marque de la vedette auréolée par le triomphe des Don Camillo, participe à l’adaptation (de même que, incognito, le romancier Roger Nimier et une dizaine d’autres scénaristes).
Le tournage s’effectue d’avril à juin 1954, débutant par sept semaines d’extérieurs à Taroudant (ville du sud marocain située au pied de l’Atlas) pour y enregistrer des scènes comprenant jusqu’à 5000 figurants indigènes (la fin) et une caravane de plus de cent chameaux. La porte rocheuse dissimulant la caverne féerique, aménagée par Georges Wakhévitch, est amenée de Paris et placée devant une faille naturelle ; l’intérieur de la grotte, qui occupe à elle seule les deux plus grands plateaux, et le patio et la maison d’Ali Baba, sont aménagés aux studios de Billancourt. Jean Becker, fils de Jacques, est assistant, et Jacques Rivette, stagiaire. L’Égyptienne Samia Gamal, la danseuse favorite de Farouk, à présent persona non grata sous le nouveau régime de Nasser (mais mariée à un magnat du pétrole texan), joue Morgiane, rôle qu’elle a déjà tenu en 1942 dans le film égyptien de Togo Mizrahi. Elle est la seule Arabe du lot : tous les autres rôles parlants sont campés par des Européens « basanés » au brou de noix et la faconde méridionale domine – fût-ce au détriment de l’action. (Faut-il déceler une touche ironique d’anticolonialisme lorsque, à la fin, les deux « méchants », Abdul et Kassim, interprétés par des acteurs blancs grimés, sont en cage, entourés d’une foule vociférante d’authentiques Marocains ?)
Travesti à la sauce marseillaise, l’Ali Baba de Fernandel cabotine allégrement, grimace beaucoup – et ravit les enfants. « Tournesol, ouvre-toi ! » hurle le comique à l’entrée de la caverne dont il a oublié le mot de passe… Ne sachant trop que faire de sa vedette, de ses pitreries comme de ses exigences tyranniques, Becker, après de nombreuses disputes, lui laisse la bride sur le cou. Il se concentre sur la réalisation, dépouillée mais en cumulant une profusion de détails de couleur locale arabe, berbère et touareg dans les costumes, la musique et le folklore, au point où son travail – foncièrement réaliste – peut s’apprécier comme un recueil rutilant d’aquarelles de voyageur, un dépliant touristique qui enchante par son jaillissement et son chatoiement chromatique. Admirateurs inconditionnels de Becker et tributaires de leur sacro-sainte « politique des auteurs », les Cahiers du Cinéma font des pirouettes pour défendre cette comédie-bouffe. Dans l’œuvre de Becker, reconnaît André Bazin, le film « fait l’effet d’un canard dans une couvée de poussins » (Le Parisien libéré). François Truffaut le considère diplomatiquement comme « un des films français les mieux mis en scène de l‘année » (no. 44, février 1955). N’empêche : même si nous nous trouvons aux antipodes de l’Orient kitsch de Hollywood ou de Bollywood, Fernandel et ses clowneries plombent sérieusement l’entreprise. – IT : Alì Babà, ES : Ali Babá y los cuarenta ladrones, DE : Ali Baba.
1954(tv) The Three Wishes (GB) de Rex Tucker
« Children’s Television », Rex Tucker/BBCtv (BBC 10.6.54), 30 min. – av. Thali Kouri (la femme), Paul Whitsun-Jones (le frère), Laurence Payne (Soleiman), Ralph Truman (le djinn), Reginald Barratt (le sage).
Un djinn trouvé dans une bouteille sur la plage accorde trois vœux (une pièce de J. A. Brown adaptée des contes orientaux).
1954(tv) The Three Princes (GB) de Shaun Sutton
Rex Tucker/BBCtv (BBC 27.12.54), 60 min. – av. Yvonne Furneaux (la princesse Yasmine), Laidman Browne (le calife), Pamela Alan (Shéhérazade), Campbell Gray (le prince de la Lune Jaune), Marne Maitland (le prince du Soleil Levant), Barry Letts (Ahmed, le prince des Îes de Nullepart), Lionel Ngakane (le janissaire), June Rodney (Shalima), Carl Duering (le vizir), Ralph Truman (Ifret Kafur), Kenneth Connor (le marchand de tapis), Philip Dale (le physicien), Peter Augustine, Rita Burke, Stephen Hancock.
Les trois princes de la Lune Jaune, du Soleil Levant et des Îles de Nullepart demandent la main de la princesse Yasmine, fille du calife de Bagdad. Ce dernier exige que chaque prétendant parte jusqu’au bout du monde pour lui rapporter ce qu’il a trouvé de plus précieux. Le premier prince est fier et cruel, le second gras et stupide ; en revanche, le troisième, Ahmed, est le fils d’un djinn… Une dramatique de Rex Tucker destinée aux fêtes de fin d’année qui s’inspire à la fois des 1001 Nuits (Shéhérazade en est la narratrice) et de vieilles légendes persanes, et qui fait transpirer le département balbutiant des trucages de la BBC (tapis volants, génies, boules de cristal magiques, etc.). Le sujet sera repris en 1959 et en 1968 (en couleurs).
1954Alibaba and Forty Thieves / Alibaba aur Chalis Chor (IN) de Homi Wadia
Basant Pictures-Wadia Brothers Production, Bombay (parlé hindi et urdu), 145 min. – av. Shakila (Marjina), Mahipal (Ali Baba), B. M. Vyas (Abu Hassan), S. N. Tripathi (Qasim Khan), Maruti Rao (Abu), Lalita Kumari (Fatima Begum), Sharda (Sitara), Shalini (Salma), Ismail, Azim, Dalpat, Shree Bhagwan, Sardar Mansur, Aftab, Chanda. – Tourné en noir et blanc aux Basant Studios à Chembur, Bombay.
1955Alladin ka Beta / Son of Alladin (IN) de R. Rizvi
United Pictures (parlé hindi). – av. Chitra, Mahipal, Tiwari, Yashodhara Katju, Naaz, Maruti.
1955Hatimtai ki beti / Hatimtai’s Daughter [=La Fille de Hatim at-Tai] (IN) de Nanubhai Vakil
N. Vakil Productions (Bombay) (parlé hindi), 134 min. – av. Chitra (Roshanan, fille de Hatim at-Tai), Mahipal (le prince Sélim), Daljeet, Kamal, Kammo, Kumkum, Helen, Heera Sawant, Tun Tun, Roohi, Kumari Naaz, Maruti Rao, Sunder, Kesari, Niranjan Sharma, W. M. Khan, Nadir Mota, Al Nasir, Sadiq, Savitri, Chandrakala, Jharna, Shashimala, Anwaribai, Rayaman Tiwari, Hiralal, Ram Singh, Nandu Sarkar, Shyamlal.
Les aventures merveilleuses de la progéniture du prince yéménite Hatim (commentaires, cf. Hatimtai, 1929), un remake du film de 1940, tourné par le même Nanubhai Vakil en noir et blanc aux Central Studios à Tardeo et aux M&T Studios à Andheri (Bombay) avec la grande star du cinéma malayalam, Chitra. – Synopsis : Roshanan, la cadette de Hatim at-Tai, est une jeune femme bonne et généreuse, ce qui irrite Shaïtan (Satan) et sa compagne Badi, tous deux déterminés à saper son œuvre bienfaitrice. Ils empoisonnent la nourriture des pauvres, provoquant la colère de Jahanara, souveraine du Yémen, contre sa sœur Roshanan. Après un lot de mésaventures, au cours desquelles la servante Neki, soutenue par les chansons et prières de sa maîtresse, réussit à contrecarrer les plans des entités maléfiques, Roshanan épouse le prince turc Sélim, fils du roi de Touran. Jahanara se marie avec son frère cadet, le prince Aslam. La perfide Badi se transforme en cobra pour tuer Sélim pendant la cérémonie nuptiale.
1955Son of Alibaba (IN) de Majnu
M.P. Films (parlé hindi). – av. Mahipal, Chitra, Majnu, Chandrashekhar, Maruti Rao, Rajan Kapoor.
1955Baghdad ka chor / Thief of Bagdad (IN) de Shree Ram
M. Chitra Prod. (parlé hindi). – av. Chitra, Daljeet, Krishna Kumari, Ram Kumar, Yashodhara Katju, Maruti, M. N. Rajam, Vyjayanthimala, Helen, Gopal Krishna, T. S. Bailah, Nambiar, Sandhya.
1955Kismet (L'Étranger au paradis) (US) de Vincente Minnelli [et Stanley Donen]
Arthur Freed/Metro-Goldwyn-Mayer, 113 min. – av. Howard Keel (Hajj le poète), Ann Blyth (Marsinah, sa fille), Vic Damone (le calife Abdallah), Dolores Gray (Lalumé), Sebastian Cabot (le Grand Vizir), Monty Wooley (Omar), Jay C. Flippen (Jawan), Jack Elam (Hassan Bey), Mike Mazurki (le capitaine des gardes), Ted de Corsia (le garde), Julie Robinson (Zubbediya), Ross Bagdasarian (Fevvol), Reiko Soto, Patricia Dunn et Wonci Lui (les trois princesses d’Ababu), Aaron Spelling (le mendiant).
Remaniée par la MGM en 1944, l’intrigue de la pièce d’Edward Knoblock (synopsis et commentaires cf. supra, films de 1914 et 1944) devient matière à comédie musicale et subit à ce titre de nouvelles transformations. Le musical, signé Robert Wright et George Forrest, avec utilisation des passages les plus mélodieux du Prince Igor (1868) d’Alexandre Borodine, sort le 3 décembre 1953 au Ziegfeld Theatre à Broadway. L’air le plus célèbre, Stranger in Paradise, provient directement des Danses polovtsiennes de cet opéra. Le spectacle fait 583 représentations et récolte le Tony Award du meilleur musical en 1954. Arthur Freed, le génial promoteur de la comédie musicale à la MGM (de Chantons sous la pluie à Un Américain à Paris, Tous en scène et Brigadoon), rachète les droits cinématographiques du spectacle pour 125'000 $. Hajj est cette fois un poète au ventre vide mais roublard ; il est fait prisonnier par les hommes du bandit Jawan qui le prennent pour un mendiant. Le poète est libéré après avoir promis à Jawan qu’il retrouvera son fils, disparu il y a longtemps, et il reçoit pour ses services une bourse de pièces d’or. Le poète est alors capturé par les soldats du vizir qui le confondent avec Jawan. Ce dernier est à son tour fait prisonnier par le vizir en qui il reconnaît, trop tard, son fils perdu. Le vizir fait exécuter Jawan et sollicite l’aide du poète qu’il prend pour un puissant magicien, car il veut que le calife épouse les trois princesses d’Ababu et non cette obscure Marsinah, la fille de Hajj qu’il compte faire disparaître. Le poète tente de le tuer, mais c’est le calife qui s’en charge, et Hajj disparaît avec la belle Lalumé, la favorite du vizir.
 Freed fait tout naturellement appel à son réalisateur préféré, Vincente Minnelli, mais celui-ci déteste la pièce et refuse net. Harcelé pendant des semaines, il finit par capituler contre la promesse de pouvoir filmer ensuite Lust for Life (La Vie passionnée de Vincent Van Gogh) en Europe, avec Kirk Douglas. En esthète affirmé, Minnelli veut un film monochromatique, « Bagdad en version luxe et chic » avec des décors ressemblant « à une miniature persane, un ciel irréel et des nuages dorés » (Hugh Fordin, La Comédie musicale américaine, Paris, 1987, p. 408). Jack Cole règle à nouveau la chorégraphie, mais Minnelli n’éprouvant ni affinité ni enthousiasme pour la matière, se désintéresse assez rapidement du tournage à Culver City (mai-juillet 1955) ; il filme dans la précipitation, portant surtout son attention à l’apparat et à la scénographie ; l’intérieur du palais « avec ses grilles torsadées, ses marbres multicolores et ses tentures devient un authentique lieu féerique » (Patrick Brion) que mettent en valeur quelques tournoiements élégants de la caméra. Son film – en CinemaScope et Metrocolor, avec l’histrion turbulent de Kiss Me Kate, l’excellent Howard Keel, et la délicieuse soprano Ann Blyth – n’est en effet que décoratif, voire souvent statique. Le cinéaste quitte le plateau et Hollywood dix jours avant la fin pour se consacrer à Van Gogh, tandis que Stanley Donen termine le travail à sa place, sans être crédité. La production a investi 2,7 millions de $ et ne rapportera que 2,9 millions. C’est un méchant échec critique et public qui corrobore le lent déclin de la MGM, dernier des grands studios d’antan. Rien de déshonorant, mais compte tenu des immenses talents impliqués, une déception. – IT : Uno straniero tra gli angeli, DE : Kismet.
1955/56Alibabavum Narpadhu [40] Thirudargalum / Alibaba and the Forty Thieves (IN) de Tiruchengodu Ramalinga Sundaram
T. R. Sundaram/Modern Theatres Ltd., Salem (parlé tamil), 149 min. – av. Marudur Gopalamenon Ramachandran (Ali Baba), Bhanumathi Ramakrishna (Marziana, danseuse de Bagdad), K. Sarangapani (Dowlath), P. S. Veerappa (Abu Hussein, chef des voleurs), K. A. Thangavelu (Gulam, le savetier), M. G. Chakrapani (Amir Kasim Khan, frère d’Ali Baba), Vidhyavathi (Salima, son épouse), M. N. Rajam (Bulbul), P. Sushila (Ayesha, sœur d’Ali Baba), Waheeda Rehman (une danseuse).
Le premier long métrage en couleurs (Gevacolor) du cinéma tamil, remake du film hindi de 1954 et une immense succès populaire qui fait de Ramachandran (surnommé « MGR ») une star du cinéma d’action et d’aventures. Extérieurs tournés à Mysore et à Yeraud, le reste dans les studios Modern Theatres à Salem (Tamil Nadu).
1955/56Baghdad ka Jadoo /Magic of Baghdad (IN) de John Cawas
Homi Wadia/Basant Pictures, Bombay (parlé hindi). – av. Fearless Nadia, John Cawas, Vijaya Choudhury, Habib, Nazir Kashmiri, Sheila Kashmiri, Krishna Kumari, Sardar Mansur.
Une des dernières aventures de la cascadeuse Fearless Nadia, depuis 30 ans dans le métier, flanquée de son fidèle partenaire John Cawas (le « Tarzan » indien, ici aussi à la mise en scène). Le tandem de voleurs de Bagdad combat un sultan cruel, dont les prisons du palais sont bondées d’innocents, et finit par le terrasser au moyen d’un chariot volant et d’une révolte populaire. Nadia se déguise en beau prince pour s’introduire dans le fief du félon et trouble le harem, une transgression audacieuse dans le prude cinéma bollywoodien.
1955/56Lal-e-Yaman / Jewel of Yemen [=Le Joyau du Yémen] (IN) de Nanubhai Vakil
N. Vakil Productions, Bombay (parlé hindi). – av. Chitra, Daljeet, Hiralal, Mahipal. – Le prince yéménite Parviz combat les djinns et épouse la princesse égyptienne Parizad grâce à un poignard et à une fleur magique. Remake du film de 1933 (cf. supra).
1956Gul-e-Bakavali / The Flower of Bakavali (IN) de T. R. Ramanna
R. R. Pictures (parlé hindi, tamil). – av. M. G. Ramachandran, G. Varalakshmi, T. R. Rajkuman, Thangavelkar. – Le prince Taj à la quête de la Fleur magique détenue par la fée Bakavali (cf. version de 1924).
Sinbad moderne, Gene Kelly entre dans le livre des Mille et Une Nuits (« Invitation to the Dance »).
1952[sortie : 1956] Sinbad the Sailor (Sinbad le marin), épisode de : Invitation to the Dance (Invitation à la danse) (US) de Gene Kelly
Arthur Freed/Metro-Goldwyn-Mayer, 30 min. (sur un total de 93 min.) – av. Gene Kelly (Sinbad), Carol Haney (Shéhérazade), David Kasday (le génie). – Production aussi ambitieuse qu’originale, Invitation to the Dance est le premier long métrage réalisé par Gene Kelly en solo, sans Stanley Donen (tournage aux studios britanniques MGM d’Elstree à Borehamwood et – pour l’animation – à Culver City, Hollywood, d’août à décembre 1952). Il comporte trois grands segments de danse pure, en Technicolor, sans dialogues. Le dernier mobilise Sinbad (en costume de marin américain), qui achète des bibelots et une lampe dont il découvre par hasard les pouvoirs magiques : un petit génie se met à sa disposition. Ils « entrent » dans un ancien livre de contes, tombent sur des trésors, un dragon féroce, une envoutante bayadère, un cruel sultan et Shéhérazade, la belle danseuse avec qui le marin fugue… Toutes les séquences fantastiques sont animées, Gene Kelly danse avec des créatures dessinées par Fred Quimby & William Hanna, sur une musique jazzifiée de Rimski-Korsakoff. Les segments sont longs et inégaux, aussi la MGM retarde-t-elle sérieusement la sortie du film par crainte qu’il soit un four. Le film ne trouve en effet pas son public (les recettes couvrent à peine un quart des 2,8 millions de $ investis), mais récolte, une consolation, l’Ours d’or du Festival de Berlin en 1956. – DE, AT : Einladung zum Tanz, IT : Trittico d’amore, ES : Invitación a la danza.
1956(tv) Scheherezade (US) de Harold Huth
« Douglas Fairbanks, Jr., Presents », èpisode no. 151, Douglas Fairbanks Jr. Productions/National Broadcasting Corp. (NBC 26.11.56), 30 min. – av. Maya Koumani (Shéhérazade), Hugh Williams (le sultan Shahryar), Stanley Van Beers (le Grand Vizir), Dermot Walsh (Dubat), Elwyn Brooke-Jones (Yunan), Lysbeth Rollins (Tse Lao), Peter Allenby (courtisan), Harry Baird (le bourreau).
Bagdad vit sous la terreur : ayant découvert l’infidélité de son épouse, exécutée avant son amant, le sultan a pris pour nouvelles épouses 700 jeunes filles du pays. Elles ne durent qu’une nuit, jusqu’au jour où apparaît Shéhérazade… (en noir et blanc).
1956Hatim Tai / Haatimtai (IN) de Homi Wadia
Homi Boman Wadia/Wadia Brothers Production-Basant Pictures, Bombay (parlé hindi), 142 min. – av. Paidipati Jairaj (Hatim at-Tai), Shakila (Gulnar Pari/Husna Pari), Meenaxi, Naina, Krishna Kumari, Kamal, Menaka, S. N. Tripathi, B. M. Vyas, Sheikh, Vasantrao, Qamar, Dalpat, W. M. Khan, Shree Bhagwan, Habib Sandow, Nagpal, Sandar Mansoor, Master Pakoo, Abdullah.
La version la plus populaire du conte, bariolée en Gevacolor, débordante de danses et de chansons de S. N. Tripathi, et pourvus d’effets spéciaux signés Babubhai Mistry, le tout filmé aux Basant Studios à Chembur (Bombay). Les aventures merveilleuses du prince yéménite Hatim pour résoudre les sept énigmes qui délivreront la princesse Husn Bano de la malédiction de la fée Gulnar, et cette dernière de sa transformation en statue de pierre (commentaires, cf. Hatimtai, 1929).
1956Hatim (PK) de Daud Chand
J. C. Anand Prod. (Lahore) (parlé urdu). – av. Ajmal, Ilyas Kashmiri, Sabiha Khanum, Ghulam Mohammed, Nazar, Asha Posley, Sultan Rahi, Sudhir, Saleem Raza, Diljeet Mirza, G.N. Butt, Zeenat, Maya Devi, Sultan Rahi. – Les aventures merveilleuses du prince yéménite Hatim at-Tai (commentaires, cf. Hatimtai, 1929).
1956Noor-e-Yaman / Hatimtai ka Beta / Son of Hatimtai (IN) de Aakkoo
A-1 Pictures (parlé hindi). – av. Chitra, Samar Roy, Krishnakumari, Sheikh, Babu Raje, Krishan Kant.
Les aventures merveilleuses de la progéniture du prince yéménite Hatim at-Tai (commentaires, cf. Hatimtai, 1929), remake des films de 1935 et 1945.
1956(tv) The Barber and the Donkey (GB) de C. E. Webber
(BBC 10.7.56), 30 min. – av. Hugh David (le barbier), James Sharkey (le bûcheron), Peter Diamont (l’âne), Laurence Hardy (Haroun Al-Rachid, calife de Bagdad), Bruno Barnabe (le vizir Jaffar), Angela Malik (une esclave), Benn Simons (un acheteur). – « Le Barbier et l’Âne », une espièglerie tirée des Mille et Une Nuits par C. E. Webber, déjà filmée en 1952 (cf.).
1956(tv) The Bowl of Ramayana (GB) de Rex Tucker
(BBC 30.12.56), 40 min. – av. Laurence Hardy (le calife), Alfred Burke (le vizir), Philip Rose (le commandant de la garde), Peter Doughty (Al-Nashar), Nigel Arkwright (Ibn Al-Mukaffa), Hugh David (Azurf), Helene Hugues (la princesse Shirwane), Brenda Bennett (une esclave), Tommy Eytle et Chris O’Brien (des esclaves). – Un sujet de Rex Tucker inspiré par les Mille et Une Nuits.
1957Sabu and the Magic Ring (US) de George Blair
Maurice Duke/Allied Artists, 61 min. – av. Sabu (Sabu), Daria Massey (Zumila), Robert Shafto (le calife de Samarkand), Peter Mamakos (le vizir Mazufar), William Marshall (Ubal, le bon génie), John Doucette (Kimal), Vladimir Sokoloff (le vieux fakir), Robin Morse (le magicien Yunan), George Khoury (Phransigar, le tueur), Bernard Rich (Ali), Cyril Delevanti (Abdul).
Sabu, le cornac des éléphants du calife (sic) de Samarcande aimé par la vendeuse de fruits Zumila, découvre un anneau magique dont le génie exhauce tous ses vœux. Sauf que l’objet est avalé par une oie, retrouvé, reperdu, convoité par le vilain vizir qui voudrait être calife à la place du calife, etc., et les problèmes s’accumulent…
Une bien petite chose, à peine distribuée (le film est initialement prévu comme pilote d’une série télévisée de George Blair, le responsable des 27 épisodes tv de Superman en 1953-58), et une sorte d’hommage au début de carrière du petit Sabu Dastagir, natif de Mysore, découvert dans Elephant Boy de Zoltan Korda et Robert J. Flaherty (1937), d’après Kipling, puis à sa consécration en charmant Voleur de Bagdad en 1940 (cf. supra). Un pastiche médiocrement fagoté pour nostalgiques de Sabu (qui décédera six ans plus tard, à l’âge de 39 ans). – IT : Il colosso di Bagdad.
1957Allauddin Leila / Alladin and Laila (IN) de Lekhraj Bhakri
Golden Movies (parlé hindi). – av. Lalita Pawar, Shakila, Mahipal, Hiralal, Maruti, Krishna Kumari, Kammo, Niranjan Sharma.
1957Aladino y la lámpara maravillosa (MX) de Julián Soler
Fernando de Fuentes Jr., Gregorio Walerstein/Diana Films-Filmex, 89 min. – av. Antonio Espino « Clavillazo » (Aladin), Ana Bertha Lepe (la princesse Doreida), Oscar Pulido (Kalim Al-Meja, le Grand Vizir), Eduardo Alcaraz (le génie), Carlota Solares (Jofaina, mère d’Aladin), Eda Lorna (Lia), Guillermo Orea (le sultan Jalim Salem), José Wilhelmy, Manuel Tamés, Fidel Angel Espino
Grâce au génie de la lampe, Aladin peut épouser la belle Doreida que convoite le fourbe Grand Vizir Kalim… Quoique Antono Espino, l’interprète d’Aladin, soit âgé de 47 ans, la magnificence des décors, des costumes et de la photo (en Eastmancolor), mais aussi la gent féminine du harem (en tête, Ana Bertha Lepe, « Miss Mexico ») sauvent cette production de l’indifférence et le film fait un malheur au Mexique. – US : Aladdin and the Marvelous Lamp.
1957Alladdin ka Chirag / Allavudeenum Arputha Vilakhum / Allauddin Adbhuta Deepam / Alladin and the Wonderful Lamp (IN) de T. R. Raghunath
Jai Shakti Pictures (parlé hindi-tamil-telugu). – av. Akkineni Nageshwara Rao (Aladin), Anjali Devi, T. S. Baliah, Raja Sulochna, Thangavelu, S. V. Ranga Rao, V. K. Ramaswamy, Relangi Venkatramaia.
1957Labakan – Falešny princ [=Le Faux Prince] (CZ/BG) de Václav Krška
Filmstudio Barrandov (Sofia)-Boyana Film (Boyana), 75 min. – av. Eduard Cupák (la tailleur Labakan), Karel Fiala (le prince Omar), Jana Rybàrová (Fatma), Vladimír Leraus (le sultan), Dana Medrická (la sultane), Zdenka Baldová (Mirza), Otylie Benisková (la fée Adolzayda), Eman Fiala (Mustafa), Ales Kosnar (Ali), Alexander Milkovski (Elfi bey), Kiril Ilinchev (le Grand Vizir), Frantisek Kovárik, Zdenek Hodr, Nikola Karadzhov, Ivan Obretenov.
Synopsis : À Bagdad, le sultan attend impatiemment le retour de son fils, Omar, élevé à l’étranger, et a ordonné à cette occasion la confection de nouveaux habits pour son rejeton. Comme il rêve de devenir prince lui-même, Labakan, un tailleur doué, confisque le costume festif sur lequel il travaille, l’enfile et disparaît. En route, il croise le prince Omar, dont les traits sont inconnus à la cour. Omar lui confie imprudemment les signes de reconnaissance qui doivent l’identifier aux yeux des envoyés abbassides. Labakan vole l’arme et le cheval du prince dont il usurpe l’identité, tandis qu’Omar, « tailleur dément d’Alexandrie », est rejeté par les soldats. Mais l’épouse du sultan, la mère d’Omar, se méfie et exige des deux jeunes hommes la fabrication d’un vêtement royal. Labakan s’exécute sans peine, éveillant les soupçons du sultan qui consulte la fée Adolzaïde. Cette dernière lui conseille d’offrir à choix aux suspects deux coffrets, l’un avec l’inscription « Honneur et Gloire », l’autre avec « Bonheur et Richesse ». Labakan choisit le second, il est relégué à sa boutique de tailleur et – le sultan ayant renoncé à le punir – il découvre que le fil et l’aiguille contenus dans le coffret sont magiques : ils exécutent le travail à sa place, sa fortune est faite.
Film en couleurs tiré du conte Das Märchen vom falschen Prinzen (Le Conte du faux prince) de Wilhelm Hauff (1826), lui-même inspiré par des motifs des Mille et Une Nuits. Cette version tchèco-bulgare modifie la fin du récit en le présentant comme un rêve du tailleur assoupi. – DE-RDA : Der falsche Prinz, ES : El principe impostor, US : The False Prince.
1957(tv) Aladdin (GB) de Rex Tucker
« Children’s Television », Rex Tucker/BBCtv (BBC 26.12.57), 70 min. – av. David Cole (Aladin), Hugh David (Abanazar), Douglas Wilmer (le calife), Mildred Mayne (la princesse Badroulboudour), Bruno Barnabe (le Grand Vizir), Steve Plytas (l’eunuque en chef), Nan Marriott-Watson (la mère d’Aladin), Ewen Solon (le génie de la lampe), Philip Locke (le génie de l’anneau), Brenda Bennett (Yasmine), Chin Yu (Ming Yu), Patrick Troughton (le joueur), Philip Rose, Rashidi Onikoyo, Herbert Gomez, Isola Oki, K. A. Medas, Edet Effiong, Sam Mansaray, Edna McKenzie, Robert Norman, Brian Sheehy, Leslie Smith, Frank Olegario, Antheo Wyndham, Claude Bonser. – Un spectacle couronné de succès lors de sa diffusion pour les fêtes de Noël en Grande-Bretagne.
1957/58Bohloul (IR) de Sadegh Bahrami
Rey Film, 90 min. – av. Sadegh Bahrami (Bohloul), Fakhri Khorvatsh (Shirine), Mani (Hassan), Reza Rakhshani (le calife Haroun Al-Rachid), Taghi Zohuri (Abolatayebe).
Bohloul et d’autres patriotes se révoltent contre l’injustice sous le règne de Haroun Al-Rachid.
1957/58Las mil y una noches (MX) de Fernando Cortés
Fernando de Fuentes, Gonzalo Elvira, Ramón Pereda/Diana Films-Oro Films, 90 min. – av. Germán Valdés « Tin Tan » (Ben Akih [=« Ven Aqui »]/Selim/Yamani/Noureddine), Maria Antonieta Pons (Ben Akah [=« Ven Acá »]/Gota de Miel/Alisa/Sabrina), Mapita Cortés (Yamilka), Oscar Pulido (le sultan Ali Pus/le magicien Mustapha), Martha Valdés, Manuel « Loco » Valdés, Marcelo Chávez, Ramón Valdéz, Miguel Arenas, Silvia Carrillo, Elena Julián, Robert Y. Palacios, Antonio Valdés, Leticia Julián, Antonio Brillas.
Chassé de chez lui parce qu'incapable de payer ses dettes, Ben Akih, le neveu de la défunte Shéhérazade, assiste au marché à une vente d'esclaves; il a un coup de foudre réciproque pour une beauté mise en vente, Ben Akah, mais, sans le sou, il ne peut rivaliser avec un acheteur qui acquiert la jeune femme pour le harem du sultan Ali Pus. Ne pouvant se résigner, Ben Akih s'introduit dans le harem déguisé en grand vieillard, puisque ce ne sont pas des eunuques, mais des centenaires qui en sont les gardiens. Il est surpris et le sultan condamne les amoureux à mort. Ben Akih suspend la sentence en lui racontant trois contes : comment Sélim et sa femme Goutte de Miel, totalement endettés, se sont fait passer pour morts auprès de Haroun Al-Rachid qui finance l’enterrement ; comment le sultan de Bassorah pousse son fils Yamani à dénicher l’épouse parfaite ; comment le bûcheron Noureddine, ayant été transformé en babouin par un magicien pour avoir découvert la cachette où celui-ci séquestrait la belle Sabrina, retrouve sa forme humaine en s’abreuvant à la Fontaine d’Or dans une lointaine vallée. Satisfait, le sultan Ali Plus garde Ben Akah et sa compagne à son service.
Comédie musicale parodique en Eastmancolor, fabriquée sur mesure pour « Tin Tan », le Fernandel mexicain qui, comme sa partenaire Maria Antonieta Pons, joue quatre rôles importants (dans le récit principal et dans les contes). Les patronymes Ben Akih et Ben Akah forment un jeu de mots en espagnol ("Ven aqui", "Ven aqua", viens par ici, viens par là").
1957/58**The Seventh Voyage of Sinbad (Le Septième Voyage de Sindbad) (GB/US) de Nathan Juran [et Ray Harryhausen]
Charles H. Schneer, Ray Harryhausen/Morningside Productions-Columbia Pictures, 88 min. – av. Kerwin Mathews (Sinbad), Kathryn Grant (la princesse Parisa), Richard Eyer (Baronni, le génie de la lampe), Torin Thatcher (Sokurah, le magicien), Alec Mango (le calife de Bagdad), Danny Green (Karim), Harold Kasket (le sultan de Chandra), Alfred Brown (Harufa), Nana De Herrara (Sadi), Virgilio Teixeira (Ali), Nino Falanga, Luis Guedes.
Synopsis : Retournant à Bagdad en compagnie de sa fiancée, la princesse Parisa, fille du sultan de Chandra, Sinbad est contraint par les vents de faire escale sur l'énigmatique île de Colossa. Sur place, il tire le magicien Sokurah des griffes d'un énorme cyclope, mais celui-ci parvient néanmoins à dérober au sorcier sa lampe magique. Pour contraindre Sinbad à retourner sur l'île de Colossa, Sokurah miniaturise la princesse à la veille de ses noces avec le marin. Seule la coquille d'un œuf de l'immense oiseau bicéphale Roc pourra rendre à Parisa sa taille normale. Or l'oiseau en question ne vit que sur l'île maudite. À l'aide d'un équipage composé de marins patibulaires, Sinbad s'embarque pour y retourner (il emporte sa fiancée lilliputienne dans un coffret). En pleine mer, une partie de l’équipage se mutine, Sokurah les rend fous. Arrivés à Colossa, Sinbad et ses marins affrontent le cyclope dévoreur d’hommes qui les enferme dans son garde-manger ; la princesse miniaturisée les délivre d’une mort atroce. Sinbad aveugle l’ogre titanesque qui s'écrase au pied d'un rocher, puis récupère la lampe magique, à la fureur du sorcier. La princesse promet au génie de la lampe de le délivrer en échange d’un soutien efficace dans les épreuves à venir. L’oiseau Roc enlève Sinbad qui se sauve et pénètre dans le royaume souterrain de Sokurah avec l’aide du génie. Ayant été contraint de rendre à Parisa sa taille humaine, le sorcier lance un squelette armé contre Sinbad, puis un dragon que le marin tue au moyen d’une arbalète géante. Le monstre écrase Sokurah en mourant, Sinbad repart pour se marier à Bagdad et le petit génie ayant retrouvé sa liberté, devient le mousse à bord.
L’Américain Ray Harryhausen, maître ès effets spéciaux (il fut l’assistant de Willis O’Brien, le créateur du mythique King Kong de 1933), se détourne des séries B de science-fiction (en noir et blanc), nourries de soucoupes volantes ou de dinosaures réveillés par la bombe atomique, pour la féerie des contes et légendes en Technicolor. Avec ce Sinbad, premier volet d’une trilogie à succès parrainée par la Columbia (cf. infra, 1974 et 1977), il livre un divertissement poétique et coloré d’un genre nouveau : contrairement aux précédents récits « orientaux » made in Hollywood (dont les principaux atouts étaient des starlettes en robes exotiques censées séduire le box-office), le concept de Harryhausen veut privilégier l’aspect proprement fantastique du genre, pimenté d’un zeste de suspens et de frayeurs. Il crée la surprise en introduisant pour la première fois un fabuleux bestiaire mythologique qui tranche sur les inoffensifs tapis volants et lampes magiques, conférant aux pérégrinations rocambolesques du marin un attrait spectaculaire inusité. Charles H. Schneer encourage Harryhausen à perfectionner son procédé spécial d’animation en volume baptisé « Dynamaton », en expérimentant sur de la pellicule couleur la combinaison de modèles animés image par image (d’une hauteur de 10 à 20 cm) avec des acteurs réels et des arrière-plans authentiques ou peints. De toute évidence, Harryhausen participe à la réalisation à proprement parler, puisqu’il tourne en général lui-même les séquences impliquant ses propres trucages et surveille le travail du metteur en scène officiel (ici le factotum Nathan Juran) qui, lui, est tenu de respecter le story-board pré-dessiné.
