VIII - L’AUTRICHE DES HABSBOURG ET L’EUROPE CENTRALE

6. JOSEPH II. (1765 à 1790)

Né en 1747, fils de Marie-Thérèse et de François Ier de Lorraine. Empereur germanique. Impératrices : Marie Isabelle de Bourbon-Parme, Infante d’Espagne ; Maria Josefa de Bavière. Despote éclairé, réformiste mais maladroit, il pousse la centralisation étatique et amplifie la politique de colonisation (germanisation forcée de la Hongrie). En 1772, profitant de la faiblesse du royaume électif de Pologne (en proie à une guerre civile), il s’allie avec la Prusse et la Russie pour dépecer le pays. De tous les Habsbourg, il est le plus féru de musique, faisant d’Antonio Sallieri son maître de chapelle, commandant à Mozart le premier opéra en langue allemande (« L’Enlèvement du sérail », et autorisant "Les Noces de Figaro", tiré pourtant de la pièce interdite de Beaumarchais. Sous son règne (la décennie "josephéenne"), la ville de Vienne (25'000 habitants) compte 50 palais qui entretiennent chacun leur propre orchestre. Frère de Marie-Antoinette et de Léopold qui lui succèdera sur le trône impérial.
1912Kaiser Josef II. (AT) d'Isidor Hermann Gross et d'Alexander Kolowrat-Krakowksy ; Sascha-Filmfabrik (Pfraumberg). – av. Else Heller, du Bürgertheater. – Premier film historique produit par le légendaire comte Kolowrat (le futur nabab du cinéma muet autrichien), tourné au Freilichttheater Engerthstrasse à Vienne et à Klosterneuburg.
1922Die Rosenkreutzer / Der Rosenkreuzer / Fürst und Freimaurer. Ein Roman aus den Tagen Josephs II / Kaiser Joseph und die Tischlerstochter (AT) de Robert Land, Theo Zasche ; Historia Film (Wien), 1894 m./75 min. – av. Hugo Werner-Kahle (Franz Anton Mesmer), Annemarie Steinsieck, Kurt Iwald, Robert Valberg (l’empereur Joseph II d’Autriche), Mlle Bresin (Marie-Antoinette), Paltin (Philippe d’Orléans). – La lutte entre les cercles réactionnaires à la cour de Vienne et le jeune Joseph II qui se veut démocrate avant l’heure et se fait initier à la franc-maçonnerie. Mesmer, rose-croix et hypnotiseur, lui révèle l’avenir de l’Autriche et la mort de Marie-Antoinette sous la guillotine.
1922® Babicka (CZ) de Thea Cervenková. - av. Frantisek Smolik (l'empereur Joseph II).
1922® Marie Antoinette, das Leben einer Königin (Les Lys rouges) (DE) de Rudolf Meinert. – av. Gustav May (Joseph II), cf. France (6).
1925/26Die Försterchristel (Monsieur l’empereur) (DE) de Friedrich Zelnik ; F. Zelnik-Film GmbH (Berlin), 8 actes/2623 m. – av. Lya Mara (Christl Lange/Mitzi), Harry Liedtke (l’empereur Joseph II), Wilhelm Dieterle (le caporal Franzl Földessy), Heinrich Peer (le prince Kaunitz), Berta Scheven (l’impératrice Marie-Thérèse), Margarethe Kupfer (comtesse Gegenfeld), Eduard von Winterstein (le garde-chasse Hans Lange), Karl Harbacher (Walperl), Hermann Böttcher (comte Gottfried von Leoben), Karl Geppert (comte Dietrichstein). – D’après l’opérette éponyme de Hans May, Georg Jarno et Bernhard Buchbinder (1907). A la frontière austro-hongroise en 1764, Christl, la fille très courtisée du garde-chasse, rencontre un chasseur inconnu, le contact est chaleureux, enjoué. Lorsqu’elle se rend à Vienne pour y défendre la cause du caporal des hussards Földessy, injustement accusé de désertion, elle reconnaît son bel inconnu sous les traits du jeune empereur Joseph II et s’en éprend. Celui-ci lui fait comprendre que leur amour est impossible, et Christl se console avec son hussard, nommé garde-chasse impérial… Nota bene : les remakes de 1952 et 1962 se déroulent au XIX e siècle sous François-Joseph (avant son mariage avec Sissi, s’entend).
1927-29® Der alte Fritz (DE) de Gerhard Lamprecht. – av. Peter van Hahn (Joseph II), cf. Allemagne : Prusse (8).