 Le filmage d’août à octobre 1957 s’effectue principalement en Espagne, dans la province de Madrid (le château de Manzanares el Real), en Catalogne (Gérone, S’Agaró et Tossa de Mar), à Grenade (palais de l’Alhambra), à Majorque (Torrente de Pareis, grottes d’Arta), à Barcelone (où l’on utilise la réplique grandeur nature du « Santa Maria » de Christophe Colomb, attraction touristique ancrée dans le port), enfin, pour le travail d’atelier, aux studios MGM British à Borehamwood et à Hollywood jusqu’en mars 1958. Bernard Herrmann (le compositeur attitré d’Hitchcock, qui vient de terminer la partition de Vertigo / Sueurs froides) signe une musique exceptionnelle, au parfait diapason de l’univers à la fois enchanté et menaçant de son commanditaire ; celui-ci fera à nouveau appel à son génie pour The 3 Worlds of Gulliver / Les Voyages de Gulliver (1959), Mysterious Island / L’Île mystérieuse (1961) et pour son chef-d’œuvre, le film-culte Jason and the Argonauts / Jason et les Argonautes (1963). Ce Sinbad financé pour seulement 650'000 $, devient un gros succès commercial, engrangeant 3,2 millions de $ d’entrées domestiques aux USA. En dépit d’une mise en scène terne, le charme tenace du film naît de la magie des effets spéciaux, une prouesse technique qui émerveille le public de 1958. Le morceau de bravoure en est, bien sûr, le duel final entre Sinbad et le squelette (qui préfigure l’hallucinant combat des Argonautes contre les sept squelettes du roi-sorcier Aétès dans Jason) ; le célèbre maître d’armes Enzo Musumeci-Greco dirige la chorégraphie de cette séquence particulièrement complexe. The Seventh Voyage of Sinbad récolte 4 nominations au Prix Hugo 1959 (Science Fiction Achievement Award) pour le film le plus spectaculaire de l’année, la réalisation, le scénario (Ken Kolb) et le sujet. En 2008, le film sera sélectionné par le National Film Registry afin d’être conservé à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis en raison de son « importance culturelle, historique ou esthétique » (National Film Preservation Board). - ES : Simbad y la princesa, IT : Il settimo viaggio di Sinbad, DE : Sindbads siebente Reise.
1958(tv) Aladdin (US) de Ralph Nelson
« DuPont Show of the Month » no. 6, Richard Lewine Prod. (CBS 21.2.58), 86 min. – av. Sal Mineo (Aladin), Dennis King (l’astrologue), Anna Maria Alberghetti (la princesse Jasmine), Geoffrey Holder (le génie), Una Merkel (la mère d’Aladin), Basil Rathbone (l’empereur de Chine), Akim Tamiroff (Wu Fang), George Hall (le chambellan), Alec Clarke (le Grand Vizir), Alexander Clark (le Premier Ministre), Cyril Ritchard, Howard Morris.
Fantaisie musicale en noir et blanc écrite pour la télévision par S. J. Perelman, avec des airs signés Cole Porter et des costumes d’Irene Sharaff, le tout mis en scène en studio par le futur réalisateur de Soldier Blue (1970). Sal Mineo, le jeune camarade de James Dean dans Rebel without a Cause / La Fureur de vivre (1955) joue – et chante – Aladin. À ses côtés, rien moins que Basil Rathbone et Akim Tamiroff dans des rôles évidemment patibulaires.
1958(tv) Der Muck (DE) de Hannes Tannert
Südwestfunk (ARD 16.12.58), 75 min. – av. Horst Bergmann (Muck), Herbert Schimkat (le régent), Katinka Hoffmann (la princesse Amarza), Anette Roland (la sorcière Ahavzi), Host-Werner Loos (le sultan Sadi), Edith Bussmann (la princesse Fatima), Heinz Rabi (Ali, le coureur), Josef Meinertzhagen (le trésorier), Rudolf Siege (le gardien du palais). – Le conte oriental de Wilhelm Hauff, inspiré par des motifs des Mille et Une Nuits (synopsis et commentaires, cf. Die Geschichte vom kleinen Muck (L’Histoire du petit Muck) de Wolfgang Staudte en 1953.
1958(tv) The Land of Green Ginger (US) de Noel Langley
« Shirley Temple’s Storybook » no. 6 (ABC 18.4.58), 60 min. – av. Anthony Eustrel (Aladin), Jack Albertson (Tintac Ping Foo), Sue England (Silverbud), Joey Faye (Rubdub BenThud), Kuldeep Singh (Abu Ali). – Adaptation du conte pour enfants The Tale of the Land of Green Ginger de Noel Langley (1937) qui conte l’histoire d’Abu Ali, le fils d’Ali Baba (qui, lui, est devenu empereur de Chine).
1958Son of Sinbad (IN) de Nanabhai Bhatt
Neo Life Films (parlé hindi). – av. Premnath, Purnima, Nishi, Shammi, Bhagwan, Sunder, Kuldip Kaur.
1958Sinbad ki Beti / Daughter of Sindbad (IN) de Ratilal
H. Khera/Starland Prod.-Nadira Prod. (parlé hindi). – av. Nadira (la fille de Sinbad), Jairaj, Maruti, Pran Kamal, Tiwari, S. N. Tripathi, Maqbool, Douglas Kenny, Heera Swant, Jee VanbKala, Maruti. – mus. de Chitragupta.
1958(tv) Simbad, o Marujo [=Sinbad le marin] (BR)
TV Tupi São Paulo (feuilleton).
1958(tv) Ali Baba and the Forty Thieves (US) de James Nelson
« Shirley Temple's Storybook » no. 14, Henry Jaffe Enterprises Inc. (NBC 12.11.58), 60 min. – av. Nehemiah Persoff (Ali Baba), Thomas Gomez (Kasim), Rafael Campos (Abdullah), Vivian Nathan (l’épouse), Bruce Gordon (le chef des voleurs), Miriam Colon (Morgiana), Robert Carricart (Koali), Alred Ryder (Hussein).
1958Sim Sim Marjina [Sésame, Morgiane, Ali Baba] (IN) de Naren Dave (=Narendra Dev)
Golden Movies (parlé hindi). – av. Shakila, Mahipal, Hiralal, Maruti, Helen, Tiwari, Niranjan Sharma, Roopmala.
1958Kahramânah (Kahramana) (EG) de Al-Sayed Bedeir
av. Hoda Soltan (Kahramana), Ferdoos Mohammed (la mère), Yehia Chahine, Jamal Sami, Abdel Meneim Ibrahim. – Les exploits de la femme djinn Kahramana, tournés à Alexandrie.
1959Sirr tâqiyyah al-ikhfâ / The Secret of the Magic Hat (Le Mystère du bonnet enchanté) (EG) de Niazi Mostafa
av. Ahmed Farahat (Shafiq), Abdel Moneim Ibrahim (Asfour), Zahrat al-Oula. – Remake du film de 1944.
1959(tv) The Three Princes (GB) de Rex Tucker
Shaun Sutton/BBCtv (26.12.59), 50 min. – av. Ann Sears (la princesse Yasmine), Laurence Hardy (le calife), Gwen Watford (la voix de Shéhérazade), Paul Whitsun-Jones (le prince de la Lune Jaune), Roger Delgado (le prince du Soleil Levant), Barry Letts (Ahmed, le prince des Ïles de Nullepart), Lionel Ngakane (le janissaire), Lisa Peake (Shalima), David Rayner (le Perse), Peter Russelll (l’Égyptien), Bobby R. Naidoo (l’Indien), Wilfred Grove (le Syrien), David Waller (le Mongol), John Woodnutt (le vizir), Philip Rose (un garde). - Un scénario de Rex Tucker, cf. téléfilm de 1954
1959(tv) The Adventures of Ali Baba (US)
Mitchell Gertz/Independent Producers-NBC. – av. Sabu (Ali Baba). – Pilote invendu d’une série jamais concrétisée, avec l’acteur indien qui interpréta le rôle-titre du fameux « Voleur de Bagdad » d’Alexander Korda en 1940, devenu adulte.
1959 – [Animation : The Thousand and One Arabian Nights (Les Aventures d'Aladin) (US) de Stephen Bosustow et Jack Kinney ; Stephen Bosustow/United Productions of America (UPA), 76 min. – av. les voix de Jim Backus (Abdul Aziz Magoo), Dwayne Hickman (Aladin), Kathryn Grant, Hans Conried. – Dessin animé en Technicolor, premier long métrage de l’UPA, une parodie des films de Walt Disney avec l’inénarrable « Mr. Magoo », distrait et plus myope que jamais en Abdul Aziz Magoo, l’oncle d’Aladin. – DE : Wenn es nacht wird in Arabien.]
1960*Il ladro di Bagdad / Le Voleur de Bagdad / The Thief of Baghdad (IT/FR/[US]) d’Arthur Lubin [et Bruno Vailati]
Bruno Vailati, Joseph E. Levine/Titanus Film (Roma)-Lux Compagnie Cinématographique de France (Paris)-[Metro-Goldwyn-Mayer], 100 min. – av. Steve Reeves (Karim le voleur), Georgia Moll (la princesse Amina), Edy Vessell (Khadidja, la magicienne), Arturo Dominici (Osman, prince de Mossoul), Daniele Vargas (Gamal), Antonio Battistella (le sultan de Bagdad), Fanfulla (Abdul), Giancarlo Zarfati (Farid), Gina Mascetti (la gouvernante), George Chamarat (le magicien), Antonio Rosmino, Ignazio Dolce, Mohammed Agrebi, Joudi Mohammed Jamil, Eduardo Bergamo.
Synopsis : Karim, le voleur, est adoré par tous les humbles de Bagdad, lui qui a dérobé en plein marché la bourse du Grand Vizir. Il atténue leur misère grâce à ses larcins dont seuls font les frais les riches et les méchants. S’introduisant au palais à la place de l’ambitieux prince Osman – venu en prétendant à la main de la princesse Amina pour s’assurer les richesses de Bagdad – , Karim chaparde les bijoux de tous les dignitaires. Traqué, il se réfugie dans les appartements de la princesse qu’il aime mais qu’un filtre d’Osman a rendu mystérieusement malade. Un magicien déclare qu’elle guérira le jour où on lui apportera la Rose Bleue, fleur dont la conquête est semée d’embûches. Tous les prétendants d’Amina partent à sa quête, Osman compris. Protégé par un bon génie farfelu, Karim survit à la forêt enchantée dont les branches d’arbres sont des serpents, résiste à la sorcellerie de l’envoûtante Khadidja qui transforme ses victimes en pierre, puis, abordant le Château Noir, il se drape dans une cape d’invisibilité pour échapper aux Hommes sans Visage, monte sur un cheval ailé et découvre la rose convoitée au sommet d’un palais de cristal. Mais à son retour, le voleur constate que Bagdad est assiégée par les mercenaires d’Osman et que celui-ci a enlevé la princesse. Une amulette permet à Karim de mobiliser une invulnérable armée de génies de la Montagne (tous ont ses traits), délivrer la cité de ses agresseurs, épouser Amina, guérie de sa langueur, et devenir le nouveau sultan.
Il n’y a guère de rapport entre ce film et les versions éponymes de 1924 et 1940 et il serait excessif de le juger à l’aune de ces deux grands classiques. La bande, nettement plus modeste, a ses limites, mais aussi son charme, et pas seulement pour les nostalgiques de l’Américain bodybuildé Steve Reeves, roi du cinéma-bis italien dont c’est peut-être le meilleur film, en tout cas supérieur quant à sa facture, son rythme, sa touche romantique et son ironie nonchalante aux péplumeries courantes de Cinecittà. Comme dans le film muet de Walsh/Fairbanks, c’est le voleur qui mène le bal, et non pas un quelconque prince dont il serait l’ami précieux. L’impressionnant muscleman, adulé de New York à Tokyo pour ses exploits en Hercule dès 1958, a fini par exiger un compatriote pour réalisateur, ne parlant lui-même pas l’italien. C’est Arthur Lubin qui est choisi, un tâcheron hollywoodien responsable d’une ribambelle de navets, mais aussi de quelques jolies réussites en Technicolor telles que Phantom of the Opera avec Claude Rains (1943) et l’amusant Ali Baba et les 40 voleurs (cf. 1944) dont Reeves garde un souvenir d’enfance attendri. Bruno Vailati, qui vient de terminer à Rome La Bataille de Marathon co-dirigé par Jacques Tourneur (avec Reeves), applique ici la même politique, étant également à la fois producteur, scénariste et le coréalisateur italien. Officiellement, Lubin assume la supervision générale et la version destinée au marché américain, tandis que Mario Bava, non crédité, fignole les trucages. Le tournage en Techniscope et Eastmancolor se fait simultanément à celui du médiocre Le meraviglie di Aladino (cf. infra, 1961), dans les décors identiques de Flavio Mogherini aux studios romains de Titanus-Farnesina, puis à Monte Gelato (Valle del Treja) et en Tunisie, à Kairouan. Pour les nombreuses acrobaties sur les toits de Bagdad, Reeves est doublé par le cascadeur Sergio Ciani. – Nota bene : Quatre ans plus tard, toujours en Italie, sort Il ladro di Damasco (Le Voleur de Damas) de Mario Armendola, qui reprend le motif de Robin de Bois (voler aux possédants pour distribuer aux déshérités), mais place l’intrigue dans le Moyen-Orient de l’Antiquité, sous le joug de Rome. À ne pas confondre. – ES : El ladrón de Bagdad, DE : Der Gauner von Bagdad.
1960The Wizard of Baghdad (=Le Magicien de Bagdad) (US) de George Sherman
Sam Katzman/Clover Productions-20th Century-Fox, 92 min. – av. Dick Shawn (le génie Ali Mahmud), Diane Baker (la princesse Yasmine), Barry Coe (le prince Husan), John Van Dreelen (Julinar, sultan du Caire), Robert F. Simon (Shamadin), Vaughn Taylor (Nur-ed-Din), Frank Logan (Sinbad), Bill Mumy (Aladin), William Edmonson (Asmodée, le roi des génies), Don Beddoe (Rachid, calife de Bagdad), Michael David (Meroki).
Synopsis : Asmodée, le roi des génies, réprimande Ali Mahmud, son disciple indolent, trop porté sur les femmes et le vin, avant de lui accorder une ultime chance s’il ne veut pas être transformé en simple mortel. Rachid, le calife de Bagdad, étant sans descendance, le djinn doit veiller à ce que le jeune prince Husan épouse la princesse Yasmine, une enfant, afin qu’ils fondent une nouvelle dynastie quand ils seront adultes. Distrait, le génie (qui a pris forme humaine) ne voit pas que Julinar, le cruel sultan du Caire, a envahi Bagdad et tué Rachid… Dix ans plus tard, le génie, déclassé et accumulant bourde sur bourde, parvient non sans peine – et avec l’aide d’un cheval volant – à réunir les futurs souverains de Bagdad, puis à faire éliminer l’usurpateur.
Une satire balourde et archifauchée du genre (Sinbad et Aladin y font de la figuration), menée par le comique Dick Shawn – un sous-sous-sous-Jerry Lewis – dans le rôle d’un djinn gesticulant et clownesque qui aurait mieux fait de rester dans sa bouteille. Âge mental : huit ans. À bout de souffle, loin des panoramas du Far West et de la cause des Peaux-Rouges, George Sherman perd ses marques et redevient un routinier anonyme au service de Sam Katzman, le producteur le plus avare d’Hollywood (malgré le CinemaScope et les couleurs De Luxe). Du burlesque de cabaret dont l’exploitation sera confidentielle. – IT : Alì, mago d’oriente.
1960(tv) Arabian Nights (US) de Barry Shear
série « The Dinah Shore Chevy Show » (saison 5, épis. 9), Bob Banner Associates (NBC 27.11.60), 60 min. – av. Janet Blair (Shéhérazade), John Hoyt (Ali Baba), John Vivyan (Sinbad), Louis Nye (le génie), Sylvia Lewis (une danseuse).
1960(tv) An Arabian Night (GB) de Mark Lawton
Associated Rediffusion Televivison-ITV Productions (ITV 9.6.60), 85 min. – av. Stanley Holloway (Ibrahim), Robert Loggia (Nuri), Orson Welles (narration), Martin Benson (le vizir Al-Muin), Henry Kendall (Mohammed), Avice Landone (Sabiya), Joseph O’Conor (le calife Haroun Al-Rachid), Syndey Tafler (Samit), Alan Wheatley (Jaffar), Susan Stranks (Anis), Vic Wise (le marchand d’esclaves), Alan Edwards (Hamid), Carl Bernard (le vizir Al-Fazal), Peter Baldwin (Hassan), Frank Sieman (le régisseur). – Un scénario de Stanley Miller – auquel Orson Welles donne de la voix (histoire de subvenir à sa consommation industrielle de cigares).
1960Al-Fânous al-sihri (La Lampe magique) (EG) de Fatin ‘Abd al-Wahhab
av. Ismail Yassine, Abdessalam Al-Naboulsi, Sherifa Maher.
1960(tv) Aladino (IT) de Vito Molinari
(RAI 1.11.60), 90 min. – av. Davide Montemurri (Aladin), Franco Coope, José Greci, Enrico Glori, Aldo Pierantoni, Rina Centa.
1960Alladin ka Beta (PK) de Riaz Ahmad Raju
Wazir Ali Prod. (Lahore). – av. Neelo, Rattan Kumar, Saqi, Rukhsana, Rehan, Fazal Haq, Nasira, Lehri.
1960Baghdad Thirudan / The Thief of Bagdad (IN) de Tiruchengodu Ramalinga Sundaram
T. P. Sundaram, Harilal Patoviya/Southern Movies (parlé tamil), 185 min. – av. Marudhur Gopalan Ramachandran [MGR] (le prince Ali), Vyjayanthimala Bali (Zarina), Madurai Narasimha Rajam, Helen, Gopal Krishna, Manjeri Narayanan Nambiar, Tirunelveli S. Balaiah, Tirukampuliyur Ranga Rao Ramachandran, S. A. Ashokan, A. Sandhya, Sennalkudi Narayana Lakshmi, M S. S. Pakiyam, K. S. Angamuthu et les danseuses Padmini, Lalitha et Ragini.
Après la trahison du Grand Vizir qui s’empare du pouvoir, le sultan et la sultane à Bagdad (ici le mahârâja et la mahârânî) sont assassinés tandis que leur jeune fils, le prince Ali, est caché au milieu d’un troupeau de vaches. L’enfant est recueilli par des bandits vivant dans la forêt, grandit parmi eux et devient leur chef. Le couple d’imposteurs assis sur le trône a une ravissante fille, Zarina, et fait passer le fils d’un domestique pour l’enfant du couple royal disparu. Assisté de ses compères, qui volent les riches pour distribuer aux pauvres (ben, voyons). Ali lutte afin de récupérer son royaume… Remportant le plus grand succès de l’année (4 mois à l’affiche), cette production en noir et blanc se dit inspirée à la fois par The Thief of Bagdad de Walsh/Fairbanks (1924) et The Prince Who Was a Thief (Le Voleur de Tanger) de Rudolph Maté (1951). La vedette Ramachandran, qui assume aussi le montage et le script, donne pour la première fois la réplique à Vyjayanthimala, superstar du cinéma hindi originaire du Tamil Nadu et célèbre danseuse de bharathanatyam qui introduisit la danse semi-classique indienne à Bollywood.
1960/61Ali Baba Bujang Lapok / Ali Baba in Burlesque (SG/MY) de P. Ramlee
Malay Film Productions (Singapour et Kuala Lumpur), 122 min. – av. Normadiah, K. Fatimah, Leng Husain, Ibrahim Pendek, Shari Dol, M. Rafee, Muhammed Zain, Ali Fiji, A. Rahim, Kemai Hassim, Nyone Ismail, Hashim Saleh, Ibrahim Hassan.
Une parodie truffée d’anachronismes du conte, où Ali Baba se fait passer pour un journaliste afin d’obtenir d’un des quarante bandits les notes de la chanson qui sert à ouvrir la caverne aux trésors puis affirme qu’il a tout gagné à la loterie, où les brigands souffrent de la « maladie du chameau » et voyagent partiellement en bicyclette et communiquent par téléphone, etc.
1961Le meraviglie di Aladino / Les Mille et une Nuits / The Wonders of Aladdin (IT/FR/US) de Henry Levin, Mario Bava [et Franco Prosperi]
Massimo Patrizi, Joseph E. Levine/Lux Film (Roma)-Lux Compagnie Cinématographique de France (Paris)-Embassy Pictures (Los Angeles), 99 min. – av. Donald O'Connor (Aladin), Vittorio de Sica (le génie), Noëlle Adam (Djalma), Michèle Mercier (la princesse Zaïna), Terence Hill [=Mario Girotti] (le prince Moluk), Raymond Bussières (le magicien-astrologue), Fausto Zozzi (le Grand Vizir), Aldo Fabrizi (le sultan), Milton Reid (Omar), Marco Tulli (Fakir), Alberto Farnese (le chef des bandits), Adriana Facchetti (Benhai, la mère d’Aladin).
Chapardeur des rues, mais protégé par le génie de la lampe que lui a confiée sa maman, Aladin se joint à une caravane pour Bassora avec l’intention de dépouiller les badauds lors de la cérémonie nuptiale du prince Moluk, le fils du sultan, et de la princesse Zaïna. Il devra affronter des tueurs au service du vilain vizir et une armée d’amazones sanguinaires… Par mesure d’économie, cette sage féérie destinée à un public particulièrement bon enfant et populaire (en Italie), voire infantile (aux USA), est fabriquée en même temps que Il ladro di Bagdad, autre production Lux concoctée dans les mêmes décors alambiqués de Flavio Mogherini, mais avec Steve « Hercule » Reeves, qui devait initialement aussi interpréter Aladin. Le casting peut surprendre, alignant Donald O’Connor, l’inoubliable compère dansant et chantant de Gene Kelly dans Singin’ in the Rain (Chantons sous la pluie) qui se charge non sans peine du brio acrobatique, aux côtés du grand cinéaste-comédien latin Vittorio De Sica en génie autoparodique et d’Angélique, pardon, Michèle Mercier pour le plaisir des yeux.
Aucune surprise dans le script (auxquels collaborent Duccio Tessari et Marco Vicario), mais quelques interrogations quant à la paternité de l’ensemble. L’artisan hollywoodien Henry Levin (dont le seul titre de gloire reste l’excellent Journey to the Center of the Earth d’après Jules Verne, 1959) a dirigé 80% de ce film plombé par ses lourdeurs et son humour pataud, tandis que Mario Bava, célèbre spécialiste du film fantastique, est responsable de la seconde équipe, des acteurs italiens et signe quelques effets spéciaux bariolés (le laboratoire du magicien). Il eût peut-être été préférable qu’il patronne l’ensemble... car tel quel, le montage glamour de la Lux accouche d’une œuvrette très mineure, voire plus d’une fois pathétique : les tapis volent bas et Donald O’Connor – « Make’em laugh ! » – ne fait pas rire, avec ses 35 ans bien sonnés. La réalisation en CinemaScope et Eastmancolor a lieu en Tunisie (Kairouan, Monastir, Tunis, l’oasis de Tozeur à la frontière tuniso-algérienne), au Centro Sperimentale à Rome et aux studios Titanus-Farnesina, de décembre 1960 à mars 1961 ; quoiqu’autorisé par la municipalité, le filmage dans la Grande Mosquée de Kairouan suscite de violentes manifestations intégristes et occasionne quelques frayeurs parmi les techniciens : les contes orientaux appartiennent bien au passé ! – DE : Aladins Abenteuer.
1961Son of Ali Baba (PK) de Firdousi Begum
S. M. Ishaq, Begum Malik Sharif/Folk Film (Lahore) (parlé urdu). – av. Aslam Parvez, Nayyar Sultana, Husna, Asha.
1961(tv) I tre principi (IT) de Carlo Ludovici
(RAI 31.12.61). – av. Angela Cavo, Antonio Battistella, Elio Pandolfi, Orazio Orlando, Carlo Delmi, Anna Maria Mori. – cf. The Three Princes (1954).
1962[Animation : (tv) Arabian naito : Shindobaddo no bôken / The Adventures of Sinbad (Sinbad le marin) (JP) de Masao Kuroda, Taiji Yabushita et Morio Kita ; Toei Doga, 81 min. – av. les voix de Hideo Kinoshita (Sinbad), Kyôko Satomi (la princesse Samir).]
1962Gul-e-Bakavali Katha (IN) de K. Kameshwara Rao
N. A. T. Pictures (parlé telugu). – Taraka Rama Rao Nandamuri, Jamuna, K. Mukkamala. – Le prince Taj à la quête de la Fleur magique détenue par la fée Bakavali (cf. version de 1924).
1962*L'arciere delle mille e una notte / La freccia d’oro / The Golden Arrow (La Flèche d'or) (IT/US) d’Antonio Margheriti
Folco Laudati, Goffredo Lombardo/Titanus Film (Roma)-Metro-Goldwyn-Mayer Inc., 100 min. – av. Tab Hunter (Hassan), Rossana Podestà (Jamila), Umberto Melnati. (le génie), Giustino Durano (autre génie), Mario Feliciani (Baktiar), José Jaspé (Sabrath), Giampaolo Rosmino (Mokbar l’Ancien), Renato Baldini (le prince de Bassora), Rosario Borelli (le prince d’Alep), Ceco Zamurovich (le prince de Samarcande), Dominique Boschero (la reine de la Cité de la Vallée Rocheuse), Omar Zoulficar (le magicien).
Synopsis : Damas vit dans la paix et la prospérité grâce au sultan Karim le Juste, possesseur exclusif d’une flèche d’or magique qui a le pouvoir de toujours atteindre sa cible et de retourner aussitôt à son propriétaire. Il est assassiné par Baktiar, et son jeune fils enlevé, tandis que la princesse Jamila, seule héritière, demeure au palais. Cette dernière ayant atteint l’âge de se marier, Baktiar, sachant la chose impossible, proclame que celui qui réussira à manier l’arc magique la recevra en mariage. Mais un inconnu du nom de Hassan, un chef de brigands venus s’emparer des présents apportés par les invités, y parvient. L’usurpateur reconnaît en lui l’héritier légitime du trône, et dans la confusion qui s’ensuit, Hassan enlève la princesse. La flèche d’or disparaît. Amoureux, Hassan ramène Jamila à Damas, où il est capturé. Tombés du ciel, trois bons génies envoyés par Allah le délivrent et lui promettent la flèche s’il réussit, aux prix d’épreuves, à quitter le compagnonnage des voleurs. Il déjoue ainsi les pièges de la reine de la Vallée Rocheuse, de son magicien qui transforme les visiteurs en pierre, puis, du haut de son tapis volant, armé de sa redoutable flèche et aidé par les trois génies sur leurs propres tapis, il met en déroute l’immense armée de Baktiar qui assiège Damas. Le traître rendu inoffensif, Hassan peut monter sur le trône.
Une aventure orientale italienne (la contribution de la Metro-Goldwyn-Mayer est souvent passée sous silence) légèrement au-dessus de la moyenne, tant par ses coûts que par son impressionnante figuration et ses qualités plastiques. Le film, en Technicolor et Technirama 70 mm, est interprété par l’Américain Tab Hunter qui campe, tiens, un Arabe blond, et Rossana Podesta, jadis Hélène de Troie dans le blockbuster de Robert Wise (1955). Le tournage s’effectue en Égypte, dans le delta du Nil, au temple d’Hatchepsout à Louxor, au Caire (nécropole d’Al-Arafa, Citadelle de Saladin/Qesm Al Khalifah) et dans les studios romains de la Titanus. Le script n’est ni plus ni moins puéril qu’ailleurs, parfois gaché par des gags infantiles, mais Antonio Margheriti a le sens de l’action et fignole notamment une jolie bataille aérienne en tapis volant, des effets spéciaux (blue screen) avec caméra mouvante qui lui vaudront d’être invité pour consultation à Abbots Mead chez Stanley Kubrick, alors en pleine préparation de son 2001, l’odyssée de l’espace. Ailleurs, le jeune héros se démène, enchaîné dans un cachot qui se remplit d’eau et … de crocodiles, est traqué par des créatures de feu dans des couloirs souterrains, parvient à stopper le temps (l’image passe alors au noir et blanc), lève le sort sur une ancienne cité du désert, ressuscitant toute une cour de l’Égypte pharaonique transformée jadis en pierre, etc. C’est ce que Cinecittà a produit de plus spectaculaire en matière de conte oriental, rehaussé par la couleur locale, des paysages authentiques plutôt bien mis en valeur et quelques recherches dans les costumes (les acolytes de Baktiar en gris, noir et argent). La bande, correctement reçue en salle en Italie (289 millions de lire) et aux Etats-Unis, établit la réputation de Margheriti comme un des maîtres italiens du cinéma de genre. Hélas, mise en difficulté par les dépassements exorbitants du Guépard de Luchino Visconti et de Sodome et Gomorrhe de Robert Aldrich, la société Titanus suspend ses activités l’année suivante, un naufrage général dont la majorité des copies du film de Margheriti semblent avoir fait les frais. – ES : La flecha de oro, DE : Der goldene Pfeil.
1962/63Shéhérazade / La schiava di Bagdad / Scherezade (FR/IT/ES) de Pierre Gaspard-Huit [et Jacques Bourdon]
Michel Safra, Serge Silberman/Speva Films-Cine Alliance-Filmsonor (Paris)-Tecisa (Madrid)-Dear Film Produzione (Roma), 124 min./115 min./105 min. – av. Anna Karina (Shéhérazade, princesse d’Iskander), Gérard Barray (Renaud de Villecroix), Antonio Vilar (Haroun Al-Rachid), Fernando Rey (Al-Fahki), Jorge Mistral (Zaccar, le Grand Vizir), Marilu Tolo (Shirine, sa complice), Giuliano Gemma (Didier), Gil Vidal (Thierry), Fausto Tozzi (Barmak), Maria Calvi (Jamila), José Manuel Martin (Abdallah), José Calvo (Moulouk, le roi des mendiants), Rafael Albacín (un pillard), Joëlle LaTour (Anira), Félix Fernández (un villageois), Karamoko Cissé (Mezour, le bourreau), María Granada, Lorella De Luca, Jean-Luc Godard (un mendiant).
Synopsis : En l’an 809, l’empereur d’Occident Charlemagne envoie une ambassade extraordinaire auprès du calife de Bagdad, l’Abbasside Haroun Al-Rachid, pour protéger les monastères d’Orient et les pèlerins sur le chemin de la Terre Sainte. Neveu de l’empereur, le chevalier Renaud de Villecroix mène l’expédition ; il sauve la vie de Shéhérazade, enlevée par des pillards bédouins, et les deux tombent amoureux alors que cette dernière est destinée au grand calife abbasside. Ils se résignent toutefois à accomplir leurs devoirs respectifs. À Bagdad, Shéhérazade triomphe des épreuves exigées pour départager les candidates au trône, bouleversant les plans du Vizir qui complote avec l’ennemi barmécide. Ce dernier attire Renaud dans un guet-apens qui déshonore Shéhérazade. Le calife exige le départ du chevalier, mais Renaud sauve la belle du bourreau, puis des mendiants auxquels elle a été livrée. Ils fuient dans le désert, la belle aide son chevalier blessé à survivre et leur courage leur vaut la mansuétude du calife. Lorsque la révolte ourdie par le Grand Vizir menace le trône, Renaud et ses Francs portent secours aux armées du calife et triomphent des mercenaires barmécides. Renaud tue Zaccar. Mortellement blessé au cours de la bataille, Haroun Al-Rachid bénit les amoureux : Shéhérazade, nouvelle sultane de Bagdad, pourra vivre avec son chevalier servant.
En novembre 1960, le projet multinational de Michel Safra est annoncé sous les auspices de Marcel Camus (Palme d’or à Cannes pour Orfeu Negro, 1959) ; trois mois plus tard, la réalisation en est confiée à Pierre Gaspard-Huit (auteur du médiocre Capitaine Fracasse avec Jean Marais), et la star allemande Nadja Tiller dans le rôle-titre, la production ayant écarté l’Américaine Jean Simmons ! C’est finalement l’épouse de Jean-Luc Godard, l’actrice franco-danoise Anna Karina (Une femme est un femme, Vivre sa vie), qui est choisie, et, clin-d’œil aux amateurs, Sa Majesté Godard lui-même fait brièvement de la figuration, costumé en mendiant qui marche sur les mains. À la caméra, Christian Matras expérimente avec le nouveau format extra-large Superpanorama 70 mm (version européenne du Todd-AO) en Eastmancolor. Le tournage se déroule sur 12 semaines, d’août à novembre 1962 en extérieurs au Maroc, au pied du Haut Atlas (Marrakech, Amizmiz, le désert de Zagora pour la bataille), puis aux Estudios Sevilla Films à Madrid où sont érigés un quartier de Bagdad, les décors imposants du Palais de l’Éternité et ceux de la grande place devant les remparts, avec l’aide des trucages d’Emilio Ruiz del Rio. L’emballage est fastueux (budget : un milliard de francs), près de mille chevaux et quatre cents chameaux participent aux combats entre Abbassides et Barmécides réglés par Jacques Bourdon et François Nadal. La musique est du compositeur d’origine azerbaijanaise Aminullah (André) Hossein, père de Robert Hossein. Quant au contenu, il est pour le moins incongru : on voit difficilement l’épouse du calife régner sur Bagdad aux côtés d’un « roumi », et aux dernières nouvelles, Shéhérazade vivait à la cour du roi de Perse !
Le film est lancé avec le slogan « le miracle du cinéma français » et attire 1,4 millions de spectateurs dans l’Hexagone. Les critiques, toutefois, sont unanimement négatives : le script est jugé inepte, et, promenant sa gracieuse tristesse, Anna Karina, l’égérie idolâtrée de la Nouvelle Vague, semble tout à fait déplacée dans cette orientalerie certes riche en rebondissements, mais dépourvue d’humour et de poésie (cette Shéhérazade-là n’est pas, mais alors pas du tout une conteuse…). Les interprètes, résume férocement Le Canard enchaîné, « ont l’air de se shéhérazer autant que le public... Après deux heures, on comprend le sens de l’expression « Boire le Calife jusqu’à l’Ali » (22.5.63). Passé presque inaperçu en dehors de France, le film est vite oublié.
 Nota bene : Le scénario de Marc-Gilbert Sauvajon est sans surprises (en quelque sorte la transposition de la légende de « Tristan et Yseult »), mais il prend pour point de départ les authentiques échanges d’ambassades, de cadeaux et de correspondance entre les deux grands souverains d’Orient et d’Occident à partir de 797. Il reprend également le conflit entre Haroun et la famille des Barmécides à laquelle appartenait son vizir Fadhi ben Yahyâ, qu’il fit égorger en 803 avec tout son clan. L’authentique Haroun mourut en 809, au cours d’une campagne militaire contre Samarcande. – DE : Sheherazade – Der goldene Löwe von Bagdad, US : Scheherazade.
1962Le sette fatiche di Alì Babà (Les Nouvelles Aventures d'Ali Baba) (IT) d’Emimmo Salvi
Christofari Nicotera/Avis Film-Medallion Film, 88 min. – av. Rod « Flash » Ilush (Ali Baba), Bella Cortez (Lota), Furio Meniconi (Mustapha), Amedeo Trilli (Hassan Bey), Salvatore Furnari, Mario Polletin, Aristide Massari (Savran).
Hassan Bey, calife de Sésame (sic) ayant été dépossédé du pouvoir par Mustapha, confie la précieuse couronne sacrée à Ali-Baba qui la cache dans la « Vallée des Ombres » où il organise la résistance au tyran. Revenu en ville, il est capturé et torturé par l’usurpateur, s’enfuit et le tue. Dans la suite des péplums italiens de série B, Ali Baba est ici un athlète herculéen campé par le culturiste iranien Iloosh Khoshabe. Niaiserie bâclée en Eastmancolor et Techniscope, avec des extérieurs à Mazzano Romano (Latium). – US : The Seven Tasks of Ali Baba, Ali Baba and the Sacred Crown, DE : Die Rache des Ali Baba, ES : El gran justiciero.
1963Captain Sindbad / Kapitän Sindbad (Capitaine Sindbad) (US/DE) de Byron Haskin
Frank & Herman King/King Brothers Productions (New York)-Bavaria Film GmbH (München)-[Metro-Goldwyn-Mayer], 85 min. – av. Guy Williams (Sinbad), Heidi Brühl (la princesse Jana), Pedro Armendariz (El-Kerim), Abraham Sofaer (la magicien Galgo), Bernie Hamilton (Quinius), Helmuth Schneider (Bendar), Rolf Wanka (le roi de Baristan), Margaret Jahnen (la gouvernante), Bernie Hamilton (Quinius), Walter Barnes (Rolf), James Dobson (Iffritch), Maurice Marsac (Ahmed), Henry Brandon (col. Kabar), John Crawford (Aram), Geoffrey Toone (Mohar), Lawrence Montaigne (Jafar).
Synopsis : C’est avec une puissante bague magique dérobée au magicien du palais Galgo qu’El-Kerim, l’usurpateur du royaume de Baristan, veut tuer son rival Sinbad. Celui-ci est sur le chemin du retour pour épouser la princesse Jana, sa fiancée. Le tyran coule le navire de Sinbad, mais le marin survit et se rend à la cour où il tente en vain de tuer El-Kerim, devenu invulnérable. Il survit également à un combat dans l’arène contre un monstre invisible, puis obtient de Galgo les moyens de terrasser son ennemi : El-Kerim a dissimulé son cœur « mortel » au sommet d’une tour gardée par des puissances maléfiques. Sinbad affronte une série de bestioles, un ogre aux têtes de dragons, des volcans déchaînés, des lianes et arbres carnivores ainsi qu’une main gigantesque avant de pouvoir s’emparer du cœur d’El-Kerim et annihiler le félon.
Une coproduction germano-américaine tournée en Technicolor et Wondra-Scope à Munich, aux studios Bavaria à Geiselgasteig, avec Heidi Brühl, l’idole des teenagers, et Guy Williams, le très populaire Zorro de Walt Disney à la télévision. Spécialiste hollywoodien du film d’aventures (The Naked Jungle / Quand la Marabunta gronde, 1954), de science-fiction (War of the Worlds / La Guerre des mondes, 1952) ou de féerie, Byron Haskin, en fin de carrière, doit se contenter de plateaux aussi exigus que mal équipés et d’un budget assez faible ; la technique de « stop motion » d’un Ray Harryhausen ainsi que de réels extérieurs sont hors de prix, donc écartés d’emblée. Ayant été le directeur des trucages à la Warner pendant neuf ans, Haskin bricole lui-même quelques effets spéciaux, assisté du grand Eugen Schüfftan et du décorateur Werner Schlichting (qui œuvrera en 1966 aux Nibelungen de Harald Reinl) : on décèle dans cette profusion multicolore de tours de magie en carton-pâte une sorte d’hommage à Méliès. Mais les frères King massacrent le montage du film et font disparaître de nombreuses séquences. Malgré un script inventif de Guy Endore, une action soutenue et quelques tableaux croustillants (une danse dans une toile d’araignée !), le résultat souffre hélas de ces manipulations et conditions de tournage difficiles. (Haskin dirige simultanément Adventures of Sindbad, un pilote pour une série destinée à MGM Television qui ne trouvera pas d’acheteurs.) – ES : Las aventuras de Simbad, IT : Capitan Sinbad.
1963Ek tha Alibaba (IN) de Harbans
Shankar Movies (parlé hindi). – av. Dara Singh, Nishi, Tiwari, Hiralal, Maruti, Helen, Naazi, Ram Singh.
1963Gul-e-Bakavali / Flower of Barakavali (IN) de Jugal Kishore
Jugal Prod. (parlé hindi). – av. Jairaj, Nishi, Tiwari, Maruti, Sapru, Naazi, Sulochana Chatterji, Sunder. ­ Le prince Taj à la quête de la Fleur magique détenue par la fée Bakavali (cf. version de 1924).
1963[Dai tozoku (Samurai Pirate) / US: The Lost World of Sinbad / The Adventures of Sinbad (Le Défi des géants) (JP) de Senkichi Taniguchi et Shinichi Sekizawa ; Toho Co., 94 min. – av. Toshirô Mifune (Sukezaemon Naya, alias Luzon / v. ang. : Sinbad), Makoto Sato, Mutsuko Kusabue. – Aventures fantastiques d’un pirate japonais que la synchronisation américaine en 1965 rebaptise abusivement « Sinbad ».]
1963(tv) Ma’ruf, der Flickschuster (DE-RDA) de Wolfgang Behrend et Kurt Jung-Alsen
Deutscher Fernsehfunk (Berlin-Ost), 62 min. – Le conte de Mârouf, cordonnier du Caire, joué par des acteurs et des marionettes.
1964Sindbad contro i sette Saraceni (Sinbad contre les sept Sarrazins / (rééd. :) Exploits fantastiques de Sinbad) (IT) d’Emimmo Salvi
E. Salvi/Avis Film, 94 min. – av. Dan Harrison [=Bruno Piergentili] (Sinbad), Gordon Mitchell (le tyran Omar), Bella Cortez (Fatima, princesse des Yeridis), Caroll Brown [=Carla Calò] (Farida, fiancée d’Omar). Mike Moore [=Amedeo Trilli] (Haswan, son oncle), Nat Coster [=Luigi Tosi] (Meneth, le chef sarrazin), Tony De Mitri (Sharif), Franco Doria (Jukki), Alberto Conversi (Momet).
Le tyran Omar, assisté de son âme damnée Sharif, règne par la terreur sur la population libyenne de Koufra. Valeureux redresseur de torts (et non plus marin), Sinbad prend la tête des insurgés… L’Américain Gordon Mitchell, qui fut Maciste, Achille et Brennus, met une fois de plus ses biceps au service des démunis. Après son Ali Baba en 1962, Emimmo Salvi signe un autre djellabah-péplum de série Z, sans rapport avec le Sinbad des contes, bâclé en Eastmancolor et Aviscope aux studios IN.CI.R.-De Paolis à Rome. – ES : Torneo a muerte, US : Ali Baba and the Seven Saracens – Hawk of Bagdad, Sinbad and the Seven Saracens (tv), DE : Die sieben Rachen des Adlers.
1964Alf leila wa leila (Les Mille et Une Nuits) (EG) de Hassan Al-Imam
Aflam Helmi & Mounir Rafla (Le Caire), 122 min. – av. Chadia (Hayat), Farid Chawki (Hassan Al-Chahhat), Gawaher (Chahira, sa femme), Mahmud Al Meligui (Juan, son amant/Al-Cheikh Gawwal), Laïla Fawzi (Zobeïda), Alya Abdel Meneem (Kaab Al-Ghazala), Amr Al-Torgoman (Nureddine/Fattouh Badr-ed-Din, fils du calife), Salwa Mahmud (Nurhane), Youssef Chaabane (Kazem, le Grand Vizir), Fakher Fakher (le calife), Naher Sabri, Mohammed Awad, Abdel Khalek Saleh.
Synopsis : Hassan est un saltimbanque charlatan qui exhibe ses tours dans les foires, tandis que sa femme Chahira, délaissée, se console avec son amant Juan. Lorsque le jeune fils de Hassan surprend le couple adultère, Juan le tue accidentellement et s’enfuit avec Chahira dans le désert, où il devient un bandit qui attaque les caravanes et dévalise les voyageurs solitaires. Chahira se perd dans les sables et meurt, laissant l’enfant qu’elle a eu de Juan aux mains des soldats du calife qui l’élèvent sous le nom de Kazem. Entretemps, Hassan s’est remarié avec Kaab El Ghazala qui lui donne une fille, Hayat. Devenue adulte, celle-ci accompagne son père dans les foires où sa beauté attire l’attention. Nureddine, le fils du calife qui se fait passer pour le jardinier Fattouh Badr-ed-Din et se mêle souvent au peuple, lui fait la cour. Hassan retrouve Juan, devenu un riche commerçant, et comme il cherche à se venger, ce dernier le fait accuser de vol. Le procès est annulé quand le calife meurt et que Nureddine monte sur le trône. Kazem, à présent vizir, complote pour le faire assassiner par Hassan ; le coup rate (une concubine reçoit le coup de poignard), et lorsqu’il découvre en Kazem le fils de Juan et de son ex-épouse, il le blesse sérieusement. Le vizir ordonne de brûler publiquement Hassan et sa fille, mais ayant écouté les doléances de l’accusé, le calife exile son vizir et épouse Hayat.
Produite en couleurs par le prolifique vétéran Helmi Rafla, cette saga interminable, boiteuse et mélodramatique est interdite à la jeunesse et s’attire les foudres de la Centrale Catholique Égyptienne du Cinéma pour « amoralité ». Il s’agit en fait d’une adaptation libre de la pièce anglaise Kismet d’Edward Knoblock (1916), souvent portée à l’écran. La célèbre chanteuse égyptienne Chadia (Châdya) figure en tête d’affiche.
1964Jadui Topi / Magic Carpet (IN) de Babubhai Mistry
Unique Pictures (parlé hindi). – av. Chitra (Banafsha), Azad (Nasir), B. M. Vyas (le satrape), Master Bhagwan (Bundi), Bela Bose (Gulab), Dalpat (Harza), B. M. Vyas, Kesri, Bimla Kashmiri, Aroon, Maqbool, Radheshyam, Arvind Kumar, Mehroo Bai, Akbar Bakshi, Master Kishore.
Assisté d’un vilain magicien, un satrape tente de prendre le pouvoir à Bagdad et de gagner le cœur de la belle Banafsha, mais c’est compter sans le vaillant Nasir, son amoureux… Fantaisie fauchée en noir et blanc.
1965The Sword of Ali Baba (Les Exploits d'Ali Baba) (US) de Virgil W. Vogel
Howard Christie/Universal Pictures, 81 min. – av. Peter Mann (Ali Baba), Jocelyn Lane (la princesse Amara), Frank Puglia (le prince Kassim, son père), Frank McGrath (Pindar), Gavin MacLeod (Hulagu Khan), Greg Morris (Yusef), Frank DeKova (Old Baba), Irene Tsu (Nalu).
Synopsis : Enfants, Amara, la fille du prince Kassim, et Ali, le fils du calife, ont promis de se marier. Lorsque les hordes mongoles de Hulagu Khan envahissent Bagdad en 1258, le calife périt suite à la trahison de Cassim. Ali se sauve et se réfugie chez Old Baba et ses 40 voleurs. Quinze ans plus tard, Ali s’éprend d’Amara sans la reconnaître et apprend qu’elle doit épouser Hulagu Khan. Il s’introduit dans la ville déguisé en marchand avec ses hommes dissimulés dans des cruches d’huile. Le Mongol découvre la ruse, mais trop tard : la population se soulève et l’envahisseur est exterminé.
Une production Technicolor de pure routine. Virgil Vogel a longtemps été monteur (Touch of Evil / La Soif du mal d’Orson Welles, 1958), un savoir-faire qui paie : non seulement il réutilise le scénario d’Ali Baba and the 40 Thieves d’Arthur Lubin (1944), dont ces Exploits sont un remake, mais Frank Puglia ayant joué le même rôle de traitre dans les deux films et peu changé physiquement, cela lui permet de réutiliser les deux-tiers de l’original – dont toutes les scènes d’action et de figuration. Ces séquences sont habilement insérées dans le nouveau métrage tourné aux studios Universal. – IT : La spada di Ali Babà, DE : Das Schwert des Ali Baba.
1965Son of Hatimtai (IN) de Dharam Kumar
Sunrise Films (parlé hindi). – av. Mumtaz, Randhawa, Nazir Kashmiri, Roopesh Kumar, Malika, Maruti Rao, Mohan Sherry.
Les aventures merveilleuses de la progéniture du prince yéménite Hatim at-Tai (commentaires, cf. Hatimtai, 1929), remakes des films de 1935, 1945 et 1956.
1965Main Hoon Alladin / I Am Alladin (IN) de Mohammed Hussein, Ramkishen Sippy
Ramkrishna Films (parlé hindi). – av. Ajiit, Sayeeda Khan, Madan Puri, Maruti, Gajanan Jagirdar, David, Shyam Sunder, Mumtaz Begum.
1965(tv) Arabische Nächte (DE-RDA/GB) de Gerhard Behrendt, Tutte Lemkow
Deutscher Fernsehfunk-Centaur London, 90 min. – av. Armin Mueller-Stahl, Monika Gabriel, A. P. Hoffmann, Cleo Kretschmer, Lilo Grahn.
1965Sindabad, Alibaba aur Alladin / Sindbad, Alibaba and Alladin (IN/JP) de Prem Narayan Arora
P. N. Arora/All India Pictures (Bombay) (parlé hindi). – av. Pradeep Kumar, Sayeeda Khan, Agha, Master Bhagwan, Ulhas, Minoo Mumtaz, S. Banerjee, Helen, Sunita, Naina, Sham Kumar.
Tous les héros des contes réunis sous le slogan « Un pour tous, tous pour un », filmés en Eastmancolor avec des effets spéciaux mis au point par le célèbre Eiji Tsuburaya (Tokyo), collaborateur d’Inoshiro Honda (Godzilla), et la musique de Ravi. Le génie de la lampe est une jeune femme pour laquelle Aladin renonce à sa princesse.
1966[Per amore... per magia (IT) de Duccio Tessari ; Franco Cristaldi/Rizzoli Film-Vides Cinematografica, 110 min. – av. Gianni Morandi (Aladin), Sandra Milo (Algisa, sa sœur), Harold Bradley (Hassan, le génie de la lampe), Rosemarie Dexter (Esmeralda), Paolo Poli (la tailleur Jo Baba), Tony Renis (le bourreau), Gianni Musy Glori (le mage Magrebino), Mischa Auer (le grand-duc de Forilari), Daniele Vargas (le vicomte de Pallerineri), Mina (Alchesade), Rossano Brazzi (le narrateur). – Une comédie en musique située en Italie de la Renaissance (Technicolor) : Aladin, pauvre, mais épris de la belle princesse Esmeralda, fille du vicomte de Pallerineri, entre en possession de la lampe magique, ce qui lui permet de surmonter tous les obstacles à son amour.]
1966Volshebnaya lampa Aladdina (Aladin ou La Lampe merveilleuse / La Lampe magique d'Aladin) (SU) de Boris Rytsarev
Gorki Film Studio (Moscou), 92 min. – av. Boris Bystrow (Aladin), Dodo Tschogowadze (la princesse Budhur), Otar Koberidze (le sultan), Andrey Feyt (Magribinets), Sarry Karryev (le djinn), Yekaterina Verulashvili (la mère d’Aladin), Guseyn Sadykhov (le vizir), Valentin Bryleev (Mubarak, son fils), Georgy Millyar (Naimudrejshy).
Aladin a osé contempler le visage de la princesse Budhur, fille du sultan de Bagdad, et, comme le souhaitait la belle capricieuse, il en est tombé amoureux. Il est condamné à mort, mais un vilain magicien le libère, car ce dernier a besoin de ses talents pour lui trouver la lampe magique et s’emparer du pouvoir… (en Sovcolor). – US : Aladdin and His Magic Lamp, Aladdin’s Magic Lamp, DE-RDA : Aladins Wunderlampe, IT : La leggenda di Aladino.
1966Alibaba aur Chalis Chor / Alibaba and Forty Thieves (IN) de Homi Boman Wadia
Homi Wadia/Basant Pictures (parlé hindi). – av. Sanjeev Kumar (Ali Baba), Laxmi Chhaya, L. Vijayalaxmi, Aruna Irani, Yunus Parvez, Baghwan Sinha, Indira, Veena, Tabassum, Amarnath, David Abraham, Kamal Mehra, S. N. Tripathi, B. M. Vyas, Raj Rani, Ramlal, Yunus, prince Arjun, Madhumati, Laxmi Chhaya, Sukale, Bismilla, Mithoo Miya, Samson, Korega, Yadav.
Homi Wadia fabrique ici un remake de son propre film de 1954, cette fois en couleurs ; en 1978, il signe également Adventures of Aladdin.
1966(tv) Aladdin (GB) de Peter Whitmore
BBC1 25.12.66), 85 min. – av. Angela Richards (Aladin), Ian Wallace (l’empereur de Chine), Mary Millar (la princesse), Peter Grant (le vizir), Christine Child (le génie de l’anneau), David Davenport (le génie de la lampe), Arthur Askey (la veuve Twankey), Roy Castle (Wishee Washee), Alan Curtis (Abanazar). – Programme de Noël pour enfants.
1967Arabian Nights / Panic in Baghdad / Baghdad ki Raatein (IN) de Nanabhai Bhatt
Ram Kishan Film (parlé hindi). – av. Ajit, Mumtaz, Bhagwan, Rajen Haksar, Bela Bose, Purnima, Mohan Choti, Ram Mohan, Shyam Kumar, Azad, Master Baghwan.
1967Ali Baba va Chehel Dozd-e-Baghdad / Ali Baba and the Forty Thieves of Bagdad (IR) d’Amin-e Amini
Asretalaei Studio (Teheran). – av. Reza Beyk-Imanverdi (Ali Baba), Faranak Mirqahari, Mansur Sepehrnia, Nadereh, Youri, Hassan Shahin. – Aladin combat l’armée infernale des quarante bandits et épouse la fille du roi.
1967(tv) Sinbad (US)
MGM Television-King Brothers. – av. Michael Stefani (Sinbad), Abraham Safaer, Sammy Ross. – Un film pilote pour CBS qui ne trouve pas d’acheteurs.
1967Pesaran-e-Alaeddin / Aladin's Sons (IR) d’Amin Amini
Asr-e Tala’i (Teheran). – av. Sepehrnia, Garsha, Mohamad Motevasselani, Katayun, Soraya Beheshti. – Les fils d’Aladin combattent des traîtres à la couronne.
1967Hatim Tai (PK) d’Akbar Ali [Akbar A. Akku]
Nasimul Saqlain Prod./Lahore (parlé urdu). – av. Mohammad Ali (Hatim at-Tai), Yusuf Khan, Sultan Rahi, Rukhsana, Saloni, Zamurrda, Rangeela, Adeeb, ChhamChham, M.D. Sheikh, Mehboob Kashmiri, Asad Jafri, Begum Parveen, Nazir Bedi, Nanha, Saqi, Talish. – Les aventures merveilleuses du prince yéménite Hatim at-Tai (commentaires, cf. Hatimtai, 1929).
1967(tv) Kismet (US) de Bob Henry
Norman Rosemont Productions [Rogo Productions]-ABC Entertainment (ABC 24.10.67), 90 min. – av. José Ferrer (Hajj), Barbara Eden (Lalumé), Anna Maria Alberghetti (Marsinah), George Chakiris (le calife Abdallah), Cecil Kellaway (Omar), Hans Conried (Mansur, le Grand Vizir), Bern Hoffman (chef de la police), Paul Page.
Le musical de Broadway tiré de la pièce éponyme d’Edward Knoblock (cf. film de 1955), ici adapté, c’est-à-dire raccourci pour le petit écran et enregistré aux Studios 31 et 41 de CBS Television City (Fairfax, Los Angeles). Très soignée, la production décroche l’EMMY Award 1968 pour la qualité supérieure de ses décors et costumes, mais la surprise vient en premier lieu de José Ferrer en Hajj. Lauréat de l’Oscar pour Cyrano de Bergerac (1950), inoubliable en Toulouse-Lautrec dans le Moulin Rouge de John Huston (1952), bouleversant en capitaine Dreyfus (I Accuse, 1956), le comédien-cinéaste portoricain José Ferrer chante, et plutôt bien. Barbara Eden reprend le rôle de Marlene Dietrich en 1944, donnant une performance hilarante et délicieusement sexy en Lalumé, l’épouse favorite du Grand Vizir qui collectionne les amants, à commencer par le poète-mendiant Hajj. Enfin, sous le turban du calife, on reconnaît George Chakiris, l’élégant chef des voyous portoricains de West Side Story (1961).
1967(tv) Der falsche Prinz (DE) de Peter Trabold
Südwestfunk (DRS 14.12.67 / ARD 25.12.67), 77 min. – av. Claus Ringer (Labakan, le tailleur), Wilfrid Goessler (le prince Omar), Robert Meyn (le sultan), Katrin Dahl (la sultane), Karl-George Saebisch (Ali Sizah, le conteur), Gert Tellkampf (Ahmed), Hans Goguel (Zaleukos), Helmut Woestmann (Mulay), Walter Prüssing (le Grand Vizir), Dorothee Boschen (Melechsalah), Horst-Werner Loos (le tailleur), Robert Rathke (Hamid), Ludwig Thiesen (Subad), Kurt Rackelmann (un mendiant). – Dramatique de Leonhard Reinirkens tirée du conte oriental de Wilhelm Hauff (1826), lui-même inspiré par des motifs des Mille et Une Nuits. Synopsis cf. Labakan (1957).
1967Harun Resid’in gözdesi [=La Favorite d’Haroun Al-Rachid] (TR) d’Atif Yilmaz
Nihat Sümer/And Film. – av. Turgut Özatay (le calife Haroun Al-Rachid), Ajda Pekkan (Dilaram), Lale Belkis (Butri), Tülay Erdeniz (Mihrinisa), Faik Coskun (Esir Tüccan), Ahmet Danyal Topatan (Mesrur, le bourreau), Nevin Akkaya (Ajda Pekkan Seslendirmesi), Erol Tezeren, Tuncer Necmioglu, Devlet Devrim, Kadriye Tuna, Erdogan Seren, Bahri Özkan, Selahattin Geçgel, Bilkay Tekben, Yasar Sener, Arap Celal, Talia Salti, Oktay Yavuz.
Dilaram, la fille d’un potentat exécuté sur ordre d’Haroun Al-Rachid, devient la favorite du calife et tente de l’empoisonner.
1967(tv) Aladdin (GB) de Bill Hitchcock
(ATV 25.12.67), 75 min. – av. Cliff Richard (Aladin), Arthur Askey (la veuve Twankey), Alan Curtis (Abazanar), Katerina Holden (le génie), Vanessa Howard (la princesse), Julian Orchard (l’empereur de Chine), Michael Henry (le Grand Vizir). – Programme de Noël pour enfants.
1968Abbase Sultan (TR) de Turgut N. Demirag
Turgut N. Demirag/And Filmidir (Istanbul), 95 min. – av. Türkân Soray (Abbase bint Mohammed ibn Mansur, sœur du calife), Turgut Özatay (le calife Haroun Al-Rachid), Murat Soydan (le Grand Vizir Jafar), Ayfer Feray (Zubayda bint Jafar, l’épouse de Haroun), Güzin Özipek (Falci), Danyal Topatan (Mesrur), Haydar Karaer (Abdülmelik), Ahmet Feridun Çölgeçen (Nevvas), Aynur Akarsu (Ümmü Gülsüm), Dogan Dolay (le prince Memun), Mürüvvet Sim (Hayzuran Sultan), Necip Tekçe (Hasama Bin Ayan), Nilgün Koç (la fille d’Abbas Semra), Necip Ertener (le prince Emin), Gülten Ceylan, Mümtaz Ener, Celal Ersöz, Mahir Özerdem, Serpil Gül.
L’amour secret et tragique d’Abbase, la sœur du calife Haroun Al-Rachid à Bagdad, veuve intelligente et courageuse, pour Abu Fadil et les intrigues de sa belle-sœur Zubayda afin de faire capoter leur liaison. Un mélo (mal) costumé en couleurs, fait de bric et de broc. La bande sonore est un sommet du piratage, réunissant plusieurs partitions hollywoodiennes, dont celles de Miklos Rozsa ou d’Alex North pour le Cléopâtre de Mankiewicz !
1968(tv) Kalif-Aist [=Le Calife Cigogne] (SU) de Viktor Khramov
Ekran Film. – av. Vladimir Adreyev, Sergueï Martinson, Valentin Gaft, Natalya Seleznyova, Goergiy Millyar, Vladimir Bamdasov. – L’histoire du calife de Bagdad transformé en cigogne, d’après le conte de Wilhelm Hauff, inspiré par des motifs des Mille et Une Nuits (synopsis cf. film de 1924). La télévision russe abordera aussi le sujet sous forme de film d’animation en 1981 par Valeriy Ugarov (Soyuzmultfilm) et en 2011 (Animaccord Animation).
1968La esclava del paraíso / Sharaz – la schiava del peccato (ES/IT) de José María Elorrieta [Joe Lacy] et Rafael Moreno Alba
Mitchell Grayson, Sidney W. Pink (Madrid)/Domino Film (Roma)-L. M. Film (Madrid), 105 min./93 min. – av. Luciana Paluzzi (le djinn Mizziana), Jeff Cooper (Omar Ben Ihrahim), Raf Vallone (le Grand Vizir Hixxum), Perla Cristal (Haixa, sa favorite), Rubén Rojo (Ali), Ricardo Palacios (Mamet), Ana Casares (Miriam), Tomás Blanco (l’ex-vizir Kassim Ben Ibrahim), Barta Barri (Ahmed), Paul Naschy (Shantal), Brigitte St. John (une bayadère), Pilar Donoghue, Eva Russo, Kary Estenson, Charly Bravo, Guillermo Méndez.
Stéréotypes d’aventure et fantastique sont ici transposés dans un cadre rare à l’écran : l’Espagne mauresque sous le califat de Cordoue. Synopsis : Kassim Ben Ibrahim, Grand Vizir de Grenade, est déposé et exécuté après avoir été faussement accusé de trahison par son successeur, le perfide Hixxum, et Haixa, la favorite du harem. Revenu d’un long séjour en Arabie, Omar, le fils du défunt, jure vengeance. Il viendra à bout du régime de terreur instauré par Hixxum grâce à l’appui magique d’un djinn « de troisième catégorie », la ravissante Mizziana, enfermée dans un flacon (ellle collabore en échange de sa liberté), et de son fidèle ami Ali.
Une production à mini-budget de l’Américain établi à Madrid Sidney Pink, qui réunit curieusement Raf Vallone en méchant, la James Bond girl Luciana Paluzzi (Thunderball) en charmant génie miniature, et Paul Naschy, le pape de la série Z d’horreur hispanique. Un nanar en Eastmancolor et scope dont l’unique intérêt sont ses extérieurs filmés à Grenade (palais de l’Alhambra), à Courdoue, à Séville et à Tolède (intérieurs aux Estudios Roma à Madrid). On peut charitablement oublier le reste, à commencer par l’idiotie du titre. – US : A Thousand and One Nights, DE : Tausendundeine Nacht.
1968Bagdat hirsizi [=Le Voleur de Bagdad] (TR) de Ertem Göreç
Irfan Ünal/Irfan Film, 71 min. – av. Kartal Tibet (Abu Mahmud), Tanju Gürsu, Sezer Güvenirgil, Suzan Avci, Hulusi Kentmen, Nuran Aksoy, Mümtaz Ener, Mehmet Ali Akpinar, Zeki Alpan, Faik Coskun, Ilhan Hemseri, Selahattin Içsei, Ahmet Kostarika.
1968Baghdad Gajadonga / Thief of Bagdad (IN) de Dasari Yoganand
Padma Gowri Pictures (parlé telugu), 165 min. – av. N. Taraka Rama Rao Nandamuri (le voleur), Jayalalithaa Jayaram (la fille du sultan), Relangi Venkata Ramayya (le sultan de Bassora), Rajanala Kaleswara Rao (le vizir de Bagdad), B. Padmanabham (l’ami du voleur). – Un remake hindouisé de The Thief of Bagdad (1924) de Fairbanks/Walsh.
1968(tv) The Three Princes (GB) de Mark Cullingham
Ronald Travers/BBCtv (BBC 26.12.68), 60 min. – av. Timothy Dalton (Ahmed, le prince des Îles de Nullepart), Isla Blair (la princesse Yasmine), Cleo Laine (la voix de Shéhérazade), Roy Kinnear (le prince de la Lune Jaune), Kenneth MacIntosh (le calife), Gordon Gostelow (le marchand de tapis), Neil Fitzpatrick (le janissaire), Frank Wylie (l’Égyptien), Roderick Horn (le Perse), Frederick Pyne (l’Indien), William Hobbs (le Chinois), Oliver Cotton (le Tibétain), Louise Breslin (Shalima), Gavin Richards, Roy Pearce. – Un scénario de Rex Tucker déjà filmé deux fois (cf. 1954 et 1959), cette fois en couleurs. Dans le rôle du prince Ahmed, Timothy Dalton, le futur James Bond de The Living Daylights et Licence to Kill (1987-1989). – DE : Die drei Prinzen.
1969[Animation : Sindbad pogrzebany / Przygody Sindbada Zeglarza [Les Aventures de Sinbad le Marin] (PL) de Daniel Szczechura ; Studio Se-Ma-For. – Suite de courts métrages inspirés par Les Aventures de Sinbad de Boleslaw Lesmian (1913).]
1969Thief of Baghdad / Baghdad ka chor (IN) de Shree Ram
Bohra Brothers Production (parlé hindi). – av. Dara Singh (Mahmud), Nishi (Shéhérazade / Roxane), Helen (Yasmine), Ram Kumar (Shéhérazade), P. Kailash, B. M. Vyas (l’empereur), Sheikh (Mahbub), Savita, Rani, Maruti.
Synopsis : Le sultan tyrannique Jabbir ayant assassiné leur père, Mahmud, Mahbub et leur sœur Yasmine ainsi que leur ami commun Badru forment une bande de hors-la-loi et dépouillent les riches. Surnommé à présent le Voleur de Bagdad, Mahmud s’éprend de Shéhérazade, la sœur de Roxane. Mais la belle le hait et décide de le traquer après avoir découvert qu’il a enlevé son frère. Elle retrouve ce dernier, mais apprend que Mahmud lui a en vérité sauvé la vie alors que des inconnus s’apprêtaient à le tuer. Elle tombe amoureuse du bandit, mais tout se complique lorsque Mahbub après avoir tenté de violer Roxane, trahit Mahmud, le fait arrêter et condamner à la pendaison. Il entre au service de Jabbir, que ses pouvoirs magiques rendent immortel et invincible. Le sorcier s’empare de l’empereur (le calife ?), fait emprisonner Shéhérazade et cache Roxane dans son palais, etc… Le bandit de Fairbanks à la sauce Robin des Bois, avec Darah Singh (le Hercule de Bollywood), dans du cinéma-bis fauché et aux trucages grotesques.
1969Kunj Vichar Gaee Allaudin (PK) de Haidar Chodhary
H. Chodhary Prod. (Lahore) (parlé punjabi). – av. Naghma, Ejaz, Habib, Zamarrud, Allauddin, Asad Bukhari, Sultan Rah.
1969[Animation : Aladin et la Lampe Merveilleuse (FR) de Jean Image ; Films Jean Image-L.C.J. Editions, 71 min. – av. voix de Gaston Guez (Aladin), Henri Virlojeux (le magicien d’Afrique), Claire Guibert (la mère de la princesse), Lucie Dolène (la princesse Badroulboudour), Georges Atlas (le génie). – Depuis son laboratoire secret dissimulé dans l’œil du Sphinx, un magicien d’Afrique complote pour retrouver la lampe merveilleuse qui garantit un pouvoir absolu. Le Génie des Ténèbres l’informe que la lampe est cachée dans un pays lointain et que seule une main innocente d’enfant peut s’emparer du trésor. Aladin, par exemple, un garçon pauvre qui vit seul avec sa mère. Le magicien l’amadoue en se faisant passer pour son oncle… Jean Image, alias Imre Hadju, né à Budapest, signe une adaptation fidèle, jolie mais à l’animation désuète et au rythme daté, destinée aux tout petits.]