1930/31Kaiserliebchen / AT : Kaiser Joseph und die Postmeisterstochter (DE) de Hans Tintner ; Atlantis-Film GmbH (Berlin), 84 min. – av. Liane Haid (Liesl), Walter Janssen (Joseph II), Wilhelm Bendow (comte Rosenberg, son adjudant), Attila Hörbiger (Josef Grundner), Gertrud de Lalsky (l’impératrice Marie-Thérèse), Colette Jell (Jeanette), Olly Gebauer (Hilde), Henry Bender (Sittenius), August Junker (Valentin). – Fils et corégent de l’austère Marie-Thérèse, le jeune empereur Joseph II s’ennuie à la cour où il n’a pas que des amis. Il est en revanche très populaire dans la capitale, ayant aboli le servage et les impôts des ouvriers et cherchant à ouvrir les jardins impériaux aux Viennois. Voyageant incognito à Heiligenkreuz, il rencontre la jolie Liesl, une fille de postier avec laquelle il flirte et qui lui confie ses peines de cœur (elle voudrait épouser le postillon Grundner, son père s’y oppose). De retour à Vienne, Joseph II, résigné à son destin impérial, nomme Grundner postillon de la cour et bénit son union avec Liesl. – Comédie sentimentale en chansons d’après le « Singspiel » d’Ernst Decsey, Emil Berté et Alfred Steinberg-Frank (1930) qui reprend grosso modo la trame de l’opérette « Die Försterchristl » (cf. 1926, etc.) : le garde-chasse devient postillon. Tourné au Grunewald-Atelier à Berlin et en extérieurs à Vienne.
1931Die Försterchristl (DE) de Friedrich Zelnik ; Transozean-Film CombH (Berlin), 99 min. – av. Irene Eisinger (Christl Lange), Fritz Daghofer (le garde-chasse Hans Lange), Paul Richter (Joseph II), Oskar Karlweis (Wolfgang Amadeus Mozart), Jelly Staffel (Everl, son amie), André Pilot (le caporal Franzl Földessi), Tibor von Halmeay (Walperl), Gretl Berndt (Mlle von Földessy). – L’inusable opérette de May, Jarno et Buchbinder, dont la trame est contée en flash-back : Dame Christl Földessy rêve de sa jeunesse et de sa première rencontre avec l’empereur, du baiser qu’ils échangèrent lors du bal à Schönbrunn, du scandale que cela suscita, de la jalousie du fiancé Földessy, de son acte de rébellion qui faillit lui coûter la vie, de la largesse de Joseph II qui en fit plus tard son général… A la cour, Christl a même rencontré Mozart et sa petite amie du moment, Everl. Remake sonore du film de 1927, tourné aux ateliers Ufa de Neubabelsberg et à Vienne (notamment au Prater).
1941Tanz mit dem Kaiser (La Danse avec l’empereur) (DE) de Georg Jacoby ; Max Pfeiffer/Ufa, 102 min. – av. Marika Rökk (baronne Christine von Alwin), Wolf Albach-Retty (cpt. Josef von Kleber), Maria Eis (l’impératrice Marie-Thérèse), Axel von Ambesser (Joseph II, son fils), Hilde von Stolz (comtesse Daun), Hans Leibelt (baron Teuffenbach), Rudolf Carl (Anton), Jocken Stahl (Peter). – L’impératrice corégente Marie-Thérèse cherche une nouvelle épouse pour son fils Joseph, devenu très casanier après le décès en 1763 de sa première femme, Marie-Isabelle de Bourbon-Parme (petite-fille de Louis XV), et toujours sans postérité masculine. Lorsque l’impératrice-mère se détermine pour la princesse Caroline de Saxe, Joseph suit les conseils de son confident Kleber et s’éclipse en voyage d’affaires. Kleber le suit, perd sa trace et aboutit à Siebenbürgen, sur les terres de la baronne Christine qui, elle, le prend pour l’empereur. Ils passent la nuit en amoureux. Entre-temps, ayant appris que sa fiancée putative est repartie en Saxe, l’empereur retourne à Vienne. Christine cherche à le voir, réalise que ce n’est pas le même homme, mais Joseph s’éprend d’elle et une fois le quiproquo éclairci, Kleber devient le rival en amour de son empereur, qu’il menace. Marie-Thérèse doit intervenir pour lui éviter la peine de mort et le fait nommer gouverneur de Siebenbürgen, où il pourra épouser Christine. L’empereur retourne à ses collections d’art et l’oublie. (Il sera contraint de se remarier en 1765 avec Josépha de Bavière.) D’après la comédie « Die Nacht in Siebenbürgen » de Nikolaus Miklós Asztalos (1930), mise en musique par Franz Grothe. Marika Rökk reprendra le rôle de la baronne sur scène en 1948 au Raimundtheater de Vienne. Tournage au Tonfilmstudio Carl Froelich à BerlinTempelhof, aux ateliers Ufa à Berlin-Tempelhof et Ufastadt à Babelsberg, puis en extérieurs en Autriche (Schönbrunn, Siebenbürgen).