1969Ali Baba (PK) de Nazrul Islam
Sher Ali Rizvi Prod. (Dacca, East Pakistan) (parlé Bengali). – av. Sujata, Siraj, Sumita, Asish, Kalapna.
1969(tv) Alì Babà e i quaranta ladroni (IT) de Carla Ragionieri
(RAI 5.6.69). – av. Gianni Rubens (Ali Baba), Franca Viglione, Antonio Paiola, Guido Rutta. – Un téléfilm de l’assistante-réalisatrice de Vittorio Cottafavi et Fernando Cerchio.
1969[Animation : Sen’ya ichika monogatari (Les Mille et Une Nuits) (JP) d’Eichi Yamamoto, Osamu Tezuka, Mushi Prod., 128 min. – Les exploits d’Aladin, premier film d’animation à caractère érotique du Japon.]
1969(tv) Tausendundeine Nacht (DE) de Karlheinz Bieber
Zweites Deutsches Fernsehen (ZDF 23.1.-18.9.69), 6 x 55 min. – av. Vera Tschechowa (Shéhérazade), Siegfried Rauch (le sultan), Kurt Pratsch-Kaufmann (le Grand Vizir), Claus Ringer (Aladin), Chesterina Sim Zecha (Jasmine), Romuald Pekny (Ibn Sidi), Hanna Burgwitz (Sasan), Hans Schellbach (le sultan), Ernst Schönle (le Grand Vizir), Klaus W. Krause (Yusuf), Michael Grimm (Ibu), Willy Rasky (Saduk), Erich Fritze (Omar), Imo Heite (Dandan), Eva Berthold (Num), Hans Jürgen Dietrich (Abu Hassan), Sylvia Frank (Fatima), Gernot Duda (Akbar), Daphne Wagner (la princesse Saïda), Christian Wolff (le prince Shamur), Wolf Rahtjen (Mansur), Hans Deppe (le sultan Abdullah), Fritz Wepper (le calife Sadi), Hannelore Eisner (Laila), Joachim Teege, Elisabeth Volkmann, Rolf Arndt, Erich Kleiber, Werner Kotzerke, Götz Olaf Rausch, Hartmur Reck, Otto Stern, Uta Sax.
Une des productions les plus onéreuses de la ZDF des années soixante, écrite et réalisée par Karlheinz Bieber avec un budget de plus de deux millions de DM, 50 comédiens, 18 danseuses, 50 « authentiques Arabes », 10 « eunuques de harem » et 550 figurants. – Episodes : 1. « Die Geschichte von Aladin und der Wunderlampe » – 2. « Die Geschichte von Abu Hasan ».
1969(tv) Saids Schicksale [=Les Destinées de Saïd] (DE) de Peter Trabold
Südwestfunk (ARD 25.12.69), 78 min. – av. Germain Muller (le conteur), Günther Wille (Saïd), Santiago Ziesmer (Noureddine, le valet), Herbert Schimkat (Benazar de Bassora, père de Saïd), Alexander Golling (cheikh Selim, chef des voleurs), Helmut Woestman (Akracha, chef bédouin), Siegmar Schneider (le calife Haroun Al-Rachid), Peter Settgast (Kassim), Gian Fadri Töndury (Mustad), Wolfried Lier (Kalum-Bek), Ernst Kuhr (Messour), Hans Goguel (le barbier), Christa Dubbert (Sukayda, l’esclave), Claudia Golling (Tamilicha), Gert Keller, Günter Vetter (chef de la police).
Synopsis : Instruit et habile dans le maniement des armes, Saïd, dix-huit ans, s’apprête à quitter Bassora pour se rendre en pèlerinage à la Mecque. Son père commet l’erreur de lui remettre deux ans trop tôt un cadeau que les fées ont remis à sa défunte mère lors de sa naissance : une pipe en argent fixée autour de son cou par une chaînette. Dans le désert, la caravane de Saïd est attaquée par des bandits ; il tue l’un d’eux et, capturé, comparaît devant leur chef, le cheikh Selim, ignorant que la victime, Almansor, était son fils. Selim, qui admire sa habileté à se défendre, lui pardonne. Mais pas ses compagnons qui tentent de l’éliminer. Saïd leur échappe, puis tombe sous la coupe du méchant Kalum-Bek qui veut le réduire en esclavage ; la fée qui a assisté à sa naissance, amie de sa mère, intervient et Saïd se sauve lors d’un naufrage. Chevauchant un dauphin, il remonte le Tigre jusqu’à Bagdad et arrive aux portes du palais des Abbassides. Ayant sauvé le calife Haroun Al-Rachid des griffes de ses ennemis, ce dernier prend Saïd sous sa protection, punit Kalum-Bek et réunit le jeune homme avec son père après leur avoir offert un palais à Bagdad. Dramatique de Leonhard Reinirkens d’après un conte oriental de l’écrivain romantique allemand Wilhelm Hauff (1828) inspiré des Mille et Une Nuits.
1969(tv) Aladdin (GB) de David Mallet
Bill Roberton/Yorkshire Television (ATV 25.12.69), 65 min. – av. Bernie Winters (Aladin), Mike Winters (Abanazar), Jack Douglas (le génie de la lampe), Jimmy Logan (la veuve Twankey), Josef Locke (l’empereur de Chine), Maggie Vickers (la princesse), Peter Vernon (le vizir). – Programme de Noël pour enfants.
1970Hasan Kachal (Hassan le Chauve) (IR) d’Ali Hatami
Ali Abbasi Productions-Payam Co. (Téhéran), 103 min. – av. Parviz Sayyad (Hasan Kachal), Katayun (Chelgis), Hamideh Kheirabadi (la mère de Hasan), Hasan Khayat-Bashi (le poète), Yadolah Shirandami (le Pahlavan), Cyrus Ebrahimzadeh (le Chinois), Sorayya Beheshti (Tavoos), Katayun Amir Ebrahimi (Chelgis), Manoochehr Ahmadi, Sadegh Bahrami, Hassan Raziani-
Synopsis : Chassé de la maison par sa mère, le paresseux Hassan découvre la belle Chelgis captive d’un démon dans un jardin enchanté et s’en éprend. La nuit suivante, un djinn (son sosie) lui apparaît et lui propose d’exaucer six vœux, mais que pour chaque vœu, sa vie se raccourcira d’un sixième. Afin de délivrer Chelgis, Hasan accepte de donner toute sa vie, son ultime vœu étant de prendre possession du cœur en verre du démon (le Div) et le briser. S’étant pris d’amitié pour le jeune homme, le djinn l’aide sans contrepartie.Inspiré par un conte populaire iranien proche du cycle des Mille et Une Nuits, le sujet est traité ici sous forme de comédie musicale (la première du cinéma iranien), avec des airs d’Esfandiar Monfaredzadeh et Babak Bayat. Grand Prix du scénario au Culture and Art Film Festival en 1970.
1970Ali Baba 40 Dongalu (IN) de B. Vittalacharya
Sri Gautami Films-Vittal Pictures (Tamil Nadu) (parlé telugu). – av. Nandamuri Taraka Rama Rao (Ali Baba), Jayaraman Jayalalitha (Marjiana), Nagabhushanam (Kassim Baba), Raja Babu (Sisindri), Rama Prabha (Chilaka), Raavi Kondala Rao (Fakiraiah), Allu Rama Lingaiah (le médecin), Kaikala Satyanarayana, Suryakantham.
1970Ali Baba chalis Chor (PK) de Zia Ullah
Salim Ashrafi Prod. (Lahore) (parlé punjabi). – av. Firdous, Habib, Sultan Rahi, Allauddin, Rangeela, Habibur Rahman.
1971(tv) Hassan (GB) de Rex Tucker
BBCtv (BBC Two 6.1.71). – av. Ralph Richardson (Hassan), John Gielgud (le calife Haroun Al-Rachid), Nyree Dawn Porter (Pervaneh), Corin Redgrave (Rafi), Anthony Ainley (Ishak), Edward de Souza (Selim), Yvonne Quenet (Yasmine), Jean Benedetti (le philosophe chinois), Lyon Brown (le Grand Vizir Jafar), Milton Reid (Masrur, le bourreau), John Bryans (le chef de la police), Steve Plytas (Abdu), Kenneth Hendel (Ali), Kevin Chippendale, Gregory Bell, Orin Cadogan, P. G. Stephens, Norman Florence, Robert Cawdron, Henry Longhurst, Felix Felton, Erik Chitty, Anthony Jacobs, Aimée Delamain. – Téléfilm adapté par Rex Tucker d’après la version scénique de Basil Dean. Téléfilm tiré de The Story of Hassan of Baghdad and How He Came to Make the Golden Journey to Samarkand (1922) de James Elroy Flecker, dans l’adaptation scénique de Basil Dean (1923) revue ici par Rex Tucker. Cf. détails sous The Lady of the Harem de Raoul Walsh (1926).
1971Sehzade Sinbad Kaf daginda [Shéhérazade et Sinbad sur la montagne de Kaf] (TR) de Muharrem Gürses
Akin Film (Istanbul), 64 min. – av. Fikret Hakan (Sinbad), Eva Bender (la princesse Saliha/Shéhérazade), Erol Tas (Kassim), Suna Pekuysal (Balkiz), Arap Celai (Haroun Al-Faruk), Faik Coskun (Esir Tüccari), Muharrem Gürses (Spitik Memo), Kubilay Hakan (Esir), Yilmaz Kurt (Muhafiz), Niyazi Varili, Abdullah Ferah, Niyazi Vanli, Tarzan Baba, Cevdet Balikçi, Süheyl Egriboz, Masis Gül.
1971Saat sawal yane Haatim Tai / Saat sawal / Seven Questions [=Sept questions à Hatim Tai] (IN) de Babubhai Mistry
Homi Wadia/Basant Pictures, Bombay (parlé hindi et urdu). – av. Naval Kumar (Hatim at-Tai), Heena Kumari (les fées Gulnar et Husna), Shyam Kumar (le prince Munirshah), Johnny Whisky (Ghumroo Ahiyar), Sujata (Sabeena [=Husn Banu]), Manher Desai, Roopali, Rajni Bala, Master Chintu (frère de Husna Pari), Ruga Pahelwan (Irfan), Jayshree T. (Shahezadi Shalomi), Anand Joshi, Dalpat Joshi, Yusuf Khan, Shribhagwan
Les aventures merveilleuses du prince yéménite Hatim pour résoudre les sept énigmes qui délivreront la princesse Husn Bano – ici rebaptisée Sabeena – de la malédiction de la fée Gulnar, et cette dernière de sa transformation en statue de pierre (commentaires, cf. Hatimtai, 1929). Tournage aux Basant Studios à Chembur (Bombay).
1971(tv) Der kleine Muck (AT) d’Otto Anton Eder
Österreichischer Rundfunk (ORF 11.4.71), 75 min. – av. Susanne Kranzer (le petit Muck), Ljuba Welitsch (la sorcière Ahavzi), Fritz Hakl, Kurt Jaggberg, Ana Leilersperg, Edd Stavjanik, Rudolf Strobl.
Le conte oriental de Wilhelm Hauff, inspiré par des motifs des Mille et Une Nuits (synopsis et commentaires, cf. « Die Geschichte vom kleinen Muck (L’Histoire du petit Muck) » de Wolfgang Staudte en 1953.
1971Alâaddin’in lâmbasi / Aladdin’s Lamp (TU) de Natuk Baytan
Kadri Film (Istanbul), 73 min. – av. Yilmaz Köksal (Aladin), Müserref Tezcan (la princesse Nazli), Meral Zeren (Peri Kizi), Reha Yurdakul (le sultan), Altan Günbay (le Vizir), Atilla Ergün (Seyh), Muadelet Tibet (Büyücü), Ayla Ergun (Shéhérazade), Gülten Ceylan (Nedime), Hayri Caner (Büçür), Lütfü Engin (Dev), Arap Celai (Meyhaneci), Orhan Çoban (Omar), Hulki Özeren, Adrian Mersinli.
1971[Animation : Aribara to Yonjupiki to Nozoku [Ali Baba and the 40 Thieves] (JP) d’Akira Daikubara ; Toei Films, 54 min.]
1971Ali Baba ve Kirk Haramiler [=Ali Baba et les 40 voleurs] (TR) de Nuri Ergun
Er Film-Saner Film (Istanbul). – av. Sadri Alisik (Ali Baba), Feri Cansel, Yusuf Sezgin, Zeki Alpan, Erol Tas, Kudret Karadag, Cevat Kurtulus, Kayhan Yildizoglu, Guzin Ozipek, Hulusi Kentmen, Necdet Simsek, Hakki Kivanc, Muzaffer Civan.
1971(tv) Aladdin (GB) de Michael Huril
(BBC1 25.12.71), 90 min. – av. Cilla Black (Aladin), Alfred Marks (Abanazar), Norman Vaughan (la veuve Twankey), Roy Castle (Whishee Washee), Elaine Paige (la princesse), Tom Chatto (l’empereur de Chine), Bertie Hare (le vizir), Sandra Michaels (le génie). – Programme de Noël pour enfants.
1971(tv) Shéhérazade (FR) de Pierre Badel
ORTF (2e Ch. 30.12.71), 120 min./88 min. – av. Claude Jade (Shéhérazade), Pierre Michel (le sultan Shahryar), Alain Mottet (Shazenian), Anicée Alvina (Dinarazade), Tsilla Chilton (la magicienne), Christine Parat (la sultane de la nuit prochaine), Jean Avron (le Grand Vizir), Angelo Bardi (le chef des eunuques), Pierre Duncan (l’officier), Germaine Delbat, Alain Mottet.
Les démêlés de Shéhérazade (qui tente de reculer de jour en jour une mort certaine) et sa sœur Dinarzade, tiraillées entre le sultan, majestueux et supérieur, et son frère Shazénian, pathétique, disgrâcié, bégayant, humble mais malin… Un très joli livres d’images télévisuelles pour les fêtes de fin d’année, inspiré d’une pièce de Jules Supervielle créée et filmée en juillet 1948 au Festival d’Avignon par la troupe de Jean Vilar (captation filmique de la mise en scène de Vilar, cf. supra). Le récit est enrichi par des trucages plutôt réussis et des décors de Pierre Peytavi, aux couleurs pastel proches des miniatures persanes. Une mise en scène agréable rehaussée par le charme de Claude Jade,
1971/72Finalmente... le mille e una notte (Les Mille et Une Nuits érotiques) (IT) d’Anthony M. Dawson [=Antonio Margheriti]
Medusa Distribuzione-Pink International Films, 92 min. – av. Barbara Bouchet (Miriam), Femi Benussi Zumurrud, la favorite), Barbara Marzano (la princesse Aziza), Gino Milli (Aladin), Ignazio Leone (le mari de Mariam), Pepo De Luca (Samandar), Gigi Ballista (le génie de la lampe), Gigi Bonos (Baba, l’eunuque), Paola Lelio (la magicienne), Esmeralda Barros, Gastone Pescucci, Alberto Atenari, Remo Capitani, Annie Carol Edel, Vassili Karis, Elisabeth Felchner, Amparo Pila, Dino Cassio.
Une retombée du Décameron (1971) de Pier Paolo Pasolini en mode cinéma-bis : Le sultan Al-Mamun est devenu impotent et pour réanimer sa virilité, ses conseillers convoquent trois conteurs qui tentent de le charmer avec des récits érotiques… en faisant appel à la lampe magique de ce coquin d’Aladin, à la princesse nymphomane Aziza, à l’invisibilité et aux tapis volants. Au petit matin, Al-Mamun retrouve sa virilité auprès d’Aziza et de sa compagne lesbienne Zumurrud…. On est juste surpris de trouver à la direction de ce banal « Decamerotico » en Techniscope et Technicolor le nom d’Anthony Dawson alias Antonio Margheriti, dit « le Corman italien », soit un mercenaire fécond, appliqué, parfois même inspiré, du cinéma de genre, que ce soit péplum, cape et épée, aventures exotiques, science-fiction ou fantastique (La Vierge de Nuremberg, 1964). – US : House of 1000 Pleasures, 1001 Nights of Pleasure, ES : Las 1001 eróticas noches de Ali Mamun.
1972[Ali Babá e os Quarenta Ladrões (BR) de Victor Lima ; Jarbas Barbosa Produções Cinematográficas (Rio de Janeiro), 97 min. – av. Renato Aragão (Ali-Baba), Dedé Santana (Cassim), Elza de Castro (Morgiane), Elisa Fernandes (Fatima), Luiz del Fino (Ezequiel), Neyla Tavares (Rosinha), Mariel Mariscot, Teresa Teller, Angelo Antônio, Sérgio Cunha, Wilson Grey. – Les personnages des Mille et Une Nuits placés dans un contexte comique moderne (les quaramte voleurs sont des trafiquants de cigarettes et de whisky.]
1972/73Le mille e una notte... e un'altra ancora ! (IT) d’Enrico Bomba
Giuliano Simonetti/Cinematografica Vascello, 92 min. – av. Vinicio Sofia (le calife Shaliar [=Shahryar]), Barbara Marzano (Shéhérazade), Maria Rosa Chimenti (Dinarzade, sa sœur cadette), Angela Bo (Jasmine), Dada Gallotti (la reine Amina), Stefano Lo Cursio (son amant), Alessio Gaspa (Omar), Mario Brega (le vizir), Sergio Parlato (Belar), Mariana Camara (Budur), Bruno Scipioni (Al-Dashir), Loredana Mongardini (Gobeida), Giancarlo Badessi (son mari), Margaret Rose Keil (Kasal), Anna Ardizzone (Djamina), Nino Vingelli (le cadi), Gennarino Pappagalli (le Grand Vizir), Pier Maria Rossi (Ahmed)..
Encore une retombée du Décaméron pasolinien : l’histoire classique de Shahryar et de Shéhérazade (qui garde sa tête en contant les récits de « La femme et le perroquet », « Irsuf et la magicienne », « Aziz et Budur » – épisode repris par Pasolini en 1973), filmée en Eastmancolor et distribuée surtout en province.
1973Le favolose notti d'Oriente (IT/ES) de Mino Guerrini
Italian International Film (Roma)-Cinema Teatro Odeon d’Agatino Serrano (Catania), 91 min. – av. Fortunato Cecilia, Enzo Pulcrano, Salvatore Baccaro, Bruno Biasibetti., Dorit Henke, Marian Fulop, Barbara Manzano, Bruno Borelli, Philippe De Falle, Giacomo De Michelis, Alessio Gaspa.
Prisonniers d’un cheikh, deux amis regagnent leur liberté en devenant des émules masculins de Shéhérazade et abreuvant leurs geôliers d’histoires salaces. Une pseudo-pasolinerie de plus, fagotée pour des cinémas de quartiers…
1973Baghdad Perazhagi (IN) de Ganesh Ramanna [et Kanaga Shanmugam]
Ganesh Ramanna/Ganesh Creation Prod. (parlé tamil), 164 min. – av. Jayalalithaa Jayaram, Ravichandran, Savithri, Nagesh. – Dans le rôle principal féminin, Jayalalithaa, une actrice et femme politique, Premier ministre du Tamil Nadu (condamnée à quatre ans de prison pour corruption en 2014).
1973/74**Il fiore delle mille e una notte / Les Mille et Une Nuits (IT/FR) de Pier Paolo Pasolini
Alberto Grimaldi/Produzioni Europee Associati (Roma)-Les Productions Artistes Associés (Paris), 155 min./125 min. – av. Ninetto Davoli (Aziz), Tessa Bouché (Aziza), Franco Merli (Nur ed-Din), Ines Pellegrini (Zumurrud), Franco Citti (le démon), Margaret Clementi (la mère d’Aziz), Francesco Paolo Governale (le prince Tagi), Elisabetta Vito Genoves (Munis), Alberto Argentino (le prince Shahzaman), Salvatore Sapienza (le prince Yunan), Abadit Ghidei (la princesse Dunya), Luigina Rocchi (Fatima), Zeudi Biasolo (Zeudi), Salvatore Verdetti (Barsum), Fessazion Gherentiel (Berhane), Gianna Idris (Giana), Barbara Grandi, Gioacchino Castellini, Christian Alegny, Jocelyne Munchenbach, Luigi Antonio Guerra, Jeanne Gauffin Mathieu, Francelise Noel, Franca Sciutto.
Une évidence d’abord : ce film ne ressemble en rien à tout ce qui a été fait sur le sujet auparavant, tant sur le plan visuel qu’au niveau de la virtuosité narrative (structure d’enchâssement) et du ton général (film pour adultes axé prioritairement sur l’érotisme, absence méritoire des clichés de l’orientalisme occidental). Quinze courts récits choisis parmi les moins connus s’emboitent sur le fond d’une trame générale tissée par le jeune Nur ed-Din, séparé cruellement de sa bien-aimée Zumurrud qu’il cherche partout, ses errances étant interrompues chaque fois que survient l’occasion d’un nouvel épisode : dans un conte, tout peut arriver. La belle est vendue comme esclave sur un marché oriental, mais, de tempérament exigeant, elle obtient le droit de choisir son acheteur. Elle se décide pour Nur ed-Din, un puceau qu’elle déniaise durant la nuit. Au matin, elle est enlevée par un homme dont elle s’est moquée, mais elle réussit à s’enfuir et arrive dans une ville où, se faisant passer pour un homme, elle devient le nouveau roi... Parti à sa recherche, Nur ed-Din entend l’histoire de Tagi et Dunya, qui comprend elle-même trois récits : Tagi a rencontré Aziz. Le jour où ce dernier devait épouser Aziza, il s’est épris d’une fille aperçue à une fenêtre ; le mariage est reporté, Aziza meurt de chagrin, Aziz est castré. Tagi, dont l’évocation de Dunya, qu’il n’a jamais vue, le fait s’évanouir, tente avec Aziz d’approcher cette fille de roi qu’un cauchemar répété a convaincu de ne jamais s’approcher d’un homme. Tagi et Aziz pénètrent dans le jardin royal comme maçons mosaïstes où des ouvriers leur confient à leur tour leurs propres affabulations : le prince Shahzaman, amoureux d’une inconnue enfermée dans un souterrain, sous l’emprise d’un démon qui abuse d’elle, la déchiquète et transforme le prince en singe, jusqu’à ce qu’une princesse voisine se sacrifie pour lui. Ayant fait naufrage après avoir traversé les océans, le prince Yunan se baigne avec un jeune éphèbe reclus dans un autre souterrain, puis le tue dans son sommeil… Un lion ramène Nur ed-Din dans une ville ; prisonnier, condamné à la torture, il est sauvé par le roi Saïr, souverain de la cité en qui il reconnaît sa bien-aimée, Zumurrud.
 Pour s’imprégner des cultures persane, égyptienne et indienne d’où sont issus ces contes, Pasolini invite au voyage, filmant – après deux mois de repérages – ses extérieurs au fil d’un itinéraire de dix mille kilomètres, souvent dans des régions encore inconnues du tourisme, que ce soit en Éthiopie, au Yémen (Zabid, Sana’a, Shibam, Rock Palace de Wadi Dhar), en Érythrée, en Iran (Ispahan, Mesjed-e-Imam) ou au Népal (Hanuman Dhoka à Katmandou), séquences complétées par quelques reconstitutions du grand décorateur Dante Ferreri aux Laparo Film Studios à Rome, en Technicolor. Ce n’est clairement pas le caractère féerique, exotique ou magique qui attire Pasolini, mais son réalisme au quotidien, « la représentation de la société observée avec une rigueur quasi ethnologique, dit-il, la découverte d’une Antiquité qui, de nos jours encore, vit et fermente toujours ». Son film est le dernier volet d’un triptyque commencé en 1971 avec le Décaméron de Boccace, puis en 1972 avec Les Contes de Canterbury de Chaucer, cycle baptisé un peu prétentieusement « Trilogie de la vie » et qui se veut un hymne à la vie, à la jeunesse et à l’amour. Le cinéaste marxiste s’écarte un temps du cinéma politico-idéologique qui lui est cher pour la mise en scène « plus ardue », dit-il, d’un film « pur », la recherche « de la pure affabulation en se tenant à la fois à l’écart des idéologies et des tentations de l’évasion. » Comme il le fit avec Boccace, où il déplaça l’action de l’aristocratique Florence à la populacière Naples, les rôles des protagonistes, qu’ils soient vagabonds, petits voleurs, princes ou princesses, sont confiés à des comédiens juvéniles issus majoritairement du prolétariat latin et dont le langage châtié et les traits ne traduisent pas toujours la délicatesse des sentiments censée les animer ; la qualité de l’interprétation de ces non-professionnels laisse souvent à désirer, mais les sourires, la grâce, les regards d’enfants surpris en particulier parmi la figuration indigène, peuvent compenser cela.
Quant à l’amour célébré ici, ou plutôt l’émotion amoureuse, elle tombe un peu court dans ce labyrinthe de jeunes chairs (surtout masculines) désirées, offertes ou refusées (appel à une plus grande liberté de mœurs), de même que la sagesse immémoriale que véhiculent ces fantaisies d’un autre âge. Tout cela est sacrifié à un voyeurisme un peu niais, à un érotisme soft autour du culte du phallus, plus homo qu’hétéro, commercialement assez opportuniste pour susciter nombre d’imitations pitoyables dans le cinéma-bis italien. Ici, point de merveilleux : les magiciens sont des violeurs, la populace est édentée, les hommes sont tous naïfs ou imbéciles. Reste l’expérience sensorielle plutôt sympathique à laquelle convie le film, la majesté des paysages d’Orient ou d’Afrique et de l’architecture islamique, admirablement mis en valeur par un authentique tempérament de poète, même si la mise en scène elle-même s’avère trop souvent paresseuse et le récit parfois laborieux. L’éclectisme raffiné de l’œuvre étouffe quelque peu l’impact et la puissance de suggestion des contes. Malgré un Grand Prix spécial du Jury décerné au Festival de Cannes 1974, malgré les reproches d’« obscénité » (toute relative) proférées par les habituels censeurs italiens et le Vatican, l’accueil public du film est plutôt tiède et les aficionados pasoliniens peinent à y trouver leurs repères. – DE : Erotische Geschichten aus 1001 Nacht, ES : Las mil y una noches, GB/US : Flower of the Arabian Nights, Arabian Nights.
1973Quando i califfi avevano le corna… / Le favole erotiche delle mille e una notte (Quand les califes avaient des cornes) (IT) d’Amasi Damiani
Elettra Cinematografica, 92 min. – av. Giorgia Tani (Shéhérazade), Gordon Mitchell (Shahryar), Pia Giancaro, Aldo Bufi Landi, Bartolomeo Sciarra, Margaret Rose Keil, Sofia Lievi, Andrea Aureli, Rosemarie Lindt, Angela Bo, Empedocle Buzzanca.
Shéhérazade raconte ses histoires pour ne pas être trop déçue des prestations sexualles du calife… Comédie érotique à peine distribuée, filmée en Technicolor et Cinescope dans des paysages toscans, avec une galerie de visages familiers issus du spaghetti-western. Autre retombée pasolinienne (le Maître est encore en plein tournage de ses propres Mille et Une Nuits, mais la loi du marché oblige), d’une vulgarité consommée. – US : The Curse of the Red Butterfly.
1973Sinbad e il califfo di Bagdad (Sinbad et le calife de Bagdad) (IT/EG) de Pietro Francisci
Umberto Russo di Pagliara, Vittorio Russo/Buton Film (Roma)-Roas Produzioni-Organisme Général du Film Égyptien (Le Caire), 101 min. – av. Robert Malcolm (Sinbad), Sonia Wilson (Shéhérazade), Luigi Bonos (Firuz), Leo Valeriano (Baman), Arturo Dominici (le Vizir), Eugene Walter (Zenebi), Franco Fantasia.
Synopsis : Las de sa vie de marin errant, Sinbad retourne à Bassora où il constate que tous ses biens ont été confisqués, puis, victime d’une entourloupe, le voici à nouveau sur mer. Le navire transporte Shéhérazade, destinée à épouser le cruel calife de Bagdad. Découvert en compagnie de la belle, il est abandonné dans un canot avec ses compères Firuz et Baman ; il y trouve l’épave d’une jonque chinoise abritant un aérostat avec lequel il atteint Bagdad. Sur place, sa ressemblance physique frappante avec le calife incite des comploteurs à renverser le tyran épileptique et fou (jeu favori au harem : il abat ses concubines dansantes avec son arc), mais Sinbad renonce au trône qu’on lui offre et file en douce avec Shéhérazade.
Cheville ouvrière des fameux Hercule avec Steve Reeves et d’une pléiade d’autres péplums dans les années 1950/60, Francisci, 67 ans, sort de sa retraite pour réaliser cette ultime œuvrette (d’après son propre scénario), qu’il tourne en Eastmancolor et écran panoramique en Égypte (Le Caire et environs) et aux studios d’Elios Film à Rome. Le résultat est modeste, mais l’intrigue, pour une fois, ne manque ni d’idées ni de piment. – ES : Simbad y el califa de Bagdad, DE : Der Schatz des Piraten, Sindbad und der Kalif von Bagdad.
1973(tv) Whoops Baghdad ! (GB) de John Howard Davies
John Howard Davies/British Broadcasting Co. (BBC1 25.1.-1.3.73), 6 x 30 min. – av. Frankie Howerd (Ali Oopla, serviteur du Grand Vizir), Derek Francis (Abu ben Ackers, le Grand Vizir), Hilary Pritchard (Saccharine, sa fille), Anna Brett (Boobiane, sa fille), Larry Martyn (Derti Dhoti), George Ballantine (Sinbad le marin), Lee Young (le génie), Patrick Troughton (Tambalane le Tartare), Bill Fraser (le calife de Bagdad), Alan Curtis (chef de la garde), Norman Chappell (Imshi), Josephine Tewson (Fatima), John Levene (Cassan), Ronnie Brody (Mustafa Shufti), Cheryl Gilham (une fille du harem), June Whitfield (Charisma), Alan Curtis (Akbar le Vil), Janet Webb (Gigantima).
Série parodique rase-mottes fabriquée par les (ir)responsables de Up Pompeii ! avec la vedette des sitcoms britanniques Frankie Howerd. Les insurmontables problèmes du Grand Vizir face au sexe prétendûment faible... – Épisodes : 1. « The Wazir Takes a Wife » – 2. « The Wizard Prang/Festival of Magic » – 3. « Genie of the Bottle » – 4. « A Cargo of Crumpet » – 5. « Ali and the Thieves » – 6. « The Caliph’s New Concubine/Saved from the Harem ».
1973Le amorose notti di Alì Babà / Les Nuits d'amour d'Ali-Baba (Rêves lubriques) (IT/FR) de Luigi Latini De Marchi
L.M. Produzione Film (Roma)-Claude Capra (Paris)-Cocinamo, 89 min. – av. Alan Barker (Ali Baba), Pierre Mirat, Crista Nell, Colette Castel, Michael Reed, Ivana Novak, Barbara Betti, Romano Gironcoli, Alessandro Perrella, Bruna Capponi, Barbara Mazzano, Carla Mancini, Michael Reed. – Film pornographique à la traîne des pasolineries. – US : The Night Loves of Ali Baba.
1973[Aladim e a Lâmpada Maravilhosa (BR) de Josip Bogoslaw Tanko ; Embrafilme-Jarbas Barbosa Produções Cinematográficas-Produções Cinematográficas R.F. Farias Ltda. – av. Renato Aragão (Aladin), Adalberto Silva (le génie de la lampe magique), Monique Lafond (Marina), Dedé Santana (Dracolin), Francisco Dantas (Jamar), Monique Lafond (Marina). – Les personnages des Mille et Une Nuits placés dans un contexte moderne : une comédie très populaire au Brésil, attirant 2,5 millions de spectateurs.]
1972-1974**The Golden Voyage of Sinbad (Le Voyage fantastique de Sinbad) (GB/US) de Gordon Hessler [et Ray Harryhausen)
Ray Harryhausen, Charles H. Schnee/Morningside Productions-Ameran Films-Columbia Pictures, 105 min. – av. John Philip Law (Sinbad), Caroline Munro (Margiana), Tom Baker (prince Koura, le magicien), Douglas Wilmer (le Grand Vizir de Marabia), Martin Shaw (Rachid), Grégoire Aslan (Hakim), Kurt Christian (Haroun), Takis Emmanuel (Ahmed, l’acolyte de Koura), John D. Garfield (Abdul), Aldo Sambrell (Omar), Robert Shaw (l’Oracle de Toutes Les Connaissances).
Synopsis : Sinbad et son équipage interceptent un homoncule aux ailes de chauve-souris transportant une tablette en or contenant le tiers d’une carte géographique. Le vil sorcier Koura, créateur de l'homuncule, veut récupérer la tablette et se lance à la poursuite de Sinbad. Entretemps, le marin a fait la connaissance du Grand Vizir à Marabia, un prince dissimulé sous un masque d’or, car défiguré par Koura, qui convoite son trône. Le Vizir détient le deuxième tiers de la carte, et ensemble ils décident de mettre sur pieds une expédition à-travers les mers en vue de récupérer le dernier élément du puzzle et localiser ainsi le légendaire continent disparu de Lémurie, dans l’océan indien, où se situerait la Fontaine du Destin, une fontaine magique qui donne jeunesse et pouvoir. Ils sont accompagnés d'une esclave, Margiana, qui a un œil tatoué sur la paume d'une main et dont Sinbad s’éprend. Koura les poursuit avec son propre navire et parsème leur périple d’embûches : la proue du navire de Sinbad se transforme en sirène qui parvient à dérober les deux fragments de cartes. Arrivé en Lémurie, le sorcier délègue un autre homoncule-harpie pour épier l’Oracle de Toutes Les Connaissances lorsque celui-ci révèle au marin les dangers qui l’attendent. Koura enferme les héros dans un temple hindou au cœur d’une caverne et anime une statue de la déesse noire Kâlî (en fait Bhadrakâlî aux six bras armés de sabres) contre eux. La statue est vaincue, des indigènes capturent les intrus et livrent Margiana à un centaure muni d’un œil de cyclope ; le monstre est à son tour agressé par un immense griffon, mi-aigle mi-lion, gardien de la Fontaine sacrée. Koura soutient le premier, Sinbad assiste victorieusement le second. Koura atteint la Fontaine dont l’eau lui confère l’invisibilité, mais Sinbad tue l’ombre du sorcier au cours d’un duel et remet la « Couronne des richesses » issue de la source magique au Grand Vizir. Le souverain de Marabia voit son masque annihilé et retrouve les traits de son visage.
 Quinze ans après leur jouissive réussite de The Seventh Voyage of Sinbad de Nathan Juran (cf. supra, 1958), Ray Harryhausen et son producteur Charles Schnee remettent ça, en multipliant les rencontres insolites du marin de Bassora grâce au fameux procédé d’animation image par image (stop-motion), amélioré et à présent rebaptisé « Dynarama ». Le réalisateur Gordon Hessler (un ex-collaborateur d’Hitchcock à la télévision) n’est ici que l’imagier au service des trucages et Harryhausen lui livre un bestiaire semi-mythologique possédant davantage d’invention poétique que les trois quarts du cinéma fantastique. Son imagerie est foisonnante, un peu naïve, mais elle ne manque pas de charme et, comme pour les autres films de Harryhausen, on y prend plaisir malgré la médiocrité de certains interprètes (le tout bercé par les accords séduisants de Miklos Rozsa). N’étant pas libre pour le rôle du sinistre Koura, Christopher Lee est remplacé par Tom Baker (Raspoutine dans Nicholas and Alexandra de Franklin J. Schaffner, 1971) ; le sorcier n’est pas invincible : à chaque tour de magie, il vieillit un peu plus. Le script mobilise le continent mythique de Lémurie qui se serait étendu d’Afrique jusqu’en Australie, et pour lequel la production s’inspire largement de l’architecture et de la statuaire indo-khmère d’Angkor Vat (elle renonce toutefois à des prises de vues au Cambodge et en Inde) ; décors et costumes arabes sont plus soignés et authentiques que d’habitude. Le tournage en Eastmancolor s’opère en juin-août 1972 en Espagne, aux Estudios Verona à Colmenar Viejo (prov. de Madrid), au château de Manzanares el Real (Mendoza), à Grenade (Alhambra), à Majorque (Torrente de Pareis, grottes d’Artà, palais royal de La Almudaina à Palma de Mallorca), puis à Malte (studios et bassin de Rinella), enfin, à partir de fin septembre, et pendant plus d’une année aux Goldhawk Studios à Shepherds Bush (West London) pour les trucages. Sorti en été 1974, le film est le « hit » surprise de l’année : il a coûté 982,300 $ et rapporte 11 millions de $. Une troisième aventure du marin suivra en 1977 avec Sinbad and the Eye of the Tiger de Sam Wanamaker (cf. infra). – IT : Il viaggio fantastico di Sinbad, ES : El viaje fantástico de Simbad, DE : Sindbads gefährliche Abenteuer.
1971-1974[Animation : **Sindbáda / Pohádky tisíce a jedné noci (Les Aventures de Sinbad / Les Contes des Mille et une Nuits) (CZ) de Karel Zeman ; Karel Huttecka, Antonin Duchtik/Filmové Studio Gottwaldov, 88 min./94 min. – av. Ian Triska (narration). – Un ravissant assemblage de sept courts métrages d’animation (papier découpé en couleurs) du Méliès tchèque, des épisodes initialement isolés, enluminures animées de façon artisanale. Episodes : 1. « Les Aventures de Sinbad le Marin (Dobrodruzství námornika Sindbáda) » (14 min.) – 2. « Le Deuxième Voyage de Sinbad (Druhá cesta námorníka Sindbáda) » (13 min.) – 3. « Le Troisième Voyage de Sinbad : Dans le Pays des géants (V zemi obru. Treti cesta námorníka Sindbáda) » (13 min.) – 4. « Le Quatrième Voyage de Sinbad : La Montagne magnétique (Magnetová hora. Ctvrá cesta námornika Sindbáda) » (15 min.) – 5. « Le Tapis volant : Le Cinquième Voyage de Sinbad (Létající koberec. Pátá cesta námornika Sindbáda) » (11 min.) – 6. « Le Sixième Voyage de Sinbad : Le Sultan de la mer (Morsky sultán. Sestá cesta námornika Sindbáda) » (10 min.) et 7. « Le Septième Voyage de Sinbad : Le Démon dompté (Zkroceny démon. Sedmá cesta námorníka Sindbáda) » (12 min.). Ressortie modifiée en 2001 (70 min.).]
1974Ali Baba (ID) d’Ishak Suhaya
P. T. Dipa Jaya Film (Jakarta), 113 min. – av. Yatie Octavia, Alwi Oslan, Us Us, Deddy Damhudi, Rima Melati, Ruth Pelupessy, Ismed M. Noor, Daeng Harris, Chitra Dewi, Ratmi B-29, Mansjur Sjah, A. Hamid Arief.
1974Al-Mughâmara (SY) de Muhammad Shâhin
National Film Organization (Damas), 100 min. – av. Ahmad Addas, Oussama Al-Roumani, Ighraa, Mouna Wasef. – Adaptation de la pièce Mughâmarat ra’s al-mamlûk Jâbir (L’Aventure de la tête de l’esclave Jâbir) de Sa’dallah Wannus, inspirée d’un conte des Mille et Une Nuits.
1974(tv) Aladdin / The Story of Aladdin (GB) de Robin Nash et Alan Bell
(BBC1 24.12.74), 90 min. – av. Michael Aspel, Jacqueline Clarke, Dana, Peter Glaze, Barnie Gosney Derek Griffiths, Derek Guyler, an Hunt Don Madean. – Programme de Noël pour enfants.
1975Alibabavum 41 Kallamarnum / Alibaba and the Forty-One Thieves (Ali Baba et les 41 voleurs) (IN) de J. Sasikumar [=Nambiathusseril Varkey John]
JS Films, Trivandrum (parlé malayalam), 180 min. – av. Prem Nazir (Ali Baba), K. P. Unmar (Abu Hassan, le chef des bandits), Adoor Bhasi (Qasim Baba), Vidhubala (Fatima), Thikkurisi Sukumaran Nair (son père), T. R, Omana (la mère d’Ali Baba), Jayabharathi (Marjina, princesse de Gulabad), T. S. Muthayya (le shah Alam Parvez), Govindhan Kutti (Shamsher), Kottarakkara Shreedharan Nair (Mustafa, le marchand) Jaya Bharti, Jyoti Laxmi, Vijay Lalita.
Une version qui delaye les aventures d’Ali Baba sur trois heures en situant le tout à Gulabad dans le Baharistan (lieux fictifs) et en inventant quantité d’épisodes apocryphes (Fatima, la fille d’un riche marchand et inventeur d’explosifs qui est enlevé par les brigands pour lesquels il est forcé de fabriquer des bombes ; la quête d’Ali Baba pour retrouver son géniteur Yusuf dans le royaume du shah Alam Parvez, puis sa vengeance après l’assassinat du vieux père par les quarante voleurs d’Abu Hassan, etc.). Des aventures en Eastmancolor signées par le réalisateur le plus prolifique du subcontinent indien (141 films au Kerala, dont 84 avec Prem Nazir), surnommé « Hitmaker Sasikumar » en raison des succès commerciaux de ses films.
1975Aladin (ID) de Matnoor Tindaon
P. T. Dipa Yaya Film (Jakarta). – av. Ratmi B-28, S. Bagio, Osman Alwi, Us Us, Deddy Damhudi, Aminah Cendrakasih, Mansjur Sjah.
1975(tv) Aladdin eller den forunderlige lampe (DK) de Kaspar Rostrup
Leon Munkholm/Danmarks Radio (DR 28.12.75-1.1.76), 5 x 45 min. – av. Nis Bank-Mikkelsen (Aladin), Olaf Ussing (Noureddin), Birthe Neumann (Guinare), Søren Elung Jensen (le génie de la lampe), Ebbe Rode (le sultan Soliman), Peer Guldbrandsen (Mustafa), Erno Müller (le Grand Vizir), Niels Alsing (Selim), Freddie Andersen (Sinbad), Asbjørn Andersen (Ali), Bodil Udsen (Morgiane), Paul Hüttel (Saladin), Ole Dupont (un esclave). – Feuilleton tiré de la pièce du poète romantique danois Adam Gottlob Oehlenschläger (1805).
1975Sindbad (PK) de Iqbal Kashmiri
Malik Mustaq Co. (Lahore) (parlé urdu). – av. Sangeeta, Shahid, Munawar Zarif, Saqi. Adib, Aqil.
1975-78 – [Animation : (tv) Arabian naitsu : Shinbaddo no bôken / Sindbad (JP/DE) de Fumio Kurokawa et Kunihiko Okazaki ; Nippon Animation Co.-ZDF (tv 1.10.75), 52 x 24 min. – av. les voix de Ian Odie (Sinbad), Niko Macoulis (Ali Baba), Ursula Wolff (Shéhérazade)
1976Qamar el-Zamân (La Plus Belle de tous les temps) (EG) de Hassan Al-Imam
av. Abu Bakr Ezzat (le prince Kamar az-Zaman), Naglaa Fathy (la princesse Boudour), Mostafa Fahmi, Said Saleh. – Les amours de Kamar et Boudour, synopsis cf. version de 1922.
1976(tv) The Magic Gorilla (GB) de Roger Singleton-Turner
« Jackanory Playhouse », Angela Beeching, Anna Home/BBCtv (BBC 19.1.76), 30 min. – av. Maurice Denham (le calife Haroun Al-Rachid), Vernon Dobtcheff (le vizir Jaffar), David Warwick (Ahmed, le tailleur), Mavis Taylor Blake (la princesse Yasmine, fille du calife), Dallas Cavell (Ali, le père d’Ahmed), Sonny Caldinez (le bourreau).
Pourquoi le calife de Bagdad n’écoute-t-il que le gorille magique ? Qu’est-il arrivé à Ali, le tailleur de la cour ? D’où le vizir tient-il l’argent pour ses somptueux costumes ? Pourquoi la princesse Yasmine prétend-elle être une esclave ? Ahmed, le fils du tailleur mène son enquête… Un conte des Mille et Une Nuits adapté pour les enfants par Rex Tucker.
1976[Sinbad, o marujo trapalhão (BR) de J. B. Tanko. – av. Edson Rabello (Sinbad). – Pitrerie moderne se déroulant au Proche-Orient et dans laquelle apparaît le légendaire marin.]
1976Alibaba (IN) de Mohammed Hussain
P. L. Sharma Films (parlé hindi). – av. Dara Singh, Komila Wirk, Dev Kumar, Rajendranath, Radha Saluja, Satish Kaul, Jayshree T., Nasir Hussain, Lalita Pawar, Helen, Radha Saluja, Satish Kaul.
1975-77Sinbad and the Eye of the Tiger (Sinbad et l'Œil du Tigre) (GB/US) de Sam Wanamaker [et Ray Harryhausen)
Charles H. Schneer, Ray Harryhausen /Andor Films-Columbia Pictures, 113 min. – av. Patrick Wayne (Sinbad), Taryn Power (Dione, fille de Melanthius), Margaret Whiting (Zénobie, la sorcière), Jane Seymour (la princesse Farah), Patrick Throughton (l’ermite Melanthius), Damien Thomas (le prince Kassim), Kurt Christian (Rafi), Nadim Sawalha (Hassan), Bruno Barnabe (Balsora), Bernard Kay (Zabid), Salami Cooker (Marouf), David Sterne (Abu-Sir), Peter Mayhew (le Minaton).
Synopsis : Sinbad rôde dans le vieux port de Charok, cherchant à obtenir de Kassim, le jeune prince héritier, l’autorisation d’épouser sa sœur, la princesse Farah. Leur marâtre, l’odieuse magicienne Zénobie, transforme Kassim en babouin afin de placer son propre fils sur le trône. Sinbad part à la recherche d'un mage capable de rompre l'enchantement, Mélanthius, l’Hermite de Casgar. Celui-ci et sa fille Dione se disent prêts à accompagner Sinbad dans le pays des Arimaspai, habitants de l’Hyperborée, le continent de glace. Zénobie mobilise ses créatures les plus épouvantables pour les en empêcher, le Minaton, un colossal minotaure mécanique de bronze, puis se transforme elle-même en un tigre géant aux dents protubérantes que Sinbad finira par terrasser.
 La troisième et dernière incursion du magicien des trucages Ray Harryhausen dans l’univers des Mille et Une Nuits après The Seventh Voyage of Sinbad et The Golden Voyage of Sinbad (cf. supra, 1958 et 1974), et son avant-dernier film (suivi en 1981 par le péplum mythologique Clash of the Titans). Lancée sous le titre de Sinbad at the World’s End (Sinbad aux confins du monde), la production bénéficie d’un budget confortable de 3,5 millions de $, son affiche est tenue par un fils de John Wayne et la fille de Tyrone Power. Le tandem Schneer-Harryhausen cherche des sites alors rarement ou jamais utilisés, tels que la cité nabatéenne de Pétra en Jordanie (pour le repaire de Melanthius) ; on tourne dès juin 1975 en Metrocolor à Malte (les navires) et surtout en Espagne (à Almeria en Andalousie, dans le massif des Pics d’Europe en Asturie), en intérieur aux Estudios Verona à Colmenar Viejo (prov. de Madrid), ainsi qu’aux studios de Pinewood et de Lee International à Shepperton (Surrey) ; les travaux d’animation considérables (procédé « Dynarama ») s’étirent d’octobre 1975 à mars 1977 afin de donner vie à un babouin joueur d’échecs, à un tigre aux dents de sabre, à un morse géant, un Minotaure mécanique, à un troglodyte monocornu et autres créatures hostiles. C’est un succès populaire, mais la formule s’épuise, l’action traîne, le script est prévisible et le film déçoit certains fans en raison de son approche auto-parodique. – DE : Sindbad und das Auge des Tigers, ES : Simbad y el ojo del tigre, IT : Sinbad e l’occhio della tigre.
1977Alibaba Marjina / Ali Baba and Marjina (IN) de Kedar Kapoor
Tara Chand Barjatya/Radjshri Production Ltd. (parlé hindi). – av. Prem Krishan (Ali Baba), Tamanna (la princesse Marjina), Viju Khote (Kassim), Urmilla Bhatt (la mère d’Ali Baba), Jagdeep (Mustafa), Pinchoo Kapoor (Hakim-e-Allah Afsal Baig), Amrish Puri (Jabbar), Shakti Kapoor (Nasir), Madhu Malhotra (Naseem), Ram Mohan (Taimur Baig), Paintal (Khairu), D. K. Sapru (Badshah), Sharat Saxena (Aslam).
Ali Baba vit chichement avec sa mère ; il emprunte de l’argent à son frère cupide, Qasim, pour racheter l’esclave Marjina (en fait une princesse) et la libérer. Elle décide de rester auprès de lui. Peu après, Ali Baba devient un homme fabuleusement riche et libère tous les esclaves du marché : il a découvert le trésor des quarante voleurs. Son frère cherche à s’en emparer et le paie de sa vie.
1977The Thief of Baghdad / Baghdad ka chor (IN) de Ravi Nagaich
Ram Kumar/Bohra Bros. Productions (parlé hindi). – av. Kabir Bedi, Shatrughan Sinha, Helen, Bindu, Sulakhshana Pandit, Mehmood, Prem Chopra, Prema Narayan.
À noter la présence en tête d’affiche de Kabir Bedi, une des futures idoles du film et téléfilm d’aventures italien (rôles de Sandokan et du Corsaire Noir entre 1976 et 1996), qui sera, comme par hasard, à nouveau le héros du Voleur de Bagdad anglo-américano-français de 1978 (cf. infra).
1977Garib v strane dzhinov / Qarib cinlar diyanrinda [Gharîb au pays des djinns] (SU) d’Alisattar Atakishiyev
Azerbajdjanfilm, 81 min. – av. Bakhtiar Khanizadé (Gharîb/Sakhib), Mukhtar Maniyev (Aksad), Amalia Panakhova (Zarri), Aghahuseyin Djavadov (Qarasad), Gamlet Kahni-zadé (Raki), Gülnara Afandiyeva (Zarangiz), Firangiz Sharifova (Tükaz), Alasgar Mammadoglu (Asra), Mubariz Alikhan-ogly (Kasra).
Un esprit maléfique promet aux frères jumeaux Gharib et Sakhib une montagne d’or à celui des deux qui le suivra dans les bas-fonds des djinns pour leur communiquer son savoir. Gharib ne peut résister à la tentation, mais une fois sa mission accomplie, les djinns ne veulent plus le laisser repartir et il doit ruser pour leur échapper. – DE-RDA : Garib im Lande der Dshinn.
1978(ciné+tv) The Thief of Baghdad (Le Voleur de Bagdad) (GB/FR/[US]) de Clive Donner
Aïda Young, Thomas M. J. Johnston/Palm Films Ltd.-Victorine Studios-[Columbia-EMI-Warner] (NBC 23.11.78), 102 min. – av. Roddy McDowall (Hassan le voleur), Kabir Bedi (Taj, prince de Shakar), Frank Finlay (Abu Bakr, le fakir), Marina Vlady (Perizadah, la nourrice), Pavia Ustinov (la princesse Yasmina), Peter Ustinov (le calife de Bagdad), Terence Stamp (le vizir Jaudur), Daniel Emilfork (le génie de la lampe), Ian Holm (le gardien de la porte), Ahmed El Shenawi (Kanishka), Kenji Tanaki (Lalitaditya), Bruce Montague (chef de la police), Kevork Malikyan, Marina Sirtis.
Synopsis : Après la mort du roi de Shakar, son fils, le prince Taj, est envoyé à Bagdad par le vizir Jaudur afin d'y courtiser la belle princesse Yasmina. En chemin, la délégation du prince est assaillie par des brigands payés par Jaudur. Taj réussit à s'échapper et, pris pour mort, il arrive affamé et sans un sou à Bagdad. Grâce à l'aide de Hassan, un voleur et magicien de foire, le prince est reçu à la cour du calife. Mais Jaudur, qui s’est emparé du trône de Shakar, entre également dans la compétition pour la main de Yasmina, tombée amoureuse du prince déshérité. Le félon arrive sur son tapis volant, portant le sceau royal du prince officiellement décédé et accuse Taj d’imposture. Ce dernier l’affronte en duel, mais Jaudur est invincible, car son âme est cachée dans un lieu secret. Le calife n’est pas dupe. Toutefois, pour gagner du temps, il somme tous les prétendants à la main de sa fille de lui ramener « ce qu’ils ont trouvé de plus précieux » et de revenir dans trois lunes. Grâce à l’aide de Perizadah, servante de la princesse, Taj et Hassan apprennent l’existence d’un Œil-qui-voit-tout sous forme de diamant dans un temple qu’ils atteignent en subtilisant le tapis volant du vizir. Sur place, le prince évite divers pièges de sorcellerie mais ne peut empêcher Jaudur de s’emparer de l’Œil avec lequel ce dernier soumet le calife et Yasmina à sa volonté. Perdus dans le désert après l’attaque des assassins du vizir sur des chevaux volants, Taj et Hassan découvrent une bouteille et son génie. Le prince dompte le génie qui lui accorde trois vœux. Ainsi, Taj s’empare de l'âme du vizir dans un œuf géant et peut retourner à Bagdad pour régler ses comptes.
Scénarisée par Andrew Birkin (frère de Jane et futur réalisateur de Burning Secret d’après Stefan Zweig, 1989), qui s’est servi dans les versions de 1924 et 1940, cette énième resucée du conte surprend en premier lieu par ses nombreuses vedettes au générique : Roddy McDowall (Octave dans le Cléopâtre de J. L. Mankiewicz) en chapardeur bouffon et bon vivant, Kabir Bedi, débarqué de New Delhi (il sera adulé en Italie pour avoir incarné les héros d’Emilio Salgari, Sandokan et le Corsaire Noir), Peter Ustinov en calife (l’apport le plus drôle du film) et sa fille Pavia, Frank Finlay, Marina Vlady, Terence Stamp, etc. Kabir Bedi vient du reste de tenir l’affiche dans un autre Voleur de Bagdad, fabriqué à Bollywood l’année précédente. Hélas, cette mouture platement mise en images par le Britannique Clive Donner (What’s New, Pussycat ?) n’exploite pas ces atouts ; l’introduction est laborieuse et gesticulante, le fantastique se fait attendre et retient surtout l’attention dans la séquence angoissante et visuellement assez frappante de la caverne où le prince Taj cherche son diamant. Tourné aux studios de Shepperton (Surrey) et en extérieurs en Espagne, à Almeria (Rambla de Alfaro), le film est exploité partiellement en salle en Europe, mais seulement à la télévision aux États-Unis. – IT : Il ladro di Bagdad, ES : Las aventuras del ladrón de Bagdad, DE : Der Dieb von Bagdad.
1978(tv) Mesék az ezeregyéjszakáról [=Contes des Mille et Une Nuits) (HU) d’András Rajnai
Magyár Televizió Müvelödési Föszerkesztöség (MTV), 56 min. – av. István Kovács (Sinbad), Edit Szalay (Sheila), Anikó Sáfár (Dathma), Flórian Kaló (Padmanaba), Péter Haumann (le djinn), György Bánffy (l’émir Junan).
1978(tv) Das Märchen vom falschen Prinzen [=La Légende du faux prince] (AT) de Peter Dörre
(ORF 12.3.78). 30 min. – av. Peter Fricke (le tailleur Labakan). – Dramatique tirée du conte oriental de Wilhelm Hauff (1826), lui-même inspiré par des motifs des Mille et Une Nuits. Synopsis cf. Labakan (1957).
1978Alladdin and the Wonderful Lamp / Adventures of Aladdin (IN) de Homi Wadia
Homi Wadia/Basant Pictures, Bombay (parlé hindi). – av. Sachin (Aladin), Jayshree T. (Sophia), Paintal (Baglore), Sudhir (Shimran), Nazneen, Raza Murad, Kanchan Mattu, Razvi, Kanchan Mattu, Vandna Shashtri, Sunil Dhawan, Hercules, Habib, Sheikh, Jayshree Gadkar.
1979Allavuddinum Arputha Vilakkum / (sortie 1982 :) Aladdin and Wonderful Lamp (IN) de I. V. Sasi
Ayappan Productions-Supriya Creations (parlé malayalam, tamoul et hindi), 144 min. – av. Kamal Hassan (Aladin), Rajnikanth (Kamruddin), Jaya Bharathi (la princesse Roshni), Bahadoor (Mulla), Adoor Bhasi (le père de Kamruddin), Gemini Ganesan (Milka Sing), Meena (la mère d’Aladin), Jose (l’ami d’Aladin), Sree Latha, Jose Prakash, Sri Priya, Helen, Thikkurisi Sukumaran Nair. – La version doublée hindi sort en 1982 sous le titre anglais d’Aladdin and Wonderful Lamp (écran panoramique).
Christopher Lee dans Arabian Adventure (1979) de Kevin Connor.
1979Arabian Adventure (Le Trésor de la montagne sacrée) (GB) de Kevin Connor
Kevin Connor, John Dark, Graham Easton/Badger Films-EMI Films-British Lion Film Corp., 98 min. – av. Christopher Lee (le calife Alquazar), Milo O'Shea (Kassim), Oliver Tobias (le prince Hassan), Peter Cushing (Al-Wuzara, le Grand Vizir), Capucine (Vahishta), Emma Samms (la princesse Zuleira), Mickey Rooney (Daad El Shur), Puneet Sira (Majeed), John Wyman (Bahloul), John Ratzenberger (Ahmed), Shane Rimmer (Abu), Art Malik (Mamhoud).
Synopsis : Le royaume de Jadur est tyrannisé par le sorcier maléfique Alquazar, qui a vendu son âme en échange du pouvoir absolu ; il lui manque toutefois un ultime talisman, la Rose de l’île d’Elil. Le miroir magique dans lequel se reflète sa propre âme emprisonnée lui révèle qu’un seul être au monde est qualifié pour trouver la rose : non pas le prince Hassan, venu demander la main de sa fille adoptive Zuleira, mais le petit mendiant Majeed, un adolescent au cœur pur. Ce dernier va s’allier avec Hassan pour mettre un terme à la domination du sorcier après une bataille aérienne de tapis volants.
Si le titre de ce film réalisé en Technicolor en juillet-août 1979 aux studios britanniques de Pinewood (Iver Heath), avec force miniatures, maquettes et blue screen, est banal, son casting met l’eau à la bouche : Christopher Lee et Peter Cushing, alias Dracula et le docteur Frankenstein, jadis les incontournables têtes d’affiche des bandes d’horreur de la Hammer, entourés de l’élégante Capucine et de Mickey Rooney, old timer empâté. Hélas, le scénario, une énième variante du Voleur de Bagdad d’Alexander Korda (1940), rabâche tous les stéréotypes du genre (en rajoutant des monstres métalliques qui crachent du feu et, jolie idée, un génie si peu conforme à la tradition qu’il provoque des protestations chez les héros), tandis que la mise en scène de Kevin Connor, tâcheron de sous-produits de science-fiction tirés des romans d’Edgar Rice Burroughs, reste d’une navrante platitude. Seul atout : la photo et les effets spéciaux d’Alan Hume, responsable de l’imagerie de Return of the Jedi (1983) et de plusieurs James Bond. « Star Wars en tapis volant », résume Variety (30.5.79). – ES : Alfombras mágicas, IT : Avventura araba, DE : Im Bann des Kalifen.
1979Alibaba aur Chalis Chor / Priklyoutcheniya Ali-Baby i soroka razboynikov [=Les Aventures d'Ali-Baba et les 40 voleurs] (IN/SU) de Umesh Mehra et Latif Faisiev
Eagle Films-Uzbek Film (Tachkent)-F.C. Mehra Co. (parlé hindi/russe), 138 min. – av. Dharmendra (Ali Baba), Hema Malini (la princesse Marjina), Prem Chopra (Shamsher), Madan Puri (le père de Fatima), Pinchoo Kapoor (le Shah Alam Parvez), Rolan Bykow (le Vizir de Baharistan/Abu Hassan, le chef des voleurs), Zinat Aman (Fatima), Zakir Mukhamedzhanov (Yusuf, père d’Ali Baba), Sofiko Chiaureli (la mère d’Ali Baba), Yakub Akhmedov (Kassim, frère d’Ali Baba), Khodjadourda Narliev (Hamid), Mher Mkrtchyan (Mustafa), Khamza Umarov (Ahmed), Dzhavion Khamrayev (Muhammed), Elena Sanaeva (le fantôme de la caverne), Sanat Divanov, Ralan, Frunze Marktchan, Mac Mohan, Yakub Mohammad.
Une ambitieuse coproduction indo-soviétique en couleurs et au format panoramique, dans laquelle Ali ben Yusuf dit Ali Baba vit à Gulyabad, dans le Baharistan (lieux fictifs), où il est surtout concerné par le bien-être de la ville et se met au service du peuple (ben voyons !). La tonalité générale du récit est plutôt dramatique (le père et le frère d’Ali Baba sont assassinés, ce dernier écartelé, tandis que le père de Fatima, prisonnier des voleurs, se suicide), les rôles du Vizir et du chef des brigands ne sont pas confiés par hasard au même comédien. Les 40 bandits se sont emparés d’un explosif mis au point par le père de Fatima et font sauter le barrage, privant ainsi toute la région d’une eau vitale. Les flots déchaînés emportent le vieux père Baba jusqu’en Inde, où il est l’hôte d’un rajah. Ali le récupère au moment où éclate une révolte de palais au cours de laquelle rajah est tué, etc. Réalisée conjointement par l’Indien Umesh Mehra et l’Ouzbèke Latif Faiziyev, cette bande d’aventures aux splendides paysages s’adresse en priorité au public indien (la version soviétique est plus courte), d’où un rajout bollywoodien de danses et de chansons (avec un zeste d’Ennio Morricone), une intrigue plus étoffée lorgnant vers le western (cavalcades, romance et vengeance) le tout réalisé aux studios Natraj-Filmistan à Bombay et aux studios d’Uzbek Film à Tachkent – DE-RDA : Ali Baba und die 40 Räuber.
1980Aladin dan lampu wasiat (ID) de Sisworo Gautama Putra
P. T. Rapti Film (Jakarta), 94 min. – av. Rano Karno (Aladin), Lydia Kandou (la princesse Jasmine), Sukarno M. Noor (le Vizir), Alan Nuari (le fils du Vizir), Jack John (le génie de la lampe), Doddy Sukma (le calife de Bagdad), Hadisjam Tahax, Marlia Hardi, Johan Mardjono, Pria Bombon, Yayuk Suseno, Husin Lubis. – Filmé en couleurs.
1981(tv) Tales from the Thousand and One Nights (GB) de Michael Hayes
Cedric Messina/BBCtv (BBC1 30.12.81), 111 min. – av. Anne-Marie Marriott (Shéhérazade), Ava Cadell (Dunyazad, sa sœur), Frank Finlay (le sultan Shahryar), Paul Hardwick (le vizir), Neville Jason (Shazaman), Stratford Johns (le génie de la lampe), Patrick Troughton (l’escroc), Norman Beaton, Tony Allef, Ishia Bennison, Emily Bolton, Ishaq Bux, Lyndom Gregory, Emma Jacobs, Bernard Kay, Leon Lissek, Eva Louise, Andrew Manson, Linda Polan, Raad Rawi, David Rappaport, Cengiz Saner, Shirren Shah.
Un scénario de Victor Pemberton d’après la traduction anglaise de Sir Richard Burton, enregistré pour les fêtes de fin d’année au Studio 1 du BBC TV Center à Wood Lane (Londres).
1981Aladdin (PK) d’Iqbal Kashmiri
I. Kashmiri/Salim Ashrafi Prod. (Lahore) (parlé urdu). – av. Babra Sharif, Faisal, Bindiya, Ali Ejaz, Nayyar Sultana, Firdous Jamaal, Faisal Iqbal, Rangeela, Adeeb, Talish.
1981Aladdin Alibaba Sindabad (BD) de Shafi Biterampuri
Bangladesh Prod. (Dacca) (parlé bengali).
1981(tv) Al-Shâtir Hasan [Hassan le brave] (SA) de Nabil Amir
Série de la télévision saoudienne réalisée par un Égyptien.
1982 – [Animation : Arajin to maho no ranpu / Aladdin and the Magic Lamp (Aladin et la Lampe Merveilleuse) (JP) de Yoshikatsu Kasai et Kasai Yoshinori ; Toei Animation Co., 65 min.]
1982(tv) Aladino y la lámpara maravillosa (MX) de Reynaldo López
Reynaldo López Prod., 48 min. – av. Manuel Lozano (Aladin), José Flores, Alicia Montoya.
1982A Thousand and One Erotic Nights / The Story of Scheherazade (Shéhérazade) (US) de Stephen Lucas [=Edwin Brown]
Summer Brown, Walter Wenker/Sandra Winters-Stephen Lucas Prod., 87 min. – av. Annette Haven (Shéhérazade), John Leslie (sultan Khan), Lisa DeLeeuw (Sultana), Lysa Thatcher (Alana), Herschel Savage (gén. Sargon), Paul Thomas (le prince), Nicole Black. – Film pornographique : Shéhérazade survit en racontant des contes érotiques. – IT : Folli notti di piacere, ES : Mil y una noches eróticas de Sheherezade.
1982(tv) Afsaneh Soltan va Shaban [=La Légende du Sultan et du Berger] (IR) de Dariush Farhang
(IRIB Canal 1), 13 x 50 min. – av. Mehdi Hashemi (le sultan / Shirzad, le berger), Golab Adineh (la sultane Banu, sa femme), Mohammad Moti (le Grand Vizir), Dariush Iran Nezhad (Samandar), Hossein Mahjoub (Shirzad, le berger), Massoumeh Rajai (Nane Shiroo), Hassan Razavi (le géolier), Mohammad Ali Keshavarz (le Grand Devin), Hossein Kasbian (Talkhak, le bouffon), Ahmad Aghalou (le scribe), Massooumeh Rajaei (Naneh Shiru, mère de Shirzad), Mehdi Hashemi, Alireza Mojalla, Siavosh Tahmoures, Hossein Kazbian, Jamshid Layegh, Sadegh Hatefi, Akbar Doodkar, Morteza Taheri.
Télésérie comique iranienne inspirée partiellement des Mille et Une Nuits : dans son palais, un sultan frivole et grotesque fait un cauchemar interprété comme un signe précurseur de malheur et de mort. La sultane Banu, le vizir et le devin décident de remplacer temporairement le roi par un sosie, afin de tromper le destin. Le chanceux placé sur le trône est un simple berger, Shirzad, qui ressemble comme une goutte d’eau au sultan ; ce dernier prend sa place au village. Au palais, le vizir fait disparaître tous ceux qui ont des soupçons, notamment le bouffon. Un scribe parvient à contacter Shirzad et ensemble, ils fomentent un plan pour éliminer le vizir et la noblesse corrompue de la cour ; la sultane Banu se suicide. Quant au sultan, qui a abandonné ses moutons, il est condamné par l’armée de misérables reclus découverts dans les geôles du palais et que Shirzad a fait libérer.
1982[Animation : Bugs Bunny’s Third Movie : 1001 Rabbit Tales (Les 1001 Contes de Bugs Bunny) (US) de Friz Freleng, Chuck Jones et Robert McKimson ; Warner Bros., 74 min. – av. voix de Mel Blanc (Bugs Bunny / le sultan Yosemite Sam / le génie), Lennie Weinrib (le prince Abadaba).]
1983(tv) Alî Bâbâ (KW) de Hussein Al-Salih
av. Ibrahim El Harbi, Jassem Al-Nabhan, Ahmed El Saleh, Kazem Al-Qallaf, Mohammed El Sareeaa, Meaad Awaad, Kalil Zaynal, Saleh Amad, Majed Sultan. – Série de la télévision koweitienne (26 min. par épisode).
1983(tv) Ali Baba i sorok razboynikov (SU) d’Oleg Ryabokon
Lentelefilm, 91 min. – av. Oleg Tabakov (Ali-Baba), Tatyana Nikitina (Zeynab), Sergueï Yursky (Kassim), Natalya Tenyakova (Fatima), Venyamin Smekhov (Mustafa), Armen Dzhigarkhanyan (Hassan), Aleksei Grabbe (Ahmed), Leonid Filatov (Passer). – Téléfilm en musique (mus. de Viktor Berkovskij et Sergueï Nikitin) .