1941® Egy éjszaka erdélyben [Une nuit en Transsylvanie] (HU) de Frigyes Bán. – av. Antal Páger (Joseph II), cf. (8.3).
1962(ciné+tv) *Kaiser Joseph und die Bahnwärterstochter (AT) d’Axel Corti ; Filmco-Norddeutscher Rundfunk (Hamburg) (ARD2 21.2.62), 84 min. – av. Hans Holt (Joseph II), Inge Konradi (Innocentia Zwölfaxinger, dite Nozerl), Hans Moser (le chef de gare Franz Zwölfaxinger), Franz Muxeneder (Franz Teuxelsieder), Paula Pflugar (Leopoldine Gackermaier), Egon von Jordan (Orpheus, comte Wumbsprandt), Günther Haenel, Gaby Banschenbach, Helene Croy, Susanne Engelhart, Martha Harmann, Rose Renée Roth, Hans Baldauf, August Burger, Eduard Fuchs, Peter P. Jost. – Nozerl, une jeune femme, fille du chef de gare Zwölfaxinger, sauve l’empereur d’un attentat perpétré par le bandit Rinaldo Rinaldini et est anoblie. Une comédie satirique dans laquelle Axel Corti (dont c’est le deuxième téléfilm) ridiculise avec un humour cinglant le folklore kitsch et la littérature de gare entourant le personnage de Joseph II. Tiré d’une pièce inédite de l’aristocrate autrichien Fritz von Hermanovsky-Orlando (jouée à Munich en 1957, publiée en 1998), dans l’adaptation de Friedrich Torberg.
1964® Rab Ráby [Le captif Raby] (HU) de György Hintsch. – av. Anal Páger (Joseph II), cf. (8.3).
1968® (tv) Irinka (AT) de Paul Stockmeier, Gretl Löwinger. – av. Walter Scheuer (Joseph II), cf. (5).
1976® (tv) Marie-Antoinette (FR) de Guy Lefranc. – av. Phillippe Laudenbach (Joseph II), cf. France (6).
1980® (tv) Maria Theresia / Kaiserin Maria Theresia (AT/DE) de Kurt Junek. – av. Heinz Zuber / Marcel Philipp (Joseph II, adulte et à 12 ans), cf. (5).
1982(tv) II. Jószef császár (L’Empereur Joseph II) (HU) de Levente Málnay ; Magyar Rádió és Televizió, 65 min. – av. István Avar, Irén Bordán, Mária Sulyok, Gyula Benkö.
1989® (tv) Marie-Antoinette, reine d’un seul amour (FR) de Caroline Huppert. – av. Chris Moosbruguer (Joseph II), cf. France (6).
1996® (tv) Je m’appelais Marie-Antoinette (FR) de Marion Sarraut (tv), Robert Hossein (th). – av. Jean-Christophe Lebert (Joseph II), cf. France (6).
1998(tv) Císar a tambor [L’Empereur et le tambour] (CZ) de Václav Krístek ; Ceska Televize (CT 29.10.98), 76 min. – av. Ondrej Vetchy (Joseph II), Patricie Padillová (l’impératrice Maria Josefa de Bavière), Petr Rajchert (le tambour), Anna Veselá (Ancicka/Anna), Norbert Lichy (chef des bandits), Jan Stopecek (Léopold, grand-duc de Toscane, futur Léopold II), Vladimir Capka (chambellan), Ján Sedal, Vladimir Capka. – Selon la légende, l’empereur se déguise pour observer incognito ses sujets. Il fait ainsi la connaissance d’un tambour récemment libéré de l’armée, se lie d’amitié avec lui ; ils vivent quelques aventures, séjournent en prison et tiennent en échec une bande de brigands. Une parabole voulant démontrer que les puissants de cette terre ne peuvent comprendre le monde que s’ils le regardent à travers les yeux du petit peuple. Film infantile pour enfants.
1999® Ferdinando e Carolina (IT) de Lina Wertmüller. – av. Carlo Caprioli (Joseph II), cf. Italie : Naples (4).
2006® Marie-Antoinette (US) de Sofia Coppola. – av. Danny Huston (Joseph II), cf. France (6).
2022Il Boemo (CZ/SK/IT) de Petr Václav. - av. Philip Amadeus Hahn (Wolfgang Amadeus Mozart).