1983/84(tv) Priklyucheniya malenkogo Muka [=L’Histoire du petit Muck] (SU) de Yelizaveta Kimyagarova
Gostelradio-Tajikfilm Studio, Douchanbé (tv 16.6.84), 69 min. – av. Bakhtiar Fidoyev (Muck), Aleksandr Parra, Larisa Belogurova, Dzhanik Fayziev, Makhmud Esambayev, Bimbulat Vatayev, Takhir Sabirov, Evegniy Gerchakov, Anvar Turaev, Rano Kubaeva, Kurban Kholov, Farman Abdullayev, Yunus Yusupov, N. Kholova.
D’après le conte oriental de Wilhelm Hauff inspiré par des motifs des Mille et Une Nuits. Synopsis cf. Die Geschichte vom kleinen Muck (L’Histoire du petit Muck) de Wolfgang Staudte en 1953. L’action est déplacée de Bagdad en Asie centrale. La matière a déjà été abordée en URSS sous forme d’un court métrage d’animation muet en 1928, Malenkiy Muk d’Olga Khodatayeva (Soyuzmultfilm, 13 min.).
1984(tv) Alf Layla wa Layla / On Thousand and One Nights (OM) de Abd al-Aziz al-Sukkari
Naglaa Fathi Entertainment (Oman). – av. Naglaa Fathi, Hussein Fahmy, Tawfiq El Deken, Abdel Moneim Ibrahim, Shahira, Badr el-Din Gamgoum, Maha Abou Ouf, Monsen Sarhan, Mahmoud Shokoko, Mohammed Shawky, Olfat Sokar, Farouk Falawkas, Samira Mohsen, Aziza Helmy, Zouzou Hamdy El Hakim, Mohammed El Shwehy, Mahmoud El Sabbaa, Nabil Elhagrasy.
Série de la télévision du Sultanat d’Oman réalisée par un téléaste et des acteurs égyptiens (45 min. par épisode).
1984(tv) Aladdin and the Forty Thieves (GB) de Jeremy Swan
BBC Children’s Department (BBC1 1.1.84), 55 min. – av. Sarah Greene (Aladin), Edward Brayshaw (Abanazar), Floella Benjamin (le génie de l’anneau), Terry Nutkins (Wischee Washee), John Morris (la veuve Twankey), Jan Francis (la princesse Balroubador), Brian Cant (l’empereur de Chine), Ann Emery (l’impératrice), Todd Carty (Ali Baba), Kenneth Connor (Abdul, chef des 40 voleurs), Jeffrey Segal (Kassim Baba), James Marcus (Ahmed), Christopher Biggins (le génie de la lampe).
Un mélange des deux contes d’Ali Baba et d’Aladin pour le programme de fin d’année pour enfants (scénario de John Morley).
1984/85I eshtchyo odna notch Shekherazady / Boz yak shabi Shahrzod [=La 1002ème nuit de Shéhérazade] (SU/SY) de Takhir Mukhtorovitch Sabirov
Tadjikfilm Studio (Douchanbé), 100 min. – av. Jelena Tonunz (Shéhérazade), Takhir Sabirov (le calife [Shahryar]), Abdel Al-Chadad (Azamat), Larissa Belogurova (Malika), Sharif Kabulov (le vizir Jaffar), Burkhon Radzhabov (Karabai), Tamara Yandiyeva (Anora), Galib Islamov (Musaffar), Dalwar Umarova (Aïcha), Sultan Dikambayev (Tchingiz), Nabi Rakhimov (le cadi), Nurullo Abdullayev, Inogam Adylov, D. Ashurov, D. Beganchiyev.
Synopsis : La nuit, à la cour du calife, la belle Shéhérazade conte le récit suivant : À Bassora, le jour où naît leur fils Azamat, Musaffar et Aïcha reçoivent la visite d’un vieux sage qui promet à leur fils bonheur et amour, si celui-ci réussit toutes les épreuves qui lui seront envoyées. Le sage lui laisse une flûte enchantée qui devra protéger le jeune homme à partir de ses vingt ans. Devenu adulte, Azamat accompagne une caravane transportant des cadeaux pour le calife Haroun Al-Rachid ; lorsque celle-ci est attaquée par des brigands et qu’il reste nu dans le désert, Azamat joue de la flûte et un cobra géant doué de parole lui vient à l’aide. Arrivé à Bagdad, il travaille au marché au service de Karabaï, un commerçant avare. Il sauve la vie du calife qui arpente incognito la cité et obtient en récompense une bourse d’or dont son patron cherche à s’emparer. Azamat et la fille du calife s’aiment, ce qui provoque la jalousie de la fille de Karabaï qui cherche à se venger. Le jeune homme tombe dans un piège dressé par Karabaï et le vizir ; il est condamné sous un prétexte fallacieux et jeté à la mer, où il survit grâce à la protection de sa flûte qui lui permettra de revenir en force à la cour et d’épouser sa bien-aimée.
 Le scénario adapte très librement un conte oriental de Wilhelm Hauff, Saids Schicksale (Les Destinées de Saïd), paru en 1828. Shahryar n’est plus le roi de Perse, mais le calife de Bagdad. Tourné en format panoramique Sovscope 70 et Sovcolor au Tajik Filmstudio à Douchanbé et dans les paysages enchanteurs du Tadjikistan, ce premier épisode de la trilogie réalisée par Takhir Sabirov fait 18,6 millions de spectateurs en URSS. Grâce à sa couleur locale très marquée ainsi qu’à ses trucages réussis (serpents et mygale géants), le film sera, comme les deux épisodes qui lui font suite, la première production tadjike à être distribuée en dehors de l’Union soviétique. – DE+DE-RDA : Eine Nacht mit Scheherezade, US : Scheherazade’s 1002nd Night.
1984/85(tv) Falešny princ / Der falsche Prinz / Das Märchen vom falschen Prinz : Ein orientalisches Märchen um Schein und Sein [=Le Faux Prince] (CZ/DE) de Dusan Rapos
Slovenská Filmová Tvorba Koliba (SFT Bratislava)-Omnia Film München-ZDF-ORF-RAIuno-TVE-Films du Sabre (1.11.85), 89 min. – av. Svetislav Goncic (le tailleur Labakan), Dusan Vojnovic (le prince Omar), Kamila Magálová (la sultane), Pinkas Braun (le Grand Vizir), Jana Holenová (Tcherkesse), Roman Skamene (commandant des gardes du palais), Karol Cálik (marchand de chevaux), Ivan Drozdy (le bourreau), Natas Hasprová, Alexej Artim, Kael Effa, Natasa Hasprová, Zuzana Havlíková.
Téléfilm tiré du conte oriental de Wilhelm Hauff (1826), lui-même inspiré par des motifs des Mille et Une Nuits. Synopsis cf. Labakan (1957).
1985(tv) ‘Alâ’ al-Dîn Abû al-Shâmât [=Aladin] (QA) de Ghassan Jabri
série de la télévision du Quatar réalisée par un Syrien, avec des acteurs syriens, égyptiens, jordaniens, irakiens et qataris.
1985Hodja fra Pjort / The Magic Carpet [Hodja et le tapis volant] (DK) de Brita Wielopolska
Bent Fabricius-Bjerre/Metronome Productions-Danske Filminstitut, 76 min. – av. David Bertelsen (Hodja), Zuhal Ödemir (Smaragd), Lars Junggren (le Rat), Holger Boland (El Faza), Astrid Henning-Jensen (la protectrice des pauves enfants), Michelle Bjørn-Andersen (la mère de Hodja), Zihni Küçümen (le sultan), Macit Koper (l’homme-oiseau), Stig Hoffmeyer, Leif Sylvester, Debbie Cameron (Perlesten), Bent Børgesen, Cevat Kurtulus, Kadir Savun, Yadigar Ejder.
Les aventures fantastiques du jeune Hodja, originaire de Pjort, auquel un vieux sage confie un tapis volant que convoite un bien méchant calife… Un film insipide pour la jeunesse tiré du livre et du musical d’Ole Lund Kirkegaard (1970) d’après des motifs des Mille et Une Nuits. Tournage en Turquie (Istanbul, Cappadoce, Kayseri, Pamukkale). – DE : Der fliegende Teppich, US : The Magic Carpet.
1986*(tv) Aladdin and His Wonderful Lamp (US) de Tim Burton
« Faerie Tale Theatre », saison 5, épis. 1, Shelley Duvall, Fred Fuchs, Bridget Terry/Gaylord Productions-Lion’s Gate Films-Platypus Productions-CBS/Fox (Showtime Networks 14.7.86), 47 min. – av. Robert Carradine (Aladin), Valerie Bertinelli (la princesse Sabrina), Leonard Nimroy (le sorcier marocain), James Earl Jones (les deux génies), Ray Sharkey (le Grand Vizir), Rae Allen (la mère d’Aladin), Joseph Maher (le sultan), Jay Abramowitz (Habibi), Martha Velez (servante), John Salazar (servant), Bonnie Jefferies, Sandy Lenz et Marcia Gobel (les femmes vertes), Shelley Duvall (l’hôte/le narrateur).
Aladin, un pauvre jeune homme, se fait manipuler par un sorcier maléfique affirmant être son oncle afin qu’il récupère une lampe magique dans une caverne perdue dans le désert. Il obtient cependant une bague magique libérant un génie… Un travail de commande du jeune Tim Burton (Edward Cissorhands, 1990, Ed Wood, 1994), 24 ans, à ses débuts à la télévision. Malgré un budget très serré (une semaine de tournage), une interprétation boiteuse et un manque de liberté artistique évident, on peut y retenir quelques passages remarquables sur le plan visuel (la caverne aux merveilles, tableau onirique fait de bric et de brocs, de bizarreries comme la main vivante qui tient la lampe magique, les parois tapissées de crânes humains), un décor outrageusement irréel de Rick Heinrichs (Sleepy Hollow) et un ou deux personnages savoureux (le méchant sorcier de Leonard Nimoy alias Dr. Spock). Tout Tim Burton est ici en gestation.
1986Thousand and One Erotic Nights II : The Forbidden Tales (Les 1001 Nuits au harem) (US) d’Edwin Durrell [=Edwin Brown]
Summer Brown/Sandra Winters Prod., 79 min. – av. Kari Foxx (Shéhérazade), Keli Richards (Lady Viviane), Jamie Gillis (le cadi), François Papillon (sultan Khan), Karen Bree, Nina Hartley, Kristarra Barrington. – Film pornographique.
1986[sortie : 1989] Sinbad of the Seven Seas / Sinbad dei sette mari / Lampada di Aladino (US/IT) d’Enzo Girolami [=Enzo G. Castellari] et Lewis Coates [=Luigi Cozzi]
Yoram Globus, Menahem Golan, Enzo G. Castellari/Cannon Group, 93 min. – av. Lou Ferrigno (Sinbad), John Steiner (Jaffar), Leo Gullotta (Nadir), Roland Wybenga (le prince Ali), Alessandra Martines (la princesse Alina), Stefania Girolami (Kyra), Ennio Girolami (le Viking), Yehuda Efroni (Ahmed), Attilio Lo Pinto (le roi des zombies). Hal Yamanoouchi (le samouraï), Cork Hubbert (Midget).
Sinbad doit retrouver cinq pierres magiques pour délivrer la ville de Bassora de l’emprise d’un vilain sorcier. Il doit pour cela affronter des Vikings, des Amazones, un samouraï (!), des zombies et son propre double. Un nanar gratiné en Telecolor fagoté aux studios IN.CI.R.-De Paolis à Rome, avec des extraits traficotés du péplum Maciste e la regina di Samar (Maciste contre les hommes de pierre) de Giacomo Gentilomo (1964). – DE : Sindbad, Herr der sieben Meere, ES : Simbad, el rey de los mares.
1986/87Novye skazki Shekherazady / Afsonahoi navi Shahrzod [=Les Nouveaux Contes de Shéhérazade] (SU/SY) de Takhir Mukhtorovitch Sabirov
Tadjikfilm Studio (Douchanbé)-Ganem Film (Damas)-Sovinfilm, 134 min. – av. Jelena Tonunz (Shéhérazade), Takhir Sabirov (le calife Shahryar), Ulugbek Muzaffarov (Mârouf le savetier), Zarina Khushvakhtova (Fatima el-Orrah, sa femme), Tamara Yandiev (la princesse Esmagül, fille du calife), Adel Al-Hadad (Azamat), Tamara Yandiyeva (Anora), Nabi Rakhimov (le cadi), Gennadi Tchetverikov (le génie de l’anneau), Burkhon Radzhabov (Ali, le marchand), Sadidin Bakdunis (Abu Abdurazak), Ivan Gavrilyuk (le vizir Jaffar), Ubaidullo Aumont (Abu Tabak), Akhmad Faiziyev (le cadi), Khatam Nurov (marchand), Shamsitdin Yulliev (boulanger), Sagdi Tabibullayev (concierge), Aslan Rakhmatullayev.
Synopsis : Sollicitée par Shahryar, Shéhérazade lui conte l’histoire de Mârouf, un pauvre savetier du Caire, marié à Fatima, une mégère acariâtre et violente qui l’humilie et le trompe. Son amant, un homme puissant, le fait bastonner et chasser de la ville. Fuyant le domicile conjugal, Mârouf s’engage sur une felouque comme raccommodeur de voiles. La rencontre d’Ali, un ami d’enfance devenu riche marchand et la découverte d’un anneau magique emprisonnant un génie vont changer sa vie. Apitoyé par le sort cruel du savetier, le djinn le conduit dans un royaume lointain où il enfreint la loi : il se promène dans le bazar déserté et pose ses yeux sur la belle princesse Esmagül ; il risque sa tête, car la princesse hait les hommes, mais elle se laisse charmer par l’étranger et lui pardonne. Mârouf obtient également la grâce de son ami Ali qui, reconnaissant, l’aide à s’enrichir. Mais le savetier à tendance à dilapider sa fortune en la distribuant au pauvres…
 La première rencontre du savetier avec le djinn a été tournée dans des grottes de stalactites à une profondeur de 30 mètres. Le djinn, qui sait se transformer de géant en nain, a jadis, lui aussi, souffert des femmes et considère donc Mârouf comme un compagnon de malheur. Un récit filmé en Sovscope 70 et Sovcolor au Tajik Filmstudio à Douchanbé, au Tadjikistan et en Crimée (Bakhtchissaraï) avec la coopération de la Syrie. – DE-RDA : Die neuen Märchen von Scheherezade.
1987/88Posledniaia notch Shekherazady / Shabi okhironi Shahrzod [=La Dernière Nuit de Shéhérazade] (SU/SY) de Takhir Mukhtorovitch Sabirov
Tadjikfilm Studio (Douchanbé)-Ganem Film (Damas)-Sovinfilm, 88 min. – av. Jelena Tonunz (Shéhérazade), Takhir Sabirov (le calife Shahryar), Ulugbek Muzafarov (Mârouf le savetier), Tamara Yandiyeva (la princesse Esmagül, fille du calife), Ivan Garvilyuk (le vizir Jaffar), Burchon Radshabov (Ali), Gada Algama (Amal), Bachar Al-Kadi (le barbier), Samari Chuchtvachtova (Fatima), Gennadi Tchetverikov (le génie de l’anneau), Abdul-Salam Altaiev (Tiuli-Kos), Mazhar Alhakim, Haisam Balani, Khatam Nurov, Mohammed Bitár, U. Bakayev.
Suite et fin des aventures de Mârouf (cf. film précédent) : Devenu un riche marchand, ce dernier se présente à la cour du calife qui, impressionné par le faste du nouveau-venu, lui promet la main de sa fille Esmagül, une faveur que convoite également le vizir Jaffar. Le vizir découvre la véritable identité de Mârouf et fait amener son ex-épouse Fatima à la cour. Mâruf la rend muette grâce aux pouvoirs de son djinn. Jaffar parvient à subtiliser l’anneau magique et fait enfermer le savetier et le calife dans une cage au milieu du désert, où les menacent des dragons cracheurs de feu. Mais Mârouf rétablit la situation, récupère la princesse Esmagül, que le vil Tiuli-Kos a enlevée, et l’épouse en grande pompe. – Un récit haut en couleurs filmé en format panoramique Sovscope 70 et Sovcolor au Tajik Filmstudio à Douchangé, au Tadjikistan, avec la coopération de la Syrie. – DE-RDA : Scheherezades letzte Nacht.
1989(tv) Szindbád nyolcadik utazása [=Le 8ième Voyage de Sinbad] (HU) d’András Rajnai
Magyár Televizió Müvelödési Föszerkesztöség, Budapest (MTV), 7 épisodes. – av. Jácint Juhász (Sinbad), Enikö Tóth (Anisze), Sándor Téri (Denhess), István Bozóky (El Namam), Ferenc Némethy (El Hakim), Thamir Al Zadi (El Szafa), János Pákozdi (Mansur), Marietta Anday (El Harrasa).
1989(tv) Iranian Nights (GB) de Dave Heather (tv) et Penny Cherns (th)
Tariq Ali/Bandung Productions (Channel Four), 56 min. – av. Paul Bhattacharjee (Omar Khayyam), Nabil Shaban (le calife Shahryar), Fiona Victory (Shéhérazade). – Captation télévisée d’une pièce de Tariq Ali et Howard Brenton présentée au Royal Court Theatre à Londres, une illustration et une analyse des aspects tolérants de l’Islam, en réponse à la fatwah prononcée par l’Iran contre Salman Rushdie.
1989(tv) The Magic of Aladdin (CA) d’Elaine McMurtry
Elaine McMurtry/Primedia Productions-British Columbia Broadcasting System-CTV Television Network, 100 min. – av. Karen Kain (Shéhérazade / le génie de l’anneau), Jeff Hyslop (Aladin), David Roxander (le calife / le génie de la lampe), Ross Petty (le vizir et magicien Abanazar), Bruno Gerussi (la veuve Twankey, mère d’Aladin), Ruth Nichol (la princesse), Todd Postlethwaite (l’empereur de Chine), Michael Whitehead (Ping), Jim White (Pong), Patric A. Creelman, Christine Donatio, Ann Gingras, Karen Holness, Glen Kerr. – Comédie en musique enregistrée à Vancouver.
1989/90*(tv+ciné) Shéhérazade / Les 1001 Nuits / Le mille e una notte / Sheherazade – Mit 1001 PS ins Abenteuer (FR/IT/DE) de Philippe de Broca
André Djaoui, Maurice Illouz, Sarim Fassi Fihri/Cinémax-Télémax-Les Films Antenne 2-RAI Due-Telepool Europäisches Fernsehprogrammkontor GmbH-Media 92 (FR2 1.1.93), 98 min. / tv : 195 min. (4 parties). – av. Catherine Zeta Jones (Shéhérazade), Vittorio Gassman (Sinbad), Thierry Lhermitte (le sultan Shahryar), Gérard Jugnot (Jimmy Genious, le génie), Stéphane Freiss (Aladin), Roger Carel (le Grand Vizir), Georges Montillier (Haroum, le bourreau), Alfredo Pea (Agip), Éric Métayer (Abdullah), Florence Pelly (la fille du Grand Vizir), Tim Holm (l’inspecteur en chef), Joy Graham (Mme Wilson), Maurice Lane (Mr. Wilson), Raymond Aquilon (le grand eunuque), Maurice Illouz (le bourgeois), Farida Khelfa (la reine), Faycal Smaili (Aziz), Omar Zerrei (Azzaz), Omar Chenbod (le Grand Imam), Mohammed Majd (l’aveugle). – À la tv : Marc Dudicourt (l’émir) et Valérie Rojan (Aïcha).
 Synopsis : Il était une fois, à Bagdad, un astronome qui, après des nuits et des nuits de recherches, eut la confirmation d’une hypothèse bien étrange : la Terre n’était pas le centre de l’univers, elle tournait autour du soleil. Le scientifique eut en revanche de sérieux doutes sur l’existence d’Allah. Pour le punir de son blasphème, le Ciel le transforma en génie et l’envoya croupir au XXe siècle, en Angleterre, « dans le pays de la pluie éternelle », condamné à y vivre en exil jusqu’à ce que quelqu’un allume sa lampe restée à Bagdad. Il pourra alors, en passant par l’écran de télévision de son salon, retourner chez lui. Or, au même instant, Shéhérazade est sur le point d’avoir la tête tranchée quand les deux jeunes fils du bourreau lui demandent de raconter son histoire. La jeune femme s’exécute… Au palais, le roi n’a d’yeux que pour sa reine et délaisse son harem qui se plaint auprès du Grand Vizir. Celui-ci, monogame, fait croire au roi que sa femme le trompe. De rage, le roi la tue, puis instaure la terreur parmi les vierges du royaume. Le Grand Vizir remplace sa propre fille par une esclave achetée sur un marché, Shéhérazade. La belle se refuse au roi, s’échappe, rencontre Aladin (un jeune intello idéaliste qui vit sur une décharge publique) et actionne la lampe magique. Le génie « Jimmy Genious » accourt et se met à son service, ramenant par voie cathodique une série d’objets modernes (avion, moto) qui demeurent invisibles aux yeux de tous, sauf du possesseur de la lampe. Dans sa fuite, Shéhérazade atterrit dans les bras de Sinbad, un vieil ivrogne qui, sujet au mal de mer et ne sachant pas nager, préfère imaginer ses voyages plutôt que de les accomplir. Tous deux prennent la mer, évitant la noyade grâce à Jimmy. Elle retrouve le roi amoureux qui, la croyant morte, la pleure et se donne à lui avant de l’entraîner dans la vie nomade des gens du cirque, où il réalise son rêve de devenir acrobate. Le Grand Vizir en profite pour s’emparer de la lampe et du pouvoir à Bagdad. Shéhérazade est livrée au bourreau, Jimmy et le roi sont « emprisonnés » au XXe siècle jusqu’à ce qu’une pie remette par accident la lampe en marche et provoque un happy-end. Réconcilié avec Allah, Jimmy est nommé Grand Vizir à la place de l’autre.
Découragé par l’ampleur du sujet, Philippe de Broca, roi de la comédie d’aventures désinvolte et un brin mélancolique, n’en retient que quelques éléments emblématiques (tapis volants, décors baroques) et s’amuse à transformer ses héros en avatars des personnages de sa propre trépidante filmographie : Sinbad est le Jean-Paul Belmondo de L’Incorrigible ; Shéhérazade, énergique, effrontée, courageuse, drôle, devient le sosie féminin du Belmondo de Le Magnifique, etc. De Broca rêve d’un « film sur l’imaginaire », où l’on « ne sache jamais où est le vrai » (scénario avec Jérôme Tonnerre). Vittorio Gassman fait un Sinbad ivrogne, ahuri et fanfaron, un « héros de sable » qui souffre du mal de mer et ne sait pas nager. Pour cette petite peste de Shéhérazade, le réalisateur recherche un visage inconnu qu’il déniche dans le West End à Londres : Catherine Zeta-Jones, Galloise de dix-neuf ans, au tout début d’une belle carrière. On tourne d’avril à juillet 1989 au Maroc (Mohammedia et Salé près de Casablanca, jardin des Oudayas à Rabat) et dans le bassin cinématographique des Mediterranean Film Studios à Malte (l’épisode Sinbad). Le tandem de Broca-Zeta-Jones insuffle du rythme et de la pétulance à cette variation fofolle des contes, un tourbillon d’images jamais vulgaires mais aux situations quand-même un peu étirées, et qui fera naufrage dans la presse comme au box-office (seulement 225'121 entrées).
1990Hatim Tai (IN) de Babubhai Mistry
Ratan Mohan/R. M. Art Productions (parlé hindi), 140 min./125 min. – av. Jeetendra [Ravi Kapoor] (Hatim at-Tai), Sangeeta Bijlani (la fée Gulnar), Alok Nath (le père de Gulnar), Satish Shah (Nazrul, le compagnon de route de Hatim), Amrish Puri (le magicien Kamlakh), Sonu Walia (Saira), Raza Murad (Barzat), Vijayendra Ghatge (Munir), Goga Kapoor (le chef des brigands), Joginder (le bandit), Reshma Singh, Dev Sharma, Kedar Saigal, Master Rinku, Huma Khan, Dev Kumar, Shamsuddin, Rajesh Vivek.
Les aventures merveilleuses du prince yéménite Hatim pour résoudre les sept énigmes qui délivreront la princesse Husn Bano – rebaptisée ici Mariam – de la malédiction de la fée Gulnar, et cette dernière de sa transformation en statue de pierre (commentaires, cf. Hatimtai, 1929). De l’imagerie bâclée, réalisée au Film Center à Bombay par le responsable des effets spéciaux de la version de 1956 due à Homi Wadia.
1990(tv) Aladdin : The Musical (US) de Mickey Dolenz
Disney Channel-Multicom Entertainment Group (Disney Channel 24.12.90), 72 min. – av. Susan Egan (la princesse Mei Ling), Brent Sudduth (Aladin), Richard Kiley (le magicien), Barry Bostwick (le génie), Donna McKechnie (Fatima, la poupée dansante), I. M. Hobson, Jane A. Johnston, Lu Leonard.
Le musical Aladdin’s Golden Lamp (1964) des Prince Street Players à Manhattan (avec une musique de Jim Eller et Jeanne Bargy), médiocrement adapté pour le petit écran, avec effets spéciaux et une interprétation bancale. Le sujet précède de trois ans le dessin animé éponyme de Walt Disney, qui fera à son tour l’objet d’un musical à Seattle en 2011, puis à Broadway en 2014.
1991(tv) Sindbad der Luftflieger (DE) de Nenad Djapic
Michael Alexander/Opal-Filmproduktion-ZDF Kinderfilm, 30 min. – Téléfilm pour enfants.
1991Ali Baba saha horu hathaliha [=40] / Ali Baba and the Forty Thieves (LK) de M. Wimalasena
av. Sumith Mudannayaka, Rex Kodippili, Robin Fernando, Fatina Lai, Sandhya Kumari, Asoka Peiris, Freddie Silva, Manel Chandralatha, Samanthi Lanerolle, Don Sirisena. – Production shri-lankaise en couleurs.
1991Layâli Shahrazâd (Les Nuits de Shéhérazade) (EG) de Wadi Yusuf.
Al-Ghanem for Cinema, 87 min. – av. Ghada Al-Shamaa, Ghassan Massoud, Tamara Ibrahim, Abdel-Salam Al-Delbi, Mazhar Al-Hakim.
1991(tv) L'Experte Halima (FR) de Walérian Borowczyk
« Série Rose » épis. 19, Pierre Grimblat/Hamster Productions-France Régions 3 (FR3 8.6.91), 26 min. – av. Sybille Tibertelli (Shéhérazade), Brian Baker (le sultan Shahryar), Souad Naoui (Halima), François Guerrar (Kamar), Laetitia Colonna D’Istria (Étoile du Matin), Belkacem Tatem (Osta-Obeid), Jean-Pierre Kalfon (le narrateur).
Synopsis : Au cours de la sept-cent-quatre-vingtième nuit, Shéhérazade raconte l’histoire de Kamar, un étranger qui débarque à Bassora. Là, il est pris d'une folle passion pour Halima, la femme du vieux joailler Obeid. Mais nul n'a survécu qui ait pu se vanter d'avoir obtenu les faveurs de la belle capricieuse. Pour y parvenir, il fait faire des bijoux par le mari qui l’invite dans sa demeure. Après une danse du ventre, Halima drogue les boissons et pendant le sommeil de Kamar, elle lui fait l’amour. Le lendemain, les deux amants se retrouvent et Kamar loue la maison voisine de celle du joaillier, puis décide de fuguer avec elle. Son père ayant rejetté l’intruse, Kamar l’enferme dans une cave et se fiance avec la fille d’un notable. Après quarante jours, le joailler trouve la demeure de Kamar. Le père lui donne la clé de la prison d’Halima qui exécute pour son époux une ultime danse du ventre avant que celui-ci ne la poignarde.
Un des derniers avatars d’une série libertine à l’érotisme soft, lancée en novembre 1986 et diffusée le samedi à minuit. Quoique pourvus d’un alibi culturo-littéraire (les dérives coquines des grands écrivains, de La Fontaine à Mirabeau), les films sont souvent mal fagotés. Tout le « gratin de la polissonnerie cinématographique des années sixties » (L. Bihl) est réquisitionné, dont l’incontournable Polonais Borowczyk, pape du film érotico-surréaliste pour intellos (Contes immoraux, 1974). – DE : Erotisches zur Nacht : Der göttliche Trunk.
1991[A la recherche des Mille et Une Nuits / Tawk al-hamama al-mafkoud (TU) de Nacer Kemir ; Caméras Continentales-ERTT-France 3, 77 min. – À travers les Mille et Une Nuits, Kemir propose une exploration des mécanismes de la civilisation arabe. Un documentaire présenté et commenté par le professeur Jamel Eddine Bencheikh, l’un des deux auteurs de la dernière traducton française du recueil.]
1992[Animation : (vd) Aladdin (US) de Timothy Forder; Bevanfield Prod., 74 min. – av. les voix de Nicky Stoter (Aladin), Jason Connery (le vizir), Derek Jacobi (le magicien), Penelope Keith.]
1992[Animation : (vd) Aladdin (US) de Jack Olesker ; Golden Films (American Film Investment Corp.-Goodtimes Entertainment, 50 min. – av. voix de Cam Clarke (Aladin), Jeff Bennett (le génie), Carey Burton (le sultan), Candi Milo (Fatima).]
1992Shehzada (PK) de Pervez Malik
P. Malik Prod. (parlé urdu). – Nadeem Baig, Reema, Babra Sharif.
Aladdin (1992/93) de Ron Clements et John Musker / Walt Disney.
1992/93[Animation : Aladdin (Aladin) (US) de Ron Clements et John Musker ; The Walt Disney Co.-Buena Vista, 90 min. – av. voix de Scott Weinger (Aladin), Robin Williams (le génie), Linda Larkin (Jasmine), Jonathan Freeman (Jaffar), Frank Welker (abu), Douglas Seale (le sultan), Corey Burton (le prince Ahmed). – Aladin, voleur des rues d’Agrabah, s’éprend de Jasmine, la fille du sultan, et devient la proie du méchant vizir Jaffar (dont l’âme damnée, un perroquet, s’appelle Iago). Le plus grand succès public de toute l’histoire du dessin animé, couronné de deux Oscars 1992 (musique et chanson) et de trois Golden Globes. Un cartoon loufoque bourré de références (à Tex Avery, Groucho Marx, Arnold Schwarzenegger, Jack Nicholson), avec un tapis volant faisant grimaces et mimiques hilarantes, mais la surdose d’agitation visuelle lasse : on est plus proche du zapping tv que de la dynamique cinématographique. En 2011 sort la comédie musicale « Walt Disney’s Aladdin : The New Stage Musical » de Casey Nicholaw et Scott Taylor (Walt Disney Theatrical Productions). Inspirée du dessin animé, elle est créée le 7 juillet 2011 à Seattle et repris le 26 février 2014 à Broadway (New Amsterdam Theatre), sur une musique d’Alan Menken et des paroles de Howard Ashman, Chad Beguelin et Tim Rice.]
1993[Animation : (vd) Sindbad (JP/US) de Masakazu Higuchi et Chinami Namba ; Diane Eskenazi/Golden Films-American Film Investment Corp. (18.5.92), 50 min. – av. voix de Rick Jones (Sinbad).]
1993-1997(tv) Alif Laila / Arabian Nights [=Mille Nuits] (IN) d’Anand Sagar, Moti Sagar, Prem Sagar [et Mukesh Kalola]
Subhash Sagar/Sagar Entertainment Ltd., Bombay (DD2 National / SAB TV / ARY Digital / ETV / Bengal TV / Dhamaal TV / Bangladesh Television), 2 saisons, 260 x 23 min. (parlé hindi-urdu-bengali). – av. Seema Kanwal (Shéhérazade), Girja Shankar (le sultan Shahryar), Papiya Sengupta (la princesse Gulafsha de Naglistan), Shweta Rastogi (la fille du vizir), Pramod Kapoor (le marchand Sirajuddin Shareef Zardaari / le prince Gulfaam / le shah Khurram de Mehrabad / le sorcier Misri), Shah Nawaz (Sinbad / le vizir), Mulraj Rajda (Hakim Douban), Neela Pater (la femme du pêcheur / la mère d’Aladin / la reine Zamaani), Navdeep Singh (Aladin), Sanjeev Sharma (Haasim), Vilas Raj (le magicien africain Zingaalu Zungla), Sunil Pandey (Ali Baba), Tarakesh Chauhan (Kassim Baba), Jharna Dave (la sorcière Zubeida), Tarakesh Chauhan, R. K. Datta, Jyotin Dave, Kumar Hegde, Sulakshna Khatri, Payan Mehta, Paulomi Mukherjee, Lata Nagar, Sunil Nagar, Sunil Pandey, Pinky Parikh, Vilas Raj.
Avec ses 260 épisodes totalisant 95 heures d’antenne (!), il s’agit sans conteste de l’adaptation la plus complète des Mille et Une Nuits jamais réalisée à l’écran. L’initiative en vient au patriarche Ramanand Sagar, auteur du scénario et fondateur de Sagar Entertainment qui produisit la fameuse télésérie du « Râmânaya » en 1986. La société, dirigée à présent par ses fils, enregistre la saga en vidéo sur les immenses terrains – 140'000 m2 – des studios de Sagar Film City à Baroda et dans les paysages enchanteurs de Vadodara (Gujarat). Outre le prologue et l’épilogue mettant en scène Shéhérazade et Shahryar, elle illustre les récits suivants : Le Conte du Marchand et du Démon ; Le Vieillard et les deux Chiens Noirs ; Le Vieillard et la Chèvre ; Histoire du Pêcheur et du Démon ; Histoire du roi Yunan, de son vizir et du médecin Douban ; Aladin et la lampe magique (13 épisodes, 5h10) ; Ali Baba et les 40 voleurs (15 épisodes, 5h50) ; Les sept voyages de Sinbad le Marin (58 épisodes, 21 heures) ; Le Prince Jalal Talib et les trois perles ; Le Prince Jamas Saakib et la princesse Mahapara ; Les Aventures nocturnes de Haroun Al-Rachid, calife de Bagdad ; Histoire des trois Calenders, fils de rois, et des trois Dames de Bagdad ; Histoire du l’aveugle Baba Abdallah ; Le Conte du roi Omar an-Nouman et de ses deux fils Sharrkan et Daoou al-Makan ; Histoire des deux frères Talib et Jamal ; Histoire des trois frères. Cette longuissime télésérie – un joyeux bariolage bollywoodien agrémenté, comme il se doit, d’une profusion de danses et de chansons, ainsi que d’effets visuels un peu élémentaires – obtient un succès immédiat et international dans tout le Moyen-Orient, récoltant le Grand Prix de l’India Cinegoers Academy. En Inde, la série, diffusée tous les soirs, fascine plusieurs générations.
1994[Animation : (vd) The Return of Jafar (Le Retour de Jafar) (US) de Toby Shelton, Tad Stones, Alan Zaslove/The Walt Disney Television, 66 min. – av. voix de Brad Kane (Aladin), Linda Larkin. – Suite des aventures d’Aladin (cf. 1993).]
1994-1995(tv) Dastaan-e-Hatimtai / Hatim Tai [=Le Conte de Hatim Tai] (IN) d’Afzal Ahmed Khan
Afzal Ahmed Khan/Lodi Films Pvt. Ltd. (Bombay) (DD National TV) (série parlée hindi), 365 min./30 épisodes. – av. Shammi Kapoor (Hatim at-Tai), Deep Dhillon, Goga Kapoor, Parikshat Sahni, Meghna Roy, Deep Shikha, Ajit Vashani, Supriya Karnik, Durga Jasraj, Dipak Sharma.
Les aventures merveilleuses du toujours généreux prince yéménite Hatim et-Tai pour résoudre les sept énigmes qui délivreront la princesse Husn Bano de la malédiction de la fée Gulnar. Cette dernière sera délivrée à son tour de sa transformation en statue de pierre, ce qui permettra à Husn Bano d’épouser Munir Shami, le jeune prince de Khwarizimm éperdument amoureux d’elle (commentaires, cf. Hatimtai, 1929). Première transposition télévisée du conte en Inde, un grand succès cathodique dans tout le subcontinent et jusqu’en Asie.
1995(tv) Hasân wa Nûr al-sanâ [=Hassan et Nour] (BH) de Bassam al-Dhuwadi
série de la télévision de Bahrein.
1995(tv) One Thousand & One Tails (US) de Rick Duffield
Série « Wishbone », Big Feats ! Entertainment (PBS Kids 2.11.95), 30 min. – av. Lanell Pena (Shéhérazade), Akin Babatunde (le sultan Shahryar), Nicole McDuffie (Dunazade), Larry Brantley [voix] (Ali Baba/Wishbone), Billy E. Jones (Kassim Baba), Christopher Carlos et Julio Cedillo (voleurs). – Facéties pour la jeunesse avec parties animées : le chien Wishbone se met dans la peau des héros de la littérature mondiale, ici dans celle d’Ali Baba.
1996[Animation : (tv) Aladdin and the King of Thieves (Aladin et le roi des voleurs) (US) de Tad Stones ; Walt Disney Television Animation-DisneyToon Studios, 78 min. – av. voix de Scott Weinger (Aladin), Linda Larkin (la princesse Jasmine) et Robin Williams (le génie). – Aladin et la princesse Jasmine, accompagnés du génie, se lancent à la poursuite des quarante voleurs qui ont pillé le trésor du royaume d’Agrabah. Suite de la production Walt Disney de 1992/93, réservée à la télévision et au marché vidéo.]
1996[Animation : Ali Babà e i pirati (IT) de Zlata Potancokova Belli ; Airone Cinematografica, 75 min. – av. voix de Giovanni Baldini, Mario Bombardieri, Ilaria Latini.]
1996-1998(tv) The Adventures of Sinbad (Les Aventures de Sinbad) (CA/US) de Clay Borris, Neill Fearnley, George Mendeluk, Alan Simmonds, Terry Ingram, James Head, Brenton Spencer, H. P. Hobbes, Jim Kaufman, Steven Hilliard Stern, Ken Girotti, Neil Williamson
Alliance Atlantis Films-All American Television (AAT)-CanWest Global Communications (Global TV 28.9.96-24.5.98), 44 x 43 min. (2 saisons). – av. Zen Gesner (Sinbad), George Buza (Doubar, son frère), Tim Progosh (le savant-inventeur Firouz), Oris Erhuero (Rongar), Jacqueline Collen (Maeve, la magicienne celte), Mariah Shirley (Bryn la magicienne), Juan Chioran (Turok, le sorcier), Julianne Morris (Rumina, sa fille), Tony Caprari (Scratch), Gary Reineke (le calife), Lawrence Bayne (Admir), Jan Tracey (Mustapha).
Une télésérie créée par Ed Naha et filmée en Ontario du Sud (Canada) et à Cape Town (Afrique du Sud). Divertissante en dépit de son mélange ahurissant de personnages, de mythologies et de cultures, la série est abandonnée après une deuxième saison, d’une tonalité plus sombre et qui éloigne le jeune public.
Episodes de la première saison : 1.-2. « Return of Sinbad (Le Retour de Sinbad) » – 3. « The Beast Within (Les Prisonniers) » – 4. « Still Life (L’Île aux statues) » – 5. « The Ronin (L’Honneur d’un samouraï) » – 6. « Little Miss Magic (La Petite Sorcière) » – 7. « King Firouz (Le Roi Firouz) » – 8 « The Ties That Bind (Le Sacrifice de Maeve) » – 9. « Double Trouble (L’Obélisque) » – 10. « Conundrum (Au pays du diable) » – 11. « The Prince Who Wasn’t (Le Prince fantôme) » – 12. « The Village Vanishes (Le Village des disparitions) » – 13. « Masked Marauders (Les Tapis volants) » – 14. « The Ghoul’s Tale (La Vengeance de Vatek) » – 15. « The Rescue (La Libération) » – 16. « The Eye of Kratos (L’Œil de Kratos) » – 17. « The Bully (Le Cyclope) » – 18. « Monument (Le Géant de Malagia) » – 19. « Trickster (Le Mystificateur) » – 20. « The Siren’s Song (Le Chant des sirènes) » – 21. « Isle of Bliss (L’Île du bonheur) » – 22. « The Vengeance of Rumina (L’Œuf du griffon) ». – Deuxième saison : 1. « The Sacrifice (La Colère du monstre) » – 2. « The Return of the Ronin (Sinbad contre les sept démons) » – 3. « Heart and Soul (Un cœur contre l’éternité) » – 4. « The Voyage to Hell (Le Voyage en enfer) » – 5. « Ali Rashid and the Thieves (Ali Rashid et les voleurs) » – 6. « The Gift (Le Cadeau) » – 7. « The Curse of the Gorgons (La Malédiction des Gorgones) » – 8. « The Beast of Basra (La Pleine Lune de Bassora) » – 9. « The Monster (Uruk) » – 10. « The Passengers (Les Passagers) » – 11. « The Invaders (Une lumière tombée du ciel) » – 12. « The Book of Before (Le Livre des druides) » – 13. « A City under Plague (Une étrange épidémie) » – 14. « The Empress (L’Impératrice éternelle) » – 15. « Castle Keep (Le Prince et les Pirates) » – 16. « The Gryphon’s Tale (La Légende du Griffon) » – 17. « The Beast of the Dark (Une créature dans la nuit) » – 18. « Survival Run (La Route de la justice) » – 19. « The Minotaur (Le Minotaure) » – 20. « Stalkers (Sinbad et les fourmis géantes) » – 21. « The Guardians (Les Anneaux d’harmonie) » – 22. « Hell House (De l’enfer au paradis) ».
1997(tv) Harun al-Rashid (EG) d’Ahmed Mahmud Tawfiq
(tv 10.1.97), 41 x 50 min. – av. Nour El-Sherif (le calife Haroun Al-Rachid), Abla Kamel, Mahmud Azmi, Ashraf Abdul Ghafour, Rashwan Tawfik, Mona Abdel Ghani, Huda Sultan, Abeer Sharqawi, Mohammed Riaz, Madiha Hamdi, Mustafa Metwally, Qussama Abbas, Wafaa Salim, Tariq Fouad, Mohammed Ahmed El-Masri, Mustafa Eldermerdash, Khalil Mursi, Ahmed Shenawi, Mohammed Naji, Farouk Al-Rashidi, Faik Azab, Mohammed Ismail, Hossam Adel, Nashwa Mustafa, Amr Abdul Jalil, Sami Maghawri, Aisha al-Kilani, Abdel Moneim Saad, Abdul Rahim Hassan, Osman Hamamal, Rauf Mustafa, Amina Rizk.
Télésérie de Ramadan : vie et déboires du calife abbasside, héros de plusieurs contes.
1997Sinbad – The Battle of the Dark Knights (US) d’Alan Mehrez
Alan Mehrez/FM Entertainment, 81 min. – av. Richard Grieco (Sinbad), Mickey Rooney (le sage), Lisa Ann Russell (la princesse Shalazar), Dean Stockwell (Bophisto), Dante Basco (le prince Hong), Ryan Slater (Anthony), Elvis Restaine (Murki Khan), Anthony De Longis (gén. Nimbus).
Un grand-père lit un conte de Sinbad à son petit-fils, et les deux s’identifient avec les héros de leur lecture au point de revivre leurs aventures. Enfantillage filmé à Amman, en Jordanie, et en Bulgarie. – DE : Sindbad – Die Schlacht der schwarzen Ritter, ES : Simbad : La grand batalla.
1997(tv) Awdât al-Sindbâd (=Le Retour de Sinbad) (KW) de Husayn Ali al-Mufidi
Série de la télévision koweitienne.
1997A Kid in Aladdin’s Palace (US) de Michael Part
Peter Abrams Prod., 89 min. – av. Thomas Ian Nicholas (Calvin Fuller), Aharon Ipalé (Aladin), Rhona Mitra (Shéhérazade), Nicholas Irons (Ali Baba), James Faulkner (Luxor), Taylor Negron (le génie), Diana Kent (Jasmine), Gordon Winter (Hummis).
Calvin, un gamin, remonte le temps pour aider Ali Baba à sauver Aladin et son royaume menacé par un vilain magicien. Pour tout petits, filmé à Encino (Calif.) et en Tunisie. – DE : Aladdin und der Wunderknabe, ES : Un niño en el palacio de Aladino.
1998[The Exotic Time Machine (US) de Felicia Sinclair ; Pat Siciliano/Surrender Cinema, 78 min. – av. Gabriella Hall (Daria), Everett Rodd (Aladin), Gary Williams (le sultan), Stacey Marie Clawson (Shéhérazade), Jennifer Conalty et Tamara Starr (femmes du harem). – Daria, une jeune femme du XXe siècle, remonte le temps et s’égare notamment à Bagdad au Moyen Age.]
1999[Animation : Sinbad : Beyond the Veil of Mists (US/IN) d’Evan Ricks et Alan Jacobs ; Archer Entertainment-Improvision Corp., 85 min. – av. les voix de Brendan Fraser (Sinbad), Jennifer Hale (princesse Serena), Mak Hamil, Leonard Nimroy, John Rhys-Davies.]
1999[Animation : (vd) Aladdin and the Adventure of All Time (PH) de Cirio H. Santiago ; Premiere Entertainment Prod., 81 min. – av. les voix de Danny Mann (Aladin), Cathy Cavadini (la princesse).]
1999[Al layla wa ya layali / Les Mille et Mille Nuits (LB) de Hady Zaccak ; Aimée Boulos/IESAV (Institut d’Études Scéniques Audiovisuelles et Cinématographiques), Beyrouth, 15 min. – av. Myrna Maakaron (Shéhérazade), Khaled el-Sayyed (le sultan Shahryar), Sofiane Belaid (Aladin), Ziad Said (Ali Baba), Joe Kodeih (Sinbad), Patrick Kaminiarz (le soldat israélien), Masrallah Saad (le marchand du souk), Monique Wehbe (Jasmine, fiancée d’Ali Baba), Ruwud Akkawi, Dany Dagher. – Shéhérazade passionne le sultan Shahryar avec un nouveau conte : Un jour, un soldat israélien vole la lampe magique d’Aladin tandis que sa ferme est transformée en « Kibboutz Shalom ». Tous les efforts pour la récupérer sont vains, car le génie de la lampe obéit dorénavant à Israël. Les amis d’Aladin le Palestinien, le roi du pétrole Ali-Baba et Sinbad, ambassadeur aux Nations Unies, s’épuisent à négocier avec les voleurs – et même après mille et mille nuits, Shéhérazade n’a, à ce jour, pas terminé son conte… Premier film (en 16 mm) de Hady Zaccak, qui remporte le Prix du Festival du Film documentaire à Beyrouth 1999 et celui de FilmWorks Peace Festival of Short Films à Beyrouth 2000. Zaccak a également tourné Sindbad in Bagdad (2003), dans le même esprit.]
1999-2000(tv) Thief of Baghdad / Baghdad ka chor (IN) de Vijay Pandey [et Santosh Deodhar]
Reena Wadhwa, Sanjay Wadhwa, Purmendu M. Shekhar/Kaarnik Media & Communication Pvt. Ltd. (ZEE TV), 48 x 35 min. (parlé hindi). – av. Narendra Jha (Ahmed/Hamed, le voleur), Kim Lasrado (la princesse Yasmine), Vikrant Chaturvedi (Jaffar, le Grand Vizir), Shiva (Tughral), Browny Prasher (Qasim), Shailendra Shrivastav (Faridgul), Pallavi Solanki (Zarrien), Javed Khan (Abbas), Asha Bashani (Khanam), Surinder Pal (Massud), Sunil Nager (Yusuf Sani), Seema Pandey (Malika), Sumit Pathak (Firoz Bakht), Prithvi Zutshi (Alim Khakani), Sanjay Swaraj (Mukhtar), Shashi Sharma (Azra), Master Varun Punjabi (Asghar), Prema Agrawal (Kulsum), Radha Kishan (Chitrasen), Sanjay Batra (Zahoor), Punit Chandra (Jamal), Mukesh Ahuja, Subra Jyoti, Bhawani Singh, Afzal Khan, Shyam Nandral, Adnan, Tarun Pawar, Veer Mahendra.
Télésérie consacrée aux amours contrariés du voleur Ahmed, pilleur des plus beaux palais de Bagdad, et de la princesse Yasmine, captive du tyrannique Grand Vizir Jaffar, un adepte de la magie noire qui assied son pouvoir avec l’aide de forces infernales… Une ennième resucée du Thief of Bagdad (1940) britannique, corsée de nouveaux monstres, de chants, de danses et d’épisodes apocryphes et tournée majoritairement au Rajastan, au palais de Jodhpur.
2000**(tv) Arabian Nights (Les Mille et Une Nuits) (US/GB/DE/LX) de Steve Barron
Dyson Lovell, Robert Halmi Jr., Robert Halmi Sr./Hallmark Entertainment-Babelsberg International Filmproduktion-RTL Television-Golden Horn Films-International Traders (ABC/BBC One 30.4.+1.5.2000), 2 x 120 min./175 min. – av. Mili Avital (Shéhérazade), Alan Bates (le conteur), Jason Scott Lee (Aladin), Dougray Scott (le sultan Shahryar / Amin Adbur le mendiant), James Frain (Shahzenan, frère de Shahryar et sultan de Samarcande / le calife Haroun Al-Rachid), John Leguizamo (le génie de la lampe et de l’anneau), Vanessa Mae (la princese Zubaïda), Rufus Sewell (Ali Baba), Amira Casar (Morgiana), Andy Serkis (Kassim Baba), Tchéky Karyo (Black Coda, le chef des 40 voleurs), Peter Guinness (le bourreau), Pik-Sen Lim (la mère d’Aladin), Hugh Quarshie (Mustappa, le sorcier noir), Jim Carter (Jaffar ibn Yahia, le Grand Vizir), Alexis Conran (le prince Ali), James Callis (le prince Ahmed), Hari Dhillon (le prince Hussein), Alexeï Sayle (Bac-Bac le bouffon bossu), Oded Fehr (un voleur), Ayesha Darker (Coral Lips), John Hallam (un démon), Jamila Massey (Safil), Leon Lissek (Ezra Ben Ezra), Junix Inocian (Hi-Ching), Stanley Lebor (Faysal), Jane Lapotaire (Miriam), Stefan Kalipha (Abu Nouz), Benedict Wong (Hassan), Burt Kwouk (le calife Beder), Henry Goodman (Billah, sultan du Yémen), Maureen O’Farrell (sa sultane), Tony Osoba (le sultan Badr Al-din), Emma Lewis (sa sultane), Roger Hammond (Jerome Gribben), David Yip (Assad), Don Warrington (Hari Ben Karim), Cyril Nri (Schaca), Bhasker Patel (marchand de tapis), Adrian Pang (Gulnar, fils du Grand Vizir), Jamila Massey (Safil), Junix Inocian (Hi-Ching).
 Synopsis : hormis son récit cadre Shéhérazade-Shahryar, le film réunit cinq contes, situés dans cinq régions différentes. Le prologue en Perse évoque la tentative ratée de coup d’État ourdie par Shahzenan, frère du sultan, avec la complicité de l’épouse adultère du sultan, que ce dernier a tué accidentellement avant de sombrer dans la paranoïa et de se défier de toutes les femmes… La rumeur de ses funestes intentions envers la gent féminine se répand vite, mais Shéhérazade, une amie d’enfance du sultan, se porte volontaire pour tenter de guérir l’homme qu’elle aime avec l’appui discret d’un vieux conteur des rues qui, au fil des contes, lui apprend à tenir son maître en haleine, à captiver l’attention dès la première phrase, à moduler son phrasé, etc. – L’histoire d’Ali Baba se déroule à Damas, où les quarante affreux voleurs finissent pendus et leur chef Black Coda est sabré par Morgiana (« Les voleurs n’ont rien à objecter aux vols, dit-elle, sauf quand c’est eux qui en sont les victimes ! »). – Le récit du pauvre bossu Bac-Bac, le bouffon favori du sultan, a lieu à Constantinople : le malheureux s’est étouffé en avalant une arête de poisson, et son cadavre embarrassant passe du médecin juif Ezra à son voisin Hi-Ching, puis à un Occidental de passage, Gribben, chacun croyant qu’il est responsable de sa mort. – Aladin, un Chinois, vit dans le califat de Samarcande où, grâce au sorcier africain Mustappa, il découvre sa lampe magique cachée au fond d’une caverne abritant une armée de terre cuite de l’empereur Qin. Le génie l’aide à courtiser la princesse asiatique Zubeïda et construire un palais en une semaine (« Mon meilleur travail depuis le Taj Mahal ») avant d’affronter en duel dans une arène les créatures maléfiques de Mustappa. – Au Caire, le mendiant ivrogne Amin ressemble comme une goutte d’eau au cruel calife Haroun Al-Rachid ; celui-ci le fait enlever dans la rue et s’amuse à berner sa propre cour en le parant de ses costumes et bijoux. Amin tue Al-Rachid, qu’il a pris pour un voleur, et le vizir place subrepticement sur le trône du calife le mendiant, qui a pris son rôle à cœur et souhaite créer des écoles et réduire les taxes. – Le roi du Yémen envoie ses trois fils querelleurs, les princes Ali, Ahmed et Hussein, dans le vaste monde chercher ce qu’il y a de plus précieux. L’un trouve un télescope dans la Cité de Bronze de Zirog, l’autre une pomme aux pouvoirs curatifs au Tibet, le troisième un tapis volant dans la partie souterraine de la ville de Pétra. Réunissant leurs acquisitions, les trois frères parviennent à sauver leur géniteur de la mort et apprennent ainsi à vivre, puis à régner ensemble en harmonie. – À la fin du récit, mauvaises nouvelles : le sultan, ayant surmonté son traumatisme grâce à l’amour, doit faire face à l’armée qu’a levée son frère contre lui. Utilisant la ruse, les conseils avisés de sa reine et divers exemples de ses contes, il réussit à la battre. Shahzenan périt empalé par les lances de ses propres soldats.
L’Irlandais Steve Barron, un des plus talentueux téléastes anglo-saxons, réitère son coup de 1998, lorsqu’il enchanta spectateurs et commanditaires avec sa version de Merlin interprétée par Sam Neill, une légende arthurienne adaptée de manière très convaincante et souvent supérieure à ce qui s’est fait au cinéma. Robert Halmi (Hallmark Entertainment) lui octroie les grands moyens : un budget avoisinant 30 millions de $ pour près de 4 heures de féeries, des effets spéciaux sophistiqués mis au point à Paris et à Londres, notamment par la société du marionnettiste décédé Jim Henson (Muppet Show) pour les dragons des récits d’Ali Baba et d’Aladin, une Shéhérazade originale (l’Israélienne Mili Avital) entourée d’un casting international : l’Écossais Dougray Scott, le Franco-Turc Tchéky Karyo, le Britannique Alan Bates, le Gallois Rufus Sewell, l'Hawaïen Jason Scott Lee, l’Américain John Leguizamo, etc. À cela s’ajoute un scénario complexe, aux multiples interférences et niveaux narratifs, prenant le temps de développer la relation délicate, risquée, entre le roi et son épouse, et qui ne craint pas d’inclure des contes moins connus, le tout ciselé par le romancier britannique Peter Barnes (déjà complice pour Merlin). Le décor, lui aussi, prend le large : à partir de fin octobre 1998, Barron emmène son équipe de 235 personnes pendant 15 semaines de tournage en 35 mm loin, très loin de Londres ou de Hollywood - principalement au sud de la Turquie, aux studios d’Antalya construits exprès pour ce film (48 décors, 4750 costumes), puis au centre de l’Anatolie, dans les grottes et cavernes de Derinkuyu en Cappadoce, enfin au Maroc (l’oasis d’Erfoud) et en Jordanie (la cité nabatéenne de Pétra). Le résultat charme par le soigné des images jamais bariolées, le sérieux extrême de la documentation soulignant sans ostentation la diversité culturelle et ethnique des contes, l’élégance d’une mise en scène sans fausses notes ni esthétisme ou intellectualisme gratuits, truffé d’hommages et de second degré ; seul le rythme du récit aux colorations très diverses pèche à l’occasion. Barron réussit en particulier à illustrer la progressive transformation de Shahryar, souverain émotionnellement fragile, d’un dangereux déséquilibré (il ravage sa couche avec son cimeterre à l’aube) en un amoureux rasséréné et mûri, qui sait mettre à profit ses leçons nocturnes pour surmonter l’adversité mortelle du final. Le téléfilm est nominé cinq fois à l’EMMY Award 2000 (primé pour les maquillages) et rafle l’Artios Award pour le meilleur casting de l’année. – DE : Abenteuer aus 1001 Nacht, ES : Las mil y une noches.
2000(tv) Aladdin (GB) de Geoff Posner
Lisa Clark/London Weekend Television Prod. (LWT 25.12.20), 74 min. – av. Ed Byrne (Aladdin), Julian Clary (le génie de la lampe), Martin Clunes (Abanazar), Patsy Kensit (la princesse), Ralf Little (Wishee Washee), Paul Merton (le génie de l’anneau), Griff Rhys Jones (l’empereur de Chine), Billy Murray (le chef de police), Leslie Phillips (le prince). – Pantomime de Simon Nye, un programme de Noël pour enfants.
2001[Animation : Alí Babá – El Tesoro (ES) de M. Rodjara [=Manuel Rodríguez Domínguez] ; Manuel Rodriguez Films, 87 min. – av. les voix d’Ana Maria Camps (Ali Baba), Ferrán Calvo, José Latorre, Calina Lobensteiner.]
2001(tv) Aladin and His Magic Lamp (GB) de Clive Harpwood
Allan Jenkins/BBC Wales (BBC2 31.12.01). – av. Kelly Marie (Aladin), Maureen Rees (le génie), OwenMoney, Jayne Case, Ieuan Rhys, Roy Noble, Sara Edwards. – Programme de Noël pour enfants.
2003[Animation : Sinbad : The Legend of the Seven Seas (Sinbad. La Légende des sept mers) (US) de Patrick Gilmore et Tim Johnson ; Jeffrey Katzenberg, Mireille Soria/DreamWorks Pictures, 90 min. – av. les voix de Brad Pitt/v.f. Patrick Bruel (Sinbad), Catherine Zeta-Jones/v.f. Monica Bellucci (Marina), Joseph Fiennes/v.f. Damien Ferrette (Proteus), Michelle Pfeiffer/v.f. Emmanuelle Bondeville (Eris).]
2003-2004(tv) Hatim / Maaveeran Hatim / The Adventures of Hatim (IN) d’Amrit Sagar et Shakti Sagar
Subhash Sagar, Prem Sagar/Sagar Entertainment Ltd., Bombay (Star Plus 26.12.03-12.11.04) (série parlée hindi, urdu, tamil, malayalam et bengali), 47 x 45 min. – av. Rahil Azam (Hatim at-Tai), Pooja Rawal (Jasmine, princesse du Paristan), Kishwar Merchant (Rubina), Nirmal Pandey (le prince Dajjal), Kiku Sharda (Hobo, compagnon de route de Hatim), Vijay Ganju (le maléfique Najumi), Aditi Pratap (la princesse Sunayna), Romit Ray (Vishal, prince de Janakpur), Ravi Khanvilkar (Abdullah, roi du Yémen), Neha Bamb (Nabila, reine du Yémen), Reshma (la reine de Paristan), Tom Alter (le roi de Paristan), Jaya Bhattacharya (Zalima), Rushali (Battila), Usha Bachani (la reine Nadira), Kumar Hegde (Azlaf), Kishwar Merchant (Rubina), Manasi Verma (Mallika-e-Hayat), Tej Sapru (Pasha), Shilpa Shinde (Shakila), Amrapali Gupta (Maya), Avinash Sachdev (Shehzad).
Les aventures fantastiques du prince yéménite Hatim at-Tai pour résoudre les sept énigmes qui délivreront le pays de la malédiction (commentaires, cf. Hatimtai, 1929). Tourné à Sagar Film City à Baroda (Gujarat), La télésérie modifie presque tous les noms propres du conte et travestit l’intrigue en rajoutant des épisodes apocryphes visiblement influencés par Lord of the Ring (Le Seigneur des Anneaux) de Tolkien. Ainsi, apprenant que son fils nouveau-né Dajjal sera un suppôt de Satan, le roi de Jaffar ordonne sa mort, mais son serviteur Najumi l’épargne et présente au père le cœur d’un lièvre ; vingt ans plus tard, Dajjal fait brûler vifs ses parents, s’empare du trône et fonde l’Empire du Mal. Il domine le pays du haut de sa tour géante et transforme ses victimes en statues de pierre (dont le frère de Husn Banu, la princesse qui a refusé de l’épouser). C’est contre ce sorcier tout-puissant, double du Saruman de Tolkien – et non plus pour délivrer la fée Gulnar et Husn Banu – que Hatem, armé d’une épée magique et accompagné du grassouillet Hobo, va se mesurer aux cours des différentes épreuves. Un succès cathodique qui vaut à la série une double programmation sur Disney Channel India. Lauréat en 2004/05 de 11 Indian Television Academy Awards (costumes, montage, masques, son, musique, effets spéciaux, scénario de Jyoti Sagar).
2004(tv) Shahrazad. The Final Tale / Shahrazâd. Al-hikâya al-akhîra / Wa tabka Shahrazâd tarwi hikâyatha lil akhîr [=Et Shéhérazade resta pour raconter son histoire jusqu’au bout] (QA) de Shaouki El Majeri [Shawqi Al-Majiri]
Talal Al-Awamleh/Arab Telemedia Productions (Qatar TV 16.10.04), 30 x 45 min. – av. Soulaf Fawakherji (Shéhérazade), Jihad Saad (le sultan Shahryar), Mouna Wasef (sultane), Rashid Malhas (Sinbad), Hisham Henedy (le Grand Vizir), Zhair Hassan, Najila Abdullah, Mohammad Majali.
La télésérie (programmée pour le Ramadan) insiste sur les relations psychologiques entre Shéhérazade et Shahryar, entre désir, séduction, méfiance, jalousie, vengeance, tout en établissant une parallèle avec la politique du souverain dont la population maltraitée est sur le point de se soulever. Une production très léchée, tournée en Jordanie sur un scénario du Jordanien Jams Abu Hamdan, réalisée par un Tunisien et interprétée par des acteurs syriens, jordaniens, libanais et marocains.
2005(tv) Alf Lailah wa Lailah (EG) de Adel Makeen
av. Galal Abdel-Qadir, Nermeen Al-Fiqy, Farouk Al-Fishawy. – Télésérie égyptienne de Ramadan tirée des Mille et Une Nuits.
2005Iznogoud : Calife à la place du Calife (FR) de Patrick Braoudé
Aïssa Djabri, Fardi Lahouassa/Vertigo Productions-TF1 International-L’Arbre et la Colombe, 94 min. – av. Michaël Youn (le Grand Vizir Iznogoud), Jacques Villeret (le calife Haroun Al-Poussah), Olivier Baroux (le génie Ouz), Kad Merad (le génie Ouzmoutousouloubouloubombé), Arno Chevier (Dilat Laraht), Franck Dubosc (le Grand Chambellan du calife), Bernard Farcy (le sultan Pullmankar le Sanguinaire), Elsa Pataky (Prehti-Ouhman), Rufus (le conseiller du calife), Magloire Delcros-Varaud (l’eunuque en chef), Juliette Poissonnier (Plassahssiz), Vernon Dobtcheff (le mage Kitussé), Robert Castel (le Mède Indjapahn), Éric Hémon (le général Eparkreth), Mathias Jung (général Bohl), Maurice Lamy (un conseiller), Patrick Braoudé (le marchand d’esclaves).
Synopsis : Haroun Al-Poussah est le calife obèse et « doux comme un loukoum » de Bagdad la Magnifique (« dehors le désert, dedans la jungle ») ; complotant dans son ombre, le Grand Vizir Iznogoud, un petit maigre hargneux, teigneux et mauvais, ne rêve que d’être « calife à la place du calife » et il est prêt à tout pour parvenir à ses fins. Il échafaude plan sur plan, aidé de son serviteur Dilat Larath, sans jamais arriver à ses fins. Le calife est transformé en grenouille ou rend l’âme … mais ce ne sont que des rêves qui s’évaporent au petit matin. Iznogoud finit par acheter une lampe magique, or les deux génies qui en sortent sont une calamité ! Lorsqu’il s’éprend de la très sensuelle Pretti-Ouman, aperçue au marché des esclaves, c’est le calife qui l’acquiert sous son nez. Et quand il ouvre les portes de la cité au terrible sultan Pullmankar le Sanguinaire, celui-ci le fait enchaîner et repart avec son prisonnier, tandis qu’Haroun épouse la princesse Plassahsize, fille du sultan.
En 1962, René Goscinny (le père d’« Astérix ») présente au dessinateur Jean Tabary le personnage d’Iznogoud qui va devenir un anti-héros à succès de la bande dessinée (27 albums). Goscinny et Pierre Tchernia rêvent d’une transposition au cinéma de cette parodie des Mille et Une Nuits, et une première ébauche voit le jour avec Louis de Funès dans le rôle du vizir colérique, accompagné par Philippe Noiret, Michel Galabru, Robert Dhéry, Jacques Balutin, Roger Carutel et Paul Préboist, mais le coût prohibitif des effets spéciaux, puis le décès brutal de Goscinny, le 5 novembre 1971, enfin le refus de de Funès mettent un terme provisoire à l’aventure. Le comédien Patrick Braoudé reprend le projet trente ans plus tard avec un nouveau scénario (les gags à répétition des albums et les calembours de Goscinny ne suffisent pas pour faire une histoire), en l’affublant d’un côté cartoonesque (clins d’œil à Tex Avery et aux frères Marx) doublé d’un hommage aux musicals de Fred Astaire et Gene Kelly comme à Bollywood. Le rôle-titre est confié au trublion cathodique Michaël Youn, entouré d’autres comiques des « one man show » du petit écran. Le film, budgété à 21,4 millions d’euros, est entièrement tourné au Maroc (studios Atlas à Ouarzazate), pendant 15 semaines (mars-mai 2004), avec la participation de 8000 figurants. Malgré de somptueux costumes et une jolie prestation de Jacques Villeret en calife naïf et débonnaire (son dernier rôle, il décède deux semaines après la sortie du film), Iznogoud est très mal reçu par la critique qui reproche à cette « turquerie pharaonique » un scénario bancal et l’insupportable cabotinage du Grand Vizir. Il figure en 17e position dans la liste des pires films de tous les temps sur AlloCiné : rien n’est plus difficile à concocter que la parodie d’une parodie. Une catastrophe au box-office. – DE : Isnogud – Der bitterböse Grosswesir ; ES : Iznogoud – El infame. CORR
2005-2006(tv) Thief of Baghdad / Baghdad ka chor (IN)
(Zee Anmol TV 1.1.05) (télésérie parlée hindi). – av. Narendra Jha (le voleur), Kim Lasrado, Jaya Mathur, Shiva Rindani, Prithvi Zutshi.
2006[Animation : ***Azur et Asmar / Azur y Asmar / Azur e Asmar (FR/BE/ES/IT) de Michel Ocelot ; Christophe Rossignon/Nord Ouest Production-Max Guff Ligne-Studio O-Lucky Red-Intuitions Films-Zahorimedia, 99 min. – av. les voix de Cyril Mourali (Azur adulte), Karim M’ribah (Asmar adulte), Fatma Ben Khell (la princesse Chamsous Sabah) et Patrick Timsit (Crapoux). – Deux frères de lait élevés dans un château d’Europe, le blond Azur aux yeux bleus et le basané Asmar aux yeux noirs, sont séparés de force et se retrouvent, adultes, en Orient pour y libérer la fée des Djinns ; après moult épreuves fantastiques (impliquant le mythique oiseau Simourgh), la fée des Djinns épousera Azur, tandis que la fée des Elfes, sa cousine occidentale, s’unira à Asmar. – Un conte admirable de finesse et de beauté pour enseigner la tolérance entre les cultures, visuellement traduit par des emprunts à l’architecture ottomane et andalouse, aux costumes persans, aux peintures de Van Eyck et de Nicolas Fouquet. Parlé en français et en arabe sans sous-titres. Présenté au Festival de Cannes 2006 (« Quinzaine des réalisateurs »), Grand Prix du Festival International du Film d’Animation de Stuttgart et au Munich Film Festival 2007.] – US : Azur & Asmar : The Princes’ Quest.
2006(tv) Aladdin : The Magical Family Musical (CA) de Ted Dykstra
Ross Petty Productions-Elgin Theatre Toronto, 150 min. – av. Jennifer Dale (Shéhérazade), Jamie McKnight (Aladin), Bret Hart (le génie de la lampe), Ross Petty (Abanazeer), Mark Allan (Beans), Derek McGrath (la mère d’Aladin), Rhoslynne Bugay, Jonathan Ellul. – Captation télévisuelle du spectacle musical de David Finley.
« Les Fils d’Al-Rachid » (2006) – à dr. : la télésérie « Harun al-Rashid » (1997).
2006(tv) Abnaa Al-Rashid : Al-Amîn wal-Ma’mûn / The Sons of Al-Rashid : Al-Amin & Al-Ma’mun (QA/JO) de Shawqi Al-Majiri
Talal Al-Awamleh/Arab Telemedia Group-Quatar Television-MBC London, 30 x 50 min. – av. Rashid Assaf (le calife Haroun Al-Rachid), Lyad Nassar (Abdullah bin Al-Rachid, dit Al-Ma’moun), Munther Reyahneh (Mohammed bin Harun, dit Al-Amîn).
Télésérie de Ramadan exposant le dilemme politique du calife abbasside Haroun Al-Rachid, sommé de désigner un de ses deux fils comme successeur : Mohammed bin Harun (Al-Amîn), dont la mère est Zoubayda, cousine du calife (et petite-fille du calife Al-Mansour), donc descendant direct des Abbassides, ou Abdullah bin Al-Rachid (Al Ma’mûn), fils d’une concubine persane, érudit, lettré, sage et un administrateur hors pair. Indécis, conseillé par son vizir Yahyâ ben Khâlid, Al-Rachid finit par donner sa préférence au deuxième (calife de 809 à 813), avec le premier comme successeur (calife de 813 à 833). Une chronique historique complexe et turbulente dans le Bagdad des temps des Mille et Une Nuits, récit qui relate la guerre victorieuse contre Nicéphore de Byzance (épis. 6), la liaison d’Al-Abbasa, sœur d’Al-Rachid, avec le vizir Ja’afar, l’éxucution de ce dernier (épis. 7), les intrigues de la puissante épouse Zoubayda en faveur de son rejeton, la mort du calife (épis. 16), l’affrontement des deux frères sur le champ de bataille au Khorassan, puis s’étire jusqu’au décès d’Al Ma’mûn en 833 et la nomination de son frère Al-Motassem Billah comme nouveau calife. Réalisée à grands frais dans les villes historiques de l’Azerbaïdjan, la superproduction vise à revaloriser l’image de l’islam en rappelant les temps de sa splendeur éclairée – une intention qui n’a pas été comprise de la même manière par tout le monde, les médias arabes s’étant fait l’écho de lointains « descendants » du grand calife qui protestaient contre le portrait négatif qu’auraient dressé les auteurs du feuilleton de leur ancêtre. – Le calife a déjà fait l’objet d’une télésérie égyptienne de 1997, Harun al-Rashid d’Ahmed Mahmud Tawfiq (cf. supra).
2006-2009[(tv) Binbir Gece (=Mille et Une Nuits) (TR) de Kudret Sabanci ; TMC Film (Kanal D 7.10.06-12.5.09), 90 x 7 min. (3 saisons). – av. Bergüzar Korel (Shéhérazade Evilyaoglu), Halit Ergenç (Onur Aksal, son patron), Tardu Flordun, Ceyda Düvenci, Tomris Incer, Metin Çekmez, Ergün Demir, Yonca Cevher Yenei, Aytaç Öztuna, Meral Çetinkaya. – Istanbul au XXIe siècle : Shéhérazade, une jeune veuve qui n’a pas les moyens de soigner son fils souffrant d’une leucémie se tourne pour de l’aide vers son patron ; celui-ci lui propose un soutien financier si elle accepte de passer la nuit dans sa résidence. Shéhérazade évite le déshonneur en tenant son patron en haleine grâce aux histoires qu’elle lui raconte nuit après nuit.]
2007(tv) Ali Baba et les 40 voleurs / Alì Babà e i 40 ladroni / Ali Baba und die 40 Räuber (FR/IT/DE) de Pierre Aknine
Jean-Pierre Guérin, Véronique Marchat/GMT Productions-RAI Cinemafiction-Beta Film-TeleMünchen Group-TF1 (TF1 29.-30.10.07), 2 x 90 min. – av. Gérard Jugnot (Ali Baba), Michèle Bernier (Yasmina Baba, sa femme), Leïla Bekhti (Morgiane, la servante [fille d’Al-Miradjan]), Saïda Jawad (Ouria Baba, femme de Cassim), Marc Ruchmann (Sliman Baba, fils d’Ali), Ken Duken (Séraphin), Thomas Trabacchi (Malik, chef des 40 voleurs), Fardia Rahouadj (Zubayda), Hammou Graïa (Ya-Ya le Vizir), Jean Benguigui (Cassim Baba, frère d’Ali), Amidou (le calife Haroun Al-Rachid), Doc Gynéco (Kif le génie), Karim Belkhadra (Youssef l’apothicaire), Fiorella Campanella (Kenza, petite-fille d’Ali). Amal El-Atrache (Fouzia, fille de Youssef), Ken Duken (père Séraphin, le moine-ambassadeur de Charlemagne), Hubert Saint-Macary (Al-Miradjan, le mage).
En l’an 800, Ali Baba, brave et pauvre bûcheron de Bagdad, peine à nourrir sa famille. En cherchant du bois, il surprend des bandits qui pénètrent dans une montagne… Le conte reçoit un arrière-fond historique, soit l’alliance abbasido-carolingienne entre Charlemagne et le calife Haroun Al-Rachid. L’empereur délègue un ambassadeur à Bagdad, porteur d’un crucifix orné d’un énorme rubis. La caravane impériale est assaillie dans une oasis par les quarante bandits, le précieux cadeau, garant de paix entre l’Orient et l’Occident, disparaît, mais l’ambassadeur, le père Séraphin, survit à l’attaque. C’est ici qu’intervient salutairement Ali Baba, virevoltant à cheval, à dos d’âne et à chameau…
Ce programme prévu pour les fêtes de fin d’année est doté d’un budget de 9,5 millions d’euros (soit le quadruple d’une fiction tv ordinaire), de 63 jours de tournage et de 55 décors. L’idée de départ provient de Christian Clavier, qui se retire du projet en faveur de Gérard Jugnot, le génie de Les 1001 Nuits de Philippe de Broca (1990). Jugnot se veut un « père tranquille », antihéros rondouillard et un peu couard auquel il arrive des choses extraordinaires, et il souhaite en priorité se démarquer de l’Ali-Baba méridional interprété par Fernandel en 1954, ne pas « retomber dans le côté Club Med, djellaba, soirée couscous ». La majorité du casting est maghrébine (l’actrice marocaine Saïda Jawad était la compagne de Jugnot dans la vie), et l’on découvre, dans le rôle du génie, Doc Gynéco, ex-rappeur et soutien de Nicolas Sarkozy. Le tournage s’effectue entièrement au Maroc, à Marrakech, Ouarzazate, Erfoud, Casablanca et El Jadida (dans les décors construits pour Kingdom of Heaven de Ridley Scott) ; la caverne artificielle fait 150 m sur 12 m de hauteur. Cette fiction, prévue pour ratisser large, réunit dix millions de téléspectateurs, mais n’en reste pas moins décevante. Après une première partie rythmée, souvent drôle, mais aussi violente et sanguinaire (le massacre commis par les bandits), le récit devient gentillet et sucré comme un loukoum, s’embourbe, tandis que les effets spéciaux désuets « ne font décoller que les tapis » (Le Monde, 28.11.07). – ES : Ali Baba y los 40 ladrones.
2007(vd) Myths and Legends : Song of Sheherazade (US) de Johnny Wilson
Clydesdale Entertainment-Oakenshield Films (22.5.07). – av. Dash Arkenstone (le sultan Shahryar), Jessie Parker (Shéhérazade). – Un voyage en musique en neuf chapitres concoctés par David Arkenstone, dont un relatant comment Shéhérazade est parvenue à captiver Shahryar par son art de la narration.
2009[Aladin (IN) de Sujoy Ghosh ; Boundscript Motion Pictures-Eros International, 155 min./132 min. – av. Shubhankar Atre / Master Ahan Desai / Riteish Deshmukh (Aladin « Aloo » A. Chatterjee, enfant/ado/adulte), Amitabh Bachchan (le bon génie), Jacqueline Fernandez (Jasmine), Sanjay Dutt (le mauvais génie), Ristesh Deshmokh, Victor Banerji. – Transposition du conte au XXIe siècle, dans la ville futuriste de Khwaish.]
2009[Ehky yâ Shahrazâd / Sheherazade, Tell Me a Story (Raconte, Shérérazade, raconte / Femmes du Caire) (EG) de Yousry Nasrallah ; Misr Cinema Co., 134 min. – av. Mona Zaki, Hassan El-Raddad. – Ancien assistant et ami proche de Youssef Chahine, Nasrallah évoque la société égyptienne avant la chute de Moubarak et le rôle déterminant d’une journaliste, Hebba, qui anime un talk-show politique à la télévision. Le film tisse trois histoires reliées entre elles par celle d’Hebba, à la manière de Shéhérazade.]
2010[(vd) The Seven Adventures of Sinbad (Les Sept Aventures de Sinbad) (US) de Ben Hayflick et Adam Silver ; The Asylum Pictures, 93 min. – av. Patrick Muldoon (Sinbad), Sarah Desage (Loa), Bo Svenson (Simon Magnusson), Kelly O’Leary (Gemma Hargrove), Dylan Jones (Joseph Atash), Berne Velasquez (Mehrak). – Alors qu’il vient de débarquer sur une ile, Sinbad, le jeune prince de Perse (sic), doit accomplir sept missions plus dangereuses les unes que les autres pour empêcher le désastre qui menace de faire disparaître l’espèce humaine… Une bande sans rapport avec le conte oriental (l’action se déroule au XXe siècle !), filmée à Belize.]
2010(tv) Mesh alf layla wa layla [=Aucune Mille et Une Nuits] (EG) d’Ahmad Fawzi
Imad Abdallah/Sono Cairo-Blue Motion Inc. (Nilesat 11.8.10), 30 x 45 min. – av. Riham Abdel Ghafour (Shéhérazade), Ashraf Abdul Baqi (le sultan Shahryar), Noha Lotfy (Zeareda), Ahmed Safwat (Bhehrjay, le frère du sultan), Ahmed Rateb (le secrétaire au Trésor), Lotfy Labib (le ministre de l’Information), Yussuf Dawud (le Premier ministre), Mahmoud el-Gendy, Feryal Youssef, Samar Naguib, Hassan Mustafa, Khayreya Ahmed, Hosny, Muhammed Nasr, Reem Sabouni, Huda Summer, Mounir Nakram, Ayman al-Azab, Hamdy Sakhawy, Mimi Gamal, Inam Salosh, Abeer Sharkawy, Falak Noor, Zia Merghany, Madiha Hamdy.
Dans le cadre des feuilletons annuels du Ramadan, cette télésérie parodique débute au cours de la mille et deuxième nuit : afin de sauver sa tête, Shéhérazade entourloupe ce grand prétentieux de Shahryar, le fait renverser après avoir organisé un coup d’État avec l’aide des épouses de hauts fonctionnaires et d’esclaves, et incité les femmes du royaume à pratiquer les arts martiaux. Puis elle s’installe seule sur le trône, tandis que Shahryar devient impuissant… La série, une sorte de Dallas en costumes et aux forts accents féministes, provoque quelques remous dans les milieux politiques arabes lorsqu’elle est diffusée (script de Walid Youssef). Le réalisateur syrien Ahmad Fawzi la tourne d’avril à juin 2010, notamment en Syrie (Latakia), en Égypte (Alexandrie, El-Baragil, Taba dans le golfe d’Aqaba), à Mashhad (Iran) et aux studios Al-Ahram à Astodihat Film City pour 20 millions de livres égyptiennes. Un succès d’antenne plutôt mitigé, malgré la présence de la chanteuse-vedette Riham Abdel Ghafour.
2010(tv) Buq’at Daw’ : ‘Alâ al-Dîn wa-l-misbâh al-sihrî [=Spotlight : Aladin et la lampe merveilleuse] (SY)
Prod. Suriya al-Duwaliyya. – Épisode d’une émission satirique de la télévision syrienne.
2011 – [Shéhérazade ou La Parole contre la Mort (TU) de Nacer Khemir ; Nacer Khemir, Yann Brolli/Wallada Production-Les Films du Tamarin, 81 min. – av. Nacer Khemir, Benoît Choquart, Mathilde Despierre, Sarra Ghorbal, Samah El-Aieb. – Le calligraphe, comédien, poète et cinéaste tunisien Nacer Khemir (Le Collier perdu de la colombe, 1992) rend hommage à l’art du conteur. Selon lui, deux livres contiennent la culture arabe : le Coran qui dit comment il faut vivre, et Les Mille et Une Nuits qui dit comment il ferait bon vivre. Avec Shéhérazade, Khemir revient aux fondements de la culture orale et réaffirme la puissance de la parole à travers quelques histoires. Les images du conteur (Khemir au Théâtre Al-Hamra à Tunis) et de leur public, de courtes séquences poétiques et la voix de Shéhérazade suffisent à enchanter.]
2011(tv) Sinbad and the Minotaur (Sinbad et le Minotaure) (AU) de Karl Zwicky
Grant Bradley, Dana Dubovsky/Limelight International Media Entertainment, 88 min. – av. Manu Bennett (Sinbad), Lily Brown (Arianna), Holly Brisley (la princesse Tara), Steven Grives (Al-Jibar), Dimitri Baveas (Pericles), Brad McMurray (Timos), Derek Boyer (Akoom), David Vallon (le roi Minos), Jared Robinsen (Seif), Terrence Antoniak (Nestor).
Après avoir volé Les Chroniques du roi Minos, un parchemin rare, dans la tente du sorcier maléfique Al-Jibar et délivré la princesse Tara, esclave du harem, Sinbad et son équipage partent à la recherche de la tête du Colosse de Rhodes. Entièrement en or, elle se trouve dans le temple du minotaure et est vénérée par toute la population de l’île. Poursuivi par Al-Jibar, Sinbad doit éviter de nombreux pièges avant d’affronter la créature monstrueuse qui garde le trésor dans le labyrinthe… Téléfilm tourné paresseusement dans le Queensland australien (Glass House Mountains, Brisbane, Gold Coast et studios de Loganholme) : un produit archifauché comportant une séquence d’ouverture située chez le roi Minos. – DE : Sinbad gegen das Ungeheuer, Sindbad und der Minotaurus (vd), ES : Simbad : La aventura del Minotauro.
2012(tv) Sinbad (Sinbad) (GB) d’Andy Wilson (1,2,4,7), Brian Grant (3,5,6), Colin Teague (8,9,10), M. T. Adler [=Marisol Torres] (11), Jack Lothian (12)
Donal Geraghty, Grainne Marmion, Andrew Wood/Impossible Pictures-BBC Worldwide (Sky1 8.7.-23.9.12), 12 x 45 min. – av. Elliot Knight (Sinbad), Devon Anderson (Jamil, son frère), Marama Corlett (Rina), Elliot Cowan (Gunnar), Junix Inocian (Cook), Dimitri Leonidas (Anwar), Orla Brady (Taryn), Estella Daniels (Naia), Naveen Andrews (Lord Akbari), Robert Gilbert (Tazeem).
Lors d’un combat de rue, Sinbad, jeune voleur de Bassorah, tue accidentellement le fils du puissant Akbari (frère de l’émir), et celui-ci fait exécuter son frère Jamil sous ses yeux. Éprouvée par le décès de Jamil, Safia, la grand-mère de Sinbad, lui jette un sort qui le condamne à ne jamais rester à terre plus d’un jour et une nuit s’il ne veut pas périr étranglé par le talisman fixé autour de son cou. Sinbad prend la mer, pourchassé par les hommes d’Akbari… Télésérie décevante créée par James Dormer, tournée à partir de février 2011 à Malte (Meditarranean Film Studios à Kalkara), mais abandonnée après une seule saison. – Episodes : 1. (pilote) – 2. « Queen of the Water Thieves » – 3. « House of Games » – 4. « Old Man of the Sea » – 5. « Hunted » – 6. « The Siren » – 7. « Homecoming » – 8. « Kuji » – 9. « Eye of the Tiger » – 10. « For Whom the Egg Shatters » – 11. « Fiend of Friend ? » – 12. « Land of the Dead ». – DE : Sindbad.
2012**(tv) Le mille e una notte : Aladino e Sherazade / One Thousand and One Nights (IT/DE) de Marco Pontecorvo
Luca Bernabei, Federico Foti/LuxVide-RaiFiction (RAIuno 26.-27.11.12), 2 x 90 min./120 min. – av. Marco Bocci (Aladin), Vanessa Hessler (Shéhérazade), Rolf Kanies (le calife de Bagdad, son père), Paz Vega (la magicienne Namuna), Raffaella Rea (Jasmine, l’esclave), Jalil Lespert (Omar, le chef des brigands), Andrea Tidona et Daniela Giordano (les parents d’Aladin), Serra Yilmaz (Shirine), Massimo Lopez (le génie), Bettina Zimmermann (Alissa, la marâtre), Stipe Erceg (le prince Jaffar), Matteo Reza Azchirvani (Salem), Giuliano Chiarello (chef des eunnuques).
Synopsis : Shéhérazade, la fille présomptueuse et gâtée du calife, fugue du palais pour découvrir Bagdad la nuit ; Aladin, un pauvre savetier, courageux et généreux, la sauve d’un enlèvement, ils tombent amoureux, mais le calife s’en mêle et exige que sa fille se marie au plus vite. Shéhérazade gagne du temps grâce à une énigme que ses prétendants n’arrivent pas à résoudre. Aladin se présente à la cour sous une fausse identité, mais il est démasqué et quitte la ville. Shéhérazade, qui a découvert un complot d’assassinat contre son père ourdi par sa marâtre Alissa et le prince Jaffar, s’enfuit après avoir échappé à leurs séides ; elle trouve refuge parmi des brigands d’Omar qui, méfiants, la traitent d’abord en esclave. Accusé du meurtre du calife et poursuivi par Jaffar, Aladin doit, lui aussi, prendre le large. Il se terre dans le palais de la magicienne Namuna ; comme ses tentatives de séduire le beau jeune homme n’aboutissent pas, elle l’enferme avec son perroquet parlant ; celui-ci est en réalité un génie qui a refusé de révéler à la magicienne où se trouvait la lampe magique. Aladin parvient à transformer Namuna en oiseau et s’enfuit avec le génie redevenu homme. Il trouve la lampe, qu’il utilise pour créer une source d’eau dans une ville voisine ; reconnaissants, les habitants le désignent comme leur chef et le couvrent d’honneurs. De retour à Bagdad, Shéhérazade vit incognito chez les parents d’Aladin. Elle retrouve ce dernier qui est arrêté par l’usurpateur et condamné à mort. Shéhérazade, que l’on croit morte, se montre sur la place publique et accuse Jaffar et Alissa du meurtre du calife. La population se soulève, aidée par les brigands d’Omar, et fait justice. Aladin épouse Shéhérazade, mais Namuna surgit et ensorcelle le marié, qui perd la mémoire et s’évapore. Les amoureux sont à nouveau séparés. Pendant trois ans, Shéhérazade parcourt tout l’Orient et ses déserts. Elle aboutit à un château isolé où vit un prince solitaire qui fait exécuter tous les visiteurs. La jeune femme brave l’interdit, risque la mort, reconnaît Aladin sous les traits du satrape et le convainc de lui accorder une seule nuit pour lui conter une histoire … la leur. Au fil du long récit que la princesse, s'arrêtant chaque matin à un moment de suspense intense, fait durer bien des nuits, Aladin retrouve la mémoire, son identité et son amour.
Marco Pontecorvo (fils du cinéaste Gillo Pontecorvo et chef opérateur des séries Rome et Game of Thrones) traite le sujet sérieusement, en soulignant le côté magico-romantique de la fable grâce à un scénario particulièrement astucieux de Lucia Zei. Un téléfilm original ayant nécessité 8 semaines de tournage en Tunisie (Sidi Bou Saïd, Tunis, studios Empire Production de Tarak Ben Ammar à Hammamet) avec des effets digitaux assez réussis, soutenus par les très beaux costumes d’Enrica Biscossi.
2012(tv) Twisted : The Untold Story of a Royal Vizier (US) de Brian Holden
StarKid Productions (28.11.13). – av. Dylan Saunders (le vizir Ja’far), Meredith Stepien (Shéhérazade), Jeff Blim (Aladin), Joe Walker (le prince Ahmed), Rachael Soglin (la princesse), Nick Gage (le sultan / le djinn), Jim Povolo (le capitaine), Lauren Lopez (le singe), Jaime Lyn Beatty (la sorcière des mers), Denise Donovan (l’oiseau), Robert Manion, Alex Paul.
Les aventures du Grand Vizir de Bagdad, affairé à sauver sa ville des caprices d’un sultan fantasque, d’un prince envahisseur et d’un redoutable voleur, tous à la quête de la lampe magique et de son génie. Un spectacle comique en musique capté à Chicago (musique d’A. J. Holmes, d’après une histoire de Matt Lang, Nick Lang et Eric Kahn Gale.
2012(tv) Kalif Storch [=Le Calife Cigogne] (DE) de Sven Unterwaldt Jr.
série « Die ProSieben Märchenstunde », Christian Becker Prod. (ProSieben 8.10.12), 45 min. – av. Anna Alva (Yasmine), Kida Khodr Ramadan (le calife Fayçal), Elyas M’Barek (Haroun), Christian Kahrmann (Hassan), Johannes Rotter (le père de Yasmine), Hildegard Krekel (la mère de Yasmine), Rasquqle Aleardi (Aldi Bin Lidl), Peter Nottmeier (Zwegat), Max Biermann (Uri Bel Gabel), Gregor Bloéb (le boucher), Olaf Krätke (l’imam), Charlotte Engelhardt, Lina Rabea Mohr.
L’histoire du calife de Bagdad transformé en cigogne, un scénario d’Oliver Welke d’après le conte de Wilhelm Hauff (synopsis cf. film de 1924), tournage à Antalya (studios et environs), en Turquie.
2013(tv) Il était une fois « Les Mille et Une Nuits » (FR) de Bruno Ulmer et Catherine Ulmer-Lopez
Cyrille Perez/Arte France-13 Productions (Arte 24.3.13), 81 min. – av. Tewfik Jallab (le conteur), Layla Metisstane (Shéhérazade), Taoufik Behi (le sultan Shahryar), Abbes Zaccaria (le vizir).
Un docu-fiction foisonnant qui cherche à remonter aux origines de l'étrange et du merveilleux dans les contes des Mille et Une Nuits, déchiffrer leurs significations secrètes, découvrir comment ils agissent sur la psyché humaine, plonger dans cet imaginaire universel. Diffusé en marge de l’exposition sur le sujet à l’Institut du Monde Arabe à Paris, ce film comportant fiction et reportages enchâssés obtient le Prix de la Ville de Rovereto au Festival international du Film Archéologique 2013. – DE : Geschichten aus Tausendundeiner Nacht.
2013/14(tv) The Adventures of Hatim (IN) de J. P. Sharma
Nikhil Sinha/Triangle Film Productions (Life OK 28.12.13-31.8.14), 68 x 45 min. (parlé hindi). – av. Rajbeer Singh (Hatim at-Tai), Pooja Banerjee (la princesse Perizaad), Krishna Singh Bisht (Qasim), Chandan Anand (le sorcier Zargam d’Arzaan), Manof Kolhatkar (Lakha le bossu), Dolly Sohl (Shaazia, reine du Yémen, mère de Hatim), Pracheen Chauhan (Hassan, le frère aîné de Hatim), Nausheen Ali Sardar (la reine Ruda), Sachin Tyagi (le roi Hubal), Anjali Abrol (Khwahish, reine d’Ashkaar), Khalid Siddiqui (Naushwerwaan, roi d’Ashkaar), Kishwar Merchant (la vampiresse Zeina), Reena Aggarwal (Safina), Anang Desai (Nomaad, roi d’Ishtiyaar), Anil Rastogi (prisonnier de la Forêt des Morts), Jay Thakkar (Rakhban), Devesh Ahuja (le prince Rustom), Kamya Punjabi (Chudail Rihana), Akanksha Juneja (la princesse Gull), Ashnoor Kaur (Myraa), Deepali Muchrikar (la sorcière Haseena), Neena Cheema (la sorcière Afsana).
Télésérie illustrant les aventures fantastiques du prince yéménite Hatim at-Tai (commentaires, cf. Hatimtai, 1929), ici complètement défigurées en éliminant tous les personnages du conte et inventant de nouvelles péripéties (Hatim, champion des arts martiaux, lutte ici contre le sorcier Zargam). Les effets numériques sont de qualité et l’imagerie plutôt soignée, très loin des mises en scènes ringardes et violemment bariolées des années 1950/60. L’infographie massive a remplacé les interminables chansons. Une imitation vernaculaire, pompeuse et feuilletonesque des tolkienneries de Peter Jackson.
2012-14[Animation : (tv) Magi : Labyrinth of Magic / (2e saison :) The Kingdom of Magi (JP) de Koji Masunari ; A1 Pictures-Aniplex-Dentsu (TBS 7.10.12-31.3.14), 50 x 25 min. (2 saisons). – Série d’après le manga de Shinobu Ohtaka (2009), avec les voix de Kaori Ishihara (Aladin), Yuki Kaji (Ali Baba) et Matthew Mercer (Sinbad).]
2014(vd) Sinbad : The Fifth Voyage (US) de Shahin Sean Solimon
Harvey Lowry, Melanie Myburgh/Giant Flick Films, 89 min. – av. Shahin Sean Solimon (Sinbad), Sadie Alexandru (Firoozeh), Lorna Raver (Zoreh), Marco Khan (Mujid), David Light (le sultan/le génie), Mariam Vardani (Miriam), Danielle Duvale (Parisa), Isaac C. Singleton Jr. (la mort), Said Faraj (Deev), William Romeo (le génie africain), Jon Jon Briones (le génie asiatique), Sir Patrick Stewart (narration).
Sinbad bénéficie de 40 jours pour aborder une île mystérieuse peuplée de monstres (cyclopes, crabes géants, oiseau Roc, squelettes) afin de récupérer Firoozeh, la ravissante fille du sultan dont il est amoureux… Du travail d’amateur en « Super-Animotion ». On est loin de Ray Harryhausen ! – DE : Sindbads fünfte Reise.
2014-15(tv) Alf laïla wa laïla (Les Mille et Une Nuits) (MA) d’Anouar Moatassim
Anouar Moatassim, Yanis Ayouch/Casablanca Pictures-Medi1 TV (Medi1 TV 6.6.14 / 7.6.15), 30 x 26 min. / 20 x 26 min. – av. Younès Bouab (le sultan Shahryar), Nadia Kounda (Shéhérazade), Zineb Laalami (la princesse Dounyazad), Ayoub Layoussifi (le roi Shahzaman), Jad Chkif (le prince Badrzaman, frère de Shahryar/le monstre), Faty [=Fatima-Ezzahra] El Jaouhari (la princesse Kamar), Yousef Ben Hayoun Sadafi (Farès), Amina El Allam (la fée Jouhara), Mohammed El Khyari (le vizir Arsalan), Mohammed Ayad (Jaffar), Abdullah Bensaid (Sikander), Kausar Tannoury (Victoria), Hunaina Saadia (Blalh), Sara Tekaya, Saadia Blala, Hanan Massoudi, Younes Benzakour.
Une télésérie de Ramadan intégralement marocaine, conçue par le cinéaste, chanteur et photographe belgo-marocain Anouar Moatassim et lancée comme le « Game of Thrones » marocain. La chorégraphie des combats est d’ailleurs de Cédric Proust, qui dirigea ceux de Game of Thrones. Le tournage s’effectue à Agadir (Médina Cocco Polizzi, dunes de Tifnit) et à Ouarzazate. La série présente quelques variations par rapport aux contes : au lendemain de la première nuit, le royaume de Shahryar est attaqué par des envahisseurs, et en l’absence du roi, Shéhérazade dirige le pays avec l’aide de son ami d’enfance Fares ; une tâche qui se complique en raison des manigances et de la lutte de pouvoir menée par Kamar, l’épouse de Shahzaman, roi du royaume du Nord. La série cartonne dans tout le Maghreb, mais Moatassim est accusé de plagiat par une productrice concurrente. La deuxième saison est réalisée à Marrakech, Agadir, Casablanca, Ifrane, El Jadida, Essaouira, Benslimane, Raba, Kenitra, Azemmour, Demnate, Fès, Tamaris, Dar Bouaazza et Beni Mellal.
2015Les Nouvelles Aventures d’Aladin (FR/BE) d’Arthur Benzaquen
Daniel Tordjman/Pathé-74 films-M6 Films-Artémis Production, 107 min. – av. Kev Adams (Aladin/Sam), Jean-Paul Rouve (le vizir), Vanessa Guide (la princesse Shallia Sofia), William Lebghil (Khalid), Audrey Lamy (Rababa/Barbara), Eric Judor (le génie), Michel Blanc (le sultan), Youssef Hajdi (cheik Loukoums), Arthur Benzaquen (le magicien).
Au Galeries Lafayette à la veille de Noël, Sam et son meilleur pote, Khalid, se déguisent en Père Noël pour cambrioler le grand magasin. Mais des enfants le coincent et le forcent à raconter une version toute personnelle de l’histoire d’Aladin, avec lui-même dans le rôle du lampiste magique et Rouve dans celui du méchant Grand Vizir, craint pour sa férocité et son haleine putride…. Venu au cinéma via l’industrie musicale, Benzaquen a tenu quelques seconds rôles avant de se consacrer à la série « Zak » ; le voici qui s’empare des 1001 nuits pour assener une gaudriole brûlant des derniers feux de l’esprit Canal+, avec anachronismes à gogo, dialogues de sitcom, absurde éculé (le tapis volant qui respecte un stop en plein désert…), danses bollywoodiennes et blagues absurdes. « Rejoins-moi du côté obscur » lance le vizir à Aladin. « C’est où ? » lui répond-t-il. Kev Adams, l’idole des collégiennes, interprète cet hurluberlu frotteur de lampe à huile. Bagdad est ici un univers virtuel recréé par effets spéciaux (médiocres), les extérieurs sont enregistrés au Maroc. Aladin et son univers ne servent que de faire-valoir facile à l’humoriste du moment. La presse est catastrophique (« une comédie déconnante pour tous » résume Le Journal du Dimanche, « une indescriptible purge », rajoute Télérama), alors que le public jeune (?) en fait le champion annuel du box-office franco-français avec 4,5 millions d’entrées. No comment : dans vingt ans, un objet d’étude pour sociologues universitaires.
2015[As mil e uma noites (Les Mille et une nuits) / Arabian Nights (PT/FR/DE/CH) de Miguel Gomes ; O som e a Fúria-Komplizen Film-Shellac sud-Box, 381 min. – av. Cristina Alfaiate (Shéhérazade), Américo Silva (le Grand Vizir, son père), Amar Bounachada (Shahryar), Elvis Barrientos (le voleur), Hervé Diasnas (le génie du vent). – Récit en trois tomes – 1. « O Inquieto (L’Inquiet) », 2. « O Desolado (Le Désolé) », 3. « O Encantado (L’Enchanté) » – inspiré par les histoires que rapporte Shéhérazade à son père, le Grand Vizir au palais de Bagdad, et par des événements survenus dans le Portugal des années 2013/14, pays soumis à une politique niant toute justice sociale. Tout en utilisant la structure narrative et les noms propres des contes, Shéhérazade-Gomes rapporte les inquiétudes qui s’abattent sur son pays, comment la désolation a envahi les hommes et pourquoi elle doute que ses histoires puissent encore plaire au roi : quarante ans après la Révolution des Œillets, dans les anciens bidonvilles de Lisbonne, l’espoir a disparu. Le jour venant à paraître, Shéhérazade se tait. – Présenté à la « Quinzaine des Réalisateurs » à Cannes 2015.]
2015(tv) Alf laïla wa laïla / Arabian Nights 2015 (EG) de Raouf Abd El Aziz
Douaa Production-Synergy Art Production (MBC 18.6.15), 30 épisodes. – av. Nicole Saba (Shéhérazade), Sherif Mounir (le sultan Shahryar), Asser Yassin (Saad), Amir Karara (Negm El Din), Nesrein Tafesh (les génies Afran et Kalila), Asser Yassine (Saad), Aisha Ben Ahmed (Kamarulzaman), Qays Sheikh Najib (l’empereur Khosrow), Hana El Zahed (Dnyazade), Emad Rashad (le vizir Mamoun), Amr Abdel Gelel (Ali Baba), Kamal Abu Raya (Numan), Ezzat Abu Ouf (le roi), Nourhan (Noureen Shah). – Télésérie égyptienne de Ramadan tournée au Maroc.
2018Alad'2 (FR) de Lionel Steketee
Daniel Tordjman, Ardavan Safaee, Jonathan Blumental/74 Films-Pathé-M6 Films, 98 min. - av. Kev Adams (Aladin), Jamel Debbouze (Shah Zaman), Ramzy Bédia (Balouad, le mauvais génie de Shah Zaman), Éric Judor (le génie d'Aladin), Vanessa Guide (la princesse Shallia/Sofia), Noémie Lenoir (la femme de Shah Zaman), Michaël Cohen (le psy).
Une suite tout aussi idiotes des "Nouvelles Aventures d'Aladin" (2015) imaginée par Daive Cohen, dominée par Jamel Debbouze en dictateur maléfique et débile, avec son lot attendu d'anachronismes de bas étage (Christophe Colomb, une hôtesse de l'air et les gardes de Richelieu font de la figuration "comique"), le tout filmé au Maroc (Ouarzazate) et en studio à Épinay. Une presse désastreuse, des entrées appréciables (en tête du box-office français la première semaine